lundi 5 octobre 2026

Retour sur les manifestations lycéennes

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Les médias ont présenté les manifestations lycéennes d’une manière mensongère et grotesque. Il n’est bien sûr pas question de nier la stupidité de certaines revendications qu’on a rapporté à l’aide micros-trottoirs assez éhontés, histoire de démontrer que les lycéens étaient complètement débiles et que leur révolte n'avait pas de sens. de même les médias se sont régalés à montrer les racailles un rien décervelées mettre le feu ici et là, encourageant les commentateurs hâtifs à dire qu’au fond on ne pouvait pas revendiquer l’amélioration des conditions d’étude des lycéens tout en brulant les lycées. Mettons de l’ordre dans cette salade de saison. La première réflexion qui me vient à l’esprit est de l’éducation est en voie d’effondrement, les lycées sont délabrés, on n’y apprend plus grand-chose, les professeurs manquent à la fois parce que le nombre de postes offerts au concours a diminué pour cause de restriction budgétaire et aussi parce les vocations manquent. Plus personne ne veut enseigner, c’est mal payé, c’est dangereux, dans certains quartiers on risque la décapitation. L’éducation nationale est devenue un grand foutoir, tout comme l’hôpital, comme la lutte contre les incendies. Il faut partir de là, nous n’avons plus d’État, Biscornu est un simple petit comptable sans dimension autre que de satisfaire les exigences de Bruxelles et la France brûle. La seule chose que sait faire encore l’État macronien crépusculaire c’est de la répression. Lundi 5 octobre on comptait une main arrachée et un gosse énucléé.

Que la honte soit sur ce milicien en train d’étrangler une enfant 

On a vu des images de répression franchement honteuse, comme celle que je mets ci-dessus. Un milicien étrangle une jeune fille qui doit avoir une quinzaine d’années. Le bonhomme fait sans doute 1,85 m et au moins 100 kilos. Mais il tient cette pauvre minote serrée contre lui, l’étranglant à moitié. Que la honte soit sur cette canaille. On dirait qu’il cherche à la violer, ça ressemble à ces images du 7 octobre 2023 quand les terroristes du Hamas  kidnappaient des femmes pour les violer, les tuer, les enfermer dans leurs sous-sols. Dans la tenue où elle se trouvait, il est peu probable qu’elle présentait un danger pour la société. Mais cette image est emblématique de ce qu’est le macronisme. La seule chose que ces gens-là qui sont en responsabilité, savent faire, c’est réprimé. On a remarqué aussi que les miliciens de Macron – certains les appellent des policiers – attendaient que les choses dégénèrent, que le feu prenne si vous voulez, pour disperser les manifestants. Les dégâts occasionnés par la racaille sont bien réels, mais ils sont surtout là pour justifier la répression. On a vu des miliciens, casqués, suréquipés chasser et bastonner des adolescents en tee-shirt. Des policiers en civil ont été filmés en train de casser des vitrines, histoire de justifier la répression. Ceux qui craignent l’arrivée du fascisme en 2027 sont servis, le fascisme macronien est déjà là.

Blocus des lycées : « Un problème énorme »… L'absence de RIO sur les  policiers fait à nouveau débatla La France sous occupation 

Je ne veux pas m’étendre sur les violences policières. Mais on sait qu’en Europe la milice française est de loin la plus violente. Tout le double quinquennat malheureux de Macron est là pour montrer qu’en matière de répression policière on a franchi un palier. Tout mouvement social est réprimé violemment, que ce soit les Gilets jaunes, les soignants, les retraités, les pompiers ou les lycéens, la réponse est toujours la même : la matraque. Le malheur est que nous ayons des robots décervelés qui exécutent et qui prennent du plaisir à ce qu’ils croient être un travail et qui n’est qu’un passe-temps mortifère. Certains ont avancé que c’était là le signe d’un régime en fin de cours, ce n’est pas exact, parce que ces violences existent depuis le début de la présidence Macron. Cette violence est structurelle, elle est une des raisons d’être de ce système, aussi bien un moyen – faire en sorte que le peuple ait peur de se révolter – qu’une fin – prendre du plaisir. Ce n’est pas un hasard si les miliciens enlèvent leur RIO qui permettrait de les identifier, parce qu’ils savent bien dès avant qu’ils ne commencent leur sinistre besogne qu’ils vont s’affranchir de la loi. 

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Aymeric Caron, l’ami des moustiques et des Palestiniens excitant les jeunes à tout brûler 

Il faut donc prendre cette révolte au sérieux pour ce qu’elle signifie au-delà des racailles qui ont semé le désordre habituel dont se sert ensuite le gouvernement pour justifier la répression. Elle ne signifie pas seulement qu’il y a un manque de moyens dans l’éducation nationale, elle est d’abord le reflet d’un manque de perspective criant de la jeunesse d’aujourd’hui. On leur renvoie jour après jour l’image d’un monde qui s’écroule, dont le seul horizon selon von der Leyen et Macron c’est une guerre programmée pour 2030 avec la Russie. L’enseignement est faible et confus, lui-même sans presque de finalité. Dans la révolte lycéenne étaient en tête des manifestations le peuple des lycées professionnels où on n’apprend rien, mais comme la scolarité est obligatoire, on parque ces gens un peu comme des bêtes dans des lycées délabrés, en attendant qu’ils aient obtenu un bac ou un diplôme qui ne vaut rien et qu’ils partent se démerder par eux-mêmes sur le marché du travail. Cet état de langueur de la jeunesse se prolonge ensuite dans des facultés bondées où le niveau des connaissances s’effondre année après année. Cet état de fait devrait inciter, si nous avions un gouvernement, à une refonte complète des filières dans le secondaire comme dans le supérieur. On n’a pas besoin d’un bac pro pour apprendre à faire de la boulangerie ou pour monter un mur de briques. On n’a pas besoin d’une maitrise de lettres modernes pour aller faire caissière dans un hyper-marché. Ce cinéma est juste là pour faire croire que l’accès à un enseignement de qualité est un acquis démocratique. Le ministre de l’éducation, émule de la créature de Frankenstein, a affirmé « L’excellence n’est pas une question de lieu, ni de géographie ni de sociologie. Elle est affaire de travail et de talent », faisant rire autour de lui. Tout le monde sait bien que faire sa scolarité à l’École alsacienne ou à Henri IV, ce n’est pas la même chose que de la faire dans un lycée de banlieue. Il faut tout de même se rendre compte que la prolongation des études pour beaucoup c’est une manière de masquer le chômage endémique qui ronge la France. 

