dimanche 1 mars 2026

La guerre avec l’Iran est commencée

  

Soyons clairs, ce n’est pas parce que l’Iran a un régime politique pourri, que celui qui l’attaque est bien meilleur et respectable. Il y a quelques mois Donald Trump disait qu’il méritait le prix Nobel de la paix, c’est raté. Il aura celui de la guerre certainement. Il avait vendu sa dernière campagne présidentielle sur le thème America First, reprochant à Joe Biden d’avoir déclenché des guerres un peu partout, et principalement en Ukraine. Donc les Etats-Unis avec les Israéliens bombardent l’Iran et disent que ce sera une guerre longue. Une guerre longe, cela veut dire des morts. Je vous rassure tout de suite, je ne suis pas un soutien du régime des ayatollahs. C’est même l’inverse, et en mon temps j’ai dénoncé les imbéciles qui, comme Michel Foucault, se réjouissaient de l’arrivée de Khomeiny au pouvoir. Mais la question principale est celle-ci : qui a chargé Donald Trump de faire la police au Moyen Orient ? Ça rhétorique est simple, voire simplette. L’Iran fabriquerait des armes nucléaires qui menaceraient directement la sécurité des Etats-Unis. Ils exigent donc le démantèlement de ce pseudo-arsenal et demandent en outre un changement de régime. Ça nous rappelle les débuts de la guerre en Irak quand on nous racontait que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive et que le menteur Colin Powell présentait une fiole avec rien dedans pour dire qu’il en avait la preuve. Pour ce mensonge criminel qui finalement fit probablement plus d’un million de morts du côté irakien et qui ruina ce pays pour de longues années. Cette intervention de Colin Powell le menteur avait pour but de rallier à lui les valets de l’impérialisme étatsunien, avec en tête Tony Blair qui représentait le Royaume Uni comme supplétif des ambitions des USA. Bush couvrait cela en disant que le régime de Saddam Hussein était inhumain pour laisser croire que son pays avait aussi un cœur et se souciait des peuples qu’il entendait « libérer ». Tulsi Gabbard elle-même, directrice du renseignement national, a dit et répété qu’il n’y avait aucune chance que les Iraniens possèdent l’arme nucléaire, des propos qui contredisaient évidemment la rhétorique guerrière de Trump[1]. La plupart des observateurs avançaient d’ailleurs que de nombreuses avancées dans les négociations avaient eu lieu, notamment l’Iran acceptait de se débarrasser de son stock d’uranium enrichi[2]. Mais justement il semble bien que les Etats-Unis et Israël pour des raisons politiques de survie de leurs dirigeants ne voulaient pas que ces négociations aboutissent. Outre la duplicité naturelle des Etats-Unis dans les négociations diplomatiques, il semble que la véritable raison du déclenchement de cette nouvelle guerre doive être recherchée dans la posture de Trump qui prépare les élections de midterms et dans celle de Netanyahu qui sait très bien qu’il devra rendre des comptes pour l’ensemble de sa politique erronée, sans parler des procès pour corruption qui le guette. Mais les Israéliens sont soudés au moins dans la désignation de l’Iran comme leur principal ennemi. Trump et Netanyahu sont tous les deux à la recherche d’une victoire. Cependant, il semble bien que celle-ci ait été mal préparée. On comprend qu’ils aient été pressés dans le temps parce que si les négociations aboutissaient, alors ils devaient changer de discours et admettre qu’ils s’étaient trompés, ce qui politiquement est une très mauvaise chose. Bien sûr cette démarche est ruineuse sur le plan humain, matériel et économique. 

Les sales guerres de Colin Powell | Solidaire

Colin Powell mentant effrontément devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le 5 février 2003 

La catastrophique guerre en Irak n’a rien enseigné aux Étasuniens. Rien n’a changé depuis ce fiasco occidental. Trump le menteur nous dit qu’il veut aider le peuple iranien à se débarrasser d’un tyran, et que l’Iran posséderait un arsenal iranien. Selon les expertises les plus récentes, les Iraniens ne posséderaient rien du tout qui puisse ressembler à un arsenal nucléaire. Quant aux Iraniens eux-mêmes, il est clair que les Etats-Unis ne les considèrent qu’au mieux comme une masse de manœuvre qui pourrait les aider à prendre le pouvoir en Iran. Ce qui a changé par contre est que maintenant les fourbes Étatsuniens ne recherchent même pas le vernis d’une caution onusienne pour agir. Macron qui n’en rate pas une a dès le début des bombardements diffusé un communiqué faux-cul où il semblait justifier l’attaque des Etats-Unis sur l’Iran, tout en appelant à la désescalade. Mais quoi qu’on pense des ayatollahs et de leur régime pourri, il est clair que ce sont les Etats-Unis qui ont déclenché la guerre. « Le régime iranien doit comprendre qu’il n’a désormais plus d’autre option que d’engager une négociation de bonne foi pour mettre un terme à son programme nucléaire et balistique comme à ses actions de déstabilisation régionale", a dit macron, estimant que la parole doit être rendue au peuple iranien, le plus tôt sera le mieux » Il demande donc à l’Iran de se soumettre au dictat des bombardements, et il sous-entend aussi que seuls les Iraniens menaient des négociations de mauvaise foi ! Mais il semble bien que ce soit le contraire et que les Etats-Unis faisaient trainer les négociations, le temps de rapatrier leur arsenal en Méditerranée. Autrement dit les Etats-Unis ont sciemment déclenché une guerre en plein milieu des négociations diplomatiques. Qui pourrait croire encore à la parole de Donald Trump ou des Etats-Unis ? Pour donner une mesure de l’imbécilité des militaires étatsuniens, rappelons que cette opération militaire est appelée Epic Fury – soit en français fureur épique ! Ajoutons que la première responsabilité de la guerre aujourd’hui c’est bien Trump, c’est lui en effet qui avait dans le cours de son premier mandat déchirer les accords auxquels était parvenu la présidence d’Obama. Ces accords stipulaient qu’en échange d’un contrôle plus sévère sur la filière nucléaire iranienne, l’Iran sortirait des sanctions qui étranglent le pays. Et on peut se demander si justement le projet des faucons de Washington n’est pas plutôt d’étrangler ce pays pour s’en approprier les ressources pétrolières, que l’apaisement sur le plan de la sécurité des nations. Il ne faut pas oublier que l’Iran est plus ou moins allié avec la Russie et la Chine, et que de laisser prospérer ce pays c’est renforcer indirectement l’axe Moscou-Pékin. En accablant l’Iran de sanctions qui le ruine, cela ne peut entraîner que le chaos. Il est donc exclu de croire que derrière l’action étatsunienne se profile une logique humanitaire. A mon sens le meilleur moyen de faire évoluer le régime pourri des mollahs serait de le laisser prospérer justement en échange d’un contrôle plus strict de l’activité iranienne dans le nucléaire. 

