lundi 14 septembre 2026

Les résultats des tests PISA

Les résultats des tests PISA ont été commentés abondamment un peu partout. On s’est sans doute un peu trop focalisé sur les résultats de la France qui sont en effet mauvais, très mauvais. Cependant le plus inquiétant n’est pas là, mais plutôt que ce sont tous les pays occidentaux qui sont dans ce cas. Il est curieux que tout le monde semble découvrir ce qu’au fond au connait depuis des décennies. Redresser l’éducation nationale cela est devenu un slogan pour les candidats à la présidentielle, les politiques n’ont jamais été très intéressés pour débattre de ce sujet, les uns à droite, comme Sarkozy, voyaient des enseignants trop payés ou ayant trop de vacances, les autres, à gauche, invoquaient le manque de moyens, les plus audacieux avaient lu les malheureux Baudelot et Establet et à l’inverse ils pensaient que le niveau ne cessait pas de monter[1]. C’était rassurant et nous mettait dans le sens de l’histoire et du progrès. On a vu le ridicule Bruno Le Maire qui a avancé une idée des plus loufoque, avancer l’âge d’entrée dans la maternelle à l’âge de 1 an au lieu de 3[2] ! À croire que cet imbécile qui a pris un abonnement pour dire n’importe quoi, n’a jamais eu de gosses. Son exemple pourrait d’ailleurs nous faire douter du système éducatif, il a fait selon ses diplômes de belles et bonnes études, il est diplômé de l’ENA, de Sciences Po, et encore de l’ENS et agrégé de lettres où il a été reçu premier au concours. Et pourtant malgré tout cela, c’est un crétin qui ne sait pas aligner trois idées sans dire des stupidités. De son talent d’« écrivain » je ne dirais rien, tant il a été moqué un peu partout. 

Mais la plupart des commentateurs ont du mal à prendre toute la mesure du problème. Le monde soulignait que les pays nordiques, Suède, Danemark, étaient eux-aussi effarés de cet effondrement constaté par les tests PISA[3]. Ces tests portent sur trois domaines, la lecture, les mathématiques et les sciences, ils concernent les enfants de quinze ans, donc le niveau de notre BEPC qui aujourd’hui est en déshérence. Cette enquête large portait sur 91 pays, la Russie n’y participant pas. Sans surprise, globalement, ce sont les pays asiatiques qui arrivent en tête[4]. Les autres tests sur les systèmes éducatifs montrent également que les Russes sont très bien placés, produisant notamment des scientifiques et des ingénieurs de premier plan. La première réflexion qu’on se fait c’est que l’Occident est en voie d’effondrement, y compris un pays comme Israël qui naguère s’enorgueillissait de ses excellents résultats qui expliquait la quantité industrielle de prix Nobel que ce petit pays était capable de produire. Cela fait évidemment des années qu’en France on alerte sur la décomposition du système éducatif, aussi bien pour en souligner le manque de moyens, ou les salaires misérables des enseignants, on en arrive maintenant au fait que, malgré les fermetures d’établissements pour cause de baisse des effectifs, le ministère de l’éducation nationale ne trouve plus assez de candidats et surtout doit constamment abaisser le niveau de recrutement. Les différentes réformes – pratiquement une par an – n’ont abouti qu’à la confusion. Il fut un temps où le métier d’enseignant était valorisant, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il faut comprendre deux choses, d’abord que les mauvais salaires n’attirent pas les meilleurs éléments, ensuite que les mauvais élèves ne feront probablement pas de bons enseignants. En quelque sorte l’effondrement du système éducatif est l’origine de toutes les autres décompositions du pays, dans le domaine de la santé, des sciences en général et aussi de l’industrie elle aussi en voie de disparition. Étant donné qu’à la France dans la division internationale du travail on a assigné le secteur du tourisme, à quoi bon poursuivre l’accumulation des connaissances en dehors de l’élite qui manipule la finance. Bruxelles nous a assigné la tâche de développer des emplois de domestiques afin de satisfaire les étrangers qui viennent de loin polluer notre pays.   

Claude Lelièvre : Quelques comparaisons suggestives à propos des salaires  des enseignants

Plus généralement cet effondrement de l’Occident, et particulièrement de la France, est le résultat des trajectoires des politiques néolibérales. Les causes sont multiples, les élèves accrochés à leurs smartphones, ou encore accrochés aux ressources de l’Internet, Wikipédia, l’IA pour bâcler leurs devoirs, mais aussi les normes qui sont édictées depuis des décennies, qui visent à ne pas fatiguer trop les enfants avec des devoirs, des apprentissages par cœur, etc. Tout cela est bien connu, et certains pays nordiques comme la Suède ont avancé timidement dans la voie d’une interdiction des smartphones à l’école puis au collège. En France on avance aussi sur ce point encore plus timidement. Il est vrai qu’en s’attaquant aux écrans et aux ressources de l’Internet, on s’attaque à un environnement déjà là adapté aux pratiques consommatrices avancées. Pour répondre à cela il faudrait rechercher des normes plus efficaces dans l’apprentissage des savoirs de base, la langue, les mathématiques et les sciences. 

 

Le monde dans son édition datée du 12 septembre 2026 a découvert que l’éducation dérivait dangereusement vers une ségrégation. Pour aller vite, on pourrait dire que les classes moyennes et aisées mettent leurs gosses dans les écoles et les collèges privés, et les autres dans les écoles et les collèges publics. Les articles consacrés à cette question importante sont lénifiants, ils tournent autour de l’idée que l’abandon de la mixité sociale à l’école engendrerait la peur des populations immigrées et donc nourrirait la ségrégation sociale et par suite la ségrégation raciale. Si ce constat ressort de l’évidence, les raisons à cela sont différentes. En effet les parents ne décident pas d’envoyer leur progéniture dans le secteur privé parce qu’ils seraient racistes et viseraient la ségrégation sociale, mais par un souci de sécurité et d’efficacité. Sur le plan de l’insécurité les exemples de dangerosité de la mixité raciale sont très nombreux, ça va de l’affaire Mila à la décapitation du malheureux Samuel Paty, mais aussi des multiplications de voies de faits des populations issues de l’immigration envers les autochtones. Récemment encore une enseignante a été menacée par un parent d’élève de « décapitation » – décapitation que Le monde euphémise en parlant du désir de lui couper la tête[5]. Il devient évident que l’immigration de masse a joué un rôle en Europe dans l’abaissement du niveau scolaire. Ce n’est pas seulement le fait que les professeurs d’histoire ne peuvent plus parler de la Shoah ou de l’antisémitisme dans leur classe, c’est aussi que nous avons pris la funeste habitude d’adapter l’enseignement au niveau supposé des élèves, et non plus d’exiger que ceux-ci s’adaptent aux exigences d’un programme. 

 

Aujourd’hui l’enseignement en France est déjà à deux vitesses. Les meilleures écoles – du primaire jusqu’aux grandes écoles – sont réservées aux plus aisées. C’est aussi le cas des meilleurs lycées publics de Paris. Autrement dit la discrimination par l’éducation redouble une discrimination de classe. C’est comme si les classes riches avaient exclu les classes pauvres de l’accès à un enseignement de qualité. Cette volonté d’exclusion est elle aussi à l’origine de l’effondrement de tout le système d’enseignement national. Les grandes écoles sont elles-mêmes frappées par la contamination des idées idiotes, que ce soit Science Po où les étudiants se croient rebelles parce qu’ils portent un keffieh pour soutenir la cause palestinienne, ou que ce soit l’ENA où on apprend l’économie dans des manuels américains qui vantent l’excellence des mécanismes du marché, et la nécessité du moins d’État. Les facultés où se trainent la plupart des centaines de milliers d’étudiants dans des filières inutiles et sans consistance, sont devenues un dépotoir, ça permet de donner l’illusion que le chômage est moindre. Les étudiants étrangers représentent aujourd’hui environ 15% des effectifs. Ils se partagent entre ceux qui font du tourisme en France, par exemple les Erasmus, et ceux qui cherchent une bourse et un visa facile. Ils sont tous plus mauvais les uns que les autres et ne relèvent en rien le niveau. Sur les trois millions d’étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur, la très grande majorité trouveront un métier sans rapport avec leurs études, mais en outre ils n’auront rien appris. Pendant ce temps il y a une pénurie de médecins et une production excédentaire de masters en sciences sociales !   

