mercredi 22 avril 2026

Les candidats pour la présidentielle de 2027, passage en revue

  

Les politiciens ne sont pas vraiment intéressés par ce qui se passe aujourd’hui dans le monde et en France. Pour tout dire ils sont à côté de la plaque. Une des raisons à cela est que la professionnalisation du métier les entraine à ne penser qu’à la présidentielle de 2027 d’une manière obsessionnelle. Très peu ont des chances de bien figurer dans cette course à l’échalotte, mais ils s’en moquent, ils pensent qu’ils ont un destin et que leur talent éclatera pendant la campagne pour renverser des sondages qui sont peu souriants pour eux. Certains abandonneront cette course de fond justement quand les fonds commenceront à manquer pour mettre un peu d’huile dans la chasse aux électeurs. Les médias se font les relais complaisants de cette fantaisie pour mettre en valeur tel, ou tel candidat, pour faire croire qu’il y a un enjeu réel à aller voter. Juste après les municipales on nous a vendu le nullissime combinard Edouard Philippe, dit Fantômas, comme bondissant dans les intentions de votes après sa médiocre réélection à la mairie du Havre. On se demande si les journalistes sont idiots, vendus, ou s’ils nous prennent pour plus cons qu’eux. En février dernier, les sondages sont impitoyables, les Français ne font aucune confiance, ni dans le gouvernement, ni dans les politiciens en général. Ceux-ci passent pour carriéristes, opportunistes, plus intéressés par leur enrichissement personnel et de paraitre à la télévision que par le bien de la France et des Français. La plupart des candidats potentiels ou déclarés pour la présidentielle de 2027 sont généralement vus comme des médiocres combinards, c’est-à-dire sans vision pour l’avenir. C’est dire que le système des partis en France – et peut-être ailleurs en vérité – est incapable de sélectionner des personnes à la fois charismatiques et qui aient l’air un peu intelligent et pas trop cupides ! 

Sondage : la confiance des Français dans la politique au plus bas - Reforme

Parmi les vieux chevaux de retour on trouve des personnages aussi improbables qu’Hollande, Villepin ou Philippe. Le premier de cette liste de bras cassés a tout foiré en tant que président, en arrivant à l’Élysée son parti tenait pratiquement tous les leviers de la vie politique, l’Assemblée nationale, le Sénat, presque toutes les régions, et les grandes agglomérations. A la fin de son mandat il n’osa même pas se représenter tant sa cote était basse dans l’opinion – celle-ci ne sera enfoncée que par l’incroyable Macron, le plus médiocre d’entre tous. Hollande a tout perdu, y compris son honneur, et en outre il nous a légué un successeur dont il a fait la carrière et qui lui a pissé contre ! Plus raté qu’Hollande dans la politique je me demande si ça existe. Ensuite revoilà un vieux de la vieille, le sinistre Dominique Gallouzeau de Villepin. Aristocrate fin de race il est connu essentiellement pour avoir mis toute la France dans la rue parce qu’il avait imaginé imposer au pays le CPE – Contrat Première Embauche – qui aurait conduit à un SMIC a deux vitesses. Individu à moitié idiot, il reprenait là l’idée du sinistre Edouard Balladur qui perdit la présidentielle contre « son ami de trente ans » Jacques Chirac, justement parce que lui aussi voulait démanteler le SMIC – vieille obsession patronale issue directement du XIXème siècle. Ce Villepin-là tente de jouer sur une renommée acquise parce qu’il avait fait un discours à l’ONU contre la guerre en Irak qui expliquait pourquoi la France ne soutenait pas ce sinistre projet étatsunien. Mais Villepin a aussi d’autres casseroles en dehors du CPE et de sa volonté de nuire à Sarkozy à partir de faux documents dans l’affaire Clearstream[1]. Ce sont en effet ses liens avec le Qatar qui l’a sponsorisé qui sont en question[2].   Mais il serait aussi rémunéré par la Chine, sous la forme de conférences chèrement rémunérées – on parle de 100 000 euros par exhibition[3]. S’il n’est certainement pas le candidat des Etats-Unis, il est donc pourtant un candidat de l’étranger. Il masque cela en disant qu’il a une expérience internationale qui assurera à nouveau la grandeur de la France. Pour le reste il prétend rassembler, mais qui ? Ça c’est la question. Serait-il capable de faire ce qu’il n’a pas réussi à faire lorsqu’il était premier ministre ? Cependant sa candidature pose un certain nombre de problèmes. D’abord il est évident qu’elle va nuire à droite à Edouard Philippe, même s’il ne fait que 4%. Dès lors Mélenchon peut se dire qu’il a des chances d’arriver deuxième de ce ridicule tournoi en profitant de la division de la droite. Cependant Villepin peut tout aussi bien nuire à Mélenchon en ralliant à lui des voix islamophiles ! Là ça se complique sérieusement, on ne compte plus sur l’adhésion, mais sur la division des adversaires. Ceux qui voudraient voir le caractériel Villepin comme président de la République, se basent sur des sondages dits « cluster 17 » qui verrait Villepin juste derrière Edouard Philippe à la troisième place[4]. Ce type de sondage est presque toujours erroné et n’anticipe jamais sérieusement la réalité. En vérité cette percée passagère qui a conduit Villepin a entériné sa candidature, est une simple illusion portée par un passage régulier dans les médias de grand chemin, elle reflète seulement le fait que les Français sont généralement dégoutés des politiciens en général. Un de ses autres handicaps c’est qu’il est franchement antisémite, ce qui est une vieille tradition de la diplomatie française, un héritage lointain de de Gaulle qui dans une conférence de presse du 27 novembre 1967 s’était laissé aller : « J'ai dit du peuple juif non pas qu'il était un peuple “dominateur”, mais qu'il était un “peuple d'élite, sûr de lui et dominateur” ». 

Durant son mandat de ministre des Affaires étrangères (2002-2004),  Dominique de Villepin a développé une relation privilégiée avec l'émir  Hamad ben Khalifa Al Thani. Il a été le tuteur de la princesse

Villepin et le Qatar c’est une vieille histoire 

Tous les candidats potentiels ou déclarés pensent qu’ils seront bien placés pour battre Bardella le candidat du Rassemblement National. Il est en effet invraisemblable que la justice laisse Marine Le Pen retourner devant les électeurs, quoi que ce serait pourtant un bon tour à jouer au RN qui serait bien embarrassé pour choisir celui ou celle qui le représenterait. Bien que nullissime et louvoyant Bardella sera certainement au second tour de ce cirque. Il est régulièrement crédité de 35% des voix pour le premier tour. Il vient d’ailleurs de soigner son image de marque en révélant qu’il est « fiancé » avec une princesse italienne, Maria Carolina De Bourbon des Deux-Siciles. C’est très bien joué. Ça ressemble à la campagne des Macron en 2017, montrer que le président a aussi un cœur et une vie de rêve en dehors de la politique. Mais au-delà, cette campagne de presse montre que Bardella est aussi le candidat du système qui détient la presse. Paris Match est maintenant la propriété de Bernard Arnault, celui qui avait fait tout de même pour partie le succès de Macron en 2017. C’est bien joué, même si on peut dire que ce genre de connerie équivaut ouvertement à prendre les électeurs pour des imbéciles. Mais enfin, il y en a bien qui se sont laissés prendre à la romance imaginaire des Macron en 2017, romance encore plus capillotractée et ridicule que celle de Bardella et de sa vulgaire princesse. 