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L’inénarrable Bagayoko faisant l’âne pour avoir du foin, dansant devant une poubelle en feu 

Dans cette histoire compliquée, les guignols de la FI se sont faits une fois de plus remarqués. Les récupérateurs sont venus exciter les jeunes lycéens, croyant bêtement que cela les aidera pour conquérir le pouvoir. On a vu Aymeric Caron, entonner ses diatribes devant quelques jeunes lycéens exhibant un drapeau palestinien ! Et puis encore l’impayable Bagayoko faire une danse autour du feu d’une poubelle. Les pires représentants de ce parti y sont allés de leur activisme, Ersila Soudais qui a dansé devant un lycée occupé, ou encore Raphaël Arnault, apologue des minorités violentes. La manœuvre cousue de fil blanc vise évidemment à s’attacher les services de la jeunesse pour les élections de 2027.  Mais comme d’habitude les plans de la France insoumise ne marchent pas. Déjà en difficulté dans les sondages pour atteindre le second tour Mélenchon apparait maintenant comme le chantre du désordre. Que les membres du gang de Mélenchon veuillent jeter de l’huile sur le feu, c’est une évidence, mais dire que cette révolte est fomentée et manipulée par eux relève de l’imbécilité de type macronien. Le mouvement est massif et ce caractère ôte tout idée selon laquelle il aurait été fabriqué de l’extérieur.

samedi 3 octobre 2026

Nouvelles en vrac

Peut être une image de texte 

En faisant défiler des informations sur réseaux sociaux, je trouve celle-ci, les rémunérations assez élevées tout de même qu’il a cumulées avec d’autres rémunérations pendant au moins quatre ans. Benjamin Haddad qui a déjà été formaté par les Etats-Unis, c’est un Young Leader, comme Macron, est un sous-ministre chargé de l’Europe, autrement dit il a une sinécure à partir de laquelle il pourra défendre le point de vue des Etats-Unis. Il va très certainement se ranger derrière Fantômas qui est un autre Young Leader, pour la présidentielle. Atlantic Council est un think tank étatsunien qui donc défend les intérêts étatsuniens. Comme son nom l’indique ce think tank est sur une ligne otanienne, il se trouve si vous voulez à l’intersection de l’État profond étatsunien et de l’OTAN. C’est un instrument du soft power étatsunien. Je n’irais pas jusqu’à dire que Haddad est un traitre à sa nation officielle, mais enfin, il est clair qu’en tant que sous-ministre aux affaires européistes, il ne défend pas les intérêts de la France 

 

Après vingt ans d’occupation de l’Irak, les Etats-Unis plient bagage et leurs soldats s’en vont semer la merde ailleurs dans le monde, probablement en Iran qui est voisin. Le bilan de cette occupation est sinistre. Non seulement les Etats-Unis ont dépensé des milliards de dollars dans cette aventure, mais ils n’en ont rien retiré de tangible, sauf d’avoir pu mettre la main sur le pétrole. En partant ils laissent derrière eux, comme d’habitude, un pays détruit, sans gouvernement stable, avec un émiettement du pouvoir entre les différentes factions, celle de l’État islamique et celles soutenues par l’Iran. Cette guerre à tué un grand nombre d’Irakiens, on évalue à plus d’un million les civils tués lors de ce carnage et de l’occupation. Avant cette guerre, l’Irak était un pays relativement stable dans la région, prospère et relativement moderne. L’action des Etats-Unis l’a fait reculer d’une centaine d’années pour le moins. Mais ce désastre a raffermi la haine pour ce pays prédateur de la grande majorité des peuples de la planète, la guerre stupide et perdue en Iran, n’a pas été d’une grande utilité pour redorer le blason des Etats-Unis. Tout cela est en train de démontrer que les Etats-Unis sont, comme le disait le sanguinaire Mao – une des idoles du père de Raphaël Glucksmann, avec Ronals Reagan – un tigre de papier ! 

 

Au niveau de la présidentielle, les choses se décantent un peu. Attal est largué, et il est probable qu’il jettera l’éponge assez rapidement maintenant. Dans ce cas-là, et selon les prévisions les plus raisonnables Mélenchon ne sera pas au second tour, comme je le pensais dès le début, et malgré la stupidité de cette partie de la droite cosmopolite et affairiste qu’on appelle, je ne sais pas pourquoi, le centre. L’impayable Soral depuis quelque temps s’est transformé en agent électoral de Mélenchon, ce vieux faussaire d’habitude se répand sur les réseaux sociaux pour expliquer qu’à l’inverse Mélenchon dans tous les sondages serait sûrement au deuxième tour ! Évidemment si Attal s’obstinait à se présenter, il y aurait une petite chance pour que Mélenchon finisse par profiter de l’inconsistance des candidats de l’extrême centre. Mais personne ne croit à ce scénario.

Les pitreries n’en finissent plus, passons sur les candidats d’un autre âge comme Lisnard qui a comme programme unique de supprimer la Sécurité sociale et les « charges » sociales pour relancer l’économie en diminuant la dette. Il y a aussi Natacha Polony qui se voudrait souverainiste et relancer la production industrielle nationale sans sortir de l’Union européenne et de l’euro. Elle essaie de faire un coup à la Zemmour, s’installer dans le paysage politique pour l’après 2027. Mais l’ensemble de ses positions en politique étrangère sont tellement confuses qu’on se demande ce qu’elle pourrait apporter au débat. Elle demande de travailler à des négociations pour mettre fin à la guerre en Ukraine, mais de l’autre côté, elle désigne la Russie comme la première responsable de ce conflit ruineux. 

