jeudi 27 mars 2025

L’Union européenne, nouvelle forme d’un proto-État fasciste

 

Manifestation de soutien à Calin Georgescu 

Je crois que les citoyens européens n’ont absolument pas conscience du véritable régime qui sévit dans l’Union européenne. Bien sûr en France on l’a vu avec l’épisode des Gilets jaunes qui a vu Macron et son gang utiliser, pour se maintenir « quoi qu’il en coûte » au pouvoir, d’une violence inouïe, ce qu’on n’avait plus vu depuis les temps de l’Occupation. Mais cette tendance n’est pas spécifique à la France. Par ailleurs le discours dominant des européistes est de nous dire qu’on se bat en Ukraine « pour nos valeurs » contre la « barbarie native » des Russes. Quelles sont ces valeurs justement ? Les interroger est nécessaire. « Nos valeurs », cette locution que toute la crapule européiste a à la bouche, ce n’est en vérité qu’un slogan. C’est un peu comme quand on nous dit sans rire L’Europe c’est la paix ! Il faut toujours comprendre l’exact inverse quand cette engeance nous dit quelque chose, c’est comme quand cette bureaucratie que grâce au Grand marché et à l’euro nous vivons dans une zone de grande prospérité et de stabilité économique. La logique de ces mensonges répétés n’est pas qu’ils soient crus, ils ne peuvent pas l’être, mais qu’ils sèment le trouble et qu’ils saturent l’espace de la communication pour laisser croire à une absence de choix. Il est vrai que sur ce point les partis politiques, obsédés par leur rente de situation en termes de sièges, ne font aucun effort pour proposer une autre lecture de la réalité. En France la France Insoumise et le Rassemblement national, les deux partis qui avançaient qu’il fallait sortir de l’euro et de l’Union européenne se sont couchés. Ils ne remettent plus en cause l’absence flagrante de démocratie en son sein également, avalisant le discours qui avance que la Russie serait « non démocratique », mais que l’Union européenne, oui. En vérité, l’Union européenne lutte contre la démocratie, même la faible démocratie parlementaire. On n’a pas besoin de remonter à la forfaiture de 2005 et le vol des suffrages hostiles au TCE. Le gros morceau de cette affaire est aujourd’hui la situation en Roumanie, parce que d’ici quelques jours il va y avoir une élection présidentielle. Une première version de celle-ci a été annulée au motif que le candidat Călin Georgescu était arrivé en tête, alors que les imbéciles européistes pensaient que le peuple roumain voterait comme un seul homme pour le candidat pro-européen et pro-guerre pour lequel ils avaient fait des efforts inédits de propagande. Car les Roumains sont à proximité de l’Ukraine et de la guerre, et ils n’ont pas un amour inconsidéré pour les Ukrainiens qui traitent très mal la minorité roumaine. Or les Roumains aimeraient retrouver des relations normales aussi avec la Russie. Mais l’Union européenne ne le veut pas, elle poursuit son but de guerre, donc elle a accusé le candidat Călin Georgescu d’être un agent de Moscou. Les preuves étaient inexistantes. Mais pour l’annulation, on a trouvé un prétexte ridicule selon lequel ce candidat aurait bénéficié d’un avantage de propagande sur Tik Tok et que cela aurait été orchestré par les Russes. Là encore il n’y a aucune preuve, mais la Cour constitutionnelle parle de « soupçons » d’ingérence russe, elle ne nous parle jamais d’ailleurs d’ingérence européenne ou étatsunienne, comme si cela n’existait pas. Évidemment les Roumains ont vivement protesté contre ce déni de démocratie contre lequel l’Union européenne ne trouve rien à dire, qui ne dit rien consent, et elle s’abrite derrière une Cour constitutionnelle qui ne vaut rien, pour faire cette sale besogne. Macron avait convoqué la présidente de la Cour constitutionnelle roumaine à l’Élysée pour lui donner ses consignes ! 

L’ignoble Cour constitutionnelle roumaine 

Mais les choses se sont aggravées. Donc Georgescu décide de se représenter aux prochaines élections. Cependant les européistes ne l’entendent pas de cette oreille, ils savent que les sondages lui sont favorables, qu’il arrivera probablement en tête au premier tour et qu’il sera élu au second : pris de panique, ils l’arrêtent, le trainent devant la justice au prétexte qu’ils auraient trouvé chez lui un coffre plein de billets, mais aussi des armes, un fusil et une arme de poing. Cette arrestation met le feu aux poudres et les partisans de Georgescu descendent dans la rue. On est au bord de la guerre civile. Cependant « le système » n’est pas arrivé à discréditer Georgescu, au contraire, c’est lui qui s’est discrédité. Il est maintenant crédité de 48 % de voix au premier tour et donc presque certain de l’emporter ! Devant ce danger la Cour constitutionnelle rejette sa candidature ! Que reprochent les européistes à Georgescu ? D’abord qu’il ne veuille pas s’engager plus avant dans la guerre et veut donner à son pays une sorte de statut de neutralité. Il a une position critique vis-à-vis de l’OTAN, et voyant ce que l’OTAN a fait de l’Ukraine, les Roumains sont sensibles à cette approche. Donc il faut l’éliminer par tous les moyens. Quand les européistes perdent les élections, en Géorgie ou en Roumanie, ils ont tendance à remettre en cause le résultat. C’est une constante de l’Union européenne depuis au moins 2005 et le catastrophique référendum en France et aux Pays-Bas sur le TCE. Il va sans dire que cela renforce le courant anti-européen sur le long terme. En Géorgie, la présidente sortante, Salomé Zourabichvili, qui a perdu les élections, refusait de quitter son poste. C’est une ancienne ambassadrice de France en Géorgie, mais surtout une agente des Etats-Unis, formée par Zbigniew Brzeziński lui-même pour s’implanter dans ce pays et y travailler à sa déstabilisation. Face à son échec électoral, elle tentera de susciter une guerre civile avec ses partisans, sans succès, puis, partie la queue entre les jambes, elle sera récupérée dans le staff d’une multinationale étatsunienne, elle avait bien mérité une récompense. Son but avait été de faire entrer la Géorgie dans l’Union européenne, et dans l’OTAN pour laquelle elle avait longtemps travaillé. C’est une fois de plus raté, après les tentatives de l’autre agent des Etats-Unis, Mikhaïl Saakashvili épaulé par son comparse Raphael Glucksmann. Évidemment l’Union européenne par la voix de Ursula von der Leyen a elle aussi contesté le résultat des élections en Géorgie, dénonçant l’ingérence russe. Sans preuve bien évidemment. Dans les deux cas, nous voyons que l’Union européenne soutient le chaos et la guerre civile pour tenter d’avancer ses pions et ceux de l’OTAN consistant à encercler la Russie. Dans le cas de la Roumanie, les choses risquent d’aller assez loin puisqu’en effet, Georgescu vient de recevoir un soutien appuyé de la part d’Elon Musk. On sait aussi qu’à l’heure où j’écris, la DGSE a déployé une grande quantité d’agents spéciaux pour tenter de consolider le résultat des élections à venir, une fois Georgescu écarté[1]. La candidate de l’Élysée est Elena Lasconi qui aura ainsi la voie libre pour devenir présidente et recadrer son pays dans le sens voulu par Bruxelles, elle ne cache pas d’ailleurs son programme russophobe d’européisation de la Roumanie à marche forcée[2]. Le prix à payer risque d’être un chaos politique pour de longues années, voire une guerre civile. Personne pourtant accuse Lasconi d’être une agente de l’étranger. 

Elena Lasconi est ouvertement soutenue par Macron, mais on ne parle pas d’ingérence 

La Cour constitutionnelle roumaine qui n’en finit pas de bafouer ses propres règles, a annoncé dans un communiqué « la décision de rejeter la candidature de Diana Sosoaca ». Dans sa motivation, elle rappelle que l'eurodéputée de 49 ans avait déjà été bannie du précédent scrutin de novembre, par la suite annulé. La Cour constitutionnelle avait alors pointé des déclarations contraires aux « valeurs démocratiques », évoquant un danger pour l'appartenance de la Roumanie à l'UE et l'OTAN[3]. Autrement dit, tout candidat qui en Roumanie remettrait en question l’appartenance de ce malheureux pays aux structures de l’OTAN et de l’UE sera interdit. Comme on le voit, la Cour constitutionnelle élimine les uns après les autres les candidats qui pourraient être réticents à suivre l’Union européenne et l’OTAN sur la voie de la guerre. Il est vrai que les Roumains ont un passé nazi très ancien, ils ont joué un rôle certain dans la mise en place de la solution finale, et donc ils sont dans une certaine tradition pour continuer à bafouer leurs propres règles « démocratiques ». À chaque détour du chemin on voit que l’Europe institutionnelle valide la « démocratie » tant que les résultats des élections ne contrarient pas ses plans. Mais sinon elle dissout, elle interdit et elle envoie éventuellement la milice comme Macron avec les Gilets jaunes. Cependant les Etats-Unis s’intéressent eux aussi à la Roumanie, et Elon Musk est intervenu pour soutenir Călin Georgescu. Iront-ils plus loin en mesure de rétorsion ? 