Le vieux Barnier qu'on a ressorti de la naphtaline, s'est invité dans cette course à l'échalotte. Il nous dit : je suis capable d'être président. On se demande si c'est une menace ! Ce médiocre bureaucrate qui a négocié laborieusement le Brexit pour le compte de l'Union européenne, a été quelques jours Premier ministre, tellement incapable qu'il a été débarqué après quelques mois de présence à Matignon où il n'a strictement rien fait. Dans le genre risible de qui se croit un destin, il nous dit comme Attal qu'il croit bien qu'il serait un bon président qu'il croit qu'il saurait comment faire. Certainement que vu le grand nombre d'imbéciles et de cupide, n'importe qui peut croire en ses chances. Ces deux guignols qui représentent la droite ordinaire, affairiste et européiste, n'ont évidemment aucune chance de se retrouver au second tour, même avec un score supérieur à celui du pâle Zemmour. Mais ils ont de l'argent à foutre en l'air, alors ils y vont faire un tour, comme on fait un tour de manège !

 

A droite, profitant de la débâcle annoncée de la gauche, les candidats prolifèrent. Le premier et le plus ancien est Edouard Philippe, dit Fantômas. Celui-ci a pourtant un bilan catastrophique en tant que Premier ministre, poste à partir duquel il s’est appliqué à emmerder les Français. Souvenez-vous ses palinodies sur le COVID quand il enfermait tout le monde à double tour, sa passion, quand il couvrait le scandale du vaccin et de la chloroquine. Ce lobbyiste du nucléaire en France n’a jamais divulgué sa fortune, mais elle doit être conséquente pour qu’il ne la divulgua point ! Sa nocivité native ne s’est pas arrêtée là. Il s’est démené comme un beau diable pour faire massacrer les Gilets jaunes. Car c’est ce sinistre individu qui était aux premières loges pour éviter tout dialogue et pour lâcher les chiens contre les manifestants. Il cherche aujourd’hui à faire oublier qu’il a mené le programme de destruction massive de la France avec Macron en vendant les fleurons de notre industrie aux Etats-Unis. Il est aussi responsable de l’effondrement de l’hôpital public. Cerise sur le gâteau, ce père Ubu nouvelle manière avait décidé que les Français ne devait plus dépasser le 80 km heure sur les routes, il ne savait pas trop quoi inventer pour emmerder les Français ! Sous la pression publique il dut finalement assouplir sa position. Menteur comme un arracheur de dents, il a changé de discours au moins trois fois à propos de Macron. D’abord en 2017 il alertait que l’élection de Macron serait un désastre pour la France – ce qui s’est révélé exact. Mais il sera nommé Premier ministre par celui-ci pour l’accompagner dans son exercice détestable du pouvoir. Il se présentait alors comme son loyal serviteur ! Puis, plus récemment, vu la popularité étriquée de son « ami », il a raconté à qui voulait l’entendre – essentiellement des journalistes qui ont répercuté le message – qu’il ne devait rien à Macron. Certes il semble moins fondu que l’actuel locataire de l’Élysée, mais il est tout aussi louvoyant et menteur que lui. Comme tout bon politicard cupide, ce grand sifflet possède son lot d’affaires judiciaires qui ne sont pas soldées. Essentiellement il s’agit de détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêt[5]. C'est au sein du programme « Young Leaders » de la French-American Foundation qu’Édouard Philippe, a rencontré Emmanuel Macron. Cet européiste est d’une manière assez naturelle le candidat des Etats-Unis, je veux dire de l’État profond étatsunien. C’est probablement lui qui sera contre Bardella au second tour, et déjà les journaux activent l’idée de faire barrage à Bardella en avançant qu’Edouard Philippe serait le seul à pouvoir battre le candidat du Rassemblement National. Parmi les joyeusetés promises par le programme de Fantômas, il y a cette idée lugubre d’allonger l’âge de départ à la retraite jusqu’à 67 ans ! Son élection entrainerait certainement aussi bien un blocage de l’Assemblée nationale – pour cause d’une majorité insuffisante, vue que la gauche et le Rassemblement Nationale en se coalisant seront majoritaires pour renverser son gouvernement – et sans doute des manifestations massives dans la rue. C’est un autre Juppé si vous voulez dont le seul principe de plaisir est d’emmerder les Français et satisfaire les lobbies qui l’ont grassement nourris. 

Qui est Edouard Philippe, le nouveau Premier ministre?

Comme le montre le dernier sondage Elabe qui date de fin mars, la gauche est complètement dans les choux. Mélenchon aura bien du mal à dépasser les 10%. Il paie là ses extravagances islamophiles et immigrationnistes, ses insultes et autres fantaisies. Il est de devenu le candidat le plus détesté de la classe politique française. Bravo l’artiste ! s’il arrivait au second tour – on se demande par quel miracle – il serait battu par n’importe quel candidat, contre Bardella se serait 71,7%/28,5%, autant dire un gouffre infranchissable à un an des élections. La défaite programmée de Mélenchon sera cependant une très bonne chose pour la gauche pour se refaire une santé. L’antisémitisme rampant et opportuniste de Mélenchon et de son gang l’a plombé définitivement, le renvoyant au rang des vieillards maniaques, gâteux, et dépassés par les contingences. Ces très mauvais sondages pour la gauche encouragent naturellement les autres composantes de celle-ci à se déclarer. Ne parlons pas de la candidature farfelue de Hollande, si celui-ci osait malgré tout se présentait, il serait crédité au mieux d’un score de 8,5%. Pour rappel, en 2012, au premier tout il avait fait 28,5% alors que Mélenchon récoltait 11% des voix. C’est dire si ce médiocre est dévalorisé dans l’opinion, on dit qu’il préparerait un livre pour la rentrée de septembre 2026. Notez que cet individu soi-disant « socialiste » était aussi un Young leader, donc un autre candidat des Etats-Unis. Parmi tout ce qu’il a raté dans les grandes largeurs il faut porter à son bilan, la réforme des régions, à la fois couteuse et inutile, et également sa paresse pour faire appliquer les accords de Minsk dont il était garant avec Merkel et qui auraient pu éviter une guerre ruineuse avec la Russie. Mais il croyait sans doute dans sa grande ignorance que l’Ukraine pourrait gagner la guerre contre la Russie. C’était un homme sans idée sur le plan économique, répétant depuis les années quatre-vingt le sempiternel programme du consensus de Washington sur la dette et les salaires. Il est sans dimension sur le plan politique, juste un sournois et un petit magouilleur. Je pense pour ma part qu’il aura la sagesse de renoncer avant même que la campagne effective ne s’ouvre. 

