vendredi 23 octobre 2026

George Orwell, délateur pour le compte de l’IRD

 

Nous avons tous apprécié 1984 comme une sorte d’hymne à la liberté. On a souligné qu’il s’était courageusement engagé en Espagne du côté des Républicains et plus encore à gauche si je peux dire aux côtés du POUM, encore qu’on ne sache pas très bien ce qu’il y a fait, ayant été blessé assez rapidement et évacué sur l’arrière. On le voit ci-dessous, c’est le plus grand au fond de la photo, derrière la bannière du POUM. Il a tiré de cette expérience un récit poignant, Hommage à la Catalogne, publié en 1938. Le livre sera traduit d’abord par Gallimard en 1955, sous le titre de La Catalogne libre, puis repris par les éditions Champ Libre en 1982. Cet ouvrage qui défendait un socialisme démocratique, libertaire même, s’opposait au stalinisme. Le camp républicain était donc très divisé et beaucoup pensent que c’est une des raisons essentielles de la défaite face aux troupes de Franco appuyées par l’Allemagne nazi et l’Italie mussolinienne. De cette guerre Orwell en retirera une haine contre les staliniens. Cet épisode de la guerre d’Espagne me semble essentiel pour expliquer pourquoi Orwell est devenu une sorte d’agent de la CIA. Naïvement il devait penser que le socialisme qu’il aurait voulu voir à l’œuvre ne pouvait advenir qu’en se débarrassant de l’Internationale stalinienne à laquelle les partis communistes occidentaux étaient affiliés. 

Il s’allia donc avec le diable, c’est-à-dire les Etats-Unis par l'intermédiaire de l'IRD qui dépendait du ministère des affaires étrangères britannique. À l’époque où il chercha cette alliance, aux Etats-Unis commençait une impitoyable chasse aux sorcières où tous ceux qui étaient à gauche et manifestaient des idées avancées sur les syndicats, l’égalité de droits pour les noirs, étaient qualifiés de rouges. Orwell ne pouvait absolument pas l’ignorer. On comprend bien que choisir entre Staline et les Etats-Unis qui à l’époque mettait en place un soft pouvoir qui allait acheter peu à peu toutes les consciences pour peu qu’elles manifestent une critique de l’URSS était un choix difficile. On a dit aussi qu’Orwell bénéficia d’une aide indirecte de l’IRD pour faciliter la publication de ses ouvrages. A cette époque il n’était pas très connu. Animal Farm fut ainsi propulsé sur le marché international comme un brûlot anti-communiste, même si par ailleurs Orwell continuait de se réclamer d’un socialisme démocratique. Le plus grave n’est pas cela. Mais le fait qu’il ait choisi de se comporter en délateur, comme ça se faisait à la même époque aux Etats-Unis devant l’HUAC. Ce n’est pas tant que cela ait vraiment nuit aux personnes dénoncées. L’IRD savait bien qui étaient les personnalités de gauche, mais plutôt ce manque de probité intellectuelle. Quand il correspondait avec ses contacts à l’IRD, il précisait qu’il ne voulait surtout pas qu’on sache qu’il faisait ce sale boulot. Finalement il ressemble à son modèle de 1984, dénonçant de ci de là sans trop d’efficacité et de conviction. Le plus drôle dans cette affaire ce n’est pas tant qu’Orwell ait été un délateur, mais plutôt que le monde décrit dans 1984 d’un contrôle total sur la population à l’aide d’un espionnage permanent des faits et gestes de la population, et de la menace de guerres imaginaires, c’est aujourd’hui que ça se passe sous l’égide de la Commission européenne qui, comme Big Brother, existe pour faire notre propre bonheur 

Concrètement que s’est-il passé ? George Orwell était en contact avec Celia Kirwan qui travaillait pour l’IRD et il s’est proposé de l’éclairer sur les personnes suspectes d’accointance plus ou moins profonde avec des communistes. il a livré en 1949 aux services de renseignement britanniques et américains une liste de 38 noms de personnalités célèbres « soupçonnées de sympathiser avec le communisme », parmi lesquelles Charlie Chaplin. Orwell agissait depuis le milieu des années 1940 comme un mouchard paranoïaque, notant dans un carnet tout type de journalistes, activistes, écrivains et artistes communistes qu’il considérait comme suspects d’avoir des « sympathies prosoviétiques » et méritant d’être boycottés pour ne pas être trotskystes comme lui ; il a fini par noter plus de 135 activistes communistes. En 1949, il a finalement livré 38 « soupçonnés d’être communistes » aux services de renseignement occidentaux alors qu’il se trouvait à l’hôpital ; il a donné nom par nom à Celia Kirwan, une espionne britannique, afin qu’ils soient poursuivis et qu’on détruise leur vie non seulement par des emprisonnements comme aux États-Unis, mais aussi en les empêchant d’être embauchés dans leur travail. Outre Charlie Chaplin que le FBI de J. Edgar Hoover s’acharnait à faire croire qu’il était à la fois communiste et juif, la liste comprenait des personnalités comme l’écrivain George Bernard Shaw, l’historien E. H. Carr, le biographe Isaac Deutscher ou l’acteur Michael Redgrave. Pour celui-ci c’est finalement assez drôle puisqu’il interpréta le général O’Connor dans le film que Michael Anderson tira de son roman 1984.

