vendredi 15 mai 2026

Que se passe-t-il en Ukraine ?

Commémorations du 9-Mai en Russie : Poutine affirme que la guerre en  Ukraine est une « cause juste » - Le Parisien

En apparence pas grand-chose, les médias français nous disent que le front est figé et que les Russes n’arrivent à rien, la preuve ils auraient fait un défilé médiocre par crainte de représailles ukrainienne sur Moscou. Cette rhétorique est en phase avec la politique de Bruxelles, à croire que c’est Ursuia von der Leyen qui écrit les éditoriaux du Monde ou de Libération. La thèse de la canaille européiste serait donc de continuer à soutenir le gang de Kiev jusqu’à ce que la Russie se lasse, que les Russes ne soutiennent plus Poutine, ce qui entrainerait son effondrement. C’est pour cela que l’inénarrable journal Le monde daubait encore sur la baisse de Poutine dans l’opinion publique russe[1]. On trouve cette idée débile chez Macron, chez von der Leyen, ou encore chez la folle Kaja Kallas qui justifient ainsi la gabegie des fonds publics alors que l’économie européenne est dans un état de mort cérébrale, que les infrastructures sanitaires et éducatives des pays de l’Union européenne sont à l’abandon. Au moins par le discours et par l’aide massive financière, les Européens sont co-belligérants d’une guerre qu’ils n’ont jamais vraiment voulu, même si ces vieilles crapules de Merkel et de Hollande qui devaient soi-disant garantir les accords de Minsk I et II les ont allégrement sabotés pour que l’OTAN ait le temps de réarmer les supplétifs ukrainiens avant de les envoyer se faire crever la peau sur le front[2]. Mais les Russes nous disent une autre histoire. Le 9 mai 2026, Poutine nous dit que la guerre avec l’Ukraine et l’OTAN va bientôt se terminer et son point de vue a été largement répercuté par d’autres hiérarques de la Russie. Ont-ils raison d’avancer cela ? En fait ils en ont plusieurs. D’abord le manque de matériel évident des Ukrainiens sur le front, matériel militaire comme matériel humain. L’armée russe restant sur un travail de long terme qui consiste à épuiser les ressources de l’Ukraine et à grignoter du terrain. Cette guerre d’attrition serait arrivée à son terme. C’était aussi les prévisions de Jacques Sapir qui disait que par la force des choses la guerre s’arrêterait à la fin du printemps ou au début de l’été. Les Européens disent avoir donner de l’argent – 90 milliards – d’euros à Zelensky et sa clique. Mais si une partie de cet argent peut être facilement détourner, il sera mal commode de le transformer rapidement en armement et en système de défense. L’argent ne suffira pas non plus à recruter les soldats dont l’AFU a besoin pour tenir le front. C’est du reste pourquoi l’armée ukrainienne ne fait plus que des coups spectaculaires en visant la Russie en profondeur, ce qui ne change rien au rapport de force, mais ce qui permet de laisser croire aux Occidentaux qu’elle existe encore. Tous les jours Le monde, le principal journal pro-guerre en France, se délecte des exploits supposés des drones ukrainiens qui pourtant touchent souvent des cibles civiles. 

Tucker Carlson Show: w/ Iuliia Mendel, Zelensky's Former Press Secretary  (Transcript) – The Singju Post

Yulia Mendel et Tucker Carlson le 12 mais 2026 

Mais il se passe autre chose en Ukraine. Il semble que les Ukrainiens en ait assez des turpitudes du gang de Zelensky et qu’avec l’appui des Etats-Unis, ils vont bientôt le remplacer. Ce serait là le sens de l’interview que Yulia Mendel a donné à Tucker Carlson le 12 mai 2026[3]. Celle-ci a été la porte-parole de Zelensky entre 2019 et 2021, elle était donc au cœur du système Zelensky et l’a vu se développer. Elle ne fait pas des révélations inédites, mais elle confirme ce que nous savions déjà depuis plusieurs années. Elle parle d’abord de la personnalité de Zelensky qu’elle décrit comme changeant, peu fiable, paranoïaque. Elle confirme qu’en 2022 Zelensky avait approuvé les accords d’Istamboul qui auraient mis fin directement à la guerre tout en conservant une intégrité territoriale de l’Ukraine, mais en reconnaissant l’autonomie du Donbass russophone. Elle dit que c’était là une décision personnelle de Zelensky qui voulait en finir avec la guerre.  Cette acceptation des accords d’Istamboul par Zelensky a été déjà signalée par l’ancien premier ministre d’Israël Bennett et par Oleksiy Arestovitch qui suivait de près les négociations. Ni Bennette, ; ni Arestovitch ne peuvent être soupçonnés de travailler pour le compte de Poutine. Aujourd’hui après quatre années de guerre le pays a été amputé de 20% de son territoire, et 10 millions de personnes sont partis à l’étranger, dont 3,5 millions en Russie. Elle signale que la population avant la guerre déclenchée en février 2022 avait déjà baissé, ce qui veut dire que la guerre n’est pas le facteur qui poussait les Ukrainiens à fuir. Seuls ne reste que les plus pauvres et les retraités. Elle rappelle aussi que Zelensky s’était fait élire sur la promesse de faire la paix avec les Russes, et aussi de lutter contre la corruption endémique, ce qui explique son taux d’adhésion élevé lors des élections présidentielles de 2019, aucune de ces deux promesses n'a été tenue évidemment. Elle a avancé aussi que Zelensky pensait que la faiblesse de Joe Biden lui permettrait d’adhérer rapidement à l’Union européenne, puis à l’OTAN. Ce fut une grave erreur que de le croire. Cela a coûté des centaines de milliers de morts ukrainiens, des millions d’exilés dont plus de 3,5 millions en Russie, des pertes de territoires et une destruction massive du pays. Yulia Mendel dit que le nombre de réfugiés est aujourd’hui de 10 millions. Quasiment le quart de la population qu’elle estime avoir été de 37 millions avant le déclenchement de la guerre avec la Russie. 

