dimanche 18 octobre 2026

Les manifestations et les violences urbaines du 17 octobre 2026

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Le 17 octobre 2026, les soignants étaient au rendez-vous 

Les manifestations du 17 octobre ont été manifestement un succès, la mobilisation a été forte dans toute la France. On parle de 800 000 personnes, ce qui veut dire que les manifestations expriment un ras-le-bol qui dépasse et de très loin la question des lycéens. Les Gilets Jaunes ont manifestement repris du service, avec des blocages de ronds-points ici et là, défilant avec la jeunesse et arborant leur fameux chasuble jaune fluorescent. Le crépuscule de l’ère Macron s’achève dans la honte et dans la violence. Les soignants qui ont été si maltraités par les gouvernements de l’ère Macron, aussi s’étaient mobilisés. C’étaient des dizaines de manifestations assez peu coordonnées entre elles, assez spontanées. On n’a guère vu les syndicats par exemple, ni les partis de gauche. En quelque sorte cette grande manifestation va obliger tout le monde à se positionner sur les maux qui travaillent la France. Il y a une addition incroyable des mécontentements après dix ans de macronisme. Mais aussi bien entendu des peurs diffuses que les gouvernements nous instillent depuis une dizaine d’années. Quand ce n’est pas des menaces directes sur les retraites, ce sont les hausses des prix, des carburants comme du reste, ou alors la peur de la guerre et du remboursement de la dette qui a explosé. A cela s’est ajoutée la faillite évidente du système scolaire dans son entier, l’écrasement de l’hôpital. A chaque fois le gouvernement nommé par Macron a démontré son incompétence dans tous les domaines, aucune catégorie de la population n’a été épargnée, que ce soit les pompiers où les agriculteurs. De quelque côté qu’on regarde, le double quinquennat de Macron est une catastrophe pour le pays. Tout est négatif, mais ce gouvernement continu et prévoit d’aggraver les choses. Et cette sensation de se trouver dans un piège mortel alimente une colère difficile à contenir. Si la jeunesse est plus remuante que les aînés, c’est parce qu’il n’y a aucune perspective à l’horizon pour elle. On ne lui promet que du sang et des larmes et on l’accuse pratiquement d’être responsable de la négation de son avenir. Mais évidemment, toute analphabète que soit cette jeunesse, elle se rend bien compte qu’elle subit une situation qu’elle ne peut pas avoir choisi. 

Les Gilets Jaunes étaient aussi mobilisés

Ce mouvement qui se dessine est bien plus violent et bien plus déterminé de celui des Gilets Jaunes il y a huit ans. Il est à l’offensive, on l’a vue le 17 octobre avec un cortège tentant de marcher sur l’Élysée. Mais là les miliciens avaient des ordres et sont intervenus très rapidement. Dans le quartier Havre/Caumartin, des manifestants ont dressé des barricades. La référence à Mai 68 est d’ailleurs souvent revendiquée depuis quelque temps. Cette référence est trompeuse, car les raisons de la colère sont différentes, ne serait-ce que parce qu’en Mai 68 on pouvait dire avec Raoul Vaneigem Nous ne voulons pas d'un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui. Aujourd’hui nous avons l’impression que nous nous dirigeons vers un monde où tout va manquer, y compris un air et une eau propres à la consommation. On pouvait critiquer l’abondance à travers le piège de la consommation et du fétiche de la marchandise, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Même le travail est devenu une denrée rare et nous avons six millions et demi d’inscrits à France travail. L’Occident s’installe dans la pénurie et cette pénurie engendre le déclassement des citoyens, tandis évidemment que les plus riches continuent à piller les ressources du pays. Voyez combien cette idée de la taxe Zucman sur le patrimoine des très riches est populaire, tandis que des imbéciles comme Sarah Knafo, David Lisnard et quelques autres prêchent dans le désert pour réclamer moins d’impôts et la destruction finale du modèle social issu du CNR. On peut raconter ce qu'on veut, mais les Français, même s'ils déplorent les débordements et les violences approuvent très largement la mobilisation du 17 octobre


Ce qu’il y a de nouveau c’est que les violences ont éclaté nombreuses dans toutes les grandes villes françaises, Paris, bien sûr, mais aussi Marseille, Lyon, Bordeaux, Brest, etc. Cette violence ne peut être attribuée aux seuls et inévitables casseurs, ce lumpen prolétariat allié objectif de la milice pour justifier la répression. Ces jeunes sont très nombreux et ne craignent pas de défier la police. Ces débordements cependant mettent en doute l’idée que les Français seraient moutonniers et passifs face à l’effondrement du pays et l’incompétence du gouvernement. 

Marseille le 17 octobre 

Mais ça va encore plus loin, ce gouvernement est à l’évidence incapable de gérer les colères de la rue. La tactique mise au point depuis la place Beauvau est simple, on joue le pourrissement, on nasse et menace les manifestants pacifiques et on laisse faire les débordements, on attend pour intervenir qu’il y ait le feu. Le but de cette tactique stupide est double, d’une part dévaloriser le mouvement en montrant avec la complicité des journalistes, idiots utiles de la bourgeoisie, que ce sont que des casseurs qui manifestent, et d’autre part justifier une répression violente pour dissuader que les manifestants reviennent et que le mouvement s’amplifie. A Marseille nous avons vu deux choses, d’abord des charges inconsidérées contre les manifestants pacifiques, jusqu’à ce que ceux-ci ne se mettent à riposter. Ensuite il y a eu des pillages de magasins dans le Centre Bourse, la rue Paradis et la rue Saint-Ferréol. La police a laissé faire, attendant que les casseurs aient rempli leurs sacs pour intervenir après que les dégâts aient eu lieu et que les pillards soient partis. Même chose devant la mairie de Marseille sur le Vieux Port dont les portes ont été enfoncées avant que les forces du désordre ne réagissent. Les pillards des magasins étaient venus des Quartiers Nord, sachant que cela aller péter. C’était prévisible, cela s’était déjà passé ainsi quand les syndicats manifestaient pour l’abrogation de la loi sur les retraites. À moins d’imaginer que la hiérarchie policière est totalement stupide, on comprend bien que cela a été orchestré par le ministère de l’intérieur. Nuñez est si on peut dire un spécialiste, il officiait déjà contre les Gilets jaunes un peu de la même manière. Le ridicule préfet des Bouches du Rhône, Jacques Witkowski, parlait de sept à huit milles pillards ! Ce chiffre est extravagant, il ne sert juste qu’à expliquer les débordements et la passivité relative de la milice. Pour que ce chiffre soit crédible, il aurait fallu que globalement la manifestation du 17 octobre ait réuni à Marseille 200 000 personnes, on en était bien loin. 