Il est assez étrange de voir comment les fans d’Orwell qui sont de gauche, et même d’une gauche libertaire s’efforcent à nier d’une manière très embrouillée cette réalité pourtant maintenant bien documentée. Voir par exemple la tendance crypto situationniste qui a pondu un texte et un dossier en défense qui ne tient pas la route[1]. La maison d’édition Agone qui publie elle aussi pas mal de textes d’Orwell, sur son blog a repris le dossier monté par Ivrea-Encyclopédie des nuisances, reprenant l’idée que c’était une pratique stalinienne que d’accuser ce pauvre George Orwell[2]. Ci-après on verra le détail de la liste d’Orwell transmise à l’IRD. Il va de soi que cette liste a été connue aussi bien du MI6 que de la CIA. Il est probable que cette liste n’ait pas servi beaucoup, mais enfin l’intention y était. 

Bibliographie

Frances Stonor Saunders, Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle [1999], Denoël, 2003, réédité chez Delga en 2026.

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[1] Georges Orwell devant ses calomniateurs. Quelques observations, Ivrea-Encyclopédie des nuisances, 1997.

[2]https://agone.org/orwell-grevin-2/

mardi 20 octobre 2026

Manifestations, pillages, scènes de guerre civile qui est à la manœuvre ?

 

Marseille, le 17 octobre 2026 

Les pillages spectaculaires qui ont eu lieu le 17 octobre 2026 dans toute la France posent de nombreuses questions. A Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille, Limoges, Nice, Nantes, Rennes, Strasbourg, Rouen, Angers et Caen, on a enregistré des actions de deux sortes, d’abord des pillages de magasins par une foule jeune et nombreuse. Ensuite des attaques et parfois des incendies contre des édifices publics, des mairies ou des commissariats. Ce sont des scènes de guerre civile. Le préfet de Marseille, Jacques Witkowski, a commencé par nous dire que les émeutiers étaient au nombre de 7 ou 8 000, puis le lendemain il a avancé le chiffre extravagant de 30 000 pillards rien que dans le centre-ville. Il mettait ce chiffre en rapport avec les 800 policiers qui avaient été déployés pour contenir les débordements des manifestants. Mais ces simples chiffres posent beaucoup de problèmes. D’abord le plus évident était que les policiers étaient occupés pendant les pillages qui avaient lieu rue Saint Ferréol, rue Paradis et au Centre Bourse à cogner sur les manifestants qui manifestaient pacifiquement en haut de la Canebière, soit un kilomètre plus loin. 30 000 personnes dans le périmètre où les pillages ont eu lieu, ce n’est tout simplement pas crédible et le maire Benoît Payan a dénoncé ce chiffre avancé imprudemment par le préfet. Mais il y avait du monde, et le premier constat est que les pillards venaient directement des Quartier Nord, soit des quartiers qui concentrent une forte population immigrée ou descendante récente d’immigrés. Il suffit de voir les vidéos pour le comprendre. Or que ces populations qu’on peut évaluées à plusieurs centaines, ou quelques milliers tout de même, ont agi de manière très coordonnée, c’est-à-dire toutes en même temps ! On avait vu ce schéma sur le mode mineur au moment des manifestations contre la loi sur les retraites en mars 2023. 

À Marseille on vient piller en famille et motorisé 

Ces pillages posent d’autant plus de questions qu’ils n’ont pas été localisés à Marseille ou à Paris, mais qu’ils ont eu lieu dans toute la France, au même moment et de manière coordonnée. Le lamentable Macron dans son allocution du 18 octobre accuse « Des factieux issus de groupuscules d’ultragauche, rejoints par de nombreux délinquants, se sont livrés à une violence débridée dans nos villes ». C’est une erreur complète. Les groupuscules gauchistes n’ont absolument pas les moyens de mobiliser les populations des quartiers. Ça fait des décennies qu’ils s’y essayent sans succès. Longtemps on a remarqué que les populations immigrés ou musulmanes si vous voulez ne participaient guère au mouvement social, notamment à celui des Gilets jaunes, des soignants, de l’éducation nationale ou des pompiers. Certains le regrettaient. Mais aujourd’hui cela a changé, bien que ces populations soient dans les faits séparés des cortèges officiels auxquels elles participent peu, elles développent pour leur propre compte des actions parallèles au mouvement social. L’idée de piller des magasins de luxe est un motif suffisant de mobilisation pour ces populations assez pauvres qui ont l’habitude de se procurer des revenus en marge de la loi. Et pour que cela réussisse à engendrer le chaos, il faut que l’action soit coordonnée. Ce sont des actions de commando. Si cela ne s’était passé qu’à Marseille, on pourrait avancer qu’il s’agit là d’une spécificité à la ville, mais que cela se soit passé selon les mêmes méthodes dans les grandes villes pose une vraie question : qui est derrière cette coordination ? Qui a la capacité d’agir ainsi en dehors des organisations musulmanes et du réseau formé par les mosquées ? Personne ! 