Zelensky's spokesperson Mendel leaves post - Apr. 30, 2021 | KyivPost

Yulia Mendel et Zelensky au début de la présidence de celui-ci 

L’interview de Yulia Mendel qui a fait un tabac dans le monde entier n’a curieusement pas été commentée dans la presse mainstream en France, qui est probablement la presse la plus lâche et servile de tout l’Occident. Elle parle aussi du caractère de Zelensky qu’elle décrit comme un cocaïnomane invétéré, mais aussi « émotionnellement » très instable. Pour elle c’est un menteur et un mythomane. Zelensky ne cherche pas la paix, mais essentiellement de l’argent, sachant que si la paix arrive, il sera fini politiquement. Elle ajoute notamment en citant Andrei Yermak que l’entourage direct de Zelensky est totalement corrompu. Elle parle d’une conversation téléphonique dans laquelle un certain Vova – diminutif ukrainien de Volodymyr – réclame ouvertement sa part sur un marché d’armement. Cela est corroboré par les enquêtes du SBU qui ont inculpé Yermak qui a dû démissionner et qui est en détention provisoire[4]. Jacques Sapir annonçait que la moitié des agents du SBU sont en réalité des agents étatsuniens, issus du FBI. Et donc on peut voir dans ce filet qui se resserre autour de Zelensky une manœuvre des Etats-Unis pour forcer Zelensky à signer la paix avec la Russie. Ce qui renforcerait le fait que Poutine croit à une fin proche de la guerre. L’importance de l’interview de Yulia Mendel accompagne la chute de la popularité de Zelensky en Occident. Sur le plan intérieur, la messe est dite, les Ukrainiens rejettent en majorité leur président qui se garde bien de convoquer des élections pour son remplacement[5]. Ses seuls soutiens se trouvent à l’étranger, et plus précisément dans l’Union européenne. Mais ces soutiens sont de moins en moins nombreux, on a vu que le changement de premier ministre en Hongrie ne changeait rien à la position de ce pays qui est hostile à continuer le financement de l’Ukraine. En Roumanie, en Pologne, en Slovaquie, en Bulgarie, le soutien s’effrite pour ne pas dire plus et cela se voit dans les résultats des élections, malgré les ingérences de la Commission européenne. En Lettonie le gouvernement a été renversé, pour partie à cause du soutien à l’Ukraine[6]. L’Espagne et l’Italie trainent les pieds. L’Allemagne on l’a vu est en train de faire son aggiornamento sur la question. Qui reste-t-il pour soutenir Zelensky ? Kaja Kallas, Ursula von der Leyen, Macron et Keir Starmer, des politiciens à la popularité défaillante, sans vraie légitimité. Aucun n’atteint 20% de popularité dans son pays ! 

La démission d'Andriy Yermak, bras droit de Volodymyr Zelensky, un séisme  politique pour l'Ukraine

Zelensky et son bras droit Yermak, aujourd’hui en détention 

Les Allemands sont aujourd’hui en pleine débandade, leur industrie est en voie de destruction et leur économie court à la récession. Merz qui est au plus bas dans les sondages d’opinion[7], un peu comme Macron chez nous, a commencé à préparer un retournement stratégique en avançant qu’il fallait envisager de reparler avec Moscou. L’AfD a le vent en poupe, et ce parti veut signer une paix rapide avec la Russie, quitte pour cela à sortir de l’Union européenne. C’est dans ce contexte délétère que Poutine, le 9 mai a proposé Gerhard Schröder, ancien chancelier allemand et vieil ami personnel comme un possible médiateur dans le conflit ukrainien. Der Tagesspiegel, quotidien berlinois centriste libéral de référence prend cette annonce au sérieux[8]. Il suppose qu’il s’agit là d’une main tendue à l’Europe qui dans les mois qui viennent va souffrir de plus en plus de la pénurie de pétrole et de gaz consécutive à la guerre lancée par Trump en Iran. L’article du Tagesspiegel avance deux choses, la première que Poutine encourage les Européens à se dégager de l’influence étatsunienne, et la deuxième qu’elle doit prendre son autonomie politique en révisant radicalement son soutien à Kiev. L’article du Tagesspiegel indique que la seule voie raisonnable est que l’Europe doit reprendre la main. Cela passe par un dialogue direct et pragmatique avec Moscou ; la recherche d’un cessez-le-feu et d’un règlement politique ; la fin progressive du financement illimité de l’Ukraine par le contribuable européen qui voit de moins en moins l’intérêt de cette fantaisie. 

Ami de Poutine – L'Allemagne a honte de Gerhard Schröder

Poutine et Schröder des amis de longue date 

De ce qui vient d’être dit et écrit on peut tirer deux conclusions, la première est que la fin de la guerre en Ukraine peut se passer relativement calmement par la voie diplomatique, ou par la voie militaire qui sera forcément encore plus douloureuse pour les Ukrainiens. La seconde conclusion est que l’Allemagne a les clés de la paix. En effet même si sa puissance n’est plus ce qu’elle était avant la guerre en Ukraine, elle peut imposer la paix en Ukraine à l’Union européenne. C’est son intérêt. La France aurait pu jouer un rôle important dans les négociations de paix, mais encore eut-il fallu qu’elle ait un gouvernement et un gouvernement qui réfléchisse au-delà de petites combines d’appareil. Et puis les petites magouilles de Hollande à propos des accords de Minsk ont sûrement refroidi les Russes vis-à-vis de notre pays. Ce qui fait essentiellement que l’Union européenne et les pays qui la composent est incapable de réfléchir à la paix, à comprendre ce qui pourrait se passer après la guerre – voir la clownesque Kaja Kallas encore là est un signe de décomposition avancé – ils sont rongés par la corruption. On commence un peu à en parler, mais je l’avais signalé il y a quelques mois, sur les sommes qui sont détournées par la crapule du gang de Kiev, une partie de celles-ci revient en Europe sous la forme de rétro-commissions qui passent par l’Estonie, le pays de Kaja Kallas !! Celle-là même qui n’envisage aucune paix à moyen et long terme avec la Russie et qui vise directement le démantèlement de la Russie ! C’est la Mère Ubu ! L’idiote a refusé que Schröder serve de médiateur au prétexte qu’il serait trop proche de Poutine, faisant comme si sa parole à elle avait une quelconque importance au-delà de l’Estonie. Mais l’Union européenne aura-t-elle le choix si l’Ukraine et la Russie veulent signer un accord de paix ?



