vendredi 17 avril 2026

Les offensives du MEDEF contre le 1er mai les salariés

L'invention du 1er mai|Ciné-Archives 

La crapule politicienne n’en a jamais assez des turpitudes pour rogner les maigres avantages des salariés qui restent encore debout. L’idée loufoque d’un quarteron de combinards ces derniers temps consistent a essayé d’ôter le 1er mai des jours fériés et payés. En tête de ce petit gang on trouve l’improbable David Lisnard qui voudrait bien au nom de la liberté revenir à une sorte de droit du travail qui serait tellement réduit qu’il n’existerait plus. Parmi les imbéciles qui ont commencé cette offensive, on trouve bien entendu Bruno Retailleau, le maire de Cannes bien sûr, le patron du MEDEF, et aussi quelques macronistes comme Gabriel Attal. Cette canaille hors sol qui n’a jamais travaillé a avancé ces idées en disant que tout de même ce jour férié était terriblement pénalisant pour les consommateurs qui voulaient aller acheter leur pain, ou qui voulaient un brin de muguet pour fêter le 1er mai. Tout cela est un mensonge éhonté. Le 1er mai est férié depuis 1906. Et depuis cette date les Français n’ont jamais manqué de pain ni de muguet ! Le gouvernement s’est trouvé embarrassé par cette initiative. On a vu le crétin Serge Papin, ministre des petites et moyennes entreprises rétropédaler sous la pression des syndicats, disant qu’on pourrait faire travailler non pas des salariés, mais des étudiants ! Ça frise l’idiotie, car selon le droit du travail tu ne peux pas employer quelqu’un qui n’est pas déclaré à l’URSSAF comme salarié. Le stupide Lecornu a remballé sa loi moisie et avortée, en disant qu’il reviendrait plus tard sur cette question

 

Les Martyrs de Chicago - aux origines du 1er mai - Rebellyon.info

Répression patronale à Chicago au 1er mai 1896

 

Le 1er mai, jour de repos pour les travailleurs, est la conséquence de ce qu’on a appelé les pendus de Chicago en 1886. Ce sont les syndicats étatsuniens qui ont lancé en fait une grève le 1er mai 1884 pour tenter d’obtenir la journée de huit heures. La répression patronale et étatique fut d’une grande violence, et en 1886, elle aboutit à la pendaison de quatre anarchistes alors même qu’il n’existait aucune preuve de quoi que ce soit de leur implication dans les violences – mais ce sont les Etats-Unis, pays fourbe et sournois au niveau de ses élites. Et donc par la suite les syndicats du monde entier ont tenter de commémorer ce jour, jusqu’à obtenir que le 1er mai soit selon le mot de Jules Guesde un jour réserver pour la fête du travail. Cela n’a pas été de soi. En 1891 le 1er mai, en France, plus précisément à Fourmies, le patronat s’oppose au chômage des travailleurs le 1er mai et tente d’imposer sa loi en apposant dans tout la petite ville une affiche édictant leur loi. Le patronat fait appel évidemment à l’État qui envoie la troupe tirer par l’armée sur les travailleurs récalcitrants. Il y aura neuf morts au total, dont deux enfants l’un de 11 ans, et l’autre de 14 ans. Cet événement aura un retentissement dans toute la France. Finalement ces luttes ouvrières – des catholiques blancs et moches comme dirait l’idiot – aboutiront en 1906 à ce que le 1er mai soit férié en France, mais aussi dans de nombreux pays dans le monde.

 

Pourquoi l'armée ouvrit-elle le feu sur les ouvriers en 1891 à Fourmies ? -  JSS 

 

Les crétins de la droite rétrograde, en tête le semi-idiot David Lisnard, avancent depuis les débuts du XIXème siècle l’idée selon laquelle il faut travailler plus, donc globalement augmenter la durée du travail sous toutes ses formes : sur la semaine en éradiquant les 35 heures, sur l’année en rognant les jours fériés, et bien sûr sur la vie en repoussant l’âge de la retraite au-delà de l’espérance de vie. C’est exactement à cette idée que l’on reconnait un imbécile de droite. L’idée générale est qu’on est obligé de travailler plus pour faire face à la concurrence étrangère, et également pour rembourser la dette. Ce sont généralement des fainéants de politiciens corrompus qui se font les porte-paroles de ces idées qui sont le fond de commerce du patronat depuis des siècles. Pour éradiquer le 1er mai de la liste des jours fériés, on avance que la France serait un pays où on en a beaucoup trop, bien plus que dans les autres pays européens. C’est évidemment un mensonge éhonté. On donne ci-dessous une carte qui le démontre. Mais un imbécile comme David Lisnard qui voudrait bien croire à son destin de présidentiable confond le public cannois, fait principalement de vieux rentiers qui ne travaillent plus, avec l’ensemble de la France. Dans le même ordre d’idée on ce crétin d’Edouard Philippe qui n’a fait que des bêtises en tant que premier ministre, qui nous dit qu’il va nous imposer la retraite à 67 ans. Autant dire la retraite pour les morts. Les propagandistes du MEDEF ont dans le même temps sorti d’ailleurs un sondage selon lequel 52% des Français sont d’accord pour abaisser le montant des pensions de retraite afin de désendetter l’État[1].

 

 

Les attaques contre le 1er mai qui ont pour l’instant échoué s’inscrivent en réalité dans un plan plus global qui consiste à organiser une austérité générale, soit une[U1]  déflation des salaires. Le MEDEF tente de profiter d’une situation favorable – les syndicats français sont faibles, et la gauche à perdu la tête avec ses querelles intestines – pour accroitre la masse de ses profits encore un peu, alors qu’ils sont aujourd’hui au plus haut dans le partage de la valeur. Nous voyons cela dans le graphique suivant. Ce que nous voyons c’est que malgré la hausse de la productivité du travail ces quarante dernières années, les salaires ont relativement beaucoup baissé. Ce qui veut dire que le patronat a confisqué les gains de productivité du travail pour le capital et au détriment de la rémunération du travail. Il est probable qu’une grande partie des faillites d’entreprises soit d’ailleurs le résultat de la compression des salaires qui freine la consommation et donc la croissance.

