mercredi 1 juillet 2026

L’évolution de la situation en Ukraine

Alexus Grynkewich, chef des armées de l'OTAN en Europe : « En cas de menace  avérée, nous sommes prêts à défendre nos populations »

Le général Alexus G. Grynkewich et Mark Rutte 

Ces derniers jours on doit d’abord noter la déclaration du commandant suprême des forces otaniennes. Interrogé sur une possible attaque russe contre les Pays baltes, le général Alexus G. Grynkewich, SACEUR, a affirmé que Moscou n’avait aucune intention d’attaquer un pays de l’OTAN et donc aucun pays européen[1]. Cette déclaration est importante pour deux raisons. La première est qu’elle détruit le narratif des va-t-en-guerres, cette conjuration des imbéciles sous la houlette du drogué de Kiev et de son gang qui comprend Kaja Kallas, Ursula von der Leyen, Merz, Macron et Starmer, et qui a décidé qu’il fallait s’armer et se préparer à une guerre longue contre la Russie, au détriment de tout autre objectif économique, politique et social. Tous ces va-t-en-guerres sont chez eux en perte de vitesse et désavoués par leur opinion publique. Le second point est que les déclarations de Grynkewich s’opposent à celles de Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN qui lui au contraire appuie la volonté de l’Occident de se surarmer pour faire une guerre longue et ruineuse à la Russie à partir de 2030, et, parallèlement et toujours, verser des sommes démentes au gang de Kiev. Les positions étatsuniennes semblent s’éloigner de plus en plus des positions européennes qui prônent la guerre et le surarmement à tout crin. Manifestement l’OTAN ne parle pas d’une seule et même voix. 

Ces dernières initiatives se déroulent au milieu de scandales de l’utilisation de ces fonds.  Les Ukrainiens revendent les armes qu’on leur paye aux mafias locales en Europe, mais aussi dans les États africains en voie de déstabilisation. Une partie de ce commerce illégal est camouflé par les journalistes idiots qui parlent d’une revente de l’expertise ukrainienne au monde entier[2]. Ça n’a aucun sens, parce que si l’armée ukro-otanienne manque de tout pour se défendre contre la Russie, on ne comprend pas qu’elle revende ses armes et ses drones payés par le contribuable européen à des pays africains, si ce n’est qu’il s’agisse de corruption à grande échelle directement organisée par le gouvernement ukrainien. On sait cela depuis au moins 2023, une grosse partie de l’armement livré aux Ukrainiens se retrouve en Espagne, en Amérique latine, en Afrique bien sûr. Ce sont des armes légères, mais pas seulement, on a retrouvé un peu partout dans le monde, des missiles Javelin et des systèmes de défense Patriot qui pourtant dit-on manquent cruellement sur le front.  Macron et son gang ont tenté de nous faire croire qu’à l’issue du G7 d’Evian, les Etats-Unis allaient revenir sur leur décision de ne plus fournir de systèmes antimissiles à l’Ukraine, c’est manifestement faux, non pas qu’on puisse faire confiance en quoi que ce soit à Trump ou aux Étatsuniens en général, mais ils n’en ont plus ! 

Échange de corps entre les Russes et les Ukrainiens 

Les européistes s’accrochent à l’idée – mais ce n’est qu’une idée – que les Russes sont en grande difficulté sur tous les plans. La réalité est bien différente. Le 11 juin 2026, on apprenait que les Russes et les Ukrainiens avaient échangé des corps des soldats tués sur le front. Cette nouvelle a été peu commentée, pourtant elle en dit long sur le déséquilibre des forces en présences. La Russie a remis 522 nouveaux corps à l’Ukraine, principalement de combattants présumés, a annoncé le Centre ukrainien chargé des prisonniers de guerre sur Telegram, ces échanges constituant l’un des rares aboutissements des négociations entre les deux pays. Les défunts devront encore être identifiés, a-t-il précisé. L’Ukraine a, de son côté, remis 33 corps à la Russie, selon le député russe Chamsaïl Saraliev, membre du groupe de coordination parlementaire sur le conflit, cité par le média RBK. Kiev n’a pas précisé avoir remis de corps à la Russie. On constate que le rapport est de 1 à 16. Cela signifie clairement que sur le front les Ukrainiens ont beaucoup plus de pertes humaines que les Russes, malgré les mensonges que débitent à longueur de temps les journalistes occidentaux. C’est exactement comme pour les échanges de prisonniers, l’Ukraine a des difficultés à réunir autant de prisonniers pour arriver à parité avec les Russes lors de ces rencontres. 

De la fumée noire s’élève de la raffinerie de pétrole de Gazprom Neft, située dans la banlieue sud-est de Moscou, le 18 juin 2026.

De la fumée noire s’élève de la raffinerie de pétrole de Gazprom Neft, située dans la banlieue sud-est de Moscou, le 18 juin 2026 

Pour tenter d’exister les Ukrainiens avec la complicité des britanniques et des étatsuniens produisent des actions terroristes sur le territoire russe. Les Européens et les Étatsuniens justifient ces actions et se faisant s’en rendent complices d’une guerre à laquelle ils participent de mille et une manière. On sait qu’en Ukraine les Étatsuniens, même s’ils arrivent à faire payer le coût de cette guerre à leur valetaille européenne, sont très présents de partout, dans les couloirs des ministères, et dans les services de la défense. Sans eux et sans l’aide de la puissance électronique des occidentaux, les Ukrainiens seraient incapables de lancer ces opérations terroristes sur la Russie et maintenant sur la Biélorussie[3]. En même temps le bouffon de Kiev menace ce pays de représailles s’il ne démantèle pas les installations logistiques dans ce pays, installations qui servent notamment à détecter les drones et les missiles qui sont tirés sur la Russie et qui passent par les pays baltes. C’est un ultimatum ridicule, bien dans la manière de Zelensky sous l’emprise de la cocaïne, mais qui confirme que les occidentaux se lancent à fonds dans une guerre hybride, faite de désinformation et d’attaques terroristes. Les Ukrainiens guidés par les Occidentaux visent souvent des raffineries de pétrole. Ce qui ne change pas grand-chose, mais cela fait des belles images et peut parfois priver, comme en Crimée, la population d’essence pendant quelques jours. Ils visent également directement les populations civiles du Donbass, mais quand on interroge celles-ci, on se rend compte qu’elles sont toujours du côté des Russes et certainement pas dans la position de populations occupées. D’ailleurs elles se déclarent russes et veulent continuer à parler leur langue maternelle. Dans les pays Baltes, la lutte contre la langue russe s’intensifie encore[4]. C’est la contribution des pays nordiques à cette sorte de guerre hybride que mène l’Union européenne contre la Russie, avec le trucage systématique des élections en Roumanie, en Hongrie, en Moldavie ou en Bulgarie. Comme on le voit la Commission européenne passe son temps à mentir et à violer ses propres traités dans le sens d’une dictature aggravée. Les champions de la diversité qui trouvent très bien qu’en France on parle breton, basque ou corse, dénie cette même diversité linguistique aux personnes russophones. 

