lundi 16 mars 2026

Les résultats du premier tour des municipales

Évolution de l’abstention au premier tour des élections municipales 

Le premier résultat important de ces municipales est le haut niveau de l’abstention qui confirme la grande méfiance des Français face à la classe politique. Le passage ravageur de Macron et de son gang au pouvoir en est la cause première, mais elle n’est pas la seule. La seconde est la désunion de la gauche qui ne présente aucune perspective sérieuse nulle part. Cette désunion de la gauche a deux causes bien connues, d’abord les trahisons successives de ce qu’on appelle à tort la social-démocratie représentée par Hollande et son gang, ensuite la tactique suicidaire de la France Insoumise qui de partout vise à faire battre le PS et le PCF afin d’apparaitre comme la seule force politique à gauche pour 2027. Sans parler du fait que la FI présente des candidats qui ne sont pas présentables, comme Sébastien Delogu par exemple à Marseille, et qui fait que ce parti devient celui des pestiférés contre lequel ceux qui votent encore feront un barrage comme jadis on faisait barrage au Front National, la FI apparaissant à beaucoup maintenant comme le premier parti antisémite en France[1]. Le soutien de l’immigration massive, comme celui de la cause palestinienne ça ne paye pas sur le plan électoral, sauf dans des localisations dominées par des populations issues de l’immigration comme à Saint Denis où Bally Bagayoko est élu dès le premier tour. Cette décomposition de la gauche décervelée entraîne par contrecoup une hausse du score du Rassemblement National pour une élection où il n’était jusqu’ici pas très fort. Le résultat le plus important sur le plan de la tactique politique, c’est que ces municipales dévoilent clairement les intentions malignes du parti mélénchoniste qui travaille à détruire l’idée même d’union de la gauche, au moment même où l’union de la droite commence à prendre forme sous la houlette du Rassemblement National. Sur le plan comptable, c’est bien ce parti qui va enregistrer les meilleurs gains et les partis de droite et du centre les plus cruelles déconvenues. 

Les résultats parisiens sont très intéressants. Les sondages donnaient Rachida Dati à quatre points derrière Emmanuel Grégoire. Mais à l’arrivée, elle se retrouve à 12 points derrière, écart qu’il lui sera sans doute impossible à combler, même avec l’aide des candidatures ubuesques de Sarah Knafo qui sera qualifiée pour le second tour, et de Sophia Chikirou qui, sous les couleurs de la FI tentait de faire passer la mairie de Paris de la gauche à la droite. Grégoire est dans une position idéale pour éviter de pactiser avec Chikirou : si celle-ci se maintient, elle sera ridiculisée un peu plus, si elle se désiste sans compensation, elle reconnaitra son échec. Que Knafo soit qualifiée de justesse est une très mauvaise nouvelle pour Dati. En effet si elle fusionne avec elle, elle se déconsidère, et si Knafo se maintient, ce sera une large défaite. Cette élection parisienne est très atypique par rapport au reste de la France. D’abord parce que la gauche y est majoritaire alors que sa sociologie est très droitière, ensuite parce que le Rassemblement national y est quasiment inexistant. Cela semble être un résultat passager lié à la déconfiture simultanée des Républicains et du parti présidentiel dont tout le monde se détourne. Tout ce passe comme si nous étions dans une phase de décomposition ou de recomposition du paysage politique. Le Rassemblement National confirme son statut de premier parti électoral, c’est le résultat de sa dédiabolisation. Ce nouvel ancrage municipal lui sera fort utile pour les élections de 2027. David Rachline qui pourtant a des sacrées casseroles au cul, est réélu dès le premier tour à Saint-Raphaël, de même pour Louis Alliot à Perpignan. C’est clairement le parti dominant de la droite aujourd’hui. Autre grande ville importante, le Rassemblement National est en position de revenir à la tête de la ville de Toulon. D’une manière symétrique les Républicains et le soi-disant centre à la Macron, qui est une variante de la droite affairiste, connaissent des déconfitures importantes et visibles. Les élections sont, malgré les hauts et les bas de l’abstention, un système géré par la loi des vases communicants. Les électeurs qui veulent faire leur devoir se plient à cette règle, si la gauche et le centre les déçoit, alors ils se replient sur le vote pour le Rassemblement National ! 

