vendredi 3 avril 2026

La guerre ratée des Etats-Unis et d’Israël en Iran

Guerre en Iran, jour 22 : mobilisation pour Ormuz, frappes israéliennes… Le  bilan du samedi 21 mars 

Il est assez à la mode aujourd’hui de critiquer Trump pour ses guerres mal préparées, ruineuses et sans issue. Mais si la critique et juste, on oublie que ce sont juste des guerres étatsuniennes qui continuent la longue litanie des guerres perdues, ruineuses et sans issue depuis maintenant des décennies. Il y a bien longtemps que les Etats-Unis n’ont pas gagné un seul conflit, depuis la guerre de Ronald Reagan contre la Grenade !! C’était en 1983. Trump après s’être fait élire sur un programme relativement pacifiste s’est lancé dans une série d’actions militaires et de revendications territoriales sans fin. Ayant pris l’habitude de dire tout et son contraire, l’opinion est lassée des pitreries de l’homme à la figure orange. Cependant on est en train de voir des inflexions dans la guerre en Iran. Manifestement les Etats-Unis cherchent une porte de sortie. Trump a dit qu’il avait détruit tout ce qu’il y avait à détruire en Iran. Mais c’est ce qu’a dit Marc Rubio qui est plus significatif : il y a des « fractures » au sein de la hiérarchie iranienne, et les Etats-Unis pensent que des personnalités ayant « le pouvoir d’agir » vont s’imposer, a-t-il expliqué dans l’émission « Good Morning America », sur la chaîne ABC. « Nous espérons que ce soit le cas », a poursuivi le secrétaire d’État américain. « Il y a clairement des gens qui nous parlent d’une autre manière que les personnes précédemment aux commandes en Iran des choses qu’ils sont prêts à faire. » Il avoue donc que le but de guerre des Etats-Unis était un changement de régime, mais il sous-entendant qu’il a été atteint ce qui semble être un nouveau mensonge.

 

Le président américain, Donald Trump, à Washington, le 1ᵉʳ avril 2026.

Trump racontant des blagues fantaisistes le 1er avril 2026 lors d’une conférence de presse 

La vérité est que cette rodomontade sert juste à masquer l’échec de cette aventure et le fait que les Etats-Unis n’ont pas les moyens de continuer le jeu. Non le régime iranien n’a pas changé et tout indique qu’il s’est même durci. Plus inquiétant pour l’Occident tout entier, les défaites des Etats-Unis, et la multiplication des conflits aux quatre coins de la planète est le reflet d’une perte de puissance depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La richesse et la puissance militaires des Etats-Unis qui avaient été largement épargnées pendant ce conflit planétaire, laissaient entendre qu’ils domineraient le monde pour longtemps. En réalité, c’est la démonstration inverse qui a été faite avec la Guerre de Corée qu’ils furent incapables de gagner, comme ils avaient été incapable de conjurer l’arrivée au pouvoir des communistes en Chine. La Guerre du Vietnam qui leur a coûté très cher fut encore un autre fiasco. Ils en furent chassés ignominieusement. Même contre Cuba, malgré le blocus sauvage et criminel de cette petite île, ils n’arrivèrent à rien. Trump prétend retourner contre elle sa puissance militaire pour la soumettre à nouveau. Reagan prétendait avoir gagné la Guerre des étoiles contre l’URSS en l’acculant à des dépenses militaires tellement énormes que ce système dit communiste s’effondra. En vérité le menteur Reagan savait très bien que l’URSS s’était écroulée sur elle-même pour des raisons internes et non parce que les Etats-Unis l’avaient décidé.    

Des foules de manifestants à travers les Etats-Unis pour protester contre  Trump | TV5MONDE - Informations

Manifestation No Kings contre Donald Trump à Saint Paul, Minnesota, le 28 mars 2026 

Les nouvelles entreprises criminelles des Etats-Unis étaient dès le départ vouées à l’échec. Et nous savons que des membres éminents du Pentagone avaient alerté Trump sur les déconvenues possibles de la nouvelle guerre en Iran. C’est, selon le mot d’Hervé Caresse, la troisième guerre du Golfe. Mais les deux premières menées par les Bush, père et fils, avaient au moins deux avantages. D’abord la première a été avalisée par l’ONU. La seconde est passée plus difficilement, les Etats-Unis ont sorti un mensonge énorme selon lequel Saddam Hussein possédait une arme de destruction massive, pour entraîner une coalition hétéroclite avec en tête de gondole les Britanniques qui sous la houlette de l’infâme Tony Blair se réjouissaient de se ruiner dans cette entreprise. Certes cette guerre se termina par la défaite de Saddam Hussein, mais elle entraîna un chaos qui à long terme ruina le malheureux Irak au prétexte de lui donner la démocratie. Joseph Stiglitz, éminent prix Nobel d’économie, chiffra le coût de ce désastre à 3 000 milliards de dollars[1]. Et encore ce chiffre est doublé si on y ajoute le coût pour le reste du monde.

Opposé à la guerre en Iran, un haut responsable de l'antiterrorisme  américain démissionne | Radio-Canada

Joe Kent expliquant les raisons de sa démission 

De nombreuses voix aux Etats-Unis protestent bruyamment contre cette guerre sans issue et de surcroît mal préparée. Bien entendu, ceux qui étaient déjà opposés à l’élection de Trump en 2024 sont les premiers à la faire, mais à la fin du mois de mars on a vu aussi des manifestations massives contre Trump et sa guerre, No Kings Protest, dans les bastions républicains[2]. Tulsi Gabbard, la cheffe du renseignement étatsunien, avait annoncé que les Iraniens étaient dans l’incapacité de produire une bombe nucléaire. Trump dit l’inverse, et qu’heureusement il est intervenu pour stopper le programme du nucléaire militaire étatsunien. Ce faisant, il passe pour un fieffé menteur et ressemble de plus en plus au caractériel Richard Nixon. Personne ne le croit. Dans son camp, au plus haut niveau, sa politique erratique est contestée. Joe Kent, qui a démissionné de son poste de directeur du Centre national américain de lutte contre le terrorisme pour protester contre la guerre israélo-américaine contre l'Iran, a fait ces remarques lors d'une interview accordée à MintPress News vendredi. Les États-Unis « ont travaillé directement avec Al-Qaïda » et l'État islamique (EI, anciennement ISIS) pour renverser l'ancien président Bachar el-Assad et détruire la Syrie, a déclaré Joe Kent, ancien chef de la lutte antiterroriste du président américain Donald Trump. Joe Kent est un ancien militaire et un ancien agent de la CIA. Il accuse clairement Trump de fourberie, et pire encore de manger dans la main de Netanyahu ! 

