lundi 30 mars 2026

Les élections municipales et la nouvelle défaite de la gauche : la question de l’immigration

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Si on se fie aux statistiques du ministère de l’intérieur, la gauche n’a remporté que moins de 30% des villes de plus de 3500 habitants. C’est bien peu, mais c’est conforme à ce qu’on a vu aux dernières législatives. Les 70% autres sont la droite plus ou moins dure, plus au moins molle, y compris le soi-disant centre qui n’est que la droite européiste, affairiste et cosmopolite. Il faut croiser cela avec le fait que l’abstention est très élevée, plus de 40% au premier et au second tour. Ce sont les électeurs potentiellement de gauche qui s’abstiennent le plus massivement. C’est donc un échec massif. Les très rares succès de la FI – six municipalités conquises – se réalisent essentiellement dans les territoires perdus de la République, ailleurs les rares électeurs qui se sont pliés à cet exercice ont fait au contraire barrage à la FI. Et pourtant ce ne sont pas les idées de gauche en tant que telles qui sont défaites, mais plutôt les partis qui prétendent les représenter. La droite obtient Si je regarde les sondages sur ce que veulent les Français, je vois qu’ils sont pour une plus forte taxation des grandes fortunes à 80%, pour une hausse du SMIC et des bas salaires, pour une politique qui abaisserait radicalement le prix de l’énergie, etc. Ce sont là des idées de gauche. Ajoutons que les Français sont massivement pour lutter contre l’immigration massive qu’ils lient à l’insécurité. Autrement dit ce qui tue la gauche politicienne au niveau national, c’est le fait qu’elle ait abandonné l’idée même de souveraineté et qu’elle s’occupe des problèmes qui ne les concerne pas, comme la cause palestinienne, la guerre en Ukraine et autres fantaisies dilatoires, tandis qu’elle n’interroge pas l’appartenance de la France à l’Union européenne qui pourtant nous ruine. 

Quelles sont vos principales préoccupations ? 

L’insécurité a été un des thèmes importants de la campagne des municipales. Ce n’était pas le cas il y a une quarantaine d’années. Le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a pris comme premier engagement de son mandat de désarmer la police municipale ! Comme si c’était celle-ci le principal problème, même si on sait très bien que la police ces derniers dépasse très souvent ses attributions. Le stupide Antoine Léaumont, un vague député insoumis, en a rajouté une couche : « Si les policiers violents s'en vont d'eux-mêmes de Saint-Denis-Pierrefite parce qu'ils n'ont plus de LBD, c'est bien. Cela veut dire qu'en quelques heures de mandat, Bally Bagayoko, a déjà amélioré la sécurité dans sa ville », a-t-il dit[1]. Comme on l’a dit dans un précédent billet, les écologistes qui ont payé un lourd tribut à la défaite de la gauche aux municipales, puis les socialistes, se rendent compte que la FI est un vrai boulet pour la gauche, c’est ce qu’a dit clairement Olivier Faure, idée reprise du reste par Philippe de Villiers[2]. Mais ce constat s’il indique que les prises de position de la FI bloque la gauche dans sa quête d’un retour au pouvoir, n'énoncent pas clairement les thèmes qui lui seraient favorables. Sans aller jusqu’aux outrances de la FI, les politiciens de gauche peinent à identifier encore un lien clair entre immigration et insécurité dans nos villes. Car en effet cela reviendrait à remettre en cause l’appartenance du pays à l’Union européenne dont le discours libéral indique que l’Europe doit être ouverte aux quatre vents sur à peu près tous les plans.   

Sondage : 68% des Français pensent qu'il existe un lien entre insécurité et  immigration

Les Français, massivement, pourtant font un lien très clair entre immigration et insécurité. Mais on trouve toujours des esprits un peu tordus qui noient le poisson en avançant que cela vient du fait que la France accueillerait très mal les pauvres immigrants. Un économiste incertain, Jérôme Valette, reconnait que ce lien existe pourtant, mais il soutient que cela est la conséquence des difficultés que ces immigrants rencontrent pour accéder au marché du travail, autrement dit que ce sont les Français globalement racistes qui les poussent indirectement à la délinquance[3] ! Comme on le comprend la gauche sur ce thème très sensible, a deux fers au feu : certains comme à la FI nient qu’il existerait un lien entre délinquance et immigration, d’autres vont même jusqu’à soutenir que pour établir ce lien il ne faudrait prendre en compte que les étrangers en situation régulière, d’autant que les immigrés extra-européens – c’est-à-dire venant d’Afrique – seraient contrôler plus souvent que les autres, et donc que cette sur-délinquance s’expliquerait uniquement par le racisme des Français[4] ! Ce discours qui pointe que le slogan idiot selon lequel l’immigration serait une chance pour la France est complètement inaudible ailleurs que dans les milieux patronaux qui voient dans ce phénomène massif une aubaine pour baisser les salaires, ou chez les gauchistes qui pensent que les frontières ne devraient pas exister. En la matière l’extrême-droite a une longueur d’avance. 