A Marseille, 30.000 pilleurs et le spectacle douloureux des commerces

Marseille, la rue Saint-Ferréol, après la tempête

Derrière ces actions, il y a véritablement une stratégie de type guérilla urbaine, même si elle s’appuie sur des petits groupes informels ou familiaux, mobilisables ponctuellement sur des objectifs bien précis, dont les relations entre eux sont assez lâches. Je ne crois pas que ces groupes représentent encore un vrai parti, une vraie armée, mais ils sont clairement une masse qui peut aller à l’affrontement et au pillage, préfigurant une sorte de guerre civile ou de religion. Beaucoup accusent Mélenchon d’organiser le chaos et de préparer une sorte d’insurrection s’il est battu et que Marine Le Pen est élue, c’est une erreur, Mélenchon est seulement l’idiot utile qui travaille si on peut dire à ce qu’advienne « une nouvelle France », c’est son petit marché de niche sur le plan électoral. Mais il ne maitrise rien du tout, et en plus il est évident que de ce chaos il est le grand perdant en termes d’image. Il peut d’ores et déjà faire une croix sur son accès au deuxième tour en avril prochain. Même si les Français sont hostiles dans leur ensemble au gouvernement, ils ne supporteront pas longtemps cet état de décomposition et de désordre. « Des casseurs qui s’infiltrent dans les mouvements sociaux, il y en a eu de tout temps dans l’histoire », a avancé le maire de Paris, Emmanuel Grégoire. « La question, c’est pourquoi peuvent-ils si facilement se déployer et casser, parfois pendant plusieurs heures sans que la police intervienne ? », a-t-il ajouté. Benoûit Payan a dit exactement la même chose à Marseille. Il a bien sûr raison, mais il oublie une chose importante : pourquoi ce mouvement de pillages est il aussi large et balaye toute la France ? Dénoncer l’incompétence réelle du gouvernement est bien insuffisant. Il faut faire un peu de sociologie urbaine aussi pour comprendre qui sont ces casseurs et quel rôle ils jouent dans notre société. 

Pillage d'une enseigne Franprix, avec un tag "Vive le ruissellement" sur son rideau métallique, le 17 octobre 2026 à Paris

Pillage d'une enseigne Franprix, le 17 octobre 2026 à Paris 

La crétinerie du gang Macron est d’avoir cru qu’il pourrait profiter d’un chaos limité pour discréditer le mouvement social. Et de fait les exactions et les pillages ont masqué le succès de la mobilisation. Cependant le gouvernement est maintenant accusé par tout le monde d’incompétence, à la fois pour ne pas avoir prévu l’importance des débordements et des pillages, mais aussi pour avoir tardé à intervenir. Si on ajoute cela à la violence que le gouvernement a engagée contre les « vrais » manifestants, ça fait beaucoup. Les dégâts se chiffrent à des centaines de millions d’euros. Le commerce de détail, et pas seulement le commerce de luxe a payé un lourd tribut. Cet épisode de notre vie sociale me rappelle ce qui s’est passé à Los Angelès en 1965 et dont Guy Debord avait rendu compte dans un texte célèbre Le déclin et la chute de l'économie spectaculaire-marchande, publié en 1966 dans le numéro 10 de la revue Internationale situationniste. Il avançait que c’était là une révolte contre « la marchandise ». Mais il oubliait une dimension importante de cette révolte qui avait démarré à Watts avant d’essaimer dans tout le pays, c’est la dimension ethnique. C’était essentiellement les quartiers d’afro-américains qui étaient à la manœuvre, et cela se reproduira encore en 1992 après l’arrestation de Rodney King par la police. Autrement dit les émeutes de Los Angeles, celles de 1965 comme celles de 1992 étaient le reflet de l’échec d’une société multiculturelle. Bien sûr on ne peut pas mettre en équivalence les afro-américains, descendants d’esclaves avec des immigrants qui sont venus de leur propre volonté en France, mais il y a dans les deux cas un même refus d’assimilation. Les manifestations et les pillages sont aussi une extension des « méthodes » des populations issues de l’immigration, elles chassent en meute, c’est assez choquant de voir ici et là des petits groupes tomber à plusieurs sur des individus isolés – et je ne parle pas des policiers – par exemple, un couple d’octogénaires a été frappé et dépouillé dans la nuit du 17 octobre par une bande de six ou sept jeunes. C’est la même lâcheté quand ils pénètrent dans un commerce et se mettent à plusieurs pour frapper des employés sans défense avant de piller le magasin. 

Un slogan "C'est pour les lycéens" tagué sur un magasin Monoprix pillé, le 17 octobre 2026 à Paris

Un magasin Monoprix pillé, le 17 octobre 2026 à Paris  

En France cette guerre « racisée » se pare de nombreux prétextes, la discrimination sociale, la cause palestinienne dont on brandit le drapeau, la liberté de porter le voile, la volonté de construire des mosquées, etc. Les Juifs sont le bouc émissaire de cette haine recuite. La plupart de ceux qui haïssent les Juifs n’en connaissent aucun, mais cela fait partie des fantasmes mis en œuvre pour justifier l’injustifiable. Ici Mélenchon et son parti portent une lourde responsabilité. Bien entendu il y a des tas de raisons de se révolter, mais quand la révolte tourne à l’expression d’un communautarisme cela ne peut engendrer que le chaos et le retour d’une forme de fascisme. Je remarque cependant que si les politiciens de métier ont presque tous réclamer de la fermeté politique et judiciaire, très peu ont osé parler du caractère ethnique de ces exactions. Marine Le Pen et Jordan Bardella ont mis en cause seulement la nouvelle France réclamée par Mélenchon, mais sans aller plus loin ne voulant pas sans doute être une nouvelle fois accusés de racisme. Sur les réseaux sociaux cependant, et sur la foi des images, les commentaires étaient plus précis et accusaient directement l’immigration de masse. Le vice-président étatsunien, J. D. Vance, qui pourtant ferait mieux de se poser des questions sur la déliquescence de son propre pays, a avancé, « Les progressistes occidentaux ont importé le tiers-monde en France et d'autres pays au nom de la diversité et de la compassion. Ils ont négligé les questions fondamentales d'assimilation et de compatibilité. On leur a dit que cela finirait comme cela et ils n'ont pas écouté » 

 

Le plus étrange pour moi est cependant que le lendemain, soit après une nuit d’émeutes particulièrement chargée, cela ait pu recommencer. Pourtant cette fois le gouvernement était prévenu. Certes cette nouvelle soirée de violence s’est surtout localisée à Paris et elle a été moins dure, mais elle a recommencé sur le même modèle avec de nouveaux pillages de commerces. Est-ce à dire que le gouvernement fantôme de la France est dans le coma ? Darmanin comme Nuñez avaient pourtant reconnu juste un peu avant que leurs ministères n’avaient pas été à la hauteur, mais ça ne leur a pas servi pour autant de leçon. 

