dimanche 4 janvier 2026

Des mensonges de Trump au pillage d’un pays pétrolier

Peut être une image de texte qui dit ’Rang Pays Production (t/an) 1 1 Colombie 2 1000-1400 Pérou 3 400-500 Bolivie 250-300 4 5 50-100 USA 40-80 6 Canada 20-40 7 Paraguay 8 15-30 Jamaïque 9 10-20 Venezuela 5-10 10 Équateur 5-10’

Classement des plus gros producteurs de drogues (tous types confondus) sur le continent américain 

La conférence de presse de Donald Trump le 3 janvier 2026, a commencé par un gros mensonge que peu de gens ont relevé : l’action de l’armée étatsunienne dans ce petit pays n’aurait pas fait de victime. Les autorités vénézuéliennes n’ont pas communiqué de bilan humain, bien que le procureur général du pays, Tarek William Saab, a déclaré que « des victimes innocentes ont été blessées et tuées », sans détailler[1]. Pour justifier son brigandage contre un petit pays, Trump a avancé des arguments qui sont parfaitement loufoques, et qui sont seulement destinés à des esprits faibles et aux ignorants, soit à des journalistes qui les répètent sans trop réfléchir. Trump vient de réaliser un coup d’État contre un petit pays déjà dans la difficulté. C’est un grand menteur, bien pire que tous les autres hommes et femmes politiques, on ne peut avoir aucune confiance dans ce qu’il dit et de qu’il promet. Il a commencé par mentir sur la question de la drogue, prétendant que Maduro était une sorte de chef de gang dont le but était uniquement de se faire de la menue monnaie en vendant de la drogue sur le territoire étatsunien. Comme le montre le tableau ci-dessus, en Amérique, le Venezuela ne compte pas comme pays producteur et trafiquant de drogues. Tous ceux qui se sont intéressés à cette question savent cela. Lors de sa conférence de presse du 3 janvier 2026, il a avoué qu’en fait il voulait mettre la main sur le pétrole vénézuélien. Mais cet aveu de ses véritables objectifs a été immédiatement couvert par des mensonges éhontés. D’abord, il a prétendu que le pétrole vénézuélien lui appartenait ! C’est osé. Il avance cela parce qu’avant l’arrivée de Chavez au pouvoir ce seraient des multinationales pétrolières étatsuniennes qui auraient découvert toutes seules ces mêmes réserves. Cette affirmation doit être commentée. Certes on comprend bien que les entreprises étatsuniennes nationalisées ont perdu de l’argent mais cela ne leur donne pas le droit de disposer des richesses du sous-sol vénézuélien. Le Venezuela a été condamné à verser des réparations à ces entreprises. Mais le paiement de cette rançon a été entravé par le fait que les Etats-Unis ont exercé un blocus contre ce pays, et mis en place des sanctions, afin qu’il ne puisse pas vendre son pétrole. Ces actions étaient déjà illégales. Le but de ces sanctions et de ce blocus était évidemment de provoquer la ruine du pays, supposant que le chaos engendrerait le changement et amènerait une marionnette des Etats-Unis comme la Machado ou Urrutia prenne le pouvoir et livre le pétrole aux Etats-Unis. Les difficultés ainsi créées ont permis ensuite de dénoncer Maduro comme une sorte de fasciste rouge qui de son propre chef ruinerait son peuple. L’hyperinflation et les pénuries de biens courant ont entrainé finalement une partie de la population à s’exiler. Parmi les sanctions financières décidées unilatéralement par les Etats-Unis, il y avait aussi l’impossibilité pour ce pays d’emprunter pour financer la dette. 