Et en effet, la stratégie première adoptée par les Etats-Unis et Israël a été d’éliminer les dirigeants iraniens du plus haut niveau, dont le Guide suprême Khameini. C’est certainement une idée des Israéliens qui ont infiltré depuis longtemps la société iranienne et qui ont les capacités de les cibler. Mais si techniquement cette action a été un succès, politiquement ce fut désastreux. Essentiellement parce qu’on croyait que le régime iranien une fois décapité plongerait dans le chaos et ce chaos entrainerait sa chute. Non seulement les dirigeants assassinés ont été remplacés très rapidement, mais les Iraniens ont été capables d’infliger une guerre d’attrition qui ruine les possibilités militaires des Etats-Unis dans le Golfe. Ils ont également montré qu’il pouvait bloquer le détroit d’Ormuz comme ils le voulaient et leurs alliés, les Houthis, menacent de bloquer aussi l’accès à la Mer rouge, si cette menace arrivait à exécution, c’est tout l’Occident qui serait, pour longtemps, plongé dans le chaos économique. Les guerres de Trump sont probablement à l’origine de sa dégringolade dans l’opinion. Cela augure mal pour lui pour les midterms.  Ça, et bien entendu son insondable stupidité criminelle, le 1er avril 2026, il avançait que ses buts de guerre étaient presque tous atteints, qu’il avait réussi à changer le régime, et qu’il lui restait juste deux semaines pour finir le travail : « Nous allons frapper extrêmement durement [les Iraniens] au cours des deux à trois prochaines semaines. Nous allons les ramener à l’âge de pierre auquel ils appartiennent ». la fiabilité de ce genre de fanfaronnade, outre qu’elle n’éclaire en rien les buts véritables de son entreprise aventureuse, est proche de zéro. 

Les dégâts en Israël qui est engagé à la fois dans une guerre en Iran et dans une guerre au Liban, sont assez mal connus, y compris le nombre de morts et de blessés. L’économie est forcément touchée, mais on ne sait pas dans quelles proportions. En Israël ça commence à grogner, jusqu’à ces derniers temps, les guerres d’Israël contre ses voisins fédéraient la population contre l’ennemi commun. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, et la fracture de la société s’aggrave à cause des actions criminelles des colons en Cisjordanie. On comprend bien que Netanyahu joue sa survie politique avec ces deux nouveaux fronts ouverts, alors que la question de Gaza est bien loin d’être réglée. Ici apparait une divergence entre les deux alliés dans ce combat douteux. Trump semble vouloir se retirer en racontant que les Iraniens sont à bout et qu’ils sont prêts à faire des concessions. Au contraire les Israéliens ont d’autres but, semble-t-il continuer à frapper l’Iran, mais également à occuper une partie du sud du Liban, sans trop savoir s’ils veulent l’annexer ou en faire une zone tampon. Les deux pays qui ont déclenchés les hostilités semblent se trouver dans une fuite en avant sans beaucoup de solutions sérieuses pour en sortir. 

Le sommet européen à Bruxelles, le 19 mars 2026 

Les dirigeants européens sont complètement désunis sur cette question. Ils hésitent à condamner la guerre illégale des Etats-Unis contre Téhéran. Les alliés des Etats-Unis traditionnels, le Royaume Uni et l’Ukraine ont présenté leurs offres de service. Zelensky qui n’arrive pas à tenir son front a avancé qu’il allait venir au secours des Etats-Unis dont les bases militaires dans les pays du Golfe sont attaquées régulièrement par les drones iraniens. C’est bien sûr une bouffonnerie. Pédro Sanchez, le premier ministre espagnol a refusé de laisser les avions militaires étatsuniens se servir de son ciel et de ses bases en Espagne pour faciliter le ravitaillement de ses avions. Macron qui se fait régulièrement insulter par Trump, comme toujours dans l’ambigüité, a laissé les Etats-Unis faire ce qu’il voulait en France, puis, s’étant fait cracher dessus par Trump, a dit qu’il ne participerait pas à cette guerre foireuse[3]. Kaja Kallas en bonne soldate hystérique de la Commission a manifesté son soutien à la guerre folle de Trump. Certains se sont posé la question de savoir pourquoi les dirigeants européens ne mettent-ils pas de sanctions aux États-Unis dont la guerre illégale, les ruine littéralement ? La réponse est double, d’abord parce qu’ils ont l’habitude d’obéir à l’Oncle Sam sans se poser de question, ensuite parce que, pour la plupart ils doivent leur fonction de petits bureaucrates aux Etats-Unis où ils ont été formés et très souvent financés comme Macron par exemple. Néanmoins les conséquences ravageuses de cette guerre idiote font qu’ils commencent à se poser la question de se rabibocher avec Poutine pour avoir du gaz – ce que celui-ci a avancé, s’ils veulent du gaz, pas de problème, il leur en livrera pour un prix six fois moins élevé que le gaz étatsunien. Bien entendu il faudra qu’ils cessent de faire les cons en Ukraine en prolongeant une guerre qui est déjà perdue. Les Allemands sont les premiers concernés par ce revirement massif de l’opinion patronale et citoyenne. Mais pour l’instant les politiciens au pouvoir à Berlin n'ose pas encore franchir le pas. Pourtant cette guerre était l’occasion rêvée pour faire preuve d’une autonomie grandissante vis-à-vis des Etats-Unis et de l’OTAN. Si l’Europe levait les sanctions sur la Russie, si elle cessait de pousser Zelensky à continuer à faire massacrer ce qu’il reste de son peuple, l’avenir serait relativement radieux pour l’Europe, on pourrait réparer les Nord Stream, reprendre le commerce avec la Russie, etc. Certains pays y sont prêts, la Hongrie bien entendu, la Slovénie, mais la France, l’Italie et l’Allemagne, pourtant les pays majeurs de cette Union bancale, hésitent encore. Ils préfèrent pour l’instant continuer à suivre Ursula von der Leyen qui vise à se passer complètement du gaz russe à l’horizon de 2030 ! Pendant ce temps la cheffe de la Commission européenne préfère nouer un nouvel accord de libre-échange avec l’Australie[4], comme si son but était clairement de finir de ruiner à la fois notre agriculture et notre industrie. Mais dans ces conflits les Européens pèsent peu. Macron a bien essayé de faire les gros yeux à Israël pour que ce pays cesse ses frappes sur le Liban, il n’a récolté que le mépris des dirigeants israéliens qui l’ont puni en disant que plus jamais ils n’achèteraient de l’armement à la France. Tout cela manque de logique et de colonne vertébrale. Les Européens regardent ce double conflit, en subissent les conséquences, mais n’osent toujours pas se révolter pour tester une position qui serait un peu originale. Pendant ce temps la Chine continue à importer du pétrole iranien, ses navires ayant obtenu de l’Iran le droit de passer ! Ses importations de pétrole en provenance de l’Iran auraient même augmenté ces derniers jours[5] ! 