Des affrontements ont éclaté entre la police et des manifestants à Paris, en France, le 18 octobre 2026. (HESHAM ELSHERIF / ANADOLU / VIA AFP)

Affrontements à Paris le 18 octobre 2026

dimanche 18 octobre 2026

Les manifestations et les violences urbaines du 17 octobre 2026

 Peut être une image de une personne ou plus, hôpital, foule et texte

Le 17 octobre 2026, les soignants étaient au rendez-vous 

Les manifestations du 17 octobre ont été manifestement un succès, la mobilisation a été forte dans toute la France. On parle de 800 000 personnes, ce qui veut dire que les manifestations expriment un ras-le-bol qui dépasse et de très loin la question des lycéens. Les Gilets Jaunes ont manifestement repris du service, avec des blocages de ronds-points ici et là, défilant avec la jeunesse et arborant leur fameux chasuble jaune fluorescent. Le crépuscule de l’ère Macron s’achève dans la honte et dans la violence. Les soignants qui ont été si maltraités par les gouvernements de l’ère Macron, aussi s’étaient mobilisés. C’étaient des dizaines de manifestations assez peu coordonnées entre elles, assez spontanées. On n’a guère vu les syndicats par exemple, ni les partis de gauche. En quelque sorte cette grande manifestation va obliger tout le monde à se positionner sur les maux qui travaillent la France. Il y a une addition incroyable des mécontentements après dix ans de macronisme. Mais aussi bien entendu des peurs diffuses que les gouvernements nous instillent depuis une dizaine d’années. Quand ce n’est pas des menaces directes sur les retraites, ce sont les hausses des prix, des carburants comme du reste, ou alors la peur de la guerre et du remboursement de la dette qui a explosé. A cela s’est ajoutée la faillite évidente du système scolaire dans son entier, l’écrasement de l’hôpital. A chaque fois le gouvernement nommé par Macron a démontré son incompétence dans tous les domaines, aucune catégorie de la population n’a été épargnée, que ce soit les pompiers où les agriculteurs. De quelque côté qu’on regarde, le double quinquennat de Macron est une catastrophe pour le pays. Tout est négatif, mais ce gouvernement continu et prévoit d’aggraver les choses. Et cette sensation de se trouver dans un piège mortel alimente une colère difficile à contenir. Si la jeunesse est plus remuante que les aînés, c’est parce qu’il n’y a aucune perspective à l’horizon pour elle. On ne lui promet que du sang et des larmes et on l’accuse pratiquement d’être responsable de la négation de son avenir. Mais évidemment, toute analphabète que soit cette jeunesse, elle se rend bien compte qu’elle subit une situation qu’elle ne peut pas avoir choisi. 

Les Gilets Jaunes étaient aussi mobilisés

Ce mouvement qui se dessine est bien plus violent et bien plus déterminé de celui des Gilets Jaunes il y a huit ans. Il est à l’offensive, on l’a vue le 17 octobre avec un cortège tentant de marcher sur l’Élysée. Mais là les miliciens avaient des ordres et sont intervenus très rapidement. Dans le quartier Havre/Caumartin, des manifestants ont dressé des barricades. La référence à Mai 68 est d’ailleurs souvent revendiquée depuis quelque temps. Cette référence est trompeuse, car les raisons de la colère sont différentes, ne serait-ce que parce qu’en Mai 68 on pouvait dire avec Raoul Vaneigem Nous ne voulons pas d'un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui. Aujourd’hui nous avons l’impression que nous nous dirigeons vers un monde où tout va manquer, y compris un air et une eau propres à la consommation. On pouvait critiquer l’abondance à travers le piège de la consommation et du fétiche de la marchandise, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Même le travail est devenu une denrée rare et nous avons six millions et demi d’inscrits à France travail. L’Occident s’installe dans la pénurie et cette pénurie engendre le déclassement des citoyens, tandis évidemment que les plus riches continuent à piller les ressources du pays. Voyez combien cette idée de la taxe Zucman sur le patrimoine des très riches est populaire, tandis que des imbéciles comme Sarah Knafo, David Lisnard et quelques autres prêchent dans le désert pour réclamer moins d’impôts et la destruction finale du modèle social issu du CNR. On peut raconter ce qu'on veut, mais les Français, même s'ils déplorent les débordements et les violences approuvent très largement la mobilisation du 17 octobre


Ce qu’il y a de nouveau c’est que les violences ont éclaté nombreuses dans toutes les grandes villes françaises, Paris, bien sûr, mais aussi Marseille, Lyon, Bordeaux, Brest, etc. Cette violence ne peut être attribuée aux seuls et inévitables casseurs, ce lumpen prolétariat allié objectif de la milice pour justifier la répression. Ces jeunes sont très nombreux et ne craignent pas de défier la police. Ces débordements cependant mettent en doute l’idée que les Français seraient moutonniers et passifs face à l’effondrement du pays et l’incompétence du gouvernement. 

