lundi 3 août 2026

Arrêté d’expulsion de Xenia Fedorova

Médias. Xenia Fedorova, chroniqueuse prorusse sur CNews et Europe 1, visée  par un arrêté d'expulsion

La crapule politicarde s’est félicitée de l’expulsion de réclamée par le ministère de l’intérieur de Xenia Fedorova qui en même temps voit ses fonds gelés en France pour six mois. Les journaux, les politiciens, tous ces fainéants qui n’ont qu’une conscience restreinte de ce qu’ils sont ont été presqu’unanimes. Le monde, journal pro-guerre et russophobe, y est allé dans son édition du 31 juillet de deux articles séparas. L’un d’une grande page dans son entier justifiant à La fois la délation comme aux beaux temps de l’Occupation et l’autre, un éditorial probablement écrit par l’infâme Sylvie Kaufmann qui nous dit « qu’il était temps ». le premier long article avance deux arguments, le premier serait qu’elle ne serait pas une journaliste, mais plutôt une propagandiste qui reprend les arguments de Poutine pour justifier la guerre en Ukraine[1]. Un enfant de 4 ans comprend que ce raisonnement n’a aucune consistance, en effet, les journalistes du Monde sont des propagandistes de l’OTAN et de l’Union européenne, et pourtant on ne les expulse pas !! Par les temps qui courent oser distinguer les journalistes des propagandistes relève de la farce, il faut avoir un pied à coulisse pour mesurer la distance. La faute de Xenia Fedorova serait aggravée du fait qu’elle interviendrait dans la « Bollosphère ». or quand il s’agit de liberté d’expression, selon l’article 1er de la Charte des Nations unies, non seulement on ne peut pas arrêter une idée à la frontière, et invoquer le fait qu’une personne soit étrangère pour en censurer les idées, mais en outre la définition de la propagande ne compte absolument pas. Le ridicule journal Sud-Ouest a même pondu un éditorial jeudi 30 juillet pour nous expliquer que la liberté d’expression c’était contraire à la démocratie ! 

Xenia Fedorova menacée d'expulsion : "Bons baisers de Paris"

L’hypocrite ministre de l’intérieur qui ne sait pas quoi faire pour maitriser les feux invoque à propos de Xenia Fedorova une vague possibilité de « trouble de l’ordre public », comme si cette journaliste allait soulever les foules françaises pour renverser Macron ! L’ahuri Jean-Noël Barrot a ajouté qu’il n’y avait pas de censure puisque Xenia Fedorova pouvait toujours développer ses idées chez elle, à condition que cela ne soit pas dans l’espace public Français ! « Chacun est libre de sa ligne éditoriale, mais ouvrir à cette dame ses plateaux et ses colonnes, c'est tout simplement servir la soupe de Vladimir Poutine » avait dit Jean-Noël Barrot. L’alignement de la classe politique est spectaculaire, le Rassemblement national qu’on n’arrive plus guère à distinguer dans ses positions de la droite ordinaire, affairiste, européiste et cosmopolite, y est allé de son laïus, le député Julien Odoul affirmant que l’expulsion était justifiée, alors que son parti a bénéficié pendant de longues années d’une aide financière directe de la Russie ! Comme Mélenchon, ces gens-là sont prêts à changer d’idée comme ça, du jour au lendemain, seulement parce qu’ils pensent que cela leur rapportera peut-être des voix. Mais ils se trompent les électeurs du RN sont majoritairement pour la Russie dans le conflit qui l’oppose à l’Ukraine et à l’OTAN. 

🇫🇷🇷🇺 La France ordonne une mesure d'expulsion à l'encontre de Xenia  Fedorova : « Une bonne décision » selon @JulienOdoul, député et  porte-parole du RN, 🗣️ « Tous les Français étaient tétanisés à ...

Cette forme de fascisme rampant n’a pas d’équivalent dans l’histoire, même au temps de la Guerre froide, les journalistes russes avaient pignon sur rue et on pouvait acheter la Pravda. C’est au fond une forme de guerre hybride que l’Union européenne et ses valets français mènent contre la Russie. Dans quel but ? On ne le sait pas trop. Comme un canard sans tête l’Union européenne poursuit ses idées de contrôler la pensée et donc d’interdire tout ce qui irait à l’encontre de son narratif selon lequel il faudrait prendre les devants en s’armant jusqu’aux dents afin de contrecarrer une possible entrée en guerre de la Russie contre nous. Or que dit d’autre Xenia Fedorova, simplement que la Russie n’a jamais eu l’intension de faire la guerre à l’Union européenne, et qu’elle est intervenue dans le Donbass pour soutenir les séparatistes russophiles. C’est une position ordinaire qu’on trouve un peu partout dans le monde occidental, mais l’Union européenne ne veut pas qu’elle soit visible, c’est pourquoi elle censure à tour de bras. Il y a quelques mois c’était Jacques Baud, puis Xavier Moraud qu’on privait de visa et d’accès à leurs comptes en banque sans autre forme de procès, simplement parce qu’ils seraient des relais de la propagande russe. Ce qui est très vague. Mais le fond de l’affaire est qu’il ne faut pas que l’idée selon laquelle la Russie aurait répondu à une agression larvée de l’OTAN à ses frontières puisse apparaître et prendre forme justement au moment où tout va mal en Ukraine et sur le front de la guerre pour le camp atlantiste. Libération qui vient de limoger Jean Quatremer pour avoir enfreint le narratif dominant sur la question d’un supposé génocide palestinien, reprend sans surprise les idées de Macron sur le fait que Xenia Fedorova serait une propagandiste et non une journaliste[2] ! Tout journaliste qui n’est pas dans la ligne dominante, est un propagandiste, et tout propagandiste qui est dans la ligne atlantiste est un journaliste, voilà ce que nous disent les tenants du système qu’ils soient journalistes ou politiciens. 

