Manifestations des gazaouis contre le Hamas 25 mars
2025
Avec le printemps, les manifestations reprennent de la
vigueur un peu partout dans le monde. Le 25 mars 2025, on a vu une
manifestation importante des Gazaouis. Ceux-ci ne manifestaient pas contre
Israël et le génocide supposé pratiqué par Netanyahu, mais contre le Hamas que
les imbéciles de la France Insoumise confondent avec un mouvement de
résistance, voir les incongruités de Rima Hassan, agente des Frères musulmans.
Ils manifestaient ouvertement contre le Hamas, le désignant comme la source de
tous leurs malheurs. On remarque que la gauche en France et ailleurs à très peu
communiquer sur ce sujet. Pensant qu’en n’en disant rien, cela n’existerait
pas. La manifestation, très certainement soutenue en sous-main par la Fatah, a
surpris par l’importance de la mobilisation. Mais en réalité cela confirme que
Gaza est très divisée, et il y a une population plus proche du Fatah que du
fanatisme du Hamas qui a des difficultés à exister à cause de la répression
violente de l’islamisme radical. Cette manifestation est en quelque sorte une
première victoire d’Israël, puisqu’elle montre qu’une ouverture politique est
possible en contournant le Hamas. L’autre enseignement de ces manifestations
auxquelles n’a pas pu s’opposer le Hamas, est que de nombreux Gazaouis, souvent
très jeunes ne sont pas prêts à épouser la rhétorique de la martyrologie de l’Islam
radical. Cette manifestation contrarie le récit dominant à gauche selon lequel
les Gazaouis sont principalement les victimes de l’armée israélienne et selon
lequel le Hamas a des méthodes sans doute contestables, mais c’est à cause de
la brutalité des Israéliens, ils sont donc un mouvement de résistance. Si ces
manifestations devaient s’étendre, ce serait un tournant dans l’histoire de la
guerre israélo-palestinienne.
Manifestations en Turquie 21 mars 2025
La Turquie s’inspire des méthodes des Européens. Voilà donc Erdogan, le sinistre Erdogan, qui a fait embastiller le maire d’Istamboul, Ekrem Imamoglu. Évidemment c’est un rival important pour l’élection présidentielle de 2028. Ce n’est pas qu’Ekrem Imamoglu soit quelqu’un de très recommandable, il est le représentant d’un islam un poil de plus moderne qu’Erdogan, donc plus libéral, mais il n’est pas moins européen que lui. Des manifestations importantes ont éclaté dans tout le pays, et elles ont été violemment réprimées. Curieusement les Européens toujours prompts à relever les dénis de démocratie chez les autres, n’ont rien dit de cette vilénie. En fait dans la mesure où l’Union européenne donne beaucoup d’argent à la Turquie, à la fois pour que ce pays garde les réfugiés syriens et les empêche de venir en Europe, et pour soi-disant mettre le pays à niveau et faire en sorte qu’il adhère un jour à l’Union européenne. Pour toutes ces raisons, l’Union européenne fait profil bas avec Erdogan. En outre, c’est par la Turquie que transite le gaz russe que les Européens continuent d’acheter à la Russie. Mais comme la Roumanie ou la Moldavie font exactement comme la Turquie, on ne voit pas pourquoi les Européens gronderaient le tyran d’Istamboul. Cerise sur le gâteau, on apprenait que la Turquie serait éligible au plan de réarmement de l’Europe, et condamner Erdogan serait remettre en question ce plan idiot. Je dis idiot parce que comme la Turquie n'a pas d’industrie d’armement cet argent lui permettra d’acheter des avions de combat aux Etats-Unis et Erdogan pourra s’en aller encore bombarder les Kurdes dans le nord de la Syrie.
