mercredi 7 janvier 2026

Ce que dit l’action des Etats-Unis au Venezuela

Attaque américaine au Venezuela : « La véritable motivation de Trump n'est  pas le pétrole mais la domination régionale » - L'Humanité

Le premier point, et le plus important, est que Trump s’est affranchi de tout vernis « démocratique » et légaliste. Ouvertement il nous dit qu’il va violer la souveraineté de l’État vénézuélien pour le bien des Etats-Unis. « Nous ne nous attendons pas à des troupes sur le terrain, » a aussi avancé Mike Johnson le président de la Chambre des représentants. « Nous ne prévoyons pas d’implication directe au-delà de simplement exercer une coercition sur le nouveau gouvernement intérimaire », a-t-il ajouté. C’est une position clairement fasciste, ou illibérale si on veut reprendre le vocabulaire stupide des européistes. Trump dans son délire communicationnel en a rajouté, prétendant qu’il allait ensuite s’attaquer à tous les pays qui ne se soumettent pas aux intérêts des Etats-Unis. Il a expressément parlé du Groenland et de la Colombie. Pour l’instant il ne parle plus de conquérir le Canada. « Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois », a-t-il menacé[1]. Ce qui est le plus hallucinant dans cette pantomime ce n’est pas ce que raconte Trump qui est fourbe et menteur comme tous les présidents étatsuniens qui l’ont précédé, mais surtout qu’il avoue sortir de la démocratie la plus élémentaire, sans que les dirigeants européens ne se rebellent contre cette sortie de ce qu’on appelle l’État de droit. 

On a vu le faible Macron, rapidement justifier l’action criminelle de Trump en cassant du sucre sur le dos de Maduro. Il a dit : « Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir. En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple. La transition à venir doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien. Nous souhaitons que le Président Edmundo González Urrutia, élu en 2024, puisse assurer au plus vite cette transition. » Certains l’ont critiqué pour cette position veule et lâche. Mais elle est normale quand on sait que la plupart – pour ne pas dire tous les dirigeants européens – sont des petits soldats des Etats-Unis, souvent formés et financés par eux. Trump lui a donné un bon point pour cet alignement au fond sans surprise. Seul le premier ministre espagnol a condamné fermement cet acte de piratage dans les Caraïbes. Évidemment les européistes sont pris au piège, condamner et sanctionner Poutine au nom de l’inviolabilité des frontières et ne pas faire de même avec Trump relève de l’hypocrisie, mais surtout dévoile la soumission de cette classe corrompue aux intérêts des Etats-Unis. Une fois de plus l’Union européenne étale sa veulerie et ses divisions. Même les réactions du Danemark aux provocations trumpistes d’annexion du Groenland ont été particulièrement molles. Kaja Kallas soi-disant représentante de la diplomatie de l’Union européenne a appelé à une transition pacifique, avançant que l’illégitimité de Maduro justifiait l’action de Trump. 

La réunion de l’ONU lundi 5 janvier 2025 

La réunion de l’ONU lundi 5 janvier 2025 n’a rien donné. Certes le secrétaire général Guterres a rappelé mollement les notions d’État de droit et la Charte de l’ONU, mais sans critiquer l’action étatsunienne plus que ça. Pour beaucoup d’observateurs, cet effacement de l’ONU ruine complètement l’idée d’un ordre mondial multilatéral. En vérité cette action fascisante des Etats-Unis disqualifie tous ceux qui ici et là veulent l’arrestation de Netanyahu ou de Poutine pour des crimes de guerre, car il faudrait étendre ce principe à Donald Trump qui a ordonné une attaque contre un petit pays et qui a causé une trentaine de morts. L’Occident ne peut plus se donner en modèle d’une démocratie véritable. C’est un pôle de pouvoir militaire, dominé par les Etats-Unis qui utilisent la vassalisation des dirigeants européens pour tenter d’enrayer son déclin par rapport au reste du monde. Ce que fait Trump c’est de tenter de reconstruire brutalement l’Empire étatsunien. Bien sûr il fait plaisir au lobby pétrolier qui a financé sa campagne électorale de 2024. Mais il poursuit toujours le même but que ses prédécesseurs : mettre la main sur les ressources naturelles clés, le pétrole, le gaz, ou les terres rares. Cela a échoué avec la Russie que les Etats-Unis ont poussé à la guerre en Ukraine. Et cela est plus facile avec le Venezuela. Les Etats-Unis ont-ils les capacités de poursuivre dans cette voie en mettant la main sur l’Iran et son pétrole ? La situation intérieure de ce pays offre une opportunité, mais les capacités de défense de l’armée iranienne semblent tout de même plus élevées et un changement de régime risque d’être coûteux en vie humaine.    

Il faut reconnaitre aux Etats-Unis une qualité, ce pays a la patience de l’araignée. Il a mis un quart de siècle pour mettre au pas le Venezuela – même si cette mise au pas semble fragile. Il est clair que même si une paix est signée entre l’Ukraine et la Russie, les Etats-Unis reviendront à l’assaut de ce pays dans dix ans, ou quinze ans. Ils peuvent compter sur au moins deux leviers : le premier est la corruption des élites, politiciens et journalistes qui souvent ont été formés par eux. Même si ces élites sont de plus en plus en décalage par rapports aux opinions publiques, les dirigeants européens sont pour la plupart impopulaires dans leur pays, à l’instar de Macron, de Merz ou de Starmer. Le second levier est celui de la dépendance de la dette de ces pays par rapport au dollar. Mais là se trouve une difficulté énorme pour l’hégémon étatsunien, c’est la question du délabrement de toute l’économie occidentale, à commencer par celle des Etats-Unis qui ne fonctionne que parce que ce pays fait tourner la planche à billets. En conséquence et contrairement à ce que raconte Trump-le-menteur, l’armée étatsunienne n’est pas la meilleure du monde. Et si la CIA a réussi son coup à Caracas, c’est parce qu’elle a corrompu une partie de l’entourage de Maduro. D’ailleurs on note qu’après cet acte de piraterie, Trump fait profil bas. Il a exclu de retourner avec des soldats au Venezuela et il semble qu’on s’achemine vers un deal entre Trump et Delcy Rodriguez pour négocier un retour des compagnies pétrolières étatsuniennes, sans changer de régime. L’agente de la CIA Machado qui comptait sur ce coup d’État larvé pour revenir au pouvoir dans les valises de Trump, doit manger son chapeau : Trump n’en veut pas, avouant qu’elle est impopulaire dans son pays. Soutenue par les Européistes et le journal Le monde, elle met en avant son prix Nobel de la guerre – elle réclamait il y a quelques mois le bombardement de son propre pays – pour justifier son retour. Mais cela semble exclu pour le moment. 