Le paradoxe est qu’à force de censurer ceci et cela, c’est Bolloré et son groupe qui apparaissent maintenant comme les défenseurs de la liberté d’expression face à la meute. Xenia Fedorova a engagé une procédure pour éviter son expulsion. On verra bien si la justice macronienne incapable d’expulser plus d’un sur dix des OQTF arrivera à expulser la journaliste russe. Tout converge aujourd’hui pour contrôler ce que pensent et ce que font les Européens, le but est double, caché ce que cette bureaucratie infâme prépare en secret, et d’autre part convaincre qu’elle protège ses citoyens de la contamination d’idées venues d’ailleurs pour leur bien. On suppose que les Européens ne sont pas capables de séparer le vrai du faux, et donc qu’on doit les mettre à l’abri d’une influence mauvaise. On se trouve dans une situation un peu semblable à celle qu’on a connue au temps du Maccarthisme, on chasse les dissidents de la pensée, y compris en inventant des idées qu’ils n’ont pas, avant on les désignaient comme communistes, aujourd’hui on les traite seulement d’agents de Poutine, mais la cible reste la même, la Russie est l’ennemi séculaire !


On s'est amusé à faire la liste des intervenants pro-ukrainiens sur BFMTV et LCI. C'est une véritable colonisation qui nous fait remarquer que la France est instrumentalisée, sans débat, sans consensus dans la classe politique, par l'Ukraine. Toutes ces femmes ainsi citées devraient en toute logique être expulsées. L'inverse signifie que Macron et son gang nous ont placé malgré nous dans le statut de cobelligérants. 


[1]https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/30/xenia-fedorova-visee-par-un-arrete-d-expulsion-une-salutaire-clarification_6736842_3232.html 

[2] https://www.liberation.fr/politique/elections/expulsion-de-xenia-fedorova-face-aux-ingerences-lexecutif-durcit-le-ton-20260730_KUG7HFGWBFCYZF2UX3EVM7PANQ/

samedi 1 août 2026

L’envahissement de Ceuta par des pseudo-migrants marocains

Des dizaines de milliers de migrants africains, on parle de 80 000, ont enfoncé la pseudo-frontière entre le Maroc et la ville de Ceuta, petite enclave espagnole au sud du détroit de Gibraltar. Cela a alimenté les rumeurs les plus diverses, souvent même très fausses. Tout de suite on a présenté cela comme la conséquence de la décision inconséquente de Pedro Sanchez de naturaliser des centaines de milliers d’immigrants. Ceuta, qu’on le veuille ou non, ne se trouve pas en Europe, mais bien en Afrique. Et donc il y a bien de la marge avant que ces migrants n’arrivent jusqu’en Europe. Au bout d’une journée de confusion, on apprenait que la très grande majorité des migrants était retournée dans le territoire marocain qui se trouve exactement à 5 minutes à la nage. Les images sont spectaculaires et vont sans doute alimenter les politiques anti-migrants qui laborieusement se mettent en place dans toute l’Europe depuis quelques mois. Meloni en a profité pour faire oublier qu’elle était la responsable du plus grand nombre d’arrivées des migrants africains en Italie, en avançant qu’elle demandait le retrait de son pays des accords de Schengen avec l’Espagne. C’est un coup de publicité gratuit – attitude typique des politiciens occidentaux impuissants – qui n’a pas beaucoup de sens si on regarde où se situe l’Italie par rapport à Ceuta. Les atermoiements de Macron qui prétend aller défendre la frontière de Ceuta, alors que la France n’a même pas les moyens de combattre les feux sur son territoire sont totalement dérisoires. 

Maroc : 550 migrants empêchés de rejoindre l'enclave espagnole de Ceuta -  InfoMigrants

Quelles sont les raisons de cette invasion ? Certains complotistes ont voulu y voir une action du gouvernement marocain pour punir l’Espagne d’avoir une position antisémite et pro-palestinienne – ce qui est maintenant exactement la même chose. Ils s’appuient sur le fait que le Maroc a été un des premiers pays arabo-musulmans à signer les accords d’Abraham qui visaient à normaliser les relations avec Israël. C’est complétement idiot. En fait le Maroc et l’Espagne ont un vieux contentieux à la fois sur les enclaves espagnoles au Maroc, Ceuta, Melilla, enclaves que le Maroc voudrait bien récupérer, mais aussi sur la question du Sahara occidental. L’envahissement des migrants d’une petite ville qui contient un petit peu plus de 80 000 habitants, soit autant que de migrants ayant transgressé la frontière le 30 et le 31 juillet, en vérité n’aurait pas pu se faire sans la complicité des autorités marocaines. Au moins sur ce point tout le monde est d’accord. Bien entendu la première victime de cette fantaisie sera Pedro Sanchez qui est déjà sur la sellette à cause des scandales auxquels il est mêlé ainsi que sa femme. Ses jours à la tête du gouvernement sont comptés. On aura remarqué que beaucoup de ces migrants franchissant la frontière d’avec Ceuta étaient des noirs, c’est-à-dire que le Maroc a tenté aussi d’exporter un surplus de migrants stockés sur son territoire et que les Marocains ne supportent plus et auxquels ils donnent souvent la chasse. Cette action aurait fait au moins 34 morts[1], certains ont avancé aussi le chiffre de 57. L’autre caractéristique de ce mouvement est la jeunesse de ces migrants, des gosses de moins de quinze ans assez souvent, ce qui semble vouloir dire que cela n’était pas sérieux et a été instrumentalisé par les autorités marocaines. On voyait d’ailleurs sur les vidéos que les migrants étaient partis sans rien, la main devant, la main derrière, ce qui n’est pas le cas quand ils veulent immigrer réellement. 