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95% des ressources d’exportation provenant du pétrole, on comprend qu’à plus ou moins long terme, ce pays était condamné à la ruine car trop dépendant de ses importations pour des biens de première nécessité. Pour tenter de contourner ces difficultés le Venezuela a dû effectuer des rabais importants sur son pétrole. La dernière élection de Maduro ne s’est pas bien passée. Et certains ont pu avancer sans preuve véritable que c’était son rival, Urrutia, la marionnette des Etats-Unis qui avait été élu. C’est la fable que les atlantistes, Macron, cette crapule, en tête ont tenté de faire gober aux populations occidentales. Il suffisait ensuite de convoquer les journalistes idiots du Monde ou de Libération ou des chaînes télévisées qui allaient répéter le slogan selon lequel Maduro était un dictateur de la pire espèce ! A une époque où la canaille atlantiste réhabilite Pinochet, une des créatures des Etats-Unis, c’est tout de même assez cocasse. Les Etats-Unis n’en sont pas à leur premier coup d’État en Amérique latine ou à leur ingérence, elles sont très nombreuses d’ailleurs avant comme après la Seconde Guerre mondiale, pour mémoire, on peut rappeler Cuba, mais aussi le plan Condor qui voyait les Etats-Unis armer plusieurs dictatures pour assassiner les opposants – Argentine, Chili, Uruguay, Paraguay, Bolivie et Brésil – mais il y en a bien d’autres[2]. Oublier cette ingérence étatsunienne en se planquant derrière la personnalité controversée de Maduro, est une faute morale, car le principal n’est pas ce qu’était Maduro, mais ce que font les Etats-Unis en matière de piraterie et de terrorisme. Le plus cocasse est que le jour même où on apprenait le kidnapping de Maduro, on apprenait aussi la grâce que Trump avait accordé à l’ancien président du Honduras qui avait été condamné pourtant à 45 ans de prison pour trafic de drogue[3] ! Nous voyons ci-dessous l’efficacité des sanctions étatsuniennes et du blocus sur la production pétrolière vénézuélienne. En 12 ans cette production a été divisée par 3,5. C’est évidemment là l’origine des difficultés économiques de ce petit pays, plutôt que dans le caractère de Maduro. La plupart des commentaires font comme si c’était ce caractère dictatorial qui serait à l’origine des problèmes du Venezuela. 

Les commentateurs en France et en Europe se sont roulés dans la honte. En commençant par Meloni, l’agente des Etats-Unis qui a applaudi l’intervention illégale des Etats-Unis. Elle était suivie dans cet exercice scabreux par le squatter de l’Élysée. Emmanuel Macron a affirmé que « le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir ». Et précise : « En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple. La transition à venir doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien. Nous souhaitons que le président Edmundo González Urrutia, élu en 2024, puisse assurer au plus vite cette transition. » Merz a dit exactement les mêmes choses, bien que la canaille européiste n’ait aucun argument pour décider de qui a gagné les élections au Venezuela, ils s’en tiennent à cette idée. Bernard-Henri Lévy a écrit : « La méthode est pour le moins brutale. Mais Maduro est un véritable scélérat, un ennemi de son propre peuple et des peuples de la région. Poutine et les ayatollahs doivent, à l’heure qu’il est, se sentir profondément embarrassé. Derrière ce communiqué destiné à vendre sa soupe aigre sur Poutine, le sinistre BHL ne propose aucune piste pour analyser la situation. En vérité la question n’est pas que cette méthode soit brutale, mais surtout qu’elle est illégale et pour des défenseurs du soi-disant international, c’est bien problématique. Le plus singulier dans tout cela est que les Européistes qui font semblant de parfois contester Trump à propos de l’Ukraine, se sont tous précipité – Glucksmann en tête – pour faire acte de soumission à l’attaque trumpiste. C’est d’autant plus déplorable que personne ne leur demandait rien. Mais spontanément ils ont choisi la voix de leur maître. L’Espagne s’est démarqué de ce concert de louanges, Le premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, dont le pays a accueilli le candidat de l’opposition à la présidentielle vénézuélienne de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, en exil, avait déjà condamné samedi « une intervention qui viole le droit international », jugeant que cette opération « [poussait] la région vers un horizon d’incertitude et de bellicisme », et avait appelé à une transition « juste et dans le dialogue ». 

Peut être une image de texte qui dit ’Aymeric Caron @CaronAymericoff X.com X. Les Etats-Unis sont quand même beaucoup plus doux qu'Israël: les Israéliens ne se seraient pas embarrassés à kidnapper Maduro et sa femme: ils les auraient réduits en poussière, avec une centaine de membres de eur famille, de leurs amis, de leurs connaissances et de gens qui passaient par là.’ 

De l’autre côté de l’échiquier politique, voici maintenant le débile profond Aymeric Caron, celui-ci se débrouille à la fois pour ne rien dire de l’action des Etats-Unis, on ne sait s’il la défend ou la conteste, mais en outre il incrimine Israël ! C’est bien l’histoire de nous rappeler qu’il est un antisémite forcené avant d’être un ennemi des Etats-Unis. Jordan Bardella petit soldat du trumpisme, suit la voie tracée par la Meloni, elle-même agente de propagande des Etats-Unis. il approuve, il nous explique que cette dictature était « sanguinaire et sans pitié » ! Supposant ainsi que les difficultés de ce pays était seulement la conséquence des mauvaises humeurs de Maduro, et que cela n’avait donc rien à voir avec les sanctions ou le blocus financier. Ne comptez pas sur lui pour le voir s’émanciper de la tutelle étatsunienne. Le principal problème est que quel que soit la nature du régime vénézuélien, il est clair que ce n’est pas aux Etats-Unis de régler le problème, surtout qu’ils n’ont aucun mandat, y compris de leur propre Congrès ! 

