lundi 22 juin 2026

Frédéric Martel, Occidents, enquête sur nos ennemis, Plon 2026

 

Le titre de cet ouvrage rappelle les beaux temps de la Guerre froide quand il s’agissait de désigner le communisme et donc derrière la Russie qui dominait l’URSS, comme l’ennemi à abattre. Frédéric Martel est de ces gens qui ont traficoté dans les ambassades, ou dans les planques ici et là qui sont financé par le gouvernement français au motif de faire la promotion de la France à l’étranger. Il est, depuis 2020, professeur en économies créatives, ça c’est quelque chose que j’ai bien du mal à imaginer ! Il a eu beaucoup de succès avec Sodoma, publié en 2019 chez Laffont, un ouvrage sur l’homosexualité au Vatican ! Militant pour la communauté homosexuelle à laquelle il appartient, cela n’est pas étonnant. L’homosexualité est son obsession, même Rimbaud sous sa plume devient essentiellement un homosexuel contrarié[1] ! En 2006, il avait publié De la culture en Amérique chez Gallimard. Un gros ouvrage à la gloire des Etats-Unis et de la forme marchande qui a été le plus développée dans ce pays. Il admirait ce modèle. C’était cependant un ouvrage intéressant, mais il péchait par le fait de ne pas faire le lien avec le soft power de ce pays. C’est un individu bien-pensant, oscillant entre Michel Rocard et Macron sur le plan politique, adoptant la posture de l’homosexuel militant, ce conformisme lui a ouvert bien des portes. D’ailleurs pour faire la promotion de son livre, il est invité dans toutes les rédactions, de France culture à Cnews, en passant par BFMTV, RMC et par France Inter et bien sûr toute la presse de la droite cosmopolite, L’express, Le point, Le Figaro etc. ! Dans le temps c’étaient les fascistes, les vrais, qui défendaient l’Occident et ses valeurs. Aujourd’hui c’est le confusionniste Martel qui s’y colle. Voici sa « méthode » : « En écoutant ceux qui ne pensent pas comme nous, je crois que nous pouvons aussi découvrir qui nous sommes, écrit-il dans l'introduction, notre identité apparaît et nous saisissons mieux ce que “valent” nos valeurs. Au fond, j'aimerais ici inverser la perspective : expliquer “l'Occident” par la haine qu'il suscite. » Autrement dit, l’Occident serait la victime inconsidérée d’une haine injustifiée ! C’est sans surprise que Le monde a consacré un dossier de plusieurs pages au livre de Martel, encore que ce dossier mette en avant les lacunes nombreuses du gros livre, plus de 600 pages, de Martel. 

L’ICE aux Etats-Unis dans un État de droit sème le chaos 

Résumons, en gros les ennemis de l’Occident sont ceux qui ne pensent pas comme lui, qui sont hostiles à la mondialisation heureuse, qui sont nationalistes et qui se réfère à la tradition au lieu de se réclamer du progrès sous toutes ses formes. Il y a deux sortes d’ennemis de l’Occident selon Martel, ceux de l’extérieur, Poutine qu’il voudrait mettre en prison, la Chine, Cuba, et ceux de l’intérieur ! Trump, Orban, Sarkozy, etc. autrement dit il renverse le discours habituel des Etats-Unis du temps de la Guerre froide pour lesquels il y avait les ennemis de l’extérieur qu’on présentait comme en expansion, presqu’à nos frontières, et les ennemis de l’intérieur, globalement rangés sous le nom de « rouges » ou de « communistes » ! Il voudrait donc un Occident qui sur le plan de la morale soit compatible avec ses idées personnelles. Il passe donc complètement à côté de son sujet parce qu’il ne se pose pas la question de savoir pourquoi l’Occident – en fait les Etats-Unis principalement – est autant détesté. Les pays qui détestent l’Occident global ne deviennent sous sa plume qu’un ensemble de jaloux qui sont à la traine aussi bien sur le plan économique que sur le plan de la morale. Mais en réalité si les pays non-occidentaux détestent l’Occident global, c’est pour deux raisons essentielles : d’abord parce que l’Occident n’a existé et n’existe encore que par les guerres qu’il a entreprises sur toute la surface de la planète, et ensuite parce que ces guerres lui ont permis d’exploiter ces mêmes pays, la Chine n’a pas oublié les guerres de l’opium. C’est le sens de la Guerre en Ukraine provoquée par les Etats-Unis consciemment afin d’affaiblir et de démanteler la fédération de Russie, ou encore de la guerre que les Etats-Unis et Israël ont déclaré à l’Iran. Comment voulez-vous que ces gens qui ont subi les agressions et les mensonges des Etats-Unis pendant des siècles aiment l’Occident ? Comment voulez-vous que les Cubains qui subissent un blocus illégal et honteux depuis plus de soixante années aiment les États-Unis ? Mais Martel pense que ces ennemis de l’extérieur nous attaquent parce qu’ils sont ennemis de notre civilisation, la preuve ? Ils sont hostiles aux homosexuels et aux organisations qui les soutiennent ! En vérité ce qui inquiète le malheureux Martel qui s’accroche comme el lierre au tronc à l’idée nébuleuse d’un État de droit qui n’a jamais existé, c’est l’effacement progressif de l’idée selon laquelle nous avançons vers un pouvoir hors sol, supranational, concocté par des experts qui disent le droit et qui disent le bien, autrement dit, un pouvoir qui considère qu’il n’y a qu’une manière de faire civilisation ! Et que cette manière est celle de l’Occident sous tutelle des penseurs progressistes anglo-saxons du XIXème siècle. 

