jeudi 17 septembre 2026

La dette publique et les taux d’intérêt

L'écart de taux entre l’OAT française et le Bund allemand 

Dans le temps, on nous vantait les mérites du capitalisme dans le fait que le temps de travail diminuait, l’âge de la retraite arrivait de plus en plus tôt, générant une silver économie dynamique, les avantages sociaux étaient de plus en plus importants. Aujourd’hui on nous dit exactement le contraire, que le progrès économique est épuisé qu’il faut travailler plus, partir plus tard à la retraite, consommer moins et épargner moins pour financer la dette publique ! C’est comme ça en France, mais aussi dans la plupart des pays occidentaux. Est-ce un constat de faillite du système capitaliste ? Ça y ressemble furieusement.

Tout le monde s’affole sur la hausse des taux d’intérêt sur la dette française, et on souligne que ce taux est bien au-dessus du taux allemand, alors que l’économie allemande est encore plus malade que l’économie française. Évidemment les mêmes rigolos qui dans le camp macronien ont creusé la dette pour financer la guerre en Ukraine, pour financer le budget de la Commission européenne, ou encore pour réarmer la France contre une menace qui n’existe pas, nous disent que tout le monde doit faire des efforts parce que les hedge funds spéculent contre la France pour faire monter les taux, ce qui est exact. Il est assez comique cependant de voir le journal Le monde, le quotidien principal de désinformation en France sur tous les plans nous dire que finalement cela est aussi le résultat de la hausse des cours du pétrole[1]. En vérité la première cause de cette spéculation hostile, sur le plan technique, est le résultat de deux funestes décisions :

1. l’interdiction de l’État de financer sa dette auprès de la Banque de France ; cette interdiction de financer les déficits publics par la Banque de France est inscrite à l’article 123 du Traité de Maastricht, interdisant tout crédit ou achat direct de titres de la dette par la banque centrale

2. l’indépendance de la Banque centrale européenne dont maintenant nous dépendons et dont l’objectif unique est de lutter contre l’inflation – ce qui veut dire, produire des taux d’intérêts qui dissuadent aussi bien les investissements productifs que les investissements immobiliers.

Le gouvernement Biscornu a décidé que ce sera aux retraités et aux petites gens de payer pour la dette que les politiciens, cornaqués par le patronat, ont laissé filer. On a vu l’ubuesque ministre de l’économie, Roland Lescure, dont le patrimoine déclaré est de plus de 4 millions d’euros, selon l’HATVP, nous expliquer benoîtement que les retraités qui touchent une pension de 2000 € par mois sont des nantis. J’ai déjà dit que la question n’était pas l’idée d’abaisser la dette, mais plutôt de qui en paiera le prix[2]. Trois pistes sont facilement réalisables, d’abord une baisse des subventions aux entreprises, ensuite cesser de financer à perte le budget de la Commission européenne, enfin refuser d’augmenter le budget de la défense. A cela bien entendu on peut ajouter une quatrième possibilité, l’option d’une taxe de type Zucman sur les patrimoines les plus élevés. Mais le gouvernement de Biscornu à la solde du patronat et de la Commission européenne préfère nettement s’en prendre aux remboursements de la sécurité sociale, aux allocations chômage et aux retraites. C’est une option idéologique qui, ainsi que le demande depuis 1945 le patronat, vise à privatiser le secteur des dépenses sociales qui lui échappe encore en grande partie. Dans le tableau ci-dessous je fais une estimation grossière de ce que pourrait rapporter une orientation différente de celle qui est suivie aujourd’hui. Pour le budget européen, je prends la somme de 2026 qui est la somme nette, déduction faite des retours. Pour les subventions aux entreprises, je les divise par trois, supposant que l’État a une légitimité pour subventionner des secteurs essentiels à notre souveraineté. Pour la taxe Zucman, je prends l’estimation la plus basse qui a été faite. En suivant ces principes, mais il y en a bien d’autres, je n’ai pas compté par exemple les 6 milliards supplémentaires alloués au secteur de la défense, nous voyons que la dette pourrait être remboursée en trente ans facilement. Ce calcul très approximatif a uniquement pour but de montrer que le remboursement de la dette dans ses modalités ressort d’abord d’un choix politique, autrement dit de la lutte des classes, et c’est bien le patronat et l’oligarchie qui ont le vent en poupe, ayant financé les politiciens qui définissent les lois qui seront mises en place. 

 

On voit que ces simples pistes produiraient tout à fait un choc sur les marchés, simplement en réduisant la dette publique de plus de 100 milliards par an. Mélenchon lui a avancé l’idée de « brûler la dette »[3]. Cette proposition spectaculaire n’a pas de sens. Tout d’abord parce que cela voudrait dire que la France sanctuarise les 18% de la dette publique qu’elle détient dans les coffres de la Banque de France – en fait du Trésor. Or il faut rappeler à Mélenchon que la Banque de France est indépendante des pouvoirs publics, et qu’elle n’est pas obligée de le faire, ensuite que la BCE ne serait pas d’accord, qu’il faudrait violer les traités européens pour cela. Et si le nouveau gouvernement désobéissait, les marchés financiers feraient exploser les taux sur les 82% du reste de la dette ! L’idée de Mélenchon est typique de ses errements. Il veut en parole une souveraineté nationale, mais il accepte de rester dans l’euro et dans l’Union européenne. Sortir de l’euro et renationaliser la Banque de France, cela aurait du sens du point de vue de la gestion souveraine de la dette. Sanctuariser 18% de la dette cumulerait au contraire toutes les difficultés à venir et accélérerait les attaques des marchés contre la dette. Ce qu’on gagnerait d’un côté, on le perdrait de l’autre très rapidement. Curieusement le banquier macronien, Mathieu Pigasse qui pense lui aussi avoir un destin politique à sa portée, est venu le soutenir. Mélenchon avance que cela permettrait de trouver des marges de manœuvre budgétaire. En fait ce serait 630 milliards de dette gelés, mais on économiserait que sur les intérêts, c’est-à-dire environ 25 milliards. Cela n’est pas négligeable bien entendu, mais nous avons vu ci-dessus que d’autres économies plus substantielles sont possibles.   