Venezuela : l'opposante Maria Corina Machado dit vouloir retourner « le  plus vite possible » dans son pays

Machado espérait revenir à Caracas dans les valises de Trump, c’est raté

Les médias européens la présentent comme « la cheffe de l’opposition au Venezuela ». C’est en vérité un peu la Navalny vénézuélienne, une outre gonflée de vent, sans ancrage réel dans son pays et surtout qui porte l’image d’une traitresse à sa patrie. Mais aussi cela en dit long sur les limites de l’intervention trumpienne. Il apparait que celle-ci présente une part de comédie, comme si une partie du pouvoir chaviste, peut-être Delcy Rodriguez, avait voulu se débarrasser de Maduro pour réorienter le pays en le faisant sortir du régime des sanctions. Il est trop tôt pour confirmer ce genre d’hypothèse. D’autres ont avancé que l’action trumpiste au Venezuela était le résultat d’un autre deal : Poutine abandonnerait Maduro contre l’abandon de l’Ukraine par les Etats-Unis. Cette idée en reviendrait à une autre forme de partage du monde entre les Etats-Unis, laissés libres dans leur sphère d’influence, et les BRICS laissés eux aussi libres en Asie et dans l’Est de l’Europe. Il n’est pas obligatoire que cela soit le résultat de tractations réelles, mais ce peut-être aussi le résultat d’un accord tacite. Là encore ce sont des hypothèses qui demandent à être confirmées. 

Tout le monde a compris que Maduro avait été trahi par quelqu’un de très proche et de suffisamment puissant pour enrayer le système de défense et de protection. Le général Javier Marcano Tabata a été mercredi 7 janvier arrête pour trahison. Il semble que des comptes vont se régler dans les prochaines heures. Ce qui est curieux c’est que ce général n’ait pas pris des précautions plus sérieuses. Que pensait-il que Trump nommerait quelqu’un qui le protégerait à la place de Maduro. Il a oublié une règle pourtant connue depuis longtemps ceux qui servent les Etats-Unis sont ensuite lâchés par celui qui les a corrompus. Probablement il y aura d’autres arrestations, parce que c’est la seule façon pour Delcy Rodriguez de protéger son fragile pouvoir. 

D’un point de vue stratégique, il y a aujourd’hui trois points chauds : l’Ukraine, l’Iran et Taïwan. Dans ces trois cas, le précédent vénézuélien peut servir de mètre étalon pour de nouvelles actions de transformation des frontières et des pouvoirs par la force, bien que la question de Taïwan puisse facilement se régler, cette petite île qui appartient officiellement à la Chine de Pékin, pourrait y revenir officiellement en échange d’un statut aménagé comme l’a obtenu par exemple Hong-Kong qui ne semble pas souffrir de sa situation. Le Moyen-Orient, c’est autre chose, parce que ce n’est pas autour d’Israël et même de l’Iran que la Russie et les Etats-Unis vont s’affronter. 

Les citoyens des USA n’approuvent pas Trump dans son kidnapping 

Quoi qu’on en dise, l’action des Etats-Unis pour kidnapper Maduro est très mal perçue dans le monde entier, et malgré la veulerie de Macron et la lâcheté de Kaja Kallas, les Européens n’apprécient pas cet acte de piraterie dans les Caraïbes. Sur le long terme, cela va sans doute obliger d’une manière ou d’une autre à s’émanciper de la tutelle des Etats-Unis. Cependant, ce que Trump a le plus à redouter pour le moment, c’est une opposition interne à son action fascisante. Contrairement aux idiots Européistes, les Étatsuniens sont bien loin d’approuver son action. En décembre dernier, la popularité de Trump était tombée à 36%. Et ce n’est pas cette action de piraterie dans les Caraïbes qui va lui permettre de se redresser dans l’opinion. Un Américain sur trois approuve la frappe militaire étatsunienne sur le Venezuela qui a permis le kidnapping du président du pays et 72 % craignent que les États-Unis ne s'impliquent trop dans ce pays d'Amérique du Sud, selon un sondage Reuters/Ipsos qui s'est terminé lundi. Le sondage réalisé sur deux jours a montré que 65 % des républicains soutiennent l'opération militaire ordonnée par le président républicain Donald Trump, contre 11 % des démocrates et 23 % des indépendants. C’est bien là le piège, les Étatsuniens ne semblent pas gober la fable selon laquelle Maduro serait un trafiquant de drogue. Et évidemment les menaces que Trump fait peser sur le Mexique et le Groenland ne sont pas pour les enthousiasmer. Après s’être présenter comme un président faiseur de paix, le voilà qu’il apparaît comme un faiseur de guerre un peu partout dans le monde. On ne peut pas dire encore si cela lui fera perdre les élections de midterm, mais ce sera le cas probablement si les résultats économiques ne sont pas au rendez-vous d’ici à l’automne. Les sondages avant l’attaque sur Caracas donnaient pour 2026 une quasi égalité entre les Démocrates et les Républicains dans les intentions de vote, aujourd’hui cette égalité qui permettrait aux Républicains de garder le pouvoir puisque le Sénat ne sera renouvelé que pour un tiers, ne parait pas évidente. L’image bien écornée des Etats-Unis en a pris un grand coup. Évidemment pour ceux qui connaissent un peu l’histoire de ce pays, il n’y a rien d’étonnant dans tout ça. Depuis 1945 on a vu les Etats-Unis intervenir une centaine de fois à l’étranger[2], sans base légale autre que leur propre volonté. Aurions-nous oublié les bombes atomiques sur le Japon, les bombardements sur la Serbie, la guerre en Irak ? 