 

Fiche 02 - La chute de la part des salaires dans la valeur ajoutée | CGT

La part des salaires dans la valeur ajoutée a beaucoup baisser depuis le début des années 80

 

On voit donc que cette attaque directe contre le 1er mai s’inscrit dans un plan plus large de destruction des acquis sociaux. Montrer aux gueux qui est le maître est la passion du MEDEF et de la canaille qui en porte le programme. Il faut démonter les mensonges répétés à longueur d’année par le gouvernement et le MEDEF. Non, les Français ne travaillent pas moins que les autres européens, ils sont même dans le haut du peloton. Mais en même temps il est bon de rappeler à cette bande d’imbéciles qui prétend nous gouverner l’histoire des luttes ouvrières qui ont conduit à une amélioration des conditions de travail. Il fut un temps, disons dans les années soixante-dix et quatre vingt où on nous disons que vaille que vaille le capitalisme améliorait finalement le sort des travailleurs : hausse des salaires, amélioration de la santé, abaissement des durées travaillées. Ce temps là est maintenant complètement révolu. Aidés par les directives européennes qui luttent contre les droits des travailleurs d’une manière permanente en diminuant l’accès aux soins, en allongeant les durées travaillées, en abaissant les salaires, les sociétés occidentales visent une grande régression pour le monde du travail, une manière pour le patronat de fabriquer encore un peu plus de milliardaires.

 

 

Finalement, devant la levée de boucliers des syndicats, Lecornu a retiré son texte et dit qu’il allait en proposer un autre qui spécifierait que les boulangers et les fleuristes, les artisans, pourraient employer des salariés le 1er mai, toutefois en les payant le double[2]. Cette défaite en rase campagne ne doit pas laisser croire que le MEDEF et ses valets ne reviendront pas encore et encore sur cette idée du « travailler plus ». Évidemment si les syndicats étaient plus forts, moins mous, cela ne se passerait pas. Mais pour l’instant ils sont comme le reste de la gauche complètement déphasés, plus préoccupés par des sujets sans queue ni tête – la Cause palestinienne, le départ des écrivains de la maison Grasset, ou encore les questions de genre et de la race – plutôt que par la défense des droits des travailleurs.



[1] https://actu.orange.fr/france/52-des-retraites-se-disent-favorables-a-baisser-leurs-pensions-pour-faire-baisser-la-dette-publique-magic-CNT000002oDM0k.html

[2] https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/04/17/sebastien-lecornu-annonce-que-les-boulangers-et-les-fleuristes-pouront-ouvrir-le-1er-mai_6680879_823448.html


 [U1]

mardi 14 avril 2026

Que penser des élections en Hongrie ?

Nous avons libéré la Hongrie" : le conservateur pro-européen Peter Magyar  détrône le nationaliste Viktor Orban avec une supermajorité des deux tiers

Péter Magyar célébrant son élection dimanche 12 avril 2026 à Budapest 

J’allais dire rien et en terminer avec mes réflexions sur la défaite de Orban. Mais en fait bien qu’on soit encore dans l’indétermination en ce qui concerne les intentions de Péter Magyar, quelques lignes de force apparaissent. Les Européistes se sont réjouis bien vite des résultats qui sont sans appel le parti de Magyar, Tisza, récolte en effet les deux tiers des sièges et gouvernera ainsi qu’il l’entend. Le journal Le monde, rédigé par des imbéciles à destination des idiots, présentait cette victoire comme une défaite de Poutine, et la chute d’un dictateur. Balayons tout de suite l’idée saugrenue selon laquelle Orban eut été un dictateur, cette antienne a été reprise d’ailleurs inconsidérément par des gens de gauche, un peu comme quand chez nous on raconte que Macron c’est mieux, bien mieux, que Le Pen et qu’on se décide pour le barrage. Si cette fable était vraie, il n’aurait pas organisé les élections – il aurait fait comme Zelensky, en trouvant un prétexte pour les repousser – ou alors comme l’a fait l’Union européenne en Roumanie, il en aurait annulé les résultats. L’imbécilité des européistes est de croire que Péter Magyar va changer radicalement de position envers la Russie. Il s’est exprimé sur ce point. Car les journalistes n’ont pas pensé que la Hongrie avait un intérêt direct à continuer à se fournir en énergie en Russie. Couper les ponts sur ce terrain avec la Russie amènerait directement la ruine de ce pays. Donc il a remercié la Russie de reconnaitre le gouvernement qu’il va former, il s’est prononcé contre une accélération de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, et proposé que l’Union européenne lève les sanctions contre la Russie dès la fin du conflit. Il a prévenu également qu’il ne tolérerait pas que d’autres États interviennent dans les affaires de la Hongrie sur quelque sujet que ce soit. Et bien entendu il a avancé qu’il discuterait de la question énergétique avec Poutine. 

Les partisans pro-européens du parti Tisza, opposé au Fidesz de Viktor Orban, célèbrent leur victoire, en face du Parlement, à Budapest, le 12 avril 2026.

Les partisans de Tisza célébrant leur victoire à Budapest 

Comme on le voit Poutine n’a pas trop à s’inquiéter du changement de gouvernement. Il faut comprendre qu’une partie des problèmes économiques que rencontraient la Hongrie ces derniers temps, notamment en matière d’inflation, était le résultat de la politique de la Commission européenne qui gelait les subventions à la Hongrie parce que ce pays était récalcitrant à appliquer les directives de Bruxelles en matière d’aide à l’Ukraine notamment. La Hongrie débloquera-t-elle le paquet de 90 milliards d’euros en faveur de la continuation de la guerre en Ukraine ? Rien n’est moins sûr. Quoi que les Hongrois pensent d’Orban et de Poutine, ils n’aiment pas les Ukrainiens qui ont maltraité la minorité hongroise dans leur pays fait de bric et de broc. Il est assez drpole de voir les journalistes français totalement prisonniers de leur imbécilité et de leur ignorance célébrer le retour de la Hongrie de l’Union européenne, alors qu’elle n’en est jamais sortie ! Mais si dans le temps la Commission européenne pouvait faire pression sur ce pays en gelant les subventions, cette ère est révolue parce que la Hongrie est maintenant – depuis 2025 – un contributeur net au budget européen[1]. Ce qui veut dire que Magyar arrive au pouvoir au moment même où l’Union européenne ne peut plus exercer un chantage financier sur la Hongrie comme elle en avait l’habitude en invoquant le fumeux argument de l’illibéralisme d’Orban. Péter Magyar venant du même parti qu’Orban, Fidesz, il n’y a guère de chance qu’il change de politique sur les questions de l’immigration et de la législation sur les mœurs. 