Aucune description de photo disponible.

Une frappe de drone ukrainienne sur un bus d’enfants le 17 juin 2026, ce bus était identifié comme un bus conduisant des enfants en vacances en Crimée, les manipulateurs de drones avec la complicité des occidentaux ne pouvaient pas l’ignorer 

Manifestement le but des attaques de drones qui visent des bus ou des collèges et tuent des enfants ont pour but de semer la terreur et un vent de panique dans la population russe. C’est le plan manifestement des Occidentaux. Mais cette stratégie si elle peut impressionner sur le plan de la communication, est incapable de provoquer la panique des Russes, à l’inverse, ils réclament une action plus radicale contre les ukronazis soutenus par les Occidentaux hypocrites. D’autres attentats ont eu lieu à Briansk, carrément en Biélorussie que l’Ukraine cherche manifestement à entraîner dans la guerre parce qu’une guerre avec ce pays pourrait s’élargir à la Pologne, mais par les temps qui courent les Polonais ne sont pas près de faciliter les plans de Zelensky. Le comité d'enquête a identifié les personnes impliquées dans l'attaque terroriste contre un bus avec des enfants biélorusses dans la région de Briansk le 17 juin 2026. Les sournois Ukrainiens ont évidemment dit qu’ils n’étaient pour rien dans ces crimes de guerre. Les coupables de l'attentat terroriste sont le commandant des forces sans pilote de l'armée ukrainienne, Robert Brovdi, et le chef du conseil général des renseignements militaires de l'Ukraine, Oleg Ivashchenko, qui a donné des conseils et donné l'ordre d'attaque. Les auteurs de l'attentat terroriste ont également été identifiés : Dmitry Tkachenko - un soldat de l'unité des systèmes "Chimère" sans pilote en 105, régiment frontalier du Service national des frontières de l'Ukraine. Igor Wukow - soldat du commandement frontalier de réponse rapide "Skwał" 7, régiment frontalier du Service national des frontières de l'Ukraine. Władysław Naum - Soldat 73. Centre des opérations spéciales maritimes de l'armée ukrainienne. Un mandat d’arrêt international a été émis à l’encontre des deux premiers cités. 

Deux criminels de guerre ukrainiens, responsable de l’attentat terroriste 

Tout cela ne doit pas masquer que sur toute la largeur du front, l’armée ukrainienne recule et que les dernières lignes de défense sont en train de tomber une à une. Dans le graphique ci-dessous que nous empruntons à Jacques Baud, fin connaisseur de la question militaire – et pour cela sanctionné par la Commission européenne – on peut mesurer que depuis un an et demi, ce sont bien les Russes qui sont à la manœuvre et qui gagnent du terrain rn infligeant de lourdes pertes humaines et matérielle à l’Ukraine. Seuls des imbéciles comme Macron peuvent faire semblant de croire que c’est l’inverse qui se passe, mais celui-là n’en est plus à une fable près. Le 25 juin 2026 il célébrait dans son style bouffon si singulier tout le travail immense et positif qu’en 9 il avait accompli – sous entendant que les Français sont juste des râleurs qui ne se rendent pas compte des bienfaits que cet homme thaumaturge a amené avec lui. C’est digne des fanfaronnades de Trump. « Ils savent que nous savons qu’ils mentent. Nous savons qu’ils savent que nous savons qu’ils mentent. Et pourtant, ils continuent de mentir. » disait Soljenitsyne. 

 

L’autre fable entretenue par les médias occidentaux est que l’économie russe serait en grande difficulté. Passons sur le fait que l’économie européenne est entrée en pleine récession et endettée jusqu’à l’os. Mais non l’économie russe se porte plutôt bien. Avec la crise en Iran les pays asiatiques, dont le Japon, ont passé des accords avec la Russie pour obtenir du pétrole, du gaz et de l’aluminium, en échange d’une levée partielle des sanctions, et les exportations sont en forte hausse. Il n’y a pas de chômage. On constate, à l’inverse de ce qui se passe en Occident que la hausse des salaires réel est générale depuis 2022, mais plus pour les ouvriers que pour la bourgeoisie. Un signe de cette bonne santé est un taux de change du rouble en hausse par rapport au dollar et une production de voitures en hausse – notamment dans les anciennes usines Renault que la France a bêtement abandonné en 2022. Bien entendu tout n’est pas rose, et il y a une politique monétaire restrictive plus handicapante que les sanctions, politique qui oppose la banque centrale gouvernement. 

Depuis l’entrée en guerre de la Russie en Ukraine, la croissance Russe est nettement supérieure à celle de l’Union européenne. En PPA la Russie est devenue la 4ème économie du monde 3,9%, derrière la Chine 22%, les Etats-Unis 15% et l’Inde 7,5%. Le volume de ses exportations montre d’ailleurs qu’elle n’est pas du tout isolée et donc que globalement, même si elles ont été handicapante pour l’économie russe, les sanctions décidées unilatéralement et sans base juridique contre la Russie par l’Occident global, n’ont eu aucune efficacité, si ce n’est qu’elles ont quasiment conduit l’économie européenne et particulièrement l’économie allemande à la ruine. Il ne faut donc pas compter sur les sanctions idiotes de l’Union européenne emmenée par les femmes sanguinaires comme Ursula von der Leyen qui est est l'arrière-petite-fille du baron russe du XIXe siècle, Lev Guerassimovitch Knoop, ou Kaja Kallas dont le père, Siim Oudovitch Kallas, était un communiste convaincu et dirigeait la filiale estonienne de la Sberbank, la plus importante banque d'URSS (et aujourd'hui de Russie). Aujourd'hui encore, son mari, Arvo Hallik, continue de faire activement des affaires avec des clients russes, tandis qu'elle exhorte, à la télévision, « toutes les entreprises estoniennes » à rompre leurs relations commerciales avec la Russie. 