 Diana Sosoaca a été elle aussi écartée du scrutin 

En Roumanie comme en Géorgie, l’Union européenne finance indirectement des manifestations pro-européennes, via des ONG qui n’ont plus maintenant le soutien direct des Etats-Unis. Mais l’Union européenne avance ses pions contre la démocratie de plusieurs autres façons, elle ne se contenter pas de financer les ONG qui sont favorables à l’OTAN et à l’UE. C’est ainsi qu’en Allemagne on a commencé à avancer sur l’idée d’interdire l’existence de l’AfD. Pourquoi interdire ce parti ? Parce qu’il menace les autres partis qui sont pour la guerre contre la Russie, sauf le petit parti de gauche de Sahra Wagenknecht. Évidemment le prétexte est tout trouvé. Ce parti serait un danger pour la démocratie[4] ! Finalement ce débat tourna court, sans doute parce que les partis allemands avaient compris qu’un simple « barrage » suffirait à le contenir. Mais il se pourrait qu’ils y reviennent lorsqu’ils se sentiront de nouveau en danger pour leurs sièges et pour développer leur projet guerrier contre la Russie. Ils ont la patience de l’araignée. Ils ont une majorité parlementaire pour ce faire. L’indécence le partage avec l’imbécilité. Ils auraient pu s’abstenir, sachant que le réflexe du barrage joue encore un peu le rôle de la roue de secours quand le peuple vous lâche. Mais non, ils ont bien trop peur.

La canaille bruxelloise nous dit, à juste titre d’ailleurs, que la démocratie repose sur la liberté d’expression, telle qu’elle devrait être garantie par l’Article 19 de la Charte des Nations Unies qui dit « Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit ». Or nous avons vu que Tik Tok, moyen d’expression et d’opinion, est le prétexte à censurer un candidat qui n’est pas dans la ligne. Et puis il faut se souvenir, alors que nous n’étions pas en guerre avec la Russie, que l’Union européenne a décidé d’interdire les médias russes, Sputnik et Russia Today. L’idée était que les médias russes désinforment, ce qui est possible, mais tous les autres médias, à commencer par LCI et le journal Le monde, désinforment aussi, rappelez-vous cet idiot de Yakovleff qui nous disait que l’armée russe était cuite, que les soldats se battaient avec des pelles, etc. Et puis Bruno Le Maire qui nous racontait qu’il allait, grâce à ses sanctions merveilleusement ciblées mettre l’économie russe à genoux. On peut en rire, mais c’est bel et bien de la désinformation. La censure en Europe existe à tous les étages. Elle peut venir directement des GAFAM, mais aussi des instances les plus hautes de la bureaucratie européiste. Dans le langage de Bruxelles, la censure s’appelle la « régulation ». Thierry Breton, ce fainéant, alors commissaire européen, s’est lancé dans cette croisade avec cette idée, il n’y a pas de raison que les GAFAM contrôlent seuls l’information qui circule sur la toile, la bureaucratie bruxelloise négocie pour partager ce contrôle, mais c’est toujours contrôler les réseaux pour asseoir son pouvoir.

 

Évidemment ces bureaucrates ne vont jamais employer le mot censure puisqu’ils sont officiellement pour la liberté d’expression, mais ils vont prendre prétexte par exemple de ce qui se passe sur le Darknet pour prendre des mesures visant le contrôle de toute parole dissidente. On va dire par exemple que les trafiquants de drogue utilisent les réseaux sociaux, ou que les pédophiles s’en donnent à cœur joie. Mais c’est juste l’arbre qui cache la forêt. À l’usage, le numérique a pour principaux usages : 1. De mettre des gens au chômage – bientôt tous les journalistes y passeront ; 2. D’accroitre le contrôle sur les populations. La question est de savoir qui va contrôler l’information, la bureaucratie supra-étatique corrompue ou les multinationales prédatrices ? Dans la lutte qui s’est amorcée entre Thierry Breton et l’Union européenne d’un côté, et les GAFAM de l’autre, le résultat sera le même. Dès lors la liberté d’expression et d’information devient un slogan complètement vide de sens, et sans liberté d’expression, il n’y a pas de démocratie. L’Union européenne qui se mêle de tout ce qui ne la regarde pas, de la propagande pour la guerre, d’attiser le feu en Roumanie ou en Moldavie et en Géorgie, de contrôler les réseaux sociaux pour son propre compte, est un proto-État pré-fasciste.  Le laisserons-nous s’installer définitivement ? 


Donnons encore un exemple des dérives fascisantes de l'Union européenne. Plus récemment Valérie Hayer, la macronienne folle qui a perdu les élections européennes dans les grandes largeurs et qui se pissait dessus dans les meetings avec Bruno l’effondreur de la Russie, est allé un peu plus loin, le 21 mars 2025 sur France Info. Elle n’a pas dit un mot de ce qui se passe en Roumanie, où tous les candidats qui contestent les orientations guerrières de l’OTAN et de l’Union européennes sont disqualifiés par la Cour constitutionnelle. Mais par contre comme elle trouve qu’Orban ne vote pas comme on le lui dit, elle propose qu’on retire le droit de vote de la Hongrie ! Voici ce qu’elle dit : Retirer le droit de vote d'un membre de l'UE, "c'est possible", assure Valérie Hayer, "il faut l'unanimité des autres pour le faire""On demande à la Commission européenne de remettre ce sujet sur la table pour que nos valeurs soient respectées", réitère l'eurodéputée. "La Hongrie et les Hongrois ont encore leur place en Europe", assure Valérie Hayer qui appelle à "soutenir tous les démocrates en Hongrie" et les partis d'opposition qui sont "très mobilisés". Passons sur le fait qu’il faut l’unanimité – donc l’aval de la Hongrie elle-même pour retirer ce droit de vote. Mais elle se donne le droit d’ingérence en disant que l’Union européenne – toujours sans la Hongrie – doit soutenir les partis d’opposition atlantistes et antirusses ! On la savait idiote, mais elle se doble d’une fasciste convaincue, c’est la ligne actuelle de l’UE, n’ont le droit de vote que ceux qui votent bien !

 


[1] https://francais.news-pravda.com/world/2025/03/10/369878.html

[2] https://www.g4media.ro/video-elena-lasconi-convorbire-cu-presedintele-frantei-emmanuel-macron-am-oferit-sustinerea-noastra-unei-tari-angajate-clar-in-ue-si-nato-daca-ajunge-la-putere-cineva-care-este-ambiguu-cu.html

[3] https://information.tv5monde.com/international/roumanie-une-nouvelle-candidate-dextreme-droite-exclue-de-la-presidentielle-2766394

[4] https://www.lemonde.fr/international/article/2025/01/31/en-allemagne-l-interdiction-de-l-afd-en-debat-au-bundestag_6524485_3210.html

 

mardi 25 mars 2025

Notes sur la manifestation antiraciste du 22 mars 2025

  

Je me suis posé la question de la raison des manifestations dans toute la France le 22 mars 2025. Officiellement il s’agit de lutter contre le racisme et les idées d’extrême-droite, ce qui est plus que vague. Cette manifestation à laquelle s’était ralliée la gauche, du PS, de la FI, de la CGT et du PCF, plus quelques autres groupuscules, aurait rassemblé environ 100 000 personnes dans toute la France. C’est relativement peu si on rapporte ce nombre à la kyrielle des organisations qui y ont appelé. La première constatation qu’on peut faire est que cette manifestation a tourné autour de deux thèmes bien réels : celui de l’immigration et celui de la guerre entre le Hamas et Israël. Autrement dit on a fait un amalgame douteux entre la politique internationale et la situation en France. Le but en fait était d’opérer un glissement dangereux du racisme en France à la politique du gouvernement israélien considérée comme fasciste et raciste. Pour la question de l’immigration qui était présente dans toutes les manifestations, il était supposé que les immigrés en situation irrégulière ou non étaient victimes d’un surcroit de racisme et de discrimination. Si on reste sur territoire français, voici ce que disent les statistiques du ministère de l’intérieur. D’abord il y a 8 fois plus d’attentats antisémites que d’attentats islamophobes. Et si on rapporte à la population, il y a 17 fois plus de musulmans en France que de Juifs. Et donc il vient qu’un Juif a 8x17 = 137 fois plus de chance en France d’entre agressé qu’un musulman. 

 

C’est un fait statistique. Or nous constatons que la FI par exemple ne parle que d’un racisme de type islamophobe et très peu du racisme antisémite. C’est un double mensonge : d’abord parce que comme on vient de le voir, un Juif a plus de chance d’être agressé en fonction de sa religion qu’un musulman, ensuite parce que le gros des agressions antisémites est le fait de musulmans justement. Mais la FI et la gauche en général mette en avant le racisme islamophobe pour des raisons idéologiques et opportunistes. D’abord parce que maintenant la gauche en général a pris le relais du vieil antisémitisme de droite, le juif est mauvais par essence, la preuve ce serait Netanyahu ! Donc on importe le conflit Hamas-Israël pour masquer le racisme latent des immigrés musulmans. Ensuite parce que la Fi a fait depuis le mois de novembre 2019 un étonnant virage islamophile, en passant d’une défense de la laïcité un peu intransigeante à un soutien aux musulmans regardés comme des victimes du racisme. C’est à ce moment là qu’il s’était rangé derrière une manifestation organisée par les Frères Musulmans. Son idée stupide était de travailler les voix de la communauté musulmane pour obtenir des sièges, c’est ce qu’il a réussi à faire par exemple en Seine-Saint-Denis, au prix d’un développement d’un antisémitisme de plus en plus débridé, facilité par la situation explosive en Israël puis à Gaza. Dans ce tour de passe-passe, on retrouve la logique opportuniste de Terra Nova, le think-tank social-démocrate. Dans cette manifestation du 22 mars, il y avait une prolifération des drapeaux palestiniens. 