L’inflation en Hongrie 

Évidemment les Européistes l’ont soutenu parce qu’Orban était celui qui tenait le plus tête à la dictature de Bruxelles. Ils ont bloqué les fonds destinés à la Hongrie pendant des années, ce sont des milliards d’euros qui ont manqué à ce pays et donc qui ont provoqué une inflation galopante qui a exaspéré les Hongrois. Comme de nombreux pays d’Europe centrale, la Hongrie fait aussi face à une démographie déclinante, ce qui encourage les immigrationnistes européistes à demander avec insistance la levée des restrictions à l’immigration qu’Orban avait établies. Personne ne sait si Péter Magyar accédera à ces demandes. Mais vu les orientations générales de l’Europe en la matière, je dirais qu’il y a peu de chances, surtout que dans la plupart des pays d’Europe occidentale, l’immigration est un vrai problème pour la sécurité des personnes, et cela sera aggravé par la monté inexorable du chômage qui est une des conséquences de la pénurie d’énergie dans ces pays. 

Migrants : l'UE échoue à s'entendre sur les réfugiés - midilibre.fr

La Hongrie et l’immigration 

Plus problématiques est la position de Magyar concernant la possibilité pour un premier ministre de faire plus de deux mandats. Comme s’il craignait à court terme un retour d’Orban au pouvoir si les choses se passent mal pour lui. Après tout il n’a fait que 53% des voix à ces dernières élections, certes c’est beaucoup plus que la coalition emmenée par Orban qui n’arrive pas à 40%. Mais ce résultat peut se retourner très vite dans l’opinion si par exemple Magyar entraine la Hongrie dans un soutien à la guerre en Ukraine, ou si les résultats économiques ne sont pas rapidement là. Le programme économique de magyar qui sera ou non appliqué, est un programme très à droite, avec austérité, baisse des impôts et autres fantaisies. Rien ne dit que cela fonctionnerait. Les déceptions risquent d’être rapides. Si les fonds européens se débloquent rapidement il sera populaire, au moins pour un moment ! Il semble qu’il cédera sur la question du plan de l’aide de l’Union européenne à l’Ukraine pour 90 milliards d’euros, quoi qu’il ait précisé que la Hongrie elle-même n’y participera pas ! Pour donner une idée de la vilénie de la Commission européenne, les fonds bloqués destinés à la Hongrie sont d’environ 35 milliards d’euros pour un PIB de 218 milliards d’euros, soit 16% du PIB ! Sachant que le déficit budgétaire hongrois est de 7,5%, on comprend combien la pression de crapuleuse de la dictature de Bruxelles sur ce petit pays est importante, et combien elle a compté dans ces dernières élections, même si c’est indirectement. 

Élections en Hongrie : l'hégémonie de Viktor Orbán menacée par Péter Magyar  - Touteleurope.eu

Le Fidesz associait Péter Magyar et l’horrible von der Leyen dans sa campagne électorale 

Bien qu’on ne sache pas trop ce qu’il va faire, sur le plan économique c’est en apparence un néolibéral grand teint. Par exemple il est pour l’allongement de la durée du travail en 2018 il fait voter une loi qui permet de faire passer le nombre d’heures supplémentaires de 250 à 400 heures de plus par an. Il est pour une baisse des déficits publics, donc d’une diminution des dépenses étatiques, une baisse des impôts, ce genre de chose qui plait aux bureaucrates de Bruxelles.  Sur le plan des mœurs et de l’immigration Péter Magyar qui entre 2010 et 2024 était un soutien direct de la politique d’Orban en la matière, aura bien du mal à retourner complètement sa veste sur cette question.


[1] https://www.courrierinternational.com/article/cotisations-la-hongrie-contributrice-nette-de-l-union-europeenne-un-tournant-historique_238042

vendredi 10 avril 2026

La lourde défaite stratégique de Donald Trump

Les Iraniens célèbrent le cessez-le-feu sur la place centrale de Téhéran

 La première défaite de Trump est d’abord militaire c'est maintenant un habitude dont les Etats-Unis n'arrivent pas à se débarrasser malgré leur budget militaire de 1000 milliards de dollars. Malgré une puissance de feu terrifiante sur l’Iran et le dégâts matériels et humains, l’armée US n’a pas réussi à faire tomber le régime des mollahs. Non seulement celui-ci a tenu bon, mais il s’est clairement renforcé. Ce qui veut dire que dans cette guerre asymétrique, ce n’est plus seulement la puissance de feu, de la marine et de l’aviation qui compte, mais la structure défensive. Autrement dit pour gagner cette guerre impopulaire dans son pays, Trump devrait envoyer des troupes au sol en grande quantité, et pour une durée illimitée. L’étrangeté de cette situation est que ce sont les Iraniens qui ont été capables d’infliger une guerre d’attrition aux Etats-Unis. À l’annonce du cessez-le-feu, les Iraniens sont sortis en masse dans les rues de Téhéran pour célébrer leur victoire. C’est une victoire pour l’Iran dans la mesure où ce sont finalement les Etats-Unis qui ont été contraints de réclamer un cessez-le-feu. Malgré les mensonges extravagants de Trump, tout le monde a bien compris cela, même aux Etats-Unis où cette défaite va peser très lourd sur le parti républicain dans les mois à venir. Toutes les conditions de l’Iran ont été acceptées, y compris l’idée selon laquelle l’Iran mettrait un péage sur le détroit d’Ormuz, alors qu’avant la guerre le passage était libre. Péage dont il prétend cependant pouvoir profiter[1]. Mais les Iraniens ont annoncé que ce péage se ferait à leur convenance, avec un tarif variant selon le degré d’amitié du pays concerné. Ça tourne à la pantalonnade. Si ce système devait se mettre en place, ce serait un changement majeur pour les États-Unis, dont l'armée assurait la « liberté de navigation » sur les mers du monde depuis 1945, et surtout depuis la chute de l'URSS, contribuant à donner au pays une influence sans égale. Le tournant serait aussi considérable pour le Moyen-Orient et le reste du monde. On s’apercevrait alors que les Etats-Unis ne protègent rien ni personne. Ce droit de péage serait la preuve, le symbole, du fait que ce sont maintenant les Iraniens qui tiennent le manche dans la circulation du pétrole du détroit d’Ormuz. Il leur sera en effet facile de fermer à leur guise ce goulet d’étranglement. Le but des Iraniens n’est certainement pas de gagner de l’argent avec ce système de péage, mais d’obtenir pour lui-même une levée des sanctions sur son pétrole, et également de montrer aux autres pays du Golfe qu’ils ont un intérêt économique à long terme à s’affranchir de la tutelle des Etats-Unis et certainement de se rapprocher de Téhéran pour plus de sureté, malgré les différends. Il semble que la diplomatie chinoise s’applique à travailler dans ce sens. À très court terme la réouverture du détroit d’Ormuz est très problématique, peu de pétroliers l’ont franchi pour l’instant. Les Iraniens ont démontré dans cette nouvelle guerre déclenchée par les Etats-Unis qu’ils pouvaient résister sous les bombes, même au prix de lourds sacrifices. Il est inconcevable de croire que les Iraniens « aiment les bombes américaines » comme le claironne stupidement Donald Trump. 