Le Smyrtos arraisonné dans la manche le 14 juin dernier 

Les Occidentaux se livrent maintenant à des actes de piraterie. Officiellement ils ne sont pas en guerre avec la Russie, mais ils attaquent des pétroliers qui sont censés appartenir à la flotte fantôme russe. Selon The Telegraph, Londres envisage de vendre 100 000 tonnes de pétrole du pétrolier russe Smyrtos, qui a été saisi. Le produit de la vente, d'une valeur d'environ 45 millions de livres sterling, devrait être destiné à l'Ukraine. Le pétrolier lui-même sera libéré après avoir été inspecté, mais la Grande-Bretagne considère le pétrole comme sa propriété. C’est ce qu’on appelle du vol ou du pillage. C’est-à-dire que les Britanniques ont agi complètement dans l’illégalité, sans jugement, en dehors de tout élément juridique. Il y a une part de bouffonnerie là-dedans, en effet on voit mal comment un tribunal, fut-il anglais, accèderait à cette vente, et donc on voit mal qui achèterait ce pétrole en toute illégalité. Peskov a qualifié cela de « piratage et d'expropriation » et a promis d'utiliser « toutes les options juridiques », mais il n'a pas précisé quelles seraient ces options ni ce qui se passerait si le pétrole était vendu malgré tout. Au mois de mai dernier, la Suède a commencé à confisquer le cargo Caffa en faveur de l'Ukraine[5]. La Suède était jadis un pays neutre, aujourd’hui elle est directement impliquée dans la guerre de l’OTAN en Ukraine. Il est très probable qu’elle n'arrivera pas à concrétiser ces ambitions. La France a arrêté un pétrolier qui venait de Primorsk, au large des côtes de la Sicile. Officiellement pour « vérification »[6], et il est très probable qu’elle sera dans l’obligation de le relâcher. 

Le compte de Macron le 25 juin 2026 

Ces actes de piraterie qui violent en permanence le droit internationale et le droit maritime en vérité ne nuisent pas vraiment à la vente de pétrole russe. La blague consiste à avancer que les pétroliers violent les sanctions européistes. Sauf que ces sanctions ont été décidées en toute illégalité et n’ont aucune valeur juridique. C’est encore de la communication, mais à qui s’adresse-t-elle ? À quoi cela sert-il ? À deux choses, d’abord à faire croire que l’Europe agit et qu’elle met à genoux l’économie russe qui ne tiendrait que par les exportations de son pétrole. Il faut voir Macron faire le bouffon sur son compte X. Ensuite cela sert à préparer l’opinion au fait que nous sommes en guerre avec la Russie et qu’il faut s’armer et se préparer à de lourds sacrifices. Rappelez-vous les déclarations de cet imbécile de Mandon disant : « Si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production défense, alors on est en risque ». 

Le général de Gaulle en Russie 1966 - Photo et Tableau - Editions Limitées  - Achat / Vente 

Pendant que les européistes faisaient des grimaces pour montrer leur haine de la Russie, on a fêté dans ce pays le soixantième anniversaire de la visite de de Gaulle qui dira du 20 juin au 1er juillet 1966. Le général avait sans doute des défauts, mais le moins qu’on puisse dire est qu’à cette époque on avait un chef d’État à la tête de la France et qui jouait un rôle positif à l’international, aujourd’hui on a un clown haï par 83% de la population française et un gouvernement fantôme qui ne sait pas s’il existe encore.



[1] https://www.lefigaro.fr/international/la-russie-ne-recherche-pas-le-conflit-le-commandant-americain-de-l-otan-tente-de-rassurer-l-europe-sur-fond-de-repli-militaire-des-etats-unis-20260612

[2] https://www.franceinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/les-ukrainiens-ou-les-specialistes-mondiaux-des-drones-intercepteurs_7974977.html#:~:text=Les%20Ukrainiens%20exportent%20leur%20expertise%20dans%20la%20production%20de%20drones%20intercepteurs,-lire%20plus%20tard&text=Depuis%20qu'ils%20sont%20frapp%C3%A9s,massivement%20des%20armes%20aux%20Ukrainiens.

[3] https://www.france24.com/fr/europe/20260622-guerre-en-ukraine-pourquoi-zelensky-lance-ultimatum-drone-bi%C3%A9lorussie-guerre

[4] https://www.liberation.fr/international/europe/en-lettonie-le-controle-des-contenus-russes-dans-les-medias-detat-comme-barrage-a-lingerence-du-kremlin-20260405_RYSXCVVU3VE6JH5AHPXWAXTORU/

[5] https://www.meretmarine.com/fr/marine-marchande/la-suede-saisit-le-vraquier-caffa-a-la-demande-de-l-ukraine-nouvelle-etape-dans-le-controle-de-la

[6] https://www.lefigaro.fr/international/guerre-en-ukraine-la-france-a-intercepte-un-cinquieme-petrolier-de-la-flotte-fantome-russe-20260625

dimanche 28 juin 2026

Les Gazaouis s’élèvent contre la dictature du Hamas

 Des Palestiniens brandissent des pancartes lors d'une manifestation anti-Hamas vendredi 26 juin 2026

Manifestation à Gaza contre le Hamas, le 27 juin 2026 

Le vendredi 26 juin 2026, les jeunes Gazaouis sont descendus par centaines dans la rue pour contester le pouvoir du Hamas. Curieusement les médias de grand chemin n’en ont pas parlé, trop occupés à détailler les méfaits de l’armée israélienne au Sud Liban, en Cisjordanie ou à Gaza. Le Hamas en arme, a essayé de dissuader les manifestants de se réunir, et ils ont bloquer l’accès au lieu du rassemblement. Malgré tout, la mobilisation a été un bon succès.  Ce mouvement s’est intitulé lui-même Révolution du 26 juin. Les slogans allaient tous dans le sens de vouloir la paix avec Israël, et d’avancer que les Gazaouis étaient manipulés « comme des pions » par le Hamas qui refuse évidemment le désarmement, ce qui d’ailleurs bloque l’avancée vers la paix. Comme quoi il n’y a pas qu’Israël qui ne veut pas la paix[1]. Nous savons depuis pas mal de temps qu’une partie très importante des Gazaouis voudrait bien se débarrasser de la férule du Hamas[2]. Dans quelles proportions ? C’est impossible à dire, mais ce qui est clair c’est que les Gazaouis en ont marre de la guerre avec Israël, et surtout une large fraction d’entre eux considère que le Hamas et ses satellites sont à l’origine de cette nouvelle guerre qui n’en finit plus. 

