À gauche les nazis en action, à droite, la milice de Donald Trump assassine
Avec Trump c’est guignol tous les jours, mais si les Etats-Unis n’ont pas changé vraiment, la présentation de leur arrogance n’est plus la même. Et parallèlement les gesticulations plus ou moins violentes agitent la planète. En Europe où on aime à hurler au fascisme à propos de tout et de rien, et depuis trente ans on nous prévient de l’arrivée au pouvoir du FN, puis du RN comme la calamité dernière, mais pourtant on a beaucoup de scrupules à qualifier le régime étatsunien pour ce qu’il est. Ce pays fait de bric et de broc, a toujours été violent et expansionniste. La première guerre que mène Trump c’est d’abord contre son peuple. On a vu des images hallucinantes de ce qui s’est passé à Minneapolis. L’ICE est une milice que Trump a privatisée pour son usage personnel, mais avec les fonds de l’État fédéral. On peut tout à fait comprendre une politique immigrationniste restrictive, les Etats-Unis ont une longue pratique de cela, alternativement ils ont ouvert et fermé leurs frontières. Dans les années trente c’est très difficile d’arriver à immigrer, peu importe que ce soit un pays d’immigrants qui ont volé les terres des Amérindiens et qui les ont génocidés. Mais on ne peut pas approuver les méthodes utilisées, contrairement à ce qu’avancent Zemmour et son gang de collabos qui n’en manquent pas une pour se mettre au service de l’Empire. Après des bastonnades, des dégradations et au moins deux assassinats, l’ICE s’est totalement discréditée aux yeux du monde entier. Les vidéos ont circulé tout autour de notre malheureuse planète. Trump a beau dire que les personnes assassinées étaient radicalisées, personne ne le croit. C’est un grand menteur. Cette milice qui possède par la grâce de Trump un budget énorme, on parle de 22 milliards de dollars, a rassemblé la racaille du lumpen prolétariat. Des imbéciles fanatisés, formés à la va-vite, pour être lâchés dans les rues à organiser des rafles. Les étatsuniens désapprouvent massivement ces saloperies qui sèment le chaos. Et si avant ils approuvaient la politique anti-immigrationniste de Trump, ce taux est tombé à un peu plus d’un tiers de la population[1]. Quelle est le but de ces démonstrations de force ? Nul ne le sait, si c’était pour montrer la résolution de Trump en la matière, c’est raté. Piteusement il a dû retirer la milice de l’ICE sous la pression populaire[2]. Il a beau se féliciter des excellents résultats qu’il obtient, cela ne masque pas ses échecs, et ils sont très nombreux. Le rejet des violences commises par l’ICE est le début d’un divorce sévère entre l’homme à la figure orange et l’opinion publique étatsunienne. Les trumpistes en sont à mettre en avant le fait que Obama comme Biden avaient encore plus expulsé d’immigrants illégaux que Trump, ça ne fonctionne pas. Ces manquements brutaux sont tout le temps accompagnés par des commentaires orduriers de Trump lui-même. Il insulte tout le monde, y compris les personnes décédées. Cet homme est sans pudeur. On commence d’ailleurs à dire qu’il est vieux, qu’il n’a pas toute sa tête. Un peu comme Biden. En tous les cas il manifeste une haine de son peuple qui est assez hallucinante. Mais les imbécilités de Trump ne doivent pas faire oublier qu’il n'est pas seul aux commandes et que beaucoup des guerres de Trump sont appuyées en sous-main par ses proches, mais aussi par une partie de ce qu’il a lui-même appelé l’Etat profond, principalement la CIA et le Pentagone.
L’assassinat d’un jeune étudiant par la Garde nationale le 4 mai 1970
Ci-dessus on voit une photo d’un meurtre exécuter par la Garde nationale. Il s’agissait de réprimer une manifestation contre l’idée de Richard Nixon – un autre paranoïaque – d’envoyer des troupes au Cambodge où le régime ne plaisait pas aux Etats-Unis. Sans remonter à l’entre deux guerres où les répressions des syndicats et des mouvements sociaux étaient sauvages et meurtrières, la violence a toujours été extravagante dans ce pays en ce qui concerne le maintien de l’ordre. C’est pourquoi quand il y a des bavures policières énormes – comme celles qui concernent Rodney King ou George Floyd – cela dégénère rapidement en émeutes qui ravagent le pays pendant des jours, dans une atmosphère de guerre civile. Ce qu nous avons vu à Minneapolis donne une idée de cette guerre civile latente qui travers les Etats-Unis.