Des personnes contournent la digue de Tarajal afin d'entrer illégalement dans l'enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc, le 31 juillet 2026

Cet envahissement programmé aura une autre incidence, c’est de miner un peu plus la position des mondialistes sans frontières, qu’ils soient de gauche ou de droite d’ailleurs. En effet, il vient que les frontières sont un élément de la souveraineté d’une nation, et que si elles existent, c’est pour décider souverainement de qui peut entrer ou non sur notre territoire. Nous ne sommes plus en 2015 quand dans l’euphorie des hordes envahissant l’Europe Merkel affirmait que des millions d’immigrés c’était très bon pour l’Europe et l’économie ! La plupart des pays européens prennent, dans le désordre, des mesures restrictives vis-à-vis de l’immigration africaine, afghane et moyen orientale, même les pays qui semblaient les plus ouverts comme la Suède ou le Danemark. Les Polonais ont construit un mur avec la Biélorussie pour empêcher des migrants afghans ou pakistanais d’accéder à leur pays, ils en sont même venus à tirer sur ceux qui essayaient de franchir la frontière illégalement, et tout ça sans que la Commission européenne ne bronche. Il faut noter que les Polonais où le gouvernement de Donald Tusk va tomber assez rapidement pour ses trop fortes accointances avec la Commission européenne, la politique des Polonais de restrictions à l’entrée est également tournée contre l’Ukraine et elle prétend en renvoyer le plus grand nombre. 

Des soldats polonais montent la garde près de la clôture frontalière à la frontière polono-biélorusse, à Krynki, en Pologne, le 31 août 2025.

Des soldats polonais montent la garde près de la clôture frontalière à la frontière polono-biélorusse, à Krynki, en Pologne, le 31 août 2025 

De nombreux pays stockent des migrants volontairement pour ensuite en faire un motif de chantage envers l’Europe pour la faire payer, c’est le cas de la Turquie, de la Libye, de la Tunisie et maintenant du Maroc, et cela avec la complicité des ONG qui soutiennent les migrations vers l’Europe et qui en vivent, mais aussi des passeurs qui travaillent avec eux. On voit que cette crise a quelque chose à voir avec le fait qu’en Europe l’État national souverain se délite et qu’on a laissé ce grave problème de viol des frontières à l’appréciation langoureuse de la bureaucratie bruxelloise qui cherche désespérément à tenir bon sur la ligne de la mondialisation heureuse et qui cherche surtout à ce qu’il n’y ait pas de vagues, préférant payer le prix de ce racket. Il n’y a que deux positions philosophiques concevables, soit on est pour un monde sans frontières, en espérant que cela se passe bien au bout du compte, soit on est pour le maintien de la forme nationale et on défend ses frontières. On ne peut pas rester le cul entre deux chaises trop longtemps. La première posture est rejetée par l’opinion publique des pays européens, et peu à peu c’est la seconde position qui redevient la norme.



[1] https://www.leparisien.fr/international/espagne/60-000-migrants-34-morts-une-decision-de-justice-espagnole-cinq-minutes-pour-comprendre-ce-qui-se-passe-a-ceuta-31-07-2026-WJRKQ27RTNERVFKZICSVFZ4MQI.php

jeudi 30 juillet 2026

Disparition de Raoul Vaneigem

Toutes les photos de l'auteur Raoul Vaneigem 

C’était la dernière figure vraiment marquante de l’Internationale situationniste qui vient de disparaitre. Après Mai 68, son livre, Traité de savoir vivre à l’usage des jeunes générations, qui avait été édité discrètement se vendit comme des petits pains. À tel point que beaucoup croyaient que l’IS était une organisation dirigée – si on peut dire – par Guy Debord et Raoul Vaneigem de façon conjointe. L’autre ouvrage majeur de l’IS, La société du spectacle de Guy Debord, moins flamboyant et plus ardu se vendait beaucoup moins bien. Vaneigem venait d’un milieu prolétarien, son père était un cheminot, tandis que Guy Debord venait au contraire d’un milieu grand-bourgeois, une partie de sa jeunesse se passa à Cannes. Enseignant de profession, il avait suivi un cursus scolaire assez ordinaire, avec des élans vers les marges de la littérature, Lautréamont, Rimbaud, les surréalistes, toutes ces choses qu’on lisaient à la fin des années soixante. Après sa démission de l’IS, avant que celle-ci ne se dissolve, il n’y restait plus que Debord et Sanguinetti[1]. Assez péniblement après cette rupture, Vaneigem se donna comme but d’écrire beaucoup, beaucoup trop certainement. Sa prose virait aux diatribes anarchistes ordinaires d’antan, sans plus rien apporter de nouveau. Il se fit le chantre des utopies, de l’amour libre – tarte à la crème de l’époque – mais aussi d’une sorte de révolution pacifique, sombrant avant la lettre dans le wokisme de circonstance[2]. Il fut également un militant de la cause athéiste, un critique de la religion catholique, souvent avec des extravagances qui ne tenaient pas assez compte à mon sens justement de l’effacement programmée de celle-ci dans la vie sociale[3] 

L'écrivain belge Raoul Vaneigem, figure du mouvement libertaire, est mort -  Yahoo! Actualités

Au cœur de sa vocation de « théoricien de la révolution », il y avait sa rencontre avec Debord en 1961, via Henri Lefebvre que tous les deux connaissaient. Au débit ce fut une sorte de lune de miel, Debord croyait avoir trouvé un alter ego, quelqu’un à sa hauteur. Mais les relations entre les deux hommes se refroidirent assez vite, aussi bien parce qu’ils se faisaient de l’ombre que parce que Debord se rendait compte des limites intellectuelles de Vaneigem. Vaneigem regrettait les exclusions, une certaine forme de violence verbale – plus que réelle – prônant un individualisme responsable qui devrait finalement emporter le capitalisme[4]. Du temps de l’IS, il a contribué clairement à l’évolution de ce petit groupe vers la lutte de classe et l’abandon de la lutte sur le terrain du monde de l’art. bardé d’un marxisme de tendance hégélienne, il était plus encore que Debord, un ennemi du stalinisme, bien qu’il se soit senti proche des surréalistes belges qui eux aux contraires assumaient un marxisme orthodoxe. L’Internationale situationniste finalement ne compta pas beaucoup sur le plan pratique, son influence sur le mouvement de Mai 68 a été inexistante, par contre, une fois le soufflet retombé ce fut son analyse des événements qui devient dominante[5]. 