La seconde défaite stratégique de Trump est la démonstration qu’il n’arrive plus à contrôler son allié principal dans la région : Israël en effet a décidé de continuer sa guerre au Liban. Sans doute pour porter des coups au Hezbollah que Nétanyahu avait pourtant annoncé comme pratiquement détruit à la suite de la guerre des 12 jours l’année dernière. Mais les Israéliens comme les Étatsuniens avaient également annoncé à la suite de cette guerre que le programme nucléaire iranien avait été quasiment anéanti. Or après l’acceptation d’un cessez-le-feu le 8 avril 2026, il semble que l’action militaire des Israéliens au Liban soit poursuivie essentiellement pour empêcher cette trêve, autrement dit Netanyahu veut la continuation de la guerre avec évidemment l’appui des Etats-Unis. En forçant la main à leur allié, ils veulent le pousser à aller beaucoup plus loin dans les destructions de l’Iran. La question que tout le monde se pose est de savoir si Trump et son gang auront les moyens d’imposer ce cessez-le-feu à Israël. En théorie ils l’ont, parce qu’Israël dépend militairement des fournitures de matériel étatsunien. Il suffit de couper les financements étatsuniens à ce pays pour le contraindre à en rabattre. Le premier ministre israélien semble vouloir pousser Téhéran à la faute, en lui imposant deux choix aussi mauvais l'un que l'autre : abandonner son allié libanais ou rompre de lui-même la trêve avec Washington. Mais ce calcul semble ne pas tenir compte des moyens militaires israélien et étatsuniens qui ont été largement entamés à la suite de cette guerre qui dure depuis le 28 février dernier. J. D. Vance interrogé sur le fait qu’Israël ne respectait pas le cessez-le-feu a botté en touche, en parlant de malentendu[2]. Les frappes sur le Liban du 9 avril 2026 ont été particulièrement meurtrières, elles auraient fait plus de 300 morts. Cela ne va pas accroître la popularité d’Israël dans le monde. Ce sabotage délibéré de Netanyahu pose de très nombreuses questions. La première est celle des capacités militaires israéliennes aussi bien sur le plan offensif que défensif. Beaucoup d’observateurs pensaient que celles-ci étaient très diminuées, même si elles ont été fortement entamées. On disait aussi que la guerre des 12 jours avait épuisé ses réserves, ce n’est manifestement pas le cas. La journée du 9 avril 2026 semble montrer que non. Il y a encore de la réserve. Il est bien entendu encore trop tôt pour savoir si cette provocation fonctionnera pour ranimer le conflit sur la question du détroit d’Ormuz. Personnellement je pense que non, les Etats-Unis ont maintenant trop à y perdre. Cette incapacité manifeste de Trump à contrôler son allié est très certainement la preuve d’un effondrement du leadership étatsunien. Que ce soit aux Iraniens ou aux Israéliens, Trump est incapable d’imposer quoi que ce soit, ce qui va certainement raviver la méfiance naturelle des États du Golfe vis-à-vis des Etats-Unis. A plus long terme il est à peu près certain que les liens privilégiés entre les Etats-Unis et Israël vont se distendre. Cette guerre est donc aussi un mauvais choix pour Netanyahu. Cependant, le 10 avril Israël annonçait entamer des négociations avec le Liban à partir du 13 avril[3], ce qui veut dire clairement que Netanyahu n’a plus le soutien des Etats-Unis dans son conflit au Liban, et que probablement il renoncera à annexer une partie du sud Liban, se contentant de créer une zone tampon de quelques kilomètres. Cette annonce était assortie des bouffonneries habituelles de Netanyahu sir « la paix par la force » afin de rassurer les ultras de sa coalition en voie d’explosion dans les semaines à venir. Car c’est là une dimension occultée : la fin de la guerre va replonger Israël dans ses divisions politiques. En tous les cas, c’est bien là le résultat immédiat, Israël ne peut faire la guerre, je veux dire une guerre offensive et non défensive, sans le soutien des Etats-Unis. Il semblerait que depuis la fin du mois de février, Israël ait gaspillé des munitions pourtant indispensables à sa défense comme l’a prouvé récemment la porosité du Dôme de fer. 

Un immeuble ciblé la veille par des frappes israéliennes, à Sidon, au sud de Beyrouth, le 9 avril 2026. (MAHMOUD ZAYYAT / AFP)

Sidon, au sud de Beyrouth, le 9 avril 2026 

La guerre déclenchée par les Etats-Unis contre l’Iran, avec Israël, va avoir des conséquences internes importantes pour Trump. Sa popularité s’est effondrée, on l’a dit et répété, et il semble bien que son parti perte la majorité au Congrès en novembre 2026, ce qui modifierait beaucoup de choses au niveau stratégique, notamment dans le soutien à Israël. Il est reproché également à Trump d’avoir dépensé des milliards de dollars pour une guerre qui n’a obtenu aucun résultat positif, bien au contraire. Cette guerre aurait déjà coûté directement entre 50 et 95 milliards de dollars, le Pentagone réclamant maintenant une rallonge de 200 autres milliards de dollars pour remettre l’armée à flot[4]. Ces chiffres sont incertains bien entendu, mais ils donnent déjà des ordres de grandeur du coût de ce désastre. Cette guerre fait on remarquer va coûter plus cher que le soutien de l’Ukraine depuis 2022 ! La Harvard Kennedy School avançait que la guerre coûtait au minimum – directement – deux milliards de dollars par jour[5]. Quoi qu’il en soit de l’exactitude de ces chiffres, il est certain que ces dépenses vont peser lourdement sur la dette étatsunienne. Lors de l'invasion de l'Irak par les États-Unis en 2003, la dette publique était inférieure à 4 000 milliards de dollars. Aujourd'hui, notre dette nationale totale s'élève à 31 000 milliards de dollars, en grande partie à cause des emprunts contractés pour l'Irak et l'Afghanistan. Or, tous les emprunts contractés ces 20 dernières années à des taux d'intérêt bas sont désormais remboursés aux taux d'intérêt élevés que nous subissons tous. Aujourd'hui, environ 15 % du budget national est consacré au seul paiement des intérêts. Cela va peser lourdement sur les obligations et faire grimper les taux d’intérêt qui eux-mêmes limiteront les capacités d’investissement productif de ce pays. Les conséquences économiques sont assez prévisibles, non seulement cela va relancer l’inflation, mais le dollar va être moins demandé et les dépenses de fonds pour les infrastructures du pays seront abaissées, affaiblissant encore un peu le pays et en le divisant toujours plus. 

