
Le 17 octobre 2026, les
soignants étaient au rendez-vous
Les manifestations du 17 octobre ont été manifestement un succès, la mobilisation a été forte dans toute la France. On parle de 800 000 personnes, ce qui veut dire que les manifestations expriment un ras-le-bol qui dépasse et de très loin la question des lycéens. Les Gilets Jaunes ont manifestement repris du service, avec des blocages de ronds-points ici et là, défilant avec la jeunesse et arborant leur fameux chasuble jaune fluorescent. Le crépuscule de l’ère Macron s’achève dans la honte et dans la violence. Les soignants qui ont été si maltraités par les gouvernements de l’ère Macron, aussi s’étaient mobilisés. C’étaient des dizaines de manifestations assez peu coordonnées entre elles, assez spontanées. On n’a guère vu les syndicats par exemple, ni les partis de gauche. En quelque sorte cette grande manifestation va obliger tout le monde à se positionner sur les maux qui travaillent la France. Il y a une addition incroyable des mécontentements après dix ans de macronisme. Mais aussi bien entendu des peurs diffuses que les gouvernements nous instillent depuis une dizaine d’années. Quand ce n’est pas des menaces directes sur les retraites, ce sont les hausses des prix, des carburants comme du reste, ou alors la peur de la guerre et du remboursement de la dette qui a explosé. A cela s’est ajoutée la faillite évidente du système scolaire dans son entier, l’écrasement de l’hôpital. A chaque fois le gouvernement nommé par Macron a démontré son incompétence dans tous les domaines, aucune catégorie de la population n’a été épargnée, que ce soit les pompiers où les agriculteurs. De quelque côté qu’on regarde, le double quinquennat de Macron est une catastrophe pour le pays. Tout est négatif, mais ce gouvernement continu et prévoit d’aggraver les choses. Et cette sensation de se trouver dans un piège mortel alimente une colère difficile à contenir. Si la jeunesse est plus remuante que les aînés, c’est parce qu’il n’y a aucune perspective à l’horizon pour elle. On ne lui promet que du sang et des larmes et on l’accuse pratiquement d’être responsable de la négation de son avenir. Mais évidemment, toute analphabète que soit cette jeunesse, elle se rend bien compte qu’elle subit une situation qu’elle ne peut pas avoir choisi.

Les Gilets Jaunes étaient
aussi mobilisés
Ce mouvement qui se dessine est bien plus violent et bien
plus déterminé de celui des Gilets Jaunes il y a huit ans. Il est à
l’offensive, on l’a vue le 17 octobre avec un cortège tentant de marcher sur
l’Élysée. Mais là les miliciens avaient des ordres et sont intervenus très
rapidement. Dans le quartier Havre/Caumartin, des manifestants ont dressé des
barricades. La référence à Mai 68 est d’ailleurs souvent revendiquée depuis
quelque temps. Cette référence est trompeuse, car les raisons de la colère sont
différentes, ne serait-ce que parce qu’en Mai 68 on pouvait dire avec Raoul
Vaneigem Nous ne voulons pas d'un monde où la garantie de ne pas mourir de
faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui. Aujourd’hui nous avons l’impression
que nous nous dirigeons vers un monde où tout va manquer, y compris un air et une
eau propres à la consommation. On pouvait critiquer l’abondance à travers le
piège de la consommation et du fétiche de la marchandise, ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Même le travail est devenu une denrée rare et nous avons six millions et
demi d’inscrits à France travail. L’Occident s’installe dans la pénurie et
cette pénurie engendre le déclassement des citoyens, tandis évidemment que les
plus riches continuent à piller les ressources du pays. Voyez combien cette
idée de la taxe Zucman sur le patrimoine des très riches est populaire, tandis
que des imbéciles comme Sarah Knafo, David Lisnard et quelques autres prêchent
dans le désert pour réclamer moins d’impôts et la destruction finale du modèle
social issu du CNR. On peut raconter ce qu'on veut, mais les Français, même s'ils déplorent les débordements et les violences approuvent très largement la mobilisation du 17 octobre
Ce qu’il y a de nouveau c’est que les violences ont éclaté nombreuses dans toutes les grandes villes françaises, Paris, bien sûr, mais aussi Marseille, Lyon, Bordeaux, Brest, etc. Cette violence ne peut être attribuée aux seuls et inévitables casseurs, ce lumpen prolétariat allié objectif de la milice pour justifier la répression. Ces jeunes sont très nombreux et ne craignent pas de défier la police. Ces débordements cependant mettent en doute l’idée que les Français seraient moutonniers et passifs face à l’effondrement du pays et l’incompétence du gouvernement.

