samedi 26 septembre 2026

Les patates et le monde de l’art moderne

 « Grande patate chaude » (2025), de Raphaël-Bachir Osman, dans l’exposition « Des patates », au Château - Centre d’art contemporain et du patrimoine d’Aubenas, en juillet 2026.             « Grande patate chaude » (2025), de Raphaël-Bachir Osman 

Donnons des nouvelles du monde de l’art dégénéré aurait dit le bon Staline. En juillet 2026 on exposait des patates au Centre d’art contemporain et du patrimoine d’Aubenas. L’idée était de réunir au Château d’Aubenas tous les peintres ou plasticiens qui avaient approché dans leur œuvre la patate de près ou de loin[1]. L’organisatrice justifiait les choix de cette exposition singulière par le fait que l’Ardé èche entretenait des liens particuliers avec la patate : « L’Ardèche et la pomme de terre, c’est une longue histoire » Certains n’allaient pas jusqu’à se donner la tâche de représenter la patate, mais se contentaient d’en faire un petit tas et de l’étiqueter à même la terre où la patate pousse ! Cette artiste s’appelle Alice Allenet. Elle revendique la provocation, cherchant à découvrir ce qui pourrait encore aujourd’hui choquer le bourgeois. Évidemment comme ce tas de terre et ses patates sont exposés jusqu’à la fin du mois de septembre, on se dit que d’ici la fin de l’exposition ces tubercules auront sans doute germés, changeant la nature de l’œuvre exposée !

Cuite ou crue, en frite ou en chips, la patate tête d'affiche au Château  d'Aubenas cet été Performance artistique d’Alice Allenet au Château d’Aubenas 

N’allez pas croire qu’Alice Allenet ne fait que des petits tas de terre, elle fait aussi des gribouillis comme le montre « l’œuvre » ci-dessous destinée à annoncer son exposition. Très active elle avait fait une exposition en 2025 intitulée Mettre les pieds dans le plat et tacher la nappe. Tout un programme ! Ne comptez pas sur elle pour développer des formes sophistiquées et travaillées. Elle nous dit que son but est de dénoncer la civilisation industrielle et sûrement pas de faire plaisir à ceux qui contempleraient ses œuvres. Elle suppose qu’en méditant sur ses gribouillis ou sur un tas de terre d’où émergent quelques malheureuses patates, ça donnera à réfléchir et changera le monde ! C’est ambitieux ! Incidemment Alice Alenet nous dit qu’elle interroge par son travail les codes de l’esthétique bourgeoise et donc elle la remet en question. Évidemment vous n’allez pas mettre chez vous un tas de terre avec quelques patates promises à la décomposition, ce genre d’exposition a un caractère éphémère et pour cela doit être subventionnée. Il faut bien que les artistes qui performent et produisent des œuvres destinées à nous faire réfléchir gagne un peu d’argent pour survivre et continuer leur travail d’inutilité publique. On nous dit aussi qu’Alice Allenet s'intéresse aux paysages façonnés par l'industrie de la frite surgelée, voilà qui est intéressant et fécond. Alice Allenet est soutenu par le CLEA. Le CLEA est un dispositif artistique et culturel proposé par la Communauté Urbaine de Dunkerque, avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles et de l’Éducation Nationale. N’est-ce pas formidable ? 

Affiche et créa typo pour l'expo d'Alice Allenet @alice_alll au Doc!  @doc.expo @doc_wooork

Affiche et créa typo pour l’expo d’Alice Allenet 

L’art moderne n’a jamais fini de nous surprendre. Récemment a circulé sur la toile la performance d’une autre « artiste », Jessica Cooke. Celle-ci s’est présentée devant un public assez restreint tout de même, elle trainait un sauf – apparemment neuf – en courant en rond, puis en levant la jambe et terminant en sautant sur une sorte d’escabeau. L’étonnant n’est pas tellement que certains fassent ce genre de chose, mais plutôt qu’ils trouvent un public pour les contempler comme autrefois on allait au zoo pour regarder des bêtes curieuses. Au-delà du ridicule de la posture, il faut remarquer que ces gens-là ne comprennent l’art – du moins ce qu’ils en entendent – comme une sorte de pédagogisme. Il faut faire passer un message pour éduquer le peuple, sauf que le peuple ne va pas voir ce genre de grimaces. On trouve la même volonté d’éduquer au cinéma, par exemple chez Ken Loach, ce qui suppose que le peuple serait plus ignorant qu’eux, ce qui reste évidemment à démontrer. 

L’artiste Jessica Cooke en pleine action

Ajoutons que ce genre de fantaisie subventionnée ne peut exister que parce qu’il y a des bureaucrates, plus ou moins spécialisés dans l’art moderne, qui distribuent des subventions, ce qui leur donne une importance en fonction de la clientèle qu’ils se sont acquise. Il faut qu’ils justifient leurs budgets et leur goût pour l’innovation artistique. 

A Paris, les petits hommes verts de Fabrice Hyber égayent la fontaine du  Palais Royal jusque fin mai – franceinfoLes petits hommes verts de Fabrice Hyber 

Fabrice Hyber lui aussi fait des gribouilles, très économe de la couleur cependant. Mais il occupe tout de même l’espace. Ses œuvres ne se vendent pas très cher, mais comme il peint et barique au kilomètre, il finit par s’en sortir plutôt bien. Surtout que ses structures de plus grande dimension sont subventionnées, et là on facture le coût de la peinture, mais aussi celui de la main d’œuvre. Le plus terrible n’est pas ce qu’il inflige à son public blasé, mais le fait qu’en plus il pense. Et comment pense-t-il ? Pour se donner un genre, il enfonce les portes ouvertes d’un rapprochement entre l’art et la science. Se prendrait-il pour un nouveau Leonardo Da Vinci. Voici le genre de réflexion dont il est capable, c’est censé donner une caution philosophique à son œuvre.