Colère des lycéens à Saint-Denis : Le préfet signale Bally Bagayoko à la  justice pour « incitation à commettre un délit » 

Les lycéens sont en ébullition, mais cette mobilisation pour logique qu’elle soit, est plus qu’ambiguë. À force de faire des économies, les lycées sont devenus des sortes de taudis, il manque des enseignants de partout, dans les banlieues, des enseignants ne veulent plus rejoindre leur poste par crainte d’être martyrisés par leurs élèves. Donc des revendications plus que légitimes, il y en a. mais à côté de cela, on a vu beaucoup d’imbécilités. Le déjanté Bagayoko allant déconner avec des poubelles en feu devant un lycée de Saint-Denis, d’autres jeunes couillons se baladant avec un drapeau palestinien ou un drapeau algérien ! On a vu des revendications lunaires, comme l’idée de démarrer la journée plus tard dans la matinée pour permettre à ces jeunes de faire leur nuit, ou encore d’alléger les programmes qui déjà sont bien léger. Il serait donc facile de moquer ce mouvement que les rapaces de la FI cherchent à récupérer comme le sinistre Aymeric Caron. Mais à la base de cette révolte il y a bien le fait que cette jeunesse est martyrisée par son absence d’avenir. On a remarqué que comme habituellement, le pouvoir crépusculaire macronien répond à des revendications légitimes par un déchainement de violence policière. Comme de bien entendu les médias, particulièrement les chaînes de désinformation en continu, ont été particulièrement abjectes, d’abord en occultant les exactions habituelles de la police, ensuite en choisissant pour leur micro-trottoir des imbéciles heureux plutôt que des lycéens capables de tenir un discours cohérent.

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Lycée Condorcet, Paris, le 29 septembre 2026

Ces désordres montrent à l’évidence que nous n’avons pas de gouvernement qui tienne les rênes du pays. Biscornu ne s’occupant que de comptabilité pour savoir comment il va mettre au pain sec et à l’eau les pauvres et les classes moyennes.



mardi 29 septembre 2026

La visite du Pape en France, analyse et signification

 

Le Pape au stade de France 

La visite du Pape en France a été un grand succès politique. Comme si les catholiques se réveillaient et se congratulaient d’être si nombreux. N’oublions pas cependant que la France est un pays assez peu religieux. On peut toujours reconnaitre un passé chrétien à notre pays, mais seulement un peu plus d’un tiers des Français se déclarent religieux. Une des raisons qui a fait le succès de la visite du Pape en France est bien entendu la très mauvaise image de marque que l’Islam porte avec lui, et la façon dont cette religion s’immisce de plus en plus dans la vie civile. Autrement dit beaucoup de Français semblent se dire qu’entre l’Islam et l’Église catholique il vaut mieux encore l’Église catholique. Le Pape représente une religion en perte de vitesse mais qui dans le temps était partie à la conquête de toute la planète, travaillant la main dans la main avec les Conquistadors pour soumettre les peuples amérindiens considérés comme barbares. Son pouvoir politique, l’Église catholique le voulait au-dessus des nations, c’était déjà une forme de mondialisation si vous voulez. C’est la France et l’idée nationale française qui a clairement fait reculer le pouvoir papal. On s’est battu également pendant de longues décennies afin de restreindre le pouvoir de l’Église dans la vie civile. Cependant le développement de l’Islam en France a remis en question une certaine forme de laïcité, alors que l’Église était clairement en déshérence, à l’abandon. Les politiciens de gauche comme Mélenchon qui ont soutenu le développement de l’Islam, on indirectement travaillé pour la fin de la laïcité, et on sent que des tensions issues de la venue du Pape Léon XIV pourraient produire à terme une sorte de nouvelle guerre de religions si on n’y prend garde. Pour ma part, si je dénonce le caractère archaïque et régressif de l’Islam, je ne serais pas de ceux qui se tourneront vers le catholicisme comme à la recherche d’une bouée de sauvetage. 

Plus de la moitié des Français ne se réclament d'aucune religion - ADHEOS 

Dans sa venue et ses manières de faire le Pape Léon XIV se présentait dans une belle robe blanche immaculée, circulant dans sa papamobile, saluant à la manière des rocks stars les foules énormes rassemblées sur son parcours puis au Stade de France. Son défilé sur les Champs Élysées était réussi, on n’avait plus vu cela depuis qu’en 2018 nous avions ramené de Russie la Coupe du monde de football. C’était un spectacle parfaitement réussi, et évidemment le public trouvait là comme une raison de vivre un destin collectif. En quelques heures, il passa de Paris à Lourdes, et là les chaînes de télévision étaient unanimes pour faire croire au bon peuple que des miraculés, la grotte de Lourdes en produisait encore et toujours en quantité. On était carrément retombé dans le fantasme et le mensonge éhonté. Le côté vraiment douteux de cette entreprise de séduction tenait dans l’unanimisme de circonstance des journalistes qui couvraient cet événement. Il donna des messes ici et là, à la Concorde, mais également à Notre-Dame de Paris où bien évidemment les spectateurs étaient triés sur le volet, aussi bien pour des raisons de sécurité, que pour des raisons de qualité du public. Certains grincheux du service public de désinformation ont critiqué cette liesse. Les uns pour dire que ce serait bien que la France accueille aussi un haut représentant de l’Islam avec les mêmes courbettes, les autres pour dire que cette gabegie coutait cher au pays. Les premiers avaient tort, car la France n’a pas de passé musulman, et en outre la religion islamiste n’a pas, même aujourd’hui l’importance de l’Église catholique. Les autres se trompaient aussi parce que seuls les coûts de la sécurité du Pape ont été pris en charge par l’État. C’est certes important, mais si on considère aussi que le Pape est un chef d’État – le Vatican – cela peut se comprendre. La fiesta a duré quatre jours, et on a vu les rues de Paris, de Lourdes ou de Metz envahies par le drapeau de ce même Vatican. Les gesticulations des couillons réclamant une laïcité qui aurait dû permettre de ne pas recevoir le Pape m’apparaissent hors du sujet. Bien entendu on peut se poser la question de ce que peut représenter encore une figure comme celle du Pape, et je ne suis pas tellement convaincu de son importance, d’autant qu’au sein de l’Église catholique même il est contesté. Il m’étonnerait beaucoup que les catholiques intégristes goûtent les propos de Léon XIV sur les populations immigrées qui arrivent en Europe. 