Peut être une image de ‎une personne ou plus, la porte de Brandebourg, foule et ‎texte qui dit ’‎باله BOXCOT ማያን፤ 30 USA‎’‎‎

Manifestation à Paris le 3 janvier en soutien au Venezuela 

En France on a manifesté contre le coup de force de Trump au Venezuela. La plupart des pays qui ne sont pas inféodés directement aux Etats-Unis, maintenant la majorité, entre autres la Chine, ont désapprouvé officiellement cette action de piraterie. Même l’ONU s’est fendue d’un communiqué allant dans ce sens, parlant d’un dangereux précédent[4]. En Amérique, la Colombie, le Brésil, le Mexique et Cuba se sont démarqués tout de même du concert de louanges adressées à Trump par les autres pays d’Amérique latine sous influence étatsunienne. Ça fait pas mal de monde tout ça. Cependant, la seule question qui est maintenant pertinente est de savoir si le Venezuela va pouvoir continuer à résister contre la pression des Etats-Unis pour s’approprier son pétrole. La vice-présidente Delcy Rodriguez assume l’intérim après le kidnapping de Maduro. Mais certains avancent que si Maduro a été kidnappé si facilement ce n’est pas parce que l’armée étatsunienne a produit un exploit, mais parce qu’il aurait été trahi par le ministre de la défense qui aspirerait à prendre sa succession et à se mettre au service des Etats-Unis. Mais tout cela reste des spéculations. Trump a dit que l’action de son armée était terminée. Mais comme il est fourbe et menteur on ne sait pas ce qu’il va faire. Manifestement les Etats-Unis parient sur une guerre civile qui porterait une de leurs marionnettes au pouvoir sans qu’ils interviennent eux-mêmes avec des troupes au sol. Certains pensent, comme Xavier Moreau par exemple, que les Etats-Unis n’ont pas les moyens de livrer une guerre au Venezuela. Ils parient donc sur le remplacement de Maduro par un autre chaviste, car des traitres à leur pays comme Machado ou Urrutia qui ont appelé au bombardement de leur propre pays ne sont pas crédibles au sein du peuple vénézuélien. On ne connait pas encore le degré de résistance du peuple vénézuélien. Certes on a vu des manifestants vénézuéliens se réjouir du kidnapping de Maduro, mais c’était surtout des exilés, en Floride. Il est encore beaucoup trop tôt pour savoir si l’action des Etats-Unis signe effectivement la fin du chavisme.

 

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Delcy Rodriguez, la vice-présidente du Venezuela préside le conseil des ministres 

Aux Etats-Unis de nombreuses voix se sont élevées, même chez les Républicains, pour dénoncer la violation de la Constitution étatsunienne par Trump et son gang[5]. Trump apparaît pour ce qu’il est, non pas un faiseur de paix, mais comme ses prédécesseurs un faiseur de guerre qui passe son temps à menacer le reste du monde, nous ne sommes plus dans le narratif America first, mais plutôt dans celui de America über alles. Les Républicains comme Tucker Carlson, très influent, se sont désolidarisés de cette opération à grand spectacle. Ce n’est même pas une question de respecter un droit international onusien et contestable, mais il s’agit d’enfreindre les règles de la Constitution étatsunienne. La presse étatsunienne apparait elle aussi très divisée sur cette ingérence manifeste. Et il est très probable que cette fantaisie va renforcer la méfiance des Étatsuniens d’origine latino qui sont déjà dans une position de grande hostilité avec Trump et son gang.



[1] https://www.instagram.com/reels/DTDAeOoDtKM/

[2] https://www.cnews.fr/monde/2026-01-03/venezuela-les-interventions-americaines-en-amerique-latine-au-cours-de-lhistoire

[3] https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/02/donald-trump-a-gracie-l-ex-president-du-honduras-juan-orlando-hernandez-qui-est-sorti-de-prison_6655718_3210.html

[4] https://peacekeeping.un.org/fr/les-actions-militaires-americaines-au-venezuela-constituent-un-dangereux-precedent-affirme-le-chef

[5] https://www.youtube.com/watch?v=UiRrwq_Mg1c

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