Mélenchon dans sa diatribe contre les blancs s’enfonce tous les jours un peu plus. Le 9 avril dernier, à l’Institut La Boétie, il expliquait bêtement que les blancs, catholiques de surcroit étaient incapables de faire le socialisme. « Si vous comptez sur les ouvriers blancs catholiques pour faire le socialisme en France, ça n’aura pas lieu » Cette diatribe montre que son niveau de compréhension de la réalité est de plus en plus défaillant et que lui-même frise l’idiotie. Déjà il suppose que les ouvriers blancs sont catholiques, ensuite qu’ils n'ont aucune appétence pour le socialisme, et donc qu’on est bien obligé de compter sur les ouvriers importés du Tiers Monde et musulmans pour réaliser ce rêve – ou ce cauchemar. Je passe sur le côté raciste. Certes c’est dans le prolongement des errements de Terra Nova, la boutique rocardienne de la seconde gauche, c’est-à-dire de la droite avec un faux nez. Mais il suppose que les musulmans ont un grand appétit pour le socialisme. Il sera difficile de prouver ce genre d’imbécilité dans les faits présents ou passés. Cet amalgame foireux semble vouloir dire en filigrane que si on veut le socialisme il faut être encore plus pour l’immigration et pour la construction des mosquées dans les territoires perdus de la République ! Si on continue dans cette voie de réflexion, on en arrive forcément à se demander pourquoi des socialistes musulmans issus de l’immigration mettraient à leur tête un « tout blanc, tout moche » et vieux croulant par-dessus le marché. A mon sens il n’est pas simplement dans la provocation, il a complètement perdu la tête et ne sait plus ce qu’il dit. Mais quelques orphelins de la gauche qui savent bien à quoi s’en tenir sur ce personnage loufoque voteront tout de même pour lui pour « ne pas désespérer Billancourt ». Or un peu d’intelligence à gauche serait justement de faire l’impasse sur 2027 pour rebâtir quelque chose de viable et d’attrayant pour l’électeur. 

Du côté de la soi-disant gauche, on a la candidature annoncé d’un autre médiocre, l’antipathique Raphael Glucksmann, ouvertement un agent des Etats-Unis qui a pris à ce service la succession de son père. Sa seule idée politique est de faire la guerre à la Russie jusqu’à la mort et d’intégrer l’Ukraine dans l’Europe pour en faire une puissance militaire qui un jour, plus tard, on ne sait pas quand pourra mettre ce pays en pièces pour le compte des Etats-Unis. Quand il était au service Mihail Saakashvili, un agent de la CIA, qui était arrivé par hasard à la tête de la Georgie, ce sinistre personnage défendait un programme ultra libéral, démantèlement du droit du travail à la clé et baisse des salaires. C’est un autre Macron, aussi stupide et ignare, presqu’aussi fondu. Mais lui aussi se croit un destin, si ce n’est pas pour aujourd’hui, ce sera pour demain ! Son idée est sans doute de marquer un peu son territoire à la droite du candidat du PS qui apparaitra tôt ou tard quand les querelles intestines entre les hiérarques de ce malheureux parti voué à la disparition se seront calmées. Globalement la gauche de Glucksmann à Mélenchon c’est un peu moins de 30%. Les uns pèchent par leur islamophilie et leur immigrationnisme, les autres par ce qu’on appelle bêtement leur social-libéralisme. Mais si massivement les Français rejettent l’islamophilie et l’immigrationnisme, ils rejettent tout autant cette forme macronienne, européiste et libérale que prône la gauche de droite. Au-delà des divergences stratégiques, il n’est pas certains que les politiciens se rendent clairement compte de leur déphasage complet d’avec la réalité. 

Présidentielle 2027 : David Lisnard ouvre le chemin du sursaut français

Parmi les candidats qui se croient un destin et qui croient que les Français n’attendent qu’eux, voici David Lisnard qui fort de son score soviétique – il a fait 81% des voix aux dernières municipales – en a déduit stupidement que la France c’était comme Cannes, un pays peuplé de vieux rentiers qui passent leur temps à dire que tout de même les domestiques coutent très cher et que les salariés ont bien trop d’avantages sociaux. Donc ce Lisnard là déroule un programme ultra-libéral sur le vieux thème de la nécessité de faire maigrir l’état et d’en finir avec les avantages sociaux, de rallonger aussi la durée du travail. Il est en phase avec le patronat qui en ce moment pousse pour rogner encore un peu plus les acquis sociaux. Il n’aura pas pour autant l’appui du MEDEF qui lui préférera facilement Edouard Philippe. En effet pour tenter de se différencier des autres candidats de droite, Lisnard crie haut et fort, un peu à la manière de Milei. Mais on l’a vu si les Français dans leur ensemble se méfient de la gauche, ils réclament aussi plus d’égalité devant l’impôt et comme le dit Piketty, quel que soit le candidat élu, de droite ou de gauche, il fera payer nécessairement les plus riches pour tenter de combler réduire la dette[6]. Cette candidature fera évidemment doublons avec une hypothétique candidature de Zemmour ou de sa maîtresse. Or ces deux là qui n’ont aucune chance ont un double but : d’abord essayer de passer la barre des 5% pour voir ses frais de campagne remboursés, et ensuite nuire autant qu’ils le pourront au candidat du Rassemblement national. 