Fire and Fury' aftermath: Without Steve Bannon, Trump's 2020 re-election is  in jeopardy

Pour Martel, Bannon et Trump sont les ennemis de l’intérieur 

Si l’Occident par la voix de Martel s’inquiète de ses ennemis, c’est aussi parce que son hégémonie est remise en cause, et que sur le plan militaire la suprématie des Etats-Unis est elle aussi remise en question par les guerres qu’ils ont déclenchées ces dernières décennies. Le sens de la démondialisation à l’œuvre est en fait un refus de la vassalisation de nombreux pays vis-à-vis des Etats-Unis. Les Européens acceptent cette vassalisation, à leur détriment d’ailleurs, mais les pays émergents comme la Chine, la Russie et quelques autres ont maintenant les moyens de la refuser. Martel qui a des capacités intellectuelles assez limitées n’arrive pas à comprendre cela. Je vais donner juste un exemple à cet individu qui se targue de comprendre les choses de la culture et de sa marchandisation : le cinéma étatsunien qui était jusqu’à encore quelques années dominant en termes de part de marché, est maintenant dépassé par le cinéma asiatique ! C’est donc bien l’Occident qui est en régression aussi bien sur le plan économique que civilisationnel. Il est assez comique de voir Martel dénoncer les liens entre Mélenchon et Chavez qui l’aurait financé, tandis qu’il reste muet sur l’enlèvement illégal du président Maduro par les troupes de Donal Trump. C’est choquant, même si comme moi on est opposé à Mélenchon et ses frasques. Le financement permanent des coups d’État dans les pays étrangers sont aussi la marque d’un pays qui n’a de la démocratie que le nom. Mais si les Etats-Unis sont intervenus contre la Russie et contre la Chine, démontrant par là leur peu de goût pour la démocratie, l’inverse n'est pas vrai. Les bases de l’OTAN entourent la Russie, l’inverse n'est pas vrai. 

Cuba rétablit son réseau électrique et promet de résister au blocus américain

Les rues misérables de la Havane 

Martel s’en prend aux Européens qui ont soutenu la dictature à Cuba. Ce sont ses ennemis de l’intérieur de « gauche » si je puis dire. Mais en réalité il n’est pas besoin de soutenir la dictature castriste et sa suite pour comprendre que le blocus étatsunien qui n’a aucun fondement légal – je dis ça pour Martel qui est du moins en paroles un adepte de l’État de droit – est un crime contre les Cubains eux-mêmes, comme les sanctions contre l’Iran si elles n’ont pas permis de renverser le régime des mollahs, ont par contre contribué à martyriser tout un peuple. Trump, incapable de gagner la guerre contre l’Iran, menace quotidiennement de renverser le régime cubain. Il est très probable que si les Etats-Unis n’avaient pas martyrisé les Cubains et les Iraniens, ces pays se seraient développés plus naturellement et certainement évoluer vers des changements décisifs. C’est exactement ce qui s’est passé d’ailleurs en Russie et en Chine où sans qu’on soit dans une démocratie, les libertés individuelles ont accompagné clairement le développement économique. Certes Martel n’est pas trumpiste, mais les menaces contre Cuba sont récurrentes de la part des Etats-Unis depuis plus de soixante ans. N’est-ce pas une bonne raison de détester les Etats-Unis ? Mais la « méthode » de Martel ne lui permet pas de comprendre cela, autrement dit il regarde par le petit bout de la lorgnette, sans même se rendre compte que dans les pays occidentaux la démocratie non seulement n’a jamais existé, mais qu’en plus les libertés individuelles s’étiolent. Il faut voir comment l’Union européenne sanctionne les voix dissidentes sur la question ukrainienne, il faut voir comment cette structure bureaucratique qui ressemble de plus en plus à l’URSS dans ses derniers moments, met en place un contrôle numérique sur les réseaux sociaux. 

Que veut Vladimir Poutine ?

Poutine l’autre obsession de Martel

Poutine est l’autre obsession de Martel. Selon lui, on devrait le mettre en prison. Dire que Martel ne comprend rien à la Russie est un euphémisme, même dans le dossier que Le monde a consacré généreusement à son livre, le russophobe Benoît Quénelle le dit. Martel fait comme si Poutine non seulement était seul à gouverner, mais qu’en outre il ne développerait qu’un modèle de pensée hégémonique pour faire la guerre à l’Europe et ses « valeurs » fameuses. Martel consacre plus de cent pages à Alexandre Douguine, comme si ce dernier avait une réelle importance dans les orientations politiques et stratégiques de la Russie. Ça frise carrément l’imbécilité puisqu’un peu plus loin il l’admet. Mais cela ne l’empêche pas de se donner le rôle d’un juge en écrivant : « Les idées nationales-socialistes, c'est-à-dire fascistes, d'Alexandre Douguine n'ont jamais vraiment compté, et pas davantage celles de Kirill ou des autres idéologues de Poutine qui tous, devraient finir leurs jours en prison — en compagnie du dictateur russe. » Ces lignes sont dignes du Père Ubu ! Tous ceux qui pensent et agissent différemment de la doxa occidentale sont des « fascistes » ! C’est un peu court, car non seulement Martel n’est pas armé intellectuellement pour juger de qui est fasciste et de qui ne l’est pas, ce mot valise servant à tout et à n’importe quoi, mais en plus si cela justifie le soutien stupide de l’Occident au gang de Kiev, cela n’ouvre aucune perspective pour l’avenir. 

Tout savoir sur Joshua Wong, militant pro-démocratie hongkongais en visite  en Europe cette semaine