Les camions "Centaure" de la gendarmerie nationale ont été déployés dans le centre-ville de Marseille.

Marseille le 17 octobre 

Quoi qu’il en soit, que la situation ait pu dégénérer aussi rapidement un peu de partout dans le pays est au minimum une nouvelle preuve du délitement complet des institutions. Macron qui s’était manifestement caché pendant le pic des manifestations a donné son petit commentaire idiot : « nous ferons tous bloc face aux semeurs de chaos ». Les mêmes qui « ne cherchent qu'à abattre nos institutions et empêchent ceux qui expriment pacifiquement leurs revendications de le faire ». Dans la même journée il annonçait qu’on allait encore devoir donner quelques milliards – un peu plus de 10 sans doute – pour soutenir l’effort de guerre de l’Ukraine contre la Russie, Zelensky réclamant pour son propre gang encore 70 milliards d’euros supplémentaires. Ces propos macroniens sont des paroles creuses d’ailleurs, car vu le nombre de pilleurs et d’éléments violents, on ne peut que s’inquiéter d’une fracture plus profonde, ce ne sont pas seulement quelques casseurs infiltrés, mais des jeunes gens en colère, prêts à mettre le feu. On voit bien que malgré les violences, son gouvernement ne maitrise plus la situation. Par exemple, rien de sérieux n’a été fait pour faire retomber la colère des Français, la farce des 3 000 postes d’enseignants sortis du chapeau a fait long feu. Qu’en un mois le gouvernement n’ait pas pu accoucher d’autre chose que de cette fantaisie en dit long sur les limites de son savoir-faire et l’incompréhension de la profondeur du mouvement. 

Paris le 17 octobre 

A-t-on atteint un point de non-retour ? C’est très possible. Plus rien ne tient debout dans ce pays. On voit que dans la préparation du budget pour 2027 le gouvernement de Biscornu prépare encore et toujours de nouveau tour de vis contre les Français pauvres et de la classe moyenne, les très riches étant comme toujours épargnés, ce qui ne va pas apaiser les choses. Certains demandent la démission de Macron, certes si ce garçon avait un petit peu d’honneur il démissionnerait sans qu’on ne le lui demande. Mais il restera jusqu’au bout, comme ces vieux joueurs de casino décavés qui n’arrivent pas à rentrer chez eux, espérant un miracle qui ne surviendra pas, tentant d’emprunter autour d’eux pour essayer de se refaire. On peut toujours discuter de l’imbécilité de certains manifestants qui n’ont rien trouvé de mieux que de brandir des drapeaux palestiniens, il y en a, en Mai 68 c’était pareil, de même il est évident que certains groupes gauchistes poussent à la guerre civile, mais ce n’est pas là le principal car l’exaspération des Français va les pousser de plus en plus à des manifestations violentes pour faire bouger les choses, sur le mode « nous n’avons rien à perdre », rêvant d’un retour de Mai 68 comme du seul objectif à atteindre, sauf qu’en Mai 68 la grandeur du mouvement tenait surtout au fait qu’il s’agissait de la plus longue grève de la classe ouvrière. 

Peut être une image de une personne ou plus, vélo, rue, la porte de Brandebourg, foule et texte

Paris le 17 octobre 

Nous sommes dans une impasse, et il n’est pas certain que le gouvernement s’en rende bien compte, il parie manifestement sur une montée en puissance de la répression policière et judiciaire. Darmanin, le ministre de la justice incapable de faire quoi que ce soit avec les OQTF a promis une réponse très ferme aux violences urbaines. Mais ayant manifestement semé le chaos il aura du mal à se présenter comme le parti de l’ordre. Ce qui est en train de mourir sous nos yeux, c’est la démocratie parlementaire, cette parodie de démocratie qui n’arrive plus à masquer ses insuffisances. Cela fait des années, au moins depuis les Gilets jaunes que le peuple réclame qu’on l’entende mieux, qu’on lui donne la parole, mais on a fait exactement tout l’inverse. La liberté d’expression est de plus en plus restreinte et les décisions politiques qui sont prises vont manifestement à l’encontre des souhaits des Français. Le plus probable est cette situation délétère risque de déboucher pour de bon sur une forme de fascisme bien réelle. Je vois dans ce qui se passe aujourd’hui que tout se met en place pour que Marine Le Pen se radicalise ! Et je ne crois pas qu’elle soit à la hauteur pour faire autre chose. Ce mouvement de colère, c’est Mélenchon qui en paiera probablement la note aux prochaines élections, et également nous allons assister à une surenchère des candidats à la présidentielle pour une répression encore plus dure, venant de la droite et pénétrant tous les partis de gauche qui se sentiront obligés de condamner les violences des « casseurs ». Dans cette bataille pour le rétablissement de l’ordre, c’est toujours la gauche qui est marron, mais cette fois elle entrainera aussi avec elle l’extrême centre qui a été et qui est toujours aux affaires par le miracle des mécanismes de cette fausse démocratie, histoire de démontrer son impuissance. Dans toute l’Europe le pouvoir est confisqué par une caste dont le seul talent est celui de savoir se servir de ces mêmes mécanismes, on peut gouverner – fort mal d’ailleurs – en ayant une popularité inférieure à 20% de la population, en France comme en Allemagne ou au Royaume Uni. 