François Asselineau en garde à vue pour "agressions sexuelles"

On remarquera que tous ces candidats, de droite ou de gauche, restent scotchés dans l’Union européenne et dans l’usage de la monnaie unique qui pourtant nous a ruiné. Le seul candidat réellement souverainiste sera sans doute Asselineau s’il arrive à collecter les signatures nécessaires pour se présenter. Mais même dans ce cas, n’ayant presque pas de moyens, et le camp souverainiste étant complètement éclaté, il est voué à un très faible score. C’est pourtant le seul qui propose une sortie de l’Europe institutionnelle et qui est capable de dire pourquoi. On aura aussi sans doute une candidature de Dupont-Aignan, souverainiste assez peu conséquent et confus. Il y a pourtant en France un noyau d’électeurs qui voteraient très bien pour un programme de sortie de l’Europe, mais leur expression est bloquée par tous les partis dits de gouvernement. Une partie du vote souverainiste est captée par le Rassemblement National qui pourtant s’accommode fort bien de Bruxelles et de la monnaie unique, surtout avec Bardella qui est maintenant complètement aligné. Les élections de 2027 seront des élections qui ne changeront rien dans un sens positif pour la France. Tous les prétendants qui ont des chances de passer les 5% se sont alignés sur l’Europe de Bruxelles et sur la haine de la Russie. Ils ont tous approuvé le programme de réarmement qui est ruineux pour la France. Il faut le dire ici et le répéter la France n’a pas à craindre une agression de la Russie, ce qui veut dire que ses dépenses militaires à la hausse, dont le fameux porte-avions dit France Libre, et qui devrait rentrer en circulation en 2038, coutera au moins 10 milliards d’euros, mais il est à peut près certain que d’ici à 2038 ce budget aura doublé – comme d’habitude. On voit bien ce que pourrait faire cet argent pour la santé qui est à l’os, pour l’éducation, pour tout ce qu’on voudra, et par ailleurs la guerre des Etats-Unis qui ont de beaux porte-avions, a démontré que dans les nouvelles formes de la guerre – la guerre moderne pour être clair – ils ne servaient à rien. De même un programme de gauche sera impossible à appliquer sans une sortie radicale de la monnaie unique. Ceux qui ont pensé l’Union européenne et la monnaie unique ont toujours pensé qu’il serait difficile, voire impossible d’en sortir, et c’est pour ça que ces deux institutions existent encore malgré les désastres qu’elles ont amenés sur l’ensemble du continent. 

A Harnes le nouveau maire fait enlever les drapeaux ukrainiens et européen 

Lors des élections municipales de 2026, on a vu des maires nouvellement élus du RN faire retirer les drapeaux ukrainiens et européens du fronton des mairies, ce qui a fait hurler les couillons du journal Le monde[7]. On a vu également pendant les quelques jours de la révolte des paysans contre le Mercosur, des drapeaux européens brûlés. Mais si cela confirme qu’il existe en France un vrai courant souverainiste, il n’est guère probable que cela modifie la ligne de conduite de Bardella qui est clairement européiste. Ces actes sont aussi la démonstration que le RN à son plus haut niveau est très divisé sur la question du Frexit. A gauche le Frexit a disparu, un individu comme Frédéric Lordon qui au moment de la crise grecque militait pour la sortie de l’Europe aujourd’hui passe la brosse dans le dos de Mélenchon qui lui n’en a jamais eu l’intention et qui a même milité pour Maastricht. Tout cela fait dire à Montebourg qui pourtant vient du Parti socialiste, que le clivage gauche- droite ne représente plus grand-chose. Comme les choses ne vont certainement pas s’arranger avec le changement de têtes de l’exécutif, il faut s’attendre à ce que ce soit la rue qui s’exprimera, surtout qu’il est probable que le taux d’abstention au second tour de la présidentielle et aux législatives qui suivront ne soit pas propice à un gouvernement stable. Bref comme on l’a compris c’est mal parti pour qu’en 2027 j’aille mettre un bulletin dans l’urne ! 

François Momboisse's Video on X

Lordon servant la soupe à Mélenchon



[1] https://www.lemonde.fr/societe/article/2006/04/29/derriere-l-affaire-la-guerre-villepin-sarkozy_766865_3224.html

[2] https://www.marianne.net/politique/liens-avec-le-qatar-ou-l-arabie-il-n-y-aucune-puissance-etrangere-derriere-se-defend-villepin

[3] https://www.radiofrance.com/presse/revelations-les-affaires-chinoises-de-dominique-de-villepin

[4] https://www.instagram.com/p/DW8oH62jZgI/

[5] https://www.blast-info.fr/articles/2025/detournement-de-fonds-publics-edouard-philippe-dans-le-collimateur-de-la-justice-zydU1nbqRZy5J-YQSPLHpQ

[6] https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/04/11/thomas-piketty-1789-1945-2026-trois-crises-de-la-dette_6679243_3232.html

[7] https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/03/30/des-maires-rn-nouvellement-elus-retirent-le-drapeau-europeen-de-leur-hotel-de-ville_6675467_823448.html

vendredi 17 avril 2026

Les offensives du MEDEF contre le 1er mai et les salariés

L'invention du 1er mai|Ciné-Archives 

La crapule politicienne n’en a jamais assez des turpitudes pour rogner les maigres avantages des salariés qui restent encore debout. L’idée loufoque d’un quarteron de combinards ces derniers temps consistent a essayé d’ôter le 1er mai des jours fériés et payés. En tête de ce petit gang on trouve l’improbable David Lisnard qui voudrait bien au nom de la liberté revenir à une sorte de droit du travail qui serait tellement réduit qu’il n’existerait plus. Parmi les imbéciles qui ont commencé cette offensive, on trouve bien entendu Bruno Retailleau, le maire de Cannes bien sûr, le patron du MEDEF, et aussi quelques macronistes comme Gabriel Attal. Cette canaille hors sol qui n’a jamais travaillé a avancé ces idées en disant que tout de même ce jour férié était terriblement pénalisant pour les consommateurs qui voulaient aller acheter leur pain, ou qui voulaient un brin de muguet pour fêter le 1er mai. Tout cela est un mensonge éhonté. Le 1er mai est férié depuis 1906. Et depuis cette date les Français n’ont jamais manqué de pain ni de muguet ! Le gouvernement s’est trouvé embarrassé par cette initiative. On a vu le crétin Serge Papin, ministre des petites et moyennes entreprises rétropédaler sous la pression des syndicats, disant qu’on pourrait faire travailler non pas des salariés, mais des étudiants ! Ça frise l’idiotie, car selon le droit du travail tu ne peux pas employer quelqu’un qui n’est pas déclaré à l’URSSAF comme salarié. Le stupide Lecornu a remballé sa loi moisie et avortée, en disant qu’il reviendrait plus tard sur cette question

 

Les Martyrs de Chicago - aux origines du 1er mai - Rebellyon.info

Répression patronale à Chicago au 1er mai 1896

 

Le 1er mai, jour de repos pour les travailleurs, est la conséquence de ce qu’on a appelé les pendus de Chicago en 1886. Ce sont les syndicats étatsuniens qui ont lancé en fait une grève le 1er mai 1884 pour tenter d’obtenir la journée de huit heures. La répression patronale et étatique fut d’une grande violence, et en 1886, elle aboutit à la pendaison de quatre anarchistes alors même qu’il n’existait aucune preuve de quoi que ce soit de leur implication dans les violences – mais ce sont les Etats-Unis, pays fourbe et sournois au niveau de ses élites. Et donc par la suite les syndicats du monde entier ont tenter de commémorer ce jour, jusqu’à obtenir que le 1er mai soit selon le mot de Jules Guesde un jour réserver pour la fête du travail. Cela n’a pas été de soi. En 1891 le 1er mai, en France, plus précisément à Fourmies, le patronat s’oppose au chômage des travailleurs le 1er mai et tente d’imposer sa loi en apposant dans tout la petite ville une affiche édictant leur loi. Le patronat fait appel évidemment à l’État qui envoie la troupe tirer par l’armée sur les travailleurs récalcitrants. Il y aura neuf morts au total, dont deux enfants l’un de 11 ans, et l’autre de 14 ans. Cet événement aura un retentissement dans toute la France. Finalement ces luttes ouvrières – des catholiques blancs et moches comme dirait l’idiot – aboutiront en 1906 à ce que le 1er mai soit férié en France, mais aussi dans de nombreux pays dans le monde.

