
Augmentation de la dette
publique en euros depuis l’élection de Macron en 2017
Dans la campagne présidentielle qui s’ouvre et qui va nous
saouler pendant 9 mois, il y a deux sujets qui vont tenir le devant de la
scène. D’abord l’immigration, c’est un sujet qui concerne toute l’Europe, voir
les manifestations anti-immigrés en Angleterre, en Pologne, en Espagne, ou
encore en Allemagne. Les journalistes disent souvent que ce sujet est manipulé
par l’extrême-droite. En vérité c’est parce que l’immigration pose un problème
important – voir les attentats, les exigences de la communauté musulmanes, les
provocations continuelles à propos du voile, des cantines scolaires, ou la
construction des mosquées – que l’électorat se tourne aujourd’hui, plus qu’hier,
vers les partis dits d’extrême droite, que ce soit en France ou Marine Le Pen
malgré ses condamnations a des chances d’être élue, même si ce n’est pas
certain, ou en Allemagne où l’AfD a le vent en poupe ou encore au Royaume Uni
où Nigel Farage et son parti Reform UK font figure de favori pour les futures
élections législatives, et même jusqu’à l’Espagne où la question de Ceuta pose
une question très simple sur la porosité des frontières. Mais laissons ce sujet
pour le moment, il reviendra bientôt. Le second sujet important touche la
question de la dette publique qui a littéralement explosé depuis la
malencontreuse arrivée de Macron à la tête de l’État. Ce président qui aura
échoué dans exactement tous les domaines, a fait reculer la France de trente
ans au moins dans tous les domaines, l’économie, la santé, l’éducation et la
place de la France dans le monde. Il sera difficile pour le prochain élu de
faire pire. La question de la dette soulève deux problèmes : le premier
est son niveau absolu, et le second aest ce qu’on appelle la charge de la dette,
amortissement de l’emprunt et intérêts. Si la dérive continue le service de la
dette dépassera 100 milliards d’euros en 2008. Ces cent milliards seraient
évidemment bien mieux dépensés s’ils étaient affectés à la santé, à l’éducation
ou à d’autres infrastructures utiles pour la collectivité, voire pour
nationaliser l’EDF, les autoroutes ou les chemins de fer.

Évolution de la dette
publique en pourcentage du PIB depuis 1890.
Le graphique ci-dessus montre que dans l’histoire, la France
a connu des situations d’endettement bien pire. En 1945 la dette était d’environ
215% du PIB. Aujourd’hui elle n’est que de 118%. C’est certainement important,
mais on a connu pire. Remarquez que si à la sortie de la guerre nous avions une
dette de plus de 210%, celle-ci a été apurée en quelques années, entre 1945 et
1950 elle était passée à moins de 40% ! Faisons deux remarques. D’abord
cette dette a été apurée alors qu’on avait mis en place une augmentation des
dépenses sociales, c’était la mise en place de la Sécurité sociale, contre
laquelle le patronat s’élevait bruyamment. Et donc la hausse spectaculaire des
dépenses sociales n’a pas nui au remboursement de la dette. Je rappelle ici que
le sinistre Mendes-France avait refusé de cautionner la mise en place de la Sécurité
sociale au motif que cela ruinerait l’économie ! Ensuite on remarque que
depuis une vingtaine d’années on met en place des plans pour faire baisser la
dette, notamment en diminuant les remboursements de la Sécurité sociale et les
allocations chômage, le moins qu’on puisse dire est que cette politique
austéritaire n’a pas été efficace.

Il y a trois façons de faire baisser le taux d’endettement :
1. une forte croissance économique, ce qui permet de ne pas
toucher ni aux dépenses étatiques et aux dépenses de la Sécurité sociale, ni
aux taux de fiscalité. Une croissance de 4 ou 5% par an est un moyen de régler
une partie de la dette, c’est ce qui était durant les Trente glorieuses ;
2. une inflation supérieure aux taux d’intérêts, cette
inflation permet de diminuer la dette radicalement. Si la différence entre le
taux d’inflation et les taux d’intérêt qu’il faut payer pour rembourser la
dette, alors la dette diminue à proportion de cette différence. Dans ce cas là
il faut que soient réunies deux conditions, que l’inflation soit supérieure à
10 % et que le taux d’intérêt lié au remboursement de la dette soit fixé par l’État
et non par les marchés, d’où l’intérêt d’avoir une banque centrale qui soit sous
la tutelle de l’État. Évidemment cela aboutit forcément à entamer le patrimoine
de ceux qui ont acheté les Bons du Trésor.