Manifestation à Gaza contre le Hamas, le 27 juin 2026 

Si les médias qui ont pignon sur rue évitent de parler de ces manifestations c’est pour deux raisons, la première est qu’il faut faire apparaître Israël comme le coupable, et donc éviter de parler du pogrom du 23 octobre 2023. On peut toujours évidemment avancer que la réaction du gouvernement israélien a été disproportionnée, ou mal menée ou tout ce qu’on veut, pourquoi pas, mais occulter les origines immédiates de cette nouvelle guerre est de la dernière hypocrisie. Quand on voit la FI qui fait remonter l’origine de ce conflit à 1948, c’est carrément un mensonge éhonté. En effet, si on reprend les conflits armés entre Arabes et Israéliens, on constate tout d’abord que ce sont les États arabes – et non pas les « Palestiniens » qui ont initialement refusé les résolutions de l’ONU, même si par la suite ils se sont référés à une résolution de l’ONU de 1967 qui voulait que les Israéliens retournent à l’intérieur des frontières de 1967. La guerre de 1956 a été déclenchée par les États arabes et celle de 1973 également. Entre temps les mouvements palestiniens étaient nés et ils ont pris le relais, en commençant par des actions terroristes comme celle de Munich qui en 1972, au moment des Jeux Olympiques, se termina dans un bain de sang. L’ignoble Edwy Plenel, sous le nom de Joseph Krasny, avait dans le journal trotskiste Rouge trouvé des justifications à ces actes : « L'action de Septembre noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l'amiable que les réactionnaires arabes s'apprêtaient à conclure avec Israël. […] Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation. […] A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l'assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d'aller au carnage » 

Manifestation à Gaza contre le Hamas, le 27 juin 2026 

La deuxième raison qui fait que les médias dominants ne parlent pas des manifestations contre le Hamas, est que les occidentaux, sous la pression de la propagande palestinienne, ont reconnu qu’il fallait négocier avec le mouvement islamiste. Cela ne semble gêner personne que les figures de la FI, comme Rima Hassan, reprennent les slogans de ce mouvement classé pourtant comme terroriste, qui revendiquent un État palestinien qui irait de « du Jourdain à la mer » – en anglais « From the river to the sea…» – sous couvert d’une rhétorique absurde selon laquelle on pourrait construire un seul État dans lequel les « Palestiniens » et les Israéliens s’entendraient très bien. L’idée que la solution à deux États a complètement échouée et donc qu’il faut passer à autre chose.  Ceux qui sont pour une solution à un seul État sont les mêmes qui parlent volontiers de l’entité sioniste, une manière comme une autre de ne pas reconnaitre Israël comme un État et une nation. L’idée générale est qu’Israël est un État colonial, c’est-à-dire que ces Juifs venus d’ailleurs n’auraient aucune racine en Palestine et que ces envahisseurs auraient bouleversé la vie des autochtones, entendez des « Palestiniens », mais cela est totalement erroné. Il a toujours existé un noyau dure de Juifs qui étaient restés en Palestine bien que persécutés par l’Empire Ottoman, notamment à Jérusalem, il suffit de lire Marx qui écrivait en 1954 dans le New York Tribune : « Il n’y a rien qui puisse égaler la souffrance des Juifs de Jérusalem, perpétuellement l’objet de la ruse et de l’intolérance des musulmans, insultés par les Grecs, en état d’hostilité envers les Latins et subsistant grâce aux maigres aumônes envoyées avec grande difficulté par leurs frères européens. » Évidemment quand on milite pour la FI on se gardera de lire Marx ! 

Manifestation à Gaza contre le Hamas, le 25 mars 2025

En outre la Palestine mandataire si elle a été envahie par les Arabes dans les temps anciens elle a été peuplée dans le dernier quart du XIXème siècle par des musulmans qui venaient de toute la Méditerranée[3], puis entre les deux guerres mondiales, comme le Yichouv était une des rares régions dynamiques sur le plan économique, des Arabes sont venus d’Égypte, du Liban, de Transjordanie et de Syrie attirés par des meilleurs salaires[4]. Il est difficile de dire que ces nouveaux arrivants étaient plus autochtones que les Juifs venus d’Europe. Quand on s’intéresse un peu à la démographie de la Palestine, on voit la question autrement, et la création de deux États sécurisés et autonomes devient évidente. Mais pour l’instant, il serait bien que les Occidentaux mettent leur antisémitisme latent entre parenthèses et soutiennent sérieusement les Palestiniens qui voudraient bien se débarrasser du Hamas. Le chemin sera encore long.



[1] https://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/artc-gaza-des-centaines-de-palestiniens-manifestent-contre-le-hamas 

[2] https://www.ictj.org/fr/derni%C3%A8res-nouvelles/les-palestiniens-manifestent-contre-le-hamas-dans-une-rare-manifestation

[3] Henry Laurens, La question de Palestine, L'Invention de la Terre sainte (1799-1922), t. I, Fayard, 1999.

[4] Jacob Metzer, The Divided Economy of Mandatory Palestine, Cambridge University Press, 1998.

vendredi 26 juin 2026

Panthéonisation de Marc Boch

 Amour de la France, culte des faits: ce que Marc Bloch nous dit à l'ère de  la post-vérité - Causeur

Mettons les choses au claire, Marc Bloch et sa femme étaient non seulement des gens très respectables, mais aussi très courageux et de vrais résistants. En outre les travaux de Marc Bloch que très peu de gens ont lus évidemment, à commencer par Macron, sont très intéressants et quelque part fondateurs d’une nouvelle approche du métier d’historien. Son domaine de prédilection était le Moyen-Âge il a laissé quelques grands livres sur ce sujet. L’étrange défaite était le fruit de ses réflexions sur la catastrophe de la Bataille de France, et il se positionnait en tant que Français et patriote, ayant fait deux guerres. Ce livre ne sera publié qu’après son décès, en 1946. Tout cela ne pose aucun problème, et il est normal de lui rendre hommage ainsi qu’à sa femme qui était aussi son assistante dans son travail. Ce qui par contre pose problème c’est leur panthéonisation. En effet, c’est une occasion de se servir de leur mémoire pour créer un spectacle assez éprouvant. La mise en scène, la manière de Jacques Gamblin de lire son petit texte est assez lamentable. Tout est surjoué. Mais enfin Jacques Gamblin a dû être payé pour cela, car ces formes modernes d’embaumement sont facturées par des sociétés qui font dans l’événementiel. Cette panthéonisation est d’abord un véhicule pour Macron, président à la popularité recroquevillée sur un tout petit noyau de la population française. Il aura été le président qui aura participé au plus grand nombre de funérailles de personnalités, de Johnny Halliday à Marc Bloch, de Charles Aznavour à Jean Moulin, ça et sa popularité effondrée, ce sera ce qui restera de son funeste bilan. Il est là pour se cacher derrière les époux Bloch, c’est l’arbre qui cache la forêt des institutions françaises et européistes qui tournent vers des formes nouvelles de fascisme. Malheureusement les descendants de Marc Bloch se sont prêtés à cette mascarade. En tout Macron aura validé neufs panthéonisations. Je rappelle qu’une panthéonisation coûte environ 2 millions d’euro. Ce n’est plus un président, c’est l’ordonnateur des pompes funèbres. Comme si avec ces mises en spectacle il validait du même coup l’enterrement de ce qui fut quelque part la grandeur de la France. 