 

Pourquoi l'armée ouvrit-elle le feu sur les ouvriers en 1891 à Fourmies ? -  JSS 

 

Les crétins de la droite rétrograde, en tête le semi-idiot David Lisnard, avancent depuis les débuts du XIXème siècle l’idée selon laquelle il faut travailler plus, donc globalement augmenter la durée du travail sous toutes ses formes : sur la semaine en éradiquant les 35 heures, sur l’année en rognant les jours fériés, et bien sûr sur la vie en repoussant l’âge de la retraite au-delà de l’espérance de vie. C’est exactement à cette idée que l’on reconnait un imbécile de droite. L’idée générale est qu’on est obligé de travailler plus pour faire face à la concurrence étrangère, et également pour rembourser la dette. Ce sont généralement des fainéants de politiciens corrompus qui se font les porte-paroles de ces idées qui sont le fond de commerce du patronat depuis des siècles. Pour éradiquer le 1er mai de la liste des jours fériés, on avance que la France serait un pays où on en a beaucoup trop, bien plus que dans les autres pays européens. C’est évidemment un mensonge éhonté. On donne ci-dessous une carte qui le démontre. Mais un imbécile comme David Lisnard qui voudrait bien croire à son destin de présidentiable confond le public cannois, fait principalement de vieux rentiers qui ne travaillent plus, avec l’ensemble de la France. Dans le même ordre d’idée on ce crétin d’Edouard Philippe qui n’a fait que des bêtises en tant que premier ministre, qui nous dit qu’il va nous imposer la retraite à 67 ans. Autant dire la retraite pour les morts. Les propagandistes du MEDEF ont dans le même temps sorti d’ailleurs un sondage selon lequel 52% des Français sont d’accord pour abaisser le montant des pensions de retraite afin de désendetter l’État[1].

 

 

Les attaques contre le 1er mai qui ont pour l’instant échoué s’inscrivent en réalité dans un plan plus global qui consiste à organiser une austérité générale, soit une[U1]  déflation des salaires. Le MEDEF tente de profiter d’une situation favorable – les syndicats français sont faibles, et la gauche à perdu la tête avec ses querelles intestines – pour accroitre la masse de ses profits encore un peu, alors qu’ils sont aujourd’hui au plus haut dans le partage de la valeur. Nous voyons cela dans le graphique suivant. Ce que nous voyons c’est que malgré la hausse de la productivité du travail ces quarante dernières années, les salaires ont relativement beaucoup baissé. Ce qui veut dire que le patronat a confisqué les gains de productivité du travail pour le capital et au détriment de la rémunération du travail. Il est probable qu’une grande partie des faillites d’entreprises soit d’ailleurs le résultat de la compression des salaires qui freine la consommation et donc la croissance.

 

Fiche 02 - La chute de la part des salaires dans la valeur ajoutée | CGT

La part des salaires dans la valeur ajoutée a beaucoup baisser depuis le début des années 80

 

On voit donc que cette attaque directe contre le 1er mai s’inscrit dans un plan plus large de destruction des acquis sociaux. Montrer aux gueux qui est le maître est la passion du MEDEF et de la canaille qui en porte le programme. Il faut démonter les mensonges répétés à longueur d’année par le gouvernement et le MEDEF. Non, les Français ne travaillent pas moins que les autres européens, ils sont même dans le haut du peloton. Mais en même temps il est bon de rappeler à cette bande d’imbéciles qui prétend nous gouverner l’histoire des luttes ouvrières qui ont conduit à une amélioration des conditions de travail. Il fut un temps, disons dans les années soixante-dix et quatre vingt où on nous disons que vaille que vaille le capitalisme améliorait finalement le sort des travailleurs : hausse des salaires, amélioration de la santé, abaissement des durées travaillées. Ce temps là est maintenant complètement révolu. Aidés par les directives européennes qui luttent contre les droits des travailleurs d’une manière permanente en diminuant l’accès aux soins, en allongeant les durées travaillées, en abaissant les salaires, les sociétés occidentales visent une grande régression pour le monde du travail, une manière pour le patronat de fabriquer encore un peu plus de milliardaires.

 

 

Finalement, devant la levée de boucliers des syndicats, Lecornu a retiré son texte et dit qu’il allait en proposer un autre qui spécifierait que les boulangers et les fleuristes, les artisans, pourraient employer des salariés le 1er mai, toutefois en les payant le double[2]. Cette défaite en rase campagne ne doit pas laisser croire que le MEDEF et ses valets ne reviendront pas encore et encore sur cette idée du « travailler plus ». Évidemment si les syndicats étaient plus forts, moins mous, cela ne se passerait pas. Mais pour l’instant ils sont comme le reste de la gauche complètement déphasés, plus préoccupés par des sujets sans queue ni tête – la Cause palestinienne, le départ des écrivains de la maison Grasset, ou encore les questions de genre et de la race – plutôt que par la défense des droits des travailleurs.



[1] https://actu.orange.fr/france/52-des-retraites-se-disent-favorables-a-baisser-leurs-pensions-pour-faire-baisser-la-dette-publique-magic-CNT000002oDM0k.html

[2] https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/04/17/sebastien-lecornu-annonce-que-les-boulangers-et-les-fleuristes-pouront-ouvrir-le-1er-mai_6680879_823448.html


 [U1]

mardi 14 avril 2026

Que penser des élections en Hongrie ?