 

La dette cumulée de la Sécurité sociale s’élève à environ 300 milliards d’euros. Celle-ci est la contrepartie en vérité de la baisse relative des salaires. Tout le monde s’accorde en effet pour dire que les salaires en France sont scandaleusement bas, qu’ils n’ont pas suivi la hausse de la productivité du travail depuis 1983 comme nous le voyons dans le graphique ci-dessous. Comme on le sait c’est bien cette déconnexion des salaires de la hausse de la productivité du travail qui a permis l’explosion des fortunes des milliardaires, voire d’en produire de nouveau. En 2026, la masse salariale sera d’environ 820 milliards d’euros. Supposons que cette masse augmente de 10% - ce qui ne serait au fond qu’un maigre rattrapage – cela engendrerait un volume de 900 milliards d’euros et donc une hausse concomitante des cotisations sociales d’environ 20 milliards, si on suppose que les cotisations sociales représentent environ 25% du salaire brut. Puisque la dette de la Sécurité sociale est évaluée à 300 milliards d’euros, cela permettrait d’apurer celle-ci en 15 ans ! Bien entendu un taux de croissance de 2 ou 2,5% par an, aiderait encore plus à purger les dettes. Il faut se souvenir que nous avons aujourd’hui près de 6 millions de personnes à la recherche d’un emploi[4], et plutôt que de se lancer dans une politique d’allongement de la vie de travail, et d’augmentation des durées travaillées, il serait bon de donner du travail à tout le monde, contrairement aux propositions rétrogrades des Attal et des Philippe qui n’ont jamais travaillé de leur vie et qui n’ont pas été plus loin que ça au-delà du périphérique de la capitale ! 

Productivité et salaires : un lien rompu | À la marge | Martin Anota | Les  blogs d'Alternatives Économiques

La dette publique, dont celle de la Sécurité sociale, est une construction sur quarante ans : on a déformé volontairement la répartition de la valeur entre les salaires et les profits au nom de la politique de l’offre pour nous adapter à l’idéal européiste de la concurrence pure et parfaite, idéal qui devait faire de l’Union européenne la première économie du monde, avec des salaires élevés, un niveau d’éducation très haut et une croissance forte fondée sur l’économie de la connaissance ! On a multiplié les exemptions de cotisations sociales, on a voté des lois fiscales de plus en plus favorables aux très riches et aux entreprises. Le résultat est un fiasco général : aucun des buts que l’Union européenne s’était fixés n’a été atteint, et aujourd’hui nous voyons le résultat. Cette déconfiture était déjà visible avant la guerre en Ukraine, il faut remonter au moins à la crise de 2008 et à la crise de l’euro qui s’est ensuivie. Bien sûr la politique belliciste menée aujourd’hui par la bureaucratie bruxelloise contre la Russie ne fait qu’aggraver les choses, aussi bien parce qu’elle nous coupe de ressources énergétiques et d’un marché dynamique, mais aussi parce qu’elle aggrave la crise des finances publiques avec sa velléité de surarmement. Il est assez hallucinant de voir que la classe politique française – gauche y comprise – marche dans ces visées sans trop le dire. Dans le temps la gauche militait pour la paix, pour le désarmement, aujourd’hui, FI comprise, c’est un silence assourdissant, sans parler de cette gauche de droite dirigée par l’agent des Etats-Unis Glucksmann. L’Union européenne s’appauvrit rapidement et la France se tiermondise, c’est un fait. Abaisser drastiquement les dépenses de Sécurité sociale est le signe d’une civilisation en déclin, nonobstant le fait que très certainement des dépenses inutiles pourraient être évitées. On peut dire évidemment la même chose des dépenses étatiques ou de celles des collectivités locales où la gabegie ne manque pas.

 

Au fond pour comprendre l’économie, il faut avoir en tête l’idée des vases communicants ce qui va d’un côté ne peut pas aller de l’autre. Au sait depuis le XVIIIème siècle et les Physiocrates que l’économie est un circuit et qu’il est très mauvais de laisser s’accumuler une épargne oisive ou destinée à la spéculation, c’est pourquoi l’impôt doit éponger ce surplus d’épargne qui en fait bloque la circulation de la valeur. La plupart des économistes d’aujourd’hui dont la culture historique tient sur le dos d’un timbre-poste, n’ont pas l’idée de la notion de circuit, et puis c’est tout de même bien plus payant et moins fatigant de réciter le catéchisme de l’économie de l’offre diffusé dans les grandes écoles, à Bruxelles et dans les milieux patronaux.



[1] https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/09/15/flambee-du-petrole-et-hausse-des-taux-nouvelle-alerte-sur-les-finances-publiques-francaises_6774322_823448.html

[2] https://ingirumimusnocte2.blogspot.com/2026/08/de-la-dette-publique-et-de-son.html

[3] https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/08/28/l-annulation-de-la-dette-de-la-france-la-proposition-polemique-qui-place-jean-luc-melenchon-au-c-ur-des-debats-de-la-presidentielle_6758807_823448.html?srsltid=AfmBOoqls0QFon-LQdVbDMdMXZ4szEvvRekrqgkDW22l2YJRIXF-lpGF

[4] https://dares.travail-emploi.gouv.fr/donnees/demandeurs-emploi-inscrits-france-travail-donnees-mensuelles

lundi 14 septembre 2026

Les résultats des tests PISA

Les résultats des tests PISA ont été commentés abondamment un peu partout. On s’est sans doute un peu trop focalisé sur les résultats de la France qui sont en effet mauvais, très mauvais. Cependant le plus inquiétant n’est pas là, mais plutôt que ce sont tous les pays occidentaux qui sont dans ce cas. Il est curieux que tout le monde semble découvrir ce qu’au fond au connait depuis des décennies. Redresser l’éducation nationale cela est devenu un slogan pour les candidats à la présidentielle, les politiques n’ont jamais été très intéressés pour débattre de ce sujet, les uns à droite, comme Sarkozy, voyaient des enseignants trop payés ou ayant trop de vacances, les autres, à gauche, invoquaient le manque de moyens, les plus audacieux avaient lu les malheureux Baudelot et Establet et à l’inverse ils pensaient que le niveau ne cessait pas de monter[1]. C’était rassurant et nous mettait dans le sens de l’histoire et du progrès. On a vu le ridicule Bruno Le Maire qui a avancé une idée des plus loufoque, avancer l’âge d’entrée dans la maternelle à l’âge de 1 an au lieu de 3[2] ! À croire que cet imbécile qui a pris un abonnement pour dire n’importe quoi, n’a jamais eu de gosses. Son exemple pourrait d’ailleurs nous faire douter du système éducatif, il a fait selon ses diplômes de belles et bonnes études, il est diplômé de l’ENA, de Sciences Po, et encore de l’ENS et agrégé de lettres où il a été reçu premier au concours. Et pourtant malgré tout cela, c’est un crétin qui ne sait pas aligner trois idées sans dire des stupidités. De son talent d’« écrivain » je ne dirais rien, tant il a été moqué un peu partout. 