 

L’éducation est un sujet sérieux car en effet elle définit la société qui existera dans les années futures et ma seulement dans les métiers dit d’avenir, c’est aussi le futur en termes d’intelligence et de civilisation. Il faut au minimum vingt ans pour porter une vraie réforme dans ce domaine, reprendre l’affaire à la base. Redéfinir les programmes et les méthodes d’apprentissage, bannir le « pédagogisme ». Le budget de l’éducation nationale, hors pensions, aujourd’hui tourne autour de 65 milliards d’euros. Cette somme importante parait très mal utilisée, les locaux sont délabrés, les salaires des enseignants médiocres, empêchant les vocations de s’affirmer, mais aussi amenant les étudiants sur des voies de garage. Je ne pense pas pour autant qu’il faille supprimer ce qui relève des humanités, mais plutôt ces demi-savoirs qui virent le plus souvent à la discussion d’après boire. L’ENA, Sciences Po, doivent être bouclées, elles ne produisent que des imbéciles fiers de leur ignorance, voyez Bruno Le Maire, voyez Macron. Il fut un temps où la sociologie, notamment en France, était une discipline intelligente et noble, aujourd’hui c’est un foutoir dont le recrutement relève des pratiques mafieuses, voyez Éric Fassin, voyez de la Gasnerie. La science économique est clairement au service du grand capital et de l’Europe, etc. Et je ne dis rien sur les études de genre qui ont donné naissance à des travaux frisant la débilité mentale.

Parmi les conseils qu’on pourrait donner, il y a celui d’instaurer un filtre à l’entrée de l’enseignement supérieur, d’éliminer les formations de masters complètement fantaisistes. Mais en amont, il faut repenser le baccalauréat, un taux de réussite de 91,4% en 2026 est une extravagance reconnue par tout le monde, sachant que la plupart de ses bacheliers ne savent ni lire ni écrire, et encore moins compter sans calculette ! Mais il faudrait aussi remonter jusqu’au collège, et ensuite encore à l’école primaire. C’est une véritable révolution dont il s’agit, au fond on sait très bien ce qu’il faudrait faire, mais on n’en a pas le courage politique, pas plus à gauche qu’à droite d’ailleurs.



[1] Roger Establet et Christian Baudfelot, le niveau monte, Le seuil, 2000.

[2] https://www.franceinfo.fr/societe/education/bruno-le-maire-souhaite-avancer-la-maternelle-de-3-ans-a-1-an-face-a-la-baisse-des-resultats-des-eleves-francais-au-test-pisa_8184428.html

[3] https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/09/09/pisa-2025-longtemps-bons-eleves-de-l-enquete-les-pays-scandinaves-meurtris-par-leur-chute_6768851_3224.html?srsltid=AfmBOoqeMCrIv2JRul3YVdqONBERGBFhIPkhAfKEN8BiuI6vPd1e3Nic

[4] https://www.oecd.org/fr/publications/resultats-du-pisa-2025-volume-i-version-abregee_72cbf7bd-fr.html

[5] https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/09/10/enseignante-menacee-de-mort-en-haute-garonne-un-parent-d-eleve-condamne-a-six-mois-de-prison-ferme_6769833_3225.html?srsltid=AfmBOorjRCb0hkKZxccmMIlynUi2wKbBI9UH1bKatyp9exe97sb-AkRA

jeudi 10 septembre 2026

La crise migratoire en Europe en débat

Ceuta : 40 000 migrants ont traversé la frontière entre le Maroc et  l'Espagne, Laurent Nuñez renforce les contrôles 

L’affaire instrumentalisée par le gouvernement marocain de Ceuta a relancé le débat sur l’immigration vers l’Europe. C’est une affaire qui si elle a coûté 77 morts par noyade, a pointé à nouveau la vulnérabilité des frontières de l’Europe, autrement dit l’incapacité de l’Union européenne à contrôler ses frontières. On sait que le débat pour les présidentielles de 2027 va porter sur l’immigration, et les images qu’on a vu à la télévision ne milite pas pour l’ouverture à tout crin. Les journaux imbéciles, genre Le monde, ont sauté sur l’occasion pour dénoncer l’instrumentalisation de cette histoire par l’extrême droite. Mais ces effets de manche ne résolvent rien du tout. En effet dans le même temps où l’ineffable Nuñez se félicitait de la bonne gestion de l’affaire de Ceuta, 22 pays européens dénonçaient l’attitude de l’Espagne. Comme on le constate il y a d’abord la division en Europe. Les uns comme Meloni font semblant de faire quelque chose, les autres disent qu’il faudrait justement agir. En France on est désarmé depuis que les crapules du Conseil constitutionnel ont décidé que le passeur Cédric Herrou avait agit conformément au droit international et à la constitution en amenant des migrants d’Italie en France dans un but humanitaire à franchir illégalement les frontières. Cette forfaiture aurait dû être dénoncée par les hommes politiques et conduire à la dissolution du Conseil constitutionnel, et Herrou aurait dû connaitre la prison pour avoir importé 200 migrants illégalement. Car de deux choses l’une, soit on a des frontières et il faut les faire respecter pour défendre notre souveraineté, soit on n’en a pas et à ce moment-là il faut les abolir et dire que les nations n’existent plus. 

Libre» avec Cédric Herrou: En séance spéciale au Festival de Cannes, le  défenseur des migrants dénonçait «l'inertie de l'Etat»

Cédric Herrou paradant à Cannes après sa victoire judiciaire 

Le débat oppose ceux qui soutiennent l’immigration massive pour des raisons assez peu claires, et ceux qui considèrent que c’est un fléau qui peu à peu mine les pays européens. On a vu qu’en Angleterre et en Irlande cela avait pris une allure de guerre civile. Très massivement les Français mais aussi tous les Européens dénoncent depuis des années la politique néfaste de la Commission européenne en la matière. Au minimum les deux tiers des Européens considèrent qu’il faut stopper l’immigration de masse. Il n’empêche que les partis de gauche et de l’extrême centre continuent avec l’aide des médias idiots de vanter les charmes du vivre ensemble et de la nécessité d’une immigration massive pour faire baisser les salaires – et donc rester compétitif – ou encore de financer les retraites – c’est le discours patronal par excellence. La posture anti-démocratique des dirigeants européens est évidemment en opposition avec la volonté populaire et avec le simple bon sens. L’immigration de masse fait peur à tout le monde et l’envahissement de Ceuta a aggravé cette peur. Pour Ceuta on a essayé de minimiser la masse de manœuvre arrivée dans la ville, j’avais parlé de 80 000, en avançant le chiffre de 60 000, mais bientôt on est remonté à 72 000[1] ! 70 000 seraient déjà repartis, on s’en est félicité sans voir qu’il en resterait 2 000 pour une petite ville de 80 000 habitants ! Près d'un millier de mineurs non accompagnés sont restés à Ceuta, selon l'ONG Save the Children. Le gouvernement espagnol a annoncé mardi une enveloppe « extraordinaire » de 25 millions d'euros destinée à leur prise en charge. C’est en quelque sorte la double peine pour les Espagnols, non seulement ils doivent subir l’invasion, mais en plus ils doivent payer des sommes folles pour s’en débarrasser. Évidemment Pedro Sanchez en tant que représentant de cette ligne est sur un siège éjectable. On ne connait pas le coût de l’expédition des jeunes marocains sur Ceuta, mais il est très élevé 

