vendredi 3 avril 2026

La guerre ratée des Etats-Unis et d’Israël en Iran

Guerre en Iran, jour 22 : mobilisation pour Ormuz, frappes israéliennes… Le  bilan du samedi 21 mars 

Il est assez à la mode aujourd’hui de critiquer Trump pour ses guerres mal préparées, ruineuses et sans issue. Mais si la critique et juste, on oublie que ce sont juste des guerres étatsuniennes qui continuent la longue litanie des guerres perdues, ruineuses et sans issue depuis maintenant des décennies. Il y a bien longtemps que les Etats-Unis n’ont pas gagné un seul conflit, depuis la guerre de Ronald Reagan contre la Grenade !! C’était en 1983. Trump après s’être fait élire sur un programme relativement pacifiste s’est lancé dans une série d’actions militaires et de revendications territoriales sans fin. Ayant pris l’habitude de dire tout et son contraire, l’opinion est lassée des pitreries de l’homme à la figure orange. Cependant on est en train de voir des inflexions dans la guerre en Iran. Manifestement les Etats-Unis cherchent une porte de sortie. Trump a dit qu’il avait détruit tout ce qu’il y avait à détruire en Iran. Mais c’est ce qu’a dit Marc Rubio qui est plus significatif : il y a des « fractures » au sein de la hiérarchie iranienne, et les Etats-Unis pensent que des personnalités ayant « le pouvoir d’agir » vont s’imposer, a-t-il expliqué dans l’émission « Good Morning America », sur la chaîne ABC. « Nous espérons que ce soit le cas », a poursuivi le secrétaire d’État américain. « Il y a clairement des gens qui nous parlent d’une autre manière que les personnes précédemment aux commandes en Iran des choses qu’ils sont prêts à faire. » Il avoue donc que le but de guerre des Etats-Unis était un changement de régime, mais il sous-entendant qu’il a été atteint ce qui semble être un nouveau mensonge.

 

Le président américain, Donald Trump, à Washington, le 1ᵉʳ avril 2026.

Trump racontant des blagues fantaisistes le 1er avril 2026 lors d’une conférence de presse 

La vérité est que cette rodomontade sert juste à masquer l’échec de cette aventure et le fait que les Etats-Unis n’ont pas les moyens de continuer le jeu. Non le régime iranien n’a pas changé et tout indique qu’il s’est même durci. Plus inquiétant pour l’Occident tout entier, les défaites des Etats-Unis, et la multiplication des conflits aux quatre coins de la planète est le reflet d’une perte de puissance depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La richesse et la puissance militaires des Etats-Unis qui avaient été largement épargnées pendant ce conflit planétaire, laissaient entendre qu’ils domineraient le monde pour longtemps. En réalité, c’est la démonstration inverse qui a été faite avec la Guerre de Corée qu’ils furent incapables de gagner, comme ils avaient été incapable de conjurer l’arrivée au pouvoir des communistes en Chine. La Guerre du Vietnam qui leur a coûté très cher fut encore un autre fiasco. Ils en furent chassés ignominieusement. Même contre Cuba, malgré le blocus sauvage et criminel de cette petite île, ils n’arrivèrent à rien. Trump prétend retourner contre elle sa puissance militaire pour la soumettre à nouveau. Reagan prétendait avoir gagné la Guerre des étoiles contre l’URSS en l’acculant à des dépenses militaires tellement énormes que ce système dit communiste s’effondra. En vérité le menteur Reagan savait très bien que l’URSS s’était écroulée sur elle-même pour des raisons internes et non parce que les Etats-Unis l’avaient décidé.    