De Gaulle n'avait pas imaginé que les nations européennes puissent se  coucher à ce point devant les USA. Le 27 septembre 2022 restera dans  l'histoire comme le jour où l'Allemagne réunifiée a

PS : On apprenait mardi 6 janvier que l’accusation avait abandonné la poursuite de Maduro comme chef du cartel de los soles ! Ce qui veut dire que cette fantaisie qui avait été avancée n’était qu’un leurre, un nouveau mensonge, comme les Etats-Unis sont capables d’en fabriquer à la chaîne[3]. Ce qui n’empêche pas les imbéciles, même en France, de soutenir que Maduro est un chef de gang dont le but est d’inonder les Etats-Unis de la drogue que le Venezuela pourtant ne produit pas ! 

« La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment.

Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort. »

-- François Mitterrand à Georges-Marc Benamou.

 Peut être une image de texte qui dit ’Edwy Plenel @edwyplenel @edwyp plenel Correspondante de @Mediapart à Caracas, @Al @Al_Campaignolle décrit la stupeur à l'annonce de la < capture >> du président Maduro. Mais elle décrit aussi une partie de la population peu solidaire d'un pouvoir < qui la terrorise depuis des années >. #Venezuela MEDIAPART Les États-Unis États Unis frappent le Venezuela, Trump annonce la << < C... 77 脂 星龍團讀 Demediapart.f’ 

Cette vieille crapule d’Edwy Plenel, délateur de profession, agent du Qatar, ancien trotskiste qui justifiait les massacres de Munich, vient au secours de Trump pour tenter de justifier l’injustifiable. Il aura soutenu tous les pouvoirs pour finalement se ranger ouvertement du côté de l’Empire. La fausseté de ce post réside dans le fait qu’elle produit une équivalence entre l’agresseur et l’agressé. Or ce n’est pas du tout la question de savoir quels sont les défauts de Maduro, s’il est bon, s’il est mauvais, mais c’est celle de comprendre que Trump se permet d’agresser un petit État pour le pétrole et pour le profit personnel de ceux qui ont financé sa campagne électorale de 2024. Menteur invétéré, Edwy Plenel retourne sa veste comme une vieille peau de lapin. Vieillard vermoulu, à la moustache passée de mode depuis la mort de Staline, il n’a aucune vergogne à servir de paillasson à l’Empire ! J’aurais honte d’être lui.


[1] https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/nous-nous-occuperons-du-groenland-dans-environ-deux-mois-les-vues-de-trump-representent-un-risque-existentiel-pour-lotan-2207791

[2] William Blum, Rogue State: A Guide to the World's Only Superpower, Zed Books Ltd, 2000.

[3] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/06/les-etats-unis-n-accusent-plus-nicolas-maduro-d-etre-a-la-tete-du-cartel-de-los-soles_6660787_3210.html

dimanche 4 janvier 2026

Des mensonges de Trump au pillage d’un pays pétrolier

Peut être une image de texte qui dit ’Rang Pays Production (t/an) 1 1 Colombie 2 1000-1400 Pérou 3 400-500 Bolivie 250-300 4 5 50-100 USA 40-80 6 Canada 20-40 7 Paraguay 8 15-30 Jamaïque 9 10-20 Venezuela 5-10 10 Équateur 5-10’

Classement des plus gros producteurs de drogues (tous types confondus) sur le continent américain 

La conférence de presse de Donald Trump le 3 janvier 2026, a commencé par un gros mensonge que peu de gens ont relevé : l’action de l’armée étatsunienne dans ce petit pays n’aurait pas fait de victime. Les autorités vénézuéliennes n’ont pas communiqué de bilan humain, bien que le procureur général du pays, Tarek William Saab, a déclaré que « des victimes innocentes ont été blessées et tuées », sans détailler[1]. Pour justifier son brigandage contre un petit pays, Trump a avancé des arguments qui sont parfaitement loufoques, et qui sont seulement destinés à des esprits faibles et aux ignorants, soit à des journalistes qui les répètent sans trop réfléchir. Trump vient de réaliser un coup d’État contre un petit pays déjà dans la difficulté. C’est un grand menteur, bien pire que tous les autres hommes et femmes politiques, on ne peut avoir aucune confiance dans ce qu’il dit et de qu’il promet. Il a commencé par mentir sur la question de la drogue, prétendant que Maduro était une sorte de chef de gang dont le but était uniquement de se faire de la menue monnaie en vendant de la drogue sur le territoire étatsunien. Comme le montre le tableau ci-dessus, en Amérique, le Venezuela ne compte pas comme pays producteur et trafiquant de drogues. Tous ceux qui se sont intéressés à cette question savent cela. Lors de sa conférence de presse du 3 janvier 2026, il a avoué qu’en fait il voulait mettre la main sur le pétrole vénézuélien. Mais cet aveu de ses véritables objectifs a été immédiatement couvert par des mensonges éhontés. D’abord, il a prétendu que le pétrole vénézuélien lui appartenait ! C’est osé. Il avance cela parce qu’avant l’arrivée de Chavez au pouvoir ce seraient des multinationales pétrolières étatsuniennes qui auraient découvert toutes seules ces mêmes réserves. Cette affirmation doit être commentée. Certes on comprend bien que les entreprises étatsuniennes nationalisées ont perdu de l’argent mais cela ne leur donne pas le droit de disposer des richesses du sous-sol vénézuélien. Le Venezuela a été condamné à verser des réparations à ces entreprises. Mais le paiement de cette rançon a été entravé par le fait que les Etats-Unis ont exercé un blocus contre ce pays, et mis en place des sanctions, afin qu’il ne puisse pas vendre son pétrole. Ces actions étaient déjà illégales. Le but de ces sanctions et de ce blocus était évidemment de provoquer la ruine du pays, supposant que le chaos engendrerait le changement et amènerait une marionnette des Etats-Unis comme la Machado ou Urrutia prenne le pouvoir et livre le pétrole aux Etats-Unis. Les difficultés ainsi créées ont permis ensuite de dénoncer Maduro comme une sorte de fasciste rouge qui de son propre chef ruinerait son peuple. L’hyperinflation et les pénuries de biens courant ont entrainé finalement une partie de la population à s’exiler. Parmi les sanctions financières décidées unilatéralement par les Etats-Unis, il y avait aussi l’impossibilité pour ce pays d’emprunter pour financer la dette. 