 

Les manifestations contre le racisme et l’extrême-droite du 22 mars 2025, se sont ainsi transformées en une tribune propalestinienne. C’était très certainement le but de l’extrême-gauche en perdition, genre NPA. Et donc en France on a opéré ainsi un glissement de la lutte contre le racisme vers une lutte contre Israël, désigné maintenant comme un État raciste et plus ou moins nazi. Évidemment dans ces conditions il y avait très peu de Juifs dans ces manifestations, alors qu’ils sont pourtant en France les premières victimes des agressions racistes, comme on l’a vu ci-dessus.  

Au prétexte de combattre les idées d’extrême-droite, la gauche et particulièrement la FI importe en France un conflit dont ils ne connaissent à vrai dire pas grand-chose. On remarque que le conflit israélo-palestinien importe beaucoup à la gauche et à la FI que les autres conflits dans le monde. Ses représentants sont assez mous sur le conflit en Ukraine qui fait des centaines de milliers de morts, n’osant pas affronter les caciques de l’Union européenne et de la guerre. Également ils ne disent rien du conflit raciste qui se déroule en Syrie entre le nouveau pouvoir et les alaouites et les chrétiens qui se font massacrer. Mais ils abordent aussi un autre débat, sans doute beaucoup plus fondamental, celui de l’immigration. Donc dans ces manifestations, ce sont les idées de l’extrême-gauche en la matière qui étaient présentes. Trois idées étaient généralement avancées. D’abord celle d’une régularisation des sans-papiers, laissant entendre que ces mêmes sans-papiers non seulement travaillaient, mais qu’en ne leur donnant pas de papiers, ils étaient discriminés. Bien entendu, il est tout à fait vrai que certains patrons, dans le bâtiment ou dans la restauration abusent sérieusement de cette position, trouvant dans cette main d’œuvre irrégulière un avantage de docilité et de faibles salaires. Mais on peut se poser la question de savoir ce qui se passerait vraiment si ces clandestins n’étaient pas venus en France. Les salaires n’augmenteraient-ils pas ? Et puis, les immigrés africains qui viennent chercher fortune en Europe, ne manquent-ils pas à leur pays d’origine pour son développement ?

L’autre idée est celle selon laquelle nous avons besoin pour notre économie de l’immigration et donc qu’il est mauvais de garder des frontières étanches. Cette idée est bien entendu hostile à l’idée de frontière. Le Conseil constitutionnel a reconnu en réalité ce principe à propos de l’affaire Cédric Hérou, ce gauchiste qui faisait le trafic d’êtres humains entre l’Italie et la France, a été relaxé au motif que le principe de fraternité devait être intégré à la Constitution[1]. Enfin ce qui couronne cette dérive juridique qui n’a évidemment jamais été approuvée par le peuple, est que l’État de droit, ici représenté par le vague principe de fraternité, est supérieur. La dernière idée qui n’est pas clairement dite, c’est que cette approche de l’immigration est une étape vers la mondialisation. Mais au fond, elle est incompatible avec l’idée de souveraineté nationale, c’est d’ailleurs pour cette raison que le NPA reste un parti européiste. Cependant ceux qui manifestent pour une porte largement ouverte à l’immigration oublient deux choses : la première est que en France, mais c’est aussi vrai en Allemagne ou même dans les pays nordiques, les citoyens sont attachés pour des raisons diverses à la souveraineté de la nation, et donc qu’ils craignent une transformation trop rapide sur le plan démographique du peuplement. Ce qu’ils craignent c’est une « créolisation », pour reprendre le mot de Mélenchon, de leur pays. C’est d’ailleurs cela qui fait le succès électoral du Rassemblement National qui pèse à lui seul un peu plus que l’ensemble des partis de gauche[2]. Il est clair que ces manifestations s’inscrivent avec en arrière-plan l’idée d’une forme de gouvernement mondialiste, c’est-à-dire qui exclut la démocratie. 

La gauche n’est pas près de se relever de ses errements doctrinaux. Rien ne bougera de ce côté. Dans ces manifestations du 22 mars 2025, on trouvait aussi la CGT, or ce syndicat est en déshérence depuis que le sinistre Philippe Martinez a non seulement refusé de soutenir le mouvement des Gilets jaunes – le seul mouvement social conséquent depuis Mai 68 – mais l’a combattu en se rangeant derrière Macron. Or ce syndicat, incapable de porter la colère des salariés et de se positionner clairement sur la réforme des retraites – voir la palinodie de la soi-disant conférence sur les retraites mise en scène par Bayrou – ne trouve rien de mieux à faire que de défiler pour la cause palestinienne ou pour l’abolition des frontières. Les manifestations du 22 mars 2025, il faut le dire, n’ont pas été un succès, quel que soit le décompte qu’on fait du nombre de participants. Si on accepte le nombre de 100 000 manifestants pur 200 cortèges, ça fait 500 personnes en moyenne. Il est probable que les Français qui en ont marre de Macron et de son gang, ne se sentent pas vraiment concerné par ce combat d’arrière-garde. Loin de réunir, la démarche accroit toujours un peu plus les divisions en oubliant la question de la lutte des classes. 

Sondage Ifop, juin 2024 

Pour question palestinienne, malgré le matraquage médiatique incessant, ce n’est pas la préoccupation première des Français. Pire encore la grande majorité des Français considère qu’Israël est tout à fait justifiée à éradiquer le Hamas, ainsi que le montre le sondage ci-dessus. C’est évidemment la démonstration de la stratégie de la gauche a échoué. Cependant il n’empêche que la gauche sème un venin à longue portée, non seulement en développant un antisémitisme hors de saison, en stigmatisant toujours Israël, mais aussi en détournant la gauche de son combat naturel pour l’égalité sociale. Dans toute cette salade on chercherait en vain une analyse en termes de lutte des classes – à moins d’identifier comme le font certains les Juifs avec le Grand capital. Mais c’est plus précisément une sorte de démission à laquelle on assiste, la gauche n’a ni les moyens, ni même l’intention de prendre le pouvoir et de gouverner. Face à la décomposition du pays qui atteint sous Macron un niveau inacceptable, le peuple a besoin de manifester son mécontentement, mais la gauche détourne cette volonté en l’amenant vers la question d’un soutien à la Palestine – entité qui n’existe pas vraiment – et d’une propagande pour un monde sans frontière. Quelques slogans parmi d’autres, hués en toute impunité : « À bas l’Etat, à bas les flics et les fachos, à bas les juifs ou encore : « mort à Israël ….. » Et pendant ce temps un Rabbin se faisait rouer de coups devant son fils de 9 ans en sortant de la synagogue d’Orléans, ce qui ressort évidemment du racisme ordinaire[3].



[1] https://www.actu-juridique.fr/constitutionnel/laffaire-herrou-la-reconnaissance-de-la-valeur-constitutionnelle-du-principe-de-fraternite-et-ses-limites/

[2] Ce qui ne veut d’ailleurs pas dire que ce parti ait un grand avenir, notamment parce que depuis que Bardella a pris de l’importance, il n’arrête pas de changer d’idée sur à peu près tout, y compris sur l’Europe et l’immigration.

[3] https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/03/23/le-rabbin-d-orleans-agresse-samedi-un-adolescent-de-16-ans-interpelle_6585008_3224.html#:~:text=Le%20rabbin%20d'Orl%C3%A9ans%2C%20Ari%C3%A9,du%20dossier%20%C3%A0%20l'AFP.

vendredi 21 mars 2025

Des agents des Etats-Unis on en trouve tous les jours

  

