Dans ma jeunesse, la gauche et les gaullistes luttaient contre l’OTAN et l’impérialisme américain. Or aujourd’hui c’est à peine si ces gens-là soulèvent un sourcil en faveur de la paix et soutiennent bêtement la marionnette de Kiev. Seul Florian Philippot organise des manifestations réclamant avec raison la sortie de l’OTAN et de l’Union européenne. Même les trotskistes qui jadis se trouvaient à la pointe de la lutte contre l’impérialisme américain ont abandonné ce thème, préférant travailler pour la défense des immigrés. Laborieusement les pays occidentaux se sont finalement accordés pour livrer des chars à l’Ukraine. A grands coups de trompettes, ils ont avancé bêtement qu’ils aideraient l’Ukraine jusqu’au bout. On ne sait pas trop ce qu’est ce fameux bout, et le journal otanien, Le monde semble ne plus y croire. Il nous explique bêtement que la quantité de chars livrés ne dépassera pas les 109 unités. Les Etats-Unis vont livrer 31 chars Abrams, l’Allemagne, comme la Pologne, s’est engagée à fournir 14 chars Léopard, la Norvège en a proposé huit, le Canada et le Portugal, quatre chacun. L’Espagne, la Finlande et les Pays-Bas ont également annoncé leur intention d’en fournir, mais n’ont pas dit combien. Le Royaume-Uni, qui a été le premier à promettre mi-janvier des chars lourds, enverra 14 chars Challenger 2 et le Danemark 20 chars Piranha de fabrication suisse, à condition que Berne donne son aval à leur réexportation, ce qui semble en bonne voie. C’est du saupoudrage et en tous les cas, si ça pourra permettre peut-être une percée ; ce ne sera pas suffisant pour tenir un front de 1000 kilomètres. Au total, l’Ukraine peut donc compter sur au moins 109 chars occidentaux. En outre il faudra au minimum quatre mois avant que ces chars soient opérationnels, sans parler des problèmes de maintenance et de munitions. Le monde ajoute que pourtant c’est très bien car ainsi les occidentaux font preuve de solidarité et « envoie un message à Poutine », message selon lequel les Ukrainiens seront soutenus encore longtemps[1]. On pourrait rétorquer que tant que les occidentaux envoient des messages de ce type, Poutine pourra dormir tranquille. Dans ce macabre décompte il y a plusieurs dimensions, d’abord, cette avarice de l’Occident interroge sur les buts de la guerre des Etats-Unis en Ukraine. Que veulent-ils ? Comme on le voit avec le graphique ci-dessous, les quelques dizaines de chars donnés aux Ukrainiens ne changeront rien du tout sur le terrain, même s’ils arrivent en temps et heure pour servir, sachant que les Russes ont à leur disposition au moins 2 000 chars flambants neufs et que les chars qu’on donnera à Kiev sont le plus souvent des chars réformés. Alors que le temps ne joue pas pour les Ukrainiens, ils sont en grosse difficulté dans le Donetsk, Soledar est tombée, Zelensky l’a enfin reconnu, et d’autres localités sont en train de suivre. Les Russes sont à pied d’œuvre et ne vont pas rester les bras croisés dans l’attente d’un réarmement partiel de l’armée ukrainienne. L’OTAN avait déjà donner beaucoup de chars, mais au moins la moitié a été détruite durant la première phase de la guerre.
Zelensky réclame maintenant des avions. Comme unn vieux cabotin en fin de parcours, il a fait une tournée terminale en Europe, à Londres, à Paris et à Bruxelles. Dans ce secteur aussi les Russes ont une supériorité écrasante. Les Occidentaux vont sans doute donner quelques avions, mais ils seront dans l’incapacité de combler leur retard, ils sont dans un rapport de 1 à 10. L’affaire va encore être plus difficile à boucler. Les Hongrois s’opposent à cet envoie. Zelensky dit qu’il veut ces avions et des canons à longue portée pour aller bombarder la Crimée et ses dépôts d’armes. Si les belliqueux Pays-Bas ont dit que c’était là une excellente idée, Le monde qui milite pour l’OTAN et pour la guerre contre les Russes, s’est bien sûr pressé de relayer l’idée[2]. Cependant les Allemands par la voie de Scholz a dit qu’il n’en était pas question. Dans le même temps, les Occidentaux, hypocrites comme à l’ordinaire, ont annoncé qu’ils n’étaient pas en guerre avec la Russie ! Prétendant envoyer des armes uniquement défensives, ils ne veulent pas s’avancer trop loin. Deux hypothèses sont plausibles, soit les Américains cachent bien leur jeu et se préparent à intervenir massivement dans quelques mois, après avoir constaté que l’aide à l’Ukraine, même en donnant des avions, ne mène à rien, et déclareront la guerre à la Russie, entraînant derrière eux leurs domestiques européens pour sauver l’Ukraine. Soit, ils abandonneront l’affaire et pousseront leur homme de paille Zelensky à négocier enfin. Sans une intervention directe des Américains – même si c’est sous la couverture de l’OTAN – il n’y a pas de possibilité de gagner cette guerre qu’ils ont voulue depuis au moins le début des années 2000.