Joshua Wong, dissident hongkongais, emprisonné

Il nous sert sans surprise le même discours à propos de la Chine. Je ne vais pas faire l’apologie du régime chinois, cependant il faut reconnaitre qu’avec la Russie la Chine est le pays qui s’est le plus développé au monde ces vingt-cinq dernières années. Tandis que l’Europe stagnait et que le PIB par tête augmentait de 150% aux Etats-Unis, celui de la Chine progressait de 1000% et celui de la Russie de 750%. C’est ce qui explique sans doute que le peuple chinois, comme le peuple russe soutient son président, tandis qu’en Occident aucun dirigeant n’arrive à 50% de satisfaction, Trump c’est 35%, Meloni également, Starmer c’est 20%, Merz et Macron 17%. Poutine dans le même temps a le soutien de 72% des Russes ! Dans ces conditions on se demande de quelle démocratie on parle quand on oppose l’Occident à ces pays soi-disant non-démocratiques ! Il faut croire que la démocratie pour Martel ce n’est pas que les dirigeants d’un pays soient en phase avec leur peuple, mais seulement qu’elle protège les minorités agissantes qu’elles soient LGBTQ+, ou politiquement dissidentes, souvent financées par des ONG ou des think tanks qui ne sont qu’un faux nez pour imposer des révolutions de couleur de l’Ukraine à la Géorgie – encore que là cela a échoué – ou de la Syrie à l’Algérie. Tout cela n’a pas empêché la montée en puissance de la Russie et de la Chine sur le plan économique et militaire. Un élément important pour ce qui concerne la Chine est le suivant. Il y a encore vingt ou trente ans, les Etats-Unis arrivaient à attirer contre espèces sonnantes et trébuchantes des chercheurs chinois au fort potentiel, et ceux-ci ne désiraient pas rentrer dans leur pays. C’est exactement l’inverse qui se passe aujourd’hui, les chercheurs chinois restent dans leur pays et beaucoup de Chinois de la diaspora y reviennent. Et quand les Chinois choisissent aujourd’hui d’immigrer pour respirer un peu plus de liberté, ils prennent la destination de Moscou où la vie leur semble bonne ! 

Le livre est d’une médiocrité affligeante, justement parce qu’il regarde les choses par le petit bout de la lorgnette. Martel est tellement borné qu’il croit qu’en Occident existe la démocratie. Certes elle n’existe pas en Russie ou en Chine, nous l’admettons, mais elle n’existe pas plus en Occident. Et le système occidental fonctionne avec beaucoup moins d’efficacité que les systèmes russe et chinois. C’est bien cette méthode d’investigation qui pose problème, il s’est contenté de rencontrer ici et là une poignée de citoyens, confondant l’esprit des minorités avec l’esprit d’un peuple. Il surestime donc l’importance de ces témoignages qu’il a recueillis, nous dit-il, pendant huit ans[2]. Non seulement ils ne sont pas représentatifs de quoi que ce soit, mais en outre, mais ces huit dernières années il s’est passé beaucoup de choses, à commencé par l’organisation des BRICS qui va en s’élargissant et en s’approfondissant, et puis la défaite militaire de l’Occident en Afghanistan, en Ukraine et maintenant en Iran. Ce travail relève plus de la propagande et de la volonté de se rassurer quand l’Occident – et plus encore l’Europe – se trouve dans un chaos total, que d’une étude sérieuse. Martel veut défendre « nos valeurs », sans trop savoir ce qu’elles sont vraiment : sont-elles celles de Trump, celles de Mélenchon, ou encore celles de Macron ? On n’en sait rien. Ce que Martel ne comprend pas c’est d’un pays a besoin d’une certaine stabilité et de savoir où il va. Ce qu’arrivent finalement très bien à produire aussi bien les régimes chinois et russe, et ce qu’est incapable de donner aussi bien Trump que l’Union européenne. Si Poutine est populaire dans son pays c’est parce qu’il a insufflé une dynamique forte à la Russie tandis que l’Occident se plongeait dans la décomposition aussi bien de l’économie que de sa culture. J’ai passé volontiers sur l’idée un peu juste sur le plan intellectuel qui consiste à parler d’Occidents avec un « s » plutôt que d’Occident. Ce distinguo est stupide parce qu’il méconnait ou feint de méconnaitre que les Etats-Unis ont été les maitres des orientations économiques, culturelles et politiques de ses pays vassaux.


[1] En 2021 il a publié un recueil des principales citations et fragments de Rimbaud, suivi par Le Rainbow, dictionnaire homo-érotique des mots à caractère homosexuel présents dans l’œuvre.

[2] Ce constat que je fais est d’ailleurs partagé par les journalistes du Monde qui ont fait la recension du livre.

jeudi 18 juin 2026

La censure tous azimuts, les cas Lapid & Bensussan

L'Israélien Nadav Lapid se retire du FID Marseille après des appels au  boycott - Yahoo Style France

La semaine dernière les censeurs qu’ils soient de droite ou de gauche d’ailleurs s’attaquaient à Xenia Fedorova, au motif que cette journaliste russe, justement parce qu’elle était russe et refusait de cracher sur son pays, ne devrait pas avoir le droit à la parole. La crapule macronienne, l’illuminé Jean-Noël Barrot en tête, réclamait qu’on lui retire son titre de séjour. La question n’est pas de savoir si on est d’accord ou non avec Fedorova, mais de savoir si quelqu’un avec qui on est en désaccord à le droit ou non de s’exprimer. La canaille européiste, les macroniens en tête une fois de plus, prétend mettre en place un contrôle encore plus grand des réseaux sociaux. La sinistre Nathalie Loiseau réclame un contrôle accru au motif que la Russie, la Chine ou encore la Corée du Nord, tenteraient de s’ingérer dans nos sociétés pour les miner de l’intérieur[1].

Au début du mois de juin le couperet est tombé sur le cinéaste Navad Lapid. Celui-ci devait participer au jury d’un festival de cinéma à Marseille. Mais devant les menaces de boycott, il a été contraint de renoncer. C’est malheureux pour lui, pourtant il avait suivi le protocole des Juifs honteux qui critiquent d’abord Israël, pourtant il ne vit plus en Israël, et il a donné de nombreux gages d’un alignement[2]. Mais cela n’a pas suffi. Il est tout de même poursuivi de la hargne des antisémites de profession, cette gauche qui est en train de pourrir sur pied. C’est à vrai dire un mauvais cinéaste, mais il y en a beaucoup d’autres tout aussi mauvais qui ne sont pas boycottés. Ses films financés par des subventions ne sont quasiment pas regardés par le public, il ne fait pas d’entrées, c’est un cinéaste pour festivaliers qui ne sort pas de la confidentialité. Il est très politiquement correct dans sa condamnation d’Israël comme puissance coloniale. Et donc une fois tout cela enlevé que reste-t-il ? La seule raison qui justifie son boycott est bien qu’il est juif ! Voilà où nous en sommes arrivés en France et plus généralement en Europe. Boycotter quelqu’un parce qu’il est juif est tout de même la définition de l’antisémitisme et ceux qui se livrent à cette chasse ne valent rien. L’appel au boycott est venu de l’intérieur du jury du Festival International du Cinéma de Marseille, cette crapule a inventé le fait que Lapid aurait obtenu quelques minimes subventions de l’État israélien, en fait des services qui s’efforcent d’aider le cinéma israélien à se développer. Il faut bien se justifier comme on peut pour masquer qu’essentiellement on est fasciste dans l’âme. Bientôt on en sera à boycotter un juif parce qu’il a été soigné en Israël par les services de l’État. Qui veut noyer son chien, l’accuse de la rage.  