Marseille le 17 octobre 

Mais ça va encore plus loin, ce gouvernement est à l’évidence incapable de gérer les colères de la rue. La tactique mise au point depuis la place Beauvau est simple, on joue le pourrissement, on nasse et menace les manifestants pacifiques et on laisse faire les débordements, on attend pour intervenir qu’il y ait le feu. Le but de cette tactique stupide est double, d’une part dévaloriser le mouvement en montrant avec la complicité des journalistes, idiots utiles de la bourgeoisie, que ce sont que des casseurs qui manifestent, et d’autre part justifier une répression violente pour dissuader que les manifestants reviennent et que le mouvement s’amplifie. A Marseille nous avons vu deux choses, d’abord des charges inconsidérées contre les manifestants pacifiques, jusqu’à ce que ceux-ci ne se mettent à riposter. Ensuite il y a eu des pillages de magasins dans le Centre Bourse, la rue Paradis et la rue Saint-Ferréol. La police a laissé faire, attendant que les casseurs aient rempli leurs sacs pour intervenir après que les dégâts aient eu lieu et que les pillards soient partis. Même chose devant la mairie de Marseille sur le Vieux Port dont les portes ont été enfoncées avant que les forces du désordre ne réagissent. Les pillards des magasins étaient venus des Quartiers Nord, sachant que cela aller péter. C’était prévisible, cela s’était déjà passé ainsi quand les syndicats manifestaient pour l’abrogation de la loi sur les retraites. À moins d’imaginer que la hiérarchie policière est totalement stupide, on comprend bien que cela a été orchestré par le ministère de l’intérieur. Nuñez est si on peut dire un spécialiste, il officiait déjà contre les Gilets jaunes un peu de la même manière. Le ridicule préfet des Bouches du Rhône, Jacques Witkowski, parlait de sept à huit milles pillards ! Ce chiffre est extravagant, il ne sert juste qu’à expliquer les débordements et la passivité relative de la milice. Pour que ce chiffre soit crédible, il aurait fallu que globalement la manifestation du 17 octobre ait réuni à Marseille 200 000 personnes, on en était bien loin. 

Les camions "Centaure" de la gendarmerie nationale ont été déployés dans le centre-ville de Marseille.

Marseille le 17 octobre 

Quoi qu’il en soit, que la situation ait pu dégénérer aussi rapidement un peu de partout dans le pays est au minimum une nouvelle preuve du délitement complet des institutions. Macron qui s’était manifestement caché pendant le pic des manifestations a donné son petit commentaire idiot : « nous ferons tous bloc face aux semeurs de chaos ». Les mêmes qui « ne cherchent qu'à abattre nos institutions et empêchent ceux qui expriment pacifiquement leurs revendications de le faire ». Dans la même journée il annonçait qu’on allait encore devoir donner quelques milliards – un peu plus de 10 sans doute – pour soutenir l’effort de guerre de l’Ukraine contre la Russie, Zelensky réclamant pour son propre gang encore 70 milliards d’euros supplémentaires. Ces propos macroniens sont des paroles creuses d’ailleurs, car vu le nombre de pilleurs et d’éléments violents, on ne peut que s’inquiéter d’une fracture plus profonde, ce ne sont pas seulement quelques casseurs infiltrés, mais des jeunes gens en colère, prêts à mettre le feu. On voit bien que malgré les violences, son gouvernement ne maitrise plus la situation. Par exemple, rien de sérieux n’a été fait pour faire retomber la colère des Français, la farce des 3 000 postes d’enseignants sortis du chapeau a fait long feu. Qu’en un mois le gouvernement n’ait pas pu accoucher d’autre chose que de cette fantaisie en dit long sur les limites de son savoir-faire et l’incompréhension de la profondeur du mouvement. 

Paris le 17 octobre 

A-t-on atteint un point de non-retour ? C’est très possible. Plus rien ne tient debout dans ce pays. On voit que dans la préparation du budget pour 2027 le gouvernement de Biscornu prépare encore et toujours de nouveau tour de vis contre les Français pauvres et de la classe moyenne, les très riches étant comme toujours épargnés, ce qui ne va pas apaiser les choses. Certains demandent la démission de Macron, certes si ce garçon avait un petit peu d’honneur il démissionnerait sans qu’on ne le lui demande. Mais il restera jusqu’au bout, comme ces vieux joueurs de casino décavés qui n’arrivent pas à rentrer chez eux, espérant un miracle qui ne surviendra pas, tentant d’emprunter autour d’eux pour essayer de se refaire. On peut toujours discuter de l’imbécilité de certains manifestants qui n’ont rien trouvé de mieux que de brandir des drapeaux palestiniens, il y en a, en Mai 68 c’était pareil, de même il est évident que certains groupes gauchistes poussent à la guerre civile, mais ce n’est pas là le principal car l’exaspération des Français va les pousser de plus en plus à des manifestations violentes pour faire bouger les choses, sur le mode « nous n’avons rien à perdre », rêvant d’un retour de Mai 68 comme du seul objectif à atteindre, sauf qu’en Mai 68 la grandeur du mouvement tenait surtout au fait qu’il s’agissait de la plus longue grève de la classe ouvrière. 