[1] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/03/la-baisse-de-la-popularite-de-vladimir-poutine-en-russie-inquiete-le-kremlin-a-cinq-mois-des-elections-legislatives_6684998_3210.html Quand des Merz, Macron, von der Leyen ou Starmer se trouvent à moins de 20% de popularité les européistes parle d’un effondrement de la popularité de Poutine en Russie qui n’atteindrait que 66% ! Trump lui se trouve en ce moment à cause de la guerre en Iran à 35% de popularité.

[2] https://www.marianne.net/agora/les-signatures-de-marianne/les-accords-de-minsk-devaient-donner-du-temps-a-lukraine-angela-merkel-jette-un-pave-dans-la-mare et https://www.institutschiller.org/Comment-Merkel-et-Hollande-ont-attise-la-guerre-en-Ukraine

[3] Elle est disponible en suivant le lien suivant https://www.youtube.com/watch?v=Pkz2-cWHPbg

[4] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/12/en-ukraine-andriy-yermak-l-ancien-bras-droit-de-volodymyr-zelensky-mis-en-cause-dans-une-affaire-de-corruption_6688267_3210.html

[5] Selon Politico Zelensky aurait une cote de popularité de 25%. Mais d’autres sources ukrainiennes de la Rada donnent plutôt 20% ! Ce qui n’empêche pas Le monde de donner le chiffre de 67% et BFMTV de 57% !

[6] https://www.franceinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/en-lettonie-la-premiere-ministre-demissionne-apres-l-intrusion-de-drones-ukrainiens-sur-le-territoire-letton_8003768.html

[7] https://www.franceinfo.fr/monde/europe/allemagne/tout-se-degrade-aucune-ligne-claire-un-an-apres-son-investiture-la-popularite-du-chancelier-allemand-friedrich-merz-est-au-plus-bas_7997999.html

[8] https://www.tagesspiegel.de/politik/schroder-als-putins-signal-an-die-europaer-ein-vermittler-muss-nicht-makellos-sein-15585639.html

dimanche 10 mai 2026

Des élections et de la vie politique en Europe

En Europe, les élections se suivent se ressemblent dans leurs résultats. Le 8 mai 2026 on votait au Royaume Uni pour élire des représentants dans les collectivités locales. Les deux partis qui ont gouverné le Royaume Uni depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale sont rejetés. Le plus gros perdant est le Parti travailliste, qui perd près d’un millier de sièges, et le second perdant est le Parti conservateur qui en perd plus de 400 et qui rétrograde à la quatrième place[1]. Ce résultat nous apprend au moins deux choses importantes. D’abord il confirme le rejet de la politique guerrière en Ukraine assumée par Starmer et le parti travailliste. L’impopularité du Premier ministre est presque équivalente à celle de Macron en France, c’est dire. Ensuite le grand gagnant qui augmente son score de plus de 1200 sièges est le parti de Nigel Farage, Reforme UK, un parti souverainiste, qui est à la fois contre l’immigration massive et qui a été le principal parti soutenant le Brexit. Ce dernier point est important, car les journalistes en France avancent souvent que les Britanniques regretteraient d’avoir voté pour le Brexit. Évidemment si les Britanniques regrettaient fortement la sortie de l’Union européenne, ils ne voteraient pas pour le parti de Nigel Farage, et les partis pro-européens réclameraient un référendum sur cette question, mais ils ne s’y risquent pas. Là nous avons au moins un début de réponse concret à cette question. Bien entendu, il faut le répéter, le Brexit n’est pas une solution à tous les problèmes économiques d’un pays quel qu’il soit, mais c’est une condition nécessaire à un changement d’orientation. Un des problèmes rencontrés par l’impopulaire Starmer, c’est qu’il a suivi une politique européiste sur l’immigration, sur la guerre avec la Russie, tout en étant en dehors de l’Union européenne. On remarque malgré tout, et il faut le répéter, que les résultats économiques du Royaume Uni sont un peu meilleurs que ceux de la France depuis sa sortie de l’Union européenne. Nigel Farage est également de ceux qui ont soutenu que la guerre en Ukraine était la conséquence des provocations de l’OTAN aux frontières de la Russie. C’est un point commun qu’il a avec les autres opposants des pays de l’Est à la politique belliciste de l’Union européenne. 

Roumanie : chute du gouvernement proeuropéen après le vote d'une motion de  censure - France 24

Le gouvernement roumain pro-européen a été renversé 

Les pays de l’Est de l’Europe sont un casse-tête pour Bruxelles. Périodiquement ceux-ci manifestent un syndrome anti-européiste assez marqué. On a vu que la défaite d’Orban, ennemi juré d’Ursula von der Leyen n’avait pas vraiment éclairci la position de la Hongrie envers la Russie. De même le président Robert Fico qui prétend parler avec Poutine, est également un problème. Il y a un peu plus d’un an, en Roumanie, la Cour suprême, téléguidée par la France et Bruxelles, avait invalidé le premier tour des élections présidentielles pour des motifs très vagues et sûrement mensonger. Le candidat Calin Georgescu, pro-russe, avait ensuite été invalidé, interdit de se présenter. Ces petites magouilles, ajoutées au contrôle des votes de l’étranger avait finalement permis au candidat atlantiste NIcusor Dan de l’emporter. Mais ce fut une victoire à la Pyrrhus. Il y a quelques jours, les choses allant de plus en plus mal en Roumanie, le gouvernement pro-européen a été renversé[2]. Cela a été le résultat d’une coalition inédite entre le parti dit d’extrême-droite, l’AUR, et le PSD, parti social-démocrate. Ce qui était essentiellement en cause dans cette motion de censure en Roumanie, c’était la politique d’austérité menée sous la houlette de Bruxelles par le gouvernement d’Ilie Bolojan. Sans parler évidemment de la corruption endémique. Cette alliance a priori curieuse, est également celle qui semble se dessiner en Allemagne où le gouvernement Merz est devenu impopulaire, entre l’AfD et le petit parti de gauche BSW de Sarah Waghenecht. Ils pourraient s’entendre sur deux points décisifs, la haine de Bruxelles et de la Commission européenne, et sur l’idée de renouer le contact avec la Russie, donc un programme souverainiste, justement à un moment où les deux partis dits de gouvernement sont devenus impopulaires. C’est le même schéma qu’au Royaume Uni, eux-aussi ont gouverné en alternance depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais maintenant, ils sont obligés de s’associer ensemble pour continuer pour survivre, l’un entrainant l’autre dans sa chute programmée. 

