En ce début d’année 2026, ce sont les Etats-Unis et l’ubuesque Trump qui mobilisent l’attention. Après l’enlèvement d’un président élu, Trump a commencé à poser ses revendications pour obtenir la propriété du Groenland. Dans les deux cas il a avancé des arguments qui sont mensongers : d’abord dans le cas du président vénézuélien, il a prétendu que celui-ci était le chef d’un gang de narco-trafiquants, et que le pétrole de son pays appartenait aux Etats-Unis. Il a prétendu aussi qu’il allait lui-même gouverner ce pays pour le propre compte des Etats-Unis qui s’enrichiront ainsi. Pour le Groenland, il avance deux justifications tout aussi illégitimes et débiles : d’abord ce serait une condition pour renforcer la sécurité des Etats-Unis qui seraient menacés par la Chine et la Russie, ensuite il prétend exploiter le sous-sol de ce petit pays pour le compte encore des Etats-Unis. Tout cela ne résiste pas à l’analyse. Au Venezuela il n’est arrivé à rien, le régime chaviste est toujours en place et pire encore, les pétroliers étatsuniens ne veulent pas investir dans l’exploitation du pétrole vénézuélien, trouvant que le rendement est bien trop aléatoire vu la qualité du pétrole. Pour le Groenland c’est encore pire. Il s’est heurté à une fin de recevoir à la fois des Groenlandais, du Danemark et des pays européens. Il a dû se rabattre sur son cireur de pompes préféré, Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN qui prétend avoir trouvé une solution. Cette solution personne ne l’a vue. Il semblerait qu’elle porte sur une propriété partielle de la base étatsunienne dans ce petit pays.
Globalement l’opinion étatsunienne est négative sur la politique de Trump
Les Étatsuniens sont très remontés contre cette dispersion et ces velléités impérialistes. Les sondages sont mauvais, ils n’approuvent aucune de ces bêtises, même en ce qui concerne la politique de lutte contre l’immigration menée par l’ICE. D’autant que dans le même temps Trump alignent les menaces de surtaxes contre le monde entier. Bien entendu tout le monde a souligné l’impuissance des dirigeants européens – on n’a pas entendu Ursula von der Leyen critiquer ces attaques en règles contre l’État de droit – mais, contraints et forcés, ils sont obligés d’ajuster leurs réponses. Ils avaient jusqu’à la guerre de l’OTAN contre la Russie, l’habitude de suivre aveuglément Washington sur à peu près tout, essentiellement parce que le personnel politique européiste a été formé par les Etats-Unis, que ce soit les Young leaders, ou encore par le biais de l’Aspen Institute. Le résultat de tout cela est que les Européens sont obligés de changer de discours. Depuis quelques semaines, on voit une timide tendance à se rabibocher avec les Russes. Macron a dit qu’il fallait parler à Poutine, Melon aussi, et également maintenant Merz. Dans ce dernier cas, il semble qu’il soit poussé par le patronat allemand qui rêve d’une réouverture des Nord Stream endommagés. C’est en effet la seule voie pour les Européens en ce qui concerne leur économie que de se tourner vers la Russie, mais pour cela il faut mettre fin à la guerre en Ukraine d’une manière ou d’une autre. Il y a cependant un puissant lobby qui ne le veut pas, von der Leyen, Kaja Kallas le représente, et bien sûr Zelensky et son gang.
Paradoxalement, c’est la politique de Trump qui va obliger les Européistes à changer de point de vue. Comme le montre le graphique ci-dessus, les Français sont de plus en plus remontés contre les Etats-Unis. Mais c’est un peu la même chose dans les autres pays de notre continent. On a même vu le premier ministre britannique Starmer, pourtant habitué à ramper devant le maître américain, avoir des velléités d’indépendance ! Trump est en échec sur le plan diplomatique, l’affaire du Venezuela n’est pas un succès, le processus de paix en Ukraine est enlisé aussi bien par la position jusqu’au-boutiste de Zelensky et des Européiste que par les errements de la diplomatie étatsunienne qui modifie ses propositions de paix en fonction de l’interlocuteur qu’elle a en face d’elle. Trump recule sur le Groenland. Il vient de bricoler un Conseil de la paix avec ses affidés. Mais celui-ci est rejeté, que ce soit pour la question de la Palestine ou pour sa composition. La carte ci-dessous montre l’isolement de Trump sur cette question. Ce Conseil de la paix s’apparente à une privatisation d’une instance de régulation multilatérale. Au passage Trump rackette ceux qui voudraient en faire partie contre 1 milliard de dollars ! Pire encore cette nouvelle lubie qui serait une sorte de privatisation de l’ONU, est présentée à Davos au World Economic Forum, une institution parallèle où se rencontrent sans aucune onction démocratique des oligarques et leurs valets, on y voit souvent Macron et Zelensky par exemple. Trump voudrait que cette initiative privée – son Conseil de la paix – remplace l’ONU qui manque d’efficacité. Dans son Conseil de Paix, Trump n’a rassemblé que des has been comme Tony Blair, ou encore le domestique Milei qu’il tient dans sa main.
Ces nouvelles initiatives sont vouées à l’échec. Cela ne peut renforcer que le divorce entre les Etats-Unis et l’Europe, ce qui signifie au moins deux choses, d’abord que l’OTAN a du plomb dans l’aile, ensuite que les Européens seront obligés de se rabibocher avec la Russie sous peine de voir leur économie s’effondrer complètement alors qu’elle est vraiment mal en point. Si l’ambition de Trump était de redevenir le parrain de l’Occident pour le remettre en ordre, c’est raté, il a au contraire plongé celui-ci dans le chaos. Face à la Russie, à la Chine, et plus généralement aux BRICS, l’Occident apparait comme un pôle politiquement peu stable. La division des pays qui le composent est aussi bien externe qu’interne. Les Etats-Unis sont maintenant en guerre avec les pays européens, mais ils sont en outre très divisés sur le plan intérieur. Les exactions fascisantes de l’ICE sont désapprouvées par la majorité de la population. Ce n’est pas le cas de la Chine, même s’il y a de nombreuses critiques qu’on perçoit, ni celui de la Russie où globalement la population approuve l’action de son gouvernement.
Arrestation lors d’un raid des services d’immigration à Minneapolis, le 21 janvier 2026
Les gesticulations de l’homme à la figure orange sont en
vérité un aveu de faiblesse. Trump prétend imposer ses propres choix politique au
camp occidental par la force, mais ça n’impressionne apparemment plus personne.
Quoi qu’on en pense, cette logique est fragile, non seulement elle crée des
problèmes immédiats à n’en plus finir, mais elle prépare l’alternance qui
pourrait remettre en question toutes les orientations trumpiennes. Une partie
des dirigeants européistes semblent avoir fait ce pari incertain. Habitués à
obéir sans broncher pour mettre en œuvre le projet ancien de la mondialisation heureuse
qui prend eau de toute part, ils ne comprennent apparemment pas les raisons qui
président à l’effondrement de l’ordre ancien. Mais même à supposer que Trump perde
la majorité aux midterms, il n’est pas certain qu’un gouvernement démocrate revienne
sur tout ce qu’a fait Trump, par exemple en laissant la lourde charge de l’OTAN
et de la guerre en Ukraine aux Européens.