Des foules de manifestants à travers les Etats-Unis pour protester contre  Trump | TV5MONDE - Informations

Manifestation No Kings contre Donald Trump à Saint Paul, Minnesota, le 28 mars 2026 

Les nouvelles entreprises criminelles des Etats-Unis étaient dès le départ vouées à l’échec. Et nous savons que des membres éminents du Pentagone avaient alerté Trump sur les déconvenues possibles de la nouvelle guerre en Iran. C’est, selon le mot d’Hervé Caresse, la troisième guerre du Golfe. Mais les deux premières menées par les Bush, père et fils, avaient au moins deux avantages. D’abord la première a été avalisée par l’ONU. La seconde est passée plus difficilement, les Etats-Unis ont sorti un mensonge énorme selon lequel Saddam Hussein possédait une arme de destruction massive, pour entraîner une coalition hétéroclite avec en tête de gondole les Britanniques qui sous la houlette de l’infâme Tony Blair se réjouissaient de se ruiner dans cette entreprise. Certes cette guerre se termina par la défaite de Saddam Hussein, mais elle entraîna un chaos qui à long terme ruina le malheureux Irak au prétexte de lui donner la démocratie. Joseph Stiglitz, éminent prix Nobel d’économie, chiffra le coût de ce désastre à 3 000 milliards de dollars[1]. Et encore ce chiffre est doublé si on y ajoute le coût pour le reste du monde.

Opposé à la guerre en Iran, un haut responsable de l'antiterrorisme  américain démissionne | Radio-Canada

Joe Kent expliquant les raisons de sa démission 

De nombreuses voix aux Etats-Unis protestent bruyamment contre cette guerre sans issue et de surcroît mal préparée. Bien entendu, ceux qui étaient déjà opposés à l’élection de Trump en 2024 sont les premiers à la faire, mais à la fin du mois de mars on a vu aussi des manifestations massives contre Trump et sa guerre, No Kings Protest, dans les bastions républicains[2]. Tulsi Gabbard, la cheffe du renseignement étatsunien, avait annoncé que les Iraniens étaient dans l’incapacité de produire une bombe nucléaire. Trump dit l’inverse, et qu’heureusement il est intervenu pour stopper le programme du nucléaire militaire étatsunien. Ce faisant, il passe pour un fieffé menteur et ressemble de plus en plus au caractériel Richard Nixon. Personne ne le croit. Dans son camp, au plus haut niveau, sa politique erratique est contestée. Joe Kent, qui a démissionné de son poste de directeur du Centre national américain de lutte contre le terrorisme pour protester contre la guerre israélo-américaine contre l'Iran, a fait ces remarques lors d'une interview accordée à MintPress News vendredi. Les États-Unis « ont travaillé directement avec Al-Qaïda » et l'État islamique (EI, anciennement ISIS) pour renverser l'ancien président Bachar el-Assad et détruire la Syrie, a déclaré Joe Kent, ancien chef de la lutte antiterroriste du président américain Donald Trump. Joe Kent est un ancien militaire et un ancien agent de la CIA. Il accuse clairement Trump de fourberie, et pire encore de manger dans la main de Netanyahu ! 

Et en effet, la stratégie première adoptée par les Etats-Unis et Israël a été d’éliminer les dirigeants iraniens du plus haut niveau, dont le Guide suprême Khameini. C’est certainement une idée des Israéliens qui ont infiltré depuis longtemps la société iranienne et qui ont les capacités de les cibler. Mais si techniquement cette action a été un succès, politiquement ce fut désastreux. Essentiellement parce qu’on croyait que le régime iranien une fois décapité plongerait dans le chaos et ce chaos entrainerait sa chute. Non seulement les dirigeants assassinés ont été remplacés très rapidement, mais les Iraniens ont été capables d’infliger une guerre d’attrition qui ruine les possibilités militaires des Etats-Unis dans le Golfe. Ils ont également montré qu’il pouvait bloquer le détroit d’Ormuz comme ils le voulaient et leurs alliés, les Houthis, menacent de bloquer aussi l’accès à la Mer rouge, si cette menace arrivait à exécution, c’est tout l’Occident qui serait, pour longtemps, plongé dans le chaos économique. Les guerres de Trump sont probablement à l’origine de sa dégringolade dans l’opinion. Cela augure mal pour lui pour les midterms.  Ça, et bien entendu son insondable stupidité criminelle, le 1er avril 2026, il avançait que ses buts de guerre étaient presque tous atteints, qu’il avait réussi à changer le régime, et qu’il lui restait juste deux semaines pour finir le travail : « Nous allons frapper extrêmement durement [les Iraniens] au cours des deux à trois prochaines semaines. Nous allons les ramener à l’âge de pierre auquel ils appartiennent ». la fiabilité de ce genre de fanfaronnade, outre qu’elle n’éclaire en rien les buts véritables de son entreprise aventureuse, est proche de zéro. 

