Je n’ai pas l’habitude d’utiliser inconsidérément le mot fascisme à toutes les sauces, comme peuvent le faire les gauchistes, mais l’action de Trump nous y oblige. Après le coup d’État larvé au Venezuela, les Etats-Unis, habitués à vivre du brigandage et de la rapine, s’attaquent maintenant aux navires russes dans les eaux internationales ! Je disais dans un message précédent que les Étatsuniens eux-mêmes n’approuvaient pas l’action de Trump, et évidemment même les Européens les plus serviles comme Macron, commence à changer de ton. Non pas qu’ils aient découvert la rapacité des Etats-Unis, mais plutôt parce que c’est une obligation. En ce début d’année 2026, nous avons déjà trois actes de piraterie plus ou moins assumés. D’abord le rapt de Maduro, qui est illégal du point de vue du droit international, mais aussi du point de vue de la Constitution étatsunienne. Ensuite la volonté de s’emparer du Groenland même contre l’avis du Danemark, des Groenlandais et des Européens, Trump promet qu’il va s’en occuper d’ici à deux mois ! Pour l’instant il a abandonné l’idée loufoque d’annexer le Canada, simplement parce que c’est un trop gros morceau à avaler. Le 7 janvier 2025, la marine étatsunienne a arraisonné un pétrolier russe au prétexte qu’il n’aurait pas observer les sanctions étatsuniennes contre le pétrole vénézuélien. Ce dernier point est bouffon, mais il vient mettre à mal les idées de certains qui semblaient croire que Trump était un agent des Russes.
Le réveil des Européens est brutal. Notez qu’ils ont toujours un temps de retard, la plupart des dirigeants européens ont en effet été formés par les Etats-Unis et ont pris l’habitude d’approuver toutes les saloperies qu’ils fomentent aux quatre coins du monde. On a encore vu il y a quelques jours le faible Macron ou la semi-idiote Kaja Kallas approuver bruyamment le rapt de Maduro. Mais vous noterez que certains européistes ont commencé à prendre leur distance, certes timidement, mais ça commence. Les dirigeants européistes n’ayant aucune expérience sérieuse de la politique ont du mal à s’adapter aux situations changeantes. Ce qui les obligent à changer c’est évidemment la question du Groenland qui est sous souveraineté danoise, mais aussi dans le périmètre d’influence de l’Union européenne. Trump peut-il prendre le Groenland ? La première évidence est qu’il parle exactement comme Hitler qui dans le temps revendiquait ceci et puis cela pour des raisons de sécurité. Il nous dit que les Etats-Unis ont absolument besoin de ce territoire pour leur sécurité. Certains ont avancé que les Etats-Unis ayant déjà une base militaire sur cette île, c’est comme s’ils la possédaient déjà. Et qu’en outre les Européens n’ont pas la capacité militaire de se battre contre l’armée des Etats-Unis. Mais en vérité on comprend bien que si les Européens envoyaient des troupes pour protéger le Groenland, Trump aurait des difficultés à faire admettre par l’opinion étatsunienne qu’il mène un combat juste contre ses propres alliés. Comme tout le monde se trouve dans l’OTAN cette fantaisie signerait la fin de cette bureaucratie militaire et ajouterait le chaos au chaos.
Les Européens ont glissé honteusement sur le fait que Trump voulait administrer lui-même le Venezuela – c’est ce que faisait Hitler en envahissant ses voisins. Mais ils commencent à réagir aux velléités d’annexion du Groenland. « Si les Etats-Unis choisissent d’attaquer militairement un autre pays de l’OTAN, alors tout s’arrête. Y compris notre OTAN, et donc la sécurité mise en place depuis la fin de la seconde guerre mondiale », s’est inquiétée la première ministre danoise, Mette Frederiksen. Il était temps jusqu’ici elle considérait que la première et seule menace contre le Danemark, c’était la Russie ! Il y a donc un changement de ton qui commence à s’imposer. De même Macron a dû rétropédaler dans son soutien à Trump, disant qu’il fallait respecter le droit international. En Europe, même les télévisions commencent à dire du mal de Trump. On a vu ainsi sur LCI, la chaîne qui soutient jusqu’à la mort le gang de Kiev, le général Nicolas Richoux n’y a pas été par quatre chemins, en cas d’invasion du Groenland, il avance qu’il faudra se battre contre les Etats-Unis ! Ce glissement est important, et d’une manière ou d’une autre on comprend que Trump est en train de remplacer Poutine dans la démonologie politicienne. Tout cela va donner de plus en plus de crédit justement au fait que les Européens ont eu tort de se soumettre en 2022 à la doxa étatsunienne et de soutenir la guerre contre la Russie. Je vous fais remarquer que cela se passe au moment où Macron nous dit qu’il nous faut renouer le dialogue avec Poutine.