Nous avons libéré la Hongrie" : le conservateur pro-européen Peter Magyar  détrône le nationaliste Viktor Orban avec une supermajorité des deux tiers

Péter Magyar célébrant son élection dimanche 12 avril 2026 à Budapest 

J’allais dire rien et en terminer avec mes réflexions sur la défaite de Orban. Mais en fait bien qu’on soit encore dans l’indétermination en ce qui concerne les intentions de Péter Magyar, quelques lignes de force apparaissent. Les Européistes se sont réjouis bien vite des résultats qui sont sans appel le parti de Magyar, Tisza, récolte en effet les deux tiers des sièges et gouvernera ainsi qu’il l’entend. Le journal Le monde, rédigé par des imbéciles à destination des idiots, présentait cette victoire comme une défaite de Poutine, et la chute d’un dictateur. Balayons tout de suite l’idée saugrenue selon laquelle Orban eut été un dictateur, cette antienne a été reprise d’ailleurs inconsidérément par des gens de gauche, un peu comme quand chez nous on raconte que Macron c’est mieux, bien mieux, que Le Pen et qu’on se décide pour le barrage. Si cette fable était vraie, il n’aurait pas organisé les élections – il aurait fait comme Zelensky, en trouvant un prétexte pour les repousser – ou alors comme l’a fait l’Union européenne en Roumanie, il en aurait annulé les résultats. L’imbécilité des européistes est de croire que Péter Magyar va changer radicalement de position envers la Russie. Il s’est exprimé sur ce point. Car les journalistes n’ont pas pensé que la Hongrie avait un intérêt direct à continuer à se fournir en énergie en Russie. Couper les ponts sur ce terrain avec la Russie amènerait directement la ruine de ce pays. Donc il a remercié la Russie de reconnaitre le gouvernement qu’il va former, il s’est prononcé contre une accélération de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, et proposé que l’Union européenne lève les sanctions contre la Russie dès la fin du conflit. Il a prévenu également qu’il ne tolérerait pas que d’autres États interviennent dans les affaires de la Hongrie sur quelque sujet que ce soit. Et bien entendu il a avancé qu’il discuterait de la question énergétique avec Poutine. 

Les partisans pro-européens du parti Tisza, opposé au Fidesz de Viktor Orban, célèbrent leur victoire, en face du Parlement, à Budapest, le 12 avril 2026.

Les partisans de Tisza célébrant leur victoire à Budapest 

Comme on le voit Poutine n’a pas trop à s’inquiéter du changement de gouvernement. Il faut comprendre qu’une partie des problèmes économiques que rencontraient la Hongrie ces derniers temps, notamment en matière d’inflation, était le résultat de la politique de la Commission européenne qui gelait les subventions à la Hongrie parce que ce pays était récalcitrant à appliquer les directives de Bruxelles en matière d’aide à l’Ukraine notamment. La Hongrie débloquera-t-elle le paquet de 90 milliards d’euros en faveur de la continuation de la guerre en Ukraine ? Rien n’est moins sûr. Quoi que les Hongrois pensent d’Orban et de Poutine, ils n’aiment pas les Ukrainiens qui ont maltraité la minorité hongroise dans leur pays fait de bric et de broc. Il est assez drpole de voir les journalistes français totalement prisonniers de leur imbécilité et de leur ignorance célébrer le retour de la Hongrie de l’Union européenne, alors qu’elle n’en est jamais sortie ! Mais si dans le temps la Commission européenne pouvait faire pression sur ce pays en gelant les subventions, cette ère est révolue parce que la Hongrie est maintenant – depuis 2025 – un contributeur net au budget européen[1]. Ce qui veut dire que Magyar arrive au pouvoir au moment même où l’Union européenne ne peut plus exercer un chantage financier sur la Hongrie comme elle en avait l’habitude en invoquant le fumeux argument de l’illibéralisme d’Orban. Péter Magyar venant du même parti qu’Orban, Fidesz, il n’y a guère de chance qu’il change de politique sur les questions de l’immigration et de la législation sur les mœurs. 

L’inflation en Hongrie 

Évidemment les Européistes l’ont soutenu parce qu’Orban était celui qui tenait le plus tête à la dictature de Bruxelles. Ils ont bloqué les fonds destinés à la Hongrie pendant des années, ce sont des milliards d’euros qui ont manqué à ce pays et donc qui ont provoqué une inflation galopante qui a exaspéré les Hongrois. Comme de nombreux pays d’Europe centrale, la Hongrie fait aussi face à une démographie déclinante, ce qui encourage les immigrationnistes européistes à demander avec insistance la levée des restrictions à l’immigration qu’Orban avait établies. Personne ne sait si Péter Magyar accédera à ces demandes. Mais vu les orientations générales de l’Europe en la matière, je dirais qu’il y a peu de chances, surtout que dans la plupart des pays d’Europe occidentale, l’immigration est un vrai problème pour la sécurité des personnes, et cela sera aggravé par la monté inexorable du chômage qui est une des conséquences de la pénurie d’énergie dans ces pays. 

Migrants : l'UE échoue à s'entendre sur les réfugiés - midilibre.fr

La Hongrie et l’immigration 

Plus problématiques est la position de Magyar concernant la possibilité pour un premier ministre de faire plus de deux mandats. Comme s’il craignait à court terme un retour d’Orban au pouvoir si les choses se passent mal pour lui. Après tout il n’a fait que 53% des voix à ces dernières élections, certes c’est beaucoup plus que la coalition emmenée par Orban qui n’arrive pas à 40%. Mais ce résultat peut se retourner très vite dans l’opinion si par exemple Magyar entraine la Hongrie dans un soutien à la guerre en Ukraine, ou si les résultats économiques ne sont pas rapidement là. Le programme économique de magyar qui sera ou non appliqué, est un programme très à droite, avec austérité, baisse des impôts et autres fantaisies. Rien ne dit que cela fonctionnerait. Les déceptions risquent d’être rapides. Si les fonds européens se débloquent rapidement il sera populaire, au moins pour un moment ! Il semble qu’il cédera sur la question du plan de l’aide de l’Union européenne à l’Ukraine pour 90 milliards d’euros, quoi qu’il ait précisé que la Hongrie elle-même n’y participera pas ! Pour donner une idée de la vilénie de la Commission européenne, les fonds bloqués destinés à la Hongrie sont d’environ 35 milliards d’euros pour un PIB de 218 milliards d’euros, soit 16% du PIB ! Sachant que le déficit budgétaire hongrois est de 7,5%, on comprend combien la pression de crapuleuse de la dictature de Bruxelles sur ce petit pays est importante, et combien elle a compté dans ces dernières élections, même si c’est indirectement. 

Élections en Hongrie : l'hégémonie de Viktor Orbán menacée par Péter Magyar  - Touteleurope.eu

Le Fidesz associait Péter Magyar et l’horrible von der Leyen dans sa campagne électorale 

Bien qu’on ne sache pas trop ce qu’il va faire, sur le plan économique c’est en apparence un néolibéral grand teint. Par exemple il est pour l’allongement de la durée du travail en 2018 il fait voter une loi qui permet de faire passer le nombre d’heures supplémentaires de 250 à 400 heures de plus par an. Il est pour une baisse des déficits publics, donc d’une diminution des dépenses étatiques, une baisse des impôts, ce genre de chose qui plait aux bureaucrates de Bruxelles.  Sur le plan des mœurs et de l’immigration Péter Magyar qui entre 2010 et 2024 était un soutien direct de la politique d’Orban en la matière, aura bien du mal à retourner complètement sa veste sur cette question.