Iran-USA : Négociations Cruciales pour le Nucléaire

Ce coût élevé de la guerre contre l’Iran est sans doute une des raisons qui feront que le cessez-le-feu tiendra. Les Étatsuniens sont lessivés par cette guerre ruineuse. Les Israéliens ne peuvent poursuivre seuls le conflit, et les Iraniens également ont été très touchés sur tous les plans. Relancer le conflit serait se lancer dans une aventure encore plus incertaine pour les trois principaux protagonistes. Les journalistes, ceux du Monde par exemple, sèment le doute sur l’avenir des négociations qui se tiennent au Pakistan entre l’Iran et les Etats-Unis. Mais ils oublient que les Etats-Unis ont déjà capitulé. Certes les Iraniens vont se méfier de la fourberie des Étatsuniens qui ont déclenché par deux fois un conflit en plein milieu des négociations, mais ils vont tenir compte du fait que ceux-ci n’ont plus les moyens pour un long moment de relancer la machine de guerre. On estime que les Etats-Unis en auront pour au moins 2 à cinq ans pour reconstituer leurs arsenaux, et que cela coutera au minimum 200 milliards de dollars, les prix de remplacement des missiles tirés et des radars détruits ayant considérablement augmentés ! C’est Vance qui conduira la délégation étatsunienne, c’est sans doute le moins fou de ce gang. En attendant, Netanyahu est convoqué au tribunal pour ses différents méfaits. « Avec la levée de l’état d’urgence et la reprise du fonctionnement du système judiciaire, les audiences reprennent leur cours », et la prochaine audience du premier ministre israélien « est fixée au dimanche » à 9 h 30 (8 h 30 à Paris), pour une audition avec la défense, a annoncé, jeudi, le tribunal de district de Jérusalem, dans un communiqué. Il faudra ensuite tenir compte du fait que les guerres ont complètement changé de formes, les porte-avions ne comptent guère, l’aviation un peu plus, mais par contre les missiles balistiques et les drones ont fait la démonstration de leur efficacité, ici comme en Ukraine. Dans cette guerre asymétrique, on s’est rendu compte aussi que les mensonges à répétition, c’est une technique de communication qui a des limites. Trump s’est ridiculisé par ses cris de victoire saugrenus.


[1] https://www.bfmtv.com/economie/international/c-est-une-excellente-chose-donald-trump-est-favorable-a-l-idee-d-un-peage-dans-le-detroit-d-ormuz-et-propose-de-le-gerer-sous-forme-de-coentreprise-avec-l-iran_AV-202604090546.html

[2] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/09/guerre-en-iran-un-cessez-le-feu-en-forme-de-debacle-strategique-pour-les-etats-unis_6678464_3210.html

[3] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/10/netanyahou-annonce-des-negociations-avec-le-liban-mais-prone-une-paix-par-la-force_6678848_3210.html

[4] https://www.latribune.fr/article/economie/international/23386625801236/200-milliards-de-dollars-le-cout-de-la-guerre-avec-l-iran-s-envole-pour-les-etats-unis

[5] https://www.hks.harvard.edu/faculty-research/policy-topics/international-relations-security/why-war-iran-so-expensive

mardi 7 avril 2026

La défaite des Etats-Unis qui se profile, est la défaite de l’Occident

Le président américain Donald Trump, lors d’une conférence de presse dans la salle James S. Brady de la Maison Blanche, à Washington, aux États-Unis, le 6 avril 2026. - KEVIN LAMARQUE/REUTERS

Le président américain, Donald Trump, lors de sa conférence de presse du 6 avril 2026 

Les conséquences de la guerre déclenchée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran sont difficiles à calculer précisément. D’abord il y a évidemment le coût humain pour lequel les Iraniens payent un prix élevé, et dans une moindre mesure les Libanais. Mais cela c’est le théâtre de la guerre. Cependant les dégâts de cette guerre bien mal calculée, vont se répercuter bien au-delà, sur le monde entier, et cela va contribuer sans doute à accélérer les mutations d’un monde jadis dominé par les Etats-Unis et l’Occident. En gros il y a deux types de conséquences, des conséquences économiques immédiates et des conséquences politiques à plus long terme. Tout part bien évidemment de la hausse du coût de l’énergie, du pétrole comme du gaz comme le montre le graphique ci-dessous. La première conséquence est à court terme une hausse drastique du pris de l’énergie dont l’effet se fait sentir déjà pour les ménages à la pompe, y compris aux Etats-Unis où pourtant cela ne manque pas. Cette hausse du prix du carburant va réduire les possibilités consommatrices des ménages dans le monde entier et engendrer une inflation générale des coûts de production. On prévoit une inflation de 2% en 2026 en Occident, mais cela pourrait être bien pire[1]. Or à la différence d’une inflation par les salaires qui booste la consommation des ménages et donc l’activité, une inflation qui provient de la hausse des coûts des matières premières est comme un impôt sur la consommation et sur la production. Ainsi la hausse du coût de l’énergie va peser dans les années à venir – disons à l’horizon de 5 ans – sur l’industrie, même s’il y a une cessation des actions militaires dans la région par exemple d’ici la mi-mai. Les dégâts matériels sont considérables. Au Qatar par exemple on avance qu’il faudra entre 2 et 5 ans pour remettre la production de gaz au niveau où elle se trouvait avant la guerre. La compagnie énergétique publique du Qatar a ainsi fait état à la mi-mars d'incendies et de nouveaux « dommages considérables » sur le complexe gazier de Ras Laffan, après de nouvelles attaques de missiles à l'aube sur ce site majeur de production de gaz naturel liquéfié (GNL). Selon la télévision d'État iranienne, Israël avait auparavant frappé avec les États-Unis le site de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par l'Iran et le Qatar[2]. Les médias dominats nous disent que le pétrole et le gaz provenant des États du Golfe ne représentent que 20% de l’offre mondiale, certes, mais si ces 20% manquent on s’installe dans la pénurie parce qu’on n’a pas les moyens de la remplacer à court terme, même en libérant totalement l’offre pétrolière qui viendrait du Venezuela. 