Peut être une image de une personne ou plus, vélo, rue, la porte de Brandebourg, foule et texte

Paris le 17 octobre 

Nous sommes dans une impasse, et il n’est pas certain que le gouvernement s’en rende bien compte, il parie manifestement sur une montée en puissance de la répression policière et judiciaire. Darmanin, le ministre de la justice incapable de faire quoi que ce soit avec les OQTF a promis une réponse très ferme aux violences urbaines. Mais ayant manifestement semé le chaos il aura du mal à se présenter comme le parti de l’ordre. Ce qui est en train de mourir sous nos yeux, c’est la démocratie parlementaire, cette parodie de démocratie qui n’arrive plus à masquer ses insuffisances. Cela fait des années, au moins depuis les Gilets jaunes que le peuple réclame qu’on l’entende mieux, qu’on lui donne la parole, mais on a fait exactement tout l’inverse. La liberté d’expression est de plus en plus restreinte et les décisions politiques qui sont prises vont manifestement à l’encontre des souhaits des Français. Le plus probable est cette situation délétère risque de déboucher pour de bon sur une forme de fascisme bien réelle. Je vois dans ce qui se passe aujourd’hui que tout se met en place pour que Marine Le Pen se radicalise ! Et je ne crois pas qu’elle soit à la hauteur pour faire autre chose. Ce mouvement de colère, c’est Mélenchon qui en paiera probablement la note aux prochaines élections, et également nous allons assister à une surenchère des candidats à la présidentielle pour une répression encore plus dure, venant de la droite et pénétrant tous les partis de gauche qui se sentiront obligés de condamner les violences des « casseurs ». Dans cette bataille pour le rétablissement de l’ordre, c’est toujours la gauche qui est marron, mais cette fois elle entrainera aussi avec elle l’extrême centre qui a été et qui est toujours aux affaires par le miracle des mécanismes de cette fausse démocratie, histoire de démontrer son impuissance. Dans toute l’Europe le pouvoir est confisqué par une caste dont le seul talent est celui de savoir se servir de ces mêmes mécanismes, on peut gouverner – fort mal d’ailleurs – en ayant une popularité inférieure à 20% de la population, en France comme en Allemagne ou au Royaume Uni. 

À Lyon l’Office du tourisme a été incendié 

La crise est très profonde, on le sait depuis au moins 2018, et on ne voit pas le bout du tunnel. Je ne vois pas quelle force politique pourrait vraiment prendre les choses en main et rétablir un semblant de retour à l’équilibre. Changer de président ou de gouvernement, la preuve est faite que cela ne sert pas à grand-chose. Penser que de ce chaos peut sortir une révolution de type socialiste est plutôt utopique, il faudrait déjà qu’il y ait une espérance réelle, une énergie nouvelle. On peut toujours le souhaiter, et il est vrai que parfois l’histoire réserve des surprises. Mais quoi qu’il en soit, il faut voir ces manifestations comme une réaction saine à la dérive des institutions. En vérité ce n’est pas l’aboutissement de la seule impéritie de Macron et de son gang, c’est celui de la mise en place dans le début des années quatre-vingt d’un système mondialiste et néo-libéral dont la logique est la cupidité et le pillage des richesses. Plus concrètement c’est le couronnement du renoncement de la gauche européenne – PS français en tête – à s’opposer à l’Européisme, cette maladie mentale qui met en œuvre en permanence des réformes anti-sociales en travaillant pour le compte des multinationales et d’une bureaucratie prédatrice. Ce que j’espère c’est que le débat de l’élection présidentielle permettra de mettre à jour les mécanismes de cette déconfiture qui traverse tout l’Occident, et qu’on prendra conscience de ce qu’est le pouvoir politique réel, car ce ne sont pas les élections de 2027 qui changeront les choses. 

Incendie de l’Hôtel de ville de Limoges, le 17 octobre 2026. - PASCAL LACHENAUD/AFP

Incendie de l’Hôtel de ville de Limoges, le 17 octobre 2026

La presse s’est déchaînée, certes le plus souvent elle a souligné l’incompétence de l’exécutif, Le monde parlait d’un exécutif à bout de souffle, mais le message subliminal qui a commencé à se répandre sur les réseaux sociaux était qu’il fallait envoyer la troupe et tirer dans le tas des émeutiers pour ramener un peu d’ordre. Cette manière sournoise de traiter l’information dans la presse est la preuve éclatante que le pouvoir aujourd’hui en France alimente le feu en espérant être quitte de ses responsabilités. Il n’est pas certain que cela fonctionne, car beaucoup s’ils condamnent les pillages de la racaille, comprennent que la violence est la seule issue au blocage volontaire de la société par le gouvernement en place.

jeudi 15 octobre 2026

La situation en Ukraine est en train de changer

 Un immeuble résidentiel, lors d’une coupure de courant à Kiev, le 9 octobre 2026.

Un immeuble résidentiel, lors d’une coupure de courant à Kiev, le 9 octobre 

Peut-être que la guerre en Ukraine va enfin se terminer, malgré l’acharnement des Européens de la poursuivre jusqu’au dernier Ukrainien. Ça fait des mois, voire des années qu’on pense que l’armée ukrainienne est à l’os, qu’elle n’a plus de soldats, plus de munitions et que ses erreurs stratégiques l’ont déjà menée à la défaite. Mais cette fois il semble bien que cela se rapproche. Il y a des signes. D’abord évidemment les Russes ont accéléré leurs bombardements sur les ressources énergétiques de l’Ukraine et de sa capitale, plongeant celle-ci dans une pénombre difficilement supportable. De nombreux Kiévains ont déjà déménagés et se sont enfuis plus à l’Ouest pour survivre dans des conditions acceptables. Depuis que Zelensky et son gang ont décidé avec l’appui de l’OTAN et des Européens de bombarder la Russie dans la profondeur, faisant quand même des dégâts, les Russes tapent maintenant sur des cibles que, jusque-là, ils avaient épargnées, notamment les ponts sur le Dniepr qui permet à Kiev une circulation à peu près normale. Les Russes détruisent systématiquement toutes les structures logistiques qui permettent de faire circuler les forces militaires, mais aussi les nombreuses petites usines disséminées ici et là pour produire des drones ou des éléments pour les produire. Également le fait que Trump ait refusé de livrer des missiles destinés à la couverture aérienne rend le pays encore plus vulnérable – les arsenaux des Etats-Unis sont à sec, consécutivement à l’échec de la guerre en Iran. 

