La crapule européiste vendant l’UE à l’Inde, le 27 janvier 2026
Après avoir signé contre l’avis des populations européennes l’ignoble accord avec le Mercosur, la canaille bureaucratique corrompue est allée se vendre à l’Inde de Modi. La Commission européenne prétend continuer par la suite par un nouvel accord de libre-échange avec l'Australie. Ursula von der Leyen et le pâlot Antonio Costa qui fait tout ce qu’on lui demande, se sont félicités d’avoir signé un projet d’accord qui abaisserait les droits de douane entre l’Inde et les pays d’Union européenne. Avant de chercher à comprendre ce que contient ce pré-accord, il faut revenir à ce qu’enseigne la théorie. Depuis les origines la pensée économique est partagée sur les avantages et les inconvénients du libre-échange. Les mercantilistes avançaient que le commerce entre deux nations était un jeu à somme nulle : ce que l’un gagnait, l’autre le perdait forcément. Puis les auteurs anglais, notamment Ricardo, décidèrent que l’ouverture stimulait la croissance économique et donc qu’elle était bonne pour tout le monde[1]. Si Ricardo avançait cette idée tordue, sans même l’avoir vérifiée dans les faits, c’est qu’à cette époque l’Angleterre dominait le monde par son industrie et donc il militait comme on le sait pour le libre-échange même si cela devait tuer l’agriculture anglaise. Il stipulait à l’aide d’un argumentaire grossier que chaque pays devait se spécialiser dans les biens où il était le plus compétitif. Stupidement il prenait deux pays, le Portugal et l’Angleterre. Le premier devait produire du vin, et le second du textile. Dans sa version moderne cette théorie suppose que naturellement nous nous dirigeons vers une division du travail à l’échelle internationale. Ce mouvement de spécialisation, guidé par le ou les pays dominants, dans la réalité empêche la montée en gamme des pays dominés. Dans les années quatre-vingts les investissements massifs des Etats-Unis en Chine s’accompagnait d’une illusion, celle de cantonner ce pays dans le rôle de premier manufacturier, travaillant pour l’Occident. La suite montra que cette idée était erronée et valable seulement pour le court terme.
Les échanges commerciaux entre la France et l’Allemagne ont évolué en défaveur de la France avec l’introduction de la monnaie unique
C’est cependant cette théorie du libre-échange qui date du début du XIXème siècle qui est aujourd’hui dominante, alors qu’après la Seconde Guerre mondiale elle était tombée en désuétude. Elle a pourtant subi de nombreuses critiques, aussi bien sur le plan de la logique que sur le plan des faits. D’abord sur le plan logique, elle ne dit rien d’une situation entre trois pays, le troisième pays pouvant par exemple n’être compétitif ni en vin, ni en textile, et donc voir sa production et son emploi s’effondrer. C’est ce qui fait que les pays en voie de développement n’arrivent jamais à combler leur retard. Friedrich List dans son ouvrage Système national d’économie politique, publié en Allemagne en 1841 expliquait que l’Allemagne devait d’abord se développer à l’abri de ses frontières avant d’abaisser ses tarifs. C’est ce qu’elle fit, et c’est ce que firent plus tard les pays asiatiques avec le succès que l’on sait. Ensuite, il y a la question du volume des échanges, cette approche ricardienne ne tient pas compte de l’asymétrie dans les capacités de production : autrement dit, elle était faite pour l’Angleterre qui ouvrait à cette époque les marchés extérieurs à coups de canon. Autrement dit elle ne favoriserait que les pays dominants. Si on considère que l’Union européenne est une zone de libre-échange, on comprend mieux qu’au fil du temps les échanges commerciaux entre la France et l’Allemagne soient devenus lourdement déficitaire. Notez qu’avant l’entrée de la France dans la monnaie unique, la France avait un petit avantage commercial avec l’Allemagne, essentiellement parce qu’elle avait la possibilité d’ajuster la valeur de sa monnaie à sa productivité. Le creusement du déficit commercial entre la France et l’Allemagne a conduit notre pays à la désindustrialisation massive et vers un déficit commercial aggravé. Je fais remarquer qu’en étant dans un système de changes fixes dans le grand marché européen, cette vision des choses rompt avec la théorie classique de la balance des paiements de William Petty qui considérait que lorsqu’un pays était en déficit commercial, il devait dévaluer sa monnaie par exemple en vendant de l’or, afin de retrouver sa compétitivité. Autrement dit il considérait que la valeur de la monnaie n’était pas neutre, et donc que selon les lois du marché, il fallait que la monnaie sanctionne les déficits commerciaux pour réajuster ses capacités à commercer et revenir à l’équilibre de la balance des paiements. La baisse de la valeur de la monnaie fait baisser les prix à l’exportation et normalement doit faire diminuer les déficits commerciaux.