 

Beaucoup de ceux qui se sont réjouis de la venue du Pape n’ont pas fait trop attention aux messages politiques qu’il était venu apporter. Il était clairement là pour nous faire la leçon, mais comme le font les Papes, avec une voix doucereuse et une forme de distanciation et de retenue dont ferait bien de s’inspirer les politicards d’aujourd’hui. On a retenu quatre sortes de messages. D’abord le soutien à la Palestine, et indirectement une dénonciation d’Israël qui sous-entendait-il aurait volé les terres aux autochtones. Ce qui est commun à l’Église catholique au fond depuis la nuit des temps. Ensuite un soutien à l’Ukraine, avec moins de réserves que le Pape François, il a désigné la Russie comme le coupable, il n’a pas fait allusion comme son prédécesseur aux aboiements de l’OTAN. Il se range donc clairement dans le camp occidental, alors même que le public de l’Église catholique – j’allais dire le marché – se trouve en Afrique et en Amérique du Sud, des régions plutôt pro-russes. En 2025 il avait d’ailleurs promis d’aller à Kiev, mais il ne l’a jamais fait. Pourquoi ? C’est assez obscur. Le troisième message était destiné aux députés français qui ont voté la loi sur la fin de vie. Cette loi d’ailleurs bien inutile permettait au Pape de rappeler que l’Église catholique est « pro-vie ». C’était une manière de rappeler indirectement que l’Église catholique est hostile à l’avortement et au droit qui l’accompagne. 

 

Tous les politicards pouvaient plus ou moins trouver leur compte dans tel ou tel article de ce catalogue de la bienpensance catholique. Même l’aigre Mélenchon, parce qu’il est antisémite et pro-immigration, même le vieux Régis de Castelnau, pourtant athée, pour les mêmes raisons ou encore ce pitre de Macron qui cherche à faire la guerre à la Russie en proposant d’aider l’Ukraine à se défendre avec des armes à longue portée qui pourront massacrer des populations civiles au cœur même de la Russie. Il fallait être vu avec le Pape. Macron s’y est employé, l’attrapant par l’épaule pour le tripoter et se l’approprier. Le cinéma habituel si on veut.   

L’indécent Macron, tripotant le Pape 

À Metz le Pape a écouté cet imbécile de Macron nous vanter les mérites de Robert Shuman, « catholique fervent », tout en omettant le fait pourtant bien connu que cette canaille, considéré comme un des pères de l’Europe, était un collaborateur et un pétainiste notoire, il est le lien si on peut dire entre l’Europe nazie telle que la voulait Hitler, et l’Europe d’aujourd’hui qui est tout de même dans cette continuité, avec aussi bien la guerre contre la Russie que le slogan qui fait rire tout le monde : L’Europe c’est la paix. Le Pape reprendra sans précaution l’éloge de cette canaille de Robert Schuman. Mais, volontairement il ne dira rien des assertions selon de macron lesquelles la Russie mène une guerre d’agression en Ukraine – l’emploi de ce vocabulaire signifie que seule la Russie est responsable du chaos qu’elle aurait engendré à ses portes, sans que l’Ukraine ou l’OTAN n’y soit pour quelque chose. Annie Lacroix-Riz a toujours défendu l’idée que dans la construction européenne, les Etats-Unis et le Vatican étaient à la manœuvre dès avant la Seconde Guerre mondiale[1], et il semble bien que Léon XIV ait mis ses pas dans ceux de ses prédécesseurs.

Dans son discours Léon XIV a également repris les éléments de langage habituels de Mélenchon, l’importance de la culture arabe dans la formation de la civilisation européenne – le Pape serait-il un con ? – et aussi la nécessité de mieux accueillir tous ces migrants qui viennent du monde entier. Il a cité le cas de l’occupation de l’Espagne par les musulmans pendant de longs siècles, oubliant volontairement que les musulmans furent chassés d’Espagne avec l’appui de l’Église catholique, oubliant aussi que l’Espagne fut dans la stagnation dans tous les domaines durant cette occupation ! D’ici à ce que Léon XIV approuve la transformation des églises en mosquées, il n’y a plus qu’un pas ! 

Le pape Léon XIV lors de la rencontre intitulée « Aux racines de l’Europe : pour la paix et l’unité », au centre de conférences Robert Schuman de Metz, le 28 septembre 2026.

Globalement la visite du Pape en France a été une très grande réussite sur le plan marketing, elle a marqué les esprits, cependant elle n’a pas réussi à lever les ambiguïtés qui pèsent sur les raisons profondes de cette venue. Bien sûr cela raffermira la détermination des catholiques français, mais au fond quel est l’objectif réel du Vatican dans cette démonstration de force ? Existe-t-il autre chose comme but que celui de ne pas disparaitre face à l’expansion de l’Islam ? Macron en s’accrochant aux basques du Pape comme la moule au rocher a lui aussi engrangé des bénéfices d’image. Certes cela ne lui permettra pas de voir sa popularité remonter, mais enfin c’est déjà ça de pris pour marquer un peu moins mal de ce point de vue.