Élections législatives en Bulgarie: Roumen Radev, un «nouvel Orban» au sein  de l'UE? - RFI

Ruman Radev a remporté les élections législatives en Bulgarie le 19 avril 2026 

Les médias français ont assez peu commenté une autre lourde défaite des européistes. En Bulgarie, c’est l’ancien président Rumen Radev qui a remporté les élections législatives le 19 avril 2026[3]. Certes l’abstention était très élevée, mais la victoire de Rumen Radev est écrasante. Si on l’a passée sous silence, c’est pour plusieurs raisons, d’abord parce que Rumen Radev est pour un rapprochement avec la Russie qui livre du gaz à son pays. Celui-ci est limitrophe de la Roumanie. Or la coalition au pouvoir avec la victoire de Rumen Radev avait acté sous la pression de Bruxelles l’abandon de la livraison du gaz russe en 2026. Il faut savoir aussi que la Bulgarie est un pays de transit pour le gaz russe qui arrive encore en Europe. Rumen Radev, lorsqu’il était président avait critiqué les sanctions européistes contre la Russie, et également ne voulait pas s’engager dans un soutien à Zelensky à propos de la Crimée. On se rend ainsi compte que dans l’Union européenne, le nombre de pays qui portent un regard critique sur Bruxelles et ses velléités guerrières augmente assez régulièrement. La Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie, revendiquent une plus large autonomie dans la gestion de leurs affaires, et bientôt ce sera également tour de la Pologne. En effet l’an dernier, Karol Nawrocki a remporté les élections présidentielles, face au candidat européiste Rafał Trzaskowski. Le nouveau président polonais est un conservateur opposé aux libéralités de l’Union européenne en matière de mœurs, mais il est aussi très critique vis-à-vis de Zelensky et de l’Ukraine, les réfugiés ukrainiens étant très mal vus dans le pays. Il est également farouchement opposé à l’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne. Il s’est affiché avec George Simion l’ancien candidat roumain à la présidentielle qui lui est pour un dialogue direct avec la Russie. En Pologne nous sommes dans une situation de cohabitation avec le premier ministre Donald Tusk, atlantiste et européiste furieux. Mais en 2027 nous allons avoir des élections législatives qui risquent d’être perdues pour le parti de Bruxelles. C’est dans ce pays que lors de la crise agricole on a vu des députés brûler des drapeaux européens… comme en France ! 

Commerce extérieur russe, le pivot vers l'Asie se stabilise, l'Europe  toujours présente malgré les sanctions - Asialyst

Dans ces pays de l’Est-ce qui me semble important c’est la volonté souverainiste qui s’y manifeste dans une position pour le moins critique vis-à-vis de Bruxelles. Ce sont pourtant des pays qui sont géographiquement très proches de la Russie. L’Union européenne en s’élargissant à l’Est, jusqu’aux frontières de la Russie pensait que cela entrainerait finalement la fin de la Russie. C’était le plan de l’OTAN, ajouter aux pressions militaires les pressions économiques et le chantage financier. Mais vu la dégradation régulière de la situation européenne, ces pays pourraient finalement devenir le Cheval de Troie de la dissolution. On n’en est pas encore à voir ces pays se proposer d’en sortir, ils bénéficient d’avantages économiques et financiers qui les empêchent, on a vu avec quelle brutalité la Commission européenne a coupé les crédits à la Hongrie pour faire tomber Orban. La stupidité de la Commission européenne risque d’être fortement ébranlée. En effet, alors que tout va mal dans l’Union européenne et que la guerre des Etats-Unis contre l’Iran a aggravé les problèmes d’approvisionnement énergétique, la Commission européenne a adopté un nouveau train de sanctions, le 20ème, destiné semble-t-il à priver la Russie de ses gains colossaux dans les secteurs de l’énergie et plancherait même aujourd’hui sur un 21ème paquet. Or les 19 premiers paquets de sanctions n’ont eu que des effets marginaux sur l’économie russe qui continue sa progression, mais, ils ont entraîné de graves difficultés pour l’économie européenne qui est en train de rentrer en récession. En décembre 2025 on tablait encore sur une croissance dans l’Union européenne de 1,7%. Mais c’était avant la guerre avec l’Iran, aujourd’hui on prévoit une légère récession pour la France et un recul du PIB d’au moins 1% pour l’Allemagne. Comme on le voit dans le graphique ci-dessus, la baisse des exportations russes vers les pays occidentaux a été plus que compensée par le développement de ces mêmes exportations vers les pays asiatiques, alors que l’Union européenne compte tenu de sa politique belliciste envers la Russie n’a aucune solution de rechange pour l’énergie nécessaire à son industrie. La guerre en Iran a rendu impossible de mettre en place l’idée déjà stupide de se passer complètement du gaz et du pétrole russe, alors que la pénurie menace pour les quatre ou cinq ans à venir. 

 

Cependant les déconvenues des bureaucrates européistes et de leurs soutiens politiques, ne doivent pas nous faire croire qu’ils abandonneront aussi facilement le pouvoir, ils ne sont pas capables d’assumer leurs échecs successifs. Tout montre – et l’exemple de Macron est là qui, désavoué massivement pas les Français continue à les martyriser – qu’il faudra les chasser, qu’ils s’accrocheront à leurs lugubres idées et préceptes, quitte à tricher avec leurs propres règles. Dans cette déroute, il est hallucinant de voir que le journal Le monde, ce média atlantiste et européiste qui dit aux autres ce qu’ils doivent penser nous en fait des tartines que la chute de la popularité de Poutine en Russie qui ne serait plus qu’à 68% ! Mais ils ne disent rien du fait qu’en France, Macron, c’est 17% de popularité, Starmer qui vient de perdre les élections est à 18% et Merz à 15% comme Ursula von der Leyen, mais le journal du soir comme on dit n’a aucun commentaire à faire sur ce désaveu ! Autrement dit Le monde vous ment par omission tous les jours.