À Lyon l’Office du tourisme a été incendié 

La crise est très profonde, on le sait depuis au moins 2018, et on ne voit pas le bout du tunnel. Je ne vois pas quelle force politique pourrait vraiment prendre les choses en main et rétablir un semblant de retour à l’équilibre. Changer de président ou de gouvernement, la preuve est faite que cela ne sert pas à grand-chose. Penser que de ce chaos peut sortir une révolution de type socialiste est plutôt utopique, il faudrait déjà qu’il y ait une espérance réelle, une énergie nouvelle. On peut toujours le souhaiter, et il est vrai que parfois l’histoire réserve des surprises. Mais quoi qu’il en soit, il faut voir ces manifestations comme une réaction saine à la dérive des institutions. En vérité ce n’est pas l’aboutissement de la seule impéritie de Macron et de son gang, c’est celui de la mise en place dans le début des années quatre-vingt d’un système mondialiste et néo-libéral dont la logique est la cupidité et le pillage des richesses. Plus concrètement c’est le couronnement du renoncement de la gauche européenne – PS français en tête – à s’opposer à l’Européisme, cette maladie mentale qui met en œuvre en permanence des réformes anti-sociales en travaillant pour le compte des multinationales et d’une bureaucratie prédatrice. Ce que j’espère c’est que le débat de l’élection présidentielle permettra de mettre à jour les mécanismes de cette déconfiture qui traverse tout l’Occident, et qu’on prendra conscience de ce qu’est le pouvoir politique réel, car ce ne sont pas les élections de 2027 qui changeront les choses. 

Incendie de l’Hôtel de ville de Limoges, le 17 octobre 2026. - PASCAL LACHENAUD/AFP

Incendie de l’Hôtel de ville de Limoges, le 17 octobre 2026

La presse s’est déchaînée, certes le plus souvent elle a souligné l’incompétence de l’exécutif, Le monde parlait d’un exécutif à bout de souffle, mais le message subliminal qui a commencé à se répandre sur les réseaux sociaux était qu’il fallait envoyer la troupe et tirer dans le tas des émeutiers pour ramener un peu d’ordre. Cette manière sournoise de traiter l’information dans la presse est la preuve éclatante que le pouvoir aujourd’hui en France alimente le feu en espérant être quitte de ses responsabilités. Il n’est pas certain que cela fonctionne, car beaucoup s’ils condamnent les pillages de la racaille, comprennent que la violence est la seule issue au blocage volontaire de la société par le gouvernement en place.

jeudi 15 octobre 2026

La situation en Ukraine est en train de changer

 Un immeuble résidentiel, lors d’une coupure de courant à Kiev, le 9 octobre 2026.

Un immeuble résidentiel, lors d’une coupure de courant à Kiev, le 9 octobre 

Peut-être que la guerre en Ukraine va enfin se terminer, malgré l’acharnement des Européens de la poursuivre jusqu’au dernier Ukrainien. Ça fait des mois, voire des années qu’on pense que l’armée ukrainienne est à l’os, qu’elle n’a plus de soldats, plus de munitions et que ses erreurs stratégiques l’ont déjà menée à la défaite. Mais cette fois il semble bien que cela se rapproche. Il y a des signes. D’abord évidemment les Russes ont accéléré leurs bombardements sur les ressources énergétiques de l’Ukraine et de sa capitale, plongeant celle-ci dans une pénombre difficilement supportable. De nombreux Kiévains ont déjà déménagés et se sont enfuis plus à l’Ouest pour survivre dans des conditions acceptables. Depuis que Zelensky et son gang ont décidé avec l’appui de l’OTAN et des Européens de bombarder la Russie dans la profondeur, faisant quand même des dégâts, les Russes tapent maintenant sur des cibles que, jusque-là, ils avaient épargnées, notamment les ponts sur le Dniepr qui permet à Kiev une circulation à peu près normale. Les Russes détruisent systématiquement toutes les structures logistiques qui permettent de faire circuler les forces militaires, mais aussi les nombreuses petites usines disséminées ici et là pour produire des drones ou des éléments pour les produire. Également le fait que Trump ait refusé de livrer des missiles destinés à la couverture aérienne rend le pays encore plus vulnérable – les arsenaux des Etats-Unis sont à sec, consécutivement à l’échec de la guerre en Iran. 

Antonio Costa, président du Conseil européen, Volodymyr Zelensky, président ukrainien, et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne (de gauche à droite), au siège de la Commission européenne, à Bruxelles, le 18 juin 2026.

Mais il y a autre chose, comme nous le savons, le régime de Zelensky ne tient que grâce à l’argent de l’Europe. A la fin du mois de septembre Zelensky réclamait encore de l’argent, malgré les 90 milliards qu’Ursula von der Leyen et son gang lui avaient accordés pour les années 2026 et 2027[1], avec toujours la même rhétorique selon laquelle il protège l’Europe dans son entier en tenant tête à la Russie. Ce qui est une fable car même si la Russie en avait envie, elle n’aurait jamais les moyens humains même de ne conquérir toute l’Ukraine qu’il faudrait occuper avec des centaines de milliers de soldats russes. Mais depuis le début Zelensky et les Européens ont pris cette habitude de mentir. Donc à la fin septembre Zelensky réclamait 27 milliards supplémentaire pour boucler son budget. Cependant ce qui a changé, c’est que les Européens n’ont plus d’argent et que sur les 90 milliards d’euros promis pour les années 2026 et 2027, ils ne seraient arrivés à n’en trouver que 7 ou 8 ! Que ce soit en France ou en Allemagne, on voit bien que les difficultés financières et économiques de l’Europe ne permettent plus de soutenir cette guerre absurde. Les populations d’une manière ou d’une autre se rebellent, les Allemands votent maintenant contre le parti de la guerre, l’AfD et BSW appellent à la négociation avec la Russie, en France la révolte des lycéens est une image de cette décomposition, et les politiciens qui poussent à la guerre sont de plus en plus impopulaires, qu’ils s’appellent Macron, von der Leyen, Merz ou Burnham, ils tournent le plus souvent en dessous des 20 % d’opinions favorables. 