Mais la plupart des commentateurs ont du mal à prendre toute la mesure du problème. Le monde soulignait que les pays nordiques, Suède, Danemark, étaient eux-aussi effarés de cet effondrement constaté par les tests PISA[3]. Ces tests portent sur trois domaines, la lecture, les mathématiques et les sciences, ils concernent les enfants de quinze ans, donc le niveau de notre BEPC qui aujourd’hui est en déshérence. Cette enquête large portait sur 91 pays, la Russie n’y participant pas. Sans surprise, globalement, ce sont les pays asiatiques qui arrivent en tête[4]. Les autres tests sur les systèmes éducatifs montrent également que les Russes sont très bien placés, produisant notamment des scientifiques et des ingénieurs de premier plan. La première réflexion qu’on se fait c’est que l’Occident est en voie d’effondrement, y compris un pays comme Israël qui naguère s’enorgueillissait de ses excellents résultats qui expliquait la quantité industrielle de prix Nobel que ce petit pays était capable de produire. Cela fait évidemment des années qu’en France on alerte sur la décomposition du système éducatif, aussi bien pour en souligner le manque de moyens, ou les salaires misérables des enseignants, on en arrive maintenant au fait que, malgré les fermetures d’établissements pour cause de baisse des effectifs, le ministère de l’éducation nationale ne trouve plus assez de candidats et surtout doit constamment abaisser le niveau de recrutement. Les différentes réformes – pratiquement une par an – n’ont abouti qu’à la confusion. Il fut un temps où le métier d’enseignant était valorisant, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il faut comprendre deux choses, d’abord que les mauvais salaires n’attirent pas les meilleurs éléments, ensuite que les mauvais élèves ne feront probablement pas de bons enseignants. En quelque sorte l’effondrement du système éducatif est l’origine de toutes les autres décompositions du pays, dans le domaine de la santé, des sciences en général et aussi de l’industrie elle aussi en voie de disparition. Étant donné qu’à la France dans la division internationale du travail on a assigné le secteur du tourisme, à quoi bon poursuivre l’accumulation des connaissances en dehors de l’élite qui manipule la finance. Bruxelles nous a assigné la tâche de développer des emplois de domestiques afin de satisfaire les étrangers qui viennent de loin polluer notre pays.   

Claude Lelièvre : Quelques comparaisons suggestives à propos des salaires  des enseignants

Plus généralement cet effondrement de l’Occident, et particulièrement de la France, est le résultat des trajectoires des politiques néolibérales. Les causes sont multiples, les élèves accrochés à leurs smartphones, ou encore accrochés aux ressources de l’Internet, Wikipédia, l’IA pour bâcler leurs devoirs, mais aussi les normes qui sont édictées depuis des décennies, qui visent à ne pas fatiguer trop les enfants avec des devoirs, des apprentissages par cœur, etc. Tout cela est bien connu, et certains pays nordiques comme la Suède ont avancé timidement dans la voie d’une interdiction des smartphones à l’école puis au collège. En France on avance aussi sur ce point encore plus timidement. Il est vrai qu’en s’attaquant aux écrans et aux ressources de l’Internet, on s’attaque à un environnement déjà là adapté aux pratiques consommatrices avancées. Pour répondre à cela il faudrait rechercher des normes plus efficaces dans l’apprentissage des savoirs de base, la langue, les mathématiques et les sciences. 

 

Le monde dans son édition datée du 12 septembre 2026 a découvert que l’éducation dérivait dangereusement vers une ségrégation. Pour aller vite, on pourrait dire que les classes moyennes et aisées mettent leurs gosses dans les écoles et les collèges privés, et les autres dans les écoles et les collèges publics. Les articles consacrés à cette question importante sont lénifiants, ils tournent autour de l’idée que l’abandon de la mixité sociale à l’école engendrerait la peur des populations immigrées et donc nourrirait la ségrégation sociale et par suite la ségrégation raciale. Si ce constat ressort de l’évidence, les raisons à cela sont différentes. En effet les parents ne décident pas d’envoyer leur progéniture dans le secteur privé parce qu’ils seraient racistes et viseraient la ségrégation sociale, mais par un souci de sécurité et d’efficacité. Sur le plan de l’insécurité les exemples de dangerosité de la mixité raciale sont très nombreux, ça va de l’affaire Mila à la décapitation du malheureux Samuel Paty, mais aussi des multiplications de voies de faits des populations issues de l’immigration envers les autochtones. Récemment encore une enseignante a été menacée par un parent d’élève de « décapitation » – décapitation que Le monde euphémise en parlant du désir de lui couper la tête[5]. Il devient évident que l’immigration de masse a joué un rôle en Europe dans l’abaissement du niveau scolaire. Ce n’est pas seulement le fait que les professeurs d’histoire ne peuvent plus parler de la Shoah ou de l’antisémitisme dans leur classe, c’est aussi que nous avons pris la funeste habitude d’adapter l’enseignement au niveau supposé des élèves, et non plus d’exiger que ceux-ci s’adaptent aux exigences d’un programme. 