« Pour moi, l’art et la science ont été liés d’emblée, notamment dans l’envie d’inventer des mondes. Observer la nature, c’est se poser de nombreuses questions. Peut-on la mettre en chiffres ? En calculer les phénomènes ? Et si oui, peut-on la dupliquer ? Voire, la redessiner ? »  

Fabrice Hyber : « La vie ne s'arrête pas, elle se déplace » -  ArtsHebdoMédiasSous la forêt, les vies, Domaine de Chaumont-sur-Loire, 2023 

On nous dit qu’il aurait étudié aux Beaux-Arts de Nantes vers la fin des années soixante-dix. C’est bien possible, mais il ne semble guère avoir appris les rudiments du dessin. Par contre il semble très obsédé par les petits bonhommes verts. On nous dit que les ours géants et verts de Fabrice Hyber nous alertent sur les dégâts portés à l’environnement par notre mode de vie industriel. Un esprit mal tourné vous dirait que ces ours géants sont des structures gonflables en plastique – c’est juste la même astuce que les immondices de Jeff Koons – et que le plastique ça met des millénaires à se recycler dans la nature. Mais le but est honorable et honoré de toute part comme la priorité des priorités. On a donc exposé à l’entrée du Grand Palais, cette structure de 10 mètres de haut qui rendrait laid n’importe quel bâtiment qu’elle voudrait mettre en valeur. L’esprit enfantin dans le mauvais sens du terme de ce genre de fantaisie saute aux yeux, comme si pour faire passer un message il fallait forcément prendre les visiteurs de l’expositions pour des imbéciles. On reconnait au passage notre ennemi principal, l’envahissement du pédagogisme dans le domaine de l’art. Ce n’est pas tellement qu’on soit hostile à un engagement politique, après tout les artistes, même mauvais on bien le droit de s’exprimer, mais ce qui est insupportable c’est cette façon de donner la leçon aux éventuels de ces expositions. En effet les bobos suffisamment curieux pour se rendre à ce genre de spectacle, cochent déjà les cases de la nécessité de la transition écologique. Fabrice Yber croit-il vraiment que les visiteurs de ses expositions sont plus bêtes que lui ? 

Ted Hyber au Grand Palais : c'est quoi ces ours géants ? - Sortiraparis.comTed Hyber qui annonce l’exposition au Grand palais en avril 2026 

Il y a une obstination des « artistes modernes » à poursuivre leur travail en deux sens différents, d’abord développer l’amour de la laideur, histoire de disqualifier les normes esthétiques élaborées patiemment au fil des siècles, disons au moins depuis la Grèce antique. Il est facile de soutenir cette tendance du marché par un discours plus ou moins radical, voyez les Dadas. Mais c’est aussi une manière de déplacer le problème, être artiste ne signifie pas qu’on ait atteint un certain degré de technicité ou de maitrise du jeu des couleurs comme celle du dessin. C’est au contraire mal vu. Ce qui est mis en valeur, c’est soi-disant l’idée, la philosophie sous-jacente qui est souvent très sommaire. Regardons l’œuvre ci-dessous. Peinte en 2022 par Laure Prouvost, elle fut ensuite exposée au Grand Palais. Cette jeune « artiste » française qui titre ses œuvres en anglais – nous sommes à l’heure de la mondialisation – et qui fabrique aussi des vidéos, est parfaitement intégrée dans le système de valorisation de la marchandise artistique. Elle a d’ailleurs reçu de nombreuses décorations. Ses œuvres ne sont pas d’un prix très élevé, mais elles sont facilement reproductibles sur papier, ce qui lui assure une rente de situation assez élevée. Elle aussi a compris que de faire dans le monumental, non seulement cela attirait les regards, mais cela permettait d’avoir de belles subventions publiques. C’est pourquoi au Grand palais, elle installa une œuvre monumentale qui fit s’extasier France Culture de plaisir. Mais ce qu’on peut voir de mieux de ce qu’elle a malheureusement fait, ce sont des pâles copies du système Chagall, sans grâce enfantine et sans couleur. Remarquez que plus un artiste est mauvais, et plus il donne dans le monumental, espérant sans doute qu’en s’attardant sur la taille de l’objet, le client oubliera la médiocrité de l’œuvre. 

Laure Prouvost, Pour arriver ici, nous dansons, 2022 

Sharer Nassar lui voit la vie en rose, il en a acheté des litres en acrylique et nous en met partout, parfois il ajoute un peu de vert aussi. C’est minimaliste, mais comme disent les jeunes, fuck la technique. Il n’est pas très cher, mais ses « œuvres » sont reproductibles et reproduites. La mécanisation des œuvres d’art permet d’en abaisser le prix. Ce qu’on perd en rareté, on le récupère en pariant sur la quantité. Saher Nassar possède un avantage sur ses collègues, il est Palestinien, et en achetant ses tableaux on fait une bonne action, on aide la cause palestinienne. Le tableau que nous reproduisons ci-dessous, a une portée pédagogique, il interpelle le chaland sur sa position vis-à-vis des Droits de l’Homme, sous-entendant par là mais sans le dire que ce sont les Palestiniens qui sont privés des droits humains. C’est un peintre qui plait par exemple aux lecteurs du Monde diplomatique. 