Sondage CSA.

Les idéologues, qu’ils soient économistes ou sociologues, sont les militants d’une France multiculturelle dont les Français ne veulent pas, ils essaient de les convaincre que l’immigration est un non-sujet, qu’il n’y a pas de problème d’intégration. Leurs arguments sont souvent tronqués et assez faibles pour soutenir la démonstration, mais les faits sont têtus. Or l’immigration est en hausse continue depuis des années, comme le montre le tableau suivant, issu des données du ministère de l’intérieur, mais ces chiffres sont pires que ce qu’on croit, puisqu’en effet, ils ne tiennent pas compte de deux facteurs aggravants, d’une part des naturalisations qui masquent les tensions, et de la reproduction plus rapide des personnes issues de l’immigration. Mais en réalité ces arguties si elles montrent que la frontière entre recherche et idéologie est assez peu marquée en la matière, ce qui compte ce sont le fait que les représentants du peuple, à quelque niveau que cela soit, ne sont pas là pour l’éduquer, mais plutôt pour être leur porte-voix. Ce que la gauche manifestement ne comprend toujours pas, et ce qui la rend à court et moyen terme incapable de se réformer. 

Illustration.

Boris Venon était le second adjoint du maire de la ville des Mureaux. Il a démissionné en octobre 2022. Les raisons invoquées par lui étaient l’existence d’un racisme antiblanc et homophobe[5]. Il était pourtant un élu de gauche. Les Mureaux est une ville qui fait partie de ces territoires de la République en grande difficulté. On remarque que les descendants des immigrés, bien que considérés comme Français du point de vue de la loi représentent justement un sur-chômage et une sur-délinquance. Selon l’enquête emploi de l’INSEE en 2020, le taux de chômage pour l'ensemble de la population active s'élevait à 8 %, alors qu’il était à 12,9 % pour l'ensemble des immigrés, mais il est très différent en fonction de l'origine : immigrés UE (6 %) étrangers hors UE (18,4 %). L’Observatoire national de la politique de la ville observait également que la situation était encore pire dans les quartiers dits prioritaires : Le taux de chômage dans les quartiers dits « prioritaires » de la politique de la ville s’élève à 23,4 % soit près de trois fois plus que dans les quartiers environnants (8,9 %) ! Comment expliquer cela ? Les militants de gauche considèrent que c’est le résultat d’une discrimination raciste. Mais en vérité, on peut penser que c’est seulement le résultat d’un trop plein par rapport aux possibilités de création d’emplois. Les économistes libéraux supposent que la liberté du marché suffit à créer des emplois en quantité adéquate, c’est cette même idée que reprend la gauche. Mais en vérité la création d’emploi dépend d’une conjoncture qui est faite aussi bien des événements à l’étranger – par exemple la hausse du prix de l’énergie – que des politiques étatiques – par exemple les aides et les subventions aux entreprises mais aussi au secteur social. 

👉 Le taux de chômage des immigrés algériens est lui aussi hors-norme,  enregistré à plus de 15% (QUINZE !) alors que la moyenne des Français sans  ascendance migratoire était à 6%.

L’idée selon laquelle les immigrés seraient discriminés peu s’appuyer sur des exemples concrets, c’est exact. Mais cependant cette préférence pour les « Européens » ou pour les « Français » non seulement peut s’expliquer par la liberté du marché au sens libéral du terme, que par les manques de qualification des immigrés hors UE. Autrement dit les pays africains exportent en masse des personnes dont le profil n’est pas compatible avec celui du pays récepteur. On a le même phénomène de partout en Europe. Mais on constate aussi pour des raisons compliquées où la question de la culture joue un rôle évident, que les jeunes issue de l’immigration sont massivement au chômage : En France, 3 millions de personnes âgées de 15 à 34 ans ne sont ni en enseignement, ni en formation, ni en emploi, dont 40 % sont de jeunes issus de l’immigration, selon l’OCDE-Ajef[6]. L’Union européenne a demandé à la France d’améliorer l’insertion de ces jeunes sur le marché du travail, mais concrètement on ne sait pas trop ce que ça veut dire. Comme à chaque fois qu’il s’agit d’immigration, le débat en revient toujours à la responsabilité plus ou moins paternaliste des institutions et des politiques. Cependant quand on voit les revendications des organisations religieuses musulmanes auprès des maires, on peut douter de cette causalité.  