Navad Lapid a reçu un prix au dernier festival de Cannes 

Devant cette agression manifestement antisémite, une timide réponse a été apportée par une tribune dans laquelle 350 cinéastes disent soutenir Lapid. Cependant, cette tribune frise l’imbécilité, parce que ces cinéastes, dont l’inénarrable Jacques Audiard, ou encore Louis Garrel, avancent comme une excuse le fait que Lapid est un critique de Netanyahu et de la colonisation, et donc à ce titre qu’il n’aurait pas dû être ostracisé. Autrement dit, ils justifient en creux le boycott des Juifs qui ne seraient pas des soutiens de la cause palestinienne[3]. Ces pétitionnaires n’ont même pas l’idée d’aller au-delà des positions politiques d’un individu boycotté par des imbéciles violents. C’est misérable, jamais ils n’avancent clairement que la cause du boycott de Lapid est bien le fait qu’il soit identifié par la canaille néo-fasciste de la cause palestinienne comme juif. Jamais ils ne défendent la liberté d’expression, car même si un cinéaste israélien n’avait jamais soutenu la cause palestinienne, devrait-il pour autant être boycotté ? Mais comme on le voit, même quand on est aligné, on se fait boycotter ! Ces campagnes récurrentes de boycott contre tel ou tel artiste ou universitaire juif sont en vérité destinées à invisibiliser les Juifs, à les exclure du paysage culturel et informationnel, les empêcher de parler. Si j’étais à la place de Lapid, je m’en mordrais les doigts d’avoir donné autant de gages de bienpensance à la sphère des censeurs. Tout ça pour ça ! Il s’est donné pourtant bien du mal pour être dans le moule, mais rien n’y a fait. Dans les années trente, en Allemagne, c’était pareil, les Juifs avaient beau donné des lettres de créances, dire qu’ils avaient combattu au risque de leur vie pour l’Allemagne, rien n’y faisait, ils finirent déportés.

 

On en a parlé un peu moins, mais il y a aussi le cas Bensussan. Celui-ci devait intervenir pour donner une conférence à l’hôpital de Strasbourg. Mais le 4 juin, il a été déprogrammé, sans aucun motif. Marie-Pierre Douchet apparemment l’organisatrice de cette conférence a invoqué auprès de Bensussan une déprogrammation « pour des raisons de sécurité »[4]. Si on évoque des problèmes de sécurité, c’est bien parce que Gérard Bensussan est juif, n’est-ce pas. Est-ce cette femme qui a été à l’initiative de cette déprogrammation ? A-t-elle subi des pressions ? Je n’en sais rien. Mais le fait est que le résultat est là. Nous sommes clairement sortis en Europe de la liberté d’expression. Certes les Juifs sont en première ligne de cet ostracisme, mais ce sont les citoyens européens qui dans leur ensemble sont menacés, soit en fonction de ce qu’ils disent ou ne disent pas, soit en fonction de ce qu’ils sont. C’est clairement une forme qu’on peut qualifier de néofasciste. Tout cela participe bien entendu d’un retour de la censure, avec tel ou tel groupe de pression qui s’arroge le droit de juger quelqu’un parce qu’il est juif, et ensuite de le désigner à la vindicte publique, c’est bien d’un lynchage dont il s’agit. 

Le propre des espions, c'est d'être discret" : personnalité mystérieuse,  engagement pro russe, convois humanitaires, ce que l'on sait des dirigeants  de SOS Donbass

Les deux cas développés ci-dessus qui ressortent spécifiquement de l’antisémitisme islamo-gauchiste, ne doivent pas faire oublier le contexte de censure et de répression dans toute l’Europe. Ils viennent s’ajouter aux sanctions démentes que la Commission européenne a unilatéralement imposées à Jacques Baud, Xavier Moreau et quelques autres, ou encore avec l’emprisonnement sans motif clairement établi de Vincent Perfetti et Anna Novikova de l’association SOS Donbass, ils sont accusés plus ou moins d’espionnage et de déstabilisation, mais je n’ai rien trouvé de plus précis comme motif d’incarcération préventive. On a beau jeu de critiquer la Russie pour la poursuite de ses dissidents, mais en la matière l’Occident n’a rien à lui envier, tandis que les Juifs en France et généralement en Europe sont ostracisés en tant que tels comme on l’a vu ci-dessus. 

La réhabilitation par Volodymyr Zelensky de figures controversées du  nationalisme ukrainien suscite la colère d'Israël et de la Pologne Zelensky réhabilite les nazis ukrainiens, ici Melnyk et son épouse 

Si vous ajoutez à tout cela les réhabilitations répétées de Zelensky et de son gang des nazis ukrainiens – réhabilitations qui ont fait hurler les Polonais pourtant très russophobes – cela donne une image des plus pourries de ce qu’est l’Europe institutionnelle aujourd’hui, une forme de néofascisme, au moment où certains pays nordiques réclament l’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne au plus vite[5].


[1] https://www.touteleurope.eu/economie-et-social/nathalie-loiseau-le-projet-europeen-est-la-cible-d-une-strategie-organisee-de-desinformation/ 

[2] https://www.franceinfo.fr/culture/cinema/le-cineaste-israelien-nadav-lapid-exile-en-france-et-critique-de-netanyahu-denonce-un-appel-au-boycott-cruel_8051735.html

[3] https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/08/inviter-un-artiste-dans-un-festival-n-est-pas-l-eriger-en-ambassadeur-culturel-plus-de-350-personnalites-en-soutien-au-cineaste-israelien-nadav-lapid_6699625_3232.html

[4] https://france3-regions.franceinfo.fr/grand-est/bas-rhin/strasbourg-0/un-philosophe-denonce-une-ostracisation-des-enseignants-juifs-apres-une-deprogrammation-de-conference-a-l-hopital-de-strasbourg-une-enquete-interne-ouverte-3364330.html

[5] https://www.lefigaro.fr/international/guerre-en-ukraine-les-leaders-nordiques-et-baltes-soutiennent-la-marche-irreversible-de-l-ukraine-vers-l-otan-20260609 

 

dimanche 14 juin 2026

Vers la guerre civile en Angleterre et en Irlande ?