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95% des ressources d’exportation provenant du pétrole, on comprend qu’à plus ou moins long terme, ce pays était condamné à la ruine car trop dépendant de ses importations pour des biens de première nécessité. Pour tenter de contourner ces difficultés le Venezuela a dû effectuer des rabais importants sur son pétrole. La dernière élection de Maduro ne s’est pas bien passée. Et certains ont pu avancer sans preuve véritable que c’était son rival, Urrutia, la marionnette des Etats-Unis qui avait été élu. C’est la fable que les atlantistes, Macron, cette crapule, en tête ont tenté de faire gober aux populations occidentales. Il suffisait ensuite de convoquer les journalistes idiots du Monde ou de Libération ou des chaînes télévisées qui allaient répéter le slogan selon lequel Maduro était un dictateur de la pire espèce ! A une époque où la canaille atlantiste réhabilite Pinochet, une des créatures des Etats-Unis, c’est tout de même assez cocasse. Les Etats-Unis n’en sont pas à leur premier coup d’État en Amérique latine ou à leur ingérence, elles sont très nombreuses d’ailleurs avant comme après la Seconde Guerre mondiale, pour mémoire, on peut rappeler Cuba, mais aussi le plan Condor qui voyait les Etats-Unis armer plusieurs dictatures pour assassiner les opposants – Argentine, Chili, Uruguay, Paraguay, Bolivie et Brésil – mais il y en a bien d’autres[2]. Oublier cette ingérence étatsunienne en se planquant derrière la personnalité controversée de Maduro, est une faute morale, car le principal n’est pas ce qu’était Maduro, mais ce que font les Etats-Unis en matière de piraterie et de terrorisme. Le plus cocasse est que le jour même où on apprenait le kidnapping de Maduro, on apprenait aussi la grâce que Trump avait accordé à l’ancien président du Honduras qui avait été condamné pourtant à 45 ans de prison pour trafic de drogue[3] ! Nous voyons ci-dessous l’efficacité des sanctions étatsuniennes et du blocus sur la production pétrolière vénézuélienne. En 12 ans cette production a été divisée par 3,5. C’est évidemment là l’origine des difficultés économiques de ce petit pays, plutôt que dans le caractère de Maduro. La plupart des commentaires font comme si c’était ce caractère dictatorial qui serait à l’origine des problèmes du Venezuela. 

Les commentateurs en France et en Europe se sont roulés dans la honte. En commençant par Meloni, l’agente des Etats-Unis qui a applaudi l’intervention illégale des Etats-Unis. Elle était suivie dans cet exercice scabreux par le squatter de l’Élysée. Emmanuel Macron a affirmé que « le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir ». Et précise : « En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple. La transition à venir doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien. Nous souhaitons que le président Edmundo González Urrutia, élu en 2024, puisse assurer au plus vite cette transition. » Merz a dit exactement les mêmes choses, bien que la canaille européiste n’ait aucun argument pour décider de qui a gagné les élections au Venezuela, ils s’en tiennent à cette idée. Bernard-Henri Lévy a écrit : « La méthode est pour le moins brutale. Mais Maduro est un véritable scélérat, un ennemi de son propre peuple et des peuples de la région. Poutine et les ayatollahs doivent, à l’heure qu’il est, se sentir profondément embarrassé. Derrière ce communiqué destiné à vendre sa soupe aigre sur Poutine, le sinistre BHL ne propose aucune piste pour analyser la situation. En vérité la question n’est pas que cette méthode soit brutale, mais surtout qu’elle est illégale et pour des défenseurs du soi-disant international, c’est bien problématique. Le plus singulier dans tout cela est que les Européistes qui font semblant de parfois contester Trump à propos de l’Ukraine, se sont tous précipité – Glucksmann en tête – pour faire acte de soumission à l’attaque trumpiste. C’est d’autant plus déplorable que personne ne leur demandait rien. Mais spontanément ils ont choisi la voix de leur maître. L’Espagne s’est démarqué de ce concert de louanges, Le premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, dont le pays a accueilli le candidat de l’opposition à la présidentielle vénézuélienne de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, en exil, avait déjà condamné samedi « une intervention qui viole le droit international », jugeant que cette opération « [poussait] la région vers un horizon d’incertitude et de bellicisme », et avait appelé à une transition « juste et dans le dialogue ». 

Peut être une image de texte qui dit ’Aymeric Caron @CaronAymericoff X.com X. Les Etats-Unis sont quand même beaucoup plus doux qu'Israël: les Israéliens ne se seraient pas embarrassés à kidnapper Maduro et sa femme: ils les auraient réduits en poussière, avec une centaine de membres de eur famille, de leurs amis, de leurs connaissances et de gens qui passaient par là.’ 

De l’autre côté de l’échiquier politique, voici maintenant le débile profond Aymeric Caron, celui-ci se débrouille à la fois pour ne rien dire de l’action des Etats-Unis, on ne sait s’il la défend ou la conteste, mais en outre il incrimine Israël ! C’est bien l’histoire de nous rappeler qu’il est un antisémite forcené avant d’être un ennemi des Etats-Unis. Jordan Bardella petit soldat du trumpisme, suit la voie tracée par la Meloni, elle-même agente de propagande des Etats-Unis. il approuve, il nous explique que cette dictature était « sanguinaire et sans pitié » ! Supposant ainsi que les difficultés de ce pays était seulement la conséquence des mauvaises humeurs de Maduro, et que cela n’avait donc rien à voir avec les sanctions ou le blocus financier. Ne comptez pas sur lui pour le voir s’émanciper de la tutelle étatsunienne. Le principal problème est que quel que soit la nature du régime vénézuélien, il est clair que ce n’est pas aux Etats-Unis de régler le problème, surtout qu’ils n’ont aucun mandat, y compris de leur propre Congrès ! 