Ces deux premières conditions étaient réunies à la sortie de
la Seconde Guerre mondiale en France, mais aussi au Royaume Uni, en Italie et
en Allemagne. Entre 1945 et 1948 la dette publique française a ainsi diminué d’environ
50%. Vous remarquez en regardant le graphique ci-dessus qu’à partir de 1983, la
France pour se conformer aux directives allemandes et entrer dans l’Union
européenne à son détriment, va se fixer comme objectif sous la directive de
cette crapule de Jacques Delors de désindexer les salaires de l’inflation. Cette
méthode radicale qu’avait testé Margaret Thatcher et Ronald Reagan avant l’Europe,
a mécaniquement abaissé le pouvoir d’achat des salariés, augmenté celui des
rentiers, et n’a pas relancé la croissance comme nous le voyons toujours dans
le graphique portant sur la croissance. Au contraire cette déflation salariale
a encore un peu plus ralenti la croissance. Faire adhérer aux thèses néolibérales
le Parti socialiste français qui avait été élu en 1981 sur la base justement d’un
programme de rupture – avec nationalisations, abaissement de l’âge de départ à
la retraite – ce fut le travail du sinistre Jacques Delors, l’homme du Vatican
qui se flattait d’avoir détruit l’échelle mobile des salaires avec si
peu de résistance, et dont le but n’était pas d’aller vers plus d’égalité, mais
plutôt de construire obsessionnellement l’Union européenne. Les plus avancés
avaient compris avant 1981 que la construction de l’Europe était un piège pour
faire avancer la cause du patronat. Vous remarquerez que l’endettement
croissant de la France n’a rien à voir avec un clivage gauche-droite, mais s‘explique
par l’alignement de la politique française sur les directives européennes.
Revenons un instant sur l’inflation. D’abord il faut dire qu’il
y a deux sortes d’inflation : l’une qui est provoquée depuis l’extérieur
avec une hausse des prix des matières premières et de l’énergie, et l’autre qui
est le résultat d’une hausse des salaires, soit parce que les salariés revendiquent,
soit parce qu’on se trouve proche du plein emploi. La première ne sert pas à
grand-chose sur le plan du désendettement, la seconde correspond à un transfert
de la classe des rentiers vers celle des salariés. Celle-ci pousse la demande
et la demande tire la production, la croissance et l’emploi. La limite de ce
raisonnement logique tient au fait que cela fonctionne bien à deux conditions,
d’avoir conserver sa souveraineté monétaire et ensuite de contrôler ce qui
rentre et ce qui sort du territoire national. Dans le cadre d’un pays
désindustrialisé comme le nôtre – pays que cet imbécile de Macron veut
transformer en parc d’attraction pour touristes étrangers – qui est maintenant et
contre toute logique déficitaire dans le secteur agricole, cela devient très difficile.