[1] Le Vatican, l'Europe et le Reich, Armand Colin, 2010.


samedi 26 septembre 2026

Les patates et le monde de l’art moderne

 « Grande patate chaude » (2025), de Raphaël-Bachir Osman, dans l’exposition « Des patates », au Château - Centre d’art contemporain et du patrimoine d’Aubenas, en juillet 2026.             « Grande patate chaude » (2025), de Raphaël-Bachir Osman 

Donnons des nouvelles du monde de l’art dégénéré aurait dit le bon Staline. En juillet 2026 on exposait des patates au Centre d’art contemporain et du patrimoine d’Aubenas. L’idée était de réunir au Château d’Aubenas tous les peintres ou plasticiens qui avaient approché dans leur œuvre la patate de près ou de loin[1]. L’organisatrice justifiait les choix de cette exposition singulière par le fait que l’Ardé èche entretenait des liens particuliers avec la patate : « L’Ardèche et la pomme de terre, c’est une longue histoire » Certains n’allaient pas jusqu’à se donner la tâche de représenter la patate, mais se contentaient d’en faire un petit tas et de l’étiqueter à même la terre où la patate pousse ! Cette artiste s’appelle Alice Allenet. Elle revendique la provocation, cherchant à découvrir ce qui pourrait encore aujourd’hui choquer le bourgeois. Évidemment comme ce tas de terre et ses patates sont exposés jusqu’à la fin du mois de septembre, on se dit que d’ici la fin de l’exposition ces tubercules auront sans doute germés, changeant la nature de l’œuvre exposée !

Cuite ou crue, en frite ou en chips, la patate tête d'affiche au Château  d'Aubenas cet été Performance artistique d’Alice Allenet au Château d’Aubenas 

N’allez pas croire qu’Alice Allenet ne fait que des petits tas de terre, elle fait aussi des gribouillis comme le montre « l’œuvre » ci-dessous destinée à annoncer son exposition. Très active elle avait fait une exposition en 2025 intitulée Mettre les pieds dans le plat et tacher la nappe. Tout un programme ! Ne comptez pas sur elle pour développer des formes sophistiquées et travaillées. Elle nous dit que son but est de dénoncer la civilisation industrielle et sûrement pas de faire plaisir à ceux qui contempleraient ses œuvres. Elle suppose qu’en méditant sur ses gribouillis ou sur un tas de terre d’où émergent quelques malheureuses patates, ça donnera à réfléchir et changera le monde ! C’est ambitieux ! Incidemment Alice Alenet nous dit qu’elle interroge par son travail les codes de l’esthétique bourgeoise et donc elle la remet en question. Évidemment vous n’allez pas mettre chez vous un tas de terre avec quelques patates promises à la décomposition, ce genre d’exposition a un caractère éphémère et pour cela doit être subventionnée. Il faut bien que les artistes qui performent et produisent des œuvres destinées à nous faire réfléchir gagne un peu d’argent pour survivre et continuer leur travail d’inutilité publique. On nous dit aussi qu’Alice Allenet s'intéresse aux paysages façonnés par l'industrie de la frite surgelée, voilà qui est intéressant et fécond. Alice Allenet est soutenu par le CLEA. Le CLEA est un dispositif artistique et culturel proposé par la Communauté Urbaine de Dunkerque, avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles et de l’Éducation Nationale. N’est-ce pas formidable ? 

Affiche et créa typo pour l'expo d'Alice Allenet @alice_alll au Doc!  @doc.expo @doc_wooork

Affiche et créa typo pour l’expo d’Alice Allenet 

L’art moderne n’a jamais fini de nous surprendre. Récemment a circulé sur la toile la performance d’une autre « artiste », Jessica Cooke. Celle-ci s’est présentée devant un public assez restreint tout de même, elle trainait un sauf – apparemment neuf – en courant en rond, puis en levant la jambe et terminant en sautant sur une sorte d’escabeau. L’étonnant n’est pas tellement que certains fassent ce genre de chose, mais plutôt qu’ils trouvent un public pour les contempler comme autrefois on allait au zoo pour regarder des bêtes curieuses. Au-delà du ridicule de la posture, il faut remarquer que ces gens-là ne comprennent l’art – du moins ce qu’ils en entendent – comme une sorte de pédagogisme. Il faut faire passer un message pour éduquer le peuple, sauf que le peuple ne va pas voir ce genre de grimaces. On trouve la même volonté d’éduquer au cinéma, par exemple chez Ken Loach, ce qui suppose que le peuple serait plus ignorant qu’eux, ce qui reste évidemment à démontrer. 

L’artiste Jessica Cooke en pleine action

Ajoutons que ce genre de fantaisie subventionnée ne peut exister que parce qu’il y a des bureaucrates, plus ou moins spécialisés dans l’art moderne, qui distribuent des subventions, ce qui leur donne une importance en fonction de la clientèle qu’ils se sont acquise. Il faut qu’ils justifient leurs budgets et leur goût pour l’innovation artistique. 

A Paris, les petits hommes verts de Fabrice Hyber égayent la fontaine du  Palais Royal jusque fin mai – franceinfoLes petits hommes verts de Fabrice Hyber 

Fabrice Hyber lui aussi fait des gribouilles, très économe de la couleur cependant. Mais il occupe tout de même l’espace. Ses œuvres ne se vendent pas très cher, mais comme il peint et barique au kilomètre, il finit par s’en sortir plutôt bien. Surtout que ses structures de plus grande dimension sont subventionnées, et là on facture le coût de la peinture, mais aussi celui de la main d’œuvre. Le plus terrible n’est pas ce qu’il inflige à son public blasé, mais le fait qu’en plus il pense. Et comment pense-t-il ? Pour se donner un genre, il enfonce les portes ouvertes d’un rapprochement entre l’art et la science. Se prendrait-il pour un nouveau Leonardo Da Vinci. Voici le genre de réflexion dont il est capable, c’est censé donner une caution philosophique à son œuvre.