L’idée générale de la pensée libérale est que les échanges tirent la croissance en allant vers l’unification du marché mondial. Plus les droits de douane sont bas, plus les échanges sont facilités et plus la croissance est forte. Le graphique ci-dessus montre qu’il n’en est rien. La relation entre tarifs douaniers et taux de croissance étant positive, cela veut dire que les échanges ne tirent pas la croissance. Si on se souvient, la France a connu deux périodes de forte croissance, avec fermeture relative de ses frontières. D’abord la loi Méline, votée et appliquée en 1892 pour défendre l’agriculture française[2]. Les tarifs douaniers augmentent fortement, et la croissance économique est forte. La seconde période est celle des Trente glorieuses. Durant ces années la croissance est forte, mais le protectionnisme aussi. Pour parles des Etats-Unis, il faut se souvenir qu’ils ont été de tout temps très protectionnistes, et si la politique tarifaire de Trump est critiquable, c’est moins parce qu’elle vise à protéger les industries de son pays que parce qu’elle est erratique, compulsive et aléatoire. Revenons au graphique ci-dessus qui démontre qu’il existe une relation positive entre tarifs douaniers et croissance économique. Consécutivement à cette analyse, on s’est aperçu que les pays asiatiques dans les années 80 et 90 avaient une forte croissance tout en restant relativement fermés. On en a déduit que c’était la croissance qui poussait les échanges et non l’inverse ! Cela fut confirmé dans un document officiel de l’OCDE en 1993[3]. Résumons, les Asiatiques ont attirer des capitaux étrangers, puis ils ont vendu des biens à l’étranger pour financer leur propre développement tout en maintenant les frontières relativement fermées avec des tas de mesures restrictives, notamment sur la propriété des entreprises. Les Occidentaux visaient essentiellement un gain rapide pour leurs placements et rien d’autre. L’Asie du Sud Est est alors devenue le pôle de la croissance la plus dynamique dans le monde, et parallèlement l’Occident perdait du terrain dans tous les domaines, y compris celui de l’éducation qui conditionne l’innovation et la croissance future. Sans accord véritable de libre-échange, les pays asiatiques commercent plus entre eux qu’avec le reste du monde. Autrement dit, on peut avoir une politique protectionniste sans pour autant se priver de commercer avec le reste du monde. Cet épisode important du développement de l’Asie du Sud Est est aujourd’hui complètement oublié. Mais l’idée était pourtant ancienne. Les auteurs français du XVIIème siècle, notamment Antoyne de Montchrestien avaient développé deux principes : d’abord ne pas importer ce que nous même nous pouvons produire, ensuite importer les matières premières que nous ne possédons pas et en revanche exporter le produit du travail humain[4]. Les économistes français qui ont précédé Adam Smith tenaient compte des effets du commerce extérieur sur l’emploi et sur les salaires et donc qu’une ouverture des frontières non maîtrisées amenait forcément des problèmes sociaux. Mais ils pensaient termes d’indépendance nationale. C’est le cas des Physiocrates que certains présentent abusivement comme favorables à l’ouverture des frontières, qui pensaient l’indépendance de la nation à partir du commerce du blé. Ils considéraient la nation française comme la plus grande productrice de blé, et les exportations de blé permettaient de rendre les autres nations européennes dépendantes de la France.