De la fumée s'élève après une explosion à Manama, au Bahreïn, samedi 28 février après des frappes américaines et israéliennes sur l'Iran.

Frappe iranienne sur Barhein 

Ces bombardements qui ont commencé à faire des morts civils en Iran, ont déclenché en retour des frappes iraniennes sur les pays du Golfe où se trouvent positionnées des bases militaires étatsuniennes, et il semblerait qu’il y ait déjà des militaires étatsuniens tués. Rappelons que les Etats-Unis sont le seul pays au monde à disposer de près d’un millier de bases militaires sur l’ensemble de la planète. Il ne faut pas s’étonner qu’il s’en serve ! C’est sans doute cette situation qui fait que ce pays est le plus dangereux du monde car il pense en permanence qu’il peut se passer de négociations diplomatiques. L’ONU qui ne sert à rien, a demandé qu’une réunion du Conseil de sécurité se réunisse samedi 28 février à New York, illustrant le proverbe fameux, quand l’âne est sorti on ferme la porte ! Bien évidemment ce régime qui a menacé régulièrement de rayer Israël de la carte, ne peut pas être aimé de l’État hébreux. Mais celui-ci n’aurait pas participer à une telle opération de décapitation du régime sans l’aval de Trump. Le président des Etats-Unis a menacé – il ne sait faire que ça – l’Iran de frapper ce malheureux pays « avec une force qui n’a jamais été vue avant ». On ne sait pas trop ce que ça veut dire. Veut-il utiliser une bombe nucléaire ? Prétend-il envoyer des troupes au sol ? Ça sent le baratin du marchand de voitures d’occasion, et ça s’adresse plutôt aux médias occidentaux qu’aux dirigeants iraniens eux-mêmes. 

A Doha, le 1ᵉʳ mars 2026, au matin.

Frappe iranienne sur Doha, le 1er mars 

La stratégie de décapitation du régime, probablement pensée par les Israéliens semble avoir fonctionné. On a annoncé la mort du chef de l’État Ali Khameini. Parmi les victimes des frappes sur l’Iran figurent le chef d’état-major des forces armées, le général Abdolrahim Moussavi ; le commandant en chef des gardiens de la révolution, le général Mohammad Pakpour ; l’amiral Ali Shamkhani, conseiller du Guide suprême et secrétaire du Conseil de défense, ainsi que le ministre de la défense, le général Aziz Nasirzadeh. Pourtant, il ne semble pas que cela sera suffisant pour opérer un changement de régime. Le 28 février les soutiens du régime manifestaient massivement à Téhéran, laissant peu d’espoir pour une révolution interne qui amènerait un régime plus favorable aux intérêts d’Israël et des Etats-Unis. Si les buts d’Israël sont assez clairs, se débarrasser d’un régime qui les menace de destruction à ses portes, ceux des Etats-Unis semblent bien moins clairs. Trump veut-il mettre la main sur le pétrole iranien ? C’est probable, mais comment espère-t-il y arriver ? L’Iran n’est pas le Venezuela, ni même l’Irak de Saddam Hussein que les menteurs étatsuniens nous vendaient à l’époque comme la deuxième armée la plus puissante au monde. C’est un plus gros morceau. Certes de nombreux pays, notamment les pays du Golfe, ont eux aussi un intérêt à voir ce régime tomber, mais que feront-ils pour cela ? Les Etats-Unis ont-ils aujourd’hui les moyens d’envoyer des troupes au sol pour s’emparer eux-mêmes du pouvoir ? Reza Palhavi est sorti de son trou pour dire qu’il était près à assumer le pouvoir dans l’indifférence générale des Iraniens. Les médias français l’ont présenté comme le premier opposant au régime des mollahs, c’est un mensonge, un peu comme quand on essaie de vendre l’idée moisie selon laquelle Navalny en Russie est très craint par Poutine. En vérité il ne pourra accéder au pouvoir qu’à la condition que les Etats-Unis l’amènent dans leurs valises. Pour le peuple iranien, il ne représente pas grand-chose, cela est certain. 

A Téhéran, le 1ᵉʳmars 2026.

À Téhéran les soutiens du régime des ayatollahs se rassemblent par milliers 

Évidemment si la guerre en Iran dure encore longtemps cela aura de lourdes conséquences. D’abord parce que cela risque de faire des victimes du côté étatsunien, et donc nuire à de bons résultats pour Trump et son parti aux élections de midterms. Ensuite parce que les Etats-Unis ne pourront pas tenir tous les fronts. Déjà ils devront s’occuper un peu moins de l’Ukraine dont ils aident en sous-main le régime à tenir encore un peu face à l’armée russe, les Etats-Unis ne pourront plus livrer des missiles Patriot pour la défense de l’Ukraine par exemple. Ensuite les Iraniens ayant bloquer le détroit d’Ormuz, cela va être un problème pour les fournitures de pétrole à l’Occident. Que feront les Russes et les Chinois qui sont alliés avec l’Iran si le conflit dure et s’enlise ? Jusqu’ici il semble que la protection d’Israël, dite Dôme de fer, ait fonctionné de façon relativement satisfaisante. Mais rien ne dit que cette protection sera sur le long terme suffisante pour éviter un grand nombre de victimes. La Guerre de 12 jours de 2025 si elle a entraîné une répression sanglante des Iraniens qui ont manifesté contre les ayatollahs, elle n’a pas déstabilisé pour autant le régime, et n’a pas mené une guerre civile qui aurait finalement renversé ce pouvoir. Parier sur un changement de régime à l’issue d’une guerre courte parait très audacieux. Scott Ritter pense que ce plan a déjà échoué, et que les Etats-Unis n’ont pas assez de munitions pour poursuivre une guerre longue contre l’Iran[3]. Dès lors la question se pose de savoir si cette nouvelle guerre a été correctement pensée par les Etats-Unis et Israël. La guerre des 12 jours avait déjà été un échec, même si elle avait abouti à affaiblir le régime iranien. Il ne suffit pas de dire que le régime des ayatollahs est mauvais pour que cela justifie une intervention militaire contre lui, surtout si cette intervention n’aboutit pas à une victoire flagrante, c’est-à-dire dans les jours sui viennent. Mais si on ne peut pas compter sur un changement de régime dans le court terme, il est possible que Trump présente cette opération comme une victoire si de nouvelles négociations s’ouvrent.   

Les équipes de recherche sur le site de la frappe iranienne à Bet Shemesh (Israël), le 1ᵉʳ mars 2026.

Une frappe iranienne à Bet Shemesh en Israël, le 1ᵉʳ mars 2026 a fait au moins 9 morts 

Pour ceux qui doutaient encore que Rima Hassan était une agente de l’islamisme radical, voici la réflexion qu’elle a partagé sur son compte X. elle ne s’embarrasse pas d’analyse et de subtilités pour traiter les Israéliens, soit des Juifs, comme des sous-individus, des dhimmis. Les islamistes en effet ne supportent pas que les Juifs puissent avoir une existence et un État à eux.  « L’Iran a le droit de se défendre et Israël le droit de la fermer », avec cette élégance qui la caractérise.