[1] https://www.courrierinternational.com/article/cotisations-la-hongrie-contributrice-nette-de-l-union-europeenne-un-tournant-historique_238042

vendredi 10 avril 2026

La lourde défaite stratégique de Donald Trump

Les Iraniens célèbrent le cessez-le-feu sur la place centrale de Téhéran

 La première défaite de Trump est d’abord militaire c'est maintenant un habitude dont les Etats-Unis n'arrivent pas à se débarrasser malgré leur budget militaire de 1000 milliards de dollars. Malgré une puissance de feu terrifiante sur l’Iran et le dégâts matériels et humains, l’armée US n’a pas réussi à faire tomber le régime des mollahs. Non seulement celui-ci a tenu bon, mais il s’est clairement renforcé. Ce qui veut dire que dans cette guerre asymétrique, ce n’est plus seulement la puissance de feu, de la marine et de l’aviation qui compte, mais la structure défensive. Autrement dit pour gagner cette guerre impopulaire dans son pays, Trump devrait envoyer des troupes au sol en grande quantité, et pour une durée illimitée. L’étrangeté de cette situation est que ce sont les Iraniens qui ont été capables d’infliger une guerre d’attrition aux Etats-Unis. À l’annonce du cessez-le-feu, les Iraniens sont sortis en masse dans les rues de Téhéran pour célébrer leur victoire. C’est une victoire pour l’Iran dans la mesure où ce sont finalement les Etats-Unis qui ont été contraints de réclamer un cessez-le-feu. Malgré les mensonges extravagants de Trump, tout le monde a bien compris cela, même aux Etats-Unis où cette défaite va peser très lourd sur le parti républicain dans les mois à venir. Toutes les conditions de l’Iran ont été acceptées, y compris l’idée selon laquelle l’Iran mettrait un péage sur le détroit d’Ormuz, alors qu’avant la guerre le passage était libre. Péage dont il prétend cependant pouvoir profiter[1]. Mais les Iraniens ont annoncé que ce péage se ferait à leur convenance, avec un tarif variant selon le degré d’amitié du pays concerné. Ça tourne à la pantalonnade. Si ce système devait se mettre en place, ce serait un changement majeur pour les États-Unis, dont l'armée assurait la « liberté de navigation » sur les mers du monde depuis 1945, et surtout depuis la chute de l'URSS, contribuant à donner au pays une influence sans égale. Le tournant serait aussi considérable pour le Moyen-Orient et le reste du monde. On s’apercevrait alors que les Etats-Unis ne protègent rien ni personne. Ce droit de péage serait la preuve, le symbole, du fait que ce sont maintenant les Iraniens qui tiennent le manche dans la circulation du pétrole du détroit d’Ormuz. Il leur sera en effet facile de fermer à leur guise ce goulet d’étranglement. Le but des Iraniens n’est certainement pas de gagner de l’argent avec ce système de péage, mais d’obtenir pour lui-même une levée des sanctions sur son pétrole, et également de montrer aux autres pays du Golfe qu’ils ont un intérêt économique à long terme à s’affranchir de la tutelle des Etats-Unis et certainement de se rapprocher de Téhéran pour plus de sureté, malgré les différends. Il semble que la diplomatie chinoise s’applique à travailler dans ce sens. À très court terme la réouverture du détroit d’Ormuz est très problématique, peu de pétroliers l’ont franchi pour l’instant. Les Iraniens ont démontré dans cette nouvelle guerre déclenchée par les Etats-Unis qu’ils pouvaient résister sous les bombes, même au prix de lourds sacrifices. Il est inconcevable de croire que les Iraniens « aiment les bombes américaines » comme le claironne stupidement Donald Trump. 

La seconde défaite stratégique de Trump est la démonstration qu’il n’arrive plus à contrôler son allié principal dans la région : Israël en effet a décidé de continuer sa guerre au Liban. Sans doute pour porter des coups au Hezbollah que Nétanyahu avait pourtant annoncé comme pratiquement détruit à la suite de la guerre des 12 jours l’année dernière. Mais les Israéliens comme les Étatsuniens avaient également annoncé à la suite de cette guerre que le programme nucléaire iranien avait été quasiment anéanti. Or après l’acceptation d’un cessez-le-feu le 8 avril 2026, il semble que l’action militaire des Israéliens au Liban soit poursuivie essentiellement pour empêcher cette trêve, autrement dit Netanyahu veut la continuation de la guerre avec évidemment l’appui des Etats-Unis. En forçant la main à leur allié, ils veulent le pousser à aller beaucoup plus loin dans les destructions de l’Iran. La question que tout le monde se pose est de savoir si Trump et son gang auront les moyens d’imposer ce cessez-le-feu à Israël. En théorie ils l’ont, parce qu’Israël dépend militairement des fournitures de matériel étatsunien. Il suffit de couper les financements étatsuniens à ce pays pour le contraindre à en rabattre. Le premier ministre israélien semble vouloir pousser Téhéran à la faute, en lui imposant deux choix aussi mauvais l'un que l'autre : abandonner son allié libanais ou rompre de lui-même la trêve avec Washington. Mais ce calcul semble ne pas tenir compte des moyens militaires israélien et étatsuniens qui ont été largement entamés à la suite de cette guerre qui dure depuis le 28 février dernier. J. D. Vance interrogé sur le fait qu’Israël ne respectait pas le cessez-le-feu a botté en touche, en parlant de malentendu[2]. Les frappes sur le Liban du 9 avril 2026 ont été particulièrement meurtrières, elles auraient fait plus de 300 morts. Cela ne va pas accroître la popularité d’Israël dans le monde. Ce sabotage délibéré de Netanyahu pose de très nombreuses questions. La première est celle des capacités militaires israéliennes aussi bien sur le plan offensif que défensif. Beaucoup d’observateurs pensaient que celles-ci étaient très diminuées, même si elles ont été fortement entamées. On disait aussi que la guerre des 12 jours avait épuisé ses réserves, ce n’est manifestement pas le cas. La journée du 9 avril 2026 semble montrer que non. Il y a encore de la réserve. Il est bien entendu encore trop tôt pour savoir si cette provocation fonctionnera pour ranimer le conflit sur la question du détroit d’Ormuz. Personnellement je pense que non, les Etats-Unis ont maintenant trop à y perdre. Cette incapacité manifeste de Trump à contrôler son allié est très certainement la preuve d’un effondrement du leadership étatsunien. Que ce soit aux Iraniens ou aux Israéliens, Trump est incapable d’imposer quoi que ce soit, ce qui va certainement raviver la méfiance naturelle des États du Golfe vis-à-vis des Etats-Unis. A plus long terme il est à peu près certain que les liens privilégiés entre les Etats-Unis et Israël vont se distendre. Cette guerre est donc aussi un mauvais choix pour Netanyahu. Cependant, le 10 avril Israël annonçait entamer des négociations avec le Liban à partir du 13 avril[3], ce qui veut dire clairement que Netanyahu n’a plus le soutien des Etats-Unis dans son conflit au Liban, et que probablement il renoncera à annexer une partie du sud Liban, se contentant de créer une zone tampon de quelques kilomètres. Cette annonce était assortie des bouffonneries habituelles de Netanyahu sir « la paix par la force » afin de rassurer les ultras de sa coalition en voie d’explosion dans les semaines à venir. Car c’est là une dimension occultée : la fin de la guerre va replonger Israël dans ses divisions politiques. En tous les cas, c’est bien là le résultat immédiat, Israël ne peut faire la guerre, je veux dire une guerre offensive et non défensive, sans le soutien des Etats-Unis. Il semblerait que depuis la fin du mois de février, Israël ait gaspillé des munitions pourtant indispensables à sa défense comme l’a prouvé récemment la porosité du Dôme de fer. 