Cette hausse des prix va entretenir aussi bien l’inflation des coûts qu’une dépression économique marquée, notamment en Europe par un effondrement de la consommation. Toutes les perspectives de croissance sont d’ores et déjà révisées à la baisse pour tous les pays occidentaux. L’Allemagne sera le pays européen le plus marqué par cette dépression, le PIB va baisser alors que les prix augmenteront, on ne sait pas encore très précisément dans quelles proportions. Un des fleurons de l’industrie allemande BASF a commencé déjà à déménager en Chine !! Ce qui veut dire, moins d’emplois sur le territoire allemand. En France également la croissance prévue sera révisée à la baisse, ce qui va obliger le gouvernement – mais y’en a-t-il un dans ce pays ? – de réviser ses prévisions budgétaires qui ont été bâties sur une croissance de 1% pour l’année 2026. Au mieux nous serons à 0%. Si les conséquences de cette guerre en Iran sur la croissance économique de la France sont moins marquées qu’en Allemagne cela tient au fait que l’Allemagne est un pays plus industrialisé que la France. Or l’industrie a besoin d’énergie, du gaz comme du pétrole. Il y a chez nous cependant un élément à considérer : l’essence à la pompe est taxée à 75%, c’est unique en Europe ! Donc cette hausse des prix des carburants pourrait être une aubaine pour le gouvernement. Sauf que les ménages vont également réclamer que l’État baisse les taxes, ce qui a été fait par exemple en Italie et en Espagne. Plus la guerre durera et plus l’Occident et particulièrement l’Europe va payer le coût indirect de cette guerre sur le plan économique. Tous les secteurs seront touchés, le tourisme, le transport aérien. Le blocage durable du détroit d’Ormuz, suivi du blocage du détroit de Bab el-Mandeb par les Houthis, mettrait à genoux l’économie mondiale et plus particulièrement l’économie occidentale. C’est la grande leçon de la guerre qui révèle sa fragilité et qui conforte la position de ses ennemis qui, avec assez peu de moyens peuvent la paralyser. En cherchant l’épreuve de force, Trump n’a fait que révéler la faiblesse structurelle de l’Occident, ce qui va certainement encourager ses ennemis à continuer. Les Houthis menacent également de détruire le pipeline qui relie Bahreïn et l’Arabie saoudite à la Mer Rouge. C’est peut-être la conséquence la plus terrible de cette guerre. Dans le même temps les États du Golfe voient sous leurs yeux que les bases étatsuniennes installées chez eux ne les protègent pas, bien au contraire elles en font des cibles. Au-delà de la question pourtant cruciale des prix des carburants, il y en a eu encore plus cruciale, c’est celle d’une pénurie absolue de carburant, en effet, en France la ministre porte-parole du gouvernement a déclaré qu’environ 18% des stations-service avaient déjà une pénurie dans au moins un des carburants vendus[3]. Il n’y a aucune raison qu’à court terme cela s’arrange, même si l’armée étatsunienne qui a créé le chaos arrivait à rouvrir le détroit d’Ormuz. Le blocage du détroit d’Ormuz a mis l’accent sur un autre phénomène souligné par Jacques Sapir : en rallongeant les circuits de distribution, la pénurie de méthaniers et de pétroliers devient flagrante pour approvisionner l’Occident[4]. Pour ces bateaux, il vaut mieux en effet travailler avec les Russes qui en manquent et les Chinois dans un environnement sûr que de risquer la mort a transporter du pétrole et du gaz en provenant des pays du Golfe. 

Après Ormuz, le blocage d'un autre détroit stratégique pourrait secouer  l'économie mondiale - La DH/Les Sports+ 

Soyons clairs ce n’est pas parce qu’on condamne la guerre déclenchée par la coalition israélo-étatsunienne qu’on est pour autant un défenseur des mollahs qui ont mise en effet un régime politique mortifère en Iran. Les fanfaronnades quotidiennes de Trump sur la puissance de son armée sont seulement la démonstration de la faiblesse des Etats-Unis. Cette faiblesse est démontrée et renforce évidemment l’Iran qui prend de plus en plus confiance dans ses capacités défensives contre les prétentions israélo-étatsuniennes. L’image de marque des Etats-Unis qui était déjà bien dégradée avant le retour de Trump à la tête du pays en a pris un vieux coup. Celle d’Israël empêtré dans les errements des ultras du gouvernement de Netanyahu, n’en parlons pas, d’autant qu’au même moment, le parlement votait stupidement une loi rétablissant la peine de mort pour les terroristes palestiniens[5]. Cette loi qui n’aura aucun effet sur les terroristes islamistes qui aspirent au rôle de martyre, n’a qu’un résultat, renforcer l’image répressive du gouvernement israélien actuel et diviser un peu plus la société. Mais cette guerre inconsidérée et mal préparée ferait presque passer les mollahs pour des gentils. C’est là un paradoxe intéressant, alors que les mollahs depuis quarante années menacent de destruction Israël, c’est Israël et les Etats-Unis qui passent clairement pour les agresseurs. 

États-Unis : le chef d'état-major de l'armée de terre est démis de ses  fonctions Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a demandé au  chef d'état-major de l'armée de terre, le

L’État-major de l’armée étatsunienne décapité 

Oublions l’abrutissement de Donald Trump qui injurie tout le monde et menace l’Iran de le raser. Il a dit d’ailleurs que contre l’Iran il n’y avait pas de crime contre l’humanité, vu que les Iraniens étaient des animaux ! Bonjour l’élégance diplomatique. Comme prévu le soulèvement des Iraniens contre les mollahs n’a pas eu lieu, et on se demande encore comment les Étatsuniens et les Israéliens pouvaient croire à une telle issue après les émeutes de janvier dernier. Raser l’Iran c’est possible bien sûr, mais ce serait déclencher l’apocalypse, car il faudrait user de la bombe nucléaire. C’est une issue qui fait peur, sachant combien Trump est stupide, et d’autant que son secrétaire de la défense, Pete Hegseth, vient de réaliser une purge considérable dans l’armée étatsunienne, purge certainement pour empêcher que les hauts gradés continuent à critiquer cette guerre que les Etats-Unis ne peuvent pas gagner autrement qu’en rasant l’Iran. Il a limogé le jeudi 2 avril, trois généraux de l’armée, dont le chef d’état-major de l’armée de terre, Randy A. George, le commandant général du Commandement de la transformation et de la formation de l’armée, David Hodne, et le chef des aumôniers de l’armée, William Green Jr. Il faut y ajouter aussi le lieutenant-général Jeffrey Kruse qui aurait produit un rapport sir l’Iran qui a beaucoup déplu à Trump et son gang qui ont du mal à regarder la réalité en face[6]. Depuis sa nomination à la tête du Pentagone en janvier 2025, le furieux Pete Hegseth a limogé ou demandé à au moins 17 hauts gradés de l’armée de démissionner — sans fournir de raison[7]. Ces limogeages à répétition, surtout en plein guerre est la preuve indirecte que l’action folle de Trump est contestée au plus haut niveau du Pentagone, mais également qu’elle n’obtient pas les résultats escomptés. Les Iraniens ont d’ailleurs ironisé sur cette décapitation de la tête du serpent ! Parallèlement, alors que les Etats-Unis avaient donné un ultimatum aux Iraniens jusqu’au 8 avril pour libérer le détroit d’Ormuz, les Israéliens ont commencé de bombarder l’Île de Kharg dès le 7 avril. Comme s’ils voulaient absolument obliger les Etats-Unis à s’enliser dans cette aventure. Ce qui laisse entendre que les objectifs d’Israël et des Etats-Unis dans cette guerre sont divergents. 