Nouvelle nuit de manifestations à Belfast, la police utilise un canon à eau  | Le Devoir

Émeutes à Belfast 

Soyons clair, ça devait arriver. Dans toute l’Europe les citoyens de souche, disons les blancs pour aller vite, sont exaspérés par les politiques d’immigration des gouvernements qui sont de plus en plus en porte-à-faux avec les opinions publiques. Le 10 juin c’est à Belfast que c’est arrivé. Hadi Alodid, un Soudanais âgé de 30 ans, un réfugié, qui était passé par Paris, puis par Londres, a poignardé un individu de plusieurs coups de couteau, lui crevant les deux yeux et tentant de le décapité. Il a été arrêté bien sûr[1]. On a vu des vidéos et des images de cette abomination. Mais ce énième crime qui implique un immigrant, a mis le feu aux poudres. La crétinerie effrontée des journalistes et des politiciens a été d’incriminer l’extrême-droite, comme si celle-ci avait une responsabilité dans cette attaque qui ressemble assez bien à celle que le malheureux Samuel Paty a subie. Ils avancent que ce serait Tony Robinson et les réseaux sociaux de l’extrême droite qui auraient excité les populations à descendre dans la rue. Certes les politiciens d’extrême-droite vont profiter de ce nouveau crime pour faire avancer leurs propres affaires. Mais la foule ne descend pas dans la rue sans raison. Celle-ci s’en est pris aux logements des immigrants que les Irlandais considèrent comme un repère de criminels et de trafiquants en tout genre. L’horrible geste d’Hadi Alodid est un énième crime contre les Irlandais de naissance ou les blancs. Le fait que ce ne soit pas un cas isolé est une des raisons qui expliquent l’explosion de la colère. Le plumitif du journal Le monde avançait qu’on ne savait pas qu’elles étaient les motivations exactes de ce réfugié soudanais ! On pourrait d’ailleurs dire que les motivations de l’assassin de Paty non plus, on ne connait pas ses motivations ! 

🇬🇧 FLASH | « Il lui tranche la tête ! » Un homme a été grièvement blessé  lors d'une violente ATTAQUE au couteau à Belfast (Irlande du Nord). Selon  des vidéos circulant

Hadi Alodid prenant la pause en pleine action

En Angleterre c’est l’affaire des gangs de Pakistanais qui a fait basculer l’opinion pourtant relativement tolérante à l’égard des immigrés. En 2025, a été révélé une affaire sordide d’un gang de pakistanais qui sévissait à Bradford. Des milliers de jeunes filles auraient été violées, voire prostituées, sans trop que les autorités ne réagissent. Plus encore, ces mêmes autorités ont tout fait pour empêcher que l’opinion n’accède à l’information et que la justice s’active sérieusement[2]. Non seulement les autorités se sont montrées impuissantes à assurer la sécurité de leurs ressortissants, mais en plus elles ont menti pour couvrir leurs incompétences. Dans ce cas, il ne peut pas s’agir d’un acte isolé, l’œuvre d’un fou, mais c’est de crime organisé dont il s’agit. Ce qui veut dire qu’une communauté rapportée d’un pays étranger pour des motifs assez peu clairs, a déclaré la guerre à son pays d’accueil ! Dans ce cas on ne pourra pas avancer que ces criminels sont des malades de la tête qu’il faut soigner plutôt que de poursuivre. Cette affaire est pour beaucoup dans la descente aux enfers de Starmer qui s’occupe plus de mener une guerre contre la Russie que des affaires du Royaume Uni. On pourrait dire que Starmer ajoute à une politique économique et sociale débile qui accroit les inégalités et augmente la dette, une politique immigrationniste semblable à celle de notre gauche mélenchonistes décervelée qui s’applique à nier qu’il puisse y avoir un lien entre immigration et insécurité. C’en est trop pour les Britanniques ! Comme dans les autres pays européens, plus des deux tiers des Britanniques pensent que l’immigration, surtout celle des réfugiés, a atteint un niveau trop élevé[3]. On ne peut pas dire qu’en quelques années ils soient devenus pour autant fascistes ! Les politiciens irlandais appelaient à ne pas paniquer et à ne pas avoir peur des immigrés !! Ces appels restent lettre morte et si les gens descendent dans la rue c’est pour se défendre car l’État en matière de sécurité a purement démissionné. Les journalistes feraient bien d’abandonner l’antienne selon laquelle c’est l’extrême droite qui est à la manœuvre, s’ils veulent comprendre quelque chose. Répéter cela c’est déjà mépriser la colère de ceux qui manifestent qui seraient ainsi des faibles d’esprit, manipulables à l’infini. En Angleterre comme en Irlande, les populations dénoncent le fait que les pays du tiers-monde envoient en Europe des malades mentaux, dangereux, cela pour en finir avec l’excuse que ces migrants qui se livrent à des crimes horribles sont finalement des victimes ! c’est le sens de ce qu’écrivent les journalistes du Monde qui avancent qu’on ne connait pas les motivations de Hadi Alodid. 