Le député ukrainien Oleksiy Honcharenko 

Mais c’est aussi à l’intérieur de l’Ukraine que les appels à la paix négociée et donc à l’abandon des territoires perdus arrivent. le député ukrainien d’Odessa, Oleksiy Honcharenko, a fait sensation. Il a appelé directement à des négociations avec la Russie, à une levée des sanctions et bien sûr à admettre que les territoires perdus ne reviendront jamais. Il est membre du parti de Porochenko, c’est-à-dire un parti qui a été le cheval de Troie pour la stratégie étatsunienne de la guerre contre la Russie. Mais il représente Odessa, une ville qui est assez largement pro-russe et qui, si la guerre devait continuer encore longtemps, risquerait de rejoindre les autres territoires perdus de l’Ukraine dans la Fédération de Russie. Ce député dénonce aussi les mensonges habituels de Zelensky, pour lui le retrait des troupes de Kiev était le résultat de l’avancée des négociations d'Istanbul du printemps 2022, autrement dit, il précise ce que nous savons depuis 4 ans et demi que Zelensky a refusé une offre de paix sous la pression des occidentaux, offre qui était bien plus avantageuse que tout ce que l’Ukraine peut obtenir aujourd’hui en prolongeant la guerre et le martyre des Ukrainiens. Honcharenko avance également qu’inexorablement l’Ukraine est en train de perdre la guerre et ce faisant il propose un plan de paix en conséquence pour y mettre fin et d’abandonner les sanctions contre les Russes sur le pétrole et sur le gaz[2]. Évidemment la crapule néo-nazie ukrainienne a mis sa tête à prix sur le site Myrotvorets[3]. Cette réaction explique d’ailleurs pourquoi Zelensky ne peut pas signer la paix lui-même, sa vie ne vaudrait plus rien. Même Le monde le journal pro-guerre le plus virulent de France a été obligé de rapporter ces révélations qui montrent que l’opinion ukrainienne n’est plus favorable à Zelensky. Et encore on ne parle pas de la haine de cette population pour les rafles régulières et sauvages des malheureux qu’on envoie se faire tuer sur le front pour rien. Les Ukrainiens sont aussi très renseignés sur la corruption du gang de Zelensky, les informations circulant plus librement en Ukraine que dans les pays européens où la plupart des journaux s’autocensurent ! Mais en fait Hocharenko dit sans détour ce que dit pourtant sur le mode mineur Zaloujny depuis maintenant quelques mois. 

Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump, Steve Witkoff, envoyé spécial américain et Vladimir Poutine, le président russe, à Moscou, le 5 septembre 2026.

Jared Kushner, Steve Witkoff et Vladimir Poutine le 5 septembre

Trump est en campagne pour limiter les dégâts aux prochaines élections de midterms qui auront lieu le 3 novembre 2026. Il a donc envoyé une fois de plus ses négociateurs Witkoff et Kushner, et ceux-ci ont annoncé que les choses avançaient bien, avec les Russes, comme avec les Ukrainiens. Celle-là on l’a entendue assez souvent. Mais il y a autre chose, Trump vient d’annoncer, à grands coups de trompette comme c’est son habitude, un accord avec Poutine sur le diesel. L’idée est de faire baisser rapidement le prix du gazole à la pompe et de soulager les ménages. Ce faisant les Etats-Unis se retirent des sanctions occidentales. C’est un coup terrible porté à l’imbécilité de la logique européiste jusqu’au-boutiste. Le monde l’a bien compris et dénonce cette rupture qui va accroitre la pression sur Zelensky et sur les dirigeants débiles de l’Union européenne[4]. Le problème est que si les Etats-Unis lèvent progressivement les sanctions contre la Russie, l’Union européenne ne pourra pas les maintenir très longtemps, au risque d’aller à la ruine et à l’éclatement, de nombreux pays refuseront de suivre cette logique suicidaire. Évidemment Zelensky n’est pas content car de fait cela signifie que les Etats-Unis vont faire une pression de plus en plus forte sur lui pour qu’il arrête les frais rapidement, et comme on l’a dit les Européens, en ordre dispersé, n’ont pas les moyens de soutenir sérieusement la guerre avec la Russie, même pour la continuer sans perspective de gagner quoi que ce soit d’autre que de nouvelles croix dans les cimetières de l’Ukraine. On a appris également cette semaine par le quotidien britannique The Guardian, selon lesquelles 176 000 tonnes de produits, « principalement du gazole », avaient été expédiées de Corée du Sud vers la Russie en juillet et en août. Ces livraisons ont été critiquées par Kiev. ce qui montre que les Etats-Unis ne sont pas le seul pays qui se moque des sanctions et qui les contourne. C'est à tout le moins l'image que les pays du bloc occidental, en dehors des bureaucrates de Bruxelles en ont assez de ces fantaisies qui pourrissent les économies du monde entier et qui ne produisent rien comme résultat. Le 10 octobre Trump a avancé qu'il était temps que l'Ukraine change de président ! Après l'annonce de Trump que les Européistes qui sont toujours en retard d'une bataille, n'avaient pas prévue, il fallait voir les trépignations de la semi-idiote, la corrompue Kaja Kallas, c'était assez réjouissant ! 

Kaja Kallas en conférence de presse, le 8 octobre 2026

Les réfugiés ukrainiens sont de plus en plus mal acceptés dans les pays limitrophes. C’est évidemment le cas de la Pologne qui hait littéralement les Ukrainiens depuis la nuit des temps et qui n’a pas supporté les célébrations à répétition de la mémoire des nazis ukrainiens qui s’étaient rendus coupables de massacres de masse de Polonais[5]. Ce pays ne veut plus prolonger l’aide aux réfugiés ukrainiens, refuse également que l’Ukraine rejoigne l’Union européenne. Des bagarres entre Polonais et Ukrainiens ont lieu tous les jours. Et en effet pourquoi les Polonais devraient supporter chez eux et financer des donneurs de leçon ukrainiens qui par ailleurs se sont cachés bien loin du front. La majorité des Polonais qui sont extrêmement nationalistes, ne veut plus d’eux[6]. Elle veut qu’ils rentrent chez eux ! Le monde a rendu compte très tardivement d’ailleurs de cette haine. Mais ce journal idiot parle d’une « instrumentalisation des peurs », c’est-à-dire que ce journal idiot plaque les éléments de langage qu’il utilise pour parler du rejet des immigrés en France sur la situation en Pologne. C’est ridicule car pour comprendre la profondeur de ce rejet il faudrait aussi le relier à ce qu’en pensent les Hongrois, les Roumains ou les Bulgares qui eux aussi ne veulent plus de ces Ukrainiens arrogants qui leur coûte très cher[7]. Notez que l’Union européenne – c’est-à-dire la bureaucratie de von der Leyen – tente de contourner cette question en parlant d’une adhésion accélérée de l’Ukraine votée à la majorité qualifiée ! On reviendra plus tard sur cette question, car von der Leyen compte bien continuer l’élargissement de l’Union européenne vers l’Est en intégrant l’Ukraine et quelques pays du Caucase. Mais elle ne peut réaliser ce projet impérialiste sous domination allemande qu’à deux conditions, d’abord que l’unanimité soit levée pour ce genre de fantaisie, ensuite que l’Allemagne y voit un intérêt pour son économie. Ces deux conditions ne sont pas près d’être levées, mais si elles l'étaient, elles pourraient accélérer la dislocation de l’Union européenne.