J’ai un ami qui me dit qu’il ne veut plus lire Le monde que ce journal est devenu un torchon propagandiste. Mais il a tort avec ce canard on apprend tout de même certaines choses. Le monde n’en finit pas de nous faire découvrir des agents américains qui viennent nous dire ce qu’il faut penser. La période est propice parce que les changements politiques à Washington ont laissé beaucoup de ces agents sans boussole, s’adaptant difficilement à la nouvelle période, se tournant vers la Commission européenne pour trouver de nouveaux émoluments. Ils se découvrent plus facilement. J’ai parlé de l’extravagant Raphael Genté il y a quelques jours[1]. Voici maintenant Thorniké Gorgadzé qui se fait passer pour un enseignant à Sciences Po, mais qui n’est qu’un homme de paille. Géorgien élevé à Sciences Po, vos me direz que cette boutique sans consistance n’est pas la première à recruter des atlantistes, puis à l’Université de Yale, c’est une sorte de Raphael Glucksmann, sans plus de surface intellectuelle. On nous dit qu’il est français, mais « homme politique géorgien », il a été comme Glucksmann un des hommes liges de Mikheil Saakashvili qui lui a bien été presqu’officiellement un agent stipendié des Etats-Unis. Ce Gorgadzé traficote dans une nébuleuse de think tanks tous inféodés à la cause atlantiste fut vice-ministre des affaires étrangères de Saakashvili en 2010 et Ministre d'État pour l'intégration européenne et euro-atlantique de la Géorgie en 2012 pour quelques mois. Il est un partisan de la déstabilisation du Caucase et donc soutient que les mouvements d’indépendance de ces pays vis-à-vis de la Russie sont la voie vers toujours plus de démocratie à la manière occidentale. Ne comptez pas sur lui pour vous renseigner sur les sommes que les Etats-Unis et plus modestement l’Union européenne investissent pour tenter de couper les ponts entre la Géorgie et la Russie. Ces sommes comprennent évidemment le financement des manifestations périodiques à Tbilissi qui tentent de faire croire les Géorgiens sont massivement pour un rattachement à l’Union européenne et à l’OTAN et que les élections qui le chassèrent du pouvoir avec Saakashvili ont été truquées par les Russes. Cependant si la présidente de la Géorgie est une marionnette des Américains, et soutient l’idée de rejoindre l’OTAN et l’Union européenne, le premier ministre lui se trouve dans la position inverse. Comme en Moldavie la population est très divisée. Le parlement géorgien a été renouvelé pour quatre ans le 26 octobre dernier, ce qui explique les manifestations pro-européennes qui ont été mises en place à Tbilissi pour tenter de faire pression sur les électeurs. Des moyens importants ont été mis à la disposition des manifestants, et on peut légitiment se poser la question de savoir qui paye les drapeaux européens qui paraissent neufs et bien repassés ! Mais l’opposition atlantiste a perdue. 

Le pays est très divisé, et Thorniké Gorgadzé commence donc à chanter la chanson selon laquelle les Russes qui bien entendu ne sont pas indifférents à ces élections, les auraient truquées[2]. Il prend pour preuve que la manifestation pro-européenne de ces derniers jours qui, selon lui, aurait rassemblé entre 100 000 et 150 000 manifestants. Le parti au pouvoir a fait campagne en disant que si l’opposition l’emportait il y aurait la guerre comme en Ukraine avec les destructions massives qu’on sait, tandis que l’opposition avançait que le gouvernement actuel était une semi-dictature et elle a fait campagne sur le thème que l’adhésion à l’Union européenne était inscrite maintenant dans la constitution, et qu’en, outre ce serait bien pour les LGBTQ+ et le mariage homosexuel que de changer de direction ! On peut se demander évidemment pourquoi l’Union européenne veut rallier à elle des pays du Caucase, mais cette question, Gorgadzé ne se la pose pas ! C’est le premier pas en fait pour faire entrer la Géorgie dans l’OTAN, ce qui permettrait d’encercler encore un peu plus la Russie et donc de la provoquer une fois de plus à la guerre comme avec l’Ukraine. La Russie possède 1000 kms de frontière avec la Géorgie. Les sondages sont pourtant peu favorables à l’opposition et c’est bien pour cela que Gorgadzé nous dit que ce sont les Russes qui sont à la manœuvre pour truquer les résultats. Mais on a vu qu’en Moldavie, c’était plutôt le parti atlantiste qui avait truqué les résultats des dernières élections, empêchant les expatriés moldaves de voter par exemple en Russie, ou encore en renversant les résultats in extremis alors que Sambu, agente des Américains, était prête à reconnaitre sa défaite ! Sans parler de l’annulation des élections en Roumanie sous le prétexte fumeux de l’ingérence de la Russie, comme si l’ingérence de la Commission européenne ou des Etats-Unis n’était pas manifeste. Le ton de l’article de Gorgadzé est de presser l’Union européenne à intervenir pour accélérer l’adhésion de ce petit pays. Même si les résultats sont défavorables au camp atlantiste, Gorgadzé nous dit qu’il faut foncer vers l’adhésion, et donc il faut d’une part supposer que les Russes ont truqué les élections, et que d’autre part la large majorité des Géorgiens veut comme les Ukrainiens devenir européens ! Il faut se montrer ferme et intimider les Russes !

Est-ce de l’intérêt de Européens de voir la Géorgie devenir membre de l’Union européenne ? C’est en tous les cas celui des Américains car non seulement ce pays est frontalier avec la Russie, mais il contrôle une partie de la mer Noire, comme on peut le voir sur la carte ci-dessus. Avancer toujours plus vers l’Est comme le veulent l’Union européenne et l’OTAN, c’est une provocation inacceptable pour la Russie. Comme pour ce qui concerne l’Ukraine, Gorgadzé est pour le conflit armé avec la Russie. Incapable de tirer les leçons de la défaite programmée de l’Ukraine, il ne tient pas compte de la faiblesse militaire manifeste de l’OTAN et même des Américains qui n’ont plus rien comme stocks de munitions et qui sont sur le plan de la technologie militaire dépassés maintenant par la Russie. Les Européens n’ont aucun moyen militaire pour faire pression sur la Russie, à moins d’investir massivement dans les vingt prochaines années dans l’industrie de la défense, sans penser que les Russes peuvent eux aussi investir massivement dans l’industrie de la guerre pour maintenir leur avantage. Mais Gorgadzé tout à sa mission de propagandiste, ne veut pas voir ces réalités. Ce qui fait que sa propagande tourne à vide, sans perspective de réalisation, et donc son seul but est de se maintenir sur le plan du paraitre en jouant les Cassandre, et bien sûr s’assurer ainsi des compléments de salaire.



[1] https://ingirumimusnocte2.blogspot.com/2025/03/trump-espion-et-marionnette-de-poutine.html

[2] https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/10/24/thornike-gordadze-politiste-l-europe-peut-et-doit-empecher-les-partisans-de-poutine-de-voler-l-avenir-europeen-aux-georgiens_6359127_3232.html

lundi 17 mars 2025

L’armée ukrainienne en débandade, pas de cessez-le-feu en vue

 

Soldat russe poussant un chariot dans l’étroit gazoduc 

Les choses s’accélèrent en ce qui concerne la guerre en Ukraine. Les Russes ont sérieusement avancé dans leurs objectifs militaires. Avec l’opération Potok, ils ont pu prendre les soldats ukrainiens à revers et ainsi reprendre Soudja. C’était une des dernières positions clés que les Ukrainiens tenaient dans l’oblast de Koursk. Les soldats russes, très aguerris sont passé par un gazoduc désaffecté par les Ukrainiens qui refusent de laisser passer le gaz russe vers l’Europe. Ils ont parcouru une distance de près de 16 kilomètres dans un boyau d’une hauteur de 1,4 mètre, y stockant des munitions, de la nourriture et des toilettes ! Les soldats ont dû parcourir cette distance en quatre jours, élargissant le bout du gazoduc pour ensuite permettre aux soldats d’attendre tranquillement le moment d’émerger. Cet exploit militaire remarquable dont on n’a pas fini de parler appelle plusieurs remarques. La première est que contrairement à ce qu’on a raconté ici ou là ce succès n’est pas dû à une interruption des renseignements satellitaires étatsuniens, d’abord parce que cette opération était préparée depuis trois semaines, et justement si les Russes sont passés par cet étroit boyau, c’est pour éviter que les satellites ne les repèrent. Cette opération qui a mobilisé 800 soldats, a été produite par une coopération étroite entre les différents corps de l’armée russe. Ce qui veut dire que les services de renseignements ukrainiens et otaniens ont été impuissants à détecter cette manœuvre audacieuse. Une telle opération demandant le secret le plus absolu à une équipe de plusieurs centaines de militaires. Il y avait eu d’ailleurs en 2024 une opération un peu similaire couronnée de succès, mais seulement sur une distance de 3 kilomètres. Bien sur les Ukrainiens ont dit qu’ils attendaient les Russes à la sortie du tunnel et qu’ils les avaient exterminés. C’est évidemment faux. Cette opération a permis de prendre plus rapidement que prévu la ville de Soudja. Cela a accéléré l’évacuation en catastrophe des dernières troupes ukrainiennes en Russie, les autres restent bloqués, encerclés. Comme disait Marx, bien creusé vieille taupe ! 