Les dégâts en Israël qui est engagé à la fois dans une guerre en Iran et dans une guerre au Liban, sont assez mal connus, y compris le nombre de morts et de blessés. L’économie est forcément touchée, mais on ne sait pas dans quelles proportions. En Israël ça commence à grogner, jusqu’à ces derniers temps, les guerres d’Israël contre ses voisins fédéraient la population contre l’ennemi commun. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, et la fracture de la société s’aggrave à cause des actions criminelles des colons en Cisjordanie. On comprend bien que Netanyahu joue sa survie politique avec ces deux nouveaux fronts ouverts, alors que la question de Gaza est bien loin d’être réglée. Ici apparait une divergence entre les deux alliés dans ce combat douteux. Trump semble vouloir se retirer en racontant que les Iraniens sont à bout et qu’ils sont prêts à faire des concessions. Au contraire les Israéliens ont d’autres but, semble-t-il continuer à frapper l’Iran, mais également à occuper une partie du sud du Liban, sans trop savoir s’ils veulent l’annexer ou en faire une zone tampon. Les deux pays qui ont déclenchés les hostilités semblent se trouver dans une fuite en avant sans beaucoup de solutions sérieuses pour en sortir. 

Le sommet européen à Bruxelles, le 19 mars 2026 

Les dirigeants européens sont complètement désunis sur cette question. Ils hésitent à condamner la guerre illégale des Etats-Unis contre Téhéran. Les alliés des Etats-Unis traditionnels, le Royaume Uni et l’Ukraine ont présenté leurs offres de service. Zelensky qui n’arrive pas à tenir son front a avancé qu’il allait venir au secours des Etats-Unis dont les bases militaires dans les pays du Golfe sont attaquées régulièrement par les drones iraniens. C’est bien sûr une bouffonnerie. Pédro Sanchez, le premier ministre espagnol a refusé de laisser les avions militaires étatsuniens se servir de son ciel et de ses bases en Espagne pour faciliter le ravitaillement de ses avions. Macron qui se fait régulièrement insulter par Trump, comme toujours dans l’ambigüité, a laissé les Etats-Unis faire ce qu’il voulait en France, puis, s’étant fait cracher dessus par Trump, a dit qu’il ne participerait pas à cette guerre foireuse[3]. Kaja Kallas en bonne soldate hystérique de la Commission a manifesté son soutien à la guerre folle de Trump. Certains se sont posé la question de savoir pourquoi les dirigeants européens ne mettent-ils pas de sanctions aux États-Unis dont la guerre illégale, les ruine littéralement ? La réponse est double, d’abord parce qu’ils ont l’habitude d’obéir à l’Oncle Sam sans se poser de question, ensuite parce que, pour la plupart ils doivent leur fonction de petits bureaucrates aux Etats-Unis où ils ont été formés et très souvent financés comme Macron par exemple. Néanmoins les conséquences ravageuses de cette guerre idiote font qu’ils commencent à se poser la question de se rabibocher avec Poutine pour avoir du gaz – ce que celui-ci a avancé, s’ils veulent du gaz, pas de problème, il leur en livrera pour un prix six fois moins élevé que le gaz étatsunien. Bien entendu il faudra qu’ils cessent de faire les cons en Ukraine en prolongeant une guerre qui est déjà perdue. Les Allemands sont les premiers concernés par ce revirement massif de l’opinion patronale et citoyenne. Mais pour l’instant les politiciens au pouvoir à Berlin n'ose pas encore franchir le pas. Pourtant cette guerre était l’occasion rêvée pour faire preuve d’une autonomie grandissante vis-à-vis des Etats-Unis et de l’OTAN. Si l’Europe levait les sanctions sur la Russie, si elle cessait de pousser Zelensky à continuer à faire massacrer ce qu’il reste de son peuple, l’avenir serait relativement radieux pour l’Europe, on pourrait réparer les Nord Stream, reprendre le commerce avec la Russie, etc. Certains pays y sont prêts, la Hongrie bien entendu, la Slovénie, mais la France, l’Italie et l’Allemagne, pourtant les pays majeurs de cette Union bancale, hésitent encore. Ils préfèrent pour l’instant continuer à suivre Ursula von der Leyen qui vise à se passer complètement du gaz russe à l’horizon de 2030 ! Pendant ce temps la cheffe de la Commission européenne préfère nouer un nouvel accord de libre-échange avec l’Australie[4], comme si son but était clairement de finir de ruiner à la fois notre agriculture et notre industrie. Mais dans ces conflits les Européens pèsent peu. Macron a bien essayé de faire les gros yeux à Israël pour que ce pays cesse ses frappes sur le Liban, il n’a récolté que le mépris des dirigeants israéliens qui l’ont puni en disant que plus jamais ils n’achèteraient de l’armement à la France. Tout cela manque de logique et de colonne vertébrale. Les Européens regardent ce double conflit, en subissent les conséquences, mais n’osent toujours pas se révolter pour tester une position qui serait un peu originale. Pendant ce temps la Chine continue à importer du pétrole iranien, ses navires ayant obtenu de l’Iran le droit de passer ! Ses importations de pétrole en provenance de l’Iran auraient même augmenté ces derniers jours[5] ! 

Peut être une image de le Canal de Panama et texte qui dit ’POCCИR ANATOLYKOLODKİN ANATOLY KOLODKİN SAINTPETERSBURG SAINT PETERSBURG’

Le pétrolier russe Kolodkin vient au secours des Cubains assiégé par les Etats-Unis

