samedi 3 janvier 2026

La guerre de Trump contre le Venezuela et la question du pétrole

Les Etats-Unis qui ont clairement perdu la guerre en Ukraine, et qui n’en ont plus gagné une seule depuis 1983 quand le mauvais comédien Reagan avait décidé d’attaquer la Grenade, une petite île dans les Caraïbes, avaient besoin d’une victoire pour montrer qu’ils existaient encore après la piteuse défaite au Vietnam. Ils ont attaqué le Venezuela. Bombardement, enlèvement du président Maduro, ils se sont livrés une fois de plus à des actes de piraterie, jouant le pot de fer contre le pot de terre. Les prétextes avancés sont de deux ordres. Le président Maduro couvrirait un vaste trafic de cocaïne vers les Etats-Unis – ce qui sera à mon avis bien difficile à démontrer devant un tribunal, fut-il étatsunien. Ensuite Trump demande que Le Venezuela rende le pétrole étatsunien qui lui aurait été volé ! Évidemment il est assez bouffon de dire que le sous-sol du Venezuela appartenait aux Etats-Unis et que Maduro le leur a volé. Mais cette revendication doit être prise au sérieux, en ce sens qu’elle montre que ce qui intéresse Trump et le lobby pétrolier qui le pousse ce sont bien les ressources de ce pays. C’est d’ailleurs une constante de la politique étatsunienne que de viser à contrôler les ressources énergétiques du monde entier, c’était d’ailleurs une des raisons qui ont poussé à la guerre en Ukraine en provoquant la Russie. C’est aussi pour cette raison que le comité du prix Nobel de la paix, totalement corrompu – avait été poussé par les Etats-Unis pour couronner la corrompue Machado qui veut prendre la place de Maduro et qui a été financé de longue date par les pétroliers étatsuniens. L’idée est aujourd’hui d’emprisonner Maduro et d’espérer que la CIA arrivera à mettre en place Machado avec un gouvernement amical envers les intérêts pétroliers.

 

Les manifestants brandissent des drapeaux vénézueliens et amércains, dans l’agglomération de Miami, le 3 janvier 2026.

Aux Etats-Unis on manifeste contre le coup d’État trumpiste 

Enlever Maduro et sa femme est un acte de piraterie manifeste. On voit déjà que ceux qui hurlaient contre l’invasion de l’Ukraine, sont très discrets sur cette violation du droit international par les Etats-Unis. La sinistre Kaja Kallas demande à ce que dans cette affaire les deux parties fassent preuve de retenue !  Le clown Jean-Noël Barrot avance qu’il n’y aura pas de solution à ce problème à partir de l’extérieur, et dénonce d’un même mouvement le fait que Maduro aurait confisqué le pouvoir au peuple vénézuélien. C’est comme une excuse qui voudrait dire que Maduro l’avait bien cherché ! Mais on ne voit pour l’instant aucun européiste condamner cet acte de piraterie. Meloni l'agente des Etats-Unis s'est par contre précipitée pour applaudir honteusement ce coup d'Etat.  Je doute que cela arrive. Cependant, les Etats-Unis n’ont pas encore renversé le gouvernement en place à Caracas, et les pro-gouvernementaux sont apparus lourdement armés, prenant place à des endroits stratégiques. Il est bien possible que le gouvernement soit renversé. Mais cela ne pourra pas se faire sans que le sang soit versé. La Chine s’est dit « profondément choquée » par les frappes militaires américaines au Venezuela, et par la capture de Nicolas Maduro, et elle « condamne fermement le recours flagrant à la force par les Etats-Unis contre un Etat souverain et leur action contre son président ».« Ce comportement hégémonique des Etats-Unis viole gravement le droit international, porte atteinte à la souveraineté du Venezuela et menace la paix et la sécurité en Amérique latine et dans les Caraïbes. La Chine s’y oppose fermement », a ajouté le ministère des affaires étrangères chinois, dans un communiqué. 

Des civils armés pro-gouvernementaux à Caracas, au Venezuela, le samedi 3 janvier 2026.

Le parti pro-gouvernemental est sur le pied de guerre 

Cette action est dans la lignée de la politique étatsunienne depuis des longues décennies qui considère que l’Amérique latine doit rester sous sa domination. Même le journal atlantiste Le monde le soulignait. L’interventionnisme étatsunien est une constante[1]. La communauté internationale va se trouver dans l’obligation de condamner cette action. Article 2 paragraphe 4 de la Charte des Nations unies : « Les membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations unies. » Les Russes ont réclamé la libération de Maduro et de son épouse au nom du droit international. Le sénateur américain Mike Lee a déclaré qu'après l'arrestation de Nicolas Maduro, les États-Unis n'envisageaient aucune autre action au Venezuela. Il a fait cette déclaration à l'issue d'une rencontre avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio. Cela est assez curieux, parce que pour l’instant, le pouvoir vénézuélien est toujours en place. 

Explosions à Caracas : Donald Trump affirme que Nicolas Maduro a été «  capturé et exfiltré » du Venezuela 

Trump cependant a dit qu’il allait diriger le Venezuela de façon à en assurer la transition « appropriée ». C’est-à-dire qui convienne évidemment aux Etats-Unis. C’est en contradiction avec les propos de Rubio qui avançait que le rôle de l’armée étatsunienne était terminé et qu’il s’était limité à la capture de Maduro, l’attaque ayant été selon lui supervisée par des juges étatsuniens. Les propos de Trump signifient que d’une manière ou d’une autre il va chercher à mettre au pouvoir une marionnette acquise aux intérêts étatsuniens. Mais sans occupation du pays, on ne voit pas trop comment il va faire, il ne semble pas que l’armée vénézuélienne veuille passer de son côté. En même temps il a vendu la mèche : « Nous allons faire intervenir nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, qui vont investir des milliards de dollars pour réparer les infrastructures gravement endommagées, partager les ressources pétrolières et commencer à générer des revenus pour le pays », affirme le président américain. Ce qui veut dire que c’est bien le pétrole et le pillage des ressources du sous-sol vénézuélien qui l’intéresse lui et ses amis pétroliers. 

Donald Trump tient une conférence de presse à la suite d’une frappe américaine au Venezuela, où le président Nicolas Maduro et son épouse, Cilia Flores, ont été capturés, depuis le club Mar-a-Lago de Trump à Palm Beach, en Floride, aux États-Unis, le 3 janvier 2026.

Trump se félicitant de l’action de son armée le 3 janvier 2026


[1] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/03/etats-unis-venezuela-les-principales-interventions-de-washington-en-amerique-latine-depuis-la-guerre-froide_6660437_3210.html

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