La flotte étatsunienne en
route pour bombarder l’Iran
Mais Trump mène aussi des guerres à l’extérieur. Il semble qu’il ait abandonné l’idée de soumettre la Venezuela à sa férule, mais il s’est lancé dans une guerre d’usure contre l’Iran. Là encore on n’est pas obligé d’approuver le régime des mollahs pour dénoncer la rhétorique guerrière de l’homme à la figure orange. Ce pays est martyrisé par les sanctions occidentales depuis de longues années. Et si les Iraniens sont affamés par le pouvoir corrompu des mollahs, les Etats-Unis en sont leur complice dans la mesure où ils ont tout fait pour que la situation de la population s’aggrave. Maintenant les Etats-Unis, sans même qu’ils aient un mandat de qui que ce soit – ni de l’ONU, ni du Congrès – ont décidé d’envoyer une flottille pour menacer encore et toujours l’Iran. C’est la même menace – mais avec apparemment moins de moyens – que celle qui avait été appliquée contre l’Irak de Saddam Hussein par George W. Bush. Pour l’Irak on avançait la menace d’une guerre bactériologique, avec le comique Colin Powell qui brandissait une fiole contenant on ne sait quoi : il disait avoir la preuve de la dangerosité du régime irakien. Il avouera plus tard que tout cela était du cirque et que l’Irak ne possédait ni armes bactériologiques, ni même une des meilleures armées du monde comme le Pentagone voulait le faire croire afin d’anticiper une victoire facile contre une armée de seconde zone. Aujourd’hui pour justifier l’idée d’une attaque contre l’Iran est légitime, les Étatsuniens qui ont toujours été de grands menteurs évoquent des armes nucléaires, alors que tout le monde sait qu’ils n’en ont pas. On a remarqué que la flottille envoyée par Trump était relativement restreinte, on se demande s’il ne s’agit pas encore d’un coup de bluff comme à propos du Venezuela où le régime est resté en place. L’Iran est depuis 2011 sous sanctions des Etats-Unis et de leurs valets européens. Dix trains de sanctions ont été alignés. Avec pour seul résultat de martyriser le peuple iranien qui a deux ennemis, les mollahs et les Etats-Unis. Avec à la clé le bain de sang de ces derniers jours qui a fait des milliers de morts.
Les Cubains ont manifesté leur solidarité avec le Venezuela
L’autre cible de Trump est Cuba. Cela fait exactement 66 ans que les Etats-Unis martyrisent ce tout petit pays. On n’a pas besoin de trouver des vertus au régime castriste. La Havane ne m’a jamais fait rêver. Mais là n’est pas la question. On remarque de puis 66 ans les Etats-Unis exercent un blocus de l’île, sans parler des tentatives militaires pour changer le régime et y imposer un homme à eux. Là encore les Cubains doivent leur misère évidente[3] à la haine recuite des Etats-Unis. C’est la continuité de la politique des sanctions, celle-là même que les Etats-Unis ont utilisée pour tenter de mettre l’économie russe à genoux. On remarque que les Etats-Unis préfèrent s’attaquer à des petits pays ou des pays comme l’Iran affaiblis. C’est une autre forme de guerre économique. Les Cubains accusent leur coupure d’avec le Venezuela qui ne leur livre plus rien. Certes les Chinois ont avancé ces jours ci qu’ils allaient venir au secours de Cuba, mais on ne voit pas très bien comment. Trump a encore menacé Cuba, comme l’Iran, soit ils signent un accord avec lui, soit il les fera bombarder[4]. On peut d’ailleurs se demander si sans le blocus Cuba n’aurait pas évolué vers un régime plus souple et plus ouvert. Les Etats-Unis interviennent toujours contre des régimes pour les empêcher de se réformer par eux-mêmes.