Sondage Ipsos sur la popularité de Starmer 

Au Royaume Uni cela fait un moment que la population proteste contre l’immigration massive, et proteste avec colère. La très large majorité des Britanniques identifie l’immigration comme un facteur important de criminalité. Au début du mois de décembre 2025 un Sikh, Vickrum Digwa, 23 ans, a poignardé un étudiant Hanry Nowak. C’est une chose presque habituelle, sauf que là cela a été aggravé par lorsque la police est intervenue, alors que Nowak baignait dans son sang, l’assassin l’a désigné à la police comme un raciste, et les policiers qui semblent encore plus stupides en Angleterre qu’en France, ont passé les menottes à la malheureuse victime de cet attentat. Le temps que les forces de l’ordre se reprennent de leur bévue, Henry Nowak est décédé. Vickrum Digwa lui a été condamné le 1er juin dernier à la prison à vie[4]. Au Royaume Uni les attaques au couteau sont encore plus fréquentes qu’en France. Et celle-ci a mobilisé l’opinion publique. Des milliers de Britanniques sont descendu dans la rue avec les drapeaux de l’Angleterre pour réclamer que leur pays redevienne vivable et ne ressemble plus à un coupe-gorge. Là encore on a accusé l’extrême droite et Nigel Farage d’avoir instrumentalisé un drame. Mais on pourrait dire que la nature ayant horreur du vide il est normal que les citoyens se défendent d’une manière ou d’une autre lorsque l’État est défaillant et loin de les défendre, les accable encore plus de misère en tous genres. 

Enorme manifestation anti-immigration sur appel de l'extrême droite à  Londres | RTS

En Angleterre manifestations de masse contre l’immigration

Les Anglais eux-aussi ont donc affronté la police pour faire entendre leurs droits. Par le passé, ils étaient fiers de leurs traditions, de leur pudding et de leur civilisation. Ils voudraient sans doute que cela revienne. Mais la mondialisation est passée par là et a amené un brassage des populations sur lequel il va être très difficile de revenir. De nombreux pays, dont le Danemark et la Suède essaient ouvertement de renvoyer des immigrés en surnombre, mais sans beaucoup de succès. Parallèlement à la discussion sur les manifestations des Britanniques contre l’immigration, Le monde, pour faire un contrefeu produisait un dossier selon lequel l’économie européenne avait besoin d’immigrés[5]. Ce journal s’alarmait de la baisse à terme de la population. C’est donc un plaidoyer pour que les Français acceptent toujours plus de migrants. Cette approche est complètement fausse et cela pour au moins deux raisons. La première et sans doute la plus importante est que le progrès social et économique a toujours été facilité par la baisse des taux de fécondité. La Chine est l’exemple le plus récent de cette évidence, elle a commencé à décoller quand elle a ralenti la croissance de sa population. La seconde est bien sûr que si pour soutenir l’Europe et son économie il faut faire appel à la main d’œuvre immigrée, l’immigration conduira fatalement à la disparition des Européens de souche. C’est ce qu’on appelle le grand remplacement, vocabulaire qui est aujourd’hui employé par le chantre de l’immigration massive, Jean-Luc Mélenchon[6]. La première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a avancé qu’on pouvait se débrouiller pour faire tourner l’économie sans l’immigration[7]. Les Japonais d’ailleurs pensent qu’on peut se servir de la robotisation pour cela. Et puis, disait Takaichi, à quoi bon relancer l’économie avec des migrants si cela conduit à la destruction de notre civilisation ! De partout dans le monde la fin de la mondialisation et le retour des idées de souveraineté nationale appuie un discours pour une population un peu plus homogène, donc contre le communautarisme qui est la contrepartie de l’immigration massive. Récemment il y a eu une polémique contre François Ruffin, orchestrée par la crapule de la France Insoumise, qui avançait qu’on ne devait pas aller chercher des médecins à l’étranger, mais les former chez nous[8]. Outre que cette formation est un élément de la souveraineté nationale, il faut comprendre que les pays pauvres ne sont pas destinés à financer la formation de médecins pour notre confort. 

➡️1981 Georges Marchais (PCF) / l'Humanité : « Il faut stopper l'immigration  officielle et clandestine » ➡️2024 L'Humanité / PCF : « L'immigration n'est  pas le problème »

C’est finalement Georges Marchais qui avait posé clairement le diagnostic dans une lettre ouverte au Recteur de la mosquée de Paris, lettre publiée dans l’Humanité. Il reprendra ce discours anti-immigrationniste dans un discours le 21 février 1981 à Montigny. Il avançait trois arguments, d’abord le fait que les immigrés étaient ghettoïsés et exploités, ensuite que leur nombre pesait sur le niveau des salaires et enfin, ce qui est moins souvent relevé, il pointait les mœurs différentes qui rendait « difficile les relations avec les Français ». Ce qui en fait rejoignait ce que disait le général de Gaulle, « Si une communauté n’est pas acceptée, c’est qu’elle ne donne pas de bons produits, sinon elle est admise sans problème. Si elle se plaint de racisme à son égard, c’est parce qu’elle est porteuse de désordre. Quand elle ne fournit que du bien, tout le monde lui ouvre les bras. Mais il ne faut pas qu’elle vienne chez nous imposer ses mœurs. » Cette phrase a été prononcée en 1959 et rapportée par Alain Peyrefitte[9]. Mais depuis cette époque, l’idée d’une mondialisation heureuse a fait des ravages. Elle était pourtant menée par les multinationales pour faire remonter les taux de profit, mais la gauche qui ne lit plus Marx depuis bien longtemps, s’est abusée en faisant semblant de voir dans celle-ci et l’immigration des populations qui l’accompagne une forme d’internationalisation des luttes qui passerait par l’effacement des nations. En refusant de comprendre ce qu’est la souveraineté nationale, la gauche de type mélenchoniste se condamne non seulement à répéter les éléments de langage de la droite néolibérale, mais également à ne jamais arriver au pouvoir.