 

Aujourd’hui l’enseignement en France est déjà à deux vitesses. Les meilleures écoles – du primaire jusqu’aux grandes écoles – sont réservées aux plus aisées. C’est aussi le cas des meilleurs lycées publics de Paris. Autrement dit la discrimination par l’éducation redouble une discrimination de classe. C’est comme si les classes riches avaient exclu les classes pauvres de l’accès à un enseignement de qualité. Cette volonté d’exclusion est elle aussi à l’origine de l’effondrement de tout le système d’enseignement national. Les grandes écoles sont elles-mêmes frappées par la contamination des idées idiotes, que ce soit Science Po où les étudiants se croient rebelles parce qu’ils portent un keffieh pour soutenir la cause palestinienne, ou que ce soit l’ENA où on apprend l’économie dans des manuels américains qui vantent l’excellence des mécanismes du marché, et la nécessité du moins d’État. Les facultés où se trainent la plupart des centaines de milliers d’étudiants dans des filières inutiles et sans consistance, sont devenues un dépotoir, ça permet de donner l’illusion que le chômage est moindre. Les étudiants étrangers représentent aujourd’hui environ 15% des effectifs. Ils se partagent entre ceux qui font du tourisme en France, par exemple les Erasmus, et ceux qui cherchent une bourse et un visa facile. Ils sont tous plus mauvais les uns que les autres et ne relèvent en rien le niveau. Sur les trois millions d’étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur, la très grande majorité trouveront un métier sans rapport avec leurs études, mais en outre ils n’auront rien appris. Pendant ce temps il y a une pénurie de médecins et une production excédentaire de masters en sciences sociales !   

 

L’éducation est un sujet sérieux car en effet elle définit la société qui existera dans les années futures et ma seulement dans les métiers dit d’avenir, c’est aussi le futur en termes d’intelligence et de civilisation. Il faut au minimum vingt ans pour porter une vraie réforme dans ce domaine, reprendre l’affaire à la base. Redéfinir les programmes et les méthodes d’apprentissage, bannir le « pédagogisme ». Le budget de l’éducation nationale, hors pensions, aujourd’hui tourne autour de 65 milliards d’euros. Cette somme importante parait très mal utilisée, les locaux sont délabrés, les salaires des enseignants médiocres, empêchant les vocations de s’affirmer, mais aussi amenant les étudiants sur des voies de garage. Je ne pense pas pour autant qu’il faille supprimer ce qui relève des humanités, mais plutôt ces demi-savoirs qui virent le plus souvent à la discussion d’après boire. L’ENA, Sciences Po, doivent être bouclées, elles ne produisent que des imbéciles fiers de leur ignorance, voyez Bruno Le Maire, voyez Macron. Il fut un temps où la sociologie, notamment en France, était une discipline intelligente et noble, aujourd’hui c’est un foutoir dont le recrutement relève des pratiques mafieuses, voyez Éric Fassin, voyez de la Gasnerie. La science économique est clairement au service du grand capital et de l’Europe, etc. Et je ne dis rien sur les études de genre qui ont donné naissance à des travaux frisant la débilité mentale.

Parmi les conseils qu’on pourrait donner, il y a celui d’instaurer un filtre à l’entrée de l’enseignement supérieur, d’éliminer les formations de masters complètement fantaisistes. Mais en amont, il faut repenser le baccalauréat, un taux de réussite de 91,4% en 2026 est une extravagance reconnue par tout le monde, sachant que la plupart de ses bacheliers ne savent ni lire ni écrire, et encore moins compter sans calculette ! Mais il faudrait aussi remonter jusqu’au collège, et ensuite encore à l’école primaire. C’est une véritable révolution dont il s’agit, au fond on sait très bien ce qu’il faudrait faire, mais on n’en a pas le courage politique, pas plus à gauche qu’à droite d’ailleurs.



[1] Roger Establet et Christian Baudfelot, le niveau monte, Le seuil, 2000.

[2] https://www.franceinfo.fr/societe/education/bruno-le-maire-souhaite-avancer-la-maternelle-de-3-ans-a-1-an-face-a-la-baisse-des-resultats-des-eleves-francais-au-test-pisa_8184428.html

[3] https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/09/09/pisa-2025-longtemps-bons-eleves-de-l-enquete-les-pays-scandinaves-meurtris-par-leur-chute_6768851_3224.html?srsltid=AfmBOoqeMCrIv2JRul3YVdqONBERGBFhIPkhAfKEN8BiuI6vPd1e3Nic

[4] https://www.oecd.org/fr/publications/resultats-du-pisa-2025-volume-i-version-abregee_72cbf7bd-fr.html

[5] https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/09/10/enseignante-menacee-de-mort-en-haute-garonne-un-parent-d-eleve-condamne-a-six-mois-de-prison-ferme_6769833_3225.html?srsltid=AfmBOorjRCb0hkKZxccmMIlynUi2wKbBI9UH1bKatyp9exe97sb-AkRA

jeudi 10 septembre 2026

La crise migratoire en Europe en débat

Ceuta : 40 000 migrants ont traversé la frontière entre le Maroc et  l'Espagne, Laurent Nuñez renforce les contrôles 

L’affaire instrumentalisée par le gouvernement marocain de Ceuta a relancé le débat sur l’immigration vers l’Europe. C’est une affaire qui si elle a coûté 77 morts par noyade, a pointé à nouveau la vulnérabilité des frontières de l’Europe, autrement dit l’incapacité de l’Union européenne à contrôler ses frontières. On sait que le débat pour les présidentielles de 2027 va porter sur l’immigration, et les images qu’on a vu à la télévision ne milite pas pour l’ouverture à tout crin. Les journaux imbéciles, genre Le monde, ont sauté sur l’occasion pour dénoncer l’instrumentalisation de cette histoire par l’extrême droite. Mais ces effets de manche ne résolvent rien du tout. En effet dans le même temps où l’ineffable Nuñez se félicitait de la bonne gestion de l’affaire de Ceuta, 22 pays européens dénonçaient l’attitude de l’Espagne. Comme on le constate il y a d’abord la division en Europe. Les uns comme Meloni font semblant de faire quelque chose, les autres disent qu’il faudrait justement agir. En France on est désarmé depuis que les crapules du Conseil constitutionnel ont décidé que le passeur Cédric Herrou avait agit conformément au droit international et à la constitution en amenant des migrants d’Italie en France dans un but humanitaire à franchir illégalement les frontières. Cette forfaiture aurait dû être dénoncée par les hommes politiques et conduire à la dissolution du Conseil constitutionnel, et Herrou aurait dû connaitre la prison pour avoir importé 200 migrants illégalement. Car de deux choses l’une, soit on a des frontières et il faut les faire respecter pour défendre notre souveraineté, soit on n’en a pas et à ce moment-là il faut les abolir et dire que les nations n’existent plus. 