[1] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/30/guerre-en-ukraine-une-nouvelle-demande-d-aide-financiere-qui-passe-mal-a-bruxelles_6786112_3210.html

[2] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/10/07/l-ukraine-est-en-train-de-perdre-la-guerre-le-plan-de-paix-d-un-depute-d-odessa-provoque-un-tolle-a-kiev_6789592_3210.html

[3] https://ukrmedia.news/en/politics/goncharenko-myrotvorets-vykliuchennia-yes/

[4] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/10/10/un-accord-sur-le-gazole-entre-trump-et-poutine-au-grand-dam-de-l-ukraine-et-de-ses-allies_6790903_3210.html

[5] https://ingirumimusnocte2.blogspot.com/2026/07/la-degradation-de-limage-de-lukraine.html

[6] https://www.20minutes.fr/monde/ukraine/4182807-20251118-guerre-ukraine-rentrent-chez-pologne-lassitude-monte-envers-refugies-ukrainiens

[7] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/10/09/en-pologne-l-instrumentalisation-des-peurs-nourrit-les-ressentiments-contre-les-refugies-ukrainiens_6790606_3210.html

mardi 13 octobre 2026

Raphaël Glucksmann candidat de la gauche dégénérée et la fin du PS

Glucksmann a gagné, il est content, et Jadot qu’on voit derrière lui, également 

Lors de la primaire de la gauche en 2012, Hollande avait été désigné comme candidat lors d’un vote de 2,8 millions de votants avec 56,57% des voix, soit près d’1 million six cents mille voix. Pour la primaire de 2026, le PS a réuni pour la primaire 120 000 votants et Glucksmann l’a emporté avec moins de 80 000 voix ! Certains ont dit que le coût d’entrée était élevé, 15 € pour aller départager entre Faure, Maurel, Ségolène Royal, franchement ce n’est pas donné. Mais je ne suis pas sûr que ce spectacle aurait été beaucoup plus suivi en abaissant le tarif à 1 €.  D’autres ont avancé que ce vote a été entaché d’irrégularités et que massivement ce sont des macroniens qui sont allés voter ; 90% des votants n’avaient pas la carte du PS ! Le plus singulier est que le PS d’aujourd’hui, sorte d’armée mexicaine en déroute, n’a plus les capacités à générer un candidat et doit se rallier à un candidat venu de l’extérieur. Glucksmann a passé son temps à dire que le PS était un parti de connauds sans avenir, ce qui ne l’empêche pourtant pas de jouer les Bernard L’Hermite et de se réclamer de lui. Rappelons le parcours sinueux de Glucksmann, en 2005, il bénéficie de la formation des Young Leaders aux Etats-Unis. En 2006 il rejoint Alternative libérale qui comme son nom l’indique est libéral sur le plan économique comme sur le plan des mœurs. En 2007 il soutient publiquement Nicolas Sarkozy au côté de son père ancien maoïste échevelé, hérault de la guerre du peuple contre l’impérialisme US, mais qui opportunément se converti au reaganisme décomplexé. En ⁠2008 il publie dans la revue Meilleur des Mondes, produite par un think-tank néoconservateur (cercle de l'oratoire), fondé en 2001 pour soutenir la politique de G.W.Bush en Irak. C’est probablement son père qui lui a fait rejoindre le cercle des néo-cons. 

Raphaël Glucksmann, une éducation politique passée par la Géorgie

Raphael Glucksmann ici avec l’agent de la CIA Mikhail Saakhasvili 

Et c’est par le biais de ce cercle qu’il va devenir le conseiller du nouveau président de la Géorgie en 2009 qui est non seulement un agent stipendié de la CIA, mais qui en outre est un homme de la droite dure. Glucksmann qui ne comprend pas grand-chose en économie et encore moins sur le reste, adhère à cette politique à la tronçonneuse qui pousse à la baisse des salaires, la défiscalisation des profits et à la destruction du système social. On reprochera à Saakashvili sa brutalité, emprisonnement torture des opposants, etc. Le peuple va le chasser du pouvoir et avec lui Glucksmann le fils et son épouse Eka Zgouladze qui était la ministre de l’intérieur d’un gouvernement particulièrement répressif. Les Ricains recyclent les fuyards en Ukraine, Saakhashvili devient le gouverneur de l'oblast d'Odessa, Gluglu le conseiller de Porochenko, marionnette des Etats-Unis, et la femme de Glucksmann devient sous ministre de l'intérieur. Il faut savoir qu’à ce moment là le gouvernement ukrainien est fabriqué directement à Washington, 60% des ministres sont étrangers. Nathalie Jaresko, économiste reçoit le portefeuille de l’économie en même temps que la nationalité ukrainienne. Elle est née à Chicago et a travaillé pour le Département d’État. Son travail sera de restructurer la dette ukrainienne, et de faire passé un décret afin de Black Rock et Monsanto puissent acheter des terres agricoles à l’Ukraine ! Mais les Ukrainiens finalement vont virer toute cette clique Glucksmann rentrera en France et son épouse se fera arrêter à l’aéroport de Kiev avec une mallette contenant 6 millions de dollars ! On ne peut pas dire que Glucksmann porte chance à ceux qu’ils conseillent ! 