[1] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/11/belfast-nouvelle-nuit-de-violences-la-police-utilise-un-canon-a-eau-pour-disperser-les-manifestants_6700583_3210.html

 

[2] https://www.franceinfo.fr/monde/royaume-uni/grooming-gang-le-scandale-des-agressions-sexuelles-au-royaume-uni_7291971.html

[3] https://www.ipsos.com/en-uk/two-thirds-britons-say-total-number-people-entering-uk-too-high

[4] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/03/au-royaume-uni-l-extreme-droite-instrumentalise-les-errances-de-la-police-apres-le-meurtre-d-un-etudiant-par-un-jeune-sikh_6696528_3210.html

[5] https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/06/11/l-immigration-un-sujet-politique-et-une-necessite-economique-dans-un-contexte-de-declin-demographique_6700694_3224.html

[6] https://www.lejdd.fr/International/grand-remplacement-quand-melenchon-appelle-a-la-conquete-demographique-de-la-france-rurale-154545

[7] https://www.lemonde.fr/international/article/2025/10/24/au-japon-la-premiere-ministre-sanae-takaichi-dit-vouloir-porter-les-relations-avec-washington-a-de-nouveaux-sommets_6649140_3210.html

[8] https://www.leparisien.fr/elections/presidentielle/hostile-a-limmigration-de-travail-ruffin-estime-que-la-france-ne-doit-pas-faire-appel-a-des-medecins-algeriens-tunisiens-ou-roumains-28-04-2026-O5OVWFPHV5ATPO6UM3K5Z5HOIM.php

[9] C’était de Gaulle, Gallimard, 2002.

mercredi 10 juin 2026

Politique et communication, la question ukrainienne

 Peut être une image de texte qui dit ’Emmanuel Macron Unis pour Unispourl'Ukraine. l'Ukraine. @EmmanuelMacron 1h X ο 米’ 

Macron qui est comme en vacances, qui ne fait plus rien depuis la dissolution ratée de 2024, dissolution qui a privé la France d’un gouvernement – avant on an avait un très mauvais, maintenant on n’en a plus du tout – tente de se refaire la cerise en faisant semblant qu’il peut agir à l’échelle de l’Europe pour imposer la paix ukrainienne à la Russie. Mais ce n’est que de la communication. Dans un premier temps, Zelensky qui est devenu la marionnette des nazis ukrainiens, envoie une lettre d’insulte à Poutine pour l’inciter à négocier. Le but n’est pas de négocier, car quand on perd une guerre et qu’on insulte la partie adverse, il ne peut pas y avoir de négociation. Mais il est dans le fait que cette lettre soit rendue publique, c’est-à-dire qu’elle est d’abord destinée à l’opinion publique des pays corrompus qui soutiennent financièrement la guerre en Ukraine. Quand on lit cette lettre, on voit Zelensky jouer les matamores, avancer que la Russie est en train de perdre la guerre et que les Russes feraient bien de ne pas aller sur le front s’ils ne veulent pas subir une défaite encore plus cuisante. Il dit également s’adresser à la fois aux élites russes, et aux jeunes Russes à qui il promet la mort sur le front. Il fait donc comme s’il était en position de force pour négocier, alors qu’il est aux abois, non seulement il en est réduit à ne faire que des actions terroristes – avec l’aide des Etats-Unis et du Royaume Uni – mais le front craque de tous les côtés. Dans la photo ci-dessus on voit Macron, Merz et Starmer entourer Zelensky. Ces quatre politiciens sont tous complètement démonétisés dans leur pays respectif. Les trois premiers sont tombés en dessous des 20% de popularité et leur économie est à l’agonie, tandis que Zelensky doit se trouver aux environs de 25%. On voit donc que cette manœuvre est destinée pour les quatre comédiens d’abord à leur opinion publique qui pourtant est de moins en moins crédule. La guerre des Etats-Unis et d’Israël en Iran et au Liban n’a pas arrangé les prévisions, bien au contraire. L’Allemagne est clairement entrée en récession, la France également, et le Royaume Uni stagne complètement[1]. 

On se trouve devant le paradoxe suivant, Merz et Macron disent qu’il faut parler avec Poutine – en Allemagne le patronat est vent debout contre le gouvernement qui est en train de tuer son industrie comme on le voit ci-dessous – et de l’autre ils ont une attitude hostile, soutenant les insultes contre Moscou. Starmer, lui, est relativement constant dans la vieille idée britannique du XIXème siècle de la russophobie ordinaire et hystérique. Les Européistes, avec les deux furieuses von der Leyen et Kaja Kalas, tiennent la ligne jusqu’au-boutiste d’une aide à fonds perdus, en espérant un miracle – et probablement aussi quelques rétrocommissions. Il est compréhensible que les Russes ne fassent aucune confiance à des gens pareils pour négocier quoi que ce soit. Remarquez que dans les trois pays qui soutiennent Zelensky « quoi qu’il en coûte », les partis hostiles à ce soutien sont aux portes du pouvoir, que ce soit Reform UK au Royaume Uni, le Rassemblement National en France ou encore l’AfD en Allemagne. Le plus inquiétant est sans doute le fait que la production industrielle allemande est en chute libre et que cela va entraîner toute l’Europe dans sa chute.

Allemagne : 5 ans de stagnation, et après ?

La lettre ouverte de Zelensky n’ouvre aucune perspective concrète. Elle n’est là que pour tenter de démontrer que Poutine ne veut pas la paix. Elle réclame seulement un cessez-le-feu pour soi-disant entamer des négociations. Voici ci-dessous quelques extraits des mensonges et des injures zelenskiens : « Quoi que vous puissiez dire sur l’Otan, la géopolitique ou la langue russe, cette guerre est votre choix personnel, une guerre sans véritable raison. C’est ainsi que l’histoire s’en souviendra. » Le président ukrainien s’attarde également sur les conséquences de la guerre pour la Russie. « Ils n’aiment pas nos drones et nos missiles. Ils n’aiment pas les pénuries d’essence ni la hausse constante des prix. Ils n’aiment pas les restrictions permanentes », écrit-il[2]. « Ils n’aiment pas votre intention de lancer une deuxième vague de mobilisation afin d’étendre la guerre à une autre partie de l’Ukraine ou de l’utiliser contre d’autres pays voisins de la Russie. Ils n’aiment pas le fait qu’aucune issue ne soit en vue pour votre guerre. » Avant d’ajouter : « Vous n’aurez pas assez d’argent ou de capital politique pour continuer à acheter la loyauté des Russes comme vous l’avez fait au cours des 26 dernières années. » Le ton injurieux de cette lettre montre deux choses, la première est qu’elle est destinée à l’Occident pour faire croire qu’un vent favorable à l’Ukraine peut réorienter le cours de la guerre, ensuite que c’est une bonne chose que de soutenir l’Ukraine pour protéger l’Europe dans son entier. Il y a bien sûr une incohérence fondamentale dans cette lettre, car si en effet les Russes sont en train de perdre la guerre en Ukraine, on ne voit pas très bien comment ils pourraient avoir les moyens de menacer sérieusement l’Europe, menace assez abstraite qui justifie l’Europe dans ses folles dépenses pour préparer la guerre contre la Russie pour 2030. Les mots choisis par l’équipe de propagande de l’OTAN montrent d’ailleurs que cette lettre ne vise pas à proposer sérieusement des négociations. On sait bien que quand on veut négocier on se garde d’insulter ses interlocuteurs. 