Peut être une image de ‎une personne ou plus, la porte de Brandebourg, foule et ‎texte qui dit ’‎باله BOXCOT ማያን፤ 30 USA‎’‎‎

Manifestation à Paris le 3 janvier en soutien au Venezuela 

En France on a manifesté contre le coup de force de Trump au Venezuela. La plupart des pays qui ne sont pas inféodés directement aux Etats-Unis, maintenant la majorité, entre autres la Chine, ont désapprouvé officiellement cette action de piraterie. Même l’ONU s’est fendue d’un communiqué allant dans ce sens, parlant d’un dangereux précédent[4]. En Amérique, la Colombie, le Brésil, le Mexique et Cuba se sont démarqués tout de même du concert de louanges adressées à Trump par les autres pays d’Amérique latine sous influence étatsunienne. Ça fait pas mal de monde tout ça. Cependant, la seule question qui est maintenant pertinente est de savoir si le Venezuela va pouvoir continuer à résister contre la pression des Etats-Unis pour s’approprier son pétrole. La vice-présidente Delcy Rodriguez assume l’intérim après le kidnapping de Maduro. Mais certains avancent que si Maduro a été kidnappé si facilement ce n’est pas parce que l’armée étatsunienne a produit un exploit, mais parce qu’il aurait été trahi par le ministre de la défense qui aspirerait à prendre sa succession et à se mettre au service des Etats-Unis. Mais tout cela reste des spéculations. Trump a dit que l’action de son armée était terminée. Mais comme il est fourbe et menteur on ne sait pas ce qu’il va faire. Manifestement les Etats-Unis parient sur une guerre civile qui porterait une de leurs marionnettes au pouvoir sans qu’ils interviennent eux-mêmes avec des troupes au sol. Certains pensent, comme Xavier Moreau par exemple, que les Etats-Unis n’ont pas les moyens de livrer une guerre au Venezuela. Ils parient donc sur le remplacement de Maduro par un autre chaviste, car des traitres à leur pays comme Machado ou Urrutia qui ont appelé au bombardement de leur propre pays ne sont pas crédibles au sein du peuple vénézuélien. On ne connait pas encore le degré de résistance du peuple vénézuélien. Certes on a vu des manifestants vénézuéliens se réjouir du kidnapping de Maduro, mais c’était surtout des exilés, en Floride. Il est encore beaucoup trop tôt pour savoir si l’action des Etats-Unis signe effectivement la fin du chavisme.

 

Peut être une image de texte

Delcy Rodriguez, la vice-présidente du Venezuela préside le conseil des ministres 

Aux Etats-Unis de nombreuses voix se sont élevées, même chez les Républicains, pour dénoncer la violation de la Constitution étatsunienne par Trump et son gang[5]. Trump apparaît pour ce qu’il est, non pas un faiseur de paix, mais comme ses prédécesseurs un faiseur de guerre qui passe son temps à menacer le reste du monde, nous ne sommes plus dans le narratif America first, mais plutôt dans celui de America über alles. Les Républicains comme Tucker Carlson, très influent, se sont désolidarisés de cette opération à grand spectacle. Ce n’est même pas une question de respecter un droit international onusien et contestable, mais il s’agit d’enfreindre les règles de la Constitution étatsunienne. La presse étatsunienne apparait elle aussi très divisée sur cette ingérence manifeste. Et il est très probable que cette fantaisie va renforcer la méfiance des Étatsuniens d’origine latino qui sont déjà dans une position de grande hostilité avec Trump et son gang.



[1] https://www.instagram.com/reels/DTDAeOoDtKM/

[2] https://www.cnews.fr/monde/2026-01-03/venezuela-les-interventions-americaines-en-amerique-latine-au-cours-de-lhistoire

[3] https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/02/donald-trump-a-gracie-l-ex-president-du-honduras-juan-orlando-hernandez-qui-est-sorti-de-prison_6655718_3210.html

[4] https://peacekeeping.un.org/fr/les-actions-militaires-americaines-au-venezuela-constituent-un-dangereux-precedent-affirme-le-chef

[5] https://www.youtube.com/watch?v=UiRrwq_Mg1c

samedi 3 janvier 2026

La guerre de Trump contre le Venezuela et la question du pétrole

Les Etats-Unis qui ont clairement perdu la guerre en Ukraine, et qui n’en ont plus gagné une seule depuis 1983 quand le mauvais comédien Reagan avait décidé d’attaquer la Grenade, une petite île dans les Caraïbes, avaient besoin d’une victoire pour montrer qu’ils existaient encore après la piteuse défaite au Vietnam. Ils ont attaqué le Venezuela. Bombardement, enlèvement du président Maduro, ils se sont livrés une fois de plus à des actes de piraterie, jouant le pot de fer contre le pot de terre. Les prétextes avancés sont de deux ordres. Le président Maduro couvrirait un vaste trafic de cocaïne vers les Etats-Unis – ce qui sera à mon avis bien difficile à démontrer devant un tribunal, fut-il étatsunien. Ensuite Trump demande que Le Venezuela rende le pétrole étatsunien qui lui aurait été volé ! Évidemment il est assez bouffon de dire que le sous-sol du Venezuela appartenait aux Etats-Unis et que Maduro le leur a volé. Mais cette revendication doit être prise au sérieux, en ce sens qu’elle montre que ce qui intéresse Trump et le lobby pétrolier qui le pousse ce sont bien les ressources de ce pays. C’est d’ailleurs une constante de la politique étatsunienne que de viser à contrôler les ressources énergétiques du monde entier, c’était d’ailleurs une des raisons qui ont poussé à la guerre en Ukraine en provoquant la Russie. C’est aussi pour cette raison que le comité du prix Nobel de la paix, totalement corrompu – avait été poussé par les Etats-Unis pour couronner la corrompue Machado qui veut prendre la place de Maduro et qui a été financé de longue date par les pétroliers étatsuniens. L’idée est aujourd’hui d’emprisonner Maduro et d’espérer que la CIA arrivera à mettre en place Machado avec un gouvernement amical envers les intérêts pétroliers.

 

Les manifestants brandissent des drapeaux vénézueliens et amércains, dans l’agglomération de Miami, le 3 janvier 2026.