Dans les rues de La Havane
Ces exemples montrent d’abord que, les Etats-Unis ont la patience de l’araignée, sur des années, sur des décennies, ils visent à saper les ressources économiques des pays qu’ils veulent s’approprier. Et malgré sa grossièreté native, Trump reste dans l’exacte continuité de ses prédécesseurs. Il ne fait aucun doute qu’à Cuba Trump veut mettre à sa tête une équipe étatsunienne, peut-être même en faire le 51ème État de l’Empire. Pour l’Iran, ils visent essentiellement son pétrole. Cette logique expansionniste qu’on a vu à l’œuvre en Europe avec l’extension de l’OTAN vers la Russie, est pourtant contrariée par le fait que les Étatsuniens n’approuvent pas cette politique impérialiste, il voudrait que le gouvernement s’intéresse à leurs problèmes, car si, contrairement à l’Europe, il y a de la croissance aux Etats-Unis, celle-ci ne se traduit pas dans l’évolution des salaires. Trump est donc confronté à ses ennemis de l’intérieur, et ceux là sont de plus en plus nombreux. Contrairement à ce que croient les thuriféraires de Trump en France, ceux qui s’opposent aux débordements de l’Ice, ou à l’attaque sur le Venezuela, ou encore à l’annexion du Groenland, ne sont pas des gauchistes radicalisés. Cependant, ce que Trump ne semble pas prendre en compte, c’est que les Etats-Unis sont très affaiblis. Militairement, ils ne peuvent pas faire grand-chose, à part s’attaquer à des petits territoires, du moins pour l’instant. Un des traits de cette faiblesse est que Trump est incapable de s’opposer à Zelensky. Chaque fois qu’il propose un plan de paix, celui-ci le renvoie dans les cordes. Mais il n’est pas capable non plus d’assurer une aide massive à l’Ukraine. La morale de ces histoires est qu’on ne peut pas faire confiance aux « Américains ». Les Russes sont prévenus. Hervé Carresse pense que derrière toute cette agitation il y a une logique : le grossier Trump avance des demandes maximalistes pour obtenir des petits avantages, brandissant le gros bâton pour obtenir finalement quelque chose dans des négociations. Il n’a pas tout à fait tort, sauf que cette manière de négocier quelque avantage à des limites parce qu’elle devient assez prévisible. Certes il peut encore compter sur la soumission des dirigeants européens qui doivent tous quelque chose à leur maître étatsunien. Mais cela pourrait changer si par exemple l’Union européenne venait à exploser.
Les Etats-Unis nous dépouillent de LMB Aerospace, industrie de pointe de la défense
Pour mesurer le degré de soumission des Européistes, il
suffit de voir comment les macroniens, mais avant eux aussi les sbires de Hollande
et de Sarkozy, ont vendu nos meilleures industries de pointes aux prédateurs étasuniens.
On se souvient du scandale d’Alstom où on retrouvait le chantage des Etats-Unis,
mais aussi cette corruption latente de l’élite de notre pays[5]. Ces
derniers temps Bercy a validé la vente de LMB Aerospace à l’américain Loar
Group, en passant outre l’avis de la DGA... et sans entrée de Bpifrance au
capital. Cette énième affaire, certainement conclue avec quelques millions
versés à des corrompus, élus et lobbyistes, comme dans l’affaire Alstom, sera
malheureusement vite oubliée. C’est la crapule Roland Lescure, médiocre
magouilleur macronien et ministre de l’économie, qui a validé ce pillage. La mallette
de billets est parfois préférée à la logique du gros bâton. Il y a encore
quelques années, la France était la deuxième puissance industrielle de l’Union
européenne, quand il y avait encore les Britanniques, aujourd’hui, elle est
loin derrière l’Allemagne, l’Italie et même le Royaume uni. De Gaulle avait a
juste titre pointé que les Etats-Unis étaient nos ennemis. Manifestement ils ont
remporté la guerre avec la complicité de nos politiciens corrompus. Et les
prétendants à la succession de Macron ne semblent pas prêts à changer de
direction dans la soumission.
[1] https://www.reuters.com/world/us/trumps-immigration-approval-drops-record-low-reutersipsos-poll-finds-2026-01-26/
[2] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/30/comment-minneapolis-en-faisant-preuve-d-unite-s-est-transformee-en-bourbier-pour-donald-trump_6664698_3210.html
[3] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/29/il-ne-reste-plus-qu-a-s-en-aller-a-cuba-la-vie-devenue-impossible_6664545_3210.html?search-type=classic&ise_click_rank=1
[4] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/11/donald-trump-menace-cuba-la-havane-dit-se-preparer-prete-a-defendre-la-patrie_6661392_3211.html?search-type=classic&ise_click_rank=3
[5]
Frédéric Pierucci, Le piège américain, Jean-Claude Lattès, 2019.