Venons-en aux dépenses. Si on tape sur les dépenses c’est qu’on
a abandonné l’idée que la politique de l’offre chère à cet imbécile de
Macron puisse relancer la croissance car si celle-ci était forte cet
endettement aurait financé facilement. Le patronat comme les politiciens de
droite pensent que l’endettement vient d’un excès de dépenses par rapport aux
recettes et donc qu’il suffit de baisser les dépenses. Mais quelles dépenses
peuvent-elles baisser ? Pierre Martin, l’ultra-conservateur patron du
MEDEF, pense qu’il faut baisser les retraites en diminuant leur montant et en
poussant les salariés à travailler jusqu’à 67 ou 70 ans. Ce sont les dépenses
sociales qui sont dans le viseur de la Commission européenne, comme si les
salariés qui voient tous les ans leur pouvoir d’achat baisser étaient
responsables par leurs « hauts salaires » et leurs avantages sociaux
de l’endettement. Idée stupide qui est reprise par la crapule macronienne, Edouard
Philippe et Gabriel Attal, qui permet surtout de faire payer la dette par les
salariés et d’oublier les grandes entreprises et les grandes fortunes qui
concentrent l’essentiel de ce qui reste de la croissance de la productivité du
travail. Ce sont ces économies qui sont aujourd’hui misent en avant. Mais il y
en a bien d’autres qu’il serait intéressant d’examiner. D’abord notre
contribution au budget de la Commission européenne. Souvent on entend des
européistes grand teint nous dire que la France reçoit beaucoup d’argent de l’Union
européenne. Mais en fait non seulement c’est son argent qui revient, sauf qu’il
est dépossédé de sa destination par la Commission européenne. Faisons un petit
calcul grossier, la France donne plus d’argent qu’elle n’en reçoit. La France reçoit
environ la moitié de l’argent qu’elle donne. Depuis quarante ans on peut évaluer
une moyenne de 12 milliards d’euros nets par an donné à la Commission – aujourd’hui
on en est à près de 20 milliards – cela nous fait en 40 ans, une somme de 480
milliards, somme à laquelle nous pouvons ajouter les intérêts de cet endettement,
soit au minimum 12 milliards d’euros. Nous sommes déjà à près de 500 milliards
d’endettement qui aurait pu être évités si nous n’avions pas adhérer à ce
système.

Au coût du budget de l’Union européenne, géré par la
Commission, il faut ajouter maintenant le coût de la monnaie unique pour l’économie
française. Comme le montre le graphique ci-dessous, le commerce extérieur
français s’est effondré avec l’introduction de l’euro. Sur les 25 dernières
années, c’est en moyenne 80 milliards par an, de pertes pour l’économie
française qui ont dû être compensées par un endettement croissant. Soit pour la
période considéré un endettement de 2 000 milliards d’euros ! Il
vient que le coût de notre adhésion à l’Union européenne et à la monnaie unique
est équivalent à près de 2 500 milliards d’euros ! On est évidemment bien
loin des promesses des européistes qui nous disaient que l’achèvement du grand
marché et de la monnaie unique propulserait l’Union européenne vers une
croissance régulière de 4% par an en réel, et vers un budget en équilibre,
voire excédentaire. Si on suit ce raisonnement juste, mais un peu approximatif,
j’en conviens, si nous n’avions pas adhéré ni là l’Union européenne, ni à la
monnaie unique, notre dette publique serait comprise entre 16 et 17% du PIB. Un
taux d’endettement russe, si vous voulez !