Manifestation en Turquie le 29 mars 2025
La situation en Turquie est très complexe. D’abord parce que malgré la répression policière violente, les Turcs continuent de manifester contre Erdogan qu’ils considèrent comme à l’origine de tous leurs malheurs, particulièrement sur le plan économique. L’inflation galopante dans ce pays ronge le pouvoir d’achat, l’an dernier ce taux d’inflation se situait au-delà des 60%. Les manifestations sont une lame de fond, et le mouvement semble s’amplifier ces derniers jours. On ne sait pas, au moment où j’écris si Erdogan survivra à cette révolte, et à quel prix, on le dit malade et affaibli. Mais au-delà, on ne sait pas ce que fera Ekrem Imamoglu si par exemple il arrivait à prendre le pouvoir à l’issue d’élections présidentielles anticipées. Le silence de l’Union européenne en tant que telle est significatif. Ses dirigeants ne veulent pas froisser Erdogan, indirectement ils le soutiennent, au moins pour l’instant. Les Etats-Unis sont complètement muets. Or la Turquie étant un membre clé de l’OTAN, un renversement de pouvoir à Istamboul ouvrirait sur l’inconnu. L’Union européenne qui est le pendant politique de l’OTAN a décaissé une vingtaine de milliards pour la Turquie en trente ans. Cette somme qui ne comprend pas les prêts, a officiellement servie à mettre la Turquie en forme dans le cadre d’une pré-adhésion à l’Union européenne – pré-adhésion que pourtant personne ne veut – et aussi à garder les réfugiés syriens et afghans qui n’attendent qu’un geste de la Turquie pour déferler sur l’Europe via la Grèce et la Bulgarie. Il y a une polémique à cet égard, Jordan Bardella avait annoncé que l’Union européenne avait donné 50 milliards d’euros à la Turquie, additionnant les aides et les subventions aux prêts, mais ces prêts de la BEI on ne sait pas si un jour ils seront remboursés. On voit que c’est le même mécanisme qui est à l’œuvre en Turquie et en Ukraine. On arme ce pays, les subventions européennes permettant à l’armée turque d’acheter des avions militaires aux Etats-Unis – donc l’Union européenne subventionne le complexe militaro-industriel étatsunien – qui ensuite iront bombarder les Kurdes dans le nord de la Syrie. Le but étant de toujours menacer la Russie d’encerclement.
Manifestation pour la
libération d’Evghenia Gutul le 26 mars 2025
Voilà maintenant un événement qui est passé inaperçu.
L’Union européenne aimerait bien intégrer la Moldavie à son Empire. Mais il y a
de nombreux obstacles. Une grande partie de ce petit pays ne veut pas se fâcher
avec la Russie pour des tas de raisons. Evghenia Gutul a gagné les élections en
Gagaouzie en 2023 et est donc devenue gouverneur de cette région. Elle prône un
rapprochement avec la Russie. Ça ne plait pas aux européistes qui veulent faire
croire que tout le monde veut adhérer à l’Union européenne et que ceux qui ne
le désirent pas sont des bandits à la solde de Poutine. Comme en Turquie, comme
en Roumanie, on utilise des biais, du genre, elle a reçu de l’argent de
l’étranger, c’est un agent de Poutine, ou encore elle a mal parlé de l’Europe
ou de l’OTAN. Si on rapproche ce qui se passe en Roumanie et en Gagaouzie, cela
donne du sens, il faut consolider la domination européiste sur la Moldavie,
d’autant qu’on pourrait se servir un peu plus tard de la Transnistrie pour
revenir titiller encore un peu les Russes. Evghenia Gutul en a appelé à l’intermédiation
de Poutine et d’Erdogan pour tenter de se faire libérer. Mais ces deux-là on
sans doute d’autres affaires plus urgentes. En tous les cas, c’est un nouveau
mauvais coup des européistes contre la démocratie que soi-disant ils défendent !
Les Gagaouzes sont très particuliers, un peu comme le Donbass en Ukraine, car
ils parlent russe et turc, mais plus rarement moldave. La tentation d’une
épuration ethnique à la manière ukrainienne est une option approuvée par l’Union
européenne qui évidemment ne dit rien de ce qui se passe dans cette région, les
médias occidentaux font profil bas.
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