Tout blanc, tout moche que vous êtes» : quand Mélenchon se flagelle avec  délectation

Mélenchon dans ses meetings reprend les mimiques de Jean-Marie Le Pen

Un des enseignements importants des dernières élections municipales, élections de proximité justement, est que les organisations musulmanes ce sont saisies de l‘opportunité d’infiltrer les organisations de gauche, et particulièrement la FI, le parti le plus fragile en la matière. Mélenchon s’est démené comme un beau diable pour asséner des messages foireux sur son racisme anti-blanc : « il a bien fallu un jour qu’un ou une se mette debout sur ses pattes, à l’autre bout du continent africain, pour qu’à la fin, ici, vous soyez en train de faire les malins, tout blanc tout moche que vous êtes »[7]. C’était une autre manière de dire que l’immigration est une chance pour la France, ou encore une reprise de la vieille idée selon laquelle la vieille Europe sera régénérée par les barbares, idée qu’on trouve d’ailleurs formalisée chez Hegel, mais qui est présente dès le milieu du XVIIème siècle en France et qui sera reprise par la Révolution française[8]. Ce racisme anti-blanc s’il permet de récupérer le vote communautariste à Saint-Denis ou à Roubaix, dresse contre lui une forte majorité, et c’est ce qui explique l’échec cinglant de la FI aussi bien à Marseille qu’à Paris, deux villes ou cette organisation n’a pas réussi à faire perdre la gauche. C’est une fracture fondamentale entre les différents composants de la gauche. Et c’est d’ailleurs ce qui rend complètement impossible une victoire de celle-ci dans les années à venir en France. La FI joue un rôle singulier, non seulement elle est arrivée à entraîner le reste de la gauche sur ces alliances avec le communautarisme musulman, mais son maxima lisme empêche sérieusement un raccommodage sincère du moins à moyen terme. Elle est le repoussoir idéal pour renforcer la montée du Rassemblement national. 

Camp de migrants à Saint-Denis : «Venez dormir ici une nuit et vous finirez  complètement fou» – Libération

Un camp de migrants en Seine Saint-Denis 

Comme on le comprend, l’immigration focalise l’attention sur plusieurs domaines importants. La sécurité, mais aussi l’économie, les immigrés sont vus, dans les villes où ils sont nombreux comme un facteur de baisse générale des salaires aussi bien que comme une charge via les allocations sociales dont ils bénéficient plus que les autres, à la fois parce qu’ils font plus d’enfants, et parce qu’ils sont majoritaires dans les logements sociaux où la mixité sociale est vue comme impossible. Il y a également une dimension dont on ne prend pas assez l’importance, c’est la transformation visuelle des villes où s’affiche la grande misère des migrants : c’est la marque d’une régression sociale qui heurte la majorité des Français. L’État français n’a plus les moyens, et pour longtemps, de combler cette sorte de déficit. La gauche en France, mais aussi dans le reste de l’Europe, ne semble pas avoir de proposition sérieuse sur cette question lancinante.



[1] https://x.com/ALeaument/status/2037226413451784571

[2] https://www.lejdd.fr/politique/melenchon-est-le-boulet-de-la-gauche-le-ps-charge-lfi-apres-les-echecs-dalliances-au-second-tour-169428

[3] https://www.cepii.fr/BLOG/bi/post.asp?IDcommunique=1148

[4] https://www.histoire-immigration.fr/societe-et-immigration/y-a-t-il-un-lien-entre-delinquance-et-immigration

[5] https://www.marianne.net/politique/gauche/demission-dun-elu-municipal-des-mureaux-ce-qua-vecu-boris-cest-du-racisme-pur-et-dur

[6] https://article19.ma/accueil/archives/106872

[7] https://www.lefigaro.fr/vox/politique/tout-blanc-tout-moche-que-vous-etes-quand-melenchon-se-flagelle-avec-delectation-20260319

[8] Manuel Tangorra, « « Un abîme dont nous n’arrivons pas à voir la profondeur ». Hégélianisme, pulsion barbare et reconnaissance sociale », Cahiers du GRM [En ligne], 21 | 2023

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