[1] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/08/elections-locales-au-royaume-uni-percee-historique-de-la-droite-radicale-effondrement-des-travaillistes-et-fin-du-bipartisme_6687097_3210.html

[2] https://www.franceinfo.fr/monde/europe/en-roumanie-l-extreme-droite-est-la-grande-gagnante-de-la-crise-politique-creee-par-le-renversement-du-premier-ministre_7987292.html

[3] https://www.touteleurope.eu/vie-politique-des-etats-membres/elections-legislatives-en-bulgarie-la-coalition-de-l-ancien-president-rumen-radev-placee-largement-en-tete/

mardi 5 mai 2026

Pourquoi on ne peut pas voter pour Mélenchon

Le cirque peut commencer. Depuis que Mélenchon a annoncé sa candidature pour la présidentielle en 2027, ses soutiens et ses faux comptes se déchainent sur les réseaux sociaux pour tenter de faire croire à un nouvel élan. Je reconnais volontiers que Mélenchon a bien le droit de se présenter. Il est un peu le Bayrou de la gauche qui croit éternellement à son destin.  Certes, il peut invoquer lui-même qu’à gauche il n’a guère de concurrence, et après tout ce sera sa dernière campagne, il a bien le droit de faire un dernier tour de piste. Passons sur le fait qu’en 2022 il avait avancé qu’il ne se représenterait plus, comme tous les politiciens il est fourbe et menteur. Il avait pourtant désigné François Ruffin comme son successeur potentiel, mais c’était une autre époque, il est changeant, et plus il s’est éloigné de la laïcité, plus il a dragué le vote musulman des banlieues, et plus il s’est éloigné de François Ruffin qui est parti de la périphérie de la FI avec la charrette des condamnés, Autain, Simonet, Corbières ou encore Garrido. Pour justifier de sa nouvelle participation à ce cirque médiatique qu’il aime tant et pour lequel il vit, il a évoqué l’urgence, le danger du fascisme et tous les lieux communs de la langue de bois habituelle. Ils sont tous comme ça dans ce curieux métier, on peut écrire leurs discours à l’avance. En vérité, il espère que la diversité des candidatures de la droite, Philippe, Attal, Villepin et quelques autres lui permettront de refaire le coup de Chirac en 2002. C’est très hasardeux, d’abord parce que Attal renoncera, sauf s’il arrive devant Philippe dans les sondages, ce qui ne semble guère probable. On lui promettra un poste de Premier ministre ou quelque chose comme ça en échange de son désistement, et il se rangera derrière Fantômas, arguant lui aussi de la nécessité ténébreuse de faire barrage aux extrêmes. Quant à la candidature de Retailleau, elle n’est là que pour faire croire que le parti Les Républicains existe encore. Une partie des candidats déclarés sur la ligne de départ renoncera également faute de trouver les fonds et faute de réunir les signatures nécessaires. En attendant la position du reste de la gauche non-mélenchoniste, la droite s’organisera pour faire donner les parrainages à Glucksmann qui lui mangera quelques points du côté de ce qu’on appelle la social-démocratie et qui n’est qu’une droite avec un faux nez. Certes le reste de la gauche est dans les choux et divisée, mais elle va bien finir par faire émerger des candidats soit à partir d’une primaire, soit du côté des bureaucraties qui veulent prendre date pour après. A l’évidence la précipitation de Mélenchon se trouve de prendre de cours la gauche qui lui est hostile pour la désigner éventuellement comme un facteur de division. Mélenchon a d’ailleurs rappelé qu’en 2022 il n’a pas pu être au second tour çà cause de la candidature de Roussel ! 

La première raison de ne pas voter pour Mélenchon est qu’il est antipathique. Mais passons sur cette impression. Voyons son parcours louvoyant. On ne peut pas voter pour Mélenchon parce que ce type est changeant. Avant 2019 il était pour une laïcité exigeante et disait qu'on avait le croit d'être islamophobe. Maintenant il est ouvertement antisémite et fait la promotion de l'Islam pour racler les fonds de tiroir du vote des banlieues. Il fut d'abord trotskiste, puis rocardien, puis mitterrandiste, puis il a voté pour Maastricht, puis il a dit qu'il avait fait faux. C'est une girouette sans vraie colonne vertébrale. Il n'a pas de position sérieuse sur la guerre en Ukraine et son parti soutient le camp de la guerre. L'AEC est son programme économique qui pourrait aller dans le bon sens, sauf que sans sortie de l'UE et de l'euro, ce programme ne peut pas être mis en œuvre sans se retrouver dans une position très difficile pour le pays. Il est également immigrationniste et ses outrances sur la Nouvelle France issue du Grand remplacement lui ferme clairement la porte de la victoire. Or sur ces questions Mélenchon comme la FI s’en tiennent à des positions aussi européistes que farfelues, même si de temps à autre ils font quelques pas pour une réconciliation avec la Russie. Comme le RN d’ailleurs, ils ne se sont pas opposés lors du vote du budget, ni sur les transferts d’argent au régime de Kiev, ni à la hausse du budget de l’Union européenne géré par la Commission européenne dirigée d’une main de fer par la sinistre néo-fasciste Ursula von der Leyen. C’est une très grave erreur.

Mélenchon et ceux qui le soutiennent n’ont pas compris, ou font semblant de ne pas comprendre que la question de l’immigration est une question sérieuse pour les Français, et elle sera d’ailleurs un point important des débats autour de la présidentielle. Ils ont ouvert une polémique sur les propos de François Ruffin qui défendait une position un peu tiède sur l’immigration du travail, et qui avançait qu’il fallait former des médecins en France plutôt que d’en importer[1]. Cela relève du simple bon sens et cela pour deux raisons : d’abord parce que les pays en voie de développement n’ont pas trop de médecins pour eux-mêmes, ensuite parce que la souveraineté de la France passe justement par son autonomie en matière éducative. Il n’y a aucune raison pour que des pays pauvres, ou plus pauvres que nous, investissent pour former nos médecins. Faire l’apologie de l’immigration au nom de la lutte contre le fascisme relève au mieux de l’imbécilité, au pire d’une croyance dans les bienfaits de la mondialisation. Il n’est donc pas étonnant que dans Libération, Hélène Arnault, pianiste, mais surtout l'épouse de Bernard Arnault, le PDG de LVMH, confie qu'elle voterait pour Jean-Luc Mélenchon en cas de duel avec Jordan Bardella[2]. Comme quoi on peut être milliardaire et mélenchoniste à temps partiel, ce n’est pas incompatible ! 