Libre» avec Cédric Herrou: En séance spéciale au Festival de Cannes, le  défenseur des migrants dénonçait «l'inertie de l'Etat»

Cédric Herrou paradant à Cannes après sa victoire judiciaire 

Le débat oppose ceux qui soutiennent l’immigration massive pour des raisons assez peu claires, et ceux qui considèrent que c’est un fléau qui peu à peu mine les pays européens. On a vu qu’en Angleterre et en Irlande cela avait pris une allure de guerre civile. Très massivement les Français mais aussi tous les Européens dénoncent depuis des années la politique néfaste de la Commission européenne en la matière. Au minimum les deux tiers des Européens considèrent qu’il faut stopper l’immigration de masse. Il n’empêche que les partis de gauche et de l’extrême centre continuent avec l’aide des médias idiots de vanter les charmes du vivre ensemble et de la nécessité d’une immigration massive pour faire baisser les salaires – et donc rester compétitif – ou encore de financer les retraites – c’est le discours patronal par excellence. La posture anti-démocratique des dirigeants européens est évidemment en opposition avec la volonté populaire et avec le simple bon sens. L’immigration de masse fait peur à tout le monde et l’envahissement de Ceuta a aggravé cette peur. Pour Ceuta on a essayé de minimiser la masse de manœuvre arrivée dans la ville, j’avais parlé de 80 000, en avançant le chiffre de 60 000, mais bientôt on est remonté à 72 000[1] ! 70 000 seraient déjà repartis, on s’en est félicité sans voir qu’il en resterait 2 000 pour une petite ville de 80 000 habitants ! Près d'un millier de mineurs non accompagnés sont restés à Ceuta, selon l'ONG Save the Children. Le gouvernement espagnol a annoncé mardi une enveloppe « extraordinaire » de 25 millions d'euros destinée à leur prise en charge. C’est en quelque sorte la double peine pour les Espagnols, non seulement ils doivent subir l’invasion, mais en plus ils doivent payer des sommes folles pour s’en débarrasser. Évidemment Pedro Sanchez en tant que représentant de cette ligne est sur un siège éjectable. On ne connait pas le coût de l’expédition des jeunes marocains sur Ceuta, mais il est très élevé 

Immigration : près d'un millier de mineurs non accompagnés dans l'enclave  espagnole de Ceuta

Face à l’indignation des populations européennes vis-à-vis du laxisme de la Commission européenne, il ne suffit plus de dénoncer l’extrême droite. Du Portugal jusqu’à la Pologne, c’est une protestation unanime. Cette fantaisie de Ceuta probablement manipulée par le gouvernement marocain va coûter très cher aux immigrationnistes. D’une manière ou d’une autre il va falloir agir pour tenter d’éviter que cela ne se reproduise. Et de fait, depuis quelques années la Commission européenne évolue pour un contrôle plus strict. Le monde, journal immigrationniste, constatait d’ailleurs que le nombre de migrants qui tentent de franchir illégalement les frontières de l’Europe avait bien diminué. Il est remarquable que sur cette question Mélenchon et son gang n’aient absolument rien dit de sérieux, éludant les questions de fond qui mettent son discours immigrationniste en porte à faux. Il parle « d’éventuelles manipulations », c’est assez drôle, mais tous les hommes politiques de gauche comme de droite, manipulent une information qu’ils croient les aider à récolter des voix, c’est bien ce qu’il fait en manipulant le vote musulman et antisémite à son profit. 

Mélenchon a récupéré à son profit le discours patronal, nous avons besoin des immigrés pour rester compétitifs, pour financer les retraites. En ce sens et contrairement à Georges Marchais, c’est un homme de droite, pro-européen. En Allemagne le parti de gauche de Sahra Wagenknecht, BSW, encore un peu léger sur le plan électoral a compris que la gauche en s’alignant sur le discours européiste en matière d’immigration allait dans le mur, et la faillite de la coalition qui a soutenu le sinistre Merz est là pour lui donner raison. La souveraineté ne se détaille pas, elle se défend aussi bien en refusant l’immigration de masse, qu’en rouvrant le dialogue avec la Russie, mais même sur ce dernier point le louvoyant Mélenchon est aligné sur les position européiste. Après avoir craché dessus sur Raphaël Glucksmann on l’a entendu le soutenir face aux pseudos tentatives de la Russie de déstabiliser le candidat atlantiste et pro-guerre. Tout ça pour dire que si Mélenchon est bien une grande gueule, il est d’un conformisme ahurissant sur tous les sujets que l’on veut. Il devrait prendre des leçons auprès de Georges Marchais dont la célèbre lettre au recteur de la mosquée de Paris était sans ambigüité : on peut être de gauche et hostile à l’immigration de masse. Un des points importants est que si l’immigration est si bien soutenue par le MEDEF, c’est aussi parce qu’elle divise les travailleurs. Tactiquement c’est au point depuis que la gauche n’a plus comme idée que de combattre un fascisme de comédie, et qu’elle s’est exclue du jeu politique, il lui est impossible aujourd’hui d’accéder au pouvoir. 

Georges Marchais immigration : la « cote d'alerte » | MPImedias-presse.info

Cette attitude immigrationniste et européiste de la gauche d’aujourd’hui, qu’elle soit « social-démocrate » ou pseudo-radicale laisse les mains libres à la droite ordinaire, cette droite affairiste, cosmopolite et européiste, pour faire exactement ce qu’elle veut. C’est objectivement la faillite du discours droit-de-l’hommiste qui a travaillé depuis de longues décennies contre les peuples : quoi que ceux-ci pensent, on leur impose une volonté qui n’est pas la leur, indépendamment de la démocratie la plus élémentaire qui n’est pas l’État de droit dont la définition est à géométrie variable – Orban était qualifié de fasciste alors que Zelensky qui célèbre avec constance la mémoire des nazis ukrainien est qualifié de sauveur de la démocratie européenne. la démocratie est la volonté populaire. Ceuta montre que cette comédie européiste du vivre ensemble est arrivée à son point terminal. Le grand économiste James Steuart avait compris vers la fin du XVIIIème siècle qu’une relative fermeture des frontières nationales était plus favorable au resserrement des inégalités et à une amélioration du confort des travailleurs qu’une ouverture indiscriminée. Le bon sens populaire le pense aussi.



