En Europe, les élections se suivent se ressemblent dans leurs résultats. Le 8 mai 2026 on votait au Royaume Uni pour élire des représentants dans les collectivités locales. Les deux partis qui ont gouverné le Royaume Uni depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale sont rejetés. Le plus gros perdant est le Parti travailliste, qui perd près d’un millier de sièges, et le second perdant est le Parti conservateur qui en perd plus de 400 et qui rétrograde à la quatrième place[1]. Ce résultat nous apprend au moins deux choses importantes. D’abord il confirme le rejet de la politique guerrière en Ukraine assumée par Starmer et le parti travailliste. L’impopularité du Premier ministre est presque équivalente à celle de Macron en France, c’est dire. Ensuite le grand gagnant qui augmente son score de plus de 1200 sièges est le parti de Nigel Farage, Reforme UK, un parti souverainiste, qui est à la fois contre l’immigration massive et qui a été le principal parti soutenant le Brexit. Ce dernier point est important, car les journalistes en France avancent souvent que les Britanniques regretteraient d’avoir voté pour le Brexit. Évidemment si les Britanniques regrettaient fortement la sortie de l’Union européenne, ils ne voteraient pas pour le parti de Nigel Farage, et les partis pro-européens réclameraient un référendum sur cette question, mais ils ne s’y risquent pas. Là nous avons au moins un début de réponse concret à cette question. Bien entendu, il faut le répéter, le Brexit n’est pas une solution à tous les problèmes économiques d’un pays quel qu’il soit, mais c’est une condition nécessaire à un changement d’orientation. Un des problèmes rencontrés par l’impopulaire Starmer, c’est qu’il a suivi une politique européiste sur l’immigration, sur la guerre avec la Russie, tout en étant en dehors de l’Union européenne. On remarque malgré tout, et il faut le répéter, que les résultats économiques du Royaume Uni sont un peu meilleurs que ceux de la France depuis sa sortie de l’Union européenne. Nigel Farage est également de ceux qui ont soutenu que la guerre en Ukraine était la conséquence des provocations de l’OTAN aux frontières de la Russie. C’est un point commun qu’il a avec les autres opposants des pays de l’Est à la politique belliciste de l’Union européenne.
Le gouvernement roumain pro-européen a été renversé
Les pays de l’Est de l’Europe sont un casse-tête pour Bruxelles. Périodiquement ceux-ci manifestent un syndrome anti-européiste assez marqué. On a vu que la défaite d’Orban, ennemi juré d’Ursula von der Leyen n’avait pas vraiment éclairci la position de la Hongrie envers la Russie. De même le président Robert Fico qui prétend parler avec Poutine, est également un problème. Il y a un peu plus d’un an, en Roumanie, la Cour suprême, téléguidée par la France et Bruxelles, avait invalidé le premier tour des élections présidentielles pour des motifs très vagues et sûrement mensonger. Le candidat Calin Georgescu, pro-russe, avait ensuite été invalidé, interdit de se présenter. Ces petites magouilles, ajoutées au contrôle des votes de l’étranger avait finalement permis au candidat atlantiste NIcusor Dan de l’emporter. Mais ce fut une victoire à la Pyrrhus. Il y a quelques jours, les choses allant de plus en plus mal en Roumanie, le gouvernement pro-européen a été renversé[2]. Cela a été le résultat d’une coalition inédite entre le parti dit d’extrême-droite, l’AUR, et le PSD, parti social-démocrate. Ce qui était essentiellement en cause dans cette motion de censure en Roumanie, c’était la politique d’austérité menée sous la houlette de Bruxelles par le gouvernement d’Ilie Bolojan. Sans parler évidemment de la corruption endémique. Cette alliance a priori curieuse, est également celle qui semble se dessiner en Allemagne où le gouvernement Merz est devenu impopulaire, entre l’AfD et le petit parti de gauche BSW de Sarah Waghenecht. Ils pourraient s’entendre sur deux points décisifs, la haine de Bruxelles et de la Commission européenne, et sur l’idée de renouer le contact avec la Russie, donc un programme souverainiste, justement à un moment où les deux partis dits de gouvernement sont devenus impopulaires. C’est le même schéma qu’au Royaume Uni, eux-aussi ont gouverné en alternance depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais maintenant, ils sont obligés de s’associer ensemble pour continuer pour survivre, l’un entrainant l’autre dans sa chute programmée.