Marseille le 17 octobre
Mais ça va encore plus loin, ce gouvernement est à l’évidence
incapable de gérer les colères de la rue. La tactique mise au point depuis la
place Beauvau est simple, on joue le pourrissement, on nasse et menace les
manifestants pacifiques et on laisse faire les débordements, on attend pour
intervenir qu’il y ait le feu. Le but de cette tactique stupide est double,
d’une part dévaloriser le mouvement en montrant avec la complicité des journalistes,
idiots utiles de la bourgeoisie, que ce sont que des casseurs qui manifestent,
et d’autre part justifier une répression violente pour dissuader que les
manifestants reviennent et que le mouvement s’amplifie. A Marseille nous avons
vu deux choses, d’abord des charges inconsidérées contre les manifestants
pacifiques, jusqu’à ce que ceux-ci ne se mettent à riposter. Ensuite il y a eu
des pillages de magasins dans le Centre Bourse, la rue Paradis et la rue
Saint-Ferréol. La police a laissé faire, attendant que les casseurs aient
rempli leurs sacs pour intervenir après que les dégâts aient eu lieu et que les
pillards soient partis. Même chose devant la mairie de Marseille sur le Vieux
Port dont les portes ont été enfoncées avant que les forces du désordre ne
réagissent. Les pillards des magasins étaient venus des Quartiers Nord, sachant
que cela aller péter. C’était prévisible, cela s’était déjà passé ainsi quand
les syndicats manifestaient pour l’abrogation de la loi sur les retraites. À
moins d’imaginer que la hiérarchie policière est totalement stupide, on
comprend bien que cela a été orchestré par le ministère de l’intérieur. Nuñez
est si on peut dire un spécialiste, il officiait déjà contre les Gilets jaunes
un peu de la même manière. Le ridicule préfet des Bouches du Rhône, Jacques
Witkowski, parlait de sept à huit milles pillards ! Ce chiffre est
extravagant, il ne sert juste qu’à expliquer les débordements et la passivité
relative de la milice. Pour que ce chiffre soit crédible, il aurait fallu que
globalement la manifestation du 17 octobre ait réuni à Marseille 200 000
personnes, on en était bien loin.

Marseille le 17 octobre
Quoi qu’il en soit, que la situation ait pu dégénérer aussi rapidement un peu de partout dans le pays est au minimum une nouvelle preuve du délitement complet des institutions. Macron qui s’était manifestement caché pendant le pic des manifestations a donné son petit commentaire idiot : « nous ferons tous bloc face aux semeurs de chaos ». Les mêmes qui « ne cherchent qu'à abattre nos institutions et empêchent ceux qui expriment pacifiquement leurs revendications de le faire ». Dans la même journée il annonçait qu’on allait encore devoir donner quelques milliards – un peu plus de 10 sans doute – pour soutenir l’effort de guerre de l’Ukraine contre la Russie, Zelensky réclamant pour son propre gang encore 70 milliards d’euros supplémentaires. Ces propos macroniens sont des paroles creuses d’ailleurs, car vu le nombre de pilleurs et d’éléments violents, on ne peut que s’inquiéter d’une fracture plus profonde, ce ne sont pas seulement quelques casseurs infiltrés, mais des jeunes gens en colère, prêts à mettre le feu. On voit bien que malgré les violences, son gouvernement ne maitrise plus la situation. Par exemple, rien de sérieux n’a été fait pour faire retomber la colère des Français, la farce des 3 000 postes d’enseignants sortis du chapeau a fait long feu. Qu’en un mois le gouvernement n’ait pas pu accoucher d’autre chose que de cette fantaisie en dit long sur les limites de son savoir-faire et l’incompréhension de la profondeur du mouvement.

Paris le 17 octobre
A-t-on atteint un point de non-retour ? C’est très possible. Plus rien ne tient debout dans ce pays. On voit que dans la préparation du budget pour 2027 le gouvernement de Biscornu prépare encore et toujours de nouveau tour de vis contre les Français pauvres et de la classe moyenne, les très riches étant comme toujours épargnés, ce qui ne va pas apaiser les choses. Certains demandent la démission de Macron, certes si ce garçon avait un petit peu d’honneur il démissionnerait sans qu’on ne le lui demande. Mais il restera jusqu’au bout, comme ces vieux joueurs de casino décavés qui n’arrivent pas à rentrer chez eux, espérant un miracle qui ne surviendra pas, tentant d’emprunter autour d’eux pour essayer de se refaire. On peut toujours discuter de l’imbécilité de certains manifestants qui n’ont rien trouvé de mieux que de brandir des drapeaux palestiniens, il y en a, en Mai 68 c’était pareil, de même il est évident que certains groupes gauchistes poussent à la guerre civile, mais ce n’est pas là le principal car l’exaspération des Français va les pousser de plus en plus à des manifestations violentes pour faire bouger les choses, sur le mode « nous n’avons rien à perdre », rêvant d’un retour de Mai 68 comme du seul objectif à atteindre, sauf qu’en Mai 68 la grandeur du mouvement tenait surtout au fait qu’il s’agissait de la plus longue grève de la classe ouvrière.