Antonio Costa, président du Conseil européen, Volodymyr Zelensky, président ukrainien, et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne (de gauche à droite), au siège de la Commission européenne, à Bruxelles, le 18 juin 2026.

Mais il y a autre chose, comme nous le savons, le régime de Zelensky ne tient que grâce à l’argent de l’Europe. A la fin du mois de septembre Zelensky réclamait encore de l’argent, malgré les 90 milliards qu’Ursula von der Leyen et son gang lui avaient accordés pour les années 2026 et 2027[1], avec toujours la même rhétorique selon laquelle il protège l’Europe dans son entier en tenant tête à la Russie. Ce qui est une fable car même si la Russie en avait envie, elle n’aurait jamais les moyens humains même de ne conquérir toute l’Ukraine qu’il faudrait occuper avec des centaines de milliers de soldats russes. Mais depuis le début Zelensky et les Européens ont pris cette habitude de mentir. Donc à la fin septembre Zelensky réclamait 27 milliards supplémentaire pour boucler son budget. Cependant ce qui a changé, c’est que les Européens n’ont plus d’argent et que sur les 90 milliards d’euros promis pour les années 2026 et 2027, ils ne seraient arrivés à n’en trouver que 7 ou 8 ! Que ce soit en France ou en Allemagne, on voit bien que les difficultés financières et économiques de l’Europe ne permettent plus de soutenir cette guerre absurde. Les populations d’une manière ou d’une autre se rebellent, les Allemands votent maintenant contre le parti de la guerre, l’AfD et BSW appellent à la négociation avec la Russie, en France la révolte des lycéens est une image de cette décomposition, et les politiciens qui poussent à la guerre sont de plus en plus impopulaires, qu’ils s’appellent Macron, von der Leyen, Merz ou Burnham, ils tournent le plus souvent en dessous des 20 % d’opinions favorables. 

Le député ukrainien Oleksiy Honcharenko 

Mais c’est aussi à l’intérieur de l’Ukraine que les appels à la paix négociée et donc à l’abandon des territoires perdus arrivent. le député ukrainien d’Odessa, Oleksiy Honcharenko, a fait sensation. Il a appelé directement à des négociations avec la Russie, à une levée des sanctions et bien sûr à admettre que les territoires perdus ne reviendront jamais. Il est membre du parti de Porochenko, c’est-à-dire un parti qui a été le cheval de Troie pour la stratégie étatsunienne de la guerre contre la Russie. Mais il représente Odessa, une ville qui est assez largement pro-russe et qui, si la guerre devait continuer encore longtemps, risquerait de rejoindre les autres territoires perdus de l’Ukraine dans la Fédération de Russie. Ce député dénonce aussi les mensonges habituels de Zelensky, pour lui le retrait des troupes de Kiev était le résultat de l’avancée des négociations d'Istanbul du printemps 2022, autrement dit, il précise ce que nous savons depuis 4 ans et demi que Zelensky a refusé une offre de paix sous la pression des occidentaux, offre qui était bien plus avantageuse que tout ce que l’Ukraine peut obtenir aujourd’hui en prolongeant la guerre et le martyre des Ukrainiens. Honcharenko avance également qu’inexorablement l’Ukraine est en train de perdre la guerre et ce faisant il propose un plan de paix en conséquence pour y mettre fin et d’abandonner les sanctions contre les Russes sur le pétrole et sur le gaz[2]. Évidemment la crapule néo-nazie ukrainienne a mis sa tête à prix sur le site Myrotvorets[3]. Cette réaction explique d’ailleurs pourquoi Zelensky ne peut pas signer la paix lui-même, sa vie ne vaudrait plus rien. Même Le monde le journal pro-guerre le plus virulent de France a été obligé de rapporter ces révélations qui montrent que l’opinion ukrainienne n’est plus favorable à Zelensky. Et encore on ne parle pas de la haine de cette population pour les rafles régulières et sauvages des malheureux qu’on envoie se faire tuer sur le front pour rien. Les Ukrainiens sont aussi très renseignés sur la corruption du gang de Zelensky, les informations circulant plus librement en Ukraine que dans les pays européens où la plupart des journaux s’autocensurent ! Mais en fait Hocharenko dit sans détour ce que dit pourtant sur le mode mineur Zaloujny depuis maintenant quelques mois. 

Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump, Steve Witkoff, envoyé spécial américain et Vladimir Poutine, le président russe, à Moscou, le 5 septembre 2026.