Peut être une image de le Canal de Panama et texte qui dit ’POCCИR ANATOLYKOLODKİN ANATOLY KOLODKİN SAINTPETERSBURG SAINT PETERSBURG’

Le pétrolier russe Kolodkin vient au secours des Cubains assiégé par les Etats-Unis

Néanmoins Trump est obligé de reculer un peu partout. Les Européens n’ont pas les moyens de l’aider. Il se sert d’ailleurs de cela pour expliquer son fiasco. Un autre exemple de ce recul est le fait qu’après nous avoir dit qu’il allait s’occuper de Cuba – sous-entendant par là qu’il allait les ruiner encore plus – il n’a pas eu le courage de s’opposer à l’arrivée du pétrolier russe Anatoly Kolodkin qui est venu rompre le blocus criminel des Etats-Unis qui dure depuis 66 ans[6] ! Un second pétrolier russe serait en partance pour Cube. Il sait pourtant très bien que les Russes, comme les Chinois aident indirectement l’Iran à résister à ses bombardements. On murmure également que dans l’ombre Trump négocie avec l’Iran pour sortir de ce guêpier. Mais il semble que les Iraniens aient commencé de comprendre qu’ils étaient les maitres du jeu. Non seulement les Etats-Unis ne sont arrivés à rien, mais en outre, ils ont montré qu’ils étaient incapables de contrôler le détroit d’Ormuz, autrement dit cela peut donner des idées à long terme à l’Iran sur la vulnérabilité d’Israël et des Etats-Unis sur le plan militaire. Parallèlement, les pays pétroliers du Golfe se rendent compte que la protection des Etats-Unis qui y ont implanté des bases militaires était un handicap plutôt qu’une réelle protection. On sait que déjà les Saoudiens ont manifesté de plus en plus leur volonté de voir partir de leur territoire les soldats étatsuniens, pour l’instant sans succès, et il est probable qu’ils vont reprendre cette idée une fois la guerre avec l’Iran terminée. Trump a réclamé en vain l’aide militaire aussi bien des pays du Golfe que des milices kurdes et de l’Azerbaïdjan qui ont refusé pour l’instant. Et rien n’indique qu’ils changeront d’avis. Les Chinois travaillent diplomatiquement à gérer la fin du conflit. Il n’est pas besoin d’être un soutien des mollahs pour dénoncer cette guerre israélo-étatsunienne sans issue, comme il n’est pas besoin d’être un fervent castriste pour comprendre que le blocus inhumain de Cuba est un crime contre l’humanité et n’aide en rien les Cubains à se sortir de l’impasse. C’est même exactement l’inverse. Après avoir fanfaronner sur le fait que les Etats-Unis possèdent la plus grande et la meilleure armée u monde, Trump, tout en insultant les Européens – Macron en prend pour son grade – réclame pathétiquement l’aide de l’OTAN qu’il est incapable d’obtenir ! Alors qu’il menace de sortir de l’OTAN, c’est-à-dire de ne plus donner d’argent à cette boutique. Mais en réalité il ne peut pas en sortir parce que en y restant, il continue de contrôler les Européens, n’oublions pas que les Etats-Unis possèdent 100 000 soldats sur le sol européen. Cependant ce serait une très bonne chose qu’il en sorte, car cela permettrait aux Européens d’être plus raisonnables vis-à-vis de la Russie, de retrouver une certaine autonomie et un peu d’énergie pour faire tourner la machine. 

Tel-Aviv: les habitants évaluent les dégâts après une frappe iranienne qui  fait un mort

Dégâts d’une attaque iranienne sur Tel Aviv, le 2 mars 2026 

En Israël le moral n’est pas au beau fixe, il y aurait moins de 50% des Israéliens qui soutiendraient cette guerre. Non seulement on se rend compte de la vulnérabilité du pays, mais ensuite on ne voit pas très bien l’issue aussi bien pour Trump que pour Netanyahu. Un quotidien de droite Yediot Aharonot qui est bien sûr convaincu que l’Iran est un ennemi mortel critique d’une manière à peine voilée aussi bien les Etats-Unis que le gouvernement israélien[7]. Il note également les dissensions entre les deux pays sur les buts de guerres, soulignant que la menace nucléaire contrairement à ce que prétend Trump n’a pas été éradiquée. Le journal dénonce également le ton triomphaliste de Netanyahu dès les premiers jours de la guerre, n’ayant pas prévenu que les Israéliens allaient souffrir des conséquences de cet engagement militaire en Iran et au Liban. Si sur le plan humain et matériel les dégâts semblent tout de même limités, ils ont cependant remis en question auprès des Israéliens eux-mêmes de l’idée qu’ils avaient de leur propre sécurité. Sur le plan diplomatique, c’est encore pire, Israël qui avait déjà une mauvaise image dans l’opinion internationale voit cette tendance décuplée. Le journal Times of Israel parlait le 24 mars 2026 d’une nuit de destruction[8]. Ces tensions pourraient conduire à une remise en question des accords d’Abraham, laborieusement acquis sous la houlette du premier mandat de Donald Trump. La situation catastrophique à Gaza et celle tout aussi problématique au Sud du Liban pourrait remettre à terme les efforts de normalisation de l’État hébreux pour sortir de son isolement. Les fractures à l’intérieur de la société israélienne, disons entre les Israéliens ordinaires et les colons qui rêvent d’un Grand Israël seront très difficiles à combler. Pour que les choses avancent, il faudra sans doute en passer par se débarrasser de Netanyahu. Celui-ci a d’ailleurs dit que l’Iran ne présentait plus une menace pour Israël, il semble que maintenant il se mette à copier la posture du fanfaron Trump. Mais en même temps les Etats-Unis et Israël cherchent à avoir des alliés et la caution de l’ONU pour ouvrir le détroit d’Ormuz, pour l’instant ça ne fonctionne pas, le Conseil de sécurité ayant voté contre, avec la Chine, la Russie et la France ! 

Un homme marche au milieu des décombres d’un immeuble détruit à Dimona, dans le sud d’Israël, le 21 mars 2026, au lendemain de frappes iraniennes qui ont fait des dizaines de blessés.

Des missiles iraniens ont frappé Dimona le 21 mars 2026 

Si on ne sait pas trop où on va, une chose est certaine, le prix du litre d’essence n’est pas près de redescendre, et les déclarations contradictoires de Trump qui apparait pour ce qu’il est, un clown et un fanfaron, ne nous donnent aucune perspective pour l’avenir immédiat. Le mieux qu’on puisse attendre est que dans deux semaines Trump-le-menteur avance qu’il a gagné la guerre et que ses buts sont atteints, pour accepter un cessez-le-feu qui ne réglera finalement rien du tout dans la région, bien au contraire, les Iraniens auront fait la démonstration qu’ils sont capables de tenir tête à la soi-disant première armée du monde. Malheureusement il est probable que nous ayons à revenir sur ce sujet terriblement mortifère dans les jours ou les semaines à venir. Déjà les perspectives économiques à l’échelle mondiale sont mauvaises pour tout le monde, sauf pour ceux qui travaillerons avec les Russes, c’est-à-dire la Chine et l’Inde principalement. Pour les Etats-Unis et l’Europe, les prévisions de croissance ont été abaissées radicalement, tandis que l’inflation devrait repartir à la hausse. Mais certains font des affaires formidables. Par exemple chez Total les traders ont engrangé un milliard de dollars depuis le début de la guerre[9], aux Etats-Unis c’est Pete Hegseth, le secrétaire de la défense, qui aurait tenté d’investir des millions de dollars dans les valeurs liées à l’industrie de l’armement, juste avant les frappes étatsuniennes sur l’Iran. On parle de délit d’initiés du côté du gang Trump[10], délit qui relèverait évidemment des tribunaux. Le cynisme des ces gens qui envoient leurs soldats à la mort, qui commandent de mettre le feu au Moyen-Orient, est sans limite. Investir au bon moment dans le pétrole ou l’armement, c’est une vraie bonne affaire.