Paris le 17 octobre
Nous sommes dans une impasse, et il n’est pas certain que le
gouvernement s’en rende bien compte, il parie manifestement sur une montée
en puissance de la répression policière et judiciaire. Darmanin, le ministre de
la justice incapable de faire quoi que ce soit avec les OQTF a promis une
réponse très ferme aux violences urbaines. Mais ayant manifestement semé le
chaos il aura du mal à se présenter comme le parti de l’ordre. Ce qui est en
train de mourir sous nos yeux, c’est la démocratie parlementaire, cette parodie
de démocratie qui n’arrive plus à masquer ses insuffisances. Cela fait des
années, au moins depuis les Gilets jaunes que le peuple réclame qu’on l’entende
mieux, qu’on lui donne la parole, mais on a fait exactement tout l’inverse. La
liberté d’expression est de plus en plus restreinte et les décisions politiques
qui sont prises vont manifestement à l’encontre des souhaits des Français. Le
plus probable est cette situation délétère risque de déboucher pour de bon sur
une forme de fascisme bien réelle. Je vois dans ce qui se passe aujourd’hui que
tout se met en place pour que Marine Le Pen se radicalise ! Et je ne crois
pas qu’elle soit à la hauteur pour faire autre chose. Ce mouvement de colère,
c’est Mélenchon qui en paiera probablement la note aux prochaines élections, et
également nous allons assister à une surenchère des candidats à la
présidentielle pour une répression encore plus dure, venant de la droite et
pénétrant tous les partis de gauche qui se sentiront obligés de condamner les
violences des « casseurs ». Dans cette bataille pour le
rétablissement de l’ordre, c’est toujours la gauche qui est marron, mais cette
fois elle entrainera aussi avec elle l’extrême centre qui a été et qui est
toujours aux affaires par le miracle des mécanismes de cette fausse démocratie,
histoire de démontrer son impuissance. Dans toute l’Europe le pouvoir est
confisqué par une caste dont le seul talent est celui de savoir se servir de
ces mêmes mécanismes, on peut gouverner – fort mal d’ailleurs – en ayant une
popularité inférieure à 20% de la population, en France comme en Allemagne ou
au Royaume Uni.

À Lyon l’Office du tourisme a
été incendié
La crise est très profonde, on le sait depuis au moins 2018, et on ne voit pas le bout du tunnel. Je ne vois pas quelle force politique pourrait vraiment prendre les choses en main et rétablir un semblant de retour à l’équilibre. Changer de président ou de gouvernement, la preuve est faite que cela ne sert pas à grand-chose. Penser que de ce chaos peut sortir une révolution de type socialiste est plutôt utopique, il faudrait déjà qu’il y ait une espérance réelle, une énergie nouvelle. On peut toujours le souhaiter, et il est vrai que parfois l’histoire réserve des surprises. Mais quoi qu’il en soit, il faut voir ces manifestations comme une réaction saine à la dérive des institutions. En vérité ce n’est pas l’aboutissement de la seule impéritie de Macron et de son gang, c’est celui de la mise en place dans le début des années quatre-vingt d’un système mondialiste et néo-libéral dont la logique est la cupidité et le pillage des richesses. Plus concrètement c’est le couronnement du renoncement de la gauche européenne – PS français en tête – à s’opposer à l’Européisme, cette maladie mentale qui met en œuvre en permanence des réformes anti-sociales en travaillant pour le compte des multinationales et d’une bureaucratie prédatrice. Ce que j’espère c’est que le débat de l’élection présidentielle permettra de mettre à jour les mécanismes de cette déconfiture qui traverse tout l’Occident, et qu’on prendra conscience de ce qu’est le pouvoir politique réel, car ce ne sont pas les élections de 2027 qui changeront les choses.

Incendie de l’Hôtel de ville
de Limoges, le 17 octobre 2026
La presse s’est déchaînée, certes le plus souvent elle a
souligné l’incompétence de l’exécutif, Le monde parlait d’un exécutif à
bout de souffle, mais le message subliminal qui a commencé à se répandre sur
les réseaux sociaux était qu’il fallait envoyer la troupe et tirer dans le tas
des émeutiers pour ramener un peu d’ordre. Cette manière sournoise de traiter l’information
dans la presse est la preuve éclatante que le pouvoir aujourd’hui en France alimente
le feu en espérant être quitte de ses responsabilités. Il n’est pas certain que
cela fonctionne, car beaucoup s’ils condamnent les pillages de la racaille,
comprennent que la violence est la seule issue au blocage volontaire de la
société par le gouvernement en place.


