Jared Kushner, Steve Witkoff et Vladimir Poutine le 5 septembre

Trump est en campagne pour limiter les dégâts aux prochaines élections de midterms qui auront lieu le 3 novembre 2026. Il a donc envoyé une fois de plus ses négociateurs Witkoff et Kushner, et ceux-ci ont annoncé que les choses avançaient bien, avec les Russes, comme avec les Ukrainiens. Celle-là on l’a entendue assez souvent. Mais il y a autre chose, Trump vient d’annoncer, à grands coups de trompette comme c’est son habitude, un accord avec Poutine sur le diesel. L’idée est de faire baisser rapidement le prix du gazole à la pompe et de soulager les ménages. Ce faisant les Etats-Unis se retirent des sanctions occidentales. C’est un coup terrible porté à l’imbécilité de la logique européiste jusqu’au-boutiste. Le monde l’a bien compris et dénonce cette rupture qui va accroitre la pression sur Zelensky et sur les dirigeants débiles de l’Union européenne[4]. Le problème est que si les Etats-Unis lèvent progressivement les sanctions contre la Russie, l’Union européenne ne pourra pas les maintenir très longtemps, au risque d’aller à la ruine et à l’éclatement, de nombreux pays refuseront de suivre cette logique suicidaire. Évidemment Zelensky n’est pas content car de fait cela signifie que les Etats-Unis vont faire une pression de plus en plus forte sur lui pour qu’il arrête les frais rapidement, et comme on l’a dit les Européens, en ordre dispersé, n’ont pas les moyens de soutenir sérieusement la guerre avec la Russie, même pour la continuer sans perspective de gagner quoi que ce soit d’autre que de nouvelles croix dans les cimetières de l’Ukraine. On a appris également cette semaine par le quotidien britannique The Guardian, selon lesquelles 176 000 tonnes de produits, « principalement du gazole », avaient été expédiées de Corée du Sud vers la Russie en juillet et en août. Ces livraisons ont été critiquées par Kiev. ce qui montre que les Etats-Unis ne sont pas le seul pays qui se moque des sanctions et qui les contourne. C'est à tout le moins l'image que les pays du bloc occidental, en dehors des bureaucrates de Bruxelles en ont assez de ces fantaisies qui pourrissent les économies du monde entier et qui ne produisent rien comme résultat. Le 10 octobre Trump a avancé qu'il était temps que l'Ukraine change de président ! Après l'annonce de Trump que les Européistes qui sont toujours en retard d'une bataille, n'avaient pas prévue, il fallait voir les trépignations de la semi-idiote, la corrompue Kaja Kallas, c'était assez réjouissant ! 

Kaja Kallas en conférence de presse, le 8 octobre 2026

Les réfugiés ukrainiens sont de plus en plus mal acceptés dans les pays limitrophes. C’est évidemment le cas de la Pologne qui hait littéralement les Ukrainiens depuis la nuit des temps et qui n’a pas supporté les célébrations à répétition de la mémoire des nazis ukrainiens qui s’étaient rendus coupables de massacres de masse de Polonais[5]. Ce pays ne veut plus prolonger l’aide aux réfugiés ukrainiens, refuse également que l’Ukraine rejoigne l’Union européenne. Des bagarres entre Polonais et Ukrainiens ont lieu tous les jours. Et en effet pourquoi les Polonais devraient supporter chez eux et financer des donneurs de leçon ukrainiens qui par ailleurs se sont cachés bien loin du front. La majorité des Polonais qui sont extrêmement nationalistes, ne veut plus d’eux[6]. Elle veut qu’ils rentrent chez eux ! Le monde a rendu compte très tardivement d’ailleurs de cette haine. Mais ce journal idiot parle d’une « instrumentalisation des peurs », c’est-à-dire que ce journal idiot plaque les éléments de langage qu’il utilise pour parler du rejet des immigrés en France sur la situation en Pologne. C’est ridicule car pour comprendre la profondeur de ce rejet il faudrait aussi le relier à ce qu’en pensent les Hongrois, les Roumains ou les Bulgares qui eux aussi ne veulent plus de ces Ukrainiens arrogants qui leur coûte très cher[7]. Notez que l’Union européenne – c’est-à-dire la bureaucratie de von der Leyen – tente de contourner cette question en parlant d’une adhésion accélérée de l’Ukraine votée à la majorité qualifiée ! On reviendra plus tard sur cette question, car von der Leyen compte bien continuer l’élargissement de l’Union européenne vers l’Est en intégrant l’Ukraine et quelques pays du Caucase. Mais elle ne peut réaliser ce projet impérialiste sous domination allemande qu’à deux conditions, d’abord que l’unanimité soit levée pour ce genre de fantaisie, ensuite que l’Allemagne y voit un intérêt pour son économie. Ces deux conditions ne sont pas près d’être levées, mais si elles l'étaient, elles pourraient accélérer la dislocation de l’Union européenne.



[1] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/30/guerre-en-ukraine-une-nouvelle-demande-d-aide-financiere-qui-passe-mal-a-bruxelles_6786112_3210.html

[2] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/10/07/l-ukraine-est-en-train-de-perdre-la-guerre-le-plan-de-paix-d-un-depute-d-odessa-provoque-un-tolle-a-kiev_6789592_3210.html

[3] https://ukrmedia.news/en/politics/goncharenko-myrotvorets-vykliuchennia-yes/

[4] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/10/10/un-accord-sur-le-gazole-entre-trump-et-poutine-au-grand-dam-de-l-ukraine-et-de-ses-allies_6790903_3210.html

[5] https://ingirumimusnocte2.blogspot.com/2026/07/la-degradation-de-limage-de-lukraine.html

[6] https://www.20minutes.fr/monde/ukraine/4182807-20251118-guerre-ukraine-rentrent-chez-pologne-lassitude-monte-envers-refugies-ukrainiens

[7] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/10/09/en-pologne-l-instrumentalisation-des-peurs-nourrit-les-ressentiments-contre-les-refugies-ukrainiens_6790606_3210.html

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