La condamnation de Marine Le Pen dans l’affaire des emplois
fictifs est très lourde, 5 ans d’inéligibilité avec effet immédiat, quatre ans
de prison dont deux fermes et 100 000 € d’amende, appelle plusieurs
réflexions. La première c’est que cette condamnation très attendue et sans
surprise est très lourde. Il y a évidemment faute, et Marine Le Pen, comme les
autres condamnés dans cette affaire, a sous-estimé la volonté des magistrats de
lui régler son compte. Cependant nous savons que tous les partis ont procédé de
cette manière pour placer leurs petits soldats et que chacun à reçu des peines
très variables, à commencer par Bayrou qui a été purement et simplement relaxé
dans une affaire similaire en février 2024. La volonté des magistrats est aussi
très politique. En effet en demandant l’exécution provisoire de l’inéligibilité,
il est évident que le but est d’empêcher Marine Le Pen de se présenter en 2027
à l’élection présidentielle alors que les derniers sondages la donnent très
largement en tête. C’est donc aussi et peut-être avant tout une décision
politique. Mais comme nous l’avons vu en Roumanie, c’est à la mode d’interdire
à une personnalité politique de se présenter, si elle présente le risque d’être
difficilement contrôlable par les européistes. C’est pourquoi l’inéligibilité
est la seule partie de la condamnation qui a été rendue immédiatement
exécutoire. Car la lenteur de la justice française est telle qu’il est très probable
que Marine Le Pen ne passera pas en appel avant l’élection de 2027. Ce sentiment
qu’il s’agit d’une décision politique est renforcé par le fait qu’Alexis Kohler,
l’homme lige de Macron n’est toujours pas jugé pour les multiples prises illégales
d’intérêt.
Les réactions ont été rapides. Le pâle Jordan Bardella qui
piaffait de se présenter aux élections de 2027, a pris bien entendu la défense
de Marine Le Pen. À l’étranger et sans surprise, elle a reçu le soutien de
Poutine – que pourtant elle avait lâché sur la question ukrainienne – d’Orban
et de Matteo Salvini. Tous ont entonné le couplet de l’effondrement de la
démocratie en France. Mais c’est maintenant comme ça dans toute l’Europe. Le
candidat qui déplait est interdit de se présenter, on a vu ce cirque se
déployer en Roumanie, sans que notre représentation nationale n’élève vraiment
la voix. Que va-t-il se passer ? Il va de soi que cette fantaisie judiciaire
sans surprise va renforcer la position politique du Rassemblement National. Et une
des conséquences est que sans doute le gouvernement de Bayrou, déjà mal en
point, va tomber rapidement. En effet, jusqu’à présent le RN avait ménagé
Bayrou, pensant, à tort, que cela permettrait d’éviter une trop lourde
condamnation. C’est pourquoi Bayrou a pris les devants pour se dédouaner et défendre
indirectement Marine Le Pen en disant craindre que l’inéligibilité risquait de provoquer
un choc dans l’opinion. Il s’est dit « troublé » à la lecture du
jugement. Évidemment si le gouvernement tombe, Macron va être en difficulté
puisque pour tout le monde c’est bien sa décision de dissoudre l’Assemblée
nationale qui est à l’origine du chaos parlementaire. « La décision de
destituer un élu devrait revenir au peuple », a affirmé Jean-Luc
Mélenchon. « C’est à cela que servirait le référendum révocatoire dans une
6e République démocratique ». Si on cumule les amendes et les
remboursements, autour de 6 millions d’euro, il est probable que la campagne du
RN en 2027 sera compromise faisait remarquer Kuzmanovic.
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