[1] https://www.lefigaro.fr/international/je-m-en-fiche-de-ce-qu-elle-dit-donald-trump-contredit-sa-cheffe-du-renseignement-sur-le-programme-nucleaire-iranien-20250617

[2] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/01/iran-l-attaque-israelo-americaine-enterre-les-negociations-sur-le-dossier-nucleaire-alors-que-des-progres-venaient-d-etre-realises_6668757_3210.html

[3] https://www.youtube.com/watch?v=Pq_lK5dXexY Dans cette interview Scott Ritter pense que Trump à cause de cette guerre perdra les midterms dans les grandes largeurs, mais qu’en outre il sera destitué et condamné !

 

jeudi 26 février 2026

La dégradation de la situation des salariés en 2026

 

Parmi les sujets nombreux de préoccupation des Français il y a le pouvoir d’achat et donc l’emploi qui se dégrade inexorablement. Macron avait promis le plein-emploi pour la fin de son mandat, on en est très loin. L’idée stupide qu’il avait avancée, était de dire que trop de contraintes et de charges pesaient sur l’embauche, et donc il avait mis en œuvre le CICE puis pérennisé celui-ci sous la forme d’une baisse radicale des cotisations patronales. Cette logique n’a eu comme conséquence qu’un creusement des déficits des comptes sociaux. Dans le même temps les subventions aux entreprises augmentaient radicalement sous Macron, on a avancé le chiffre de 211 milliards d’euros selon le rapport du sénateur Fabien Gay[1]. Ce qui montrait qu’on n’allait pas vers un capitalisme de type libéral, mais vers un capitalisme assisté qui transférait des ressources essentielles des travailleurs vers les propriétaires des moyens de production. Ses transferts massifs n’ont absolument pas profité ni à la croissance économique qui est restée très faible en France comme dans l’Union européenne, ni bien entendu aux salariés. Ce transfert massif n’a profité qu’aux très très riches, et en même temps qu’on augmentait le nombre de pauvres, on augmentait le nombre de milliardaires en France. 

Évolution de la pauvreté en France - La Banque Postale

Mais il faut être juste cette dégradation du marché et des conditions de travail n’est pas de la seule responsabilité de Macron. Elle vient de beaucoup plus loin. Elle est le résultat de l’intégration du pays dans la logique mortifère de l’Union européenne. En effet les principales mesures qui depuis au moins trente ans affaiblissent les capacités des travailleurs à défendre leurs droits sont élaborées discrètement dans les officines patronales qui font le siège de la Commission européenne. Macron n’est que le porte-voix de de cette logique, un serviteur bien rémunéré d’une logique qu’il ne comprend pas car il n’est pas intelligent. Mais parmi les responsabilités de cette guerre des classes des riches contre les pauvres, il faut aussi pointer celles de la gauche représentée au parlement. D’abord bien sûr la canaille social-traitre représentée par le fourbe Hollande – on se souvient que son slogan de campagne en 2012 était « mon ennemi c’est la finance » – non seulement il a introduit au gouvernement un malade mental comme Macron qui lui a ensuite pissé contre, mais il a initié des lois antisociales[2]. La gauche soi-disant radicale n’est pas moins responsable de ces dérives dans la mesure où elle s’est plus occupée de Gaza et de la lutte contre l’islamophobie que de la lutte des classes. 

Syndicats : les causes du désintérêt des salariés Français.

La CFDT, le syndicat jaune, porte-voix des intérêts du grand patronat a également joué un rôle décisif. Cette boutique qui a ses débuts était financée par la CIA et soutenue par le Vatican, a signé tous les accords voulu par le MEDEF. Ses anciens dirigeants finissant invariablement par pantoufler dans des planques bien rémunérées, proches du grand capital. Récemment cette canaille a signé un accord réduisant un peu plus les droits des travailleurs en ce qui concerne la rupture conventionnelle[3]. Mais si la CFDT est bien le syndicat du patronat, la CGT a aussi ses responsabilités, par exemple en se mobilisant plus facilement pour Gaza que pour les droits des travailleurs. La mollesse de sa direction incarnée par l’évanescente Sophie Binet, ne fait que prolonger les difficultés de ce syndicat à se mobiliser pour les luttes sociales. On se souvient de Philippe Martinez, dirigeant très mou de la CGT à cette époque, qui passait son temps à essayer de casser le mouvement des Gilets Jaunes en 2018 et 2019. Évidemment je ne confonds pas les syndiqués de la CGT ou de la CFDT avec leurs dirigeants. Ce sont ses derniers qui sont responsables du délitement de la combattivité des salariés par leur incapacité à organiser les luttes sociales. Il n’y a pourtant rien de scandaleux à compenser les pertes de salaire lorsqu’on est chômeur. À la fin mars 2025, seuls 46 % des inscrits à France Travail (des principales catégories, A, B ou C) ont effectivement perçu une indemnité. Et que, parmi eux, un sur deux a touché une allocation inférieure à 1 151 euros par mois (trois sur quatre moins de 1 512 euros), alors que le smic sur la période s’élevait à 1 426 euros net. Ce n’est donc pas ce que coûtent les chômeurs qui devrait être un problème pour la France. Pour mieux comprendre les orientations politique du financement du chômage, il faut comparer ce qu’il coûte – environ 45 milliards d’euros par an – aux subventions versées aux entreprises – au moins 211 milliards d’euros par an !   

SEB, l'historique des autocuiseurs attendu au tournant des influenceurs |  Les Echos

La dérive des conditions de travail en France est illustrée par la désindustrialisation massive du pays. Le groupe SEB envisage de supprimer et de délocaliser encore un peu plus d’emplois. Les dernières nouvelles nous disent que 2100 emplois allaient être détruits dans le monde, dont 500 en France, et qu’en outre, le département recherche serait massivement transférer dans les pays asiatiques[4]. Quand on annonce une perte de 500 emplois en France, comme on se trouve dans le secteur manufacturier, il faut certainement multiplier ce chiffre par 3 ou 4 pour comprendre que la disparition de ces emplois chez SEB va induire des pertes d’emplois liés dans les secteurs en amont et des pertes d’emplois indirects. Plus l’industrie est lourde et plus le multiplicateur d’emplois est fort. C’est d’ailleurs parce que l’Allemagne est plus industrialisée que la France qu’elle est plus sensible à l’effondrement de la conjoncture européenne, c’est-à-dire que ce pays s’est piégé lui-même par incompétence et arrogance en s’engageant stupidement du côté des Etats-Unis pour soutenir la guerre contre la Russie. Son économie est encore plus sensible que la notre à la rupture des relations directes avec la Russie. Les perspectives de croissance économiques en Allemagne sont maintenant négatives et inférieures à celles de la France ! Or l’économie de la France et par suite l’emploi, est lié à la dynamique économique de l’Allemagne. C’est en effet notre premier partenaire économique. La France paye deux fois sa participation à l’Union européenne, d’abord parce qu’elle suit aveuglément les directives européennes en matière de gestion des droits des travailleurs – ce qu’on appelle l’austérité – ensuite parce qu’elle subit les contrecoups de son intégration à la monnaie unique. Plus généralement ce qu’elle paye c’est la logique dite mondialiste de recherche une compétitivité illusoire d’avec les pays émergents qui font que le coût du travail, donc les droits des travailleurs, est la variable fondamentale de l’ajustement des politiques économiques.    