Sur le plan stratégique, Mélenchon et son équipe ont beaucoup misé sur la Cause palestinienne. Leur soutien à celle-ci non seulement les a entraînés sur la pente savonnée de l’antisémitisme primaire, avec les pitreries de Mélenchon déformant les noms d’Epstein ou de Glucksmann comme au bon vieux temps du pétainisme pour en faire ressortir l’incongruité supposée de ceux-ci. Mais en soutenant la pantalonnade des croisières ridicules sur Gaza, ils ont montré que leurs priorités n’étaient aucunement dans la résolution des problèmes des Français. C’est seulement du spectacle qui permet de maintenir une certaine agitation permanente dans les rues ou à Sciences Po. Mais c’est assez contre-productif. Les soutiens à la dernière croisière ont connu très peu de succès, mais ont récolté d’énormes moqueries, alors même que la popularité d’Israël est au plus bas. Or tous les sondages le montrent les Français considèrent que le pouvoir d’achat, l’insécurité, ou encore la santé et les déserts médicaux et bien sûr l’immigration sont les priorités sur lesquelles devrait travailler le gouvernement. Sur ces thèmes la FI ne traite que de la question du pouvoir d’achat et au contraire est à l’envers des aspirations des Français sur les questions de l’immigration et de l’insécurité. Également avoir accès sa campagne depuis longtemps sur l’antienne du « fascisme qui vient » à décrédibiliser ceux qui sont encore sur ce registre. Le positionnement de Mélenchon est déjà stratégiquement dans l’impasse. Mais son comportement caractériel le plombe encore un peu plus. S’est-il posé sérieusement la question de la raison de ses échecs en 2022 ? Mélenchon nous dit qu’il veut lutter contre les inégalités, chose banale en soi, mais comme pour le reste, celle-ci dépend de la souveraineté de la France : et une France dans l’Union européenne et dans l’euro ne pourra rien faire pour réduire celles-ci ! Même si ça branle dans le manche du côté des anciens pays de l’Est, le chantage de la Commission européenne fonctionne encore assez bien. 

Les sondages pour le second tour sont ravageurs. Si à cause d’une grande dispersion de la droite ordinaire, Mélenchon accédait au second tour, il serait très clairement battu par Bardella. Il compte en effet près de 50 points de retard. Ça ne se rattrape pas, ce n’est pas trois ou cinq points. Même à supposer que Bardella se révèle parfaitement nul dans le débat du second tour, ce qui est tout à fait possible. Sur le plan tactique Mélenchon est extrêmement mauvais, en effet il est clivant comme on dit, et il est de plus en plus souvent comparé à Jean-Marie Le Pen pour ses outrances. Mélenchon est incapable de rassembler la gauche, or, pour gagner, il faut rassembler son camp et au second tour grignoter un peu au-delà. C’est ce qu’avait bien compris François Mitterrand qui était un fin tacticien, même si on peut contester son action au cours de ses deux septennats. Mélenchon a insulté tout le monde, de Glucksmann à Fabien Roussel, en passant par le PS. Et vous voulez que ces gens qui certes sont habitués à avaler des couleuvres de grande taille se mobilisent avec enthousiasme pour lui et les membres de son gang lui ont emboîter le pas sur ce thème ? Déjà que la confiance en France dans le personnel politique est au plus bas, ce n’est pas très sérieux.



[1] https://www.marianne.net/politique/gauche/francois-ruffin-et-l-immigration-de-travail-quand-la-gauche-chasse-les-blasphemateurs

[2] https://www.franceinfo.fr/politique/jordan-bardella/helene-arnault-voterait-jean-luc-melenchon-plutot-que-jordan-bardella-son-avis-ne-compte-pas-plus-que-celui-de-n-importe-quel-francais-reagit-un-depute-rn_7971821.html

mardi 28 avril 2026

Tirer à boulets rouges sur Bardella à quoi ça sert ?

 Bardella dans Paris Match : un amour de propagande 

Je n’ai aucune sympathie pour Bardella, c’est un politicien louvoyant, changeant, sans conviction. Il est pour l’Europe, pour la monnaie unique, contre la hausse du SMIC, il se veut proche du patronat, histoire de se donner une caution morale de bon élève en économie. Et bien entendu je ne voterais pas pour lui. Que Bardella soit nul, tout le monde en convient, cependant vu ses deux prédécesseurs Hollande et Macron et ce qu’ils ont fait de la France, on ne voit pas en quoi il serait plus nul. On nous a vendu Hollande en ennemi de la finance, puis Macron en Mozart de la finance, on a vu les résultats. Ce qui m'agace dans cette histoire c'est qu'on pose que Bardella serait plus nul que les autres comme un a priori, les uns vont chercher sa campagne de presse avec sa fiancée – mais Macron avait fait de même avec sa vieille institutrice – les autres avancent que le MEDEF aurait dit en off que Bardella était nul en économie. Mais si on se souvient qu'Hollande et Macron ont fait exactement ce que leur demandait le MEDEF, avec les résultats qu'on sait il n’y a pas de quoi s’offusquer, sauf à dire que décidément les politicards sont tous des vendus sans idée. 