Saher Nassar, Droits de l'homme, 2024 

Tout cela n’est pas bien nouveau, ci-dessous, nous avons un petit monticule de terre ensemencé de gazon et qui fut créé en 1969 par Hans Haacke et exposé ensuite un peu partout pour enfin être achetée par la FRAC Grand Large des Hauts de France en 2000. Cette œuvre a été décrite comme une réflexion politisée sur le temps parce que durant le temps de l’exposition, on pouvait regarder le gazon pousser ! « What Is Not Visible Is Not Invisible », c’est le titre que porte cette œuvre de Hans Haacke[2]. Au premier abord je pensais qu’il s’agissait d’une blague, quelqu’un qui avait présenté ça pour se moquer des grimaces de l’art modern, puis, non, c’est estampillé œuvre d’art. Vous me direz que c’est un artiste allemand qui a commis ce petit tas. Mais est-ce bien une excuse. Une telle œuvre n’aura pas sa place dans votre salon mais peut-être dans votre jardin. Ce qui est tout de même le plus intéressant dans cette fantaisie c’est que sur n’importe quel objet, fini, ou pas fini, on peut coller un discours qui en définit la nécessité absolue. La encore le plus important n’est pas l’œuvre elle-même, mais le discours qu’elle est censée porter. Ça c’est tout de même moderne. Avant on n’osait pas, on donnait l’œuvre à voir et elle existait par elle-même avant qu’on lui greffe un discours dessus. Aujourd’hui le discours précède pratiquement l’œuvre qui au fond n’a plus besoins d’exister. Mais existe-t-elle ? 

Hans HAACKE - L'herbe pousse | Frac Grand Large – Hauts-de-France

Grass Grows réalisée par l'artiste allemand Hans Haacke en 1969 

Tout cela représente un système où s’imbriquent critiques d’art – la caution morale – marchands d’art et la puissance publique qui distribue de l’argent. Ces gens-là décident de ce qui est bon à montrer au public en fonction d’une idéologie selon laquelle il faut réformer l’esthétique naturelle des basses classes de la population qui continuent de penser que le beau existe, que ce n’est pas une simple norme sociale. Mais en vérité il s’agit d’exclusion, parce que les basses classes sont totalement imperméables à la rhétorique. Parmi les conséquences de cet état de fait, il y a que de très bons artistes qui peut-être existent, sont incapables de s’extraire de ce marécage. L’art moderne dans la première moitié du XXème siècle devait se battre pour se faire admettre en dehors de l’académisme, aujourd’hui c’est l’inverse, l’art moderne, devenu le nouvel académisme empêche, l’émergence des nouvelles voies pour les représentations picturales de notre époque. Dans ce malheureux système, on chercherait en vain quelque émotion. Mais le pire c’est sans doute qu’on s’habitue à regarder la laideur, non comme une exception ou quelque chose à combattre, mais comme quelque chose de naturel et de normal, comme si on faisait ainsi son devoir. 

Peut être une image de texte qui dit ’GNIARK DU PNE...ENCOREDUPNEU! PNEU. ...ENCORE DU PNEU! ça commence à nous gonfler ! Undispositif Undispositir.performatoire performatoire du plasticien Guillaume de elaFollyeJoux Follyde dans la Chapelle de Chaumont’ 

Si on devait unifier l’art moderne – celui d’aujourd’hui – je dirais qu’il est anti-humaniste, il n’aime pas la vie. Il se refuse à représenter l’humain, il se refuse à représenter la lumière. C’est chose morte et sans âme. Ce nihilisme froid se dissimule le plus souvent derrière une peinture des idées et des messages. Le beau ne l’intéresse pas, et d’ailleurs, il serait bien en peine d’aller à sa recherche. Enfin ce dont je parle ce sont les peintres et les « plasticiens » qui sont choisis d’abord par le système marchand qui a produit en amont la théorie de ces représentations. Il y a sans doute d’autres artistes, mais ceux-là sont dissimuler derrière le tapage des galeristes et des critiques d’art. 

« … visiter et soi-disant admirer les œuvres les plus différentes et les plus hostiles, implique une largeur d’esprit, une élasticité d’aise artistique, vraiment flatteuses. » J. K. Huysmans

PS. Je ne suis pas "spécialiste" de la critique des choses de l'art. Je conseillerais donc de regarder le site de Nicole Esterolle https://www.museumnicole.fr/le-blog-de-nicole/ qui a la dent dure, et qui est bien meilleure connaisseuse des turpitudes de l'art dit moderne. On peut lire aussi son livre, où elle a regroupé quelques une de ses chroniques, La Bouffonnerie de l’art contemporain, Jean-Cyrille Godefroy Editions, 2015.