Les Russes ont démontré une fois de plus qu’ils étaient les meilleurs soldats en matière de guerre urbaine, après Marioupol, ils l’ont encore démontré ici, à Soudja. Ils ne se sont pas précipités pour chasser les Ukrainiens de leur sol, ils sont pris le temps de laminer les troupes qui s’étaient aventurées sur leur territoire. L’incursion des Ukrainiens sur le sol russe tourne au désastre, l’aventure est bien finie, et l’histoire d’un échange de quelques kilomètres carrés dans l’oblast de Koursk contre le reste du Donbass et la Crimée apparait pour ce qu’elle est. Cette idée loufoque portée semble-t-il par le général Syrsky, soi-disant pour échanger des territoires avec la Russie, a sans doute couté plus de 60 000 hommes parmi les troupes les plus aguerries de l’armée ukrainienne, 32 000 tués et 27 000 blessés selon Sylvain Ferreira, auxquels il faut ajouter 382 chars, 2 606 véhicules blindés, 2 298 véhicules et 612 pièces d'artillerie perdus[1]. Tous les spécialistes de la chose militaire, s’ils ont reconnu un effet de surprise certain se sont perdus ensuite en conjectures : pourquoi aller se jeter directement dans la gueule du loup ?  Cette tactique désespérée soutenue par Zelensky, et sans doute approuvée par l’OTAN parce qu’elle reposait sur des renseignements satellitaires que seule elle pouvait fournir, a échoué clairement. Maintenant les quelques milliers de soldats ukrainiens encerclés n’ont que le choix entre se rendre et être faits prisonniers, et se faire tuer en continuant à se battre. Poutine, répondant aux inquiétudes de Trump, a assuré le 14 mars 2025 que les prisonniers seraient bien traités. On verra bien. Dans tous les cas ce n’est guère réjouissant pour les Ukrainiens. Jusqu’à ces derniers temps on pouvait penser que tant que les Russes étaient occupés avec des soldats ukrainiens sur leur sol, ils étaient retenus dans leur avancée pour récupérer l’entièreté des oblasts annexés à la fédération de Russie. Aujourd’hui ça n’est plus cas. Depuis le temps qu’on annonçait la débandade de l’armée ukrainienne, c’est maintenant effectif. Si l’incursion ukrainienne dans l’oblast de Koursk avait été vécue comme une humiliation pour la Russie, la stratégie d’attrition de l’armée ukrainienne a bel et bien été couronnée de succès.  

Village après village les Russes libèrent leur territoire de la présence ukrainienne 

Pour saluer toutes ces bonnes nouvelles, Poutine a enfilé son uniforme et est venu sur le terrain féliciter ses troupes sur le terrain. C’est, semble-t-il, un signal envoyé au monde entier pour dire qu’il ne lâchera rien de ses objectifs. Il y en a deux sur lequel il ne transigera pas, d’abord la non intégration de l’Ukraine dans l’OTAN, et de manière concomitante le refus de voir des soldats de l’OTAN s’installer en Ukraine. Le premier point semble acquis, parce que Trump ne le veut pas et cela a été avalisé par Mark Rutte. Le second point est qu’il ne cédera aucun pouce de terrain en ce qui concerne les oblasts annexés. Pour cela il prend son temps, avançant qu’il veut bien signer un cessez-le-feu, mais qu’il faut être un peu plus précis. Il a deux raisons pour prendre son temps avant de signer quoi que ce soit, il veut récupérer l’intégralité des territoires annexés, et consolider leur défense d’une future agression dans les années qui viennent. Or tout le monde sait que si Poutine signe un cessez-le-feu maintenant, l’armée ukrainienne va se rééquiper – les Etats-Unis ont promis de fournir encore des armes – et reprendre son souffle, alors qu’elle est en voie d’effondrement. Les mouches du coche, Macron et Starmer, s’indignent que Poutine ne tombe pas dans le piège, arguant que celui-ci ne veut pas la paix. Tout ça ce sont des effets médiatiques, histoire de faire croire qu’on fait quelque chose. Mais pour pousser son avantage sur le terrain, Poutine n’a aucune raison de se presser, même si je pense qu’il veut la paix… à ses conditions.  

Les Russes ont repris Soudja 

En Ukraine même, ça s’agite beaucoup et ça sent la fin de règne. Tout le monde se prépare à de grands changements politiques, les Etats-Unis ont ressorti du placard la corrompue Ioula Timoshenko derrière laquelle s’est rangé Alexeï Arestovich, et Porochenko s’agite aussi. On parle d’un possible coup d’Etat de l’armée pour déposer Zelensky, et la débâcle de l’oblast de Koursk pourrait le déclencher pour de bon. Des règlements de compte commencent à apparaitre sur la scène publique. Demyan Ganul, le néo-nazi qui avait organisé l’incendie de la maison des syndicats à Odessa et qui travaillait la main dans la main avec Victoria Nuland, a été abattu en plein jour dans le centre d’Odessa le 14 mars 2025. Le meurtre a été filmé et la vidéo a déjà fait le tour du monde. C’est juste un exemple de l’ambiance qui règne maintenant en Ukraine. L’assassin de l’ignoble Ganul était un déserteur de l’AFU qui avait quitté son poste au front pour le liquider. Il s’est rendu à la police. Il s’agirait d’une vengeance, mais les crimes de Ganul étant très nombreux, il est difficile de dire qui peut être le commanditaire. Le Ganul qui était soi-disant recherché par la police ukrainienne en réalité travaillait pour les recruteurs de l’AFU, c’est-à-dire qu’il enlevait des malheureux pour les jeter dans le hachoir à viande. Mais il rackettait aussi les entreprises et des simples citoyens. L’enquête ne dira certainement pas qui est le commanditaire, ce peut être aussi bien le SBU qui se sait compromis par lui, que de simples citoyens à qui il a fait du mal. 

 

La libération totale de l’oblast de Koursk va avoir des conséquences importantes, par exemple on commence à découvrir que l’armée ukrainienne a commis de nombreux crimes de guerre. Ne cherchez pas des informations sur ce sujet dans les médias occidentaux, il faut que le narratif qui désigne les Russes comme des criminels nés continue à fonctionner. Certaines informations ont filtré sur ce thème, mais c’est encore assez peu en regard de la réalité[2].



[1] https://siteveillestrategique.blogspot.com/2025/03/ukraine-bilan-dune-semaine-doffensive.html?fbclid=IwY2xjawJBaftleHRuA2FlbQIxMQABHR8xgzqe0KwLOBLafjWyuzCKQt_iwX3wn4uqfEKEosnIvqMCI_sj9Xz5IA_aem_bIDbMPdhx_G938LNioQstQ

[2] https://www.sudouest.fr/international/europe/ukraine/guerre-en-ukraine-la-russie-accuse-l-armee-ukrainienne-de-meurtre-de-22-civils-dans-la-region-de-koursk-23067571.php

Les mensonges ignobles de la Macronie


Darmanin est un individu aussi idiot que sans scrupules. Bon à rien et mauvais à tout, il passe son temps à se renier et à mentir. Souvenez vous de ce qu’il disait de Macron le 25 janvier 2017, avant que de le rejoindre : « L'élection d'Emmanuel Macron précipiterait la France dans l'instabilité institutionnelle et conduira à l'éclatement de notre vie politique. Alors dans ce vide, le populisme le plus abject arrivera, celui de Mme Le Pen ». Il n’avait pas tort, sauf qu’il s’est rangé derrière lui ! Mais voilà que ce guignol veut nous vendre en douce l’idée ignoble et déshonorante pour celui qui l’émet, selon laquelle la décapitation de Samuel Paty est un coup des Russes. « Ceux qui assassinent Samuel Paty, c'est qui ? Ce sont des citoyens russes, tchétchènes », a-t-il rappelé. Il a également évoqué Dominique Bernard, professeur tué à Arras en 2023, par un jeune homme radicalisé d'origine ingouche Pour Gérald Darmanin, ces profils, « fichés S, radicalisés, islamistes » sont des « citoyens russes et la Russie refuse de les reprendre ». Tout cela ce sont des mensonges, enfilés les uns derrière les autres comme des perles. Déjà les Tchétchènes, bons ou mauvais ne sont pas russes, même si la Tchétchénie est intégrée à la Fédération de Russie. Ensuite cette petite saleté oublie de dire que les services de renseignements russes avaient prévenu, selon l’ancienne ambassadrice de France en Russie, Sylvie Berman, la France des possibilités d’attentat des réfugiés tchétchènes[1]. Et à l’époque c’était bien cette crapule de Darmanin qui était ministre de l’intérieur, donc il n’a rien fait pour protéger le malheureux Samuel Paty. Or si la France à accueilli à bras ouverts ces Tchétchènes, c’est parce qu’elle les considérait comme des opposants à Poutine, mais Darmanin-le-menteur, fait comme s’il s’agissait d’agents de Poutine.  

Voici maintenant Sophie Primas, une sorcière semi-idiote. Cette espèce de vieux laideron dont la date de préemption est dépassée depuis longtemps, a, elle aussi, repris les saloperies de Darmanin. Elle aussi a entonné l’air de célérusses : « Samuel Paty a été assassiné par un Tchétchène Russe. Donc y compris sur le terrorisme, le rôle de la Russie est engagé » a-t-elle déclaré. Cette vieille crapule servile devrait démissionner sur le champ pour oser mentir si effrontément. Mais elle vient d’un parti de crapules, Les Républicains, dont le sens de l’honneur est inexistant. Ce parti est d’ailleurs le plus condamné de France pour ses crapuleries et ses compromissions. Pour tout dire c’est une copine de Gérard Larcher. Pour être complet, cette vieille horreur a été embringuée dans une louche histoire de création d’écoles vétérinaires privées. Elle avait essayé de faire passer une loi en ce sens, car elle-même était intéressée pour se lancer dans ce business lucratif. Mais elle dut faire face à la levée de boucliers du Syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral, de la Fédération des syndicats vétérinaires de France, du Syndicat de l'enseignement supérieur agricole et par les représentants étudiants des quatre écoles nationales vétérinaires de France[2]. Quoi qu’il en soit, la sœur de Samuel Paty, Mickaëlle Paty, a dénoncé cette saloperie : « L’attentat contre mon frère ne peut servir les intérêts de la politique étrangère ou politicienne du gouvernement », ajoute Mickaëlle Paty, qui répond aussi au sujet de l’attentat d’Arras : « S’il est à déplorer que les États ne reprennent pas leurs ressortissants, c’est l’État français qui a refusé, sous la pression de militants de gauche, d’expulser la famille du terroriste qui a tué Dominique Bernard »[3]. Remettant au passage Darmanin qui a l’époque était ministre de l’intérieur, il faut le rappeler. Voilà jusqu’où peut descendre dans la bassesse ce gouvernement de canailles. Cette affaire a fait réagir violemment les réseaux sociaux, les médias mainstream n’insistant pas plus que ça sur cette vilénie. Et moi ça m’a mis en colère qu’on puisse tomber aussi bas dans l’ignoble.    