Glucksmann enfariné le soir du 11 octobre 2026 apparemment d’un militant de la France Insoumise 

En ⁠2014 alors qu’on commence à discuter d’une réforme des retraites, Glucksmann livre une confidence de haute volée au journal Le monde qui le soutient depuis le début : « Ça ne m'a jamais fait vibrer de manifester pour les retraites ». Le monde le soutient parce qu’il est européiste, libéral en économie et atlantiste, entre atlantistes c’est bien le moins qu’on puisse faire que de se soutenir. En 2015 il soutient Alexei Navalny, adversaire d'extrême-droite de Poutine, habitué du défilé ultranationaliste annuel sous la banderole « Arrêtons de nourrir le Caucase ! », candidat à la mairie de Moscou sur la promesse d'expulser les étrangers de la CEl, « responsables de 50% des crimes en Russie ». En 2017 il dira « Je suis fier de l'élection d'Emmanuel Macron ! », bien qu’aujourd’hui il raconte aux imbéciles qu’il faut rompre avec le macronisme. Autre fait d’arme important, il est le compagnon de Léa Salamé avec qui il s’était fait photographier pour Paris Match ! sans doute pensait il refaire le coup de la photo du couple Macron en 2017 ! Rappelons que Ghassan Salamé, le père de Léa, est un relais important des multiples think tanks gérés par la galaxie de George Soros dont on connait le rôle important dans le développement de ce qu’on a appelé les révolutions de couleur qui ont été aussi la grande affaire de Raphaël Glucksmann. 

Photo by Benedicte Parris (@parisbenedicte66) · August 13, 2026

Le couple Glucksmann-Salamé rejouant tant qu’il y aura des hommes 

Ridicule, Glucksmann l’est bien évidemment, de A jusqu’à Z. Il possède le charisme d’une huitre, mais d’autres ont été élus avec aussi peu d’aisance, regardez Hollande. La question importante est celle-là : Glucksmann a-t-il un programme ? La réponse est non. Donnons quelques exemples. D’abord sur les salaires il propose une hausse du SMIC pour porter celui-ci à 1 600 € en deux ans, alors qu’il est aujourd’hui de 1477,93 €. Cette augmentation qui ne tient pas compte de l’inflation, correspondrait à environ 60 € la première année et à 120 € la seconde ! Évidemment si on enlève l’inflation cela fera à peut près la moitié. Ce qui n’est pas très important, de quoi se payer un café quoi. Il est également pour l’abrogation de la loi de 2023 sur les retraites. Il lui substituerait un âge différencié en fonction de la pénibilité des métiers. Cette idée serait évidemment retoquée par le conseil constitutionnel pour la bonne raison qu’elle romprait avec l’idée d’égalité des citoyens devant la loi. Tout ça reste assez convenu, comme son idée de taxer un peu plus les plus riches. 

Européennes 2024. Glucksmann dévoile son programme pour une « puissance  écologique »

Sur le plan de la politique étrangère, il propose de nouveaux abandons de souveraineté, par exemple en poussant à l’idée moisie d’une défense européenne, mais également il voudrait réformer le fonctionnement de la Commission européenne en passant à la majorité qualifiée, ce qui ôterait le droit de véto. Ce qui veut dire clairement que tout se déciderait à Bruxelles, ce qui n'est pas encore tout à fait exact. Pour compléter cette forfaiture, il propose d’augmenter massivement le budget européen, donc diminuer symétriquement le budget national. Également comme les pays européens sont à moitié ruinés à cause de la guerre en Ukraine, il propose de lancer un grand emprunt européen qui servirait aussi bien à financer la défense que la transition écologique, histoire d’attirer le vote des écolos ! C’est le genre d’idée idiote qu’on trouve dans tout le bloc central. Il n’est pas étonnant qu’il ait annoncé clairement que cela ne le dérangerait pas de travailler avec les résidus du macronisme et avec Les Républicains. Glucksmann passe généralement pour un soutien d’Israël, mais son programme propose de suspendre l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël, sanctionner les colons et soutenir l'émergence de deux États. C’est une idée qui court en ce moment du côté de Bruxelles. 

Présidentielle 2027 : pourquoi le PS ne veut pas soutenir Raphaël Glucksmann  sans contrepartie – Libération

Il a tout de même une drôle de tête 

Passons sur sa voix de fausset et sur son manque de charisme. Sur le plan tactique Glucksmann a un problème. Il exclut de s’allier avec la FI pour les législatives. Mais cela veut dire qu’il devra s’allier avec les macroniens et avec les Républicains, ce qu’il a avoué ! Tout en se disant de gauche, c’est un grand écart remarquable, d’autant plus que pour l’instant le PS en perdition n’a absolument pas renoncé à ses alliances avec le parti de Mélenchon, pour une raison très simple c’est que les socialistes savent ce que celle-ci leur a rapporté en nombre de députés ! Même Le monde qui soutient Glucksmann comme auparavant il a soutenu Macron, s’est aperçu de cette contradiction[1]. Imaginez que Mitterrand se soit passé d’une alliance avec le PCF, il est clair qu’il ne serait jamais arrivé au pouvoir. L’idée générale de ceux qui croient que Glucksmann a un destin, est qu’on doive aller vers une grande coalition qui irait des Verts en perdition, jusqu’aux Républicains, en passant par les résidus du macronisme. Cette idée loufoque ne tient pas compte du fait que plus le PS marchera dans les combines de Glucksmann et plus il disparaitra, du côté des LR c’est pareil, plus les Républicains se rapprocheront de Glucksmann et plus les électeurs qui lui restent partiront du côté du Rassemblement National.