[1] https://www.bfmtv.com/international/europe/espagne/crise-migratoire-a-ceuta-au-moins-72-000-migrants-sont-entres-illegalement-dont-70-000-deja-repartis_AD-202608040390.html

 

mardi 8 septembre 2026

Premières leçons des élections régionales en Allemagne

Landtagswahl: AfD verpasst absolute Mehrheit knapp, BSW gelingt Einzug ins  Landesparlament 

C’est sans surprise que nous voyons l’AfD remporter les élections régionales en Saxe-Anhalt. Le résultat est supérieur à celui attendu par les sondages. Et c’est sans surprise que nous voyons les tenants du bloc central se lamenter sur leur déconfiture, arguant que l’AfD est un parti nazi, extrémiste et qu’il s’agit là du retour de la bête. La vérité est beaucoup plus prosaïque que cela. Les électeurs ont d’abord voté contre le pouvoir qui en Allemagne les entraine vers la guerre avec la Russie, ils ont voté également contre le surarmement de l’Allemagne. Et il est assez inédit de voir qu’un parti qui prône la paix avec la Russie et la désescalade militaire soit qualifié de nazi. Ça c’est le premier point. Ensuite ils ont voté contre l’immigration massive, celle que Merkel avait accueillie à bras ouvert et qui a causé tant de dégâts en Allemagne. Il ne faut pas oublier que l’AfD est également pour une sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN. C’est donc un parti avant tout souverainiste. Et les Allemands savent très bien que la déconfiture économique actuelle de leur pays est aussi le résultat d’une guerre qui les a entrainés à se passer du gaz russe bon marché et de l’accès au marché russe. Ils sont donc bien mieux renseignés que ce qu’on pense chez nous. On notera que la propagande massive et éhontée de l’Union européenne, les montages aberrants sur les drones russes qui seraient en train d’attaquer l’Allemagne n’ont pas fonctionné comme garde-fou. 

Mais à mon sens le pire qui arrive pour le bloc central, c’est que l’AfD va probablement s’allier pour pouvoir gouverner avec BSW, le petit parti de gauche qui est lui aussi souverainiste. Ces deux partis ne sont pas d’accord sur le plan économique, AfD est par nature moins partageux. Mais cette alliance peut fonctionner sur la nécessité de faire de la souveraineté économique et politique la priorité. C’est pourquoi Sahra Wagenknecht exclut une coalition avec l’AfD mais pas des coopérations ponctuelles. La France devrait s’inspirer de cette nécessité. Or si l’idée de souveraineté est plus avancée en Allemagne qu’en France, c’est parce que depuis la guerre en Ukraine, l’Allemagne est tombée de plus haut. Il y a encore quelques années elle ne s’imaginait pas entrer en récession aussi vite et devenir une fabrique industrielle de pauvres. Le positionnement de BSW me semble juste, parce que si on y réfléchit un petit peu, c’est dans le cadre d’un État souverain qu’il soit français ou allemand que les inégalités ont été le plus limitées. Il est d’ailleurs assez comique de voir l’AfD accusée d’être un parti nazi, alors qu’au contraire c’était tout de même les vrais nazis qui prônaient une politique expansionniste sous l’égide d’une Europe allemande ! Et Hitler abritait ses volontés hégémoniques derrière le slogan « l’Europe c’est la paix », slogan repris aujourd’hui d’une manière lancinante par ceux qui justement ne rêvent que d’une guerre avec la Russie. 

En Allemagne, l'inarrêtable essor de l'AfD dans les sondages et dans les  urnes

Ce ne sont que des élections régionales, et il va y en avoir d’autres dans le mois de septembre. Mais il ne faut pas s’y tromper la forte participation des électeurs au scrutin montre que les Allemands sont à la recherche d’une solution politique en dehors du bloc central. Et l’idée de faire barrage au fascisme est une idée qui a vraiment du plomb dans l’aile, incapable de remplacer une solution concrète à des problèmes concrets. Fabien Roussel qui vient d’annoncer sa candidature à la présidentielle, a fait un mauvais commentaire sur ces élections. Ils pensent que c’est seulement parce que les pauvres sont maltraités qu’ils se tourneraient vers l’AfD. Ce n’est pas tout à fait faux, mais il devrait remonter à la source de cette situation, c’est-à-dire remettre en question l’Union européenne, l’euro et l’OTAN qui nous ont menés à la guerre avec la Russie. Il fut un temps où le parti communiste était plus audacieux, quand il fustigeait l’Europe, l’OTAN et même l’immigration de masse sous la houlette de Georges Marchais ! En tous les cas Merz est maintenant, comme tous les européistes va-t-en-guerre, sur la sellette. 

Allemagne: le triomphe de l'AfD bouleverse la politique

La réaction du Monde, complètement enragé, est réjouissante, il nous dit en gros que Merz qui recherchait le consensus a été curieusement battu au profit de l’extrême droite. Mais vu la sévère défaite qu’il a encaissée, on peut douter qu’il ait cherché le consensus, car ce consensus il ne l’a trouvé que contre lui et contre le financement de la guerre en Ukraine[1]. Ce journal, complètement dépassé, essayait de minimiser la victoire de l’AfD en répétant comme un perroquet que ce parti n’avait pas la majorité. L’absence de majorité n’a jamais gêné Macron pour continuer à gouverner contre le peuple. Il faut tirer une autre leçon la victoire de l’AfD qui gouvernera avec l’appui tacite de BSW, c’est d’abord et avant tout l’échec de l’Union européenne et de sa bureaucratie. Peut-être que l’AfD ne sera pas à la hauteur des enjeux, peut-être aussi qu’en France le RN ne sera pas lui aussi efficace, on n’en sait rien, mais ce qui est sûr et certain c’est que l’Union européenne et l’extrême centre libéral ont échoué dans tous les sens du terme et sur tous les plans. Et c’est de là qu’il faut partir pour comprendre quelque chose.

Libération, ce vieux torchon antisémite, se fait peur, ce journal voit le fascisme un peu de partout, sauf à Kiev où cette crapule de Zelensky célèbre les nazis d’avant-guerre tous les deux jours, sauf chez les soutiens du Hamas, sauf évidemment dans les pays baltes. Toute la presse française est alignée sur cette doxa. Cela leur évite de s’interroger sur les échecs de Merz qui sont d’abord les échecs de la politique européiste menée d’une main de fer par la bureaucratie bruxelloise.