Immigration : près d'un millier de mineurs non accompagnés dans l'enclave  espagnole de Ceuta

Face à l’indignation des populations européennes vis-à-vis du laxisme de la Commission européenne, il ne suffit plus de dénoncer l’extrême droite. Du Portugal jusqu’à la Pologne, c’est une protestation unanime. Cette fantaisie de Ceuta probablement manipulée par le gouvernement marocain va coûter très cher aux immigrationnistes. D’une manière ou d’une autre il va falloir agir pour tenter d’éviter que cela ne se reproduise. Et de fait, depuis quelques années la Commission européenne évolue pour un contrôle plus strict. Le monde, journal immigrationniste, constatait d’ailleurs que le nombre de migrants qui tentent de franchir illégalement les frontières de l’Europe avait bien diminué. Il est remarquable que sur cette question Mélenchon et son gang n’aient absolument rien dit de sérieux, éludant les questions de fond qui mettent son discours immigrationniste en porte à faux. Il parle « d’éventuelles manipulations », c’est assez drôle, mais tous les hommes politiques de gauche comme de droite, manipulent une information qu’ils croient les aider à récolter des voix, c’est bien ce qu’il fait en manipulant le vote musulman et antisémite à son profit. 

Mélenchon a récupéré à son profit le discours patronal, nous avons besoin des immigrés pour rester compétitifs, pour financer les retraites. En ce sens et contrairement à Georges Marchais, c’est un homme de droite, pro-européen. En Allemagne le parti de gauche de Sahra Wagenknecht, BSW, encore un peu léger sur le plan électoral a compris que la gauche en s’alignant sur le discours européiste en matière d’immigration allait dans le mur, et la faillite de la coalition qui a soutenu le sinistre Merz est là pour lui donner raison. La souveraineté ne se détaille pas, elle se défend aussi bien en refusant l’immigration de masse, qu’en rouvrant le dialogue avec la Russie, mais même sur ce dernier point le louvoyant Mélenchon est aligné sur les position européiste. Après avoir craché dessus sur Raphaël Glucksmann on l’a entendu le soutenir face aux pseudos tentatives de la Russie de déstabiliser le candidat atlantiste et pro-guerre. Tout ça pour dire que si Mélenchon est bien une grande gueule, il est d’un conformisme ahurissant sur tous les sujets que l’on veut. Il devrait prendre des leçons auprès de Georges Marchais dont la célèbre lettre au recteur de la mosquée de Paris était sans ambigüité : on peut être de gauche et hostile à l’immigration de masse. Un des points importants est que si l’immigration est si bien soutenue par le MEDEF, c’est aussi parce qu’elle divise les travailleurs. Tactiquement c’est au point depuis que la gauche n’a plus comme idée que de combattre un fascisme de comédie, et qu’elle s’est exclue du jeu politique, il lui est impossible aujourd’hui d’accéder au pouvoir. 

Georges Marchais immigration : la « cote d'alerte » | MPImedias-presse.info

Cette attitude immigrationniste et européiste de la gauche d’aujourd’hui, qu’elle soit « social-démocrate » ou pseudo-radicale laisse les mains libres à la droite ordinaire, cette droite affairiste, cosmopolite et européiste, pour faire exactement ce qu’elle veut. C’est objectivement la faillite du discours droit-de-l’hommiste qui a travaillé depuis de longues décennies contre les peuples : quoi que ceux-ci pensent, on leur impose une volonté qui n’est pas la leur, indépendamment de la démocratie la plus élémentaire qui n’est pas l’État de droit dont la définition est à géométrie variable – Orban était qualifié de fasciste alors que Zelensky qui célèbre avec constance la mémoire des nazis ukrainien est qualifié de sauveur de la démocratie européenne. la démocratie est la volonté populaire. Ceuta montre que cette comédie européiste du vivre ensemble est arrivée à son point terminal. Le grand économiste James Steuart avait compris vers la fin du XVIIIème siècle qu’une relative fermeture des frontières nationales était plus favorable au resserrement des inégalités et à une amélioration du confort des travailleurs qu’une ouverture indiscriminée. Le bon sens populaire le pense aussi.



[1] https://www.bfmtv.com/international/europe/espagne/crise-migratoire-a-ceuta-au-moins-72-000-migrants-sont-entres-illegalement-dont-70-000-deja-repartis_AD-202608040390.html

 

mardi 8 septembre 2026

Premières leçons des élections régionales en Allemagne

Landtagswahl: AfD verpasst absolute Mehrheit knapp, BSW gelingt Einzug ins  Landesparlament 

C’est sans surprise que nous voyons l’AfD remporter les élections régionales en Saxe-Anhalt. Le résultat est supérieur à celui attendu par les sondages. Et c’est sans surprise que nous voyons les tenants du bloc central se lamenter sur leur déconfiture, arguant que l’AfD est un parti nazi, extrémiste et qu’il s’agit là du retour de la bête. La vérité est beaucoup plus prosaïque que cela. Les électeurs ont d’abord voté contre le pouvoir qui en Allemagne les entraine vers la guerre avec la Russie, ils ont voté également contre le surarmement de l’Allemagne. Et il est assez inédit de voir qu’un parti qui prône la paix avec la Russie et la désescalade militaire soit qualifié de nazi. Ça c’est le premier point. Ensuite ils ont voté contre l’immigration massive, celle que Merkel avait accueillie à bras ouvert et qui a causé tant de dégâts en Allemagne. Il ne faut pas oublier que l’AfD est également pour une sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN. C’est donc un parti avant tout souverainiste. Et les Allemands savent très bien que la déconfiture économique actuelle de leur pays est aussi le résultat d’une guerre qui les a entrainés à se passer du gaz russe bon marché et de l’accès au marché russe. Ils sont donc bien mieux renseignés que ce qu’on pense chez nous. On notera que la propagande massive et éhontée de l’Union européenne, les montages aberrants sur les drones russes qui seraient en train d’attaquer l’Allemagne n’ont pas fonctionné comme garde-fou. 

Mais à mon sens le pire qui arrive pour le bloc central, c’est que l’AfD va probablement s’allier pour pouvoir gouverner avec BSW, le petit parti de gauche qui est lui aussi souverainiste. Ces deux partis ne sont pas d’accord sur le plan économique, AfD est par nature moins partageux. Mais cette alliance peut fonctionner sur la nécessité de faire de la souveraineté économique et politique la priorité. C’est pourquoi Sahra Wagenknecht exclut une coalition avec l’AfD mais pas des coopérations ponctuelles. La France devrait s’inspirer de cette nécessité. Or si l’idée de souveraineté est plus avancée en Allemagne qu’en France, c’est parce que depuis la guerre en Ukraine, l’Allemagne est tombée de plus haut. Il y a encore quelques années elle ne s’imaginait pas entrer en récession aussi vite et devenir une fabrique industrielle de pauvres. Le positionnement de BSW me semble juste, parce que si on y réfléchit un petit peu, c’est dans le cadre d’un État souverain qu’il soit français ou allemand que les inégalités ont été le plus limitées. Il est d’ailleurs assez comique de voir l’AfD accusée d’être un parti nazi, alors qu’au contraire c’était tout de même les vrais nazis qui prônaient une politique expansionniste sous l’égide d’une Europe allemande ! Et Hitler abritait ses volontés hégémoniques derrière le slogan « l’Europe c’est la paix », slogan repris aujourd’hui d’une manière lancinante par ceux qui justement ne rêvent que d’une guerre avec la Russie. 