[1] https://francais.news-pravda.com/world/2025/03/15/374796.html

[2] https://www.mediapart.fr/journal/france/161120/le-parlement-privatise-la-formation-des-veterinaires-sur-fond-de-conflit-d-interets

[3] https://www.lefigaro.fr/actualite-france/l-attentat-contre-mon-frere-ne-peut-servir-vos-interets-la-reponse-cinglante-de-mickaelle-paty-au-gouvernement-sur-la-russie-et-le-terrorisme-20250313

vendredi 14 mars 2025

L’Europe c’est la guerre !

 

Nous autres, les vieux opposants à l’Union européenne, nous savons depuis le début que le slogan L’Europe c’est la paix était un mensonge, destiné à rassurer les électeurs qui croyaient sans doute échanger le peu de liberté qu’il leur restait contre une sorte de tranquillité. Seuls les imbéciles et les petits soldats de l’Atlantisme faisant semblant qu’il s’agissait d’une promesse solide. Dans l’image ci-dessus, on voit une publicité de la CFDT qui soutient la fable selon laquelle l’Europe c’est la paix. La CFDT s’occupe assez peu des retraites et du pouvoir d’achat, syndicat jaune, financé par la CIA à ses débuts, elle soutient que l’Europe c’est la paix. La CFDT ment plusieurs fois avec cette publicité crapuleuse : d’abord elle confond volontairement l’Europe continentale, sa géographie et son économie avec l’Union européenne. Or cette Union européenne n’apparait qu’en 1993. C’est seulement à partir de ce moment-là qu’elle va se mêler de politique internationale. Entre 1945 et 1993, la politique de l’Europe est conduite par les pays membres de manière individuelle, même si elle est objectivement sous la tutelle des Etats-Unis et de l’OTAN. L’Union européenne existe depuis 1993, elle se dotera d’une monnaie et d’une sorte de gouvernement non-élu qui va édicter les règles du jeu, économique, juridique et politique. C’est en quelque sorte une réponse à l’effondrement de l’URSS en 1991. Et c’est à ce moment-là que l’Union européenne part à la conquête des pays de l’Est. Dans cette période qui s’ouvre, l’Union européenne a le choix, soit d’approfondir son fonctionnement en unifiant le droit du travail et le régime fiscal par exemple, soit en choisissant l’agrégation de nouveaux territoires. Il y a deux objectifs à cet élargissement. D’une part trouver de nouveaux marchés et une main d’œuvre moins onéreuse et bien formée dans les pays de l’Est, et d’autre part d’encercler la Russie dont les territoires, riches en matières premières, sont convoités par les anglo-saxons depuis le milieu du XIXème siècle. L’élargissement fait de la concurrence entre les pays riches et les pays pauvres de l’Union européenne le moteur de l’Europe. Mais cela se fait au détriment de la croissance, de la tendance latente à l’égalité sociale et accroit les divisions des territoires agrégés à cette logique qui voudrait en venir à un État fédéral. 

Élargissement de L’Europe institutionnelle depuis 1957 

En 1991, alors que l’URSS est très affaiblie, la guerre se déclenche en Yougoslavie, elle durera dix longues années. Les Etats-Unis sont évidemment à la manœuvre. L’OTAN appuie cette manœuvre et bombardera en toute illégalité la Yougoslavie[1]. Alors que cette guerre se déroule sur le sol européen, rappel pour les cédétistes amnésiques, l’Union européenne ne dit rien, ou plutôt, les uns soutiennent la Croatie – l’Allemagne – les autres la Serbie – la France. Mais ils ne comptent pas vraiment. Cette décomposition de l’État yougoslave va faciliter d’ailleurs l’élargissement de l’Union européenne face à des petits États très faibles politiquement et économiquement. Après cette « victoire » étatsunienne qui entraine le dépeçage du pays, l’Union européenne et l’OTAN vont se lancer à l’assaut des autres pays de l’Est. Les uns après les autres, ils adhéreront à l’Union européenne et à l’OTAN, l’Union européenne usant de ses finances pour acheter les hommes politiques de ces pays en les faisant adhérer et en leur promettant de grasses subventions. Ici se mêlent la corruption évidente et l’image d’une Europe réputée prospère qui parait attirante pour ces pays déboussolés depuis la chute de l’URSS. 

 

Ça va très bien fonctionner, sauf qu’au fur et à mesure que l’Union européenne et l’OTAN se rapproche de la Russie, celle-ci s’est reprise en main, depuis 2000, et elle va commencer à contrarier ces plans d’annexion, plans qui en réalité préparent à la guerre. L’OTAN comme l’UE, et comme les Etats-Unis vont financer des ONG, des radios « libres », des drapeaux et des porte-drapeaux pour déstabiliser la Géorgie, la Moldavie, l’Arménie ou encore l’Azerbaïdjan, leur promettant des subventions et des armes. Mais le gros morceau c’est l’Ukraine bien entendu. Le plan est près depuis longtemps, depuis les années soixante-dix. Il consiste à harceler la Russie jusqu’à ce qu’elle réagisse et en même temps de couper l’Allemagne – rival des Etats-Unis sur le plan économique – de ses sources d’approvisionnement énergétiques. Car une Allemagne trop forte liée à la Russie contrarierait les plans étatsuniens. Zbigniew Brzezinski, cette vieille crapule, l’avait annoncé[2].  Encore que dans son livre The Grand Chessboard, il avait complètement sous-estimé la renaissance de la Russie. Or c’est cette logique visant à mettre la Russie à genoux pour la dépecer qui a guidé depuis au moins George Bush – père et fils – la conduite guerrière des Etats-Unis et de ses hommes de main de l’OTAN. Mais évidemment pour s’attaquer à la Russie, il fallait se servir de l’Union européenne puisque c’est elle qui financerait l’expansion. C’est pour cette raison que les Etats-Unis ont accéléré la corruption du personnel politique pour en faire des clones de Brzezinski. L’Institut Aspen a joué un rôle très important, les Young leaders aussi, auxquels il faut ajouter un certain nombre d’universités et d‘ONG. 

Le coup d'Etat de l'Euromaidan 

Le chemin de la guerre de l’Union européenne a été marqué par le soutien direct ou indirect de la Commission européenne aux révolutions dites de couleur dans la plus grande partie des pays de l’Est qui n’adhéraient pas assez vite à l’Union européenne, en Géorgie, ou en Ukraine. Cela conduisit au coup d’État de l’Euromaïdan de novembre 2013 qui a été financé directement par Victoria Nuland, conseillère pour l’Ukraine des présidents Obama, Trump I et Biden. Selon elle cela lui aurait couté 5 milliards de dollars, on peut l’entendre s’en flatter dans le film Ukraine on Fire, de Igor Lopatonok, diffusé en 2016, soit 6 ans avant que la Russie à bout de patience ne se décide à réagir. Consécutivement au coup d’État de 2014, la Russie annexera la Crimée, une région peuplée de Russes et qui souffrait des vexations du pouvoir central ukrainien, comme les oblasts du Donbass. L’Union européenne décidera alors d’un train de sanctions contre la Russie, suivant en cela la politique américaine. C’était une première réaction hostile, pas encore un acte de guerre, mais une manière d’agresser la Russie dans un conflit qui ne nous concernait en rien, mais que les Etats-Unis avaient ourdi en sous-main.