[1] Joseph E. Stiglitz & Linda J. Blimes, The Three Trillion Dollar War, W.W. Norton, 2008

[2] https://www.courrierinternational.com/article/manifestations-des-millions-d-americains-defilent-aux-etats-unis-contre-trump-ice-et-la-guerre-en-iran_242327

[3] https://www.leparisien.fr/international/iran/guerre-en-iran-donald-trump-juge-que-la-france-sest-montree-tres-peu-cooperative-31-03-2026-EB3D4A5SDBDTPCMGEVMU4XAJIE.php

[4] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/24/l-ue-et-l-australie-signent-un-accord-commercial-d-ampleur_6673994_3210.html

[5] https://www.20minutes.fr/economie/4216119-20260401-guerre-moyen-orient-iran-exporte-toujours-petrole-double-recettes

[6] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/31/le-petrolier-russe-anatoly-kolodkin-est-arrive-a-cuba-apres-l-approbation-de-donald-trump-malgre-le-blocus-impose-par-les-etats-unis_6675644_3210.html

[7] https://www.ynet.co.il/home/0,7340,L-8,00.html

[8] https://fr.timesofisrael.com/apres-une-nuit-de-destructions-les-habitants-darad-et-dimona-remettent-de-lordre/

[9] https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/04/02/guerre-au-moyen-orient-les-profits-exceptionnels-des-tradeurs-de-totalenergies_6676110_3234.html

[10] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/02/l-administration-trump-voit-les-soupcons-de-delits-d-initie-s-accumuler_6676130_3210.html

lundi 30 mars 2026

Les élections municipales et la nouvelle défaite de la gauche : la question de l’immigration

Peut être une image de texte qui dit ’LES COMMUNES REMPORTÉES PAR PARTIS ET BLOCS POLITIQUES Droite Gauche Centre Centre 1240 802 RN 589 61 6 LFI’ 

Si on se fie aux statistiques du ministère de l’intérieur, la gauche n’a remporté que moins de 30% des villes de plus de 3500 habitants. C’est bien peu, mais c’est conforme à ce qu’on a vu aux dernières législatives. Les 70% autres sont la droite plus ou moins dure, plus au moins molle, y compris le soi-disant centre qui n’est que la droite européiste, affairiste et cosmopolite. Il faut croiser cela avec le fait que l’abstention est très élevée, plus de 40% au premier et au second tour. Ce sont les électeurs potentiellement de gauche qui s’abstiennent le plus massivement. C’est donc un échec massif. Les très rares succès de la FI – six municipalités conquises – se réalisent essentiellement dans les territoires perdus de la République, ailleurs les rares électeurs qui se sont pliés à cet exercice ont fait au contraire barrage à la FI. Et pourtant ce ne sont pas les idées de gauche en tant que telles qui sont défaites, mais plutôt les partis qui prétendent les représenter. La droite obtient Si je regarde les sondages sur ce que veulent les Français, je vois qu’ils sont pour une plus forte taxation des grandes fortunes à 80%, pour une hausse du SMIC et des bas salaires, pour une politique qui abaisserait radicalement le prix de l’énergie, etc. Ce sont là des idées de gauche. Ajoutons que les Français sont massivement pour lutter contre l’immigration massive qu’ils lient à l’insécurité. Autrement dit ce qui tue la gauche politicienne au niveau national, c’est le fait qu’elle ait abandonné l’idée même de souveraineté et qu’elle s’occupe des problèmes qui ne les concerne pas, comme la cause palestinienne, la guerre en Ukraine et autres fantaisies dilatoires, tandis qu’elle n’interroge pas l’appartenance de la France à l’Union européenne qui pourtant nous ruine. 

Quelles sont vos principales préoccupations ? 

L’insécurité a été un des thèmes importants de la campagne des municipales. Ce n’était pas le cas il y a une quarantaine d’années. Le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a pris comme premier engagement de son mandat de désarmer la police municipale ! Comme si c’était celle-ci le principal problème, même si on sait très bien que la police ces derniers dépasse très souvent ses attributions. Le stupide Antoine Léaumont, un vague député insoumis, en a rajouté une couche : « Si les policiers violents s'en vont d'eux-mêmes de Saint-Denis-Pierrefite parce qu'ils n'ont plus de LBD, c'est bien. Cela veut dire qu'en quelques heures de mandat, Bally Bagayoko, a déjà amélioré la sécurité dans sa ville », a-t-il dit[1]. Comme on l’a dit dans un précédent billet, les écologistes qui ont payé un lourd tribut à la défaite de la gauche aux municipales, puis les socialistes, se rendent compte que la FI est un vrai boulet pour la gauche, c’est ce qu’a dit clairement Olivier Faure, idée reprise du reste par Philippe de Villiers[2]. Mais ce constat s’il indique que les prises de position de la FI bloque la gauche dans sa quête d’un retour au pouvoir, n'énoncent pas clairement les thèmes qui lui seraient favorables. Sans aller jusqu’aux outrances de la FI, les politiciens de gauche peinent à identifier encore un lien clair entre immigration et insécurité dans nos villes. Car en effet cela reviendrait à remettre en cause l’appartenance du pays à l’Union européenne dont le discours libéral indique que l’Europe doit être ouverte aux quatre vents sur à peu près tous les plans.   

Sondage : 68% des Français pensent qu'il existe un lien entre insécurité et  immigration

Les Français, massivement, pourtant font un lien très clair entre immigration et insécurité. Mais on trouve toujours des esprits un peu tordus qui noient le poisson en avançant que cela vient du fait que la France accueillerait très mal les pauvres immigrants. Un économiste incertain, Jérôme Valette, reconnait que ce lien existe pourtant, mais il soutient que cela est la conséquence des difficultés que ces immigrants rencontrent pour accéder au marché du travail, autrement dit que ce sont les Français globalement racistes qui les poussent indirectement à la délinquance[3] ! Comme on le comprend la gauche sur ce thème très sensible, a deux fers au feu : certains comme à la FI nient qu’il existerait un lien entre délinquance et immigration, d’autres vont même jusqu’à soutenir que pour établir ce lien il ne faudrait prendre en compte que les étrangers en situation régulière, d’autant que les immigrés extra-européens – c’est-à-dire venant d’Afrique – seraient contrôler plus souvent que les autres, et donc que cette sur-délinquance s’expliquerait uniquement par le racisme des Français[4] ! Ce discours qui pointe que le slogan idiot selon lequel l’immigration serait une chance pour la France est complètement inaudible ailleurs que dans les milieux patronaux qui voient dans ce phénomène massif une aubaine pour baisser les salaires, ou chez les gauchistes qui pensent que les frontières ne devraient pas exister. En la matière l’extrême-droite a une longueur d’avance. 

Sondage CSA.