En Allemagne, l'inarrêtable essor de l'AfD dans les sondages et dans les  urnes

Ce ne sont que des élections régionales, et il va y en avoir d’autres dans le mois de septembre. Mais il ne faut pas s’y tromper la forte participation des électeurs au scrutin montre que les Allemands sont à la recherche d’une solution politique en dehors du bloc central. Et l’idée de faire barrage au fascisme est une idée qui a vraiment du plomb dans l’aile, incapable de remplacer une solution concrète à des problèmes concrets. Fabien Roussel qui vient d’annoncer sa candidature à la présidentielle, a fait un mauvais commentaire sur ces élections. Ils pensent que c’est seulement parce que les pauvres sont maltraités qu’ils se tourneraient vers l’AfD. Ce n’est pas tout à fait faux, mais il devrait remonter à la source de cette situation, c’est-à-dire remettre en question l’Union européenne, l’euro et l’OTAN qui nous ont menés à la guerre avec la Russie. Il fut un temps où le parti communiste était plus audacieux, quand il fustigeait l’Europe, l’OTAN et même l’immigration de masse sous la houlette de Georges Marchais ! En tous les cas Merz est maintenant, comme tous les européistes va-t-en-guerre, sur la sellette. 

Allemagne: le triomphe de l'AfD bouleverse la politique

La réaction du Monde, complètement enragé, est réjouissante, il nous dit en gros que Merz qui recherchait le consensus a été curieusement battu au profit de l’extrême droite. Mais vu la sévère défaite qu’il a encaissée, on peut douter qu’il ait cherché le consensus, car ce consensus il ne l’a trouvé que contre lui et contre le financement de la guerre en Ukraine[1]. Ce journal, complètement dépassé, essayait de minimiser la victoire de l’AfD en répétant comme un perroquet que ce parti n’avait pas la majorité. L’absence de majorité n’a jamais gêné Macron pour continuer à gouverner contre le peuple. Il faut tirer une autre leçon la victoire de l’AfD qui gouvernera avec l’appui tacite de BSW, c’est d’abord et avant tout l’échec de l’Union européenne et de sa bureaucratie. Peut-être que l’AfD ne sera pas à la hauteur des enjeux, peut-être aussi qu’en France le RN ne sera pas lui aussi efficace, on n’en sait rien, mais ce qui est sûr et certain c’est que l’Union européenne et l’extrême centre libéral ont échoué dans tous les sens du terme et sur tous les plans. Et c’est de là qu’il faut partir pour comprendre quelque chose.

Libération, ce vieux torchon antisémite, se fait peur, ce journal voit le fascisme un peu de partout, sauf à Kiev où cette crapule de Zelensky célèbre les nazis d’avant-guerre tous les deux jours, sauf chez les soutiens du Hamas, sauf évidemment dans les pays baltes. Toute la presse française est alignée sur cette doxa. Cela leur évite de s’interroger sur les échecs de Merz qui sont d’abord les échecs de la politique européiste menée d’une main de fer par la bureaucratie bruxelloise.



[1] https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/09/07/le-modele-politique-allemand-menace-par-l-extreme-droite_6767920_3232.html

dimanche 6 septembre 2026

Les lamentos du journal Le monde

Paris le 27 Aout 2026. Seconde journée de la REF 2026 du MEDEF // SÉQUENCE POLITIQUE DE CLÔTURE  Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau, Marine Tondelier répondent aux questions de 5 chefs d’entreprises, et réagissent aux résultats de  la consultation lancée par le MEDEF et Opinion Way ///

Pierre Martin, présentant ses affidés à la foule, remarquez qu’il est le seul à avoir tombé la cravate 

Le vingt-sept août dernier les candidats à la présidentielle ont été se faire adouber par le président du MEDEF, Pierre Martin. Ils étaient sept à aller se dresser sur leurs pattes de derrière, à faire les beaux pour démontrer au grand patronat qu’ils ne lui étaient pas hostiles, et que bien au contraire ils allaient tout faire pour ne pas les mettre sur la paille. De Mélenchon à Retailleau ils étaient tous alignés, bien sagement, cherchant à plaire comme à un concours de beauté. Pierre Martin est un patron très offensif qui dit clairement qu’il faut détruire les acquis sociaux et abaisser drastiquement les dépenses de santé, et retarder encore et toujours l’âge de départ à la retraite. Là on se pose des questions sur le fait que la canaille politicienne ait accepté de soi-disant débattre sous la houlette d’un tel personnage, le patron des patrons le plus réactionnaire depuis la Libération. Normalement il aurait dû recevoir un tombereau d’injures si les politiciens avaient ne serait-ce qu’un peu d’honneur. Aller se commettre dans ce genre de spectacle en dit long sur qui commande en matière de politique. La veille Pierre martin avait convoqué cette vieille bourrique d’Ursula von der Leyen qui nous avait expliqué comment l’épargne des Européens et donc des Français, pouvait très bien servir à continuer à financer le désordre européiste notamment en finançant la guerre perpétuelle contre la Russie. Le monde cependant n’est pas content, il aimerait que le réactionnaire Pierre Martin soit un peu plus discret, qu’au moins il fasse semblant de négocier quelque chose avec les syndicats. Ce journal a donc sorti un éditorial vengeur pour dire que ce n’était pas ça qu’il fallait faire, ce n’est pas le fond qu’il critiquait, mais uniquement la forme[1]. Il trouve que ce positionnement trop offensif nuit au bloc central – cette sorte de marais qui va de Hollande à Retailleau en passant par le duo comique Attal-Philippe. Pour faire passer les lois anti-sociales Le monde préfère la méthode d’Hollande, faire semblant de négocier, puis faire voter une loi ignoble. 

C'est 'Squid Game'" : entre Édouard Philippe et Gabriel Attal, le duel a  déjà commencé en vue de la présidentielle de 2027

Ce journal atlantiste se lamente aussi des divisions du bloc central. Il ne lui vient jamais l’idée qu’à l’heure actuelle le bloc central c’est autour de 15%. Or pour les journalistes qui suivent les clowneries de la campagne présidentielle, il n’est pas normal qu’Attal et Philippe n’arrivent pas à s’entendre. Ils avancent qu’ils ont le même programme, qu’ils sont européistes et russophobes tous les deux, et tous les deux pour serrer la vis aux salariés[2]. Ils sont outrés que les problèmes d’ego prennent le pas sur « la vraie politique ». Mais en vérité ils n’ont pas de programme, si ce n’est celui de suivre à la lettre les directives de la Commission européenne, et dans leurs responsabilités gouvernementales, ils ont surtout brillé tous les deux par leur incompétence. Si en effet c’est la Commission européenne qui dicte sa loi, à quoi bon avoir un programme, il ne reste plus qu’à se battre pour obtenir le poste de président. Le monde étale une fois de plus sa nullité justement en ne comprenant pas que la farce des élections présidentielles n’a aucune importance. Pourtant Edouard Philippe et Gabriel Attal ont assuré que d’ici au début de l’année prochaine ils arriveraient à s’unir. Nous n’en doutons pas. 