Situationistische Internationale. Raoul Vaneigem In Dialoog Met Gérard  Berréby. Niets Heeft Een Eind, Alles Een Begin. | Libertaire orde

Sa spécialité si je puis dire, ce fut l’idée de la révolution de la vie quotidienne. La filiation avec Henri Lefebvre en la matière est assez évidente. A l’inverse de Guy Debord qui peut toujours se lire aujourd’hui avec profit et qui savait s’exprimer avec une grande économie de moyens, il avait un style plus flamboyant, misant sur le slogan, sur la bande dessinée, avec des formules choc, du type «Vivre sans temps, mort, jouir sans entrave», « Nous ne voulons pas d’un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui », un peu niais, tant il croyait à l'avènement d'une société d'abondance ou « ceux qui parlent de révolution et de lutte de classes sans se référer explicitement à la vie quotidienne, sans comprendre ce qu'il y a de subversif dans l'amour et de positif dans le refus des contraintes, ceux-là ont dans la bouche un cadavre ». Cependant, si cela peut faire son effet sur l’instant, ça ne tient guère la distance, et se découvre manquant de finesse. De toute son abondante production littéraire on retiendra surtout son livre d’entretiens avec Gérard Berréby déjà cité ci-dessus, ouvrage qui éclaire assez précisément les illusions et les limites des petits groupes d’avant-garde qui ont proliféré à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix.


[1] La véritable scission dans l'internationale. Circulaire publique de l'Internationale Situationniste, Champ Libre, 1972. 

[2] Nous qui désirons sans fin, Le Cherche Midi, 1996.

[3] La Résistance au christianisme. Les hérésies des origines au XVIIIe siècle, Fayard, 1993 et et De l'inhumanité de la religion, Denoël, 2000.

[4] Gerard Berréby et Raoul Vaneigem, Rien n’est fini, tout commence, Allia, 2014.

[5] Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations, Gallimard, 1968

mardi 28 juillet 2026

La France brûle, le gouvernement aux abonnés absents

 Peut être une image de carte, feu et texte qui dit ’LILLE ROUEN UXEMBOURG PARIS RENNES ORLÉANS ORL NANTES NANTES DIJON FEUX EN FRANCE 24 JUILLET 2026 LYON BORDEAUX SUISSE .TOULOUSE MARSEILLE’

 

Les médias dominants se sont abreuvés d’images et de commentaires tous plus catastrophiques les uns que les autres. Il est vrai que ces incendies du mois de juillet 2026 ont quelque chose d’inédit. D’abord ce n’est plus seulement dans le Sud que la forêt brûle, mais dans toute la France, la forêt de Fontainebleau a largement payé son tribut. 115 000 hectares ont été parcourus par les flammes à la date du 27 juillet ! C’est énorme et jamais vu. Des dizaines de milliers de personnes, 110 000, ont été évacuées en Gironde, ce qui veut dire que la plupart ont tout perdu. Les fumées toxiques se répandent à des kilomètres à la ronde, les animaux sauvages meurent par milliers. Tout cela a été vu et revu. C’est la pire catastrophe que la France ait connue depuis des années. Le feu a transformé le paysage en une sorte d’image de la guerre, des pans entiers de la France ressemblent aux résultats d’après un bombardement sévère. On ne fera le compte des dégâts plus tard, au moment où j’écris le feu est encore actif, en Gironde bien sûr où se trouvent les foyers les plus importants, mais aussi dans le Var, du côté de Cotignac. 

Fontainebleau, Gironde, Pyrénées-Orientales, Landes, Var... Quel est le  premier bilan des incendies de l'été ?

Les pompiers ont dû s’adapter aux manques de moyens 

Le premier point à remarquer est que les pompiers se battent avec des moyens dérisoires. Ils sont complètement dépassés. Pas assez d’hommes, pas assez de bombardiers d’eau. Certes une telle période caniculaire était très difficile à anticiper, aussi bien dans sa généralisation que dans sa durée, et le fait que ce phénomène s’étende à l’Espagne, à l’Italie et à l’Allemagne ne saurait nous consoler de nos misères. On répète à l’envie que c’est la conséquence de du réchauffement climatique, mais cela fait des années qu’on sait qu’on est dans une séquence ultra-longue de réchauffement, et les médias comme les politiciens ont communiqué sur ce thème pendant des années. Cependant les Français ont compris que le gouvernement macronien, conduit plus ou moins par un ectoplasme, avait une lourde part de responsabilité. Que fait le gouvernement pendant que la France brûle ? Il passe son temps à rogner les remboursements de la Sécurité sociale ! La hausse du ticket modérateur et le doublement des franchises ont été actés pour se mettre en conformité avec les directives de Bruxelles, avec le but d’emmerder un peu plus les français les plus pauvres. L’idée stupide est de faire en sorte que de plus en plus de charges de la Sécurité sociale soient prises en compte par les mutuelles, ce transfert de charges est évalué à i,4 milliards d’euros pour 2027. On voit bien que le but de cette manœuvre est non pas de redresser les comptes publics, mais de privatiser la Sécurité sociale[1]. Or ces soi-disant mesures d’économie sont très loin de couvrir les frais supplémentaires auxquels la France va devoir faire face pour réparer un peu les dégâts des incendies. Mais quoi qu’il en soit, il ressort de cette fantaisie que le gouvernement est incapable de dire quelles sont ses priorités dans une période très difficile. On aura eu droit à cet imbécile de Macron venu en Gironde faire semblant de maitriser quelque chose, avec des déclarations du genre « on ne lâche rien », alors que ça fait longtemps qu’il ne maitrise plus rien. 