Aux Etats-Unis on manifeste contre le coup d’État trumpiste 

Enlever Maduro et sa femme est un acte de piraterie manifeste. On voit déjà que ceux qui hurlaient contre l’invasion de l’Ukraine, sont très discrets sur cette violation du droit international par les Etats-Unis. La sinistre Kaja Kallas demande à ce que dans cette affaire les deux parties fassent preuve de retenue !  Le clown Jean-Noël Barrot avance qu’il n’y aura pas de solution à ce problème à partir de l’extérieur, et dénonce d’un même mouvement le fait que Maduro aurait confisqué le pouvoir au peuple vénézuélien. C’est comme une excuse qui voudrait dire que Maduro l’avait bien cherché ! Mais on ne voit pour l’instant aucun européiste condamner cet acte de piraterie. Meloni l'agente des Etats-Unis s'est par contre précipitée pour applaudir honteusement ce coup d'Etat.  Je doute que cela arrive. Cependant, les Etats-Unis n’ont pas encore renversé le gouvernement en place à Caracas, et les pro-gouvernementaux sont apparus lourdement armés, prenant place à des endroits stratégiques. Il est bien possible que le gouvernement soit renversé. Mais cela ne pourra pas se faire sans que le sang soit versé. La Chine s’est dit « profondément choquée » par les frappes militaires américaines au Venezuela, et par la capture de Nicolas Maduro, et elle « condamne fermement le recours flagrant à la force par les Etats-Unis contre un Etat souverain et leur action contre son président ».« Ce comportement hégémonique des Etats-Unis viole gravement le droit international, porte atteinte à la souveraineté du Venezuela et menace la paix et la sécurité en Amérique latine et dans les Caraïbes. La Chine s’y oppose fermement », a ajouté le ministère des affaires étrangères chinois, dans un communiqué. 

Des civils armés pro-gouvernementaux à Caracas, au Venezuela, le samedi 3 janvier 2026.

Le parti pro-gouvernemental est sur le pied de guerre 

Cette action est dans la lignée de la politique étatsunienne depuis des longues décennies qui considère que l’Amérique latine doit rester sous sa domination. Même le journal atlantiste Le monde le soulignait. L’interventionnisme étatsunien est une constante[1]. La communauté internationale va se trouver dans l’obligation de condamner cette action. Article 2 paragraphe 4 de la Charte des Nations unies : « Les membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations unies. » Les Russes ont réclamé la libération de Maduro et de son épouse au nom du droit international. Le sénateur américain Mike Lee a déclaré qu'après l'arrestation de Nicolas Maduro, les États-Unis n'envisageaient aucune autre action au Venezuela. Il a fait cette déclaration à l'issue d'une rencontre avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio. Cela est assez curieux, parce que pour l’instant, le pouvoir vénézuélien est toujours en place. 

Explosions à Caracas : Donald Trump affirme que Nicolas Maduro a été «  capturé et exfiltré » du Venezuela 

Trump cependant a dit qu’il allait diriger le Venezuela de façon à en assurer la transition « appropriée ». C’est-à-dire qui convienne évidemment aux Etats-Unis. C’est en contradiction avec les propos de Rubio qui avançait que le rôle de l’armée étatsunienne était terminé et qu’il s’était limité à la capture de Maduro, l’attaque ayant été selon lui supervisée par des juges étatsuniens. Les propos de Trump signifient que d’une manière ou d’une autre il va chercher à mettre au pouvoir une marionnette acquise aux intérêts étatsuniens. Mais sans occupation du pays, on ne voit pas trop comment il va faire, il ne semble pas que l’armée vénézuélienne veuille passer de son côté. En même temps il a vendu la mèche : « Nous allons faire intervenir nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, qui vont investir des milliards de dollars pour réparer les infrastructures gravement endommagées, partager les ressources pétrolières et commencer à générer des revenus pour le pays », affirme le président américain. Ce qui veut dire que c’est bien le pétrole et le pillage des ressources du sous-sol vénézuélien qui l’intéresse lui et ses amis pétroliers. 

Donald Trump tient une conférence de presse à la suite d’une frappe américaine au Venezuela, où le président Nicolas Maduro et son épouse, Cilia Flores, ont été capturés, depuis le club Mar-a-Lago de Trump à Palm Beach, en Floride, aux États-Unis, le 3 janvier 2026.

Trump se félicitant de l’action de son armée le 3 janvier 2026


[1] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/03/etats-unis-venezuela-les-principales-interventions-de-washington-en-amerique-latine-depuis-la-guerre-froide_6660437_3210.html

vendredi 2 janvier 2026

Ce que la gauche ne dit pas sur Israël, l’occupation et sur la Palestine

 

À mon sens l’antisémitisme de gauche, rebaptisé antisionisme à la hâte, est aussi bien le résultat d’un antisémitisme ancestral que d’un effondrement de la connaissance historique. Si on veut faire avancer le débat sur le chemin de la paix, il fait mettre un peu d’ordre et combattre les idées fausses. Les gauchistes de base qui ne connaissent évidemment pas leur sujet, partent de cette suite de cartes qui prouverait la volonté expansionniste et colonisatrice d’Israël. Et il leur arrive de réclamer le retour d’Israël dans ses frontières telles qu’une résolution de l’ONU les définit en 1967, suite à la Guerre des Six jours. Le premier point qu’ils oublient est que ce sont les États arabo-musulmans, Jordanie, Égypte, Syrie, Irak, Yémen, Arabie Saoudite qui ont contesté les armes à la main cette décision de l’ONU de reconnaitre l’État d’Israël. Cette guerre contre Israël a repris en 1956 et en 1967, avant que les États arabo-musulmans reconnaissent leur défaite et renonce à la guerre. Durant toute cette période on ne parlait pas de Palestiniens, et le mot de Palestine renvoyait systématiquement soit au mandat britannique sur cette région administrée avant 1918 par l’Empire ottoman, soit à la Palestine des Juifs. Les gauchistes vous diront qu’en 1948 les Juifs ont chassé les Arabes – les autochtones selon eux – et qu’ils ont dû fuir. Il faut faire trois remarques à ce propos :

1. Ce que les musulmans appellent la Nakba a été encouragé par les États arabes au motif qu’après une nouvelle guerre, ils pourraient revenir sur une terre débarrassée des Juifs. Ça ne s’est pas concrétisé parce que les guerres successives ont été perdues. Il n’empêche qu’on continue à réclamer des dédommagements pour cette évacuation qui bien entendu n’a pas été épargnée de violence.