[1] https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/07/23/cuite-ou-crue-en-frite-ou-en-chips-la-patate-tete-d-affiche-au-chateau-d-aubenas-cet-ete_6731067_3246.html?srsltid=AfmBOopxHnoLcyQqypxlnnwmplQphgzBiqqYOxKtjOmypKq36IKDPRuY

[2] Cet artiste, né en 1936, est assez connu et a accès à tous les grands circuits de promotion de l’art conceptuel. Les Américains aiment bien, ce qui n’est pas très étonnant.

mardi 22 septembre 2026

Allemagne, la décomposition du système

 

Le désastreux Merz annonçant que son parti a encore perdu, mais qu’il se maintiendra au pouvoir 

En Allemagne il y a eu des élections régionales le 20 septembre 2026 et sans surprise les partis formant le système de gouvernement, cette alliance baroque entre la droite et la gauche, sont tous défaits. L’AfD progresse fortement en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et sort en tête du scrutin avec 38% des voix, faisant plus que doubler son score. Le parti du sinistre Merz n’atteint même pas les 5% et se trouve éjecté du parlement régional. Cette défaite arrive deux semaines après que l’AfD ait remporté les élections en Saxe-Anhalt. Cependant Merz refuse de tirer les conséquences de la défaite cinglante de son parti. Faisant comme Macron, il prétendait encore au soir de cette journée « continuer les réformes ». C’est la mode aujourd’hui en Europe de critiquer les élections en Russie pour leur manque de démocratie, mais par ailleurs de ne pas tenir compte de ce que disent les électeurs. Les politicards allemands, comme les politicards français, au lieu de parler de leur rôle néfaste et du rejet de ce qu’ils sont, préfèrent alerter sur le danger que représenterait l’AfD. On mise tout sur le barrage. Ainsi il est très probable que l’AfD ne gouvernera pas la région de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. L’ensemble des partis refusera de l’appuyer. Mais cette nouvelle victoire marquera les esprits 

Leif-Erik Holm candidat de l'AfD au poste de ministre-président du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale 

Il y avait une autre élection. À Berlin, la liste conduite par la candidate de Die Linke (gauche radicale), Elif Eralp, arrive en tête (25 % environ) devançant la CDU du chancelier (20 %), et pourra lui ravir la mairie si elle s'entend avec d'autres partis de gauche. « Dans notre ville, la liberté et la justice ont triomphé de la haine », a-t-elle dit très platement, en référence à l'extrême droite. L'AfD de son côté passe de 9% à 15%, c’est un bond en avant par rapport à 2023. C’est assez curieux, avec 25% des voix Die Linke revendique la victoire, mais ce parti la refuse en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale à l’AfD qui a fait 38% des voix. C’est encore une autre défaite de la CDU qui dirigeait jusque-là la mairie et qui va être obligé de soutenir Die LInke. En vérité Die Linke est maintenant dans l’embarras, parti de gauche, mais assez peu radical quoi qu’on en dise, il essaie de ménager une position critique tout en soutenant la guerre en Ukraine, et en refusant de prendre position sur l’Union européenne et l’OTAN. Die Linke apparait maintenant que le SPD est disqualifié à cause de ses trop fortes compromissions comme la force sociale-démocrate d’appoint pour tenter de maintenir le système en l’état. Faisons un parallèle entre la France et l’Allemagne. Le SPD se trouve aujourd’hui dans la situation du PS en France, comme la CDU ressemble si on veut au parti de Macron en déshérence. On voit bien qu’un tel système n’a pas d’avenir dans la situation européenne dégradée qui est la notre aujourd’hui. 

Élections en Allemagne: la gauche radicale de Die Linke l'emporte à Berlin,  nouvelle poussée de l'AfD - RFI

Elif Eralp à Berlin le 20 septembre 2026 

La plupart des partis allemands ne veulent pas tirer les leçons de cette nouvelle défaite. Au lieu de s’interroger sur leur programme, sur leurs réalisations et sur ce qu’attendent les électeurs, ils préfèrent se contenter de stigmatiser l’AfD. Leur seul programme est comme en France de faire le dos rond en excluant le parti dit d’extrême droite de la gestion des affaires. Mais la véritable raison du succès de l’AfD est facile à comprendre, et ne tient pas au décalage entre l’Est et l’Ouest du pays comme Merz l’avance souvent, il tient au fait que dans une situation économique dégradée, seule l’AfD a un programme, sortir de l’Europe, se rabibocher avec les Russes pour avoir du gaz et des marchés, aider à faire la paix en Ukraine et bien sûr aussi mieux maitriser l’immigration. C’est un programme souverainiste et c’est ce qui fait son succès, les Allemands ont un mauvais souvenir justement de la velléité de soumettre la Russie pour s’emparer de ses ressources naturelles, quand les tanks sont entrés en Russie, ça s’est bien mal terminé, sans doute est-ce pour cela que le parti anti-guerre est plus fort en Allemagne qu’en France. Les partis de gouvernement en Allemagne sont incapables de critiquer le programme économique de l’AfD sur lequel il y aurait pourtant beaucoup à dire, et cette lacune ils la compensent en ânonnant stupidement le discours sur le retour des nazis au pouvoir.  

Chapoutot qui possède un abonnement sur les radios gouvernementales, pérorant sur le fascisme qui vient 

En France on s’inquiète aussi de la montée en puissance de l’AfD, mais pour des mauvaises raisons. On a vu cet imbécile de Chapoutot s’abriter derrière son statut d’historien de profession pour nous alerter sur le fait qu’en 2026 comme en 1933 les nazis sont arrivés au pouvoir par la voie légale[1]. Cette comparaison paresseuse montre qu’il est un très mauvais historien car les deux périodes n’ont aucun rapport. En 1933 les nazis, les vrais, possédaient une force paramilitaire que l’AfD ne possède pas, mais en outre Hitler menaçait déjà la Russie comme le fait aujourd’hui Merz, et il déclencha l’opération Barbarossa. L’AfD au contraire prône la paix et l’entente avec la Russie. Chapoutot est le genre de crétin très limité sur le plan intellectuel et qui nous proposera encore de faire le barrage en 2027, j’en prend les paris. On a pourtant vu que le barrage depuis 2002 était la mauvaise solution et n’entrainait que des ressentiments dans la population. Geler les positions en attendant un miracle conduira à l’explosion. On fera remarquer au faible Chapoutot que la Meloni en Italie qui était présentée avant qu’elle soit placée à la tête du gouvernement comme un retour du fascisme italien, s’est finalement alignée sur les positions européistes les pires dans tous les domaines, y compris dans celui de l’immigration. 