Manifestation des pompiers en 2019 

Ces déclarations imbéciles, minutieusement relayées par des journalistes tout aussi imbéciles, n’empêcheront pas les Français d’avoir leur opinion sur cette question, même s’ils ont la mémoire courte. Il a été rappelé avec insistance que les pompiers manifestent depuis des années contre le manque de moyens nécessaires pour assurer leurs missions, mais on sait aussi que le pouvoir macronien, notamment avec Édouard Philippe leur a envoyé la milice pour leur casser la gueule, cette milice toujours prête à commettre les pires forfaits pourvu que le pouvoir le lui demande. On se souvient que c’est le médiocre Attal – dont le sort est réglé pour 2027 – qui a annulé les crédits dévolus à l’achat de Canadair. Mieux que cela, nous avons appris à cause de ces feux ravageurs que la France possédait une entreprise de production de bombardiers d’eau[2] à laquelle non seulement le gouvernement français n’achète rien, mais qui fait son chiffre avec les Etats-Unis, le prix est moins élevé que pour les Canadairs, et son efficacité est semble-t-il meilleure. Passons, on sait aussi qu’en Espagne qui fait face aussi à de graves difficultés pour maitriser ses incendies, des hélicoptères destinés à combattre les feux n’ont pas décollés parce qu’ils sont de marque russe et que la bureaucratie bruxelloise, toute occupée à penser à sanctionner, l’interdit ! 

A Temple (Gironde), le 27 juillet 2026. - BENJAMIN CARROT/ENCRAGE POUR « LE MONDE »

A Temple (Gironde), le 27 juillet 2026 

Les imbéciles ont mis en avant la soi-disant solidarité européenne en rappelant que la France avait fait appel à l’aide des autres pays. Le monde a appelé à renforcer l’Union européenne comme si c’était la solution miracle[3]. Mais quelles que soient les bonnes intentions de cette démarche, elle se heurte directement au fait que les autres pays européens sont aussi dans la difficulté au même moment que la France. Une rumeur circulait ces derniers jours sur le fait que la Russie aurait proposé son aide à la France pour maitriser les incendies. Simple rumeur ? Quoi qu’il en soit les Français ne croient plus du tout que ce désastre ressorte de la catastrophe naturelle, d’abord parce que les feux se répètent et s’amplifient l’été depuis des années, ensuite parce que le gouvernement n’a pas tenu compte du sous-équipement des pompiers et de l’inadaptation des moyens pourtant dénoncée régulièrement depuis au moins 15 ans. Le gouvernement de Biscornu se voit reproché aussi bien sa tardive réactivité à la catastrophe que le manque de moyens. Quand le très incompétent Attal supprime d’un trait de plume 540 millions d’euros pour l’achat des Canadair au nom des économies réclamées par Bruxelles, il oublie de dire que la France donne en 2026 20 milliards d’euros net à la Commission européenne, qu’elle a donné sans parler des sommes données par la Commission européenne au moins 20 milliards d’euros, qu’elle a également augmenter le budget militaire de 6,5 milliards d’euros pour attaquer un ennemi imaginaire, la Russie, en 2030. La comparaison de ces sommes donne à réfléchir. Le gang macronien avance qu’en armant l’Ukraine on œuvre pour la sécurité des Français et pour la paix, mais les feux qu’on connait avec une intensité inégalée, mettent les Français directement dans l’insécurité, on n’a pas besoin d’attendre que les Russes nous envahissent pour le comprendre. Jamais depuis le Maréchal Pétain un gouvernement avait été aussi médiocre. Macron aura échoué exactement dans tous les domaines et sa malédiction risque de retomber sur la tête de ceux qui comme Philippe ou Attal prétendent à lui succéder.

Le Porge (33),Gironde  le 25 juillet 2026. Autour du village, le feu a ravage de nombreuses habitations lors de son passage.

A Porge le 27 juillet 2026 

Il est bien trop tôt pour faire le compte du coût global de ces incendies. Il y a les destructions, les remboursements des biens détruits, il y aura probablement des morts, mais aussi le coût énorme de la pollution. Tout cela d’une manière ou d’une autre va encore plus dégrader les comptes publics, et il est très probable que Biscornu viendra nous dire qu’il faut réduire les dépenses ! On comprend que la méthode qui consiste à réduire les dépenses de santé, d’éducation ou d’infrastructures pour revenir vers une dette plus soutenable, est une méthode qui conduit et amplifie les effets des catastrophes. Le gouvernement arbitre en faveur de l’Ukraine et de la Commission européenne, au détriment des Français dont le pays ressemble de plus en plus à un pays du tiers monde. Ces feux immenses et incontrôlés sont comme un symbole du passage de Macron à la tête du pays.