Édouard Philippe engage des mesures contre l'immigration à ...

Phillipe à Mayotte le 21 aout 2027 pour parler d’immigration 

Le monde n’est pas content non plus que les candidats du bloc central – ce que le commun appelle l’extrême centre – aient durci leur discours sur l’immigration[3]. Le journal rappelle deux choses d’abord, et c’est le plus important, Pierre Martin, le patron du MEDEF est pour l’immigration, comme Mélenchon d’ailleurs. La raison est simple ça permet d’avoir de main d’œuvre pas chère et dans certains secteurs on ne paie même pas les cotisations sociales, et potentiellement de financer les retraites, donc c’est bon pour le profit. Du moins c’est ce qu’il croit parce que sur le long terme il faudra tout de même financer les retraites des travailleurs immigrés. Ensuite le journal rappelle que le discours anti-immigration c’est le discours de Marine Le Pen qui est le candidat à battre. Donc tout ce qui va dans le sens d’une restriction de l’immigration est pour Le monde un marchepied pour le fascisme qui vient ! Mais Attal, comme Philippe, sait très bien que le sujet de l’immigration va revenir et que c’est là une des raisons du succès de Marine Le Pen. Ce n’est pas seulement en France que l’immigration massive exaspère, c’est dans toute l’Europe, dans les pays du Nord qui ont été les plus accueillants, on commence à prendre des mesures restrictives. Ce que voudrait le journal Le monde c’est qu’Attal et Philippe non seulement s’unissent au lieu de se cracher dessus, mais qu’en plus ils s’alignent sur le programme politique du journal ! Mais ceux candidats aussi bancals qu’ils soient ont l’œil sur les sondages et c’est sur les sondages qu’ils s’alignent, même si comme Hollande en son temps qui disait « mon ennemi c’est la finance » ils s’aligneront sur ce que leur dira de faire Bruxelles. 

Les médias tentent de s’enthousiasmer pour la candidature d’Attal et sa couscoussière 

La candidature de Philippe a de plus en plus du plomb dans l’aile. Il y a un an on le donnait vainqueur dans un second tour Philippe-Marine Le Pen, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Et bien que les sondages donnent Philippe encore comme le meilleur candidat de second tour, les médias de grand chemin commencent à se poser des questions sur qui ils doivent soutenir, d’autant que l’autre candidat atlantiste et russophobe, l’agent des Américains Raphaël Glucksmann n’arrive pas à percer. Bref l’extrême centre sans ressort, sans possibilité d’assumer le bilan désastreux du double quinquennat de Macron, est dans une grande difficulté au point qu’il est maintenant possible d’envisager l’impensable : un second tour en 2027 entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Sorti de nulle part, sans expérience en quoi que ce soit, Attal qui n’a non plus jamais travaillé est pourtant pris au sérieux par les journalistes, ce qui nous démontre quel est le niveau aujourd’hui de cette profession. En tous les cas, sur les réseaux sociaux, que ce soit Philippe ou Attal, ces deux incapables sont lourdement moqués, désignés comme les ultimes roues de secours du macronisme. Même Le monde a reconnu que c’était difficile aujourd’hui de porter le lourd bilan de Macron que pourtant ce journal a soutenu en 2017 et en 2022[4]. 

Les Islandais rejettent une reprise des négociations d'adhésion à l'UE

Kristrun Frostadottir et Ursula von der Leyen  

Mais il n’y a pas que la campagne pour les présidentielle qui attriste le triste journal Le monde. En Islande on a fait un référendum pour décider de continuer ou non de poursuivre les discussions en vue d’une adhésion à l’Union européenne. A la question « L'Islande doit-elle rouvrir les négociations d'adhésion avec l'Union européenne ? », 52,8% des Islandais ont répondu « non » et 47,2% « oui » lors d'une consultation qui s'est tenue samedi, après dépouillement de tous les bulletins, soit 273.000 électeurs. La Première ministre islandaise Kristrun Frostadottir avait bien fait les choses faisant intervenir la sinistre Ursula von der Leyen pour appuyer le oui, mais c’est peut-être la vue de cette face de carême qui a dissuadé les Islandais de poursuivre les discussions avec l’Union européenne. En tous les cas c’est certain que d’adhérer à l’Union européenne ne fait plus rêver personne. Il faut se souvenir qu’en 2005, les Français et les Néerlandais avaient voter non au TCE dans une plus grande proportion encore, mais que tout de même on avait utilisé un tour de passe-passe pour passer outre et faire adopter la logique du TCE par la voie parlementaire – le peuple n’étant pas fiable, on se demande encore pourquoi on l’autorise à voter. Le non l’a donc emporté et le gouvernement va sans doute démissionner, dans ce genre de pays on respecte encore le vote des électeurs, pas comme en Europe[5]. C’est un revers d’abord pour von der Leyen qui est presqu’autant haïe que Macron, mais aussi pour Le monde qui prône en permanence l’élargissement de l’Union européenne jusqu’aux confins du monde ! En effet quelle serait la logique d’une telle adhésion ? Von der Leyen a essayé de vendre aux Islandais l’idée que l’Union européenne les protégerait d’une éventuelle attaque – des Russes ? Mais à voir comment l’Union européenne défend l’Ukraine qu’elle veut agréger à son espace d’influence, ça fait plutôt peur ! Pour masquer son dépit Le monde expliquait que les urbains avaient voté massivement pour l’adhésion, et que les ruraux, les paysans quoi, avaient rejeter cette adhésion, sous-entendant une fois de plus que ceux qui sont contre l’Union européenne et ses fantaisies ruineuses sont un peu idiots, un peu attardés. Il faut rappeler que l’Union européenne est la zone de la plus faible croissance économique au monde, et qu’en plus la zone euro a une croissance économique encore plus faible que le reste de l’Union européenne ! Un bilan bien lourd à porter tout de même !
Le gouvernement de la Première ministre Kristrún Frostadóttir (coalition de centre-gauche) s’était engagé à respecter le résultat. Il ne relancera pas les négociations pendant son mandat (jusqu’en 2028) et pourrait même demander au Parlement un retrait formel de la candidature.

En campagne pour 2027, Édouard Philippe sert des frites avec Gérald Darmanin  à Tourcoing

N'ayant pas peur du ridicule, Darmanin et Fantômas ont fait des frites pour la rentrée du Ministère de la justice le 30 août 2026, on se perd en conjectures pour décrypter le message qu’ils veulent envoyer aux Français. Voulaient-t-ils montrer ainsi qu’ils avaient une expérience sérieuse de l’existence du monde du travail ? Voulaient-ils prouver aux Français qu’ils s’étaient réconciliés après s’être disputer sur la question migratoire ? Ou simplement voulaient-ils nous dire qu’ils avaient la frite ? C’est bien difficile à dire. En tous les cas tout le monde a vu qu’ils ne savaient pas tenir une friterie, les frites étaient cramées, trop molles, trop salées, et on se dit que s’ils n’arrivent pas à faire des frites, on ne voit pas comment ces deux imbéciles pourraient conduire correctement les affaires de la France !