Pendant ce temps en Russie le parti de Poutine, Russie Unie, remportait largement les élections législatives avec environ 58 % des voix, ce qui lui assurera une très large majorité à la Douma. Ce résultat provisoire devrait être confirmé le 25 septembre, et bien sûr les médias occidentaux se lamentaient selon la formule bien rodée que ces élections auraient été truquées et que les Russes auraient voté dans la peur. Pour qui connait un petit peu la Russie et son peuple, cette idée n’a pas de sens. Autrement dit Merz nous dit qu'en dépit du fait qu'il perde élection après élection, il reste en poste pour sauver la démocratie, ça ne choque pas l'Union européenne, mais que le parti de Poutine recueille 58% des voix, ça leur parait être un viol de la démocratie ! Le moins qu'on puisse dire est que les Européistes ont une conception particulière de la démocratie, même réduite à sa représentation parlementaire.


[1]https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-l-idee/1933-comment-les-elites-se-sont-converties-au-nazisme-5016292

dimanche 20 septembre 2026

De la propagande antirusse dans les médias et au cinéma

L’armée ukrainienne est aujourd’hui au 36ème dessous. Consécutivement à la campagne des 40 jours qui consistait à frapper la Russie en profondeur, elle n’a plus de moyens pour continuer la guerre. Von der Leyen et des imbéciles comme Nathalie Loiseau veulent continuer, tant pis s’il n’y a plus d’armes et de soldats pour tenir le front. Tant pis si les Russes ferment les ports ukrainiens au trafic et accentuent la pression sur l’économie. Tant pis s’il y a toujours plus de morts sur le front.  L’idée fumeuse de ces gens est 1. Qu’on peut recruter des mercenaires étrangers pour l’armée ukrainienne, on viserait un apport de 40 à 50% des soldats engagés sur le front – où les prendrait-on, comment seraient-ils formés ! 2. On paiera, comme on n’a plus un sou, en volant l’argent des Russes pour acheter du matériel aux Etats-Unis – là encore on ne sait pas trop combien de temps il faudra attendre pour être livré. Cela ne marchera pas, essentiellement parce qu’une partie des pays européens est hostile à cet acte de piraterie – la Belgique vient de fermer la porte à toute discussion sur le sujet, ensuite parce que même si l’argent était là, il faudrait des années pour exécuter ce plan qui frise la débilité mentale. Pour tenter de convaincre les peuples européens de la justesse des plans de la bureaucratie européiste et otanienne destiné à nous protéger d’une menace qui n’existe pas, on a donc droit à une propagande tous azimuts qui s’intensifie depuis le printemps dans nos médias. D’abord on nous a raconté que l’Ukraine grâce à ses frappes en profondeur et sa science de la conduite des drones était en train de faire plier la Russie. Ça s’est révélé bien entendu complètement faux. C’est frappes ont maintenant désinhibé les Russes qui maintenant ferment tous les ports de la Mer Noire, et qui frappent des cibles militaires sans retenue, même si elles sont disséminées près des civils, avec évidemment des dégâts collatéraux importants. On a constaté les difficultés militaires de l’Ukraine, aussi bien avec les affaires de corruption qui ravagent le pays – et incident l’Union européenne – qu’avec, comme on sait, les difficiles remplacements du ministre de la défense et du chef des armées. Dans tous ces dossiers, Zelensky semble maintenant complètement dépassé et plutôt éteint. Sent-il que de tous les côtés il se trouve acculé à la faillite ? 

Pourquoi la découverte d'un drone explosif russe à l'aéroport de Leipzig  diffère des autres incursions - Yahoo! Actualités

Un drone russe découvert sur l’aéroport de Leipzig 

Alors les médias occidentaux et particulièrement français – qui sont sans doute les pires de la planète – ont trouvé un moyen de faire peur, en avançant que les Russes balancent des drones sur nos territoires. Il y a donc eu l’affaire de Leipzig. Cette affaire laisse planer le doute, car les Russes qui auraient caché un drone avec des explosifs à l’aéroport de Leipzig auraient laissé sur place leurs passeports afin d’être identifiés le plus rapidement possible ! On veut bien que les agents russes ne soient pas bons, à la limite de l’idiotie, mais là ça parait trop pour être vrai, n’importe quel espion agissant clandestinement ne se munit pas de ses papiers d’identité et sait éviter de laisser ses empreintes digitales. Hervé Carresse rappelait que les Russes étaient tout de même plus efficaces, et que cet été 4 usines européennes de fabrique de drones et de matériel pour l’Ukraine ont brûlé, sans qu’on ait une seule trace de l’action des espions russes[1]. La réponse confirmant le soupçon de bidonnage a été donnée par la semi-idiote Nathalie Loiseau qui a avancé que puisqu’on était en guerre, il fallait maintenant confisquer l’argent gelé des Russes ! Nous sommes à une période décisive, en Allemagne il vient d’y avoir une élection régionale importante, et l’AfD l’a emportée en Saxe-Anhalt le 6 septembre, ce qui est déjà une sorte de séisme politique car d’autres élections vont suivre le 20 septembre à Berlin et au Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Or l’AfD est pour un changement radical en ce qui concerne la politique étrangère, elle veut cesser de soutenir la guerre et renouer une coopération avec la Russie. Et donc on peut penser que cette grossière attaque de soi-disant drones est une manière de combattre ce revirement politique. La presse allemande s’est pourtant interrogée sur cet incident, avançant qu’on n’avait pas vraiment des preuves convaincantes. Le monde qui n’est plus à une contorsion près nous raconte que la fourbe AfD mise sur la nostalgie des Allemands de l’Est de la RDA sous domination russe[2]. Mais pourquoi auraient-ils la nostalgie du système soviétique, alors que pendant des décennies Le monde nous a dit qu’ils avaient été très contents d’être libérés du communisme et de l’emprise de la Russie ? La réunification de l’Allemagne aurait-elle mal tournée ? Pour conclure sur cette affaire de drones, Donald Trump lui-même a avancé que la Russie n’avait aucune intention de s’attaquer à un pays de l’OTAN, démentant la version avancée par Merz. Sans doute est-il bien placé pour ce dire[3]. 