[1] https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/07/24/le-gouvernement-precise-sa-feuille-de-route-d-economies-pour-la-sante-ciblant-les-medicaments-les-soins-dentaires-et-les-transports-sanitaires_6731538_3224.html?srsltid=AfmBOopOSN1bn4dUH5knFU5WW5eig6pkTr1WJGsgaiy2A8f33eOUvdKj

[2] Conjointement Multiplast et Positive Aviation

[3] https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/27/incendies-une-indispensable-reponse-nationale-et-europeenne_6733977_3232.html

vendredi 24 juillet 2026

Nouvelles offensives contre les retraités

La question des retraites et de leur financement va être au centre de la campagne présidentielle, c’est assez facile de le prévoir. Avec d’un côté la droite et l’extrême centre unis pour augmenter la durée de vie au travail, Edouard Philippe et Attal qui n’ont jamais travaillé préconisent i=un départ à la retraite à 67 ans, mais certains aimeraient aller plus loin, comme au Danemark, jusqu’à 70 ans, peu importe si cela augmentera la mortalité des salariés les plus âgés, après tout, on est en train de voter une loi pour le suicide assisté. Selon Fondapol, un think tank qui se dit progressiste, libérale et européiste, la légalisation de cette pratique permettrait de baisser d’1,4 milliard d’euros les dépenses annuelles de santé[1].  Et de l’autre côté ceux qui pensent qu’on peut faire une retraite à 62 ans ou même à 60 ans, comme par exemple la CGT[2].

Pour tenter de mettre de l’ordre dans cette querelle, il existe un Comité d’experts de suivi des retraites et celui-ci préconise sans surprise deux pistes : geler l’indexation des retraites sur l’inflation – donc à abaisser le pouvoir d’achat des retraités – et bien entendu allonger la durée de la vie de travail donc retarder l’âge de départ à la retraite[3]. Ces « recommandations » qui sont semblables à ce que demande la Commission européenne sont faites sur la base de la projection de ce que sera notre économie entre 2027 et 2045 ! Pour bien comprendre ce débat, il faut se souvenir de deux choses, d’abord que ce comité de suivi est présidé par un macronien de choc Franck Von Lennep qui fut aussi conseiller de Fantômas quand celui-ci était Premier ministre. Les autres experts sont tous issus de la même sphère politique néo-libérale. Malgré cela Le monde nous parle du CSR – Comité de Suivi des Retraites – comme d’une officine indépendante ! Ça ne manque pas de sel. Le deuxième point est que pour faire des projections à l’horizon de 2045 il faut avoir un culot monstre. En effet on ne sait pas du tout ce que sera l’économie française d’ici à 2030, et donc encore moins ce que pourra être le déficit des caisses de retraites. Tout dépendra de la croissance économique et par exemple de la fin ou non des guerres engagées par l’Occident global en Ukraine et en Iran. Le déficit global des caisses de retraites est aujourd’hui d’environ 4,5 milliards d’euros pour l’année 2026. Or à l’heure actuelle le gouvernement Biscornu a fait augmenter le budget de la défense de 6,7 milliards d’euros pour l’année 2026 pour nous prémunir de l’attaque d’un ennemi imaginaire. Autrement dit on choisit donner de l’argent pour la guerre qu’on dit préparer contre la Russie pour 2030, désignée comme un ennemi éternel, que pour subvenir aux besoins des anciens qui ont pourtant cotisé pour cette même retraite pendant des décennies. Je pourrais ajouter qu’on donne environ 20 milliards d’euros pour le budget européen et encore 5 milliards par an au gang de Zelensky pour continuer à chatouiller les Russes et nous priver du gaz russe. On voit donc qu’en refusant la surenchère guerrière et en sortant de l’Union européenne, on pourrait économiser facilement une trentaine de milliards, ce qui couvrirait largement le déficit de ces mêmes caisses de retraite. 

Fiche 02 - La chute de la part des salaires dans la valeur ajoutée | CGT

Part des salaires dans de la valeur ajoutée 

Il faut comprendre que la question du financement des dépenses sociales est un problème de vases communicants. C’est-à-dire du partage de la richesse entre les salaires directs et indirects – c’est-à-dire les cotisations sociales qui servent principalement à financer la santé et les retraites. Dans le graphique ci-dessus, nous voyons que depuis le fameux tournant de 1983, quand les socialistes ont décidé de renier leurs engagements électoraux pour se ranger à la doxa néolibérale, la part des salaires a beaucoup baissée. Quand le point le plus bas est atteint, en 1997, tout le monde, y compris l’OCDE, convient que cette part des salaires trop basse plombe la consommation et l’économie dans son ensemble. Lionel Jospin sera élu à ce moment là et mènera une politique qui engendrera une meilleure répartition de la valeur ajoutée en faveur des salariés. Cette part repartira à la baisse avec l’élection malencontreuse d’Emmanuel Macron, marionnette des Etats-Unis et de l’Union européenne, et François Hollande ne fera strictement rien pour corriger ce déséquilibre. Les cotisations sociales qui couvrent les dépensent de santé et de retraite, sont proportionnées aux salaires versés. Donc on peut mécaniquement augmenter les recettes de la Sécurité sociale soit en augmentant les cotisations sociales, soit en augmentant les salaires, par exemple en augmentant le SMIC. La canaille macronienne, par exemple Fantômas et Attal, vous dira qu’on ne peut pas augmenter les salaires et le pourcentage des cotisations sociales parce que cela nous empêchera d’être concurrentiel sur les marchés extérieurs. 

Défendre le pouvoir d'achat par la baisse des cotisations sociales ? Une  imposture | Le Club