Quand l'héritière de Marc Bloch fait entrer Jean-Luc Mélenchon dans son  Panthéon - l'Opinion

L’indécence n’était pas seulement du côté de Macron, l’homme qui aura bradé les restes de la France aux Etats-Unis et qui n’a résisté dans sa vie à rien, ni aux Étatsuniens, ni à la dictature européiste. Cette indécence se trouvait dans la propagande politique qui a accompagné cette panthéonisation. D’abord on a vu la famille de Marc Bloch commencer à vouloir écarter le RN de cette cérémonie – des fois qu’on se serait rendu compte qu’ils n’ont plus beaucoup de rapports avec les pétainistes et les nazis d’autrefois. Personne ne nie d’ailleurs que ce parti a été créé par des gens au passé douteux, mais faire porter cette faute sur leurs descendants est malhonnête. On a vu d’ailleurs que Mélenchon et sa clique n’étaient pas avare de propos antisémites qui rappellent les élucubrations du vieux Jean-Marie Le Pen. Doit-on stigmatiser les descendants du FN jusqu’à la fin des temps ? Comment les descendants de Marc Bloch qui n’ont jamais rien fait de notable dans l’existence peuvent-ils se servir de la mémoire de leur grand-père ou arrière-grand-père pour faire avancer leurs idées politiques ? Ce n’est évidemment pas parce que Marc Bloch était quelqu’un d’estimable que ses arrière-petites-filles le sont automatiquement. Or nous avons assisté à un spectacle peu ragoutant. Deux de ses arrière-petites-filles sont venus servir la soupe à Mélenchon, non seulement elles se sont faites photographiées avec lui comme si elles apportaient une caution moralement à ce sinistre individu, mais en outre elles se sont manifestées en portant un keffieh pour montrer qu’elles sont du côté de la cause de la Palestine. Qu’aurait pensé Marc Bloch de ce détournement mémoriel ? Personne ne le sait, mais personne n’a le droit de tenter de le faire intervenir d’outre-tombe dans les débats d’aujourd’hui.

lundi 22 juin 2026

Frédéric Martel, Occidents, enquête sur nos ennemis, Plon 2026

 

Le titre de cet ouvrage rappelle les beaux temps de la Guerre froide quand il s’agissait de désigner le communisme et donc derrière la Russie qui dominait l’URSS, comme l’ennemi à abattre. Frédéric Martel est de ces gens qui ont traficoté dans les ambassades, ou dans les planques ici et là qui sont financé par le gouvernement français au motif de faire la promotion de la France à l’étranger. Il est, depuis 2020, professeur en économies créatives, ça c’est quelque chose que j’ai bien du mal à imaginer ! Il a eu beaucoup de succès avec Sodoma, publié en 2019 chez Laffont, un ouvrage sur l’homosexualité au Vatican ! Militant pour la communauté homosexuelle à laquelle il appartient, cela n’est pas étonnant. L’homosexualité est son obsession, même Rimbaud sous sa plume devient essentiellement un homosexuel contrarié[1] ! En 2006, il avait publié De la culture en Amérique chez Gallimard. Un gros ouvrage à la gloire des Etats-Unis et de la forme marchande qui a été le plus développée dans ce pays. Il admirait ce modèle. C’était cependant un ouvrage intéressant, mais il péchait par le fait de ne pas faire le lien avec le soft power de ce pays. C’est un individu bien-pensant, oscillant entre Michel Rocard et Macron sur le plan politique, adoptant la posture de l’homosexuel militant, ce conformisme lui a ouvert bien des portes. D’ailleurs pour faire la promotion de son livre, il est invité dans toutes les rédactions, de France culture à Cnews, en passant par BFMTV, RMC et par France Inter et bien sûr toute la presse de la droite cosmopolite, L’express, Le point, Le Figaro etc. ! Dans le temps c’étaient les fascistes, les vrais, qui défendaient l’Occident et ses valeurs. Aujourd’hui c’est le confusionniste Martel qui s’y colle. Voici sa « méthode » : « En écoutant ceux qui ne pensent pas comme nous, je crois que nous pouvons aussi découvrir qui nous sommes, écrit-il dans l'introduction, notre identité apparaît et nous saisissons mieux ce que “valent” nos valeurs. Au fond, j'aimerais ici inverser la perspective : expliquer “l'Occident” par la haine qu'il suscite. » Autrement dit, l’Occident serait la victime inconsidérée d’une haine injustifiée ! C’est sans surprise que Le monde a consacré un dossier de plusieurs pages au livre de Martel, encore que ce dossier mette en avant les lacunes nombreuses du gros livre, plus de 600 pages, de Martel. 

L’ICE aux Etats-Unis dans un État de droit sème le chaos 

Résumons, en gros les ennemis de l’Occident sont ceux qui ne pensent pas comme lui, qui sont hostiles à la mondialisation heureuse, qui sont nationalistes et qui se réfère à la tradition au lieu de se réclamer du progrès sous toutes ses formes. Il y a deux sortes d’ennemis de l’Occident selon Martel, ceux de l’extérieur, Poutine qu’il voudrait mettre en prison, la Chine, Cuba, et ceux de l’intérieur ! Trump, Orban, Sarkozy, etc. autrement dit il renverse le discours habituel des Etats-Unis du temps de la Guerre froide pour lesquels il y avait les ennemis de l’extérieur qu’on présentait comme en expansion, presqu’à nos frontières, et les ennemis de l’intérieur, globalement rangés sous le nom de « rouges » ou de « communistes » ! Il voudrait donc un Occident qui sur le plan de la morale soit compatible avec ses idées personnelles. Il passe donc complètement à côté de son sujet parce qu’il ne se pose pas la question de savoir pourquoi l’Occident – en fait les Etats-Unis principalement – est autant détesté. Les pays qui détestent l’Occident global ne deviennent sous sa plume qu’un ensemble de jaloux qui sont à la traine aussi bien sur le plan économique que sur le plan de la morale. Mais en réalité si les pays non-occidentaux détestent l’Occident global, c’est pour deux raisons essentielles : d’abord parce que l’Occident n’a existé et n’existe encore que par les guerres qu’il a entreprises sur toute la surface de la planète, et ensuite parce que ces guerres lui ont permis d’exploiter ces mêmes pays, la Chine n’a pas oublié les guerres de l’opium. C’est le sens de la Guerre en Ukraine provoquée par les Etats-Unis consciemment afin d’affaiblir et de démanteler la fédération de Russie, ou encore de la guerre que les Etats-Unis et Israël ont déclaré à l’Iran. Comment voulez-vous que ces gens qui ont subi les agressions et les mensonges des Etats-Unis pendant des siècles aiment l’Occident ? Comment voulez-vous que les Cubains qui subissent un blocus illégal et honteux depuis plus de soixante années aiment les États-Unis ? Mais Martel pense que ces ennemis de l’extérieur nous attaquent parce qu’ils sont ennemis de notre civilisation, la preuve ? Ils sont hostiles aux homosexuels et aux organisations qui les soutiennent ! En vérité ce qui inquiète le malheureux Martel qui s’accroche comme el lierre au tronc à l’idée nébuleuse d’un État de droit qui n’a jamais existé, c’est l’effacement progressif de l’idée selon laquelle nous avançons vers un pouvoir hors sol, supranational, concocté par des experts qui disent le droit et qui disent le bien, autrement dit, un pouvoir qui considère qu’il n’y a qu’une manière de faire civilisation ! Et que cette manière est celle de l’Occident sous tutelle des penseurs progressistes anglo-saxons du XIXème siècle. 