Guerre en Ukraine : pourquoi deux groupes d'espions d'élite ont-ils échangé  des tirs dans les rues de Kiev en plein jour ? - midilibre.fr

Les services de sécurités ukrainiens se tirent dessus 

Un autre incident est survenu le 2 septembre 2026 à Kiev, dans un règlement de compte entre les services de sécurité ukrainiens, le SBU et le GUR. Celui-là c’est du lourd ! On ne sait pas pour quelle raison véritable ils se sont tirés dessus, le prétexte serait – semble-t-il – le fait que l’un des deux services, le SBU, voulaient arrêter un membre du GUR impliqué dans une sombre affaire d’espionnage. L’affaire est tellement grave que Le monde a même été obligé d’en parler, relayant le discours de Zelensky, disant qu’il regrettait ce type d’incident et que c’était honteux[4]. Mais en réalité ce règlement de compte de type mafieux est plus probablement lié à la volonté des uns et des autres de s’approprier l’argent européen déversé par tombereaux entiers sur l’État ukrainien, argent qui génère certainement des rétro-commissions pour la bureaucratie européiste à Bruxelles, comme à Vilnius. C’est en fait le complément naturel de toutes les affaires de corruption dont on entend parler presque quotidiennement à propos du gang de Zelensky. Le SBU a finalement accusé, jeudi, Stepan Kaplunov d’avoir entretenu des contacts avec les services de renseignement russes et d’avoir participé à la préparation d’assassinats sur le territoire ukrainien. Stepan Kaplunov est le commandant adjoint chargé des opérations de combat du Corps des volontaires russes (RVC ou RDK), une unité militaire composée de citoyens russes qui combattent aux côtés de l'Ukraine contre la Russie. 

Le mage du Kremlin

On mise beaucoup aussi sur la littérature et le cinéma. Le livre de Giuliano da Empoli, Le mage du Kremlin, avait été un bon succès de librairie. Mais sa transposition au cinéma a été un fiasco, malgré de grands moyens mobilisés. Il faut d’abord rappeler que Giuliano da Empoliest un agent étatsunien,membre de l’Italy–USA Foundation, mais aussi membre du Parti démocrate italien, et encore conseiller à Bruxelles. Il est un des éléments du soft power étatsunien. Ensuite si le film a été un échec commercial c’est aussi parce qu’il était très mauvais et que voir Jude Law avec une perruque blonde dans le rôle de Poutine, c’est assez désopilant. Pour un budget de 20 millions d’euros, le film n’a récolté que 8,5 millions de recettes brutes, ce qui veut dire que le film perd au moins 15 millions d’euros. Mais ça ne fait rien, on va continuer à tenter d’instiller la peur chez les éventuels spectateurs. Voici Jupiter qui va sortir dans quelques semaines. Cette œuvre de fiction réalisée par l’obscur Alexandre Smia a coûté 7,5 millions d’euros, on a limité un peu les frais. Parmi les scénaristes qui ont travaillé à cette propagande, on note qu’il y a le propre fils d’Alain Finkielkraut [5]! Le sujet pour ce que j’en sais concerne un président de la République française – rien que le titre du film ça fait rêver. Celui-ci serait calfeutré dans son bunker de l’Élysée, en train de se demander s’il va « protéger » l’Ukraine avec notre bombe atomique ! C’est tellement idiot qu’on dirait un scénario écrit par Macron ou par Biscornu. Mais le but n’est pas le réalisme de l’histoire, c’est plutôt de convaincre les Français qu’ils doivent avoir peur de la Russie et les pousser à admettre 1. Que les Russes sont mauvais par nature et que sur le long terme ils veulent nous détruire 2. Qu’il faut faire la guerre à la Russie, c’est inévitable si on veut survivre encore un peu 3. Qu’il faut faire une grande armée européenne pour gagner cette guerre ! Comme le film d’Olivier Assayas – complètement dépassé sur le plan politique – celui de Alexandre Smia a été présenté à la Mostra de Venise 2026. Ces incursions dans le cinéma rappellent les beaux jours des films étatsuniens anticommunistes dont la plupart étaient déficitaires et n’intéressaient guère le public. Mais il était facile de trouver les financements, et refuser de s’y commettre en tant qu’acteur ou réalisateur risquait de vous faire bannir d’Hollywood. À cette même Mostra de Venise, on a pu voir et applaudir le film d’une soi-disant dissidente russe, Julia Loktev[6], un film de 5 h 55, My Indesirables Friends, part II, film financé par les Etats-Unis, visant essentiellement à montrer que Poutine est méchant avec les journalistes qui critiquent l’entrée de la Russie dans la guerre. Le terme de dissident semble être devenu maintenant une sorte de passeport, voire de certificat vérité dans ce qui est dit, filmé ou écrit. On se demande si la Mostra s’intéresse encore au cinéma, si elle n’est pas devenue seulement un élément de propagande de l’État profond étatsunien. 