Des drones ukrainiens frappent Saint-Pétersbourg où s'ouvre le Forum  économique | Le Devoir

Attaques de drones ukrainiens sur Saint-Pétersbourg le 3 juin 2026 

Cette lettre, et les rodomontades des européistes, c’est en fait le pendant des attaques de drones sur les civils en Russie, ou à Saint-Pétersbourg. Ça fait des jolies images, et ça permet d’éloigner le public de la décomposition bien réelle du régime ukrainien comme ce ses soutiens. Ça permet à Kaja Kallas de laisser croire que les Ukrainiens ont la main pour renverser l’issue de la guerre dans les mois qui viennent. Et les journaux occidentaux, surtout les journaux français, Le monde en tête, peuvent ainsi recopier les messages de la propagande ukrainienne en faisant comme si cela montrait que la Russie était en difficulté aussi bien sur le plan économique que militaire. C’est sans doute cela qui a changé depuis quelques années : que ce soit avec la crise du COVID ou avec la guerre en Ukraine, les médias occidentaux passent leur temps à confondre information et propagande. Par exemple Le monde qui a toujours été un journal atlantiste, dans le temps donnait des informations vérifiables. Aujourd’hui, pour soutenir l’Ukraine, ce journal se fie essentiellement aux données de ISW – Institute for the Study of War – or ce think tank est un relais des faucons étatsuniens, plus particulièrement du gang Kagan. Et le plus souvent les données de ce site sont contredites par des journaux comme The New York Times ou The Washington Post. Ce qui veut dire qu’étant donné que Le monde est la boussole des autres médias de grand chemin, les médias français relaient la propagande des faucons étatsuniens. Ce qui est choquant n’est pas que Le monde soutienne le gang de Zelensky au nom d’une vision dépassée de l’hégémonie étatsunienne – de nombreux journalistes du Monde ont été formés aux Etats-Unis, certains, comme Sylvie Kaufmann qui pousse à la guerre autant qu’elle le peut, sont des Young leaders – mais qu’ils mentent sur ce qui se passe réellement sur le front. Ce journal d’ailleurs ne dit presque rien des poursuites devant la justice des membres du gang Zelensky, il s’efforce de minorer cette affaire. Ceux qui suivent de près la guerre en Ukraine ont d’ailleurs remarqué que les sites ukrainiens, pourtant contrôlés par le SBU, sont beaucoup plus objectifs que les médias français, ce qui au fond n’est pas bien difficile.   

Tucker Carlson et Iula Menel, le 11 mai 2026 

Dans une interview ravageuse de Iula Mendel, ancienne porte-parole de Zelensky, celle-ci s’est livrée à un déballage en règle sur la corruption de lui et de son entourage, mais aussi sur sa consommation de cocaïne[3]. Le monde n’en a pas parlé, mais certains relais de désinformation, notamment l’AFP[4] ou EUinsider[5] se sont mis à tenter de déminer cette affaire, disant dans un narratif tarabiscoté qu’en fait elle n’avait pas dit ce qu’elle avait dit, que ses propos avaient été sortis de leur contexte, etc.  C’est évidemment misérable une telle attitude et disqualifie ceux qui l’adoptent. Ce qui distingue la propagande de l’information ou même du commentaire politique, c’est essentiellement que la propagande construit son narratif en masquant les faits ou en les déformant. Dans l’interview de Iula Mendel, les deux sites de désinformation que je cite ne cherchent pas à savoir si les affirmations de celle-ci sont vraies ou fausses, ils se contentent de dire que cela sert la propagande russe, et que sur les réseaux sociaux des extraits de son interview sont accompagnés d’illustrations qui ne sont pas exactes. Mais en réalité si l’Occident a besoin de se livrer à une propagande où le mensonge par omission, où la fausse information trône, c’est qu’il n’est plus en capacité de dire simplement ce qui se passe en Ukraine au gouvernement, comme sur le front. On a vu encore ça avec les décomptes des morts sur le front des deux côtés de la guerre. Il est d’ailleurs intéressant de voir que les médias ukrainiens s’ils parlent de propagande, ne contestent pas le fait que Iula Mendel ait bien tenu les propos qui lui sont attribués, ils la désignent plutôt comme une vendue à l’ennemi, lui reprochant de désigner l’Ukraine comme un pays instrumentalisé par les pays occidentaux[6].



[1] https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/04/23/en-allemagne-les-espoirs-de-reprise-economique-s-eloignent_6682853_3234.html

[2] On ne sait pas où Zelensky a trouvé l’idée d’une pénurie d’essence en Russie, sans doute dit-il cela en référence à la pénurie d’essence qui menace clairement les pays occidentaux et plus particulièrement européens.

[3] https://www.youtube.com/watch?v=Pkz2-cWHPbg

[4] https://factuel.afp.com/doc.afp.com.B2Q47ZQ

[5] https://euinsider.eu/news/mendel-carlson-russian-disinfo-eu-2026

[6] https://kyivindependent.com/ex-zelensky-spokesperson-iuliia-mendel-sparks-outrage-after-tucker-carlson-interview/ et https://english.nv.ua/nation/ukrainian-professionals-condemn-mendel-s-controversial-remarks-to-a-former-fox-news-host-50607246.html

Frédéric Martel, Occidents, enquête sur nos ennemis, Plon 2026

  Le titre de cet ouvrage rappelle les beaux temps de la Guerre froide quand il s’agissait de désigner le communisme et donc derrière la R...