Fire and Fury' aftermath: Without Steve Bannon, Trump's 2020 re-election is  in jeopardy

Pour Martel, Bannon et Trump sont les ennemis de l’intérieur 

Si l’Occident par la voix de Martel s’inquiète de ses ennemis, c’est aussi parce que son hégémonie est remise en cause, et que sur le plan militaire la suprématie des Etats-Unis est elle aussi remise en question par les guerres qu’ils ont déclenchées ces dernières décennies. Le sens de la démondialisation à l’œuvre est en fait un refus de la vassalisation de nombreux pays vis-à-vis des Etats-Unis. Les Européens acceptent cette vassalisation, à leur détriment d’ailleurs, mais les pays émergents comme la Chine, la Russie et quelques autres ont maintenant les moyens de la refuser. Martel qui a des capacités intellectuelles assez limitées n’arrive pas à comprendre cela. Je vais donner juste un exemple à cet individu qui se targue de comprendre les choses de la culture et de sa marchandisation : le cinéma étatsunien qui était jusqu’à encore quelques années dominant en termes de part de marché, est maintenant dépassé par le cinéma asiatique ! C’est donc bien l’Occident qui est en régression aussi bien sur le plan économique que civilisationnel. Il est assez comique de voir Martel dénoncer les liens entre Mélenchon et Chavez qui l’aurait financé, tandis qu’il reste muet sur l’enlèvement illégal du président Maduro par les troupes de Donal Trump. C’est choquant, même si comme moi on est opposé à Mélenchon et ses frasques. Le financement permanent des coups d’État dans les pays étrangers sont aussi la marque d’un pays qui n’a de la démocratie que le nom. Mais si les Etats-Unis sont intervenus contre la Russie et contre la Chine, démontrant par là leur peu de goût pour la démocratie, l’inverse n'est pas vrai. Les bases de l’OTAN entourent la Russie, l’inverse n'est pas vrai. 

Cuba rétablit son réseau électrique et promet de résister au blocus américain

Les rues misérables de la Havane 

Martel s’en prend aux Européens qui ont soutenu la dictature à Cuba. Ce sont ses ennemis de l’intérieur de « gauche » si je puis dire. Mais en réalité il n’est pas besoin de soutenir la dictature castriste et sa suite pour comprendre que le blocus étatsunien qui n’a aucun fondement légal – je dis ça pour Martel qui est du moins en paroles un adepte de l’État de droit – est un crime contre les Cubains eux-mêmes, comme les sanctions contre l’Iran si elles n’ont pas permis de renverser le régime des mollahs, ont par contre contribué à martyriser tout un peuple. Trump, incapable de gagner la guerre contre l’Iran, menace quotidiennement de renverser le régime cubain. Il est très probable que si les Etats-Unis n’avaient pas martyrisé les Cubains et les Iraniens, ces pays se seraient développés plus naturellement et certainement évoluer vers des changements décisifs. C’est exactement ce qui s’est passé d’ailleurs en Russie et en Chine où sans qu’on soit dans une démocratie, les libertés individuelles ont accompagné clairement le développement économique. Certes Martel n’est pas trumpiste, mais les menaces contre Cuba sont récurrentes de la part des Etats-Unis depuis plus de soixante ans. N’est-ce pas une bonne raison de détester les Etats-Unis ? Mais la « méthode » de Martel ne lui permet pas de comprendre cela, autrement dit il regarde par le petit bout de la lorgnette, sans même se rendre compte que dans les pays occidentaux la démocratie non seulement n’a jamais existé, mais qu’en plus les libertés individuelles s’étiolent. Il faut voir comment l’Union européenne sanctionne les voix dissidentes sur la question ukrainienne, il faut voir comment cette structure bureaucratique qui ressemble de plus en plus à l’URSS dans ses derniers moments, met en place un contrôle numérique sur les réseaux sociaux. 

Que veut Vladimir Poutine ?

Poutine l’autre obsession de Martel

Poutine est l’autre obsession de Martel. Selon lui, on devrait le mettre en prison. Dire que Martel ne comprend rien à la Russie est un euphémisme, même dans le dossier que Le monde a consacré généreusement à son livre, le russophobe Benoît Quénelle le dit. Martel fait comme si Poutine non seulement était seul à gouverner, mais qu’en outre il ne développerait qu’un modèle de pensée hégémonique pour faire la guerre à l’Europe et ses « valeurs » fameuses. Martel consacre plus de cent pages à Alexandre Douguine, comme si ce dernier avait une réelle importance dans les orientations politiques et stratégiques de la Russie. Ça frise carrément l’imbécilité puisqu’un peu plus loin il l’admet. Mais cela ne l’empêche pas de se donner le rôle d’un juge en écrivant : « Les idées nationales-socialistes, c'est-à-dire fascistes, d'Alexandre Douguine n'ont jamais vraiment compté, et pas davantage celles de Kirill ou des autres idéologues de Poutine qui tous, devraient finir leurs jours en prison — en compagnie du dictateur russe. » Ces lignes sont dignes du Père Ubu ! Tous ceux qui pensent et agissent différemment de la doxa occidentale sont des « fascistes » ! C’est un peu court, car non seulement Martel n’est pas armé intellectuellement pour juger de qui est fasciste et de qui ne l’est pas, ce mot valise servant à tout et à n’importe quoi, mais en plus si cela justifie le soutien stupide de l’Occident au gang de Kiev, cela n’ouvre aucune perspective pour l’avenir. 