Les idéologues, qu’ils soient économistes ou sociologues, sont les militants d’une France multiculturelle dont les Français ne veulent pas, ils essaient de les convaincre que l’immigration est un non-sujet, qu’il n’y a pas de problème d’intégration. Leurs arguments sont souvent tronqués et assez faibles pour soutenir la démonstration, mais les faits sont têtus. Or l’immigration est en hausse continue depuis des années, comme le montre le tableau suivant, issu des données du ministère de l’intérieur, mais ces chiffres sont pires que ce qu’on croit, puisqu’en effet, ils ne tiennent pas compte de deux facteurs aggravants, d’une part des naturalisations qui masquent les tensions, et de la reproduction plus rapide des personnes issues de l’immigration. Mais en réalité ces arguties si elles montrent que la frontière entre recherche et idéologie est assez peu marquée en la matière, ce qui compte ce sont le fait que les représentants du peuple, à quelque niveau que cela soit, ne sont pas là pour l’éduquer, mais plutôt pour être leur porte-voix. Ce que la gauche manifestement ne comprend toujours pas, et ce qui la rend à court et moyen terme incapable de se réformer. 

Illustration.

Boris Venon était le second adjoint du maire de la ville des Mureaux. Il a démissionné en octobre 2022. Les raisons invoquées par lui étaient l’existence d’un racisme antiblanc et homophobe[5]. Il était pourtant un élu de gauche. Les Mureaux est une ville qui fait partie de ces territoires de la République en grande difficulté. On remarque que les descendants des immigrés, bien que considérés comme Français du point de vue de la loi représentent justement un sur-chômage et une sur-délinquance. Selon l’enquête emploi de l’INSEE en 2020, le taux de chômage pour l'ensemble de la population active s'élevait à 8 %, alors qu’il était à 12,9 % pour l'ensemble des immigrés, mais il est très différent en fonction de l'origine : immigrés UE (6 %) étrangers hors UE (18,4 %). L’Observatoire national de la politique de la ville observait également que la situation était encore pire dans les quartiers dits prioritaires : Le taux de chômage dans les quartiers dits « prioritaires » de la politique de la ville s’élève à 23,4 % soit près de trois fois plus que dans les quartiers environnants (8,9 %) ! Comment expliquer cela ? Les militants de gauche considèrent que c’est le résultat d’une discrimination raciste. Mais en vérité, on peut penser que c’est seulement le résultat d’un trop plein par rapport aux possibilités de création d’emplois. Les économistes libéraux supposent que la liberté du marché suffit à créer des emplois en quantité adéquate, c’est cette même idée que reprend la gauche. Mais en vérité la création d’emploi dépend d’une conjoncture qui est faite aussi bien des événements à l’étranger – par exemple la hausse du prix de l’énergie – que des politiques étatiques – par exemple les aides et les subventions aux entreprises mais aussi au secteur social. 

👉 Le taux de chômage des immigrés algériens est lui aussi hors-norme,  enregistré à plus de 15% (QUINZE !) alors que la moyenne des Français sans  ascendance migratoire était à 6%.

L’idée selon laquelle les immigrés seraient discriminés peu s’appuyer sur des exemples concrets, c’est exact. Mais cependant cette préférence pour les « Européens » ou pour les « Français » non seulement peut s’expliquer par la liberté du marché au sens libéral du terme, que par les manques de qualification des immigrés hors UE. Autrement dit les pays africains exportent en masse des personnes dont le profil n’est pas compatible avec celui du pays récepteur. On a le même phénomène de partout en Europe. Mais on constate aussi pour des raisons compliquées où la question de la culture joue un rôle évident, que les jeunes issue de l’immigration sont massivement au chômage : En France, 3 millions de personnes âgées de 15 à 34 ans ne sont ni en enseignement, ni en formation, ni en emploi, dont 40 % sont de jeunes issus de l’immigration, selon l’OCDE-Ajef[6]. L’Union européenne a demandé à la France d’améliorer l’insertion de ces jeunes sur le marché du travail, mais concrètement on ne sait pas trop ce que ça veut dire. Comme à chaque fois qu’il s’agit d’immigration, le débat en revient toujours à la responsabilité plus ou moins paternaliste des institutions et des politiques. Cependant quand on voit les revendications des organisations religieuses musulmanes auprès des maires, on peut douter de cette causalité.  

Tout blanc, tout moche que vous êtes» : quand Mélenchon se flagelle avec  délectation

Mélenchon dans ses meetings reprend les mimiques de Jean-Marie Le Pen

Un des enseignements importants des dernières élections municipales, élections de proximité justement, est que les organisations musulmanes ce sont saisies de l‘opportunité d’infiltrer les organisations de gauche, et particulièrement la FI, le parti le plus fragile en la matière. Mélenchon s’est démené comme un beau diable pour asséner des messages foireux sur son racisme anti-blanc : « il a bien fallu un jour qu’un ou une se mette debout sur ses pattes, à l’autre bout du continent africain, pour qu’à la fin, ici, vous soyez en train de faire les malins, tout blanc tout moche que vous êtes »[7]. C’était une autre manière de dire que l’immigration est une chance pour la France, ou encore une reprise de la vieille idée selon laquelle la vieille Europe sera régénérée par les barbares, idée qu’on trouve d’ailleurs formalisée chez Hegel, mais qui est présente dès le milieu du XVIIème siècle en France et qui sera reprise par la Révolution française[8]. Ce racisme anti-blanc s’il permet de récupérer le vote communautariste à Saint-Denis ou à Roubaix, dresse contre lui une forte majorité, et c’est ce qui explique l’échec cinglant de la FI aussi bien à Marseille qu’à Paris, deux villes ou cette organisation n’a pas réussi à faire perdre la gauche. C’est une fracture fondamentale entre les différents composants de la gauche. Et c’est d’ailleurs ce qui rend complètement impossible une victoire de celle-ci dans les années à venir en France. La FI joue un rôle singulier, non seulement elle est arrivée à entraîner le reste de la gauche sur ces alliances avec le communautarisme musulman, mais son maxima lisme empêche sérieusement un raccommodage sincère du moins à moyen terme. Elle est le repoussoir idéal pour renforcer la montée du Rassemblement national. 

Camp de migrants à Saint-Denis : «Venez dormir ici une nuit et vous finirez  complètement fou» – Libération

Un camp de migrants en Seine Saint-Denis 

Comme on le comprend, l’immigration focalise l’attention sur plusieurs domaines importants. La sécurité, mais aussi l’économie, les immigrés sont vus, dans les villes où ils sont nombreux comme un facteur de baisse générale des salaires aussi bien que comme une charge via les allocations sociales dont ils bénéficient plus que les autres, à la fois parce qu’ils font plus d’enfants, et parce qu’ils sont majoritaires dans les logements sociaux où la mixité sociale est vue comme impossible. Il y a également une dimension dont on ne prend pas assez l’importance, c’est la transformation visuelle des villes où s’affiche la grande misère des migrants : c’est la marque d’une régression sociale qui heurte la majorité des Français. L’État français n’a plus les moyens, et pour longtemps, de combler cette sorte de déficit. La gauche en France, mais aussi dans le reste de l’Europe, ne semble pas avoir de proposition sérieuse sur cette question lancinante.