 

En février 2022, l’armée russe entre en Ukraine pour faire le ménage et réclamer que les oblats russophones cessent d’être maltraités et que cessent les provocations à sa frontière. Cette opération spéciale est symbolisée par la lettre Z qui marque le soutien plein et entier de la population russe à son armée. La Russie piétine l’armée ukrainienne, et la débâcle est telle que Zelensky accepte de signer un traité de paix à Istamboul. Mais cela ne convient pas aux Etats-Unis et aux Européens qui veulent faire durer la guerre. Sous la pression directe de Boris Johnson, Zelensky va céder. C’est le début de la vraie tragédie, jusque-là le conflit n’avait pas été trop couteux. L’OTAN est à la manœuvre sur le plan stratégique et tactique, mais les Européens entrent indirectement dans la guerre, même si au départ Scholz et Macron sont un peu réticents. L’Union européenne met en place des sanctions économiques – aujourd’hui nous en somme au 16ème paquet – qui sont censées mettre l’économie russe à genoux, et donc l’amener à se retirer de l’Ukraine et à rendre la Crimée. Rapidement l’Union européenne devient cobelligérante, elle fournit des armes en grande quantités et de l’argent pour que l’économie ukrainienne puisse continuer à fonctionner. Cet argent servira outre à enrichir la caste au pouvoir à Kiev, à acheter des armes aux Etats-Unis pour permettre aux Ukrainiens d’aller se faire tuer sur le front. Pour couvrir le fait que de fait l’Union européenne est entrée en guerre contre la Russie, on a avancé deux raisons : la première est que la Russie avait violé des frontières, ce qui est contraire au droit international, tout en ignorant que dans la Charte des Nations Unies, il y a dans le premier article une référence directe au principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, c’est pourquoi Poutine organisera comme en Crimée des référendums qui légitiment les annexions, et la seconde était que si on n’arrête pas Poutine en Ukraine, il finira par conquérir tout le reste de l’Europe jusqu’à Paris. Ce narratif bien qu’il soit maintenant récusé par Trump qui accuse directement Zelensky d’avoir déclenché une guerre qu’il ne pouvait que perdre, reste encore à l’ordre du jour en Europe, relayé par la presse atlantiste, notamment le journal Le monde et sa pousse-à-la-guerre Sylvie Kauffmann. Les plus modérés des Atlantistes avançant que le rêve de Poutine est de reconstituer l’Empire russe, celui des tsars ou des communistes ! 

Négociations entre les Etats-Unis et la Russie sur l’Ukraine 

Tandis que les Etats-Unis et la Russie commencent des négociations pour la paix en Ukraine, les Européens ne savent plus quoi faire. Donc ils font deux choses, d’abord ils éructent que la paix ne peut pas se négocier sans l’Union européenne. Pourquoi ? On se le demande puisque l’Ukraine ne fait pas partie de l’Union européenne. Mais les Etats-Unis leur ont fait une petite place pour écouter. Que peuvent-ils dire ? Trump a mis la barre très haut. D’une manière fantaisiste il a avancé qu’il voulait 500 milliards de dollars de la part de l’Ukraine alors que les Etats-Unis n’ont déboursé que 175 milliards. C’est le racket habituel de ce pays qui se croit encore le maitre du monde. Zelensky a eu beau jeu de ne pas signer ce contrat. Mais en tout état de cause, cela montre que les Etats-Unis ne sont pas un partenaire très fiable. Zelensky aura lui aussi un strapontin. Face à la brutalité de Trump, les Européens font des réunions à Paris sous la houlette d’un président très dévalorisé depuis sa malheureuse destitution. L’Europe institutionnelle est divisée, les uns, assez peu nombreux, essentiellement la France et le Royaume Uni, parlent d’envoyer encore des armes en Ukraine et même des soldats pour garantir la paix[3]. Mais cette voie a été écartée par von der Leyen qui ne parle que de réarmer l’Europe pour se re-préparer à la guerre future avec la Russie ! Meloni, l’agente des Etats-Unis, après avoir suivie aveuglément Biden dans la guerre contre la Russie s’est retournée sans vergogne vers Trump, et a dit qu’il n’était pas question d’envoyer des soldats, que ce soit pour combattre les Russes ou comme force d’interposition pour garantir la paix issue des négociations. C’est une nouvelle fois la paralysie de l’Union européenne qui doit être envisagée. L’idée d’une défense commune à l’Union européenne n’est plus à l’ordre du jour. Et l’OTAN sans les Etats-Unis, ça n’a pas une grande consistance. Scholz a bloqué récemment un plan de réarmement de l’Ukraine présenté par la va-t-en-guerre Baerbock et Pistorius, il s’agissait d’un nouvel envoie d’armes de plus de trois milliards d’euros[4]. En pleine révision idéologique, Ursula von der Leyen qui ne sait plus ce qu’elle fait a avancé que pour augmenter les dépenses militaires, donc pour préparer à la guerre une nouvelle fois, il était possible de violer les règles budgétaires imposées par la Commission européenne. Autrement dit, les États européens sont invités à serrer la vis aux dépenses collectives et sociales, et pourront mettre les dépenses militaires hors budget[5]. « Je peux annoncer que je vais proposer d'activer la clause de sauvegarde pour les investissements dans la défense. Cela permettra aux États membres d'augmenter substantiellement leurs dépenses en matière de défense », a-t-elle déclaré dans un discours devant la Conférence de Munich sur la sécurité. Cette idée équivaut à dire que nous allons passer en Europe à une économie de guerre au prix de grands sacrifices. Ce que Scholz qui n’a plus que pour quelques jours de pouvoir, a confirmé, mettant en avant l’idée de sacrifice pour les citoyens européens. Notez que si la Commission européenne obtient cette possibilité, il est assez clair que les fameuses lignes rouges budgétaires seront enfoncées. Autrement dit pour la guerre on ne tient plus compte des garde-fous budgétaires, mais on les conserve pour les dépenses sociales ou les investissements publics dans la santé et dans l’éducation par exemple. Autrement dit la priorité c’est la guerre ! 

Une réunion vide de sens à l’Élysée 

Le 17 février 2025 a eu lieu une réunion d’Européistes sous la houlette de von der Leyen à l’Élysée. Non seulement cette réunion a été critiqué parce que certains pays n’avaient pas été invités, mais elle a démontré l’impuissance de l’Union européenne à créer un consensus. Le monde, par la voix de Sylvie Kauffmann s’en est montrée désolée. Même Donald Tusk, un des plus va-t-en-guerre, et très critique pour cela en Pologne même s’est élevé contre l’idée d’envoyer des soldats combattre en Ukraine. On voit mal comment dans ces conditions l’Europe sans armes et sans soldats pourrait continuer seule sa guerre contre la Russie. Les Ukrainiens sont maintenant très hostiles pour servir de chair à canon pour faire plaisir à von der Leyen. Seuls les pays Baltes continuent à faire semblant de croire qu’ils peuvent attaquer la Russie et la battre. Les européistes qui continuent à revendiquer une rétrocession des territoires conquis par la Russie, prolongent dangereusement un conflit qui pourrait s’arrêter demain. Il est probable que les Européens vont jouer ce jeu de ne pas reconnaitre la victoire russe, entretenant l’idée que tôt ou tard l’Union européenne repartira à l’assaut de la Russie. Mais entre temps les Russes auront bien évidemment consolidé la défense des territoires conquis. L’Union européenne en entretenant de telles illusions ne peut que s’affaisser encore un peu plus. Entre les sanctions et la non-reconnaissance d’un fait historique, ils vont se mettre au ban de la communauté internationale, des Etats-Unis à la Chine, en passant par le Sud global. Ont-ils les moyens de leur isolement ? Non, parce que de nombreux pays ne suivront pas cette logique d’affrontement permanent.

La stupide Kaja Kallas complétement à contretemps a soutenu qu’il fallait encore faire la guerre à la Russie afin de mettre Kiev dans une position de force pour les négociations[6]. Mais elle ne dit rien de comment on peut faire concrètement pour soutenir la guerre contre la Russie, alors que l’armée ukrainienne recule, perd du terrain et des soldats tous les jours et qu’elle se trouve à court de munitions. Elle prétend que si les Etats-Unis lèvent les sanctions, l’Union européenne continuera son combat contre la Russie, supposant bêtement que ces sanctions affaiblissent non pas l’Union européenne, mais la Russie. Les faits démontrent pourtant exactement l‘inverse. Qu’une telle bourrique sans aucun sens diplomatique soit en quelque sorte la ministre des affaires de l’Union européenne, en dit long sur l’impasse dans laquelle l’Europe se trouve. Les élucubrations de cette femme n’enthousiasment personne en Europe, car tout le monde sait que l’Union européenne, même en s’alliant avec le Royaume-Uni, n’a pas les moyens de continuer la guerre contre la Russie. L’Union européenne qui a déjà mauvaise presse auprès des citoyens européens, aggrave encore un peu plus son cas. Ses visées guerrières à l’Est en vue de son expansion, risquent de faire sortir à moyen terme plusieurs pays de son cirque. La guerre en Ukraine et le réalignement sur les positions trumpistes, peuvent ainsi provoquer l’éclatement de l’Union. Les tergiversations de Mark Rutte soi-disant patron de l’OTAN en disent long. Après avoir soutenu l’idée d’une guerre sur le long terme, à la réunion de l’Élysée du 17 février, il a avancé qu’il n’était pas question que l’OTAN envoie des troupes en Ukraine, même pour garantir des accords de paix. C’est la confusion la plus totale dans le camp occidental, et à terme un probable réalignement de l’OTAN sur la nouvelle doctrine étatsunienne, car les USA financent l’OTAN à hauteur de 17%. En 2025 le budget de l’OTAN sera de trois milliards d’euros. 