Néanmoins Trump est obligé de reculer un peu partout. Les Européens n’ont pas les moyens de l’aider. Il se sert d’ailleurs de cela pour expliquer son fiasco. Un autre exemple de ce recul est le fait qu’après nous avoir dit qu’il allait s’occuper de Cuba – sous-entendant par là qu’il allait les ruiner encore plus – il n’a pas eu le courage de s’opposer à l’arrivée du pétrolier russe Anatoly Kolodkin qui est venu rompre le blocus criminel des Etats-Unis qui dure depuis 66 ans[6] ! Un second pétrolier russe serait en partance pour Cube. Il sait pourtant très bien que les Russes, comme les Chinois aident indirectement l’Iran à résister à ses bombardements. On murmure également que dans l’ombre Trump négocie avec l’Iran pour sortir de ce guêpier. Mais il semble que les Iraniens aient commencé de comprendre qu’ils étaient les maitres du jeu. Non seulement les Etats-Unis ne sont arrivés à rien, mais en outre, ils ont montré qu’ils étaient incapables de contrôler le détroit d’Ormuz, autrement dit cela peut donner des idées à long terme à l’Iran sur la vulnérabilité d’Israël et des Etats-Unis sur le plan militaire. Parallèlement, les pays pétroliers du Golfe se rendent compte que la protection des Etats-Unis qui y ont implanté des bases militaires était un handicap plutôt qu’une réelle protection. On sait que déjà les Saoudiens ont manifesté de plus en plus leur volonté de voir partir de leur territoire les soldats étatsuniens, pour l’instant sans succès, et il est probable qu’ils vont reprendre cette idée une fois la guerre avec l’Iran terminée. Trump a réclamé en vain l’aide militaire aussi bien des pays du Golfe que des milices kurdes et de l’Azerbaïdjan qui ont refusé pour l’instant. Et rien n’indique qu’ils changeront d’avis. Les Chinois travaillent diplomatiquement à gérer la fin du conflit. Il n’est pas besoin d’être un soutien des mollahs pour dénoncer cette guerre israélo-étatsunienne sans issue, comme il n’est pas besoin d’être un fervent castriste pour comprendre que le blocus inhumain de Cuba est un crime contre l’humanité et n’aide en rien les Cubains à se sortir de l’impasse. C’est même exactement l’inverse. Après avoir fanfaronner sur le fait que les Etats-Unis possèdent la plus grande et la meilleure armée u monde, Trump, tout en insultant les Européens – Macron en prend pour son grade – réclame pathétiquement l’aide de l’OTAN qu’il est incapable d’obtenir ! Alors qu’il menace de sortir de l’OTAN, c’est-à-dire de ne plus donner d’argent à cette boutique. Mais en réalité il ne peut pas en sortir parce que en y restant, il continue de contrôler les Européens, n’oublions pas que les Etats-Unis possèdent 100 000 soldats sur le sol européen. Cependant ce serait une très bonne chose qu’il en sorte, car cela permettrait aux Européens d’être plus raisonnables vis-à-vis de la Russie, de retrouver une certaine autonomie et un peu d’énergie pour faire tourner la machine. 