[1] https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/09/07/le-modele-politique-allemand-menace-par-l-extreme-droite_6767920_3232.html

dimanche 6 septembre 2026

Les lamentos du journal Le monde

Paris le 27 Aout 2026. Seconde journée de la REF 2026 du MEDEF // SÉQUENCE POLITIQUE DE CLÔTURE  Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau, Marine Tondelier répondent aux questions de 5 chefs d’entreprises, et réagissent aux résultats de  la consultation lancée par le MEDEF et Opinion Way ///

Pierre Martin, présentant ses affidés à la foule, remarquez qu’il est le seul à avoir tombé la cravate 

Le vingt-sept août dernier les candidats à la présidentielle ont été se faire adouber par le président du MEDEF, Pierre Martin. Ils étaient sept à aller se dresser sur leurs pattes de derrière, à faire les beaux pour démontrer au grand patronat qu’ils ne lui étaient pas hostiles, et que bien au contraire ils allaient tout faire pour ne pas les mettre sur la paille. De Mélenchon à Retailleau ils étaient tous alignés, bien sagement, cherchant à plaire comme à un concours de beauté. Pierre Martin est un patron très offensif qui dit clairement qu’il faut détruire les acquis sociaux et abaisser drastiquement les dépenses de santé, et retarder encore et toujours l’âge de départ à la retraite. Là on se pose des questions sur le fait que la canaille politicienne ait accepté de soi-disant débattre sous la houlette d’un tel personnage, le patron des patrons le plus réactionnaire depuis la Libération. Normalement il aurait dû recevoir un tombereau d’injures si les politiciens avaient ne serait-ce qu’un peu d’honneur. Aller se commettre dans ce genre de spectacle en dit long sur qui commande en matière de politique. La veille Pierre martin avait convoqué cette vieille bourrique d’Ursula von der Leyen qui nous avait expliqué comment l’épargne des Européens et donc des Français, pouvait très bien servir à continuer à financer le désordre européiste notamment en finançant la guerre perpétuelle contre la Russie. Le monde cependant n’est pas content, il aimerait que le réactionnaire Pierre Martin soit un peu plus discret, qu’au moins il fasse semblant de négocier quelque chose avec les syndicats. Ce journal a donc sorti un éditorial vengeur pour dire que ce n’était pas ça qu’il fallait faire, ce n’est pas le fond qu’il critiquait, mais uniquement la forme[1]. Il trouve que ce positionnement trop offensif nuit au bloc central – cette sorte de marais qui va de Hollande à Retailleau en passant par le duo comique Attal-Philippe. Pour faire passer les lois anti-sociales Le monde préfère la méthode d’Hollande, faire semblant de négocier, puis faire voter une loi ignoble. 

C'est 'Squid Game'" : entre Édouard Philippe et Gabriel Attal, le duel a  déjà commencé en vue de la présidentielle de 2027

Ce journal atlantiste se lamente aussi des divisions du bloc central. Il ne lui vient jamais l’idée qu’à l’heure actuelle le bloc central c’est autour de 15%. Or pour les journalistes qui suivent les clowneries de la campagne présidentielle, il n’est pas normal qu’Attal et Philippe n’arrivent pas à s’entendre. Ils avancent qu’ils ont le même programme, qu’ils sont européistes et russophobes tous les deux, et tous les deux pour serrer la vis aux salariés[2]. Ils sont outrés que les problèmes d’ego prennent le pas sur « la vraie politique ». Mais en vérité ils n’ont pas de programme, si ce n’est celui de suivre à la lettre les directives de la Commission européenne, et dans leurs responsabilités gouvernementales, ils ont surtout brillé tous les deux par leur incompétence. Si en effet c’est la Commission européenne qui dicte sa loi, à quoi bon avoir un programme, il ne reste plus qu’à se battre pour obtenir le poste de président. Le monde étale une fois de plus sa nullité justement en ne comprenant pas que la farce des élections présidentielles n’a aucune importance. Pourtant Edouard Philippe et Gabriel Attal ont assuré que d’ici au début de l’année prochaine ils arriveraient à s’unir. Nous n’en doutons pas. 

Édouard Philippe engage des mesures contre l'immigration à ...

Phillipe à Mayotte le 21 aout 2027 pour parler d’immigration 

Le monde n’est pas content non plus que les candidats du bloc central – ce que le commun appelle l’extrême centre – aient durci leur discours sur l’immigration[3]. Le journal rappelle deux choses d’abord, et c’est le plus important, Pierre Martin, le patron du MEDEF est pour l’immigration, comme Mélenchon d’ailleurs. La raison est simple ça permet d’avoir de main d’œuvre pas chère et dans certains secteurs on ne paie même pas les cotisations sociales, et potentiellement de financer les retraites, donc c’est bon pour le profit. Du moins c’est ce qu’il croit parce que sur le long terme il faudra tout de même financer les retraites des travailleurs immigrés. Ensuite le journal rappelle que le discours anti-immigration c’est le discours de Marine Le Pen qui est le candidat à battre. Donc tout ce qui va dans le sens d’une restriction de l’immigration est pour Le monde un marchepied pour le fascisme qui vient ! Mais Attal, comme Philippe, sait très bien que le sujet de l’immigration va revenir et que c’est là une des raisons du succès de Marine Le Pen. Ce n’est pas seulement en France que l’immigration massive exaspère, c’est dans toute l’Europe, dans les pays du Nord qui ont été les plus accueillants, on commence à prendre des mesures restrictives. Ce que voudrait le journal Le monde c’est qu’Attal et Philippe non seulement s’unissent au lieu de se cracher dessus, mais qu’en plus ils s’alignent sur le programme politique du journal ! Mais ceux candidats aussi bancals qu’ils soient ont l’œil sur les sondages et c’est sur les sondages qu’ils s’alignent, même si comme Hollande en son temps qui disait « mon ennemi c’est la finance » ils s’aligneront sur ce que leur dira de faire Bruxelles. 