Il a manqué quelques millions d'euros et du temps pour sauver Brandt

Les pertes d’emplois dans le secteur industriel se multiplient, ce qui n’augure rien de bon pour l’année en cours. Depuis janvier, les annonces de suppressions de postes s’accumulent : 135 chez LISI, un fabricant de pièces automobiles, 350 chez le constructeur de volets roulants et de domotique Somfy, une centaine chez Hager, fabricant d’appareils électriques, une soixantaine chez le verrier Verallia… Une liste non exhaustive, à laquelle est venue se greffer, mercredi 25 février, l’annonce d’une restructuration chez le fabricant d’électroménager SEB, qui devrait affecter 500 emplois en France. Sans oublier la liquidation ou le dépôt de bilan retentissants intervenus entre fin 2025 et début 2026, ceux du fabricant d’électroménager Brandt, qui emploie 700 personnes à Orléans, et du verrier Arc, qui fait travailler 3 500 personnes dans le Pas-de-Calais. Notez que la liquidation de Brandt a été prononcée alors qu’il y avait un projet sérieux de reprise par une SCOP. Mais le tribunal de commerce ne veut pas que des salariés détiennent finalement une petite partie des moyens de production. Il préfère livrer la France à la production étrangère.



[1] https://www.publicsenat.fr/actualites/economie/un-cout-annuel-de-211-milliards-deuros-la-commission-denquete-du-senat-sur-les-aides-publiques-aux-entreprises-reclame-un-choc-de-transparence 

[2] Cette vieille crapule n’a pas été qu’un ennemi de la classe ouvrière, il s’est comporté également comme un des fers de lance de l’atlantisme pour encourager l’Ukraine au réarmement et à la guerre contre la Russie. Il fait donc partie de cette classe politique criminelle occidentale responsable de millions de morts en Ukraine, en Syrie et jusqu’en Libye. 

[3] https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/02/25/ruptures-conventionnelles-accord-trouve-entre-le-patronat-et-la-cfdt_6668285_3234.html 

[4] https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/02/25/seb-envisage-jusqu-a-2-100-suppressions-de-postes-dont-500-en-france_6668185_3234.html

 

dimanche 22 février 2026

Les tarifs douaniers de Trump, la question du protectionnisme et de la monnaie

 🔴 C'est historique : la Cour suprême annule les droits de douane de Donald  Trump !

Trump vient de connaitre un nouveau revers devant la Cour Suprême. Celle-ci a en effet invalidé la loi sur les droits de douane imposée par Trump dans un très grand désordre, avec des avancées et des reculades. Il faut dire que cette loi ménageait un peut tout, d’un côté – par exemple contre la Chine ou contre le Canada – elle était présentait comme un outil pour redresser le commerce extérieur étatsunien, et de l’autre – par exemple contre la Russie, ou les pays européens – comme un acte punitif parce que des pays ne veulent pas s’aligner sur sa politique étrangère, sur l’Ukraine ou sur le Groenland. Ce camouflet est présenté essentiellement comme un revers pour les tenants d’un protectionnisme renforcé. Ce n’est pas le cas, on comprendrait mal d’ailleurs que la Cour Suprême juge la politique économique du président. Il est en outre évident que le déficit commercial économique des Etats-Unis qui se creuse depuis près de soixante ans est un vrai problème, c’est pour cette raison que les Etats-Unis s’affaiblissent, perdant peu à peu leurs industries, notamment les industries manufacturières. Si le déficit s’aggrave c’est bien parce que les Etats-Unis ne sont plus compétitifs sur les marchés extérieurs. Les taxes décidées par Trump n’ont pas réduit ce déficit, mais l’ont aggravé par qu’elles n'ont eu comme effet que d’augmenter les prix sur le marché extérieur. Mais la Cour Suprême a essentiellement condamné la méthode par laquelle Trump a fait passer ses taxes, et non les taxes elles-mêmes.  Disons pour aller vite que ce n’est pas à Trump de décider des taxes, mais au Congrès. Or celui-ci est très partagé sur les droits de douane. Il faut dire que les « élites » plus ou moins représentatives ont été éduquées aux vertus du libre-échange depuis des années.

Déficit commercial aggravé pour les Etats-Unis en 2025 

Le rendu de la Cour Suprême ne tranchera pas le débat. En effet en 2025 donc sous l’administration de Trump ce déficit s’est encore aggravé. Et donc les tenants du libre-échange vont sans doute avancer que la hausse des tarifs n’est pas la solution, mais qu’au contraire on doit d’abord renforcer la compétitivité, notamment en abaissant les salaires. C’est pour cette raison que la Bourse de Wall Street a salué le jugement, le prenant pour une invalidation de l’idée protectionniste. Mais tous les journalistes français ont repris l’idée d’un revers majeur pour Trump, parce qu’ils sont eux aussi travaillé par l’idée que le libre-échange est la meilleure des politiques commerciales, la loi de l’offre et de la demande ajustant la balance commerciale au fil du temps. Pourtant les faits montrent qu’en plus de soixante ans, la libération des flux commerciaux a clairement joué contre les Etats-Unis. Le jugement de la Cour Suprême n’est pourtant pas une mesure libre-échangiste, et Trump a d’ailleurs annoncé qu’il allait mettre en place en vertu de la loi sur le commerce un droit de douane de 10% au monde entier – sauf que ces droits seront limités à 150 jours !  Pour le reste les droits de douane sectoriels restent en application et évidemment les tarifs qui sont rattachés à l’idée de souveraineté nationale[1]. Comme on le voit, rien n’est réglé, et le jugement de la Cour Suprême renforce au contraire les difficultés de lire l’avenir économique. Oui, c’est bien un revers pour Trump, mais c’est un revers très limité et qui ne remet pas l’idée protectionniste. Celle-ci d’ailleurs fait son chemin, elle est même reprise par Macron qui aimerait que celle-ci s’applique à l’Union européenne par exemple contre la concurrence chinoise. Mais si on suit son idée, on pourrait dire tout autant que la France doit sortir de l’Union européenne pour contrer la concurrence de l’Allemagne par exemple. Il est évident que l’Union européenne est une zone de libre-échange, libre-échange aggravé par la monnaie unique, et que cette intégration a complètement tué l’industrie française. C’est une partie du constat que fait Rexecode, un think tank du patronat dans un document[2]. Le déclin de l’industrie française s’est accéléré clairement depuis l’arrivée de Macron à l’Élysée. Mais il ne faudrait pas croire que c’est cette marionnette qui est responsable de ce désastre. Ce sont essentiellement les traités européens et plus particulièrement la monnaie qui ont entraîné le pays dans une concurrence exacerbée pour laquelle elle n’était manifestement pas faite. Dans les traités de libre-échange, il y a une règle : celui-ci ne profite qu’aux nations qui possèdent un avantage comparatif initial. C’était ce qu’avait mis en lumière Friedrich List[3]. D’un point de vue théorique il faut voir les traités européens comme des traités inégaux, favorisant clairement l’Allemagne et quelques autres pays, au détriment de la France et de l’Italie, sans parler de la malheureuse Grèce qui dans ce système a été pillée puis rabaissée comme jamais un pays ne l’avait été. 

La part de la France dans les exportations de la zone euro 

Derrière la bataille pour les tarifs il se joue en fait une bataille pour la souveraineté nationale. Trump justifie d’ailleurs sa politique tarifaire par la nécessité de voir les Etats-Unis retrouver une puissance industrielle perdue. On sait depuis longtemps qu’il y a une corrélation positive entre la part de l’industrie dans le PIB et le PIB par tête. La guerre en Ukraine a d’ailleurs confirmé cette idée, la résilience de l’économie russe, malgré les 35 000 sanctions imposées par l’Occident, vient à la fois de son autonomie agricole et de la puissance de son industrie. En Europe les pays qui ont nettement reculé dans leur classement sont les pays qui ont vu d’abord leur industrie s’affaiblir comme la France par exemple. Dans la carte ci-dessous on remarque que en dehors de l’Allemagne et de l’Espagne, l’industrialisation de l’Europe s’est déplacée nettement vers l’Est. 

 

Part du secteur industriel dans le produit intérieur brut des pays en 2023, en % 

Dans le graphique ci-dessous on voit qu’il y a une corrélation positive entre le niveau de richesse et le degré d’industrialisation d’un pays. Cele a beaucoup de signification. D’abord parce que la richesse relative d’un pays est le résultat d’un passé industriel, et donc pour le cas de la France, mais aussi celui des Etats-Unis, il y a un refus de reconnaitre son déclassement dans la désindustrialisation. Ensuite que l’industrie doit être protégée de la concurrence par les bas salaires, par les délocalisations et de la prédation des concurrents étrangers. On sait qu’en France les ventes des entreprises industrielles n’ont jamais été aussi hautes que sous l’ère de Macron. François Ruffin avançait que Macron avait vendu 1500 entreprises aux Etats-Unis. En fait il se trompait, c’est 1600[4] ! Et ce sont comme chacun sait beaucoup d’entreprises à haute valeur ajoutée. Autrement dit par ces rachats qui permettent de mettre la main sur les brevets et le savoir-faire, les Etats-Unis se sont partiellement réindustrialisés. Les tarifs douaniers ne sont en réalité qu’une des manières possibles de se protéger. L’idée de se protéger est assez simples : on ne peut pas acheter plus qu’on ne vend à l’étranger car de tout temps cela se paye. Pour rééquilibrer les échanges commerciaux, il faut non seulement user des tarifs, mais également de la dévaluation de la monnaie. C’est ce que fait Trump qui laisse filer le dollar, ce qui aura aussi des conséquences parce que cet affaiblissement du dollar fait que cette monnaie sera de moins en moins une monnaie de référence et les bons du trésor pour financer la dette auront de plus en plus de mal à se placer sur les marchés. Déjà les pays asiatiques ont vendu massivement la dette étatsunienne, et qui l’a donc achetée ? Les banques centrales européennes ! Il y a là une réflexion à mener sur le fait qu’on ne peut pas en même temps dévaluer sa monnaie pour redresser la balance commerciale, et donner à sa monnaie un statut de réserve de valeur. C’est quelque chose qu’il faudra envisager si nous arrivons enfin à nous débarrasser de l’euro et à revenir au franc. 

Corrélation Prod. Indus/tête - PIB/tête (US$) 
Il faut comprendre que la difficulté de Trump est que la réindustrialisation du pays ne peut être en l’état qu’une action de longue haleine, et non le résultat de coups de communication. Les errements trumpistes en la matière montrent que cette action ne s’inscrit pas dans la durée. L’économie a besoin d’un environnement certain pour prospérer. Autrement dit, contrairement à ce que disent les médias et certains économistes, ce n’est pas le fait que Trump élève des barrières douanières pour protéger son économie et enrayer l’accroissement des déficits commerciaux, c’est plutôt que tout cela se fait d’une manière brouillonne. Par exemple augmenter les droits de douanes sur les pièces détachées de l’industrie automobile fabriquées au Canada n’a pas de sens si l’industrie étatsunienne continue à les importer parce qu’elle n’a pas encore aujourd’hui les capacités de les produire. C’est se tirer une balle dans le pied. Une politique protectionniste n’a de sens que si elle s’appuie sur une politique industrielle sérieuse et soutenue par l’État. Rapatrier chez soi les industries qu’on a délocalisées ne peut que prendre beaucoup de temps pour ce faire. Pour répondre au camouflet infligé par la Cour Suprême, Trump a décide d’augmenter les droits de douane qui passeraient de 10 à 15%. Mais dans le cadre de la loi, cela ne sera possible que pendant 150 jours[5] ! Ce n’est pas une réponse adaptée. L’économie, le commerce international doivent se développer dans un univers de règles assez stable. Qu’en sera-t-il après ces 150 jours ? Le désordre de l’administration Trump nuit énormément au débat sur la souveraineté nationale. Il sera facile après le départ de Trump aux mondialistes de mettre en avant cet échec pour disqualifier toute critique du protectionnisme


[1] https://www.ledevoir.com/economie/958029/comment-interpreter-decision-cour-supreme-americaine-tarifs-trump

[2] La compétitivité française en 2024, document de travail n°94, février 2025

[3] Système national d’économie politique, Traduction par Henri Richelot, Capelle, 1857. 

[4] https://www.tf1info.fr/economie/verif-1500-entreprises-francaises-avalees-par-le-capital-americain-en-dix-ans-comme-l-assure-francois-ruffin-2364348.html

[5] https://www.latribune.fr/article/economie/international/9960968705153714/cout-de-tonnerre-trump-annonce-faire-passer-ses-nouveaux-droits-de-douane-mondiaux-de-10-a-15

mardi 17 février 2026

Quelques réflexions sur le décès de Quentin Deranque

Au moins six" personnes impliquées, enquête criminelle ouverte… Ce qu'il  faut retenir de la conférence de presse du procureur de Lyon après  l'agression mortelle de Quentin Deranque

Quentin Deranque décédé à 23 ans

Quentin Deranque a été lynché, ou assassiné, comme on veut, par une bande de crapules qui agissaient au nom de l’antifascisme. La lâcheté de cette action a surpris les observateurs. C’est en effet une dizaine de personnes qui se sont jetées sur lui pour le rouer de coups, lui portant des coups de pieds à la tête notamment. Le prétexte de cette lâcheté a été déclenchée par la venue de cette propagandiste islamo-gauchiste de Rima Hassan. Elle était venue vendre sa soupe aigre sur la Palestine à de jeunes imbéciles de Sciences Po à Lyon. Cela se passait le 12 février dernier. Face à cette venue, des femmes du collectif Némésis ont voulu manifester pour dénoncer justement les conditions des femmes dans les pays musulmans. Cette manifestation a été ensuite attaqué par des antifas du style de la Jeune Garde du député de la FI, Raphaël Arnault. Il s’en est suivi des échauffourées avec le service d’ordre de Némésis. Une dizaine d’antifas ont poursuivi le malheureux Quentin et l’ont massacré. Il est décédé consécutivement à cette action barbare alors que ses amis tentaient de l’amener à l’hôpital. Les discussions sur les responsabilités de ce drame ont commencé. Éric Coquerel député de la FI a tenté de minimiser stupidement l’affaire en disant que l’extrême-droite devrait balayer devant sa porte. C’est une réaction idiote, car même si on peut pointer des actions violentes du côté de l’extrême-droite, cela ne dédouanerait en rien ce qui s’est passé. Notez que la scène de ce lynchage a été filmée, ce qui va rendre bien difficile pour les gens de la FI de se défendre et de défendre ses gens. 

Mort de Quentin Deranque : au moins six suspects recherchés

Une vidéo de l’attentat a été divulguée 

La première réflexion qui vient à l’esprit est que les invitations de Rima Hassan par les structures de Sciences Po, à Paris ou à Lyon, tournent plutôt mal. Certes on peut toujours évoquer la liberté d’expression. Mais cette volonté d’endoctriner des jeunes imbéciles n’a peut-être pas sa place sous le couvert de la liberté de parole universitaire. Vous me direz que les structures de Sciences Po devraient être fermées depuis très longtemps. Ce qu’on y enseigne c’est le politiquement correct, façon discussion de bistrot améliorée de quelques références plus ou moins bien comprises. Le niveau de Sciences Po est lamentable, que ce soit à Paris, à Lyon ou encore à Aix-en-Provence. Chaque fois on y retrouve l’entrisme de l’islamisme conquérant, un jour c’est Rima Hassan qui vient faire sa propagande en vendant le point de vue du Hamas, un autre jour on organise une journée du hijab en encourageant les braves petites étudiantes françaises à porter le voile pour voir ce que ça donne. A Aix-en-Provence la crapule François Burgat et son acolyte Raphaël Logier distribuaient des doctorats à des médiocres étudiants, porte-voix de l’Islam radical. C’est la même méthode qui a été suivie aux Etats-Unis avec le hijab day et qui a fini par amener à la mairie de New York un maire musulman, Zoran Mamdani. On est sorti dans ce dernier cas de la laïcité et de la tolérance. Évidemment si les étudiants sont la première cible de la propagande islamo-gauchiste, c’est parce qu’ils sont repérés comme des esprits fragiles et peu formés. Le fait qu’en France n’importe qui puisse intégrer l’enseignement supérieur permet cet abaissement intellectuel dont profitent des politiciens intéressés comme ceux de la FI.    

Mort de Quentin à Lyon : l'assistant de Raphaël Arnault et la Jeune Garde  nient toute implication                                                       Jacques-Élie Favrot 

La Fi est clairement pointée du doigt. Dans le groupe d’assassins qui se sont attaqués à Quentin Deranque, on trouve Jacques-Élie Favrot, assistant parlementaire du sinistre Raphaël Arnault, député du Vaucluse qui a un passé de violence et qui a été condamné pour cela. Ce Raphaël Arnault est en réalité un transfuge du NPA qui fait de l’entrisme à la FI. Il est le fondateur de la Jeune Garde antifasciste, et il a été fiché S plusieurs fois. Ce genre de violences comme on vient de le voir est typique des trotskistes qui pensaient dans les années soixante que de s’affronter avec l’extrême-droite était une nécessité pour attirer le client. Raphaël Arnault fait partie de ce groupe de députés de la FI qui semblent ne savoir qu’à peine lire et écrire, mais qui parlent haut et fort, jouant de la provocation. Il est assez peu probable qu’en 2027 il sera réélu. Cette petite salope écrivait, suite au pogrom du 7 octobre 2023, « Aujourd'hui, la résistance palestinienne a lancé une offensive sans précédent sur l'État colonial israélien ». Dans la mort de Quentin Deranque, on a reconnu les méthodes de la Jeune Garde antifasciste qui avait été dissoute. En attendant, Jacques-Élie Favrot a été interdit d’accès à l’Assemblée nationale et il s’est mis en retrait de ses fonctions, sans doute pressé par les hiérarques de la FI qui sentent que tout cela tourne mal, n’est pas maîtrisé. La FI qui s’est voulue un parti attrape tout à la gauche de la gauche, que ce soit les islamistes ou les trotskistes, est maintenant rattrapée par ses vieux démons. Et bien sûr les ennemis de Mélenchon sont à l’affût pour en rajouter. 

Adrian Besseyre, Lélio le Besson, Dimitry Vanheulle, Jaques Élie Favrot et Blondine Bardinet 

Juan Branco qui ne saurait être qualifié d’identitaire s’est demandé ce que faisait cet assistant parlementaire, payé par nos impôts, à Lyon, au milieu d’une organisation dissoute[1]. Est-ce là un travail pour un attaché parlementaire ? L’ennui pour la FI est que le procureur a désigné cette affaire comme un homicide volontaire, probablement à l’aide des vidéos et des témoignages. Et en outre que six personnes ont été identifiées comme ayant participé directement à ce lynchage, il s’agirait de militants de la Jeune Garde antifasciste[2]. Ce qui ruine la défense initiale de la FI, celle de Coquerel, qui avançait que rien ne prouvait que Jacques-Elie Favrot avait participé à la rixe, qu’il était peut-être là, seulement par hasard, ou juste pour protester contre Némésis pacifiquement. Ces individus sont recherchés et vont certainement se faire ramasser rapidement. Les gens de la FI hurlent à la récupération politicienne. Mais face aux faits, ils auront du mal à tenir cette position. Tout cela va renforcer l’image sectaire et violente du parti de Mélenchon dans l’opinion, alors que cette image était déjà très dégradée. Les médias, notamment Le monde, ont essayé de limiter les dégâts, en avançant que Quentin Deranque était un militant nationaliste, identitaire, comme si c’était là une excuse pour le tuer[3]. L’hypocrite journal avait commencé par parler d’un certain Quentin D., avant d’écrire son nom entièrement. Mais celui-ci n’avait jamais été condamné pour des faits de violence. Comme on le voit la presse française s’est efforcée de tracer un portrait négatif du malheureux assassiné, mais n’a rien à dire ou pas grand-chose sur le parcours de Jacques-Elie Favrot. 

Si on élargit les débats, on se rend compte que cet épisode misérable a une signification profonde. En effet l’extrême-gauche n’ayant plus comme véhicule pour se faire entendre que la Cause palestinienne et la lutte contre le fascisme, elle a usé cet argumentaire jusqu’à la corde. Elle n’a rien d’autre à dire pour se renouveler. Ces appels compulsifs à la haine d’une extrême-droite qui n’existe plus, la desservent de plus en plus et au contraire la désigne comme le nouveau fascisme, l’antisémitisme inclus. C’est ce qu’annonçait Pier Paolo Pasolini au milieu des années soixante-dix. Léo Ferré affirmait que « la gauche est la salle d’attente du fascisme ». Tout cela signifie clairement que l’arrivée presque programmée du Rassemblement National au pouvoir est le résultat direct de la dégénérescence de cette gauche décervelée, donneuse de leçons, et qui, face à son peu d’impact réel sur le changement social en vient à des actions désespérées pour tenter d’exister. En attendant, cet antifascisme parodique tourne complètement à la farce et au drame, vidant de toute légitimité la gauche dite radicale. Mais cela révèle que l’opportuniste Mélenchon a laissé aussi son propre parti se faire coloniser aussi bien par les Frères musulmans que par les trotskistes ancienne manière. Certains parlent d’un début de guerre civile. C’est un peu hâtif. Nous ne sommes pas aux Etats-Unis, et l’extrême-gauche radicale est en France très isolée, même si elle est capable de faire beaucoup de bruit. Par contre elle enfonce un peu plus la gauche traditionnelle qui n’a plus d’idée pour essayer d’exister électoralement. Autrement dit les actions stupides et criminelles de cette Jeune Garde antifasciste accélèrent l’arrive au pouvoir de la dite extrême-droite. Cet épisode et l’antisémitisme virulent de la FI va rendre impossible les accords électoraux avec le reste de la gauche, que soit dans les mairies ou au niveau national. L’ironie de l’histoire est que cela intervient au moment où Mélenchon qui décidemment ne tient rien du tout, se plaint qu’on ait classé la FI sous la rubrique extrême-gauche. Le gouvernement est aussi embarrassé car l’ineffable Nuñez, ministre de l’intérieur en désignant la Jeune Garde antifasciste comme à l’origine de ce crime, avoue qu’en réalité l’État n’a pas fait son travail puisque ce petit gang avait été officiellement dissout. 

La Jeune Garde, groupuscule antifasciste dans le viseur des autorités

Il faudra s’intéresser au parcours de ces gens impliqués dans le meurtre. Raphaël Arnault est clairement un entriste au sein de la FI qui vient du NPA. Mais qu’en est-il des autres ? Notamment de Jacques-Elie Favrot ? Certaines personnalités se sont élevées contre la dissolution de la Jeune Garde, sans mesurer dans quoi ils mettaient les pieds. Il semble bien que ce groupuscule qui compterait une centaine de membres soit directement manipulé par les débris du trotskisme du NPA et que Jacques-Elie Favrot vient de ce groupuscule lui aussi. Par ailleurs vous noterez que la presse française a tenté de discréditer Némésis en faisant comme si le néoféminisme militant était plus acceptable qu’un féminisme qui défendrait en même temps la souveraineté de la nation. Comme si le féminisme soutenant la Cause palestinienne était moralement plus acceptable qu’un féminisme défendant la nation française contre l’islamisation rampante de la société. Rajoutant en un petit peu : certains ont fait remarquer que Jacques-Elie Favrot était le fils d'un juge au parquet de Lyon, c'est pourquoi l'affaire a été dépaysée. Par ailleurs Blondine Bardinet est la fille d'un haut fonctionnaire qui travaille à la Métropole de Lyon, bref deux enfants de la haute bourgeoisie qui n'ont rien de prolétarien !
PS : il semblerait en fait que Blondine Bardinet en réalité se trouvait à l'étranger au moment des faits. A suivre donc. 


[1] https://www.instagram.com/reels/DUy8jmIjJFW/

[2] https://www.francebleu.fr/auvergne-rhone-alpes/rhone-69/lyon/mort-de-quentin-deranque-cinq-des-six-suspects-ont-ete-identifies-2489280

[3] https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/02/17/quentin-deranque-un-etudiant-pieux-au-croisement-des-chapelles-de-l-extreme-droite-radicale_6667037_823448.html

dimanche 15 février 2026

La fin de la démocratie parlementaire en Occident, les leçons de quelques sondages

C’est un phénomène maintenant bien établi en Occident et en France encore un peu plus qu’ailleurs. Les citoyens n’ont plus aucune confiance dans les politiciens qui prétendent à les diriger. Les raisons sont faciles à percevoir, les politiques mises en place sont pratiquement à l’opposé de ce qu’ils désirent, et ce quel que soit le sujet. Cette réalité que nous dévoile les sondages les uns derrière l’autre, fait que les pays considérés sont écartelés entre des tendances politiques plus ou moins affirmées qui conduisent à des sortes d’affrontements préfigurant une guerre civile. En ce sens les Etats-Unis comme toujours sont en avance sur le chemin de la décomposition. On peut dire sans se tromper que les institutions politiques des « démocraties » occidentales sont frappées d’inefficacité. C’est-à-dire qu’elles sont incapables de rassembler leurs peuples sur quelque sujet que ce soit. Il s’ensuit qu’en Occident les nations sont gouvernées par des clans minoritaires dans le pays. L’affaire Epstein a aggravé encore un peu plus l’image dégradée de cette classe politique. De plus en plus nombreux sont les citoyens qui soulignent que nous sommes sortis de la démocratie ordinaire. C’est bien sûr le cas en France où on voit que Macron qui a perdu successivement plusieurs élections arrive encore à gouverner sans problèmes, son gouvernement n’ayant en face de lui aucune opposition sérieuse. Cette sensation est aggravée aussi par le fait que le gouvernement français ne gouverne pas mais ne fait qu’appliquer les directives de l’Union européenne. Or la Commission européenne à une très mauvaise image, celle d’une bureaucratie corrompue qui nous mène à la guerre et qui travaille pour des lobbies. L’affaire des vaccins du COVID est encore dans toutes les mémoires. Mais également le fait que cette Commission européenne impose le démantèlement des entreprises historiques de service public comme EDF ou la SNCF, produisant une explosion des coûts pour les consommateurs. Dans le tableau ci-dessus, on voit que les Français sont les plus révoltés d’Europe. C’est logique étant donné la façon dont ces dix dernières années Macron et son gang ont déclassé le pays dans pratiquement tous les domaines. Macron est le plus mauvais président de la Vème République, celui qui aura tout raté dans sa triste vie. Mais nous voyons que les résultats ne sont pas meilleurs pour l’Italie, ce qui en dit long sur la réalité de l’adhésion des Italiens à la politique de Meloni. Seuls les journalistes et les politologues font semblant de croire que les crises périodiques qui secouent l’Occident font partie du fonctionnement normal de la démocratie. On entend souvent des journalistes imbéciles, par exemple au Monde, nous raconter que l’Europe institutionnelle a toujours avancé par les crises. C’est une manière de se rassurer et de donner un blanc-seing aux Européistes qui nous entrainer dans la guerre contre la Russie. Les dépenses budgétaires pour se réarmer pour une guerre qui n'aura probablement pas lieu, pèsent sur les déséquilibres de l’État et alimentent la dette publique qui atteint des niveaux extravagants. La Commission européenne est régulièrement mise en cause pour des affaires de corruption, que ce soit au niveau des députés européens qu’à la tête de celle-ci, Ursula von der Leyen étant régulièrement citée pour ses malversations récurrentes. Mais cette corruption n’est jamais sanctionnée, notamment parce que la Cour de justice européenne est à la botte de la Commission, mais aussi parce que les députés corrompus du Parlement européen ne tiennent pas à remettre en cause un pouvoir qui finalement leur convient. Ils sont bien payés, n’ont guère de travail – Rima Hassan passe plus de temps pour organiser une croisière vers Gaza que pour s’occuper de ce qui se passe au Parlement, Barella prépare sa candidature à l’Élysée – ils préfèrent regarder ailleurs. 

Donald Trump a transformé l'ICE en force paramilitaire aux pouvoirs  immenses | Mediapart

Aux Etats-Unis, l’ICE est sujet de divorce du peuple avec son gouvernement

Dans le graphique suivant, nous voyons qu’en France l’idée même que nous soyons en démocratie est en train de disparaitre. La tendance longue montre une dégradation constante et régulière du fonctionnement de la démocratie, l’idée que la démocratie ne fonctionne pas bien passant de 50% en 2009 à 76% en janvier 2026. Si la démocratie « ne fonctionne pas bien » en France, cela vient d’un ensemble de délitement des institutions. D’abord la classe politique qui par ses compromissions se révèle inefficace dans son fonctionnement. Les pantalonnades du gouvernement Lecornu et de ses soi-disant oppositions sont là pour le démontrer. La palme revenant au Parti « socialiste », ramassis de petits magouilleurs sans autre ambition que de conserver des sièges. Il est remarquable que l’Assemblée nationale qui ne représente plus que des lobbies, aient rejeté les mesures les plus populaires réclamées par les Français, que ce soit sur la mise au rebus de la loi sur les retraites ou que ce soit sur la taxation des plus riches qui échappent à l’impôt sur le revenu. Mais il y a également la justice qui est dans le collimateur. Celle-ci est décriée à la fois pour sa passivité face aux exactions des personnes d’origine immigrée, mais aussi par sa lenteur incroyable et pour ses jugements incompréhensibles du simple point de vue du bon sens. Depuis l’arrivée de Macron à l’Élysée, la police qui a été transformée en milice sauvage est également décriée. D’autres institutions qui antérieurement relevaient de l’action de l’État, comme la santé, l’éducation ou l’électricité sont totalement livrée à la logique du profit qui s’appuie indirectement sur le pillage des ressources de l’État. Les magouilles de l’Élysée pour vendre aux Etats-Unis ce qu’il reste des fleurons de l’industrie de pointe française, ont écœuré les Français. Toutes ces dérives aggravées par le gouvernement de Macron sont à l’origine du divorce. Quand les députés n’apparaissent pas comme des crapules, ils ressemblent à des imbéciles. Et je ne parle même pas du Sénat qui n’a jamais servi à grand-chose. 

 

Dans le sondage suivant, nous voyons deux choses. D’abord que les Français tiennent pour responsable Macron et son gang dans la déconfiture et le déclassement du pays. Ensuite que l’Union européenne est elle aussi coresponsable de cette dérive. Enfin il esquisse quelques pistes pour la sortie de la crise institutionnelle que nous traversons depuis un quart de siècle.  On sent une grande méfiance vis- à-vis de l’Union européenne. on propose de ne plus rien verser à cette boutique en cas de désaccord. Est-ce un pas qui préfigure la sortie ? Qui annonce une montée du sentiment souverainiste ? Je le pense. Du reste le fait que tous les partis représentés à l’Assemblée nationale ne veulent pas sortir de l’Europe, de l’euro et de l’OTAN, en dit long sur les possibilités pour la France d’accéder enfin à un changement d’orientation politique. On remarque également que le référendum est un outil de démocratie directe réclamé massivement. Évidemment les tenants de la démocratie représentative craignent l’usage massif et régulier du référendum, jugeant le peuple trop bête pour gérer ses affaires lui-même. On sait que depuis 2005 les politiciens n’en veulent plus, ils ont peur d’un référendum qui les obligeraient à une sortie de l’Europe. On remarque également que les Français ne veulent pas de la guerre avec la Russie, contrairement à la canaille journalistique qui tous les jours s’appliquent à justifier celle-ci pour dans quelques années, relayant le message idiot de militaires imbéciles qui croient qu’en additionnant les armées de toute l’Union européenne, cela fera une armée qui pourra battre la Russie. Le pourcentage des Français hostiles à l’idée d’en finir avec l’aide massive à l’Ukraine est très élevé, malgré une ardente campagne de propagande médiatique en faveur de Zelensky et de son gang. 

Peut être une image de talon de billet, carte et texte

On comprend mieux en lisant ces résultats pourquoi le gouvernement français, mais aussi la Commission européenne vise le contrôle total des réseaux sociaux et des chaines d’information parallèles. Il faut que le message passe : si tout va mal en Europe, ce n’est pas parce que la politique menée est nulle, incompatible avec les besoins des citoyens, mais parce que les Russes sont mauvais et mènent une guerre hybride qu’on est incapable de préciser. Il est donc de première instance de supprimer la diversité d’opinion. Lee Européistes avancent cependant à pas de loup, voulant préserver au moins l’idée que nous serions encore en démocratie. Un jour on interdit les médias russes en France, ce qui ne s’était même pas fait au moment des pires heures de la Guerre froide. Un autre jour on sanctionne en les privant de déplacements et d’accès à leurs comptes, ceux qui pensent mal, sanctions qui n’ont aucune base légale évidemment. Encore un autre jour on invente les possibles dégâts des réseaux sociaux sur les jeunes enfants pour ficher toute la population adulte et livrer des informations confidentielles à des entreprises étatsuniennes privées qui en feront l’usage qu’elles voudront bien. 



Peut être une image de texte

La guerre avec l’Iran est commencée

    Soyons clairs, ce n’est pas parce que l’Iran a un régime politique pourri, que celui qui l’attaque est bien meilleur et respectable. I...