James Steuart qui écrivit un ouvrage en 1767 qui servit de base à La richesse des nations d’Adam Smith, avait des idées plus particulières sur le commerce international[5]. Il regardait les échanges d’un point de vue historique. Il avançait que dans un premier temps les commerce est international, parce que les marchés sont trop étroits. Mais cela entraîne une concurrence féroce au détriment des travailleurs. Ensuite, dans une deuxième phase, le marché principal est le marché interne. Il s’ensuit que l’économie s’oriente vers une baisse du temps de travail et une consommation plus importante du temps libre et des loisirs. Autrement dit, la souveraineté nationale est un stade supérieur de la civilisation par rapport à la concurrence entre les nations, les inégalités sont moins importantes. Il voyait l’économie comme une sorte de poumon qui s’élargit et puis qui se contracte. Le grand défaut de la « pensée » économique d’aujourd’hui, fondée sur les imbécilités de Ricardo, est qu’elle s’organise dans un modèle historique fixe, stable dans le temps. Or, bien entendu, l’économie concrète évolue. Mais les économistes d’aujourd’hui formés à la mauvaise école n’ont jamais lu ni James Steurt, ni Friedrich List.
Échanges entre l’Inde et
l’Union européenne
En matière de réflexion sur les échanges internationaux, on rencontre deux types d’économistes, soit des imbéciles qui récitent bêtement en l’arrangeant un peu le dogme ricardien de l’avantage comparatif, soit des idéologues qui se servent de cette idée pour faire avancer les intérêts des entreprises multinationales. Les Européistes cela fait vingt ans qu’ils négocient avec l’Inde, histoire de trouver un accord commercial. Le nouvel accord que prétend imposer la bureaucrate Ursula von der Leyen aux Européens est quasiment du même niveau que celui qu’elle est arrivée à faire passer avec le Mercosur contre l’avis des populations européennes. C’est-à-dire que l’Union européenne va vendre des automobiles, des machines-outils et des produits chimiques à l’Inde, et l’Inde va nous vendre des produits manufactures et des produits transformés de l’agriculture. L’abaissement des droits de douanes sont censés abaisser les prix des deux côtés. Il y a plusieurs inconvénients, d’abord l’asymétrie entre un pays d’1,5 milliards de personnes et un ensemble encore plus hétéroclite de 450 millions d’habitants. Le second point est que le contenu en travail entre les deux types de bien échangés n’est pas le même : on exportera assez peu de travail, mais on en importera davantage. Si vous regardez le graphique ci-dessus, vous remarquerez que l’Europe est de plus en plus lourdement déficitaire dans son commerce avec l’Inde. Et il est à peu près certain que cet accord s’il voit le jour sera encore un peu plus déficitaire pour l’Europe. Mais peu importe. L’Union européenne est aujourd’hui l’Europe allemande, ce sont des Allemands qui sont aux postes clés et qui travaillent pour leur pays. Si nous prenons le cas de la France, peu compétitive dans le domaine des machines-outils et de l’automobile, elle va prendre de plein fouet l’arrivée des produits agricoles indiens, après avoir reçu le choc des produits du Mercosur. Les imbéciles nous vendent cet accord comme une sorte de compensation à la perte des marchés étatsuniens. C’est un mensonge dans la mesure où la structure des échanges est similaire entre les Etats-Unis et l’Europe, celle-ci ayant un avantage de compétitivité. Pour l’instant les produits de l’agriculture comme la viande, le riz, le sucre et les produits laitiers ont été exclue des accords imaginés par les bureaucrates de Bruxelles, mais rien ne dit qu’ils ne reviendront pas sur le devant de la scène. Mais les produits de l’agro-industrie sont concernés, par exemple les pâtes, le chocolat et le vin. Même dans les services nous n’avons pas d’avantage sérieux de compétitivité. Les Indiens nous dame le pion par exemple dans le domaine des traductions littéraires. Ayant déjà un avantage dans l’enseignement des sciences, ils forment massivement des ingénieurs, ce que nous ne faisons plus, ce qui veut dire qu’ils s’approprieront les technologies qu’on voudra bien leur vendre. Bien que rien ne soit encore décidé, il y aura un volet sur la mobilité, entendez par là sur la possibilité d’accueillir un peu plus d’étudiants et de travailleurs indiens ! C’est un point très délicat qui suggère que l’Inde exportera vers l’Union européenne des travailleurs indiens, mais des travailleurs indiens qualifiés, par exemple dans le numérique, gestion des données, etc. ils travaillent déjà pour les Etats-Unis dans ce sens. L’Union européenne suppose que cette immigration indienne sera mieux acceptée par les Européens que celle qui vient d’Afrique.