[1] https://x.com/ALeaument/status/2037226413451784571

[2] https://www.lejdd.fr/politique/melenchon-est-le-boulet-de-la-gauche-le-ps-charge-lfi-apres-les-echecs-dalliances-au-second-tour-169428

[3] https://www.cepii.fr/BLOG/bi/post.asp?IDcommunique=1148

[4] https://www.histoire-immigration.fr/societe-et-immigration/y-a-t-il-un-lien-entre-delinquance-et-immigration

[5] https://www.marianne.net/politique/gauche/demission-dun-elu-municipal-des-mureaux-ce-qua-vecu-boris-cest-du-racisme-pur-et-dur

[6] https://article19.ma/accueil/archives/106872

[7] https://www.lefigaro.fr/vox/politique/tout-blanc-tout-moche-que-vous-etes-quand-melenchon-se-flagelle-avec-delectation-20260319

[8] Manuel Tangorra, « « Un abîme dont nous n’arrivons pas à voir la profondeur ». Hégélianisme, pulsion barbare et reconnaissance sociale », Cahiers du GRM [En ligne], 21 | 2023

lundi 23 mars 2026

Quelques mots sur le second tour des municipales

 Municipales 2026 à Marseille : Benoît Payan résiste au RN

Benoit Payan réélu largement à Marseille 

Peu de chose à dire qui n’ont été dites après le premier tour. La première réflexion, et à mon sens la plus importante est l’échec cinglant de la stratégie du parti de Mélenchon. L’idée stupide de ce parti se déclinait en deux volets : obliger partout la gauche à s’aligner sur les positions de la FI, afin qu’en 2027 Mélenchon apparaisse comme le seul candidat de gauche capable de gagner contre le Rassemblement national., et donc ensuite de faire battre tous les candidats qui, à Marseille comme à Paris refusaient de se soumettre à sa loi. Quelques jours avant le scrutin, Mélenchon qui devient avec l’âge de plus gâteux, annonçait que les socialistes étaient très faciles à acheter, et donc qu’ils allaient en faire qu’une bouchée. De telles forfanteries rappellent Jean-Marie Le Pen vieillissant dans cette méthode singulière qui consiste à insulter tous ceux qui potentiellement pourraient voter pour vous ! Depuis que Mélenchon a retourné ce qui reste de son parti – les autres comme Kuzmanovic, Ruffin, Autain ou encore Corbières ont été voir ailleurs – vers un soutien à Gaza, à l’immigration et à une haine des blancs totalement débile, l’issue de cette ligne de conduite était tout à fait prévisible. Les « stratèges » de la FI se sont alors lancés dans une politique aussi dure que suicidaire. A Marseille le sinistre analphabète Delogu qui n’a pas arrêté d’insulter le maire sortant, a été contraint de se retirer du second tour, étant donné le très faible score réussi le 15 mars 2022. A Paris ce fut encore plus dur, Sophia Chikirou s’était objectivement alliée avec Dati lors du débat d’entre les deux tours pour casser du sucre sur le dos de Grégoire. Elle s’est maintenue, malgré son faible score. C’est pour elle et pour son parti un désastre. Payan et Grégoire ont donc été élus sans aller se donner chercher les voix de la FI. A Lille malgré la volonté là aussi de la FI de faire battre le maire sortant, celui-ci est réélu. Il est probable que ce parti s’en aille vers un destin groupusculaire, et se divisera après la défaite programmée de Mélenchon en 2027. 

Après la victoire d'Emmanuel Grégoire, le PSG en position de se faire  désirer - LA LETTRE

Emmanuel Grégoire élu brillamment à Paris 

A Lyon le cas est un petit peu différent. Gregory Doucet a été élu, malgré un bilan calamiteux, malgré des Insoumis sur sa liste. La raison en est essentiellement la bêtise de Jean-Michel Aulas qui pensait même pourvoir être élu au premier tour ! Il est apparu comme encore plus incompétent que Doucet ! C’est dire ! Certes la victoire de Doucet est assez courte, mais elle prouve surtout l’incompétence d’Aulas qui enrage et en mauvais perdant qu’il est, prétend à déposer un recours contre cette élection pour des fraudes. C’est la mode aujourd’hui depuis la défaite de Trump en 2020 que de dire qu’on a été volé ! Personne n’y croit vraiment. Cependant force est de constater que les candidats écologistes étaient à la peine. A Bordeaux Pierre Humic, le maire sortant qui avait construit une liste plurielle de gauche est battu de très peu, mais il est battu par un Thomas Cazenave qui amène le seul succès de ces élections municipales pour le parti macronien, en s’alliant avec un économiste de droite, particulièrement médiocre, libéral grand teint, Dessertine. A Strasbourg, la tambouille électorale a vu la renégate Trautman ravir la municipalité à la gauche, l’ancienne socialiste s’étant rallier opportunément à la droite d’Edouard Philippe pour battre la maire écologiste sortante Jeanne Barseghian qui elle aussi avait pris sur sa liste des Insoumis qui, décidément, portent la scoumoune électorale ! 

Municipales 2026 : à Lyon, Doucet revendique la victoire, Aulas annonce un  recours, la métropole bascule à droite | Les Echos

Gregory Doucet l’emporte de peu à Lyon 

Globalement le bilan de ces municipales est très mauvais pour la gauche qui perd de nombreuses villes importantes en sus de Bordeaux et de Strasbourg entre autres Issoudun, Brest, Clermont-Ferrand, Tulle où elle était implantée depuis des décennies et d’autres comme Poitiers, Besançon. Les écologistes payent un lourd tribut à cette déconfiture, et la FI ne peut guère se targuer de succès importants, en dehors de Roubaix, de Saint-Denis ou de Créteil. A Pau, l’union de la gauche en dehors de la FI met un terme à la trop longue carrière politique de l’improbable Bayrou. Le PCF prend la mairie de Nîmes dans une triangulaire et une situation plutôt paradoxale vu la situation délicate du maire sortant. Les triangulaires se sont multipliées, ce qui explique que de plus en plus de maires des villes grandes ou moyennes soient élus avec des scores relativement faibles. Si la droite conserve ses positions et même les améliore quelque peu, c’est tout de même le Rassemblement national qui est le vrai gagnant, c’est le parti qui progresse le plus. À Menton la candidature inénarrable du rejeton Sarkozy a fait un flop de grande dimension avec sa candidature de diversion, et la ville a été gagnée par le RN. Celui-ci capture de nombreuses villes dans le Sud-Est. Cependant, il échoue à Toulon, où on voyait Lavalette élue, à Marseille où la marche était tout de même plus haute, malgré une bonne campagne d’Allisio. La ville de Carcassonne bascule vers le RN et Alliot à Perpignan avait été réélu dès le premier tour. Ces résultats indiquent que l’idée du barrage contre le RN fonctionne certes de moins en moins, mais fonctionne encore. Cela indique clairement que Bardella, probable candidat à la présidentielle, aura bien du mal à battre un candidat de la droite ordinaire, européiste et affairiste, comme le sinistre Edouard Philippe qui a été réélu sans briller comme maire du Havre. Cela laisse prévoir une abstention record pour le deuxième tour des présidentielles en 2027. Personne ne croit que Mélenchon aura une chance d’accéder au second tour, mais sa défaite sera nécessaire pour que la gauche puisse retrouver un semblant d’unité. La gauche aura longtemps vécu sur les efforts de François Mitterrand, fin tacticien, pour créer l’unité de son camp. Mélenchon fait exactement l’inverse. 