Cet argument ne tient pas debout puisque depuis 1990 les cotisations patronales ont été allégées, et encore plus depuis que Macron a été ministre de l’économie, sans que cela ait d’effet sur notre commerce extérieur qui s’est dégradé tellement que cela a ruiné complètement notre industrie. Autrement dit on a allégé les cotisations sociales pour rester concurrentiels, mais cela n’a pas fonctionné. Au contraire plus on a abaissé les cotisations sociales patronales, et plus le déficit commercial s’est creusé. En vérité c’était la mauvaise méthode pour retrouver de la compétitivité. Il aurait fallu ne pas rentrer dans l’euro. C’est comme vous pouvez le voir sur le graphique suivant que tout est parti à vau l’eau. En effet cette entrée dans la monnaie unique, très mal négociée par l’incompétent Dominique Strauss-Kahn, équivalait de fait à une réévaluation du franc et à une dévaluation du mark. Cette asymétrie voulu par les Allemands et stupidement acceptée par les Français qui militaient pour construire un capitalisme financier débarrassé de l’industrie, a permis à l’Allemagne de prendre des parts de marché et d’entrainer la ruine de notre industrie. Mais les élites patronales et politicardes, nourries de théories économiques étatsuniennes qu’on enseigne à l’ENA ou à Sciences Po, préfèrent laisser croire que notre manque de compétitivité qui a tué notre industrie – avec la vente de nos meilleures entreprises aux Etats-Unis comme l’a fait massivement Macron et la crapule Kohler – que c’était le salarié et ses exigences salariales qui étaient responsables de la déconfiture de notre économie. C’est une façon de désigner le coupable – quand ce n’est pas le salarié qui est trop cher, c’est le retraité – qui est mensongère et paresseuse. Mais les faits sont têtus et montrent clairement que c’est bien à partir de l’entrée de la France dans l’euro que notre commerce extérieur s’est écroulé, laissant la place aux produits industriels allemands ou venant des pays de l’Est de l’Europe où ces mêmes Allemands avaient beaucoup investi. 

Solde du commerce extérieur de la France depuis 1985 

Pendant que les salariés s’appauvrissaient régulièrement la fortune des plus riches augmentait tout aussi régulièrement et de manière extravagante comme nous pouvons le voir dans le graphique suivant. Cela n’a rien à voir avec le talent ou l’esprit d’entreprise, mais c’est plutôt la conséquence de l’abaissement des cotisations sociales et à la baisse des impôts sur les entreprises et sur les revenus des plus riches. C’est le résultat d’une politique budgétaire délibérée de transferts de richesses du secteur public vers le secteur privé, cette fameuse théorie du ruissellement qui datait du XVIIIème siècle et que le sinistre Macron avait tenté de nous remettre au goût du jour il y a maintenant une douzaine d’années. Dans un rapport d’Oxfam, on montrait qu’en 2017, les 1% les plus riches avaient confisqué pour leur profit 82% des gains de croissance[4]. Les salariés ne profitant pas de la hausse régulière de la productivité du travail. La richesse des milliardaires se construit sur l’appauvrissement des salariés, et cela est d’autant plus flagrant que la croissance est faible, voire comme aujourd’hui inexistante. L’Insee constatait dans une étude récente que la pauvreté avait augmenté fortement en France, on était en 2024 à 9,8 millions de pauvres, soit 15,4% de la population, et encore ce ne sont là que les chiffres de 2024. Il est probable qu’en 2026 ce sera encore un petit peu plus avec notamment la hausse du chômage. Pour ne pas voir le lien avec l’extrême richesse, la richesse démente et stérilisée aux mains des milliardaires, il faut être soit idiot, soit une canaille. Il en ressort que les inégalités augmentent rapidement dans notre pays. 

Toutes ces sommes – impôts, cotisations sociales – qui ont été détournées par la classe politique au profit du patronat et des très riches, ce sont les sommes qui manquent ensuite pour financer les services publics, l’éducation, la santé, et qui manquent aussi pour financer les retraites. Or les recommandations présentées par la canaille du CSR visent directement à appauvrir encore un peu plus les retraités, mais aussi à les tuer à petit feu puisque l’allongement de la durée de vie de travail ne peut pas être compatible avec une amélioration de la santé. Les canicules à répétition contre lesquelles le gouvernement fantôme de Biscornu n’a aucun plan, même pas une idée pour en atténuer les effets[5], engendrent une surmortalité chez les personnes âgées, les retraites qui coûtent si cher, mais le fait que les hôpitaux soient maintenant privés de moyens et de médecin, accentuent cette disparition des plus âgés, et ce d’autant plus qu’ils sont pauvres et ne peuvent pas se payer une climatisation ou des soins apropriés. Je veux bien que les membres du CSR soient des imbéciles et des ignorants, mais il est certain qu’ils ont compris que la baisse des pensions de retraite amènera forcément un recul de l’espérance de vie. Cette espérance de vie est déjà en recul aux Etats-Unis[6], mais elle stagne maintenant en France[7]. Il faut bien se rendre compte que si l’espérance de vie a augmenté plus ou moins régulièrement depuis disons deux siècles, c’est parce que, entre autres choses, la durée du travail comme celle de la vie active, a bien diminué et que les revenus des plus pauvres avaient augmenté. Mais cette espérance de vie qui semblait jusqu’à une date récente augmenter régulièrement était présentée comme une grande réussite du système de l’économie de marché. Or si celle-ci repart en arrière, on ne voit plus très bien quels seraient les côtés positifs du capitalisme. Dans ce contexte on comprend mieux pourquoi la Commission européenne veut diminuer le poids des retraites, éliminer les vieux inactifs sur le marché, c’est faire de la place pour des travailleurs plus jeunes et moins chers qui viendraient d’Afrique par exemple et qui financeraient les retraites de ceux qui ne seraient pas encore morts, c’est-à-dire des plus riches ! 

 

Si je regarde les graphiques ci-dessus je constate que sur le long terme la croissance économique est orientée à la baisse, et le double quinquennat de Macron n’a rien arrangé. C’est encore pire depuis 2022, quand on s’est coupé volontairement des sources d’énergie russes au nom d’une idéologie imbécile. Or c’est au nom de la nécessité de relancer la croissance économique en France qu’on a massacré les retraites, comme les salaires et quelques autres avantages sociaux. L’idée qui a été vendue est que cela permettrait de désendetter l’État et que cela reconstituerait les marges de profits qui se transformeraient en investissements productifs. Or nous voyons que ce plan a été défaillant, n’a pas produit les résultats escomptés, malgré toute la propagande que les économistes comme Philippe Aghion ou Jean Pisani-Ferry, ont déployée. En toute bonne logique ceux qui, politiciens ou économistes, ont soutenu ce genre d’idée, devraient soit faire repentance, soit se taire. Mais comme l’ont montré les Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, sans honte, ils continuent à vendre leur soupe aigre, alors qu’on sait au moins depuis les années 1815-1820 que ces idées sont erronées[8]. Confrontée à l’idéologie l’expérience ne semble servir à rien pour les économistes de salon et les politiciens. Il fallait voir Hollande pérorer à ces mêmes Rencontres, alors qu’il a tout raté durant son misérable quinquennat. Il leur faudra une catastrophe encore plus grande pour qu’enfin ils cessent de dire n’importe quoi avec un aplomb qui dépasse l’entendement. 