Les prévisions d’abaissement des droits de douanes
entre l’Union européenne et l’Inde
Un des points les plus flous porte sur la durée de l’accord qui serait variable selon les secteurs. Un volet de cet accord concerne l’industrie de la défense. L’Inde veut bien acheter de l’armement à l’Union européenne, mais à la condition qu’il y ait un transfert de technologie dans ce domaine, autrement dit qu’elle soit associée à la production des biens qu’elle achète. Le tableau que nous recopions ci-dessus montre qu’en Europe ce sont les pays comme l’Allemagne et quelques pays du Nord comme la Suède, le Danemark ou les Pays-Bas qui tireront leur épingle du jeu. Cela vient du fait que l’Union européenne n’est pas un pays homogène, mais une construction supranationale qui au fil des ans bénéficie avant tout à l’Allemagne. Il n’y a pas en effet des mécanismes compensateurs entre les pays qui le permettrait. Les médias français se sont gargarisés de la croissance du commerce entre les deux parties, par exemple en disant qu’en 2024 le volume des échanges s’était élevé à 120 milliards d’euros, oubliant au passage de dire que ces échanges étaient lourdement déficitaires pour l’Union européenne. Rien ne dit que cet accord permettra de résorber ce déséquilibre constaté. Il faut toutefois mettre un bémol à cet accord qui n’existe pas encore, notamment parce que le contenu est encore très flou, notamment sur la question agricole. En lisant les différents comptes-rendus de ce pseudo-accord, j’ai plus l’impression qu’il s’agit d’un nouveau coup de publicité pour l’idéologie du libre-échange que d’autre chose. Ce qui est acté, c’est, disons, un cadre de discussion pour le futur ! Rien d’autre. En même temps l’Inde aurait conclu un accord avec les Etats-Unis, accord par lequel elle renoncerait à importer et faire circuler du pétrole russe. Comme c’est Trump qui le dit, on ne sait pas trop si c’est fiable[6]. On notera que l’Inde est un poids lourd des BRICS, et donc qu’elle n’a pas vraiment intérêt à se fâcher avec la Chine et la Russie avec qui elle a des accords dans le secteur de la défense. Mais là encore on ne sait rien de précis sur le contenu de cet accord avec les Etats-Unis. Notez que tous ces accords nouveaux ne passent plus par l’OMC qui était considéré jusqu’à une date récente comme l’architecte de la mondialisation. Or quand on voit comment Trump joue sur les droits de douane, on se dit qu’aujourd’hui ce sont les accords bilatéraux qui prédominent et que l’OMC peut tout à fait fermer sa boutique !
Une des leçons de la guerre en Ukraine c’est que la résilience de la Russie aux sanctions économiques imposées illégalement par les Occidentaux, repose sur une large autonomie de son économie. En effet la Russie est autonome pour son énergie, pour son agriculture et largement aussi pour son industrie. Elle ne dépend d’aucun autre pays pour mener sa propre politique, défendre l’intérêt de ses citoyens. Or plus une économie nationale dépend de l’étranger pour les biens de première nécessité, et moins elle est capable de faire de la politique.
[1] David Ricardo, On the Principles
of Political Economy and Taxation, John Murray, Albermale Street, 1817.
[2] « Jules
Méline 1838-1925, chantre du protectionnisme », Le Monde, 29
août 2014
[3] Colin
I. Bradford,
De la croissance poussée par les échanges aux échanges poussés
par la croissance : réévaluer
l'expérience de développement des pays de l'Asie de l'Est, OCDE, 1993.
[4] Traicté
de l'oeconomie politique : dédié en 1615 au Roy et à la Reyne mère du Roy, 1re version
en 1615 à Rouen chez Jean Osmont
[5]
Jacques Steuart, Recherches des principes de l'économie politique. Ou
Essai sur la science de la police intérieure des nations libres, Didot,
1789.
[6] https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/02/03/apres-des-mois-de-tensions-l-inde-et-les-etats-unis-scellent-un-accord-commercial_6665186_3234.html