Tel-Aviv: les habitants évaluent les dégâts après une frappe iranienne qui  fait un mort

Dégâts d’une attaque iranienne sur Tel Aviv, le 2 mars 2026 

En Israël le moral n’est pas au beau fixe, il y aurait moins de 50% des Israéliens qui soutiendraient cette guerre. Non seulement on se rend compte de la vulnérabilité du pays, mais ensuite on ne voit pas très bien l’issue aussi bien pour Trump que pour Netanyahu. Un quotidien de droite Yediot Aharonot qui est bien sûr convaincu que l’Iran est un ennemi mortel critique d’une manière à peine voilée aussi bien les Etats-Unis que le gouvernement israélien[7]. Il note également les dissensions entre les deux pays sur les buts de guerres, soulignant que la menace nucléaire contrairement à ce que prétend Trump n’a pas été éradiquée. Le journal dénonce également le ton triomphaliste de Netanyahu dès les premiers jours de la guerre, n’ayant pas prévenu que les Israéliens allaient souffrir des conséquences de cet engagement militaire en Iran et au Liban. Si sur le plan humain et matériel les dégâts semblent tout de même limités, ils ont cependant remis en question auprès des Israéliens eux-mêmes de l’idée qu’ils avaient de leur propre sécurité. Sur le plan diplomatique, c’est encore pire, Israël qui avait déjà une mauvaise image dans l’opinion internationale voit cette tendance décuplée. Le journal Times of Israel parlait le 24 mars 2026 d’une nuit de destruction[8]. Ces tensions pourraient conduire à une remise en question des accords d’Abraham, laborieusement acquis sous la houlette du premier mandat de Donald Trump. La situation catastrophique à Gaza et celle tout aussi problématique au Sud du Liban pourrait remettre à terme les efforts de normalisation de l’État hébreux pour sortir de son isolement. Les fractures à l’intérieur de la société israélienne, disons entre les Israéliens ordinaires et les colons qui rêvent d’un Grand Israël seront très difficiles à combler. Pour que les choses avancent, il faudra sans doute en passer par se débarrasser de Netanyahu. Celui-ci a d’ailleurs dit que l’Iran ne présentait plus une menace pour Israël, il semble que maintenant il se mette à copier la posture du fanfaron Trump. Mais en même temps les Etats-Unis et Israël cherchent à avoir des alliés et la caution de l’ONU pour ouvrir le détroit d’Ormuz, pour l’instant ça ne fonctionne pas, le Conseil de sécurité ayant voté contre, avec la Chine, la Russie et la France ! 