Contrairement à ce qu’on a pu croire, Trump n’est pas original, sauf peut-être dans sa manière de communiquer. Il a beau jouer les histrions, il est dans l’exacte continuité de ses prédécesseurs. Le tort des Européens a été de suivre Biden et son administration dans cette idée saugrenue de faire la guerre à la Russie par l’intermédiaire de l’Ukraine. Les dirigeants européens, habitués à la servilité passive ont suivi et avaler toutes les couleuvres qui les ont ruinés. La séquence qui se projette aujourd’hui est la prise de conscience progressive que les Etats-Unis sont un État-voyou, ou un fascisme qui ne dit pas son nom. Cette prise de conscience va avoir plusieurs conséquences, surtout au moment où on constate la décomposition accélérée de l’économie européenne et particulièrement de l’Allemagne. D’abord que le pire ennemi de l’Europe n’est pas la Russie, mais les Etats-Unis ! Ensuite que pour apaiser les tensions, cela passe par un rapprochement à moyen terme d’avec la Russie, et par exemple d’une réouverture des Nord Stream et de l’abandon des sanctions. Certes ce virage nécessaire ne se fera pas facilement, et il est probable qu’il faudra passer par un changement de dirigeants, en France, c’est pour 2027, Starmer, ce n’est pas pour dans longtemps, mais aussi Merz et von der Leyen, tous ceux qui se sont compromis dans le suivisme des Etats-Unis. Il est à remarquer que ce changement de ligne n’est pas seulement un impératif économique, c’est aussi une nécessité pour ceux qui voudraient voir l’Union européenne ne pas exploser dans les années à venir.
La coalition des volontaires le 6 janvier 2026
L’autre point important de cette séquence de début d’année particulièrement chargée, réside dans le processus de paix en Ukraine. L’agression d’un navire russe et le rapt de Maduro ne peut pas donner beaucoup d’illusion sur le crédit qu’on peut apporter à la parole des Etats-Unis – encore qu’on a appris que le navire n’était pas vraiment russe et qu’en outre il était vide. La coalition des volontaires, faite de bric et de broc, n’a apporté aucune garantie réelle à Kiev. Mais surtout elle a pris acte de la défection des Etats-Unis dans cette « force de réassurance » qui devrait être mise en place si la paix était signée. Cette coalition des volontaires qui a réuni beaucoup de pays, manque curieusement de volonté, de budget et d’objectif ! Ses réunions périodiques n’avancent à rien, et même Zelensky s’en est plaint ! Le communiqué final ne mentionnait même pas les Etats-Unis comme garants de la sécurité en Ukraine. Ce qui veut dire que dans les conditions d’aujourd’hui, les Etats-Unis ne résoudront pas les contradictions des Européens quant à la poursuite de la guerre à leur place. Qu’attendent-ils, que le front ukrainien soit complètement enfoncé ? Que l’armée ukrainienne n’ait plus ni hommes, ni matériel ? Les Russes continuent à avancer, les soldats ukrainiens à se rendre. Plus le processus de négociation traine en longueur, et plus les Ukrainiens sont perdants. En s’obstinant à soutenir l’idée d’un cessez-le-feu comme préalable aux négociations, les Européens ont perdu tout crédit. Mais les turpitudes fascisantes de Trump montrent aussi que la Russie n’a pas beaucoup d’interlocuteurs sérieux intéressés par une solution négociée et donc qu’elle doit continuer sa guerre d’attrition pour vaincre l’armée otano-ukrainienne.
Après l’Iran, le Groenland, le Venezuela, Trump menace une nouvelle fois Cuba. On n’est pas obligé d’être castriste ou d’extrême-gauche pour comprendre que ce blocus de 66 ans est une saloperie dénuée de sens. En effet, Cuba ne menace en rien les intérêts des Etats-Unis. Et il es probable que sans le blocus étatsunien, Cuba aurait évolué vers des formes plus « démocratiques » de gouvernement. Trump l’a avoué, il veut la peau de ce petit pays. « Il n’y aura plus ni pétrole ni argent pour Cuba ! Zéro ! Je leur conseille vivement de conclure un accord, avant qu’il ne soit trop tard. », a écrit Donald Trump sur sa chaîne Truth Social. Ces actions unilatérales sont toujours aussi illégales du point de vue du droit international que du point de vue de la Constitution étatsunienne. Dans sa folie des grandeurs il a ajouté qu’il pourrait offrir la présidence de ce pays à Marco Rubio, descendant de