Emmanuel Macron en une de "Paris Match" : il en redemande ! - Closer

En 2017, après avoir sévit en tant que conseiller de Hollande pour l’économie, après avoir fait preuve d’une grande nullité au poste de ministre de l’économie, il se lançait, avec l’aide d’un puissant lobby patronal, dont Bernard Arnault, dans la conquête de l’Élysée. Il mettait en scène sa relation scabreuse avec sa vieille institutrice, transformant un détournement de mineur – il n’avait que 14 ans quand il fut agressé sexuellement par Brigitte Trogneux – en un conte de fée pour salon de coiffure. Mais à l’époque personne n’a vraiment réagi à ce scandale. On reproche à Bardella de copier cette méthode avec la complicité de Paris Match qui se retrouve toujours dans les mauvais coups de publicité. Mais au moins Bardella ne pourra pas être accusé de détournement de mineur, et sa fiancée non plus. Certes cette forme de débauche publicitaire est nulle, et probablement inadaptée à l’époque, c’est exact. Mais c’est une technique pour occuper le centre du débat. Faire parler de soi, même en mal, c’est encore faire parler de soi, Mélenchon en sait un rayon sur ce thème. 

À Marseille, Macron et Mélenchon mettent en scène une rencontre nocturne A Marseille Mélenchon courait a  près macron pour lui serrer la main  

Le second angle d’attaque contre Bardella a été de cibler son « dialogue » avec le MEDEF. Cela se passe au moment justement ou le MEDEF est très offensif contre les droits des travailleurs et tente d’imposer l’abrogation du 1er mai comme jour chômé et payé. Le pâle Lecornu qui n’a rien à refuser au patronat lui a emboité le pas, et au dernier moment à retirer son projet de loi sur ce thème devant la levée des boucliers que cela a entraînée, promettant d’y revenir avant le 1er mai 2026. On a reproché deux choses à Bardella. D’abord d’aller faire allégeance au MEDEF, ensuite d’avoir démontré en dialoguant avec lui qu’il était nul en économie, comme si le MEDEF avait quelque capacité à comprendre la politique économique autrement qu’en défendant ses profits. On oublie que régulièrement tous les partis politiques sont dans ce « dialogue », y compris le Parti communiste qui à la dernière fête de l’Humanité recevait Pierre Martin le patron des patrons, ouvertement un ennemi des salariés. François Rebsamen, socialiste en peau de lapin, ancien trotskiste et néo-libéral, racontait que quand il faisait campagne pour le sinistre Hollande, c’est lui qui avait été négocier avec le MEDEF, et que ce lobby patronal lui avait demandé essentiellement de prendre Macron comme conseiller à l’Élysée dans le domaine de l’économie. Ce à quoi le mollusque Hollande se résoudra, introduisant Macron dans la course à l’Élysée, Macron qui d’ailleurs lui pissera contre sans état d’âme. Il faudrait démontrer qu’on est en capacité de gouverner en allant passer une sorte d’examen auprès du grand patronat ? Comme disait le général de Gaulle la politique ne se fait pas à la corbeille, j’ajouterais ni en prêtant allégeance à un patronat de plus en plus réactionnaire, ça vaut aussi bien pour les comiques du PS que pour Bardella. 

Fête de l'Humanité : Patrick Martin et Fabien Gay, le grand face-à-face - L' Humanité

A la fête de l’Humanité, les communistes dialoguaient avec Pierre Martin 

A partit de 2012 donc les deux présidents successifs se plieront à édicter les lois que lui réclamait le MEDEF, avec la kyrielle de manifestations qui suivront dès le dépôt de la loi dite El Khomri qui s’attaquait ouvertement aux droits des travailleurs d’une manière inédite pour un gouvernement de gauche. Bardella est exactement sur la même ligne, ligne dite pro-business, en français une politique économique qui défend les intérêts du patronat contre le reste du pays. C’est la fameuse théorie du ruissellement, théorie erronée et jamais vérifiée qui voudrait qu’en allégeant les obligations du patronat, on relance l’économie et donc l’emploi et le pouvoir d’achat. C’est la ligne qu’ont suivi Hollande et Macron, mais aussi l’ignoble Edouard Philippe. Cela n’a mené finalement qu’à l’explosion de la dette publique et à la stagnation de l’économie et de l’emploi, le pouvoir d’achat restant en berne, tandis que les profits des grandes entreprises et des banques ont explosé. Que des guignols qui ont soutenu Hollande et Macron et qui ont voté pour eux avancent que Bardella serait plus nul que ces deux imbéciles, est un mensonge éhonté. Ils ont démontré leur nullité crasse dans tous les domaines. Bardella suivra certainement cette politique débile s’il était élu. 

Présidentielle 2027: "Chaque responsable doit se préparer", estime François  Hollande, ancien président de la République

Hollande est un menteur et un incapable. C’est lui qui devait garantir avec Merkel la bonne exécution des accords de Minsk pour éviter la guerre avec la Russie. Mais il a fait le contraire, avouant lamentablement qu’en vérité il ne cherchait qu’à gagner du temps afin que l’Ukraine se réarme[1]. On connait la suite, une guerre ruineuse de plus de quatre ans qui a mis l’économie européenne au bord de la ruine, sans perspective de croissance et de sortie du tunnel à court terme. Macron est considéré aujourd’hui par les Français comme le pire président que le pays ait connu. Il est vrai qu’il ressemble de plus en plus à un malade mental qui vient juste de s’échapper de l’asile. Sa cote de popularité est tombée à la mi-avril 2026 à 17%, quand Hollande est parti de l’lysée en 2017 il était tellement bas dans l’opinion qu’il n’a pas osé se représenter pour défendre son bilan. C’est dire ! Le fourbe François Hollande s’était présenté contre Sarkozy en avançant qu’il était l’ennemi de la finance, cela contribua à le faire élire, et bien sûr une fois installé il fit exactement l’inverse de ce qu’il avait promis, accentuant la déréglementation du secteur financier, et donc la désindustrialisation du pays. Cela s’est fait sous le couvert de la nécessité de faire de l’Europe une nation fédérale. Ce qui a mon sens n’arrivera jamais, ne serait-ce que parce que l’économie européenne est dans une crise profonde dont elle n’est pas près de se sortir. Avancer que Bardella serait moins compétent que Macron pour gérer l’économie relève de la blague, vu les records qu’il a battu en termes de dette publique et de déficit budgétaire. Qu’on me dise qu’il ne serait pas meilleur, soit, je l’admet, mais pire ? Je vous rassure je ne voterais pas Bardella, il n’y a aucune raison pour que je le fasse, mais je ne veux pas participer à cette cabale qui voudrait nous faire croire pour nous consoler que Edouard Philippe ou Emmanuel Macron seraient des choix finalement moins pire ! On les a vu à l’œuvre. Macron est un grand menteur qui un jour fait un brand plan pour la santé, un autre jour un grand plan pour l’éducation qui aboutissent à la fois à la fermeture de liste d’hôpitaux en grand nombre et de fermeture de classes à la chaine. Ces jours derniers il pérorait sur le fait qu’il n’y avait aucun risque de pénurie de gaz et de pétrole, alors que Pouyanné, le grand patron de Total, disait exactement le contraire. Le monde toujours à l’affut de rapporter des fake news reprenait cette idée loufoque sans la dénoncer[2]. 