Le grand gagnant de cette guerre mal pensée, tout le monde le comprend maintenant, y compris les journalistes du journal Le monde, est sans conteste la Russie qui devient le pivot de la croissance du bloc Russie-Asie. Déjà on prévoit que la Russie va passer d’un déficit budgétaire de 3,6% en 2025 à un excédent d’au moins 2% et peut-être plus. Cette nouvelle guerre étatsunienne renforce par ailleurs les relations entre la Chine et la Russie, la Chine qui fait du profit en revendant du gaz et du pétrole au Japon son ennemi préféré. Dans le même temps la Corée du Sud a fait savoir qu’elle était très mécontente que les Etats-Unis aient récupéré des soldats et des armement installés sur son sol pour continuer sa guerre avec Téhéran. En réalité tout cela renforce l’axe Russie-Chine comme le seul axe de stabilité dans le monde et donc par suite, les pays du Golfe sont se tourner de plus en plus vers ces deux pays pour retrouver un peu de calme et continuer à faire des affaires. C’est déjà pratiquement le cas de l’Arabie saoudite. Ce qui veut dire que les Etats-Unis perdraient en conséquence leur domination sur ces pays pétroliers et gaziers. Depuis quelques semaines les Européens commencent à parler de se rabibocher avec Poutine qui leur a proposé du gaz et du pétrole[8]. Mais bien sûr il y a des contreparties, notamment aider la Russie à terminer la guerre en Ukraine en forçant Zelensky à s’effacer par exemple en arrêtant de le financer pour qu’il continue sa guerre sans espoir. C’est un peu l’histoire des bourgeois de Calais ! Entre temps, en septembre 2025 les Russes et les Chinois avaient acté la construction colossale conjointe d’un nouveau pipeline, Power of Siberia 2, un gazoduc de 7000 kilomètres, qui pour un coût de 12 milliards de dollars serait le projet le plus puissant du monde dans ce domaine. La stupidité des Européens saute cruellement aux yeux, croyant priver la Russie de ressources financières pour l’empêcher de financer la guerre en Ukraine, ils se sont tirer une balle dans le pied, la Russie n’ayant aucun mal à vendre son gaz ailleurs. En décembre dernier, Ursula von der Leyen qui est bien plus idiote qu’on ne croit, pérorait en disant qu’en 2027, l’Europe serait en mesure de se passer totalement du gaz russe[9] ! C’est bien, mais pour le remplacer par quoi aujourd’hui ? Certains illuminés du journal Le monde pensent qu’il faut accélérer la transition énergétique. Or cette transition non seulement demande beaucoup de moyens financiers que l’Europe n’a pas, mais elle demande aussi beaucoup de temps, Que fait on entre temps ? En outre toutes les énergies ne sont pas substituables. Il est par exemple impossible de substituer de l’énergie d’origine nucléaire ou provenant des éoliennes au pétrole et au gaz, sachant que ces deux dernières formes interviennent comme on l’a dit dans de nombreux secteurs industriels, comme le plastique ou les engrais et globalement dans la chimie. 

En 2021 la Russie assurait 45% de l’approvisionnement en gaz de l’Europe 

C’est là qu’on trouve une autre dimension stratégique à cette guerre, cette pénurie d’énergie pour les Européens n’a que deux solutions. Soit on refait ami-ami avec les Russes à l’échelle de l’Union européenne, mais alors on sacrifie le clown de Kiev et son gang, soit c’est l’Union européenne elle-même qui éclate. Les nations ne peuvent pas se laisser mourir comme ça. Plusieurs pays européens préféreront se fâcher avec Bruxelles que de se priver de gaz. On voit mal la Hongrie, la Slovénie et la Serbie se passer de l’énergie russe. Mais d’autres pays ont commencé à critiquer ouvertement ce suicide assisté de l’économie européenne, au premier rang desquels on trouve la Belgique – un des membres fondateurs de l’Europe institutionnelle – ce petit pays qui avait déjà critiqué très fortement et empêcher le vol programmé des avoirs russes placés sous sa conservation. L’alternative risque d’être assez simple si l’Union européenne maintient la ligne idiote de von der Leyen et Kaja Kallas : soit on sort de l’Europe, soit en crève. Cette soi-disant volonté d’indépendance de l’Europe face au gaz russe est en outre d’une grande hypocrisie : la France par exemple a augmenté ses achats de gaz russe en 2024, mais en rachetant ce gaz aux Indiens qui en font commerce et qui au passage prélèvent leur dîme. Les Français ont acheté ce gaz aussi beaucoup plus cher parce qu’il s’agit du GNL, et donc la liquéfaction est une procédure qui augmente les coûts. Entre 2023 et 2024 on estime que la France accru son approvisionnement en gaz russe de 81%[10]. Dans ces conditions on voit mal comment notre pays pourrait passer du jour au lendemain à se passer de ce gaz. L’Italie qui est très dépendante au gaz pour son économie, va devoir se tourner elle aussi vers la Russie puisque le gaz des pays du Golfe va continuer à être distribuer d’une manière plus aléatoire. Il y a encore quelques mois Meloni bouffonnait en avançant que l’Italie allait se passer complètement du gaz russe, mais elle n’avait pas anticipé les effets d’une guerre dans les pays du Golfe ! Aujourd’hui elle apparait très réservée sur la poursuite des sanctions envers la Russie – il est vrai que l’opinion en Italie penche fortement vers Moscou depuis très longtemps. En Allemagne également de larges secteurs de l’opinion, notamment le patronat, penchent aussi pour une levée des sanctions, pour réparer les Nord Stream, même si Ursula von der Leyen a avancé bien imprudemment que ces deux gazoducs seraient définitivement condamnés. C’est une partie des raisons qui font que l’AfD et BSW, les partis souverainistes de droite et de gauche qui ont commencé à se parler, volent de succès en succès, au point que certains envisagent même d’interdire l’AfD si par malheur ce parti gagnait les élections[11] ! Interdire un parti au nom de la démocratie pour ce qu’il pourrait peut-être faire, c’est un sacré précédent !