Ruman Radev a remporté les
élections législatives en Bulgarie le 19 avril 2026
Les médias français ont assez peu commenté une autre lourde défaite des européistes. En Bulgarie, c’est l’ancien président Rumen Radev qui a remporté les élections législatives le 19 avril 2026[3]. Certes l’abstention était très élevée, mais la victoire de Rumen Radev est écrasante. Si on l’a passée sous silence, c’est pour plusieurs raisons, d’abord parce que Rumen Radev est pour un rapprochement avec la Russie qui livre du gaz à son pays. Celui-ci est limitrophe de la Roumanie. Or la coalition au pouvoir avec la victoire de Rumen Radev avait acté sous la pression de Bruxelles l’abandon de la livraison du gaz russe en 2026. Il faut savoir aussi que la Bulgarie est un pays de transit pour le gaz russe qui arrive encore en Europe. Rumen Radev, lorsqu’il était président avait critiqué les sanctions européistes contre la Russie, et également ne voulait pas s’engager dans un soutien à Zelensky à propos de la Crimée. On se rend ainsi compte que dans l’Union européenne, le nombre de pays qui portent un regard critique sur Bruxelles et ses velléités guerrières augmente assez régulièrement. La Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie, revendiquent une plus large autonomie dans la gestion de leurs affaires, et bientôt ce sera également tour de la Pologne. En effet l’an dernier, Karol Nawrocki a remporté les élections présidentielles, face au candidat européiste Rafał Trzaskowski. Le nouveau président polonais est un conservateur opposé aux libéralités de l’Union européenne en matière de mœurs, mais il est aussi très critique vis-à-vis de Zelensky et de l’Ukraine, les réfugiés ukrainiens étant très mal vus dans le pays. Il est également farouchement opposé à l’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne. Il s’est affiché avec George Simion l’ancien candidat roumain à la présidentielle qui lui est pour un dialogue direct avec la Russie. En Pologne nous sommes dans une situation de cohabitation avec le premier ministre Donald Tusk, atlantiste et européiste furieux. Mais en 2027 nous allons avoir des élections législatives qui risquent d’être perdues pour le parti de Bruxelles. C’est dans ce pays que lors de la crise agricole on a vu des députés brûler des drapeaux européens… comme en France !
Dans ces pays de l’Est-ce qui me semble important c’est la volonté souverainiste qui s’y manifeste dans une position pour le moins critique vis-à-vis de Bruxelles. Ce sont pourtant des pays qui sont géographiquement très proches de la Russie. L’Union européenne en s’élargissant à l’Est, jusqu’aux frontières de la Russie pensait que cela entrainerait finalement la fin de la Russie. C’était le plan de l’OTAN, ajouter aux pressions militaires les pressions économiques et le chantage financier. Mais vu la dégradation régulière de la situation européenne, ces pays pourraient finalement devenir le Cheval de Troie de la dissolution. On n’en est pas encore à voir ces pays se proposer d’en sortir, ils bénéficient d’avantages économiques et financiers qui les empêchent, on a vu avec quelle brutalité la Commission européenne a coupé les crédits à la Hongrie pour faire tomber Orban. La stupidité de la Commission européenne risque d’être fortement ébranlée. En effet, alors que tout va mal dans l’Union européenne et que la guerre des Etats-Unis contre l’Iran a aggravé les problèmes d’approvisionnement énergétique, la Commission européenne a adopté un nouveau train de sanctions, le 20ème, destiné semble-t-il à priver la Russie de ses gains colossaux dans les secteurs de l’énergie et plancherait même aujourd’hui sur un 21ème paquet. Or les 19 premiers paquets de sanctions n’ont eu que des effets marginaux sur l’économie russe qui continue sa progression, mais, ils ont entraîné de graves difficultés pour l’économie européenne qui est en train de rentrer en récession. En décembre 2025 on tablait encore sur une croissance dans l’Union européenne de 1,7%. Mais c’était avant la guerre avec l’Iran, aujourd’hui on prévoit une légère récession pour la France et un recul du PIB d’au moins 1% pour l’Allemagne. Comme on le voit dans le graphique ci-dessus, la baisse des exportations russes vers les pays occidentaux a été plus que compensée par le développement de ces mêmes exportations vers les pays asiatiques, alors que l’Union européenne compte tenu de sa politique belliciste envers la Russie n’a aucune solution de rechange pour l’énergie nécessaire à son industrie. La guerre en Iran a rendu impossible de mettre en place l’idée déjà stupide de se passer complètement du gaz et du pétrole russe, alors que la pénurie menace pour les quatre ou cinq ans à venir.
Cependant les déconvenues des bureaucrates européistes et de
leurs soutiens politiques, ne doivent pas nous faire croire qu’ils abandonneront
aussi facilement le pouvoir, ils ne sont pas capables d’assumer leurs échecs
successifs. Tout montre – et l’exemple de Macron est là qui, désavoué
massivement pas les Français continue à les martyriser – qu’il faudra les chasser,
qu’ils s’accrocheront à leurs lugubres idées et préceptes, quitte à tricher avec
leurs propres règles. Dans cette déroute, il est hallucinant de voir que le
journal Le monde, ce média atlantiste et européiste qui dit aux autres
ce qu’ils doivent penser nous en fait des tartines que la chute de la popularité
de Poutine en Russie qui ne serait plus qu’à 68% ! Mais ils ne disent rien
du fait qu’en France, Macron, c’est 17% de popularité, Starmer qui vient de
perdre les élections est à 18% et Merz à 15% comme Ursula von der Leyen, mais
le journal du soir comme on dit n’a aucun commentaire à faire sur ce désaveu !
Autrement dit Le monde vous ment par omission tous les jours.
[1] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/08/elections-locales-au-royaume-uni-percee-historique-de-la-droite-radicale-effondrement-des-travaillistes-et-fin-du-bipartisme_6687097_3210.html
[2] https://www.franceinfo.fr/monde/europe/en-roumanie-l-extreme-droite-est-la-grande-gagnante-de-la-crise-politique-creee-par-le-renversement-du-premier-ministre_7987292.html
[3] https://www.touteleurope.eu/vie-politique-des-etats-membres/elections-legislatives-en-bulgarie-la-coalition-de-l-ancien-president-rumen-radev-placee-largement-en-tete/
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