Municipales 2026 : coup de tonnerre à Grenoble, Alain Carignon en tête – TG+

A Grenoble les turpitudes du maire Éric Piolle, officiellement écologiste, mais plutôt candidat du parti des immigrés et de l’insécurité, ont conduit la gauche à des difficultés. Il ne se représentait pas, tant son bilan était jugé catastrophique dans une ville très longtemps à gauche. Inattendu, Alain Carignon, candidat de la vieille droite corrompue et corruptrice, condamné à des lourdes années de prison pour avoir tapé dans la caisse, est arrivé en tête de ce scrutin. Cependant, il est très peu probable qu’il gagne le second tour, le réservoir des voix étant plus important à gauche qu’à droite. Les électeurs, du moins une partie d’entre eux, ont intégré le cynisme affiché des politiciens de profession. On n’hésite pas à voter pour des gangsters, même en sachant qu’ils sont corrompus jusqu’à la moelle. On a le cas à Aix-en-Provence avec la dynastie Joissains dont le père et la mère ont été lourdement condamnés, et dont la fille gère maintenant les affaires de cette ville riche, malgré les efforts de ces gens pour défigurer la vieille cité dans un affairisme immobilier assez terrifiant. Parmi les autres résultats spectaculaires, on note le probable retour de Catherine Trautman, ancienne maire de Strasbourg à la tête de la ville, vingt-cinq ans après son départ ! A Toulouse, même si rien n’est complètement joué et même si la gauche atteint sur le papier les 50%, il semble que Moudenc sera réélu, la raison en est simple, c’est que la liste de la FI est arrivée à gauche en tête ! Nous verrons bien dimanche prochain, si le barrage anti-Mélenchon fonctionne correctement. La gauche devrait tout aussi bien conserver les trois villes les plus importantes du pays, Paris, Lyon et Marseille. À Lyon la candidature d’Aulas s’est littéralement effondrée, il partait pourtant d’une confortable avance dans les sondages, au point que certaine le voyait élu dès le premier tour. Mais durant la campagne, il a démontré qu’il ne connaissait rien à rien et encore moins sur le reste. Autre résultat intéressant, à Nice, la gauche qui à la Libération dirigeait la ville, est devenue inexistante et le maire sortant, Christian Estrosi, est en passe de perdre son siège au profit d’Éric Ciotti. La cause est bien connue et facile à comprendre Estrosi en ralliant la macronie a été à contre-courant de l’histoire ! En Avignon, la politique forcenée de division poursuivie par la FI va sans doute permettre à la droite de conquérir la ville la semaine prochaine. C’est la même logique suicidaire de la FI, qu’à Marseille ou même qu’à Aix-en-Provence. 


On peut considérer que la stratégie folle de la FI est d'ores et déjà un échec dans la perspective des élections de l'année prochaine. En effet dans toutes les grandes villes sont listes sont en recul par rapport aux précédentes élections, européennes et présidentielles. ce qui confirme notre diagnostic : plus la FI parie sur le vote communautariste, plus elle met en difficulté l'ensemble de la gauche, et plus elle diminue ses chances de bien figurer à la présidentielle de 2027 et aux législatives qui suivront probablement. en se coupant volontairement du reste de la gauche, elle devient le boulet dont il fait se débarrasser en priorité, et moins elle peut prétendre à rassembler qui de ce soit autour de son projet, surtout si on pense que pour gagner il faut rassembler au moins un petit peu au-delà de son camp. Or Mélenchon et son gang font exactement l'inverse ! 

André Santini, avant et après son hospitalisation 

Petite anecdote, à Issy-les Moulineaux, c’est le mort-vivant André Santini qui va sans doute décrocher un neuvième mandat de maire, en faisant campagne depuis son lit d’hôpital. Il a 85 ans, accusé d’agressions sexuelles et de prévarication. Mais rien n’y fait les électeurs sont une race indécrottable, ils voteront pour lui, certes pas en masse, mais suffisamment pour le voir réélu. Il est maire de cette ville depuis près de 50 ans, et président du Syndicat des eaux d’Ile-de-France depuis presqu’autant – à ce titre il s’opposera à une gestion publique de l’eau qui pourtant serait moins coûteuse pour les ménages. Mais il en veut encore, mourir à son poste est sa passion. C’est un politicien affairiste ordinaire.


[1] Voir LFI - Anatomie d'une perversion, éd. David Reinharc, 2026, sous la direction de Pierre-André Taguieff.

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