Nice et Menton basculent à l'extrême droite... Ce qu'il faut retenir du  second tour des élections municipales dans les Alpes-Maritimes

Éric Ciotti élu à Nice 

La FI a remporté 7 villes importants, tandis que le Rassemblement national en remportait 61 ! Ce que la FI a gagné dans les banlieues, est bien moins important que ce qu’elle perd ailleurs. Le vote communautariste peut très bien engranger des succès locaux, il est insuffisant pour gagner au niveau national. La campagne que la FI a menée contre les autres partis de gauche, va laisser des traces profondes. Cependant les déconvenues de la gauche masquent assez bien l’éclatement de la droite. L’union des droites n’est pas pour demain. A Nice le Rassemblement national inaugurait une alliance avec l’UDR et cela aboutit à l’élection d’Éric Ciotti. Celle-ci était plutôt prévisible. En effet Christian Estrosi qui, il y a quelques temps encore, semblait indéboulonnable à Nice, avait choisi une tactique suicidaire en ralliant la droite macroniste, dans ce moment particulier où la cote du président de la République touchait véritablement le fond. Il était ainsi passé d’une alliance virtuelle au RN à un barrage sans issue sous l’égide du parti Horizon. Cette inconséquence sera chèrement payée dans une ville ou la droite fait tout de même plus de 80% des suffrages. Mais Nice est encore un cas particulier, un modèle qui sera difficile à exporter à l’échelon national.   

jeudi 19 mars 2026

Les guerres improbables et impopulaires de Donald Trump

 Trump déclare que "tout a été détruit" en Iran, mais ne propose pas de plan  de guerre clair

Donald Trump en bouffon le 3 mars 2026 

Emmanuel Todd disait il y a quelques jours que le monde retrouverait la paix après la défaite des Etats-Unis. C’est un point de vue sans doute un peu exagéré, mais qui reflète le fait que ce pays se lance depuis des années dans des guerres inconsidérées qu’il perd systématiquement. Joe Biden a perdu la guerre en Ukraine, et Trump est en train de perdre « sa guerre » en Iran. Malgré ses rodomontades Trump a bien du mal à masquer les difficultés de la guerre contre l’Iran. Il y a deux semaines encore, il avançait que l’US Army avait détruit tout ce qu’il y avait à détruire en Iran[1], sous-entendant par là deux choses, d’abord que la guerre contre les mollahs allait se terminer, ensuite que les Iraniens n’avaient plus les moyens de continuer le conflit. C’était juste une bouffonnerie, comme il en a l’habitude. C’était le 3 mars 2026. Depuis cette date la guerre continue. L’armée iranienne inflige des dégâts importants en Israël, malgré l’efficacité du Dôme de fer. Les Iraniens ont bloqué le détroit d’Ormuz, plongeant l’économie occidentale dans une incertitude dont elle aura bien du mal à sortir autrement que très diminuée. Les journalistes occidentaux avancent que c’est le monde entier qui va souffrir du rationnement pétrolier et gazier. C’est complètement faux. La Chine et l’Inde souffriront bien moins que les Européens du blocage du détroit d’Ormuz se fourniront en Russie – c’est déjà le cas d’ailleurs – et continueront leur expansion. Et la Russie, la grande gagnante de cette guerre – est en train d’engranger des bénéfices inattendus qui vont lui permettre de relancer son économie et de continuer la guerre en Ukraine sans problème. Même cette imbécile de Sylvie Kauffmann s’en est rendu compte pour s’en désoler et demander aux dirigeant européens de tenir bon dans la guerre contre la Russie. Elle pense cependant de travers et veut croire que cette guerre démontre la perte d’influence de la Russie en Iran où elle perdrait un allié précieux[2]. La Russie non seulement a rendu la Chine encore plus dépendante d’elle, mais elle aide l’Iran dans sa guerre que ce pays n’a pas encore perdue. 

Guerre en Iran : la menace d'un blocus iranien du détroit d'Ormuz fait  planer le risque d'un choc pétrolier et d'une confrontation navale -  ladepeche.fr

Les grands perdants de cette guerre sur le plan économique sont comme d’habitude les Européens, leurs dirigeants persistant à se raccrocher aux Etats-Unis et à refuser tout dialogue avec la Russie, bien que de nombreuses voix s’élèvent maintenant en Europe et plus particulièrement en Allemagne où les partis anti-européistes – souverainistes si on veut – dépassent dans les urnes et les intentions de vote les 40%, pour mettre un terme à cette imbécilité qui nous ruine littéralement. Le second perdant est probablement Israël. En effet, cette guerre voulue par Trump comme par Netanyahu, prouve la vulnérabilité d’Israël dans une guerre de haute intensité. Certes cette guerre n’a pas les mêmes objectifs pour les Etats-Unis et pour Israël. L’État hébreux sait depuis longtemps que le régime des mollahs est son plus dangereux ennemi, et bien entendu s’il était vaincu, cela serait un triomphe pour Netanyahu. Mais comme on s’en rend compte, le chemin de la victoire ne se dessine pas du tout, malgré les dégâts considérables infligés à l’ennemi. Si le régime des mollahs survit – ce qui est le plus probable – alors on pourra dire que c’est une défaite pour l’Occident et pour Israël. Les règlements de compte ne tarderont pas à suivre pour ce qui est de la responsabilité de Netanyahu dans le développement de ce conflit. Également on lui reprochera en Israël même sa conduite de la guerre à Gaza, comme les exactions des colons en Cisjordanie qui profitent de la guerre pour mener leur offensive contre les Palestiniens. De l’armée même, par la voix d’Eyal Zamir, se dessine aujourd’hui une critique de ce qui se passe en Cisjordanie[3]. « Nous avons constaté récemment une augmentation des actes criminels à caractère nationaliste, dont certains sont dirigés directement contre nos soldats et contre la population civile », a déclaré le chef de l’armée israélienne. C’est évidemment une condamnation indirecte de la politique de Netanyahu dans son alliance avec la droite dure pour se maintenir encore un peu au pouvoir. Cette critique interne à Israël a été relayée au Parlement par la députée Meirav Cohen qui reproche directement au gouvernement sa passivité face aux exactions des colons. Déjà qu’Israël a une très mauvaise image à l’échelle de la        planète, les choses ne s’arrangent pas. 