[1] https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2027/article/2026/10/12/presidentielle-2027-refuser-toute-alliance-avec-lfi-aux-legislatives-l-engagement-fragile-de-raphael-glucksmann_6792415_6205049.html

dimanche 11 octobre 2026

Le mouvement des lycéens, causes et conséquences

Pas assez grand pour être écoutés, mais assez pour être gazés » : À  Bastille, un parfum de révolution chez les lycéens

Manifestation du 9 octobre 2026, place de la Bastille 

La longue séquence du mouvement des lycéens qui est loin d’être terminée, appelle quelques réflexions immédiates. La première est que malgré une propagande honteuse, les Français sont solidaires des lycéens, c’est-à-dire qu’ils ont conscience que notre société en décrépitude accélérée est incapable de donner un avenir à cette jeunesse très désorientée. D’un côté on nous dit qu’il faut faire des enfants en grande quantité pour compenser le vieillissement de la population française, mais de l’autre à ces enfants on promet une guerre de cent ans avec la Russie, la retraite à 70 ans, des mauvais salaires et une précarité accrue. Alors bien sûr l’éducation va à vau-l’eau, non seulement comme le montre les tests PISA[1], c’est un désastre, mais c’est la conséquence d’un système à deux vitesses, d’un côté les lycées puis les filières d’élite, et de l’autre un enseignement de masse qui se délite complètement, mais ce désastre est l’image d’une société sans avenir, construite ou déconstruite, comme vous voulez, méthodiquement depuis quarante années. Et c’est ça qui est le plus grave. Ajoutez à cela que nous n’avons plus de gouvernement depuis la dissolution de 2024 et vous vous trouvez face à un vide difficile à combler. Le gouvernement a mis beaucoup de temps à réagir, misant dans un premier temps uniquement sur la répression, puis racontant à peu près n’importe quoi pour gagner du temps. Biscornu pensait désamorcer la crise en disant qu’il présenterait son plan pour les lycées à la fin du mois, c’est-à-dire au moment des vacances de la Toussaint[2]. Mais la mobilisation s’amplifiant, il a fallu envoyer l’improbable ministre de l’éducation sur le front médiatique, où il s’est montré rapidement dépassé, ne sachant plus quoi dire. Dernier exemple en date, comme les lycéens soulignent avec constance l’absence de professeurs dans telle ou telle matière, tout soudain le petit monstre qui tient le poste de ministre de l’éducation, après que la flicaille ait bastonné les gosses, comme la mobilisation dure encore, trouve 3 000 professeurs qui seront engagés dans la semaine ! Cynisme ou imbécilité, ce gouvernement aux abois se moque clairement de nous. 

On avait dit à la rentrée qu’il manquait 4 000 postes d’enseignants[3], mais le gouvernement n’a rien fait, trop occupé à chercher des solutions sans toucher aux revenus des plus riches pour donner l’idée d’un budget sur la voie de l’équilibre[4]. Le problème n’est pas nouveau, mais on disait que l’éducation nationale avait du mal à recruter ! Puis tout soudain on trouve comme ça 3 000 profs ! D’où sortent-ils, on se le demande, alors qu’on nous disait qu’on n’arrivait pas à recruter. C’est juste un effet d’annonce pour calmer le jeu parce que la phase répressive n’a pas donner les résultats escomptés, au contraire, celle-ci a élargi le soutien des adultes au mouvement. Cependant si les Français soutiennent majoritairement le mouvement des lycéens, ils portent un regard très sévère sur la France Insoumise qui a tenté sans beaucoup de succès de récupérer le mouvement à son profit à travers les pitreries de Bagayoko – le maire de Saint-Denis – ou de Louis Boyard qui ont cherché à jeter de l’huile sur le feu. Il n’est pas certain que ce mouvement profitera en 2027 à Mélenchon dans les urnes, je pense même que ce sera le contraire. Ce soutien massif montre non seulement que les Français haïssent les résidus gouvernementaux de la macronie, mais qu’ils ont aussi une claire conscience des dégâts que les derniers gouvernements ont infligés à notre système éducatif qui jadis était un des meilleurs du monde et qui aujourd’hui se traine dans les tréfonds des classements mondiaux, en concurrence avec les pays du tiers monde. 

Bagayoko dans ses œuvres, on dirait un mauvais acteur du cinéma muet 

Les manifestations du 9 octobre 2026 ont été nombreuses et très suivies, souvent encadrées par des parents d’élèves. La Bastille était noire de monde, la mobilisation s’étendant bien au-delà du peuple des lycées. Ce qui n’a pas empêché la milice de Macron de charger avec brutalité, que ce soit à Marseille ou à Paris et de faire usage des canons à eau. Cette brutalité est l’image de marque du fascisme macronien depuis au moins 2018 et les Gilets jaunes, mais cela avait commencé avant avec la répression des manifestations contre les lois dites El Khomri – lois Macron en réalité – qui visaient à une destruction accélérée du droit du travail. Les premiers chiffres que nous avons sur cette répression montre que nous avons maintenant basculé dans une forme de société anti-démocratique dont la seule raison d’être est le matraquage de tous les récalcitrants. Ici et là on a vu des policiers – miliciens imbéciles de la macronie – lancer leur voiture directement contre les manifestants. Cette répression policière hors norme qui est la honte de l’Europe, va de pair d’ailleurs avec les formes de censure qui se développent jour après jour dans toute l’Union européenne, voir par exemple les sanctions appliquées à tous ceux qui critiquent la politique européiste d’agression contre la Russie ou qui dénonce la gabegie du soutien financier de l’Europe au gang de Kiev, ou encore cette volonté d’accroître le contrôle de ce qui se dit sur les réseaux sociaux. Tous les sondages montrent que cela ne passe pas et que les Français, comme les Allemands ne sont pas dupes de la situation dans laquelle on se trouve : l’appauvrissement de l’Union européenne engendre la décomposition des services publics, de la santé comme de l’éducation, et par suite génère des politiques policières répressives. De plus en plus souvent et contre les politiciens moutonniers qu’ils soient de gauche ou de droite, les Français se rendent bien compte que l’argent qu’on donne pour entretenir une guerre ingagnable en Russie ou qu’on attribue aux industries d’armement vient à manquer pour les politiques d’éducation et de santé. On voit bien que l’endettement extravagant de la France, résultat de quarante années d’européisme forcené des politiciens qui se sont succédés à la tête de l’État, oblige le gouvernement à faire un grand écart, d’un côté à dépenser sans compter pour l’Europe et pour l’Ukraine, et de l’autre de serrer la vis à tout ce qui peut de près ou de loin ressembler à des dépenses sociales. Mais on sait depuis longtemps que les dépenses de santé et les dépenses d’éducation sont des dépenses d’infrastructure comme disent les institutions internationales, le FMI ou la Banque mondiale, qui, si elles contribuent au bien-être les citoyens sont aussi indispensables à la cohésion économique. Croire qu’on puisse s’en passer en s’en remettant aux seules forces du marché c’est ce que nous racontent des imbéciles comme David Lisnard ou Sarah Knafo, mais c’est ce qui a coûté son poste de premier ministre à Margaret Thatcher. 