2. Le gauchiste de base ne parle jamais de l’expulsion des Juifs des États arabo-musulmans, du Machrek et du Maghreb, or cela représente un volume à peu près similaire à celui de la Nakba[1]. Les Juifs chassés de ces pays n’ont jamais eu et jamais demandé de compensation d’une manière virulente et ils n’ont pas bénéficié du statut de réfugié. On remarque d’ailleurs qu’une partie de ces Juifs sont venus en Israël où ils croyaient trouver la paix. Un grand nombre de ces Juifs qu’on nomme sépharades étaient d’ailleurs installés au Maghreb bien avant la colonisation arabe. Lors de la conquête romaine de l’Algérie, on évalue la population autochtone ainsi : un quart de Juifs et trois quarts de Berbères ou d’Amazighs, et bien sûr il n’y avait pas d’Arabes ni de musulmans.

3. On parle des Arabes qui sont partis sous la pression des Israéliens, et on ne peut pas nier évidemment des exactions et des injustices, mais on ne parle jamais des Arabes qui sont restés et qui sont devenus Israéliens et qui surtout ne veulent pas devenir Palestiniens !

L’idée générale est que les Juifs n’ont pas aucun droit sur la Palestine, et qu’ils sont des envahisseurs. Venus d’Europe, on les a laissé s’installer en Palestine comme une compensation pour les massacres perpétrés par les nazis. Mais en réalité dans la partie de la Palestine qui va de la mer au Jourdain, les Arabo-musulmans n’ont jamais été majoritaires, loin de là, avant ou après la Seconde Guerre mondiale. 

Palestine : Histoire d'un concept sensible - Yedia.org

La Palestine reconnue comme un État juif, avec pour capitale Jérusalem. Dictionnaire Larousse, 1925. 

Contrairement aux absurdités que colportent les soutiens de la Cause palestinienne, à l’Ouest du Jourdain, la population arabe y était minoritaire, et les Juifs représentaient une majorité relative.

Population juive en Palestine.

1/ Empire ottoman 1800-1880.

PALESTINE OUEST DU JOURDAIN (futur Israël)

344.000 personnes :

- 134.000 Juifs

- 55.000 chrétiens

- 15.000 Druzes

- 80.000 musulmans nomades bédouins

- 60.000 arabes originaires d’Egypte, Syrie, Irak, Liban, Algérie, Maroc, Balkan et Empire Russe.

Les musulmans nomades bédouins étaient originaire du Sinaï et de la Palestine de l'Est du Jourdain, la futur Jordanie. La communauté arabe de Palestine de l'Ouest du Jourdain était donc composée en majorité de Bédouins nomades et d’une minorité de musulmans sédentaires moins nombreux que les Juifs et guère plus nombreux que les Chrétiens. Ils ne deviennent plus nombreux que les Juifs, soit 140.000, uniquement si on compte les deux communautés musulmanes, nomade et sédentaire pourtant culturellement différente, ensemble (80.000 + 60.000). Sous la domination Ottomane, la Palestine de l'Ouest du Jourdain était à l’abandon et dépeuplée. Une seule ville arabe fut construite en Terre d’Israël (Palestine Ouest du Jourdain) Ramleh. Toutes les autres sont des villes juives rebaptisées par les arabes. 

Israël-Palestine] Pourquoi Jérusalem est au cœur du...

Le fait que la mosquée al-Aqsa se trouve au-dessus du mur des lamentation prouve que les Juifs étaient là bien avant les Arabes 

2/ En 1920, donc bien avant 1948, la SDN évalue la population de l’Ouest et de l’Est du Jourdain à 919.000. La population juive est déjà plus importante de la population arabe, celle qu’on appelle aujourd’hui bêtement la population palestinienne.

- 421.000 Musulmans sédentaires,

- 90.000 Musulmans Bédouins nomades

- 30.000 Druzes,

- 94.000 Chrétiens,

- 279.000 Juifs.

PALESTINE DE L'OUEST DU JOURDAIN (futur Israël) :

- 270.000 Juifs,

- 30.000 Druzes,

- 153.000 Musulmans sédentaires

- 45.000 Musulmans Bédouins nomades,

- 85.000 Chrétiens. 

Dans cet obscur débat il faut parler de la façon dont la Palestine a été peuplée. C’était jusqu’au dernier quart du XIXème siècle une terre peu peuplée, délaissée même par ses propriétaires arabes qui vivaient au Liban ou en Égypte et qui se hâtèrent de vendre les terres aux Juifs qui arrivaient parce qu’ils faisaient de gras bénéfices. Est-ce là une spoliation ? Remontons un peu le temps. Selon Henry Laurens, qui est pourtant un propagandiste de la cause palestinienne, en même temps qu’il y eut une immigration de Juifs européens vers la Palestine, l’Empire Ottoman encouragea l’arrivée de musulmans de tout le pourtour de la Méditerranée, certains arrivaient même d’Algérie[2]. Il va de soi que ces migrants n’étaient pas des autochtones. Or le gauchiste moyen fait comme si seuls les Juifs venant d’Europe n’étaient pas des autochtones. Dans les années trente, le Yichouv étant une des rares zones dynamiques dans cette période de dépression mondiale, des Arabes venant de Transjordanie, d’Égypte, de Syrie et du Liban vinrent y travailler[3]. Ceux-là non plus ne peuvent pas être considérés comme des autochtones. On comprend alors que de tenter de faire passer les Arabes pour des Palestiniens, et pour des autochtones qui auraient plus de droit que les Juifs sur cette terre relève du non-sens, ou de l’escroquerie intellectuelle. 