Dénombrement des avions et hélicoptères avant le 24 février 2022
Les comptes ont été faits, les Occidentaux n’ont pas les moyens militaires de soutenir encore longtemps la guerre. Ils en sont pour soutenir cette fiction qu’on peut gagner la guerre contre les Russes en utilisant seulement des Ukrainiens comme chair à canon, que les Européens vont lancer un nouveau train de sanctions, le dixième[3] ! Mentant comme c’est sa tendance naturelle Ursula von der Leyen nous dit que déjà la Russie paie un lourd tribut grâce aux sanctions. Mais si cela était vrai, on ne voit pas comment la Russie serait encore debout après neuf trains de sanctions, et pourquoi on aurait besoin d’un dixième paquet ! En outre, les informations qui parviennent de Russie – informations sur lesquelles l’Union européenne met la censure – montrent que leurs usines d’armement tournent à plein régime et qu’ils peuvent fournir des chars flambant neuf immédiatement. Le problème est que les Etats-Unis et leurs laquais ne savent pas trop ce qu’ils veulent, ni comment se sortir de ce piège. Souvent on se demande pourquoi l’Union européenne est entrée en guerre contre la Russie, alors que ce n’est manifestement pas son intérêt, aucun commentateur sérieux ne pense que les Russes seront demain à Varsovie ou à Berlin. La réponse est simple, la plupart des politiciens ont été formés aux Etats-Unis ou par les Etats-Unis. C’est le cas de Macron, un young leader, mais c’est aussi le cas de la Meloni formée ou plutôt déformée par l’Aspen Institute. Ursula von der Leyen a une arrière-grand-mère américaine, a fait des études à London Scool of Economics et des séjours prolongés aux Etats-Unis avec son mari qui est impliqué aujourd’hui dans des tripatouillages avec Pfizer. Ils étaient en Californie, à Stanford, et c’est probablement là qu’ils ont été recrutés comme agents par les Américains. Elle est clairement là parce que les Américains le voulaient, les services secrets américains affectionnent les ultra-conservateurs qu’ils pensent pouvoir manipuler à leur guise. Sa rubrique biographique nous dit qu’elle est issue d’une famille américaine de grands planteurs de Caroline du Sud. « Grands planteurs » c’est le terme pudique pour remplacer « esclavagistes »[4].
George Friedman en février 2015
On peut se faire une idée des intentions des Etats-Unis dans
cette guerre qu’ils ont voulu en remontant en arrière, et écoutant le discours pompeux et plein de
morgue de George Friedman qui, dans une intervention à Chicago qui date du
début de 2015, annonce clairement les buts de guerre de son pays :
détacher l’Europe de la Russie, avançant ainsi que les Etats-Unis n’auront pas
besoin de se lancer eux-mêmes dans la guerre coûteuse pour arriver à leurs
fins, couper l’Europe de la Russie et affaiblir durablement l’Allemagne[5].
L’idée est de couper le gaz russe bon marché à l’Europe, et de faire payer les
frais de la guerre par l’Union européenne. George Friedman fait le malin, mais
si ces deux buts peuvent être atteint dans le court terme, et d’une certaine
manière ils le sont déjà, ils peuvent être renversés à moyen et long terme.
Rien n’empêchera les Allemands et les Russes dans quelques années de se
rabibocher et de réparer Nord Stream. C’est à mon sens l’intérêt vital des
Allemands.
C’est bien l’idiotie native des Américains de croire que l’histoire s’écrit durablement avec des coups de plus en plus tordus dans une linéarité qui ne permettrait pas les retours en arrière. L’économie américaine est complètement malade et ce n’est pas en détruisant l’économie européenne qu’elle trouvera le salut. Bien au contraire, car la conséquence sera un repli durable de l’Occident sur lui-même. En outre, les « élites » européennes à court et moyen termes peuvent aussi en avoir assez de se voir traiter comme des paillassons par les Américains, et ce d’autant plus que les opinions publiques européennes vont rapidement se retourner, constatant la détérioration rapide de leurs conditions d’existence. Croire que les Etats-Unis sortiront la tête de l’eau en affaiblissant durablement leur principal partenaire relève de l’imbécilité. Installer le chaos en pensant qu’on sera les seuls à en retirer les bénéfices relève de la paresse intellectuelle. George Friedman qui ne croit pas à un conflit militaire avec la Chine, passe sous silences les échecs récurrents des Etats-Unis dans les pays islamistes, et il pense que les Etats-Unis peuvent tuer simplement l’économie chinoise en décrétant une fermeture des ports occidentaux à leurs marchandises ! Mais ne connaissant rien à l’économie il ne comprend pas que les Etats-Unis comme les Européens achètent ces mêmes marchandises en s’endettant. Du reste le recentrage auquel on assiste depuis quelques années tend à prouver que les Chinois peuvent trouver des partenaires ailleurs, en Inde, au Moyen-Orient, et même en Afrique, ce que ne sont pas capables de faire les Américains qui se sont fait éjectés de ces terrains de jeu.