Un homme marche au milieu des décombres d’un immeuble détruit à Dimona, dans le sud d’Israël, le 21 mars 2026, au lendemain de frappes iraniennes qui ont fait des dizaines de blessés.

Des missiles iraniens ont frappé Dimona le 21 mars 2026 

Si on ne sait pas trop où on va, une chose est certaine, le prix du litre d’essence n’est pas près de redescendre, et les déclarations contradictoires de Trump qui apparait pour ce qu’il est, un clown et un fanfaron, ne nous donnent aucune perspective pour l’avenir immédiat. Le mieux qu’on puisse attendre est que dans deux semaines Trump-le-menteur avance qu’il a gagné la guerre et que ses buts sont atteints, pour accepter un cessez-le-feu qui ne réglera finalement rien du tout dans la région, bien au contraire, les Iraniens auront fait la démonstration qu’ils sont capables de tenir tête à la soi-disant première armée du monde. Malheureusement il est probable que nous ayons à revenir sur ce sujet terriblement mortifère dans les jours ou les semaines à venir. Déjà les perspectives économiques à l’échelle mondiale sont mauvaises pour tout le monde, sauf pour ceux qui travaillerons avec les Russes, c’est-à-dire la Chine et l’Inde principalement. Pour les Etats-Unis et l’Europe, les prévisions de croissance ont été abaissées radicalement, tandis que l’inflation devrait repartir à la hausse. Mais certains font des affaires formidables. Par exemple chez Total les traders ont engrangé un milliard de dollars depuis le début de la guerre[9], aux Etats-Unis c’est Pete Hegseth, le secrétaire de la défense, qui aurait tenté d’investir des millions de dollars dans les valeurs liées à l’industrie de l’armement, juste avant les frappes étatsuniennes sur l’Iran. On parle de délit d’initiés du côté du gang Trump[10], délit qui relèverait évidemment des tribunaux. Le cynisme des ces gens qui envoient leurs soldats à la mort, qui commandent de mettre le feu au Moyen-Orient, est sans limite. Investir au bon moment dans le pétrole ou l’armement, c’est une vraie bonne affaire.


[1] Joseph E. Stiglitz & Linda J. Blimes, The Three Trillion Dollar War, W.W. Norton, 2008

[2] https://www.courrierinternational.com/article/manifestations-des-millions-d-americains-defilent-aux-etats-unis-contre-trump-ice-et-la-guerre-en-iran_242327

[3] https://www.leparisien.fr/international/iran/guerre-en-iran-donald-trump-juge-que-la-france-sest-montree-tres-peu-cooperative-31-03-2026-EB3D4A5SDBDTPCMGEVMU4XAJIE.php

[4] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/24/l-ue-et-l-australie-signent-un-accord-commercial-d-ampleur_6673994_3210.html

[5] https://www.20minutes.fr/economie/4216119-20260401-guerre-moyen-orient-iran-exporte-toujours-petrole-double-recettes

[6] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/31/le-petrolier-russe-anatoly-kolodkin-est-arrive-a-cuba-apres-l-approbation-de-donald-trump-malgre-le-blocus-impose-par-les-etats-unis_6675644_3210.html

[7] https://www.ynet.co.il/home/0,7340,L-8,00.html

[8] https://fr.timesofisrael.com/apres-une-nuit-de-destructions-les-habitants-darad-et-dimona-remettent-de-lordre/

[9] https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/04/02/guerre-au-moyen-orient-les-profits-exceptionnels-des-tradeurs-de-totalenergies_6676110_3234.html

[10] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/02/l-administration-trump-voit-les-soupcons-de-delits-d-initie-s-accumuler_6676130_3210.html

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