Tout savoir sur Joshua Wong, militant pro-démocratie hongkongais en visite  en Europe cette semaine

Joshua Wong, dissident hongkongais, emprisonné

Il nous sert sans surprise le même discours à propos de la Chine. Je ne vais pas faire l’apologie du régime chinois, cependant il faut reconnaitre qu’avec la Russie la Chine est le pays qui s’est le plus développé au monde ces vingt-cinq dernières années. Tandis que l’Europe stagnait et que le PIB par tête augmentait de 150% aux Etats-Unis, celui de la Chine progressait de 1000% et celui de la Russie de 750%. C’est ce qui explique sans doute que le peuple chinois, comme le peuple russe soutient son président, tandis qu’en Occident aucun dirigeant n’arrive à 50% de satisfaction, Trump c’est 35%, Meloni également, Starmer c’est 20%, Merz et Macron 17%. Poutine dans le même temps a le soutien de 72% des Russes ! Dans ces conditions on se demande de quelle démocratie on parle quand on oppose l’Occident à ces pays soi-disant non-démocratiques ! Il faut croire que la démocratie pour Martel ce n’est pas que les dirigeants d’un pays soient en phase avec leur peuple, mais seulement qu’elle protège les minorités agissantes qu’elles soient LGBTQ+, ou politiquement dissidentes, souvent financées par des ONG ou des think tanks qui ne sont qu’un faux nez pour imposer des révolutions de couleur de l’Ukraine à la Géorgie – encore que là cela a échoué – ou de la Syrie à l’Algérie. Tout cela n’a pas empêché la montée en puissance de la Russie et de la Chine sur le plan économique et militaire. Un élément important pour ce qui concerne la Chine est le suivant. Il y a encore vingt ou trente ans, les Etats-Unis arrivaient à attirer contre espèces sonnantes et trébuchantes des chercheurs chinois au fort potentiel, et ceux-ci ne désiraient pas rentrer dans leur pays. C’est exactement l’inverse qui se passe aujourd’hui, les chercheurs chinois restent dans leur pays et beaucoup de Chinois de la diaspora y reviennent. Et quand les Chinois choisissent aujourd’hui d’immigrer pour respirer un peu plus de liberté, ils prennent la destination de Moscou où la vie leur semble bonne ! 

Le livre est d’une médiocrité affligeante, justement parce qu’il regarde les choses par le petit bout de la lorgnette. Martel est tellement borné qu’il croit qu’en Occident existe la démocratie. Certes elle n’existe pas en Russie ou en Chine, nous l’admettons, mais elle n’existe pas plus en Occident. Et le système occidental fonctionne avec beaucoup moins d’efficacité que les systèmes russe et chinois. C’est bien cette méthode d’investigation qui pose problème, il s’est contenté de rencontrer ici et là une poignée de citoyens, confondant l’esprit des minorités avec l’esprit d’un peuple. Il surestime donc l’importance de ces témoignages qu’il a recueillis, nous dit-il, pendant huit ans[2]. Non seulement ils ne sont pas représentatifs de quoi que ce soit, mais en outre, mais ces huit dernières années il s’est passé beaucoup de choses, à commencé par l’organisation des BRICS qui va en s’élargissant et en s’approfondissant, et puis la défaite militaire de l’Occident en Afghanistan, en Ukraine et maintenant en Iran. Ce travail relève plus de la propagande et de la volonté de se rassurer quand l’Occident – et plus encore l’Europe – se trouve dans un chaos total, que d’une étude sérieuse. Martel veut défendre « nos valeurs », sans trop savoir ce qu’elles sont vraiment : sont-elles celles de Trump, celles de Mélenchon, ou encore celles de Macron ? On n’en sait rien. Ce que Martel ne comprend pas c’est d’un pays a besoin d’une certaine stabilité et de savoir où il va. Ce qu’arrivent finalement très bien à produire aussi bien les régimes chinois et russe, et ce qu’est incapable de donner aussi bien Trump que l’Union européenne. Si Poutine est populaire dans son pays c’est parce qu’il a insufflé une dynamique forte à la Russie tandis que l’Occident se plongeait dans la décomposition aussi bien de l’économie que de sa culture. J’ai passé volontiers sur l’idée un peu juste sur le plan intellectuel qui consiste à parler d’Occidents avec un « s » plutôt que d’Occident. Ce distinguo est stupide parce qu’il méconnait ou feint de méconnaitre que les Etats-Unis ont été les maitres des orientations économiques, culturelles et politiques de ses pays vassaux.


[1] En 2021 il a publié un recueil des principales citations et fragments de Rimbaud, suivi par Le Rainbow, dictionnaire homo-érotique des mots à caractère homosexuel présents dans l’œuvre.

[2] Ce constat que je fais est d’ailleurs partagé par les journalistes du Monde qui ont fait la recension du livre.

jeudi 18 juin 2026

La censure tous azimuts, les cas Lapid & Bensussan

L'Israélien Nadav Lapid se retire du FID Marseille après des appels au  boycott - Yahoo Style France

La semaine dernière les censeurs qu’ils soient de droite ou de gauche d’ailleurs s’attaquaient à Xenia Fedorova, au motif que cette journaliste russe, justement parce qu’elle était russe et refusait de cracher sur son pays, ne devrait pas avoir le droit à la parole. La crapule macronienne, l’illuminé Jean-Noël Barrot en tête, réclamait qu’on lui retire son titre de séjour. La question n’est pas de savoir si on est d’accord ou non avec Fedorova, mais de savoir si quelqu’un avec qui on est en désaccord à le droit ou non de s’exprimer. La canaille européiste, les macroniens en tête une fois de plus, prétend mettre en place un contrôle encore plus grand des réseaux sociaux. La sinistre Nathalie Loiseau réclame un contrôle accru au motif que la Russie, la Chine ou encore la Corée du Nord, tenteraient de s’ingérer dans nos sociétés pour les miner de l’intérieur[1].

Au début du mois de juin le couperet est tombé sur le cinéaste Navad Lapid. Celui-ci devait participer au jury d’un festival de cinéma à Marseille. Mais devant les menaces de boycott, il a été contraint de renoncer. C’est malheureux pour lui, pourtant il avait suivi le protocole des Juifs honteux qui critiquent d’abord Israël, pourtant il ne vit plus en Israël, et il a donné de nombreux gages d’un alignement[2]. Mais cela n’a pas suffi. Il est tout de même poursuivi de la hargne des antisémites de profession, cette gauche qui est en train de pourrir sur pied. C’est à vrai dire un mauvais cinéaste, mais il y en a beaucoup d’autres tout aussi mauvais qui ne sont pas boycottés. Ses films financés par des subventions ne sont quasiment pas regardés par le public, il ne fait pas d’entrées, c’est un cinéaste pour festivaliers qui ne sort pas de la confidentialité. Il est très politiquement correct dans sa condamnation d’Israël comme puissance coloniale. Et donc une fois tout cela enlevé que reste-t-il ? La seule raison qui justifie son boycott est bien qu’il est juif ! Voilà où nous en sommes arrivés en France et plus généralement en Europe. Boycotter quelqu’un parce qu’il est juif est tout de même la définition de l’antisémitisme et ceux qui se livrent à cette chasse ne valent rien. L’appel au boycott est venu de l’intérieur du jury du Festival International du Cinéma de Marseille, cette crapule a inventé le fait que Lapid aurait obtenu quelques minimes subventions de l’État israélien, en fait des services qui s’efforcent d’aider le cinéma israélien à se développer. Il faut bien se justifier comme on peut pour masquer qu’essentiellement on est fasciste dans l’âme. Bientôt on en sera à boycotter un juif parce qu’il a été soigné en Israël par les services de l’État. Qui veut noyer son chien, l’accuse de la rage.  