Pour Andreï Zviaguintsev, on a fabriqué un Grand Prix au Festival de Cannes en 2026. C’est normal je dirais car il présente le point de vue occidental sur la guerre en Ukraine. Le film s’appuie sur un scénario de Claude Chabrol, La femme infidèle, mais il part du contexte de la guerre qui verrait les collaborateurs du héros émigrer en masse vers l’Occident ! Évidemment ce point de vue est loufoque pour ceux qui connaissent un peu la Russie, comme on le sait l’économie russe ne s’est pas effondrée, bien au contraire, elle est en surchauffe et sa croissance est en moyenne trois fois plus forte que celle de l’Europe. Andreï Zviaguintsev est un russe exilé et donc potentiellement critique, rien que ce statut lui donne accès à des financements. Après on peu toujours greffer là-dessus une qualité de mise en scène plus ou moins évidente, ça ne mange pas de pain.

Polina Panassenko a obtenu le prix littéraire du journal Le monde et ce n’est pas un hasard. Elle est d’origine russe et en exil. Par arrière-arrière-grand-père interposé, elle nous rappelle comment il est important d’entretenir la mémoire du goulag. La manœuvre est grossière, ce soi-disant devoir de mémoire indique forcément une filiation entre le stalinisme et le régime russe d’aujourd’hui. Depuis 2022 on tente désespérément de faire de Poutine le successeur de Staline, une sorte d’imbécile ne rêvant que de reconstruire l’URSS, et donc on se croit subtil à rappeler les crimes de Staline.Comme on le voit tous ces prix cinématographiques ou littéraires ne vont que vers des Russes qui représentent un point de vue négatif sur la Russie. Or il y a bien d’autres écrivains et cinéastes qui travaillent sans forcément épouser le point de vue occidental. Je prends le cas de Zakhar Prilepine. Avant la guerre en Ukraine, il était encensé comme un très grand écrivain, aujourd’hui, il est banni des maisons d’édition qui se disputaient pour le publier. 

 

Le monde, en plus d'être russophobe et malveillant, est clairement devenu un journal idiot. Même un enfant de 4 ans comprend que Poutine n'avait aucun besoin d'une guerre pour se maintenir au pouvoir. En 25 ans le PIB par tête a été multiplié par 7. La Russie est devenue un pays autonome sur le plan industriel et agricole. Sur les 25 dernières années le PIB par habitant en Europe a été multiplié par 1,13 !! Si on suit les deux petits aigres qui ont écrit ce "livre" Poutine s'emmerdait dans sa datcha, il s'est dit, tient je vais aller me faire une guerre ! Tant qu'en Occident on continuera à analyser la Russie comme un pays du tiers monde, on ne comprendra rien. Les tests PISA nous classent aujourd'hui après la Bulgarie, la Russie produit plus d'ingénieurs que toute l'Europe, mais non les deux idiots rancuniers considèrent que le pouvoir de Poutine est chancelant et donc qu'il doit faire une guerre pour sa survie politique ! On peut accumuler toutes les preuves qu’on veut de la corruption du régime russe – question corruption l’Union européenne est très bien placée – ça ne fait pas avancer l’analyse d’un iota.

Avant même sa sortie le livre a reçu un prix littéraire ! Ne rigolez pas, c’est le Prix Strasbourg – Crédit Mutuel ! À cette occasion, j’ai appris que la quasi-totalité de la presse régionale était détenue par le groupe Ebra, filiale du Crédit Mutuel ! Strasbourg c’est la référence au parlement européen, et le Crédit Mutuel c’est pour le pognon. Le prix que les deux petits aigres qui quelque part regrettent d’être nés, ont reçu est très conséquent, 55 000 €. Avec l’appui de toute la presse régionale et nationale, sans aucune nuance évidemment, c’est sûr qu’on va arriver par en vendre quelques-uns !

La méthode de ces deux « journalistes » d’après ce qu’on en comprend, c’est de présenter la Russie comme étant directement sous la coupe de Poutine. Cette personnalisation démente du pouvoir russe évite de se poser des questions sur les origines de la guerre avec l’OTAN par Ukrainiens interposés. Or tous ceux qui connaissent un peu la Russie savent très bien que Poutine ne dirige pas ce pays immense tout seul. Les guerres ont toujours des raisons bien au-delà de ceux qui se présentent comme des chefs de guerre. Même le Pape François mettait en cause le rôle de l’expansion de l’OTAN à l’Est de l’Europe, certains étatsuniens faisaient de même, notamment Henry Kissinger qu’il serait difficile tout de même de faire passer pour un agent de Moscou ! Pour moi tous ceux qui ne regarde la guerre en Ukraine que du point de vue de la malignité de Poutine sont soit des imbéciles, soit des ignorants, soit encore des propagandistes qui essaient de cacher finalement la vérité.