« Pour moi, l’art et la science ont été liés d’emblée, notamment dans l’envie d’inventer des mondes. Observer la nature, c’est se poser de nombreuses questions. Peut-on la mettre en chiffres ? En calculer les phénomènes ? Et si oui, peut-on la dupliquer ? Voire, la redessiner ? »  

Fabrice Hyber : « La vie ne s'arrête pas, elle se déplace » -  ArtsHebdoMédiasSous la forêt, les vies, Domaine de Chaumont-sur-Loire, 2023 

On nous dit qu’il aurait étudié aux Beaux-Arts de Nantes vers la fin des années soixante-dix. C’est bien possible, mais il ne semble guère avoir appris les rudiments du dessin. Par contre il semble très obsédé par les petits bonhommes verts. On nous dit que les ours géants et verts de Fabrice Hyber nous alertent sur les dégâts portés à l’environnement par notre mode de vie industriel. Un esprit mal tourné vous dirait que ces ours géants sont des structures gonflables en plastique – c’est juste la même astuce que les immondices de Jeff Koons – et que le plastique ça met des millénaires à se recycler dans la nature. Mais le but est honorable et honoré de toute part comme la priorité des priorités. On a donc exposé à l’entrée du Grand Palais, cette structure de 10 mètres de haut qui rendrait laid n’importe quel bâtiment qu’elle voudrait mettre en valeur. L’esprit enfantin dans le mauvais sens du terme de ce genre de fantaisie saute aux yeux, comme si pour faire passer un message il fallait forcément prendre les visiteurs de l’expositions pour des imbéciles. On reconnait au passage notre ennemi principal, l’envahissement du pédagogisme dans le domaine de l’art. Ce n’est pas tellement qu’on soit hostile à un engagement politique, après tout les artistes, même mauvais on bien le droit de s’exprimer, mais ce qui est insupportable c’est cette façon de donner la leçon aux éventuels de ces expositions. En effet les bobos suffisamment curieux pour se rendre à ce genre de spectacle, cochent déjà les cases de la nécessité de la transition écologique. Fabrice Yber croit-il vraiment que les visiteurs de ses expositions sont plus bêtes que lui ? 

Ted Hyber au Grand Palais : c'est quoi ces ours géants ? - Sortiraparis.comTed Hyber qui annonce l’exposition au Grand palais en avril 2026 

Il y a une obstination des « artistes modernes » à poursuivre leur travail en deux sens différents, d’abord développer l’amour de la laideur, histoire de disqualifier les normes esthétiques élaborées patiemment au fil des siècles, disons au moins depuis la Grèce antique. Il est facile de soutenir cette tendance du marché par un discours plus ou moins radical, voyez les Dadas. Mais c’est aussi une manière de déplacer le problème, être artiste ne signifie pas qu’on ait atteint un certain degré de technicité ou de maitrise du jeu des couleurs comme celle du dessin. C’est au contraire mal vu. Ce qui est mis en valeur, c’est soi-disant l’idée, la philosophie sous-jacente qui est souvent très sommaire. Regardons l’œuvre ci-dessous. Peinte en 2022 par Laure Prouvost, elle fut ensuite exposée au Grand Palais. Cette jeune « artiste » française qui titre ses œuvres en anglais – nous sommes à l’heure de la mondialisation – et qui fabrique aussi des vidéos, est parfaitement intégrée dans le système de valorisation de la marchandise artistique. Elle a d’ailleurs reçu de nombreuses décorations. Ses œuvres ne sont pas d’un prix très élevé, mais elles sont facilement reproductibles sur papier, ce qui lui assure une rente de situation assez élevée. Elle aussi a compris que de faire dans le monumental, non seulement cela attirait les regards, mais cela permettait d’avoir de belles subventions publiques. C’est pourquoi au Grand palais, elle installa une œuvre monumentale qui fit s’extasier France Culture de plaisir. Mais ce qu’on peut voir de mieux de ce qu’elle a malheureusement fait, ce sont des pâles copies du système Chagall, sans grâce enfantine et sans couleur. Remarquez que plus un artiste est mauvais, et plus il donne dans le monumental, espérant sans doute qu’en s’attardant sur la taille de l’objet, le client oubliera la médiocrité de l’œuvre. 

Laure Prouvost, Pour arriver ici, nous dansons, 2022 

Sharer Nassar lui voit la vie en rose, il en a acheté des litres en acrylique et nous en met partout, parfois il ajoute un peu de vert aussi. C’est minimaliste, mais comme disent les jeunes, fuck la technique. Il n’est pas très cher, mais ses « œuvres » sont reproductibles et reproduites. La mécanisation des œuvres d’art permet d’en abaisser le prix. Ce qu’on perd en rareté, on le récupère en pariant sur la quantité. Saher Nassar possède un avantage sur ses collègues, il est Palestinien, et en achetant ses tableaux on fait une bonne action, on aide la cause palestinienne. Le tableau que nous reproduisons ci-dessous, a une portée pédagogique, il interpelle le chaland sur sa position vis-à-vis des Droits de l’Homme, sous-entendant par là mais sans le dire que ce sont les Palestiniens qui sont privés des droits humains. C’est un peintre qui plait par exemple aux lecteurs du Monde diplomatique. 