Tel-Aviv: les habitants évaluent les dégâts après une frappe iranienne qui  fait un mort

Frappe iranienne sur Tel Aviv, le 1er mars 2026 

Trump semble promis lui aussi au rôle de perdant. Et cela pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il n’est pas arrivé à gagner la guerre contre l’Iran. Cette nouvelle défaite des Etats-Unis montre que ce pays n’est militairement pas très fort. Une des preuves de cette faiblesse est que Trump a voulu faire appel aux Européens qu’il insulte et menace en permanence, pour qu’ils l’aident à ouvrir le détroit d’Ormuz, preuve qu’il n’en a pas lui-même les moyens. Il en a même appelé aux Chinois ! Les Japonais qui achète maintenant du pétrole à la Russie s’est refusé à suivre lui aussi les Etats-Unis dans cette aventure. Mais personne n’a voulu y aller, même Macron cet imbécile, a dit qu’il allait sécuriser le détroit une fois la guerre terminée[4] ! Ce qui ressort de cette attitude de Trump, c’est bien que, au-delà de sa nécessité discutable, la guerre n’a pas été correctement préparée, non seulement le Pentagone avait mis en garde Trump, mais en outre celui-ci n’avait pas pris la peine de communiquer avec ses alliés qu’il prend pour des éternels laquais. Mais Macron est critiqué non seulement par Trump, ce dont il a l’habitude, mais également par l’Iran ! « Macron n’a pas prononcé un seul mot de condamnation à l’égard de la guerre menée par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran », a déploré le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, accusant encore le président français de n’avoir « pas condamné Israël lorsque ce pays a fait sauter un dépôt de carburant à Téhéran ». 

On est toujours vivants, mais pour combien de temps ? » : les habitants du  sud du Liban redoutent une invasion israélienne

Beyrouth sous les bombes israéliennes 

Israël dans cette guerre qui embrase le Moyen-Orient, a ouvert un nouveau front au Liban, bombardant le sud de Beyrouth, et entamant une campagne terrestre dans le sud de ce malheureux pays. Le prétexte en serait l’activité du Hezbollah. Mais il y a quelques mois au moment de la guerre dite des douze jours, le gouvernement israélien prétendait en avoir terminé avec le Hezbollah. Il est difficile de dire presqu’en même temps qu’on a gagné contre le Hezbollah et que celui-ci représente une menace vitale. Une des deux propositions est manifestement fausse. Les dégâts sont considérables, et de larges populations sont contraintes à l’exode dans des conditions déplorables. Cette incursion des soldats israéliens au sud du Liban, montre également que les Israéliens et Donald Trump ne poursuivent pas les mêmes objectifs. Même si l’objectif d’Israël est contestable, il est plus clair que celui des Etats-Unis : la politique de décapitation du Hezbollah et de l’Iran ayant visiblement échouée, il vise à affaiblir ses ennemis directs qui le menacent de le rayer de la carte depuis plus de quarante années. 

Manama, capitale du Bahreïn, a été l'un des endroits attaqués par l'Iran. 

Les pays du Golfe sont attaqués par l’Iran maintenant. En réalité c’est moins une hostilité contre ces pays qui motive les frappes iraniennes, que le fait que ces pays hébergent des bases militaires étatsuniennes, même si des infrastructures énergétiques sont violemment touchées. Ces pays ont accepté la tutelle militaire des Etats-Unis en pensant que cela les protégerait, mais ce n’est pas le cas, c’est même l’inverse. On sait que le Qatar et l’Arabie saoudite cherchent à se débarrasser de ces bases, mais que les Etats-Unis s’y refusent pour l’instant. Cependant si cela tourne mal, vraiment mal, il est probable que cela accélèrera la pression sur les Etats-Unis pour qu’ils évacuent leur pays. Parallèlement les États du Golfe s’arment massivement afin de retrouver une sorte d’autonomie par rapport à Washington. Malgré les déclarations des uns et des autres, ces pays ne sont pas près d’entrer en conflit ouvert avec l’Iran, même si cela arrangerait assez l’administration Trump. 

Les bases étasuniennes dans les pays du Golfe 

Aux Etats-Unis, les critiques contre la stratégie de Trump fusent de tous les côtés. On a rappelé évidemment le fait que Tulsi Gabbard avait à l’automne dernier avancé que l’Iran ne présentait aucun danger du point de vue nucléaire. Cette vérité a été rappelée par Joe Kent qui, en tant que responsable du Centre national de la lutte contre le terrorisme, National Counterterrorism Center, s’est désolidarisé de la position de Trump : « Je ne peux pas, en mon âme et conscience, soutenir la guerre en cours contre l’Iran. L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons commencé cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain », a-t-il dit dans une lettre ouverte annonçant sa démission[5]. Joe Kent n’est pas n’importe qui, c’est un ancien militaire, un béret vert, qui a travaillé pour la CIA. Depuis sa lettre de démission, il semble qu’on ait mis au point des contrefeux. Une enquête aurait été ouverte contre lui par le FBI selon le New York Times[6]. Quoi qu’il en soit, les propos de Tulsi Gabbard ou de Joe Kent, ou encore de Tucker Carlson, laissent entendre que Donald Trump a suivi Israël dans cette aventure. Ce n’est peut-être pas une analyse juste, mais elle sème la division dans le camp MAGA. En tous les cas, il est à peu près certain que la stratégie de décapitation du régime iranien dite « coupez la tête du serpent » soit d’origine israélienne.  

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Poutine a ouvert une nouvelle voie pour sécuriser les livraisons de pétrole à la Chine en passant par l’Arctique 

Comme on le comprend les conséquences de cette fantaisie militaire sont désastreuses. L’axe Russie-Chine en sort renforcé, il apparait comme un pôle de stabilité  aujourd’hui, et le régime des mollahs n’est pas près de tomber. Israël est en difficulté, en Iran comme au Liban, tandis que les Etats-Unis ont bien peu d’issues positives pour se sortir du piège de l’enlisement.


[1] https://fr.euronews.com/2026/03/03/trump-declare-que-tout-a-ete-detruit-en-iran-mais-ne-propose-pas-de-plan-de-guerre-clair

[2] https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/03/12/guerre-en-iran-une-aubaine-et-un-cruel-revelateur-pour-vladimir-poutine_6670724_3232.html

[3] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/19/le-chef-d-etat-major-israelien-juge-les-attaques-des-colons-contre-les-civils-palestiniens-moralement-et-ethiquement-inacceptables_6672276_3210.html

[4] https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/defense/pas-partie-prenante-au-conflit-macron-confirme-que-la-france-n-interviendra-pas-dans-le-detroit-d-ormuz-sous-les-bombes-peut-etre-une-escorte-quand-ce-sera-plus-calme_AV-202603170672.html

[5] https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/03/17/la-lettre-de-demission-de-joe-kent-du-centre-national-americain-de-lutte-contre-le-terrorisme-l-iran-ne-representait-aucune-menace-imminente-pour-notre-nation_6671750_3232.html

[6] https://www.nytimes.com/2026/03/18/us/politics/fbi-joe-kent-intelligence-leak.html?partner=slack&smid=sl-share

La guerre ratée des Etats-Unis et d’Israël en Iran

  Il est assez à la mode aujourd’hui de critiquer Trump pour ses guerres mal préparées, ruineuses et sans issue. Mais si la critique et ju...