Un immeuble ciblé la veille par des frappes israéliennes, à Sidon, au sud de Beyrouth, le 9 avril 2026. (MAHMOUD ZAYYAT / AFP)

Sidon, au sud de Beyrouth, le 9 avril 2026 

La guerre déclenchée par les Etats-Unis contre l’Iran, avec Israël, va avoir des conséquences internes importantes pour Trump. Sa popularité s’est effondrée, on l’a dit et répété, et il semble bien que son parti perte la majorité au Congrès en novembre 2026, ce qui modifierait beaucoup de choses au niveau stratégique, notamment dans le soutien à Israël. Il est reproché également à Trump d’avoir dépensé des milliards de dollars pour une guerre qui n’a obtenu aucun résultat positif, bien au contraire. Cette guerre aurait déjà coûté directement entre 50 et 95 milliards de dollars, le Pentagone réclamant maintenant une rallonge de 200 autres milliards de dollars pour remettre l’armée à flot[4]. Ces chiffres sont incertains bien entendu, mais ils donnent déjà des ordres de grandeur du coût de ce désastre. Cette guerre fait on remarquer va coûter plus cher que le soutien de l’Ukraine depuis 2022 ! La Harvard Kennedy School avançait que la guerre coûtait au minimum – directement – deux milliards de dollars par jour[5]. Quoi qu’il en soit de l’exactitude de ces chiffres, il est certain que ces dépenses vont peser lourdement sur la dette étatsunienne. Lors de l'invasion de l'Irak par les États-Unis en 2003, la dette publique était inférieure à 4 000 milliards de dollars. Aujourd'hui, notre dette nationale totale s'élève à 31 000 milliards de dollars, en grande partie à cause des emprunts contractés pour l'Irak et l'Afghanistan. Or, tous les emprunts contractés ces 20 dernières années à des taux d'intérêt bas sont désormais remboursés aux taux d'intérêt élevés que nous subissons tous. Aujourd'hui, environ 15 % du budget national est consacré au seul paiement des intérêts. Cela va peser lourdement sur les obligations et faire grimper les taux d’intérêt qui eux-mêmes limiteront les capacités d’investissement productif de ce pays. Les conséquences économiques sont assez prévisibles, non seulement cela va relancer l’inflation, mais le dollar va être moins demandé et les dépenses de fonds pour les infrastructures du pays seront abaissées, affaiblissant encore un peu le pays et en le divisant toujours plus. 

Iran-USA : Négociations Cruciales pour le Nucléaire

Ce coût élevé de la guerre contre l’Iran est sans doute une des raisons qui feront que le cessez-le-feu tiendra. Les Étatsuniens sont lessivés par cette guerre ruineuse. Les Israéliens ne peuvent poursuivre seuls le conflit, et les Iraniens également ont été très touchés sur tous les plans. Relancer le conflit serait se lancer dans une aventure encore plus incertaine pour les trois principaux protagonistes. Les journalistes, ceux du Monde par exemple, sèment le doute sur l’avenir des négociations qui se tiennent au Pakistan entre l’Iran et les Etats-Unis. Mais ils oublient que les Etats-Unis ont déjà capitulé. Certes les Iraniens vont se méfier de la fourberie des Étatsuniens qui ont déclenché par deux fois un conflit en plein milieu des négociations, mais ils vont tenir compte du fait que ceux-ci n’ont plus les moyens pour un long moment de relancer la machine de guerre. On estime que les Etats-Unis en auront pour au moins 2 à cinq ans pour reconstituer leurs arsenaux, et que cela coutera au minimum 200 milliards de dollars, les prix de remplacement des missiles tirés et des radars détruits ayant considérablement augmentés ! C’est Vance qui conduira la délégation étatsunienne, c’est sans doute le moins fou de ce gang. En attendant, Netanyahu est convoqué au tribunal pour ses différents méfaits. « Avec la levée de l’état d’urgence et la reprise du fonctionnement du système judiciaire, les audiences reprennent leur cours », et la prochaine audience du premier ministre israélien « est fixée au dimanche » à 9 h 30 (8 h 30 à Paris), pour une audition avec la défense, a annoncé, jeudi, le tribunal de district de Jérusalem, dans un communiqué. Il faudra ensuite tenir compte du fait que les guerres ont complètement changé de formes, les porte-avions ne comptent guère, l’aviation un peu plus, mais par contre les missiles balistiques et les drones ont fait la démonstration de leur efficacité, ici comme en Ukraine. Dans cette guerre asymétrique, on s’est rendu compte aussi que les mensonges à répétition, c’est une technique de communication qui a des limites. Trump s’est ridiculisé par ses cris de victoire saugrenus.


[1] https://www.bfmtv.com/economie/international/c-est-une-excellente-chose-donald-trump-est-favorable-a-l-idee-d-un-peage-dans-le-detroit-d-ormuz-et-propose-de-le-gerer-sous-forme-de-coentreprise-avec-l-iran_AV-202604090546.html

[2] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/09/guerre-en-iran-un-cessez-le-feu-en-forme-de-debacle-strategique-pour-les-etats-unis_6678464_3210.html

[3] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/10/netanyahou-annonce-des-negociations-avec-le-liban-mais-prone-une-paix-par-la-force_6678848_3210.html

[4] https://www.latribune.fr/article/economie/international/23386625801236/200-milliards-de-dollars-le-cout-de-la-guerre-avec-l-iran-s-envole-pour-les-etats-unis

[5] https://www.hks.harvard.edu/faculty-research/policy-topics/international-relations-security/why-war-iran-so-expensive

Les candidats pour la présidentielle de 2027, passage en revue

    Les politiciens ne sont pas vraiment intéressés par ce qui se passe aujourd’hui dans le monde et en France. Pour tout dire ils sont à ...