Le monde tient beaucoup à ce que ce livre soit lu et cru. Il a constaté quatre articles de grande taille, l’un qui est une sorte d’interview des deux auteurs[7], l’autre est la publication des « bonnes feuilles »[8] et le troisième dans Le monde des livres daté du 11 septembre 2026, comme s’il s’agissait d’un livre ! Ce dernier article est signé Benoit Quénelle, le plus furieux et menteur de tous les russophobes qui pullulent dans les couloirs de ce journal. Il est encore pire que Sylvie Kaufmann, c’est dire. Le quatrième article est une nouvelle interview de Roman Badanine par Benoît Quenellé – encore lui – toujours dans Le monde des livres daté du 11 septembre 2026. On apprend que Poutine est méchant, c’est un assassin, mais qu’en plus il est radin et ne donne rien de sa fortune à ses amantes et à ses enfants. Les deux guignols reprennent sans précaution que Poutine aurait fait assassiner lui-même Navalny, alors que la plupart des sources occidentales affirment que la mort de celui-ci est naturelle. C’est un livre qui avait été en fait publié d’abord en Angleterre dans une maison d’édition totalement acquise à la russophobie avant d’être traduit en français, dans la maison d’édition Les Arènes, qu’on a connue plus sérieuse. Cette débauche est accompagnée toujours dans le même numéro du Monde, toujours dans la partie réservée à la littérature, de quatre autres articles pour célébrer les dissidents comme de grands auteurs, pour parler encore un peu de la dureté de la guerre que subissent les pauvres Ukrainiens par la faute d’une sorte de psychopathe qui vivrait au Kremlin. Ce n’est pas avec cette psychologie de bazar qu’on comprendra quelque chose à la Russie et à la guerre qui se déroule en Ukraine. 

Livres. Prix Strasbourg : découvrez les auteurs récompensés pour « leur  engagement et leur courage »

Mickael Roubine et Roman Badanine 

Comme on le comprend la propagande russophobe, richement dotée ne s’arrête pas. Peu importe que ces livres ne se vendent pas ou peu. Ils occupent l’espace médiatique, et pendant qu’on parle d’eux on ne parle pas du reste, par exemple des ouvrages de Jacques Baud. J’ai appris en recherchant un peu des informations sur ce livre qu’il existe un site de propagande, desk russie. Ce site répercute toutes les idées reçues qui entretiennent la russophobie occidentale. On y voit par exemple le vieux russophobe Stéphane Courtois qui exerça ce talent douteux en tant qu’anticommuniste primaire, et qui ne se fait pas à l’idée que la Russie de Poutine et celle de Staline ce n’est pas tout à fait la même chose. C’est ce sinistre russophobe qui avait dirigé le livre russophobe et plus que controversé intitulé Le livre noir du communisme. Stéphane Courtois est un ancien mao, ces maoïstes que les Etats-Unis finançaient par dizaines du moment qu’ils étaient russophobes, cela suffisait pour être apointé par la CIA ou par des think tanks ou des universités. Tous ceux qui travaillent pour desk russie sont pour une guerre à mort contre la Russie. Souvent ce sont des Russes exilés qui trouvent là un moyen de gagner leur vie. Un certain nombre ont été recyclés au CNRS ou dans les universités françaises. L’horizon unique de ces gens est la guerre, la guerre et encore la guerre, ils ne comprennent rien d’autre, ils n’ont même pas idée que la diplomatie pourrait peut-être mettre fin à la guerre. Autrement dit la Russie c’est le mal et Poutine est son grand prêtre. Il ne leur vient pas à l’idée que peut-être la paix aurait pu être signée en avril 2022. Zelensky y était favorable, mais les Occidentaux pensaient qu’ils gagneraient la guerre.  Roman Badanine a quitté la Russie en 2021, quelques mois avant l’invasion de l’Ukraine (février 2022). Membre senior du programme de journalisme international à l’université de Stanford, il a reçu la médaille Don Bolles de l’ONG américaine Investigative Reporters and Editor. On comprend d’où vient l’argent ! 

Les promotions de desk russie en septembre 2026


[1]https://www.youtube.com/watch?v=x0ztRECCJk8

[2]« En Saxe-Anhalt, l’AfD aux portes du pouvoir », Le monde, daté du 5 septembre 2026.

[3] https://www.independent.co.uk/news/world/europe/trump-putin-leipzig-airport-drone-attack-nato-b3045137.html

[4] https://www.franceinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/en-ukraine-l-embarras-apres-des-coups-de-feu-tires-lors-d-une-confrontation-entre-deux-agences-de-renseignement-a-kiev_8175563.html

[5] Celui-ci a commis le scénario d’une mini-série Kaboul, financée par l’Union européenne, série qui défendait le point de vue de la CIA, ce qui n’est pas très original.

[6]En vérité elle a immigré très jeune aux Etats-Unis, à un âge où évidemment elle n’avait aucune conscience politique quand à la fin de l’URSS les frontières s’ouvraient pour les Juifs russes qui voulaient s’exiler. Mais ça fait bien de raconter qu’elle est une sorte de dissidente russe.

[7] https://www.lemonde.fr/livres/article/2026/09/08/roman-badanine-pour-poutine-la-guerre-en-ukraine-n-est-qu-un-moyen-de-se-maintenir-au-pouvoir_6768396_3260.html?srsltid=AfmBOoo6RWfclLIXGcwKWYKXCbKBNyCtDwTztNzuV5GiGyMh3AaLTq0X 

[8] https://www.lemonde.fr/livres/article/2026/09/08/le-tsar-en-personne-le-monde-publie-les-extraits-de-l-enquete-choc-sur-le-quart-de-siecle-de-vladimir-poutine-au-pouvoir_6768394_3260.html?srsltid=AfmBOoqz7kYDOnI4VFK70DwZeQkloUEqQcxZtmCNgCabAVzPuyI3XKVQ 

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