L’Union européenne relance la course aux armements, les budgets militaires explosent de partout dans le monde et vont encore augmenter, tandis que les États serrent partout la vis aux dépenses d’investissement dans la santé et l’éducation. Cependant les Européens devraient regarder de plus près avant de croire qu’ils vont pouvoir dans quelques temps repartir au front contre la Russie. C’était leur plan en 2014 et ça s’est mal passé. Pour suivre stupidement le maitre américain, ils ont cru qu’un budget ça faisait une armée. Si on regarde le tableau ci-dessus qui date d’il y a trois ans, le budget militaire des Etats-Unis est dix fois plus élevé que celui de la Russie, mais cela ne leur a pas permis de gagner une vraie guerre depuis très longtemps, sur le papier le budget militaires des Européens est trois fois plus élevé que celui de la Russie, et pourtant ils ont perdu la guerre en Ukraine. Une armée moderne c’est certes de la technologie – mais là les Russes ont vingt ans d’avance – mais aussi des soldats motivés. En Europe comme aux Etats-Unis, on peine à recruter des soldats, en Russie non. La différence réside dans le fait d’abord que la guerre en Ukraine est vécue par les soldats russes comme une guerre de libération, le conflit est à la porte du pays, mais aussi dans le fait que les Russes sont bien plus patriotes que les soldats américains qui se battent en Afghanistan ou en Irak pour un objectif assez peu clair, loin de chez eux. Les Français comme les Britanniques ou les Allemands rechigneront à aller se faire trouer la peau en Ukraine pour Zelensky. La guerre ce n’est donc pas qu’un budget, et oublier cela est une faute grave. Cette fois l’Union européenne étrenne son nouveau slogan, L’Europe c’est la guerre, sans en avoir les moyens, mais il est assez douteux qu’elle restaure une image bien écornée avec de tels errements. 

Sondage Cevipof, fin 2022 

L’incapacité de l’Union européenne de sortir de la posture guerrière qui est la sienne depuis trois ans, l’exclut non seulement des discussions de paix qui ont lieu entre les Etats-Unis et la Russie, mais aussi d’un futur partenariat économique. Les Etats-Unis vont rafler aussi bien les marchés de la reconstruction de l’Ukraine pour laquelle l’Union européenne va payer, mais également des marchés sur les ressources naturelles russes, terres rares, pétrole et gaz. En prônant la guerre jusqu’au bout, sans en avoir les moyens, l’Union européenne se met dans une position très fragile, sur le plan économique comme sur le plan politique. Or la guerre est maintenant perdue, sans l’ombre d’un doute. Il semble d’ailleurs que des élections en Ukraine seraient catastrophiques pour Zelensky, malgré la désinformation du Kyiv International Institut of Sociology[7] qui laisse entendre que la cote de popularité de Zelensky a augmenté ces dernières semaines et que Le monde rapporte bêtement. Il va de soi que si cette cote était aussi élevée, il organiserait des élections. Des instituts de sondage étatsuniens donnaient une popularité en baisse, à moins de 40%, il y a quelques mois. Trump qui raconte toujours n’importe quoi nous dit que c’est 4%, mais c’est assez peu crédible Verbalement l’Union européenne continue à jeter de l’huile sur le feu, avançant qu’elle soutiendra la guerre jusqu’au bout, quoi qu’il en coûte. Ce suicide en direct en dit long, comme un canard sans tête, l’Union européenne court dans tous les sens pour donner à croire qu’elle existe encore. Il est assez incroyable que pour s’opposer au rapprochement Trump-Poutine, le seul narratif que ses porte-voix trouvent c’est qu’ils préfèrent la guerre à la paix ! Ils pourraient attendre au moins de voir ce que donnent ces négociations, d’examiner concrètement les positions des uns et des autres, avant de repartir en guerre pour exiger une capitulation de la Russie. Quoi qu’il en soit, cette image de va-t-en-guerre va certainement encore un peu plus enfoncer la mauvaise image que l’opinion publique a de l’Union européenne.


Dimanche 2 mars 2025, les "Européens" cornaqués par Zelensky, se sont posés directement comme faiseurs de guerre. en effet, alors que les Etats-Unis et la Russie ont posé les jalons pour la paix en Ukraine et la fin de la guerre, les "Européens" ont dit clairement "nous ne voulons pas de la paix, nous voulons la guerre". Dans cette conjuration des imbéciles, il y a avait également Trudeau, l'anglais russophobe de service Keir Starmer et la corrompue von der Leyen qui elle voulait devenir chef de guerre. Macron comme a son ordinaire a raconté n'importe quoi en disant que si l'Ukraine s'effondrait c'était les Russes demain à Paris. Il était donc bien difficile de dire encore que l'Europe c'est la paix, alors que ceux qui sont censés la représentée veulent clairement la guerre. Il faut noter deux choses. Tout d'abord que depuis que Trump affiche une fermeté évidente pour mettre un terme à cette catastrophe en Ukraine, les "alliés" de Kiev qui ont presque tous été nommés par les Etats-Unis, y compris la pâle Meloni, et qui ont été formés pour conduire l'Europe vers la guerre et vers sa destruction, n'ont apparemment plus de boussole et ne savent pas quoi faire. En effet à part de sauter comme des cabris et dire "la guerre", "la guerre", "la guerre", il n'y a rien de sérieux qui est sorti de cette réunion. Si ce n'est le désir d'accroitre les stocks d'armes pour éventuellement plus tard repartir à l'assaut de la Russie. En recevant Zelensky, Keir Starmer, sous ses airs de comptables de province, semble le plus enragé,  s'est appliqué à voler de l'argent aux Russes, 3,2 milliards de dollars pour les donner à Zelensky, il a appelé cela un prêt mais personne n'est dupe. Aucun texte de droit, fut-il international ne permet ce vol.

Pour le reste, Macron a réclamé que le budget de chaque pays de l'Union européenne soit, en matière de défense, porté à 3 ou 3,5% du PIB. ce vœux pieux, étant donné l'état des économies européennes, est en décalage avec la réalité si on compare l'avance que la Russie a sur l'Europe en matière de technologie militaire. Ce qui veut dire qu'étant donné que, comme l'a avoué Starmer, sans les Etats-Unis, l'Europe n'avait pas les moyens de faire quoi que ce soit, les Européens, Royaume Uni compris, se prépareraient au mieux pour faire la guerre à la Russie dans vingt ans ! D'ici là il n'est pas certain que l'Union européenne existera encore, que l'Ukraine voudra envoyer encore au casse-pipe le reste de sa jeunesse, mais il est sur que ni Macron, ni Starmer, ni von der Leyen seront encore quelque chose. En vérité cette comédie genre "nous sommes unis plus que jamais", tentait de montrer à l'opinion que Trump était isolé, comme Poutine ! Mais en vérité plus l'Union européenne s'enfonce dans cette logique de guerre, et plus elle devient incohérente, et masque mal son désarroi. Déjà les Polonais ont dit qu'ils ne voulaient pas se lancer à l'assaut de la Russie sans l'appui des Américains. Les Hongrois, n'en parlons pas ! Cette idée vague laisse entendre que l'Union européenne restera pour de longues années à venir une menace pour la Russie, et pas l'inverse : d'une part parce qu'elle va continuer à déstabiliser le Caucase, et d'autre part parce qu'elle prétendra récupérer à plus ou moins logue échéance les territoires russophones rattachés à la Russie. 

 

L'Union européenne veut la guerre, au moins en parlottes, et elle ne tient absolument pas compte des intérêts du peuple ukrainien, habituée à agir de façon non-démocratique, elle est toujours en décalage avec l'opinion. Le deux mars, le député ukrainien Oleksandr Dubinsky vient juste de demander une session d'urgence du Parlement ukrainien pour lancer une procédure de destitution contre Zelensky. Il n'y a pas que les Etats-Unis qui lâchent Zelensky. Tout cela montre que l'Union européenne et la perfide Albion sont comme un canard sans tête. Emportés par leur ancien mouvement, leur bureaucratisme aigu les empêche de prendre le virage de la paix. Les dégâts à court terme sont assez faciles à prévoir, ils pourraient aller jusqu'à la sortie de plusieurs pays de l'Union. Pour l'instant ce mouvement est clairement freiné par les gauches européennes. cela viendra avec le renouvellement de la classe politique, mais ça prendra du temps. 


[1] https://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/03/23/31002-20140323ARTFIG00225-belgrade-15-ans-apres-le-bombardement-les-serbes-n-oublient-pas.php

[2] Zbigniew Brzezinski, Le Grand Echiquier. L’Amérique et le reste du monde, Bayard, 1997.

[3] https://www.france24.com/fr/europe/20250220-guerre-ukraine-france-pr%C3%AAte-%C3%A0-envoyer-des-militaires-une-fois-paix-conclue-russie

[4] https://www.aa.com.tr/fr/politique/le-chancelier-allemand-olaf-scholz-bloque-un-plan-daide-financi%C3%A8re-de-plusieurs-milliards-deuros-pour-lukraine/3446779

[5] https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/defense/les-etats-membres-de-l-ue-pourront-deroger-aux-regles-budgetaires-pour-augmenter-leurs-depenses-militaires_AD-202502140749.html

[6] https://www.euractiv.fr/section/defense/interview/exclusif-les-russes-ne-veulent-pas-la-paix-selon-kaja-kallas/

[7] Cet institut a été financé depuis le début des années 1990 par les Etats-Unis, mais il ne semble pas encore avoir fait son aggiornamento depuis l’élection de Trump.

L’Union européenne, nouvelle forme d’un proto-État fasciste

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