On comprend que cette charge contre  Bardella revient seulement à nous préparer à faire barrage pour le second tour des présidentielles en votant pour le nullissime Edouard Philippe, dit Fantômas, dont les seuls faits de gloire sont d'avoir mis tout le monde dans la rue au moment des gilets jaunes, de les avoir fait massacrer par des policiers sans cervelle, d'avoir fait ralentir les voitures à 80 km/h puis d’avoir confiné tout le monde lors de la pandémie du COVID juste pour emmerder le peuple. C’est un apparatchik du grand capital, cupide et dissimulateur. Il est naturellement associé au désastre de la présidence de Macron. Personne ne l’a remarqué, mais si Edouard Philippe était élu, ce serait le troisième Young Leader élu à ce poste après Hollande et Macron, autrement dit la France serait encore un peu plus colonisée par les Etats-Unis. Ces trois individus se sont appliqués à ruiner la France, notamment en vendant les fleurons de nos industries aux Etats-Unis. Il est très probable que Bardella élu président – et à condition qu’il trouve une majorité à l’Assemblée – continuera dans la même veine dite pro-business. On ne voit pas très bien ce qu’il pourrait faire de pire qu’Edouard Philippe par exemple. Au mieux ce sera la ligne Meloni, critique de l’Union européenne en paroles, mais acceptant finalement tout ce que lui demande Bruxelles aussi bien matière d’immigration, de déréglementation du droit du travail et de financement de la guerre en Ukraine. Je comprends très bien qu’on ne vote pas pour Bardella ou qu’on ne vote pas pour le furieux islamophile Mélenchon qui fait tout ce qu’il peut pour couler un peu plus la gauche d’une manière définitive, mais je ne comprendrais pas qu’on trouve quelque vertu à mettre un bulletin dans l’urne au nom d’Edouard Philippe sous le prétexte fumeux et bien éculé de la crainte du fascisme qui vient, vieille lune qui fonctionne à notre détriment depuis 2002, qui ne passionne que les étudiants attardés de Sciences Po et qui nous empêche de voir s’installer les formes nouvelles du fascisme qui siège à Bruxelles. 


Regardez le post de Bardella, il aurait pu être écrit par n'importe quel valet du grand capital, Edouard Philippe, François Hollande, ou encore Glucksmann et Macron. C'est la logorrhée habituelle du patronat depuis le XIXème siècle. Il n'y a rien de nouveau là-dedans. Mais cela ne fait pas de Bardella quelqu'un qui serait pire que les autres, ça le classe exactement au même niveau.

Regardons la photo ci-dessus, elle présente la gauche dite de droite, la gauche avec un faux nez. On y reconnait l’agent des Etats-Unis, Glucksmann, le mollusque Hollande, le médiocre Jadot, mais aussi complètement à gauche le banquier Pigasse. Celui-ci nous dit qu’il veut lutter contre Bolloré grâce à sa fortune et ses entreprises dans le secteur de la presse – Les Inrockuptibles, Le monde, Radio Nova – Hollande avait hésité à le prendre en 2012 à la place de Macron[3]. L’un venait de chez Rothschild, et l’autre de la banque Lazard ! Et c’est cette équipe qui serait le renouveau de la gauche en dehors des furieux de la France Insoumise ? On râle contre Bolloré qui mettrait ses entreprises dans les médias au service de la droite, mais moins après Pigasse qui veut faire la même chose avec la gauche européiste et pro-business. 

Arnaud Montebourg : "Vous pouvez voter, c'est toujours pareil !" (ancien  ministre de l'économie)

Soyons clair les perspectives d’un changement véritable par la voie des urnes sont actuellement complètement bouchées. Aucun des candidats potentiels qui est crédité à plus de 5% n’est pour la sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, or rien ne changera concrètement sans que le pays ne retrouve sa souveraineté pleine et entière. Montebourg a raison de dire qu’aujourd’hui le clivage habituel gauche-droite ne veut plus rien dire et que personne ne peut sérieusement se reconnaitre dans ce que sont devenus les partis de gauche, de Mélenchon jusqu’à Glucksmann. Ce qui amène Le monde à engager une campagne contre lui pour tenter de démontrer qu’il serait passé au fascisme qui vient puisqu’il aurait pris langue avec Pierre-Edouard Stérin[4] ! Autrement dit discuter avec le banquier Pigasse ce serait très bien, mais avec le fortuné Pierre-Edouard Stérin, ce serait très mal !


[1] https://www.bfmtv.com/international/europe/ukraine/guerre-en-ukraine-francois-hollande-dupe-par-deux-humoristes-russes-dans-une-interview_AN-202304080253.html

[2] https://www.lemonde.fr/penurie-de-carburant/article/2026/04/25/carburant-macron-rassure-sur-l-absence-de-penurie-en-france-et-appelle-a-eviter-la-panique_6683255_6145475.html

[3] https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/la-capitulation-des-elites-face-a-lunion-de-la-droite-et-de-lextreme-droite-par-matthieu-pigasse-20260313_IQO5SWU2TBDL7AOEYH65CRFUQE/

[4] https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/04/25/arnaud-montebourg-associe-a-pierre-edouard-sterin-fache-avec-la-social-democratie_6683222_823448.html

Que se passe-t-il en Ukraine ?

En apparence pas grand-chose, les médias français nous disent que le front est figé et que les Russes n’arrivent à rien, la preuve ils aur...