[1] https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/28/presidentielle-2027-le-devoir-de-responsabilite-du-medef_6758980_3232.html?srsltid=AfmBOorbospGj4x9PjMJ6fPnKF_FVd89XfNb9lnEKNj96VouwMzv_uzJ 

[2] https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/29/presidentielle-2027-les-incomprehensibles-divisions-du-bloc-central_6759816_3232.html

[3] https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/23/presidentielle-la-surenchere-des-candidats-du-bloc-central-sur-l-immigration_6754133_3224.html?srsltid=AfmBOor96Pb0-rKsAZLp84qKkERX1lyfKBGYqZ5NdgD3S244amGIx1F3

[4] https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/08/25/presidentielle-2027-le-bilan-d-emmanuel-macron-un-lourd-heritage-a-porter-pour-gabriel-attal-et-edouard-philippe_6756575_823448.html?srsltid=AfmBOoplYE6IiFbd-sqlRVZfBORYXAWfqBn0ko9RQ585c-3clCpkxDHk

[5] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/30/les-islandais-rejettent-les-negociations-d-adhesion-a-l-union-europeenne_6760950_3210.html

jeudi 3 septembre 2026

Edouard Balladur décédé

Il est parti à 97 ans, un âge respectable, il est vrai que dans sa vie il ne s’était pas trop fatigué. Certains au Canard enchaîné le surnommaient Ballamou. Il avait fait Science Po puis l’ENA, cette fabrique de l’impuissance certifiée, c’est tout dire. Petit magouilleur qui s’était cru un destin à cause de sondages flatteurs, il trahi son ami de trente ans, Jacques Chirac, qui lui-même avait trahi son parti gaulliste pour faire élire en 1974 Valéry Giscard d’Estaing l’européiste forcené. Comme le montre ces affiches ci-dessus, il anticipait des slogans tout à fait mous et sans colonne vertébrale qui en cours aujourd’hui du côté de l’extrême centre. Il avait un caractère assez pourri, imbu de lui-même, il avait la réputation d’emmerder sa domesticité et de choisir ses chaussettes rouges en Angleterre ! Fort de ses bons sondages, il eut le tort de croire qu’il pouvait faire passer n’importe quelle mesure impopulaire. Il avait eu l’idée loufoque de vouloir mettre en place un SMIC-jeune qui jeta tout le monde dans la rue. Villepin qui ne retiendra pas la leçon tentera de faire de même quelques années plus tard. Mais les politiciens sont comme ça, ils n’apprennent rien de l’expérience. Pendant que Balladur essayait face à l’opinion de se défaire de cette image d’ennemi de la jeunesse, Chirac qui était tout de même un peu moins stupide disait que la feuille de paye n’était pas l’ennemie de l’emploi. C’est ce qui lui permit de remporter l’élection de 1995 et d’envoyer Balladur aux poubelles de l’histoire. Fort dépité par cet échec Balladur se retrouva dans une sinécure, président du tunnel du Mont Blanc. C’était très bien payé et ça améliorait sa retraite d’ancien premier ministre et celle d’ancien député. Son échec à l’élection présidentielle s’explique aussi bien par le fameux CIP – Contrat d’Insertion Professionnelle – qu’il dût retirer piteusement en mars 1994 que par la montée du chômage. Il fallait vraiment être idiot pour ne pas comprendre que de mettre en place une telle mesure, un an avant l’élection présidentielle l’handicaperait lourdement pour la suite de sa carrière. Mais on est toujours surpris par l’imbécilité des politiciens, c’est ainsi que Sarkozy dans la bataille des présidentielles de 1995 se rangea derrière Balladur, ce qui lui valut d’être plus ou moins banni par Chirac pendant 10 ans. 

Balladur, t'es foutu, les jeunes sont dans la rue" (1994) – franceinfo

Manifestation contre Balladur en février 1994 

Balladur était l’archétype du cuistre arrivé là par hasard et qui se croit plus malin que les autres. Il y avait un peu du Macron en lui, mais en plus mou. Après sa cuisante défaite en 1995 face à Jacques Chirac, il est entré dans l’histoire du comique politique grâce à la phrase qu’il prononça ce soir-là : « Je vous demande de vous arrêter ! » dit-il avec le ton agacé d’un petit pion à la foule des journalistes qui attendaient sa déclaration de capitulation. Il était de ces gaullistes en carton qui ont tout fait pour vider le gaullisme de ce qui le faisait exister. Il fut le conseiller très proche de Pompidou, ce qui n’était pas étonnant quand on sait comment Pompidou a travaillé en liaison avec le patronat à entamer la destruction à pas comptés du système social français. Sur le plan intellectuel, si je puis dire, c’était les vieilles idées du XIXème siècle, mais enfin, c’est la droite affairiste, cosmopolite française, celle de Pompidou, de Raymond Barre, de Sarkozy ou encore de Macron et de Biscornu. Évidemment c’était un européiste forcené. 

L’opportuniste Zemmour qui n’est guère plus intelligent que Balladur, avait été chercher le soutien en 2022 de l’ancien premier ministre, il se fit envoyer sur les roses proprement qui préférait soutenir Valérie Pécresse qui a fait encore beaucoup bien moins que Zemmour. On voit que Balladur n’était pas vraiment un visionnaire ! Les bons sondages de 1993 et 1994 ont finalement été démentis par la très mauvaise opinion des Français à son endroit. 

En politique les chaussettes rouges ne portent pas bonheur, Fillon aurait dû s’en souvenir 

Autant en emporte le vent, il a bien fallu qu’il décède pour qu’on se rappelle qu’il avait existé. Il était complètement oublié. Il est tout naturel qu’Emmanuel Macron lui rende hommage tant il se sent des affinités avec lui y compris dans la détestation que lui voue le peuple français. Balladur que Chirac appelait péjorativement le Turc parce qu’il avait un nom bizarre et qu’il était né en Turquie d’un père banquier d’origine arménienne, parlait avec componction, comme s’il suçait en permanence des pastilles à la violette. Très maniéré, il avait vécu principalement des charges publiques, ministre de ceci, député de cela, conseiller de Pompidou, n’ayant jamais vraiment travaillé de sa très longue vie. Quand il était ministre de l’économie, il siégeait au Louvre, les bâtiments de Bercy n’étant pas encore sorti de terre. Amateur de vins fins, il défraya la chronique pour ses dépenses somptuaires de grands crus très chers que nos concitoyens lui payaient. Sa vie de parasite s’est passée exclusivement au service du patronat et de lui-même, et de rien d’autre. Ceci dit, ne croyez pas que j’en veux plus à Balladur qu’à un autre politicien, c’est juste de la racaille ordinaire équipée d’une cravate en soie. 


Sinon on nous annonce que dans le même temps, Dédé la saumure est décédé lui aussi, c'était le proxo de DSK qui lui rabattait des jeunes prostituées. Lui aussi a joué un rôle important dans notre pays, il est naturel de lui rendre un hommage à la hauteur de son talent.

lundi 31 août 2026

De la dette publique et de son apurement, les vases communicants de l’économie

 

Augmentation de la dette publique en euros depuis l’élection de Macron en 2017 

Dans la campagne présidentielle qui s’ouvre et qui va nous saouler pendant 9 mois, il y a deux sujets qui vont tenir le devant de la scène. D’abord l’immigration, c’est un sujet qui concerne toute l’Europe, voir les manifestations anti-immigrés en Angleterre, en Pologne, en Espagne, ou encore en Allemagne. Les journalistes disent souvent que ce sujet est manipulé par l’extrême-droite. En vérité c’est parce que l’immigration pose un problème important – voir les attentats, les exigences de la communauté musulmanes, les provocations continuelles à propos du voile, des cantines scolaires, ou la construction des mosquées – que l’électorat se tourne aujourd’hui, plus qu’hier, vers les partis dits d’extrême droite, que ce soit en France ou Marine Le Pen malgré ses condamnations a des chances d’être élue, même si ce n’est pas certain, ou en Allemagne où l’AfD a le vent en poupe ou encore au Royaume Uni où Nigel Farage et son parti Reform UK font figure de favori pour les futures élections législatives, et même jusqu’à l’Espagne où la question de Ceuta pose une question très simple sur la porosité des frontières. Mais laissons ce sujet pour le moment, il reviendra bientôt. Le second sujet important touche la question de la dette publique qui a littéralement explosé depuis la malencontreuse arrivée de Macron à la tête de l’État. Ce président qui aura échoué dans exactement tous les domaines, a fait reculer la France de trente ans au moins dans tous les domaines, l’économie, la santé, l’éducation et la place de la France dans le monde. Il sera difficile pour le prochain élu de faire pire. La question de la dette soulève deux problèmes : le premier est son niveau absolu, et le second aest ce qu’on appelle la charge de la dette, amortissement de l’emprunt et intérêts. Si la dérive continue le service de la dette dépassera 100 milliards d’euros en 2008. Ces cent milliards seraient évidemment bien mieux dépensés s’ils étaient affectés à la santé, à l’éducation ou à d’autres infrastructures utiles pour la collectivité, voire pour nationaliser l’EDF, les autoroutes ou les chemins de fer. 