Porte de Sion, Jérusalem, 28 mai 1948. Les Juifs de Jérusalem sont expulsés des maisons qu’ils habitaient depuis des générations, tandis que des nationalistes palestiniens pillent le quartier juif de la Vieille Ville de Jérusalem. 

Voici un autre fait oublié plus ou moins volontairement, en 1948, toute la population juive du quartier juif historique de Jérusalem-Est est expulsée après un siège total (faim, eau coupée, snipers). Après la capitulation, le quartier est vidé de ses Juifs, synagogues et cimetières profanés. 1948–1967 : aucun Juif autorisé à y vivre. Des populations arabes s’y installent. Fait historique souvent effacé au profit du récit d’une « Jérusalem-Est colonisée ». Cela est généralement passé sous silence et les gauchistes qui hurlent après les expulsions le plus souvent ne le savent pas et ne veulent pas le savoir. Dans cette guerre de 1948, il ne faut considérer comme victimes que les Palestiniens, ou supposés tels. Or dans la vieille ville de Jérusalem vivaient depuis des millénaires justement des Juifs. Dans la dernière moitié du XIXème siècle, ils avaient été martyrisés par les Arabes. Karl Marx en parle à plusieurs reprises dans les articles qu’il donne aux journaux américains[4]. A son époque, on peut dire que la communauté juive de Palestine est en voie de disparition, tandis que les Juifs des pays de l’Est se battent pour leur émancipation, et que les Juifs européens semblent s’intégrer aux valeurs de l’Occident. 

Pays musulmans contre pays non musulmans au Moyen-Orient et en Afrique du  Nord (MENA) : r/MapPorn

La petite surface en rouge représente plus ou moins Israël 

On entend souvent parler de colonisation ou de colonialisme à propos d’Israël. Si je regarde la carte ci-dessus, il est évident que la colonisation au long cours n’est pas le fait des Juifs, mais bien celui des Arabes ! Les Arabes ont conquis en effet le Maghreb et le Machrek, si on prend le cas de l’Algérie par exemple, cette région était aux trois quarts peuplés de Berbères et pour un autre quart de Juifs, avant que les Arabes déferlent sur cette contrée. Les Arabes qui sont toujours en guerre latente contre les Berbères en Kabylie, n’ont pas encore tout à fait terminé la conquête de ce territoire. Dans ces conditions perler de colonisation israélienne est un abus de langage. Et ne venez pas me dire que je suis pour la colonisation israélienne ne Cisjordanie par exemple, ce n’est pas le cas puisque je suis pour une solution  à deux États dans cette région du monde. Dans la plupart des pays musulmans il n’y a plus aujourd’hui de Juifs. Or en Israël qu’on le veuille ou non, il y a plus de deux millions d’arabes israéliens. Mais dans la carte ci-dessus, nous remarquons aussi qu’Israël occupe un pourcentage infime de la surface des pays musulmans ! 

On fait flèche de tout bois pour tenter de faire d’Israël une sorte de pays nazi. Des crétins ont relayé l’image ci-dessus. C’est spectaculaire, un tiers de la population aurait disparu à cause du comportement de l’armée israélienne. Et on ajoute pour faire pleurer dans les chaumières 380 000 enfants en dessous de cinq ans. Un peu de réflexion montre que ces deux chiffres sont faux. D’abord le Hamas qui n’est pas un exemple de vérité factuelle considère lui-même que les morts – miliciens et civils confondus – seraient d’environ 70 000. Certes c’est beaucoup, mais dire que 680 000 Gazaouis seraient décédés relève de l’extravagance, cela voudrait dire que plus d’un tiers de la population a été exterminée. Bien sûr cela permettrait de parler clairement de génocide. Mais ce chiffre ne repose sur rien. Ensuite parler de 380 000 enfants de moins de cinq ans décédés, cela voudrait qu’il y a plus de morts que de vivants avant le 7 octobre 2023. En effet, selon la pyramide des âges, il est impossible que sur 2 millions de Gazaouis il y ait eu 380 000 enfants de moins de cinq ans. Le mensonge est grossier et discrédite tout de suite ceux qui s’en servent. 

Les mots de Vladimir Jankélévitch pour décrire les maux de l'antisémitisme. 

 

À partir de ces considérations, il vient qu’il n’y a que trois solutions possibles :

1. La construction d’un Grand Israël, avec évacuation des populations musulmanes qui ne sont pas israéliennes vers la Jordanie par exemple, ou vers le Liban et l’Egypte. Cette solution se heurte à de nombreux obstacles, à la fois sur le plan moral et sur le plan militaire, et il ne semble pas que les Etats-Unis soient disposés à soutenir ce genre de solution ;

2. La construction d’un État de Palestine de la mer Méditerranée au Jourdain, c’est la solution que préconisent le Hamas, mais aussi des gens de la FI comme Rima Hassan, ou encore de cet imbécile de Shlomo Sand qui avance que nous sommes déjà dans la situation d’un seul État et qu’il suffirait de rééquilibrer les pouvoirs entre arabes et Juifs. Cette solution équivaudrait à la disparition d’Israël. Elle ne sera pas soutenue non plus par les Etats-Unis, et même par les États arabes de la région ; 

Peut être une image de texte qui dit ’Khamenei.ir @khamenei_ir X.com com All of Palestine, from the river to the sea, belongs to the Palestinian people. Rima Hassan @RimaHas 2h La libération pour les palestiniens et les palestiniennes se fera de la mer au Jourdain.’

3. La construction de deux États stabilisés et sécurisés dans leurs frontières, c’est pour moi la seule solution sérieuse. Contrairement à ce qu’on croit, il y a déjà des plans sérieux qui ont avancé sur les questions sensibles, comme celle du partage de Jérusalem, ou la question des échanges de territoires afin de régler la question des colonies en Cisjordanie. Il manque encore une volonté politique.



[1] Georges Bensoussan, Juifs en pays arabes : le grand déracinement 1850-1975, éditions Tallandier, 2012

[2] La question de Palestine, tome 1, Fayard, 1999.

[3] Jacob Metzer, The Divided Economy of Mandatory Palestine, Cambridge University Press, 1998.

[4] https://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2017/09/marx-et-les-bolcheviks-face-a-l-islam.html

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