Navad Lapid a reçu un prix au dernier festival de Cannes 

Devant cette agression manifestement antisémite, une timide réponse a été apportée par une tribune dans laquelle 350 cinéastes disent soutenir Lapid. Cependant, cette tribune frise l’imbécilité, parce que ces cinéastes, dont l’inénarrable Jacques Audiard, ou encore Louis Garrel, avancent comme une excuse le fait que Lapid est un critique de Netanyahu et de la colonisation, et donc à ce titre qu’il n’aurait pas dû être ostracisé. Autrement dit, ils justifient en creux le boycott des Juifs qui ne seraient pas des soutiens de la cause palestinienne[3]. Ces pétitionnaires n’ont même pas l’idée d’aller au-delà des positions politiques d’un individu boycotté par des imbéciles violents. C’est misérable, jamais ils n’avancent clairement que la cause du boycott de Lapid est bien le fait qu’il soit identifié par la canaille néo-fasciste de la cause palestinienne comme juif. Jamais ils ne défendent la liberté d’expression, car même si un cinéaste israélien n’avait jamais soutenu la cause palestinienne, devrait-il pour autant être boycotté ? Mais comme on le voit, même quand on est aligné, on se fait boycotter ! Ces campagnes récurrentes de boycott contre tel ou tel artiste ou universitaire juif sont en vérité destinées à invisibiliser les Juifs, à les exclure du paysage culturel et informationnel, les empêcher de parler. Si j’étais à la place de Lapid, je m’en mordrais les doigts d’avoir donné autant de gages de bienpensance à la sphère des censeurs. Tout ça pour ça ! Il s’est donné pourtant bien du mal pour être dans le moule, mais rien n’y a fait. Dans les années trente, en Allemagne, c’était pareil, les Juifs avaient beau donné des lettres de créances, dire qu’ils avaient combattu au risque de leur vie pour l’Allemagne, rien n’y faisait, ils finirent déportés.

 

On en a parlé un peu moins, mais il y a aussi le cas Bensussan. Celui-ci devait intervenir pour donner une conférence à l’hôpital de Strasbourg. Mais le 4 juin, il a été déprogrammé, sans aucun motif. Marie-Pierre Douchet apparemment l’organisatrice de cette conférence a invoqué auprès de Bensussan une déprogrammation « pour des raisons de sécurité »[4]. Si on évoque des problèmes de sécurité, c’est bien parce que Gérard Bensussan est juif, n’est-ce pas. Est-ce cette femme qui a été à l’initiative de cette déprogrammation ? A-t-elle subi des pressions ? Je n’en sais rien. Mais le fait est que le résultat est là. Nous sommes clairement sortis en Europe de la liberté d’expression. Certes les Juifs sont en première ligne de cet ostracisme, mais ce sont les citoyens européens qui dans leur ensemble sont menacés, soit en fonction de ce qu’ils disent ou ne disent pas, soit en fonction de ce qu’ils sont. C’est clairement une forme qu’on peut qualifier de néofasciste. Tout cela participe bien entendu d’un retour de la censure, avec tel ou tel groupe de pression qui s’arroge le droit de juger quelqu’un parce qu’il est juif, et ensuite de le désigner à la vindicte publique, c’est bien d’un lynchage dont il s’agit. 

Le propre des espions, c'est d'être discret" : personnalité mystérieuse,  engagement pro russe, convois humanitaires, ce que l'on sait des dirigeants  de SOS Donbass

Les deux cas développés ci-dessus qui ressortent spécifiquement de l’antisémitisme islamo-gauchiste, ne doivent pas faire oublier le contexte de censure et de répression dans toute l’Europe. Ils viennent s’ajouter aux sanctions démentes que la Commission européenne a unilatéralement imposées à Jacques Baud, Xavier Moreau et quelques autres, ou encore avec l’emprisonnement sans motif clairement établi de Vincent Perfetti et Anna Novikova de l’association SOS Donbass, ils sont accusés plus ou moins d’espionnage et de déstabilisation, mais je n’ai rien trouvé de plus précis comme motif d’incarcération préventive. On a beau jeu de critiquer la Russie pour la poursuite de ses dissidents, mais en la matière l’Occident n’a rien à lui envier, tandis que les Juifs en France et généralement en Europe sont ostracisés en tant que tels comme on l’a vu ci-dessus. 

La réhabilitation par Volodymyr Zelensky de figures controversées du  nationalisme ukrainien suscite la colère d'Israël et de la Pologne Zelensky réhabilite les nazis ukrainiens, ici Melnyk et son épouse 

Si vous ajoutez à tout cela les réhabilitations répétées de Zelensky et de son gang des nazis ukrainiens – réhabilitations qui ont fait hurler les Polonais pourtant très russophobes – cela donne une image des plus pourries de ce qu’est l’Europe institutionnelle aujourd’hui, une forme de néofascisme, au moment où certains pays nordiques réclament l’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne au plus vite[5].


[1] https://www.touteleurope.eu/economie-et-social/nathalie-loiseau-le-projet-europeen-est-la-cible-d-une-strategie-organisee-de-desinformation/ 

[2] https://www.franceinfo.fr/culture/cinema/le-cineaste-israelien-nadav-lapid-exile-en-france-et-critique-de-netanyahu-denonce-un-appel-au-boycott-cruel_8051735.html

[3] https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/08/inviter-un-artiste-dans-un-festival-n-est-pas-l-eriger-en-ambassadeur-culturel-plus-de-350-personnalites-en-soutien-au-cineaste-israelien-nadav-lapid_6699625_3232.html

[4] https://france3-regions.franceinfo.fr/grand-est/bas-rhin/strasbourg-0/un-philosophe-denonce-une-ostracisation-des-enseignants-juifs-apres-une-deprogrammation-de-conference-a-l-hopital-de-strasbourg-une-enquete-interne-ouverte-3364330.html

[5] https://www.lefigaro.fr/international/guerre-en-ukraine-les-leaders-nordiques-et-baltes-soutiennent-la-marche-irreversible-de-l-ukraine-vers-l-otan-20260609 

 

L’évolution de la situation en Ukraine

Le général Alexus G. Grynkewich et Mark Rutte   Ces derniers jours on doit d’abord noter la déclaration du commandant suprême des forces...