Peut être une image de texte

Les chaines de désinformation en continu se sont distinguées en mettant en scène la racaille qui brule des poubelles et des lycées, avec pour but de discréditer le mouvement. Il s’avère ainsi que cette racaille-là est bien utile au pouvoir, c’est son meilleur allié, un peu comme le lumpen prolétariat était pour Marx le meilleur allié de la bourgeoisie. On a remarqué que ces individus cagoulés quand ils n’étaient pas carrément des flicaillons en civil, venaient des banlieues, et avaient le temps de mettre le feu avant que les forces du désordre n’interviennent. C’est la technique habituelle du pourrissement, mais cette fois ça n’a pas marché, sauf auprès des imbéciles de droite qui veulent réprimer tout ce qui bouge sans distinction entre le bon grain et l’ivraie. Les micro-trottoir ont été soigneusement choisis pour fait passer les lycéens pour des analphabètes, des privilégiés et des imbéciles. Nous savons bien entendu que les lycéens d’aujourd’hui, pour des tas de raisons que nous ne développerons pas aujourd’hui, sont très mal éduqués, c’est un fait, mais tenter de faire croire que cette jeunesse est seulement stupide relève du mensonge avec la complicité habituelle de la canaille des journalistes qui eux pour le coup non seulement sont stupides, mais en plus habités par l’esprit du larbinat. Le message était clair : les lycéens étant des abrutis, il n’est pas utile de leur donner la parole ! C’est une contre-vérité, quiconque a des enfants sait bien que cela n’est pas vrai et que le problème est ailleurs. 

Colère des lycées : 5000 gardes à vue depuis le début du mouvement, un  jeune blessé gravement... Revivez cette journée

Les racailles mettent le feu aux poubelles, ce qui fera un prétexte à la milice pour bastonner les lycéens 

Les chaines de désinformation en continu ont donc aidé le pouvoir chancelant en place en tentant de discréditer le mouvement, elles ont donc mis en scène de faux débats – Macron est un spécialiste de ce type d’évitement – pour faire croire que la jeunesse les intéressait et que les journalistes, bien plus idiots que les lycéens, faisaient un grand effort pour les comprendre. Avant on faisait des commissions, maintenant on fait des débats. Le plus souvent on choisit des ignorants ou des imbéciles pour noyer le poisson. Le 7 octobre 2026, LCI la chaîne qui nous explique depuis bientôt cinq ans que les Russes sont foutus en Ukraine et que Zelensky est un champion de la démocratie, s’était surpassée. Elle a organisé un débat en mettant face à face un imbécile heureux, Elwan Benoit, le lycéen qui s’était fait stupidement remarquer en allant embrasser Mélenchon avec autour du cou un keffieh – on a la soumission qu’on peut – et Louise Montagon, une étudiante proche du RN, si j’ai bien compris, et membre du syndicat UNI. Autrement dit on réunit deux « extrêmes » et on néglige évidemment la masse des lycéens et des étudiants qui ne sont encartés nulle part, c’est une manière de refermer le débat entre deux apprentis politiciens qui ont déjà à cet âge la faculté de manier la langue de bois et de s’écouter parler. C’est évidemment Elwan Benoit qui à ce petit jeu est passé le plus facilement pour un abruti, non seulement à cause de la cuistrerie de son argumentaire, mais aussi de ses mimiques idiotes qui accompagnaient les gens qui parlaient en face de lui. Cependant ce débat a révélé que la question lycéenne n’en était pas une et qu’en fait il s’agissait du délabrement complet de l’État et de sa quasi disparition.   

On peut toujours critiquer les jeunes adolescents, dire qu’ils se laissent aller à suivre n’importe quoi, n’importe qui – ce qui à mon sens est faux – mais en vérité il faut comprendre qu’ils sont en train de faire leur propre éducation politique. Ils restent en dehors du lycée, passent un temps infini à bavarder de tout et de n’importe quoi, apparemment d’une manière décousue, mais cela participe de leur éveil et leur donne l’occasion de mieux comprendre les choses de la vie, aussi bien sa dureté que les difficultés de son changement, sans parler du fait qu’ils apprennent aussi en même temps à déjouer les mensonges des adultes qu’ils soient policiers ou politiciens. Cette quête désordonnée de liberté est à mon sens un très bon investissement pour l’avenir. Il faut cesser d’incriminer la jeunesse, de croire que c’est juste un ramassis d’imbéciles. Que veut-on les garder sous cloche en attendant que la jeunesse se passe et que de lycéens ils deviennent à leur tour des vieux cons, aigris et peu remuant ? Beaucoup qui soutiennent le mouvement des lycéens soulignent que leurs revendications sont justifiées, eu égard la décomposition du système éducatif français. Mais on aurait tort de croire que ces revendications suffisent à expliquer ce vaste mouvement. Il s’agit de bien plus de ça, ces jeunes gens rejettent au fond l’avenir sinistre qu’on leur promet, et s’ils en veulent un autre, plus riant, pour l’instant ils ne savent pas le dessiner !


[1] https://ingirumimusnocte2.blogspot.com/2026/09/les-resultats-des-tests-pisa_02057268552.html

[2] https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/10/07/face-au-mouvement-lyceen-le-gouvernement-se-donne-du-temps-au-risque-de-l-enlisement_6789649_3224.html

[3] https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/10/08/l-arrivee-de-3-000-enseignants-remplacants-une-reponse-partielle-a-un-probleme-toujours-endemique-dans-l-education-nationale_6790288_3224.html

[4] https://www.letudiant.fr/lycee/a-la-rentree-plus-d-un-etablissement-sur-deux-manque-d-au-moins-un-professeur.html

Les manifestations et les violences urbaines du 17 octobre 2026

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