Saher Nassar, Droits de l'homme, 2024 

Tout cela n’est pas bien nouveau, ci-dessous, nous avons un petit monticule de terre ensemencé de gazon et qui fut créé en 1969 par Hans Haacke et exposé ensuite un peu partout pour enfin être achetée par la FRAC Grand Large des Hauts de France en 2000. Cette œuvre a été décrite comme une réflexion politisée sur le temps parce que durant le temps de l’exposition, on pouvait regarder le gazon pousser ! « What Is Not Visible Is Not Invisible », c’est le titre que porte cette œuvre de Hans Haacke[2]. Au premier abord je pensais qu’il s’agissait d’une blague, quelqu’un qui avait présenté ça pour se moquer des grimaces de l’art modern, puis, non, c’est estampillé œuvre d’art. Vous me direz que c’est un artiste allemand qui a commis ce petit tas. Mais est-ce bien une excuse. Une telle œuvre n’aura pas sa place dans votre salon mais peut-être dans votre jardin. Ce qui est tout de même le plus intéressant dans cette fantaisie c’est que sur n’importe quel objet, fini, ou pas fini, on peut coller un discours qui en définit la nécessité absolue. La encore le plus important n’est pas l’œuvre elle-même, mais le discours qu’elle est censée porter. Ça c’est tout de même moderne. Avant on n’osait pas, on donnait l’œuvre à voir et elle existait par elle-même avant qu’on lui greffe un discours dessus. Aujourd’hui le discours précède pratiquement l’œuvre qui au fond n’a plus besoins d’exister. Mais existe-t-elle ? 

Hans HAACKE - L'herbe pousse | Frac Grand Large – Hauts-de-France

Grass Grows réalisée par l'artiste allemand Hans Haacke en 1969 

Tout cela représente un système où s’imbriquent critiques d’art – la caution morale – marchands d’art et la puissance publique qui distribue de l’argent. Ces gens-là décident de ce qui est bon à montrer au public en fonction d’une idéologie selon laquelle il faut réformer l’esthétique naturelle des basses classes de la population qui continuent de penser que le beau existe, que ce n’est pas une simple norme sociale. Mais en vérité il s’agit d’exclusion, parce que les basses classes sont totalement imperméables à la rhétorique. Parmi les conséquences de cet état de fait, il y a que de très bons artistes qui peut-être existent, sont incapables de s’extraire de ce marécage. L’art moderne dans la première moitié du XXème siècle devait se battre pour se faire admettre en dehors de l’académisme, aujourd’hui c’est l’inverse, l’art moderne, devenu le nouvel académisme empêche, l’émergence des nouvelles voies pour les représentations picturales de notre époque. Dans ce malheureux système, on chercherait en vain quelque émotion. Mais le pire c’est sans doute qu’on s’habitue à regarder la laideur, non comme une exception ou quelque chose à combattre, mais comme quelque chose de naturel et de normal, comme si on faisait ainsi son devoir. 

Peut être une image de texte qui dit ’GNIARK DU PNE...ENCOREDUPNEU! PNEU. ...ENCORE DU PNEU! ça commence à nous gonfler ! Undispositif Undispositir.performatoire performatoire du plasticien Guillaume de elaFollyeJoux Follyde dans la Chapelle de Chaumont’ 

Si on devait unifier l’art moderne – celui d’aujourd’hui – je dirais qu’il est anti-humaniste, il n’aime pas la vie. Il se refuse à représenter l’humain, il se refuse à représenter la lumière. C’est chose morte et sans âme. Ce nihilisme froid se dissimule le plus souvent derrière une peinture des idées et des messages. Le beau ne l’intéresse pas, et d’ailleurs, il serait bien en peine d’aller à sa recherche. Enfin ce dont je parle ce sont les peintres et les « plasticiens » qui sont choisis d’abord par le système marchand qui a produit en amont la théorie de ces représentations. Il y a sans doute d’autres artistes, mais ceux-là sont dissimuler derrière le tapage des galeristes et des critiques d’art. 

« … visiter et soi-disant admirer les œuvres les plus différentes et les plus hostiles, implique une largeur d’esprit, une élasticité d’aise artistique, vraiment flatteuses. » J. K. Huysmans

PS. Je ne suis pas "spécialiste" de la critique des choses de l'art. Je conseillerais donc de regarder le site de Nicole Esterolle https://www.museumnicole.fr/le-blog-de-nicole/ qui a la dent dure, et qui est bien meilleure connaisseuse des turpitudes de l'art dit moderne. On peut lire aussi son livre, où elle a regroupé quelques une de ses chroniques, La Bouffonnerie de l’art contemporain, Jean-Cyrille Godefroy Editions, 2015.



[1] https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/07/23/cuite-ou-crue-en-frite-ou-en-chips-la-patate-tete-d-affiche-au-chateau-d-aubenas-cet-ete_6731067_3246.html?srsltid=AfmBOopxHnoLcyQqypxlnnwmplQphgzBiqqYOxKtjOmypKq36IKDPRuY

[2] Cet artiste, né en 1936, est assez connu et a accès à tous les grands circuits de promotion de l’art conceptuel. Les Américains aiment bien, ce qui n’est pas très étonnant.

mardi 22 septembre 2026

Allemagne, la décomposition du système

 

Le désastreux Merz annonçant que son parti a encore perdu, mais qu’il se maintiendra au pouvoir 

En Allemagne il y a eu des élections régionales le 20 septembre 2026 et sans surprise les partis formant le système de gouvernement, cette alliance baroque entre la droite et la gauche, sont tous défaits. L’AfD progresse fortement en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et sort en tête du scrutin avec 38% des voix, faisant plus que doubler son score. Le parti du sinistre Merz n’atteint même pas les 5% et se trouve éjecté du parlement régional. Cette défaite arrive deux semaines après que l’AfD ait remporté les élections en Saxe-Anhalt. Cependant Merz refuse de tirer les conséquences de la défaite cinglante de son parti. Faisant comme Macron, il prétendait encore au soir de cette journée « continuer les réformes ». C’est la mode aujourd’hui en Europe de critiquer les élections en Russie pour leur manque de démocratie, mais par ailleurs de ne pas tenir compte de ce que disent les électeurs. Les politicards allemands, comme les politicards français, au lieu de parler de leur rôle néfaste et du rejet de ce qu’ils sont, préfèrent alerter sur le danger que représenterait l’AfD. On mise tout sur le barrage. Ainsi il est très probable que l’AfD ne gouvernera pas la région de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. L’ensemble des partis refusera de l’appuyer. Mais cette nouvelle victoire marquera les esprits 