Les médias tentent de s’enthousiasmer pour la candidature d’Attal et sa couscoussière 

La candidature de Philippe a de plus en plus du plomb dans l’aile. Il y a un an on le donnait vainqueur dans un second tour Philippe-Marine Le Pen, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Et bien que les sondages donnent Philippe encore comme le meilleur candidat de second tour, les médias de grand chemin commencent à se poser des questions sur qui ils doivent soutenir, d’autant que l’autre candidat atlantiste et russophobe, l’agent des Américains Raphaël Glucksmann n’arrive pas à percer. Bref l’extrême centre sans ressort, sans possibilité d’assumer le bilan désastreux du double quinquennat de Macron, est dans une grande difficulté au point qu’il est maintenant possible d’envisager l’impensable : un second tour en 2027 entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Sorti de nulle part, sans expérience en quoi que ce soit, Attal qui n’a non plus jamais travaillé est pourtant pris au sérieux par les journalistes, ce qui nous démontre quel est le niveau aujourd’hui de cette profession. En tous les cas, sur les réseaux sociaux, que ce soit Philippe ou Attal, ces deux incapables sont lourdement moqués, désignés comme les ultimes roues de secours du macronisme. Même Le monde a reconnu que c’était difficile aujourd’hui de porter le lourd bilan de Macron que pourtant ce journal a soutenu en 2017 et en 2022[4]. 

Les Islandais rejettent une reprise des négociations d'adhésion à l'UE

Kristrun Frostadottir et Ursula von der Leyen  

Mais il n’y a pas que la campagne pour les présidentielle qui attriste le triste journal Le monde. En Islande on a fait un référendum pour décider de continuer ou non de poursuivre les discussions en vue d’une adhésion à l’Union européenne. A la question « L'Islande doit-elle rouvrir les négociations d'adhésion avec l'Union européenne ? », 52,8% des Islandais ont répondu « non » et 47,2% « oui » lors d'une consultation qui s'est tenue samedi, après dépouillement de tous les bulletins, soit 273.000 électeurs. La Première ministre islandaise Kristrun Frostadottir avait bien fait les choses faisant intervenir la sinistre Ursula von der Leyen pour appuyer le oui, mais c’est peut-être la vue de cette face de carême qui a dissuadé les Islandais de poursuivre les discussions avec l’Union européenne. En tous les cas c’est certain que d’adhérer à l’Union européenne ne fait plus rêver personne. Il faut se souvenir qu’en 2005, les Français et les Néerlandais avaient voter non au TCE dans une plus grande proportion encore, mais que tout de même on avait utilisé un tour de passe-passe pour passer outre et faire adopter la logique du TCE par la voie parlementaire – le peuple n’étant pas fiable, on se demande encore pourquoi on l’autorise à voter. Le non l’a donc emporté et le gouvernement va sans doute démissionner, dans ce genre de pays on respecte encore le vote des électeurs, pas comme en Europe[5]. C’est un revers d’abord pour von der Leyen qui est presqu’autant haïe que Macron, mais aussi pour Le monde qui prône en permanence l’élargissement de l’Union européenne jusqu’aux confins du monde ! En effet quelle serait la logique d’une telle adhésion ? Von der Leyen a essayé de vendre aux Islandais l’idée que l’Union européenne les protégerait d’une éventuelle attaque – des Russes ? Mais à voir comment l’Union européenne défend l’Ukraine qu’elle veut agréger à son espace d’influence, ça fait plutôt peur ! Pour masquer son dépit Le monde expliquait que les urbains avaient voté massivement pour l’adhésion, et que les ruraux, les paysans quoi, avaient rejeter cette adhésion, sous-entendant une fois de plus que ceux qui sont contre l’Union européenne et ses fantaisies ruineuses sont un peu idiots, un peu attardés. Il faut rappeler que l’Union européenne est la zone de la plus faible croissance économique au monde, et qu’en plus la zone euro a une croissance économique encore plus faible que le reste de l’Union européenne ! Un bilan bien lourd à porter tout de même !
Le gouvernement de la Première ministre Kristrún Frostadóttir (coalition de centre-gauche) s’était engagé à respecter le résultat. Il ne relancera pas les négociations pendant son mandat (jusqu’en 2028) et pourrait même demander au Parlement un retrait formel de la candidature.

En campagne pour 2027, Édouard Philippe sert des frites avec Gérald Darmanin  à Tourcoing

N'ayant pas peur du ridicule, Darmanin et Fantômas ont fait des frites pour la rentrée du Ministère de la justice le 30 août 2026, on se perd en conjectures pour décrypter le message qu’ils veulent envoyer aux Français. Voulaient-t-ils montrer ainsi qu’ils avaient une expérience sérieuse de l’existence du monde du travail ? Voulaient-ils prouver aux Français qu’ils s’étaient réconciliés après s’être disputer sur la question migratoire ? Ou simplement voulaient-ils nous dire qu’ils avaient la frite ? C’est bien difficile à dire. En tous les cas tout le monde a vu qu’ils ne savaient pas tenir une friterie, les frites étaient cramées, trop molles, trop salées, et on se dit que s’ils n’arrivent pas à faire des frites, on ne voit pas comment ces deux imbéciles pourraient conduire correctement les affaires de la France !


[1] https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/28/presidentielle-2027-le-devoir-de-responsabilite-du-medef_6758980_3232.html?srsltid=AfmBOorbospGj4x9PjMJ6fPnKF_FVd89XfNb9lnEKNj96VouwMzv_uzJ 

[2] https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/29/presidentielle-2027-les-incomprehensibles-divisions-du-bloc-central_6759816_3232.html

[3] https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/23/presidentielle-la-surenchere-des-candidats-du-bloc-central-sur-l-immigration_6754133_3224.html?srsltid=AfmBOor96Pb0-rKsAZLp84qKkERX1lyfKBGYqZ5NdgD3S244amGIx1F3

[4] https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/08/25/presidentielle-2027-le-bilan-d-emmanuel-macron-un-lourd-heritage-a-porter-pour-gabriel-attal-et-edouard-philippe_6756575_823448.html?srsltid=AfmBOoplYE6IiFbd-sqlRVZfBORYXAWfqBn0ko9RQ585c-3clCpkxDHk

[5] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/30/les-islandais-rejettent-les-negociations-d-adhesion-a-l-union-europeenne_6760950_3210.html

La dette publique et les taux d’intérêt

L'écart de taux entre l’OAT française et le Bund allemand   Dans le temps, on nous vantait les mérites du capitalisme dans le fait q...