Répartition de l’extraction et du raffinage des terres rares en 2024 

Ce que nous comprenons maintenant c’est qu’en déclenchant cette guerre stupide les Etats-Unis ont démontré essentiellement leur vulnérabilité et renforce l’entente entre la Russie et la Chine. Il y a encore quelques mois on daubait sur cette entente, disant que la Chine avalerait forcément la Russie, mais la réalité est complexe, les Chinois ont besoin de la Russie, tout autant que l’inverse. Il apparait aujourd’hui que la position étatsunienne est intenable. Le coût de la guerre en Iran est déjà estimé à 50 milliards de dollars, et c’est loin d’être terminé, mais es arsenaux sont vides. Comme on l’a dit il faudra aux Etats-Unis entre 2 et 5 ans pour reconstituer leurs stocks de missiles, or la production de ces engins de mort dépend des terres rares chinoises qui sont aujourd’hui sous embargo. Les Etats-Unis possèdent bien des terres rares, mais leur traitement se fait en Chine ! Certes les Etats-Unis pourront se mettre au raffinage, mais cela demande de l’argent et du temps, sans parler de la formation des compétences en la matière. Dans ces conditions on se demande bien ce que cela veut bien pouvoir dire que Trump réclame au Congrès un budget militaire de 1500 milliards de dollars ! Soit une hausse de 50%. Notez que le budget militaire de la Russie s’élève à 250 milliards de dollars environ, et qu’en 2026 ce pays dégagera probablement un excédent budgétaire de 2 ou 3%, tandis que les Etats-Unis devraient réaliser un déficit budgétaire de 7 à 8%. Le FMI exhorte les Etats-Unis à réduire leur déficit, alors qu’un vote d’une hausse radicale du budget militaire accroitrait encore ce déficit !! En attendant, le dollar voit sa valeur s’effriter face à l’euro ! 

Le dernier point est évidemment que les Etats-Unis qu’ils le veuillent ou non n’ont plus les moyens de soutenir l’Ukraine dans sa croisade contre la Russie. Cela devrait donner à réfléchir aux Européens qui n’ont pas les moyens de compenser cette défaillance. Comme on le dit donner de l’argent encore faut-il transformer cette manne financière en moyens militaires et on est loin du compte. Tout milite pour que rapidement la guerre en Ukraine se termine au plus vite, ce qui sera de toute façon une victoire pour la Russie et une défaite pour les Européens qui stupidement ont suivi les Etats-Unis dans cette aventure ! Le lundi 7 avril 2026, Trump annonçait qu’il allait détruire l’Iran, bombarder les ponts et les distributions d’énergie, menaçant l’apocalypse, disant qu’il s’en moquait de massacrer femmes et enfants, mais, comme je le pensais, le 8 au matin, il annonçait un cessait le feu et l’ouverture de négociations. On se demande si ce garçon est sérieux ! Des milliers d’Iraniens avaient formé des chaines humaines pour protéger les ponts et les installations électriques, montrant ainsi que si les Iraniens ne sont certainement pas tous favorables aux mollahs, ils sont dans la réprobation des frappes étatsuniennes sur leur pays, contrairement à ce que Trump disait : « Les Iraniens aiment nos bombes ! » Ces négociations annoncées par Trump semblent montrer qu’il a décidé de sortir de ce piège, il va dire certainement qu’il a gagné et se retirera. Mais personne ne sera dupe, il aura perdu la guerre. Bien entendu il a dit à l’Agence France-Presse (AFP) que les Etats-Unis avaient remporté une « victoire totale et complète » en concluant un accord de cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran.

🇮🇷🔥🇺🇸 Des Iraniens ont formé une chaîne humaine pour protéger les  infrastructures clés suite à l'ultimatum de destruction annoncée par Donald  Trump., Ultimatum qui arrive à expiration à minuit GMT ce ...

Des chaines humaines se sont formées en Iran pour protéger les ponts le 7 avril 2026



[1] https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/03/24/plus-d-inflation-et-moins-de-croissance-en-france-pour-le-premier-semestre-selon-l-insee_6674099_3234.html

[2] https://www.france24.com/fr/%C3%A9missions/info-%C3%A9co/20260406-quelles-cons%C3%A9quences-apr%C3%A8s-le-bombardement-de-south-pars-plus-grand-site-p%C3%A9trochimique-d-iran

[3] https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/04/07/un-quart-des-stations-service-en-rupture-de-stock-d-au-moins-un-carburant-apres-le-week-end-de-paques_6677854_3244.html

[4] https://www.youtube.com/watch?v=6OCElHMzZnA&t=3s

[5] https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/04/02/peine-de-mort-pour-les-palestiniens-accuses-de-meurtre-terroriste-une-nouvelle-etape-dans-la-derive-du-gouvernement-netanyahou_6676090_3232.html

[6] https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20250823-etats-unis-le-chef-du-renseignement-militaire-renvoy%C3%A9-apr%C3%A8s-un-rapport-sur-l-iran

[7] https://www.courrierinternational.com/article/etats-unis-pete-hegseth-limoge-le-chef-d-etat-major-de-l-armee-de-terre-et-se-met-des-officiers-a-dos_242571

[8] https://www.bfmtv.com/economie/international/nous-sommes-prets-a-travailler-avec-les-europeens-grand-vainqueur-de-la-guerre-en-iran-poutine-se-dit-pret-a-fournir-du-petrole-a-l-europe-si-elle-en-fait-la-demande_AV-202603090705.html

[9] https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/03/l-union-europeenne-trouve-un-accord-pour-interdire-toute-importation-de-gaz-russe-d-ici-a-l-automne-2027_6655819_3210.html

[10] https://www.touteleurope.eu/environnement/fact-checking-l-union-europeenne-est-elle-toujours-dependante-des-energies-fossiles-russes/#:~:text=La%20France%2C%20elle%2C%20est%20en,d'acheter%20du%20GNL%20russe.

[11] https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/06/21/la-question-de-l-interdiction-de-l-afd-divise-l-allemagne_6615053_823448.html

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