Parmi les ancêtres de von der Leyen figurent également les
gouverneurs John Yeamans, James Moore, Robert Gibbes, Thomas Smith et
Joseph Blake, mais aussi Joseph Wragg et Benjamin Smith, qui se rangent parmi
les plus grands marchands d’esclaves en Amérique du Nord britannique. Au moment
où l’esclavage fut abolie aux Etats-Unis, son ancêtre James H. Ladson
(1795–1868) détenait environ deux cents esclaves.
Source US Census Bureau
Les Occidentaux se désindustrialisent rapidement, contrairement à la Russie et à la Chine, c’est la rançon de la mondialisation voulue par eux. Mais un pays sans industrie sera en difficulté s’il veut produire des armes en quantité suffisante pour reconstituer ses stocks. C’est pour cette raison que la plupart des pays de l’OTAN qui sont conscients de cette défaillance, conviennent qu’il faudra des années pour remettre leurs armées à niveau. Mais pendant ce temps les Chinois et les Russes ne resteront pas inactifs. En poussant l’Ukraine à la guerre, les Etats-Unis ont ouvert la boîte de Pandore ! Et qu’apercevons-nous aujourd’hui ? Tout simplement que les échecs répétés en Afghanistan et en Syrie, n’étaient pas des accidents, mais démontraient la faiblesse stratégique et tactique des Etats-Unis et de leurs alliés. Quand on ne connait pas clairement ses objectifs, on ne peut pas gagner une guerre.
A quoi et à qui servent les armes françaises ? Sur l’excellent site Veille stratégique, on pouvait voir le lundi 20 février une vidéo montrant des soldats ukrainiens qui utilisaient un mortier français MO-120-RT-61 fourni à l'armée ukrainienne et dont les servants arborent à la fois des symboles de la Waffen-SS et du parti bandériste et qui se comportent comme leurs « modèles »[6]. Le doute n’est plus permis, les armes de l’OTAN servent clairement à rejouer l’attaque de la Russie par les nazis. Quel est le but des « stratèges de l’OTAN ? Veulent-ils prendre leur revanche sur la défaite de von Paulus ? Ils semblent qu’ils n’en aient encore moins les moyens que la Wehrmacht en 1941. Peut-on rappeler que Jens Stoltenberg, actuel secrétaire général de l’OTAN, russophobe intransigeant et futur patron de la Banque Centrale de Norvège a des ancêtres allemands qui ont participé à la défaite de 1943 en Russie ?
[1] https://www.lemonde.fr/international/article/2023/01/27/guerre-en-ukraine-les-chars-d-assaut-promis-a-kiev-seront-achemines-comment-et-dans-quels-delais_6159606_3210.html
[2] https://www.lemonde.fr/international/article/2023/01/30/guerre-en-ukraine-pour-certains-allies-de-kiev-la-livraison-d-avions-de-chasse-n-est-plus-un-tabou_6159802_3210.html
[3] https://www.aa.com.tr/fr/monde/lunion-europ%C3%A9enne-pr%C3%A9voit-un-nouveau-train-de-sanctions-contre-la-russie-/2805797
[4] Voici ce qu’on peut lire sur
Wikipédia. « Parmi les ancêtres de von der Leyen figurent également les
gouverneurs John Yeamans, James Moore, Robert Gibbes, Thomas Smith et
Joseph Blake, mais aussi Joseph Wragg et Benjamin Smith, qui se rangent parmi
les plus grands marchands d’esclaves en Amérique du Nord britannique. Au moment
où l’esclavage fut aboli aux Etats-Unis, son ancêtre James H. Ladson
(1795–1868) détenait environ deux cents esclaves. »
[5] Il faut
écouter cette intervention jusqu’au bout, c’est édifiant https://www.youtube.com/watch?v=QeLu_yyz3tc
[6] https://siteveillestrategique.blogspot.com/2023/02/ukraine-armes-francaises-employees-par.html?fbclid=IwAR1l2b7yqTcqsrct-mQX2640Vw0sjWqEZQhykggV1Rkr6MZCW5imIqc1ufs
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