Comme le titre de cet article l’indique, l’économie c’est un
système de vases communicants, un circuit comme disaient dans le temps les
économistes qui essayaient de penser. Autrement dit ce que l’État donne à l’un,
il ne peut pas le donner à l’autre. L’observatoire de l’immigration et de la
démographie a calculé que pour les finances publiques l’immigration avait
un coût net – c’est-à-dire une fois déduit les cotisations sociales et les
impôts versés par les travailleurs immigrés – d’environ 41 milliards d’euros par
an. Mais
ce type d’économie n’intéresse pas le MEDEF qui veut de la main d’œuvre pas
chère, cela n’intéresse pas non plus Mélenchon qui compte sur le vote des
descendants d’immigrés pour arriver au second tour de l’élection
présidentielle. D’autres calculs ont été faits. Un rapport du Sénat en 2025
très sérieux et qui a fait beaucoup de bruit, publié sous la houlette du
sénateur Fabien Gay
a fait le calcul suivant, en 2023 les subventions aux entreprises avaient
atteint 211 milliards d’euros, en 2019 elles avaient été de 205 milliards d’euros.
On voit que si on supprimait ces subventions, en 10 ans, la dette diminuerait
de 2 000 milliards d’euros ! Ce chiffre énorme appelle plusieurs remarques :
– d’abord si l’État et les collectivités locales sont
obligées de donner des sommes si importantes pour soutenir les entreprises, nous
ne sommes plus dans un État libéral et les rigolos qui voudraient un État qui
ne s’occupent que du régalien ne comprennent rien à ce qui est la cause de ces
subventions.
– ensuite ces subventions montrent nécessairement –
nonobstant les magouilles qui peuvent exister en arrière-plan pour obtenir ces
subventions – que la France n’est pas compétitive suivant les traités
européens, et généralement les traités de libre-échange, et qu’elle ne peut
ajuster sa compétitivité parce qu’elle se trouve dans la monnaie unique qui lui
a été imposée par l’Allemagne. On ne peut supprimer ces mêmes subventions aux
entreprises qu’à condition de sortir de ces traités et de la monnaie unique
pour ajuster la valeur de notre monnaie à notre productivité effective.
– enfin il faut noter que ces subventions c’est un
transfert massif d’argent public vers le secteur privé sans contrepartie.
Ce qui n’empêche pas les crapules du MEDEF de se plaindre que les impôts et les
cotisations sociales sont trop élevées, en omettant de dire qu’une partie
importante leur revient sous forme de subventions.
Contrairement à ce qu’on croit, la plupart des européistes,
von der Leyen en tête sont pour aggraver l’endettement. L’idée est d’émettre
une dette commune qui permettrait de financer la guerre éternelle de l’Ukraine contre
la Russie.
Mélenchon a proposé de « brûler la dette » soit
18% de la dette publique qui serait détenue par la Banque de France,
concrètement il souhaite geler la dette française détenue par la Banque de
France au nom de la BCE en la transformant en dette perpétuelle à taux nul. Il laisserait
courir la dette détenue par les investisseurs privés, soit approximativement
3000 milliards d’euros ou 82% du total. Il avance que cela permettrait de
retrouver des marges de manœuvre pour les budgets européens. Il resterait dans le
cadre de l’Union européenne. or nous avons vu justement que le problème
principal de l’endettement était l’intégration de la France à l’Union
européenne et à la monnaie unique – la double peine ! Pour réaliser cette
action fantaisiste qui tuerait la crédibilité de la France sur les marchés
financiers où seraient détenu le principal de la dette, il faudrait sortir des
traités européens et renationaliser la Banque de France pour qu’elle cesse d’être
indépendante du pouvoir politique. En outre les traités européens stipulent que
le financement monétaire, « qui empêchent les banques centrales de
soutenir immédiatement les finances publiques des États membres » est
interdit. Cette approche compliquée ne réglerait en rien le problème. On ne
peut pas avoir un pied dedans et un pied dehors de l’Union européenne et de sa
logique économique mortifère. Une telle mesure proposée par Mélenchon ne
pourrait être appliquée que si elle était prise au niveau des 27 États
européens, ce qui est impossible connaissant la position des pays comme l’Allemagne,
les Pays-Bas ou encore le Danemark.

Si on considère qu’il faut réduire la dette publique pour
retrouver une marge budgétaire, alors que les services publics qui sont un des
piliers de la croissance économique contrairement à ce qu’affirment bêtement
les néo-libéraux, contribuent à l’accumulation du capital humain, la
manière dont on réduit cette dette est un choix purement politique : qui
en supportera la charge et quelles seront les conséquences ? Ces investissements
d’infrastructures pour parler comme la Banque Mondiale, sont ceux qui sont
censés préparer l’avenir, la France et plus généralement l’Occident ne produisent
plus d’ingénieurs et de scientifiques, contrairement aux pays asiatiques, à l’Inde
et à la Russie. C’est là un autre résultat néfaste des politiques néo-libérales.
Et donc on comprend que la compression des dépenses sociales, le recul de l’âge
de départ à la retraite sont des fausses solutions, destinées à ce que la
classe des possédants ne prenne aucune responsabilité dans la dégradation des
comptes publics. Ces solutions n’amèneront qu’un recul civilisationnel dont on
a du mal à comprendre comment on en sortirait. Ce recul a déjà commencé dans
les pays européens, et les trajectoires suivies montrent que nous ne sommes pas
près d’en sortir.