Leif-Erik Holm candidat de l'AfD au poste de ministre-président du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale 

Il y avait une autre élection. À Berlin, la liste conduite par la candidate de Die Linke (gauche radicale), Elif Eralp, arrive en tête (25 % environ) devançant la CDU du chancelier (20 %), et pourra lui ravir la mairie si elle s'entend avec d'autres partis de gauche. « Dans notre ville, la liberté et la justice ont triomphé de la haine », a-t-elle dit très platement, en référence à l'extrême droite. L'AfD de son côté passe de 9% à 15%, c’est un bond en avant par rapport à 2023. C’est assez curieux, avec 25% des voix Die Linke revendique la victoire, mais ce parti la refuse en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale à l’AfD qui a fait 38% des voix. C’est encore une autre défaite de la CDU qui dirigeait jusque-là la mairie et qui va être obligé de soutenir Die LInke. En vérité Die Linke est maintenant dans l’embarras, parti de gauche, mais assez peu radical quoi qu’on en dise, il essaie de ménager une position critique tout en soutenant la guerre en Ukraine, et en refusant de prendre position sur l’Union européenne et l’OTAN. Die Linke apparait maintenant que le SPD est disqualifié à cause de ses trop fortes compromissions comme la force sociale-démocrate d’appoint pour tenter de maintenir le système en l’état. Faisons un parallèle entre la France et l’Allemagne. Le SPD se trouve aujourd’hui dans la situation du PS en France, comme la CDU ressemble si on veut au parti de Macron en déshérence. On voit bien qu’un tel système n’a pas d’avenir dans la situation européenne dégradée qui est la notre aujourd’hui. 

Élections en Allemagne: la gauche radicale de Die Linke l'emporte à Berlin,  nouvelle poussée de l'AfD - RFI

Elif Eralp à Berlin le 20 septembre 2026 

La plupart des partis allemands ne veulent pas tirer les leçons de cette nouvelle défaite. Au lieu de s’interroger sur leur programme, sur leurs réalisations et sur ce qu’attendent les électeurs, ils préfèrent se contenter de stigmatiser l’AfD. Leur seul programme est comme en France de faire le dos rond en excluant le parti dit d’extrême droite de la gestion des affaires. Mais la véritable raison du succès de l’AfD est facile à comprendre, et ne tient pas au décalage entre l’Est et l’Ouest du pays comme Merz l’avance souvent, il tient au fait que dans une situation économique dégradée, seule l’AfD a un programme, sortir de l’Europe, se rabibocher avec les Russes pour avoir du gaz et des marchés, aider à faire la paix en Ukraine et bien sûr aussi mieux maitriser l’immigration. C’est un programme souverainiste et c’est ce qui fait son succès, les Allemands ont un mauvais souvenir justement de la velléité de soumettre la Russie pour s’emparer de ses ressources naturelles, quand les tanks sont entrés en Russie, ça s’est bien mal terminé, sans doute est-ce pour cela que le parti anti-guerre est plus fort en Allemagne qu’en France. Les partis de gouvernement en Allemagne sont incapables de critiquer le programme économique de l’AfD sur lequel il y aurait pourtant beaucoup à dire, et cette lacune ils la compensent en ânonnant stupidement le discours sur le retour des nazis au pouvoir.  

Chapoutot qui possède un abonnement sur les radios gouvernementales, pérorant sur le fascisme qui vient 

En France on s’inquiète aussi de la montée en puissance de l’AfD, mais pour des mauvaises raisons. On a vu cet imbécile de Chapoutot s’abriter derrière son statut d’historien de profession pour nous alerter sur le fait qu’en 2026 comme en 1933 les nazis sont arrivés au pouvoir par la voie légale[1]. Cette comparaison paresseuse montre qu’il est un très mauvais historien car les deux périodes n’ont aucun rapport. En 1933 les nazis, les vrais, possédaient une force paramilitaire que l’AfD ne possède pas, mais en outre Hitler menaçait déjà la Russie comme le fait aujourd’hui Merz, et il déclencha l’opération Barbarossa. L’AfD au contraire prône la paix et l’entente avec la Russie. Chapoutot est le genre de crétin très limité sur le plan intellectuel et qui nous proposera encore de faire le barrage en 2027, j’en prend les paris. On a pourtant vu que le barrage depuis 2002 était la mauvaise solution et n’entrainait que des ressentiments dans la population. Geler les positions en attendant un miracle conduira à l’explosion. On fera remarquer au faible Chapoutot que la Meloni en Italie qui était présentée avant qu’elle soit placée à la tête du gouvernement comme un retour du fascisme italien, s’est finalement alignée sur les positions européistes les pires dans tous les domaines, y compris dans celui de l’immigration. 


Pendant ce temps en Russie le parti de Poutine, Russie Unie, remportait largement les élections législatives avec environ 58 % des voix, ce qui lui assurera une très large majorité à la Douma. Ce résultat provisoire devrait être confirmé le 25 septembre, et bien sûr les médias occidentaux se lamentaient selon la formule bien rodée que ces élections auraient été truquées et que les Russes auraient voté dans la peur. Pour qui connait un petit peu la Russie et son peuple, cette idée n’a pas de sens. Autrement dit Merz nous dit qu'en dépit du fait qu'il perde élection après élection, il reste en poste pour sauver la démocratie, ça ne choque pas l'Union européenne, mais que le parti de Poutine recueille 58% des voix, ça leur parait être un viol de la démocratie ! Le moins qu'on puisse dire est que les Européistes ont une conception particulière de la démocratie, même réduite à sa représentation parlementaire.


[1]https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-l-idee/1933-comment-les-elites-se-sont-converties-au-nazisme-5016292

Retour sur les manifestations lycéennes

  Les médias ont présenté les manifestations lycéennes d’une manière mensongère et grotesque. Il n’est bien sûr pas question de nier la st...