$!Le plan d’épargne retraite, un produit d’avenir pour la France

Situation des PER en 2023 

Évidemment derrière ces fantaisies il y a une autre idée, faire monter les fonds de pension dans le financement des retraites. En France on n’appelle pas ça des fonds de pension, parce que ce vocabulaire a mauvaise presse, mais des PER – Plan d’épargne retraite. Comme on le voit ci-dessus, les encours des PER se montaient à 73 milliards d’euros, aujourd’hui ils seraient à 136 milliards d’euros, à force de faire planer la peur sur l’avenir des retraites ces fonds ont fini par gonfler. Le rendement moyen des PER se situerait à 2,5%, soit 3,4 milliards d’euros par an[9]. C’est très peu, surtout si on tient compte de l’inflation et si on les compare aux 420 milliards d’euros qui sont payés en 2025 pour les pensions de retraites. C’est seulement le rendement de ces PER qui est distribué. Et c’est peu encore si considère que sur environ 17,5 millions de retraités seulement 6,5 détiennent un PER. L’idée générale est de se servir de l’épargne des Français pour investir soit dans des obligations, soit dans des actions, supposant qu’on va ainsi diriger des fonds vers des investissements productifs et que le rendement de ces investissements va financer au moins pour partie les retraites. Les défauts de ce système sont bien connus. En cas d’effondrement des valeurs en bourses les retraites ne sont plus financées. C’est ce qui s’est passé aux Etats-Unis sous Reagan, les caisses d’épargne n’assuraient plus les montants des fonds placés au-delà de 1% de leur valeur au début des années quatre-vingts. C’était la conséquence des déréglementation voulues par Reagan. Cela a entraîné des faillites en chaîne, et il fallu que l’État vienne à la rescousse en faisant de la dette[10] ! Le même scénario s’est rejoué en mineur en avril 2025, consécutivement aux décisions idiotes de Donald Trump qui lui aussi contre toute vraisemblance disait faire confiance au marché[11]. Il y a cependant un autre défaut dans ce type de financement puisqu’en effet, pour financer sa retraite de cette façon il faut avoir de l’épargne, or avec un taux de pauvreté aussi élevé que celui que nous connaissons – 15,4% officiellement – il est exclu que tout le monde puisse accéder à ce type de financement, ce qui naturellement contribuera, s’il est étendu à accroitre encore un peu plus les inégalités entre les classes.   

Au moment où va s’ouvrir un débat sur les programmes économiques et sociaux des uns et des autres, ces rappels sont nécessaires et obligatoires dans la mesure où la plupart d’entre nous ne comprend pas que le financement de la retraite est une question de répartition donc de choix politique. Même Emmanuel Todd qui a un sens critique tout de même, croit que comme l’espérance de vie a augmenté, il est normal de reculer le moment où on partira à la retraite. Résumons, si nous avons un problème pour financer les retraites, c’est parce que nous avons globalement creusé les inégalités de revenus comme de patrimoines. La taxe Zucman qui est plébiscitée par les Français qui ont une passion pour un peu plus d’égalité, pourrait rapporter 20 milliards d’euros par an. Ce qui non seulement couvrirait les 5 milliards de déficit des caisses de retraite, mais qui permettrait aussi de financer le système hospitalier qui est exsangue comme les difficultés dans la gestion de la canicule viennent de le rappeler.



[1] https://www.fondapol.org/dans-les-medias/et-si-le-suicide-assiste-faisait-du-bien-aux-comptes-de-la-securite-sociale/

[2] https://www.cgt.fr/actualites/france/mobilisation/la-retraite-60-ans-cest-possible

[3] https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/07/10/retraites-les-experts-du-comite-de-suivi-preconisent-de-brider-les-pensions-pour-sortir-d-une-situation-alarmante_6722403_823448.html

[4] https://www.oxfam.org/fr/communiques-presse/les-1-les-plus-riches-empochent-82-des-richesses-creees-lan-dernier-la-moitie-la

[5] Pour le mois de juin 2026, on évalue à 2000 la surmortalité des personnes âgées en France, et encore Le monde soulignait que c’était un chiffre sans doute sous-estimé.

[6] https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse/3399#:~:text=Les%20habitants%20des%20%C3%89tats%20am%C3%A9ricains,ans%20%C3%A0%2080%2C7%20ans.

[7] https://www.observationsociete.fr/population/donneesgeneralespopulation/evolution-esperance-de-vie/

[8] https://ingirumimusnocte2.blogspot.com/2026/07/les-rencontres-economiques-daix-en.html

[9] https://investir.lesechos.fr/placements/assurance-vie/per-des-rendements-en-trompe-loeil-2216308

[10] https://books.openedition.org/psn/5366?lang=fr

[11] https://www.huffingtonpost.fr/international/article/chaos-sur-les-bourses-pourquoi-ces-americains-ont-perdu-des-dizaines-de-milliers-de-dollars-de-retraite_248546.html

Arrêté d’expulsion de Xenia Fedorova

La crapule politicarde s’est félicitée de l’expulsion de réclamée par le ministère de l’intérieur de Xenia Fedorova qui en même temps voit...