Évolution de la dette publique en pourcentage du PIB depuis 1890. 

Le graphique ci-dessus montre que dans l’histoire, la France a connu des situations d’endettement bien pire. En 1945 la dette était d’environ 215% du PIB. Aujourd’hui elle n’est que de 118%. C’est certainement important, mais on a connu pire. Remarquez que si à la sortie de la guerre nous avions une dette de plus de 210%, celle-ci a été apurée en quelques années, entre 1945 et 1950 elle était passée à moins de 40% ! Faisons deux remarques. D’abord cette dette a été apurée alors qu’on avait mis en place une augmentation des dépenses sociales, c’était la mise en place de la Sécurité sociale, contre laquelle le patronat s’élevait bruyamment. Et donc la hausse spectaculaire des dépenses sociales n’a pas nui au remboursement de la dette. Je rappelle ici que le sinistre Mendes-France avait refusé de cautionner la mise en place de la Sécurité sociale au motif que cela ruinerait l’économie ! Ensuite on remarque que depuis une vingtaine d’années on met en place des plans pour faire baisser la dette, notamment en diminuant les remboursements de la Sécurité sociale et les allocations chômage, le moins qu’on puisse dire est que cette politique austéritaire n’a pas été efficace. 

Peut-on réduire la dette française actuelle sur le modèle de l'après  Seconde Guerre mondiale ? (3/3) - Les Yeux du Monde

Il y a trois façons de faire baisser le taux d’endettement :

1. une forte croissance économique, ce qui permet de ne pas toucher ni aux dépenses étatiques et aux dépenses de la Sécurité sociale, ni aux taux de fiscalité. Une croissance de 4 ou 5% par an est un moyen de régler une partie de la dette, c’est ce qui était durant les Trente glorieuses ;

2. une inflation supérieure aux taux d’intérêts, cette inflation permet de diminuer la dette radicalement. Si la différence entre le taux d’inflation et les taux d’intérêt qu’il faut payer pour rembourser la dette, alors la dette diminue à proportion de cette différence. Dans ce cas là il faut que soient réunies deux conditions, que l’inflation soit supérieure à 10 % et que le taux d’intérêt lié au remboursement de la dette soit fixé par l’État et non par les marchés, d’où l’intérêt d’avoir une banque centrale qui soit sous la tutelle de l’État. Évidemment cela aboutit forcément à entamer le patrimoine de ceux qui ont acheté les Bons du Trésor. 

Ces deux premières conditions étaient réunies à la sortie de la Seconde Guerre mondiale en France, mais aussi au Royaume Uni, en Italie et en Allemagne. Entre 1945 et 1948 la dette publique française a ainsi diminué d’environ 50%. Vous remarquez en regardant le graphique ci-dessus qu’à partir de 1983, la France pour se conformer aux directives allemandes et entrer dans l’Union européenne à son détriment, va se fixer comme objectif sous la directive de cette crapule de Jacques Delors de désindexer les salaires de l’inflation. Cette méthode radicale qu’avait testé Margaret Thatcher et Ronald Reagan avant l’Europe, a mécaniquement abaissé le pouvoir d’achat des salariés, augmenté celui des rentiers, et n’a pas relancé la croissance comme nous le voyons toujours dans le graphique portant sur la croissance. Au contraire cette déflation salariale a encore un peu plus ralenti la croissance. Faire adhérer aux thèses néolibérales le Parti socialiste français qui avait été élu en 1981 sur la base justement d’un programme de rupture – avec nationalisations, abaissement de l’âge de départ à la retraite – ce fut le travail du sinistre Jacques Delors, l’homme du Vatican qui se flattait d’avoir détruit l’échelle mobile des salaires avec si peu de résistance, et dont le but n’était pas d’aller vers plus d’égalité, mais plutôt de construire obsessionnellement l’Union européenne. Les plus avancés avaient compris avant 1981 que la construction de l’Europe était un piège pour faire avancer la cause du patronat. Vous remarquerez que l’endettement croissant de la France n’a rien à voir avec un clivage gauche-droite, mais s‘explique par l’alignement de la politique française sur les directives européennes. 

 

Revenons un instant sur l’inflation. D’abord il faut dire qu’il y a deux sortes d’inflation : l’une qui est provoquée depuis l’extérieur avec une hausse des prix des matières premières et de l’énergie, et l’autre qui est le résultat d’une hausse des salaires, soit parce que les salariés revendiquent, soit parce qu’on se trouve proche du plein emploi. La première ne sert pas à grand-chose sur le plan du désendettement, la seconde correspond à un transfert de la classe des rentiers vers celle des salariés. Celle-ci pousse la demande et la demande tire la production, la croissance et l’emploi. La limite de ce raisonnement logique tient au fait que cela fonctionne bien à deux conditions, d’avoir conserver sa souveraineté monétaire et ensuite de contrôler ce qui rentre et ce qui sort du territoire national. Dans le cadre d’un pays désindustrialisé comme le nôtre – pays que cet imbécile de Macron veut transformer en parc d’attraction pour touristes étrangers – qui est maintenant et contre toute logique déficitaire dans le secteur agricole, cela devient très difficile. 

Venons-en aux dépenses. Si on tape sur les dépenses c’est qu’on a abandonné l’idée que la politique de l’offre chère à cet imbécile de Macron puisse relancer la croissance car si celle-ci était forte cet endettement aurait financé facilement. Le patronat comme les politiciens de droite pensent que l’endettement vient d’un excès de dépenses par rapport aux recettes et donc qu’il suffit de baisser les dépenses. Mais quelles dépenses peuvent-elles baisser ? Pierre Martin, l’ultra-conservateur patron du MEDEF, pense qu’il faut baisser les retraites en diminuant leur montant et en poussant les salariés à travailler jusqu’à 67 ou 70 ans. Ce sont les dépenses sociales qui sont dans le viseur de la Commission européenne, comme si les salariés qui voient tous les ans leur pouvoir d’achat baisser étaient responsables par leurs « hauts salaires » et leurs avantages sociaux de l’endettement. Idée stupide qui est reprise par la crapule macronienne, Edouard Philippe et Gabriel Attal, qui permet surtout de faire payer la dette par les salariés et d’oublier les grandes entreprises et les grandes fortunes qui concentrent l’essentiel de ce qui reste de la croissance de la productivité du travail. Ce sont ces économies qui sont aujourd’hui misent en avant. Mais il y en a bien d’autres qu’il serait intéressant d’examiner. D’abord notre contribution au budget de la Commission européenne. Souvent on entend des européistes grand teint nous dire que la France reçoit beaucoup d’argent de l’Union européenne. Mais en fait non seulement c’est son argent qui revient, sauf qu’il est dépossédé de sa destination par la Commission européenne. Faisons un petit calcul grossier, la France donne plus d’argent qu’elle n’en reçoit. La France reçoit environ la moitié de l’argent qu’elle donne. Depuis quarante ans on peut évaluer une moyenne de 12 milliards d’euros nets par an donné à la Commission – aujourd’hui on en est à près de 20 milliards – cela nous fait en 40 ans, une somme de 480 milliards, somme à laquelle nous pouvons ajouter les intérêts de cet endettement, soit au minimum 12 milliards d’euros. Nous sommes déjà à près de 500 milliards d’endettement qui aurait pu être évités si nous n’avions pas adhérer à ce système. 

Contribution de la France à l'UE : +73,7% entre 2017-2027 | Fondation IFRAP

Au coût du budget de l’Union européenne, géré par la Commission, il faut ajouter maintenant le coût de la monnaie unique pour l’économie française. Comme le montre le graphique ci-dessous, le commerce extérieur français s’est effondré avec l’introduction de l’euro. Sur les 25 dernières années, c’est en moyenne 80 milliards par an, de pertes pour l’économie française qui ont dû être compensées par un endettement croissant. Soit pour la période considéré un endettement de 2 000 milliards d’euros ! Il vient que le coût de notre adhésion à l’Union européenne et à la monnaie unique est équivalent à près de 2 500 milliards d’euros ! On est évidemment bien loin des promesses des européistes qui nous disaient que l’achèvement du grand marché et de la monnaie unique propulserait l’Union européenne vers une croissance régulière de 4% par an en réel, et vers un budget en équilibre, voire excédentaire. Si on suit ce raisonnement juste, mais un peu approximatif, j’en conviens, si nous n’avions pas adhéré ni là l’Union européenne, ni à la monnaie unique, notre dette publique serait comprise entre 16 et 17% du PIB. Un taux d’endettement russe, si vous voulez ! 

Comme le titre de cet article l’indique, l’économie c’est un système de vases communicants, un circuit comme disaient dans le temps les économistes qui essayaient de penser. Autrement dit ce que l’État donne à l’un, il ne peut pas le donner à l’autre. L’observatoire de l’immigration et de la démographie a calculé que pour les finances publiques l’immigration avait un coût net – c’est-à-dire une fois déduit les cotisations sociales et les impôts versés par les travailleurs immigrés – d’environ 41 milliards d’euros par an[1]. Mais ce type d’économie n’intéresse pas le MEDEF qui veut de la main d’œuvre pas chère, cela n’intéresse pas non plus Mélenchon qui compte sur le vote des descendants d’immigrés pour arriver au second tour de l’élection présidentielle. D’autres calculs ont été faits. Un rapport du Sénat en 2025 très sérieux et qui a fait beaucoup de bruit, publié sous la houlette du sénateur Fabien Gay[2] a fait le calcul suivant, en 2023 les subventions aux entreprises avaient atteint 211 milliards d’euros, en 2019 elles avaient été de 205 milliards d’euros. On voit que si on supprimait ces subventions, en 10 ans, la dette diminuerait de 2 000 milliards d’euros ! Ce chiffre énorme appelle plusieurs remarques :

– d’abord si l’État et les collectivités locales sont obligées de donner des sommes si importantes pour soutenir les entreprises, nous ne sommes plus dans un État libéral et les rigolos qui voudraient un État qui ne s’occupent que du régalien ne comprennent rien à ce qui est la cause de ces subventions.

– ensuite ces subventions montrent nécessairement – nonobstant les magouilles qui peuvent exister en arrière-plan pour obtenir ces subventions – que la France n’est pas compétitive suivant les traités européens, et généralement les traités de libre-échange, et qu’elle ne peut ajuster sa compétitivité parce qu’elle se trouve dans la monnaie unique qui lui a été imposée par l’Allemagne. On ne peut supprimer ces mêmes subventions aux entreprises qu’à condition de sortir de ces traités et de la monnaie unique pour ajuster la valeur de notre monnaie à notre productivité effective.

– enfin il faut noter que ces subventions c’est un transfert massif d’argent public vers le secteur privé sans contrepartie. Ce qui n’empêche pas les crapules du MEDEF de se plaindre que les impôts et les cotisations sociales sont trop élevées, en omettant de dire qu’une partie importante leur revient sous forme de subventions. 

Contrairement à ce qu’on croit, la plupart des européistes, von der Leyen en tête sont pour aggraver l’endettement. L’idée est d’émettre une dette commune qui permettrait de financer la guerre éternelle de l’Ukraine contre la Russie.

Mélenchon a proposé de « brûler la dette » soit 18% de la dette publique qui serait détenue par la Banque de France, concrètement il souhaite geler la dette française détenue par la Banque de France au nom de la BCE en la transformant en dette perpétuelle à taux nul. Il laisserait courir la dette détenue par les investisseurs privés, soit approximativement 3000 milliards d’euros ou 82% du total. Il avance que cela permettrait de retrouver des marges de manœuvre pour les budgets européens. Il resterait dans le cadre de l’Union européenne. or nous avons vu justement que le problème principal de l’endettement était l’intégration de la France à l’Union européenne et à la monnaie unique – la double peine ! Pour réaliser cette action fantaisiste qui tuerait la crédibilité de la France sur les marchés financiers où seraient détenu le principal de la dette, il faudrait sortir des traités européens et renationaliser la Banque de France pour qu’elle cesse d’être indépendante du pouvoir politique. En outre les traités européens stipulent que le financement monétaire, « qui empêchent les banques centrales de soutenir immédiatement les finances publiques des États membres » est interdit. Cette approche compliquée ne réglerait en rien le problème. On ne peut pas avoir un pied dedans et un pied dehors de l’Union européenne et de sa logique économique mortifère. Une telle mesure proposée par Mélenchon ne pourrait être appliquée que si elle était prise au niveau des 27 États européens, ce qui est impossible connaissant la position des pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou encore le Danemark. 

Si on considère qu’il faut réduire la dette publique pour retrouver une marge budgétaire, alors que les services publics qui sont un des piliers de la croissance économique contrairement à ce qu’affirment bêtement les néo-libéraux, contribuent à l’accumulation du capital humain, la manière dont on réduit cette dette est un choix purement politique : qui en supportera la charge et quelles seront les conséquences ? Ces investissements d’infrastructures pour parler comme la Banque Mondiale, sont ceux qui sont censés préparer l’avenir, la France et plus généralement l’Occident ne produisent plus d’ingénieurs et de scientifiques, contrairement aux pays asiatiques, à l’Inde et à la Russie. C’est là un autre résultat néfaste des politiques néo-libérales. Et donc on comprend que la compression des dépenses sociales, le recul de l’âge de départ à la retraite sont des fausses solutions, destinées à ce que la classe des possédants ne prenne aucune responsabilité dans la dégradation des comptes publics. Ces solutions n’amèneront qu’un recul civilisationnel dont on a du mal à comprendre comment on en sortirait. Ce recul a déjà commencé dans les pays européens, et les trajectoires suivies montrent que nous ne sommes pas près d’en sortir.



[1] https://observatoire-immigration.fr/cout-immigration-economies/

[2] https://www.senat.fr/rap/r24-808-1/r24-808-1.html

Les résultats des tests PISA

Les résultats des tests PISA ont été commentés abondamment un peu partout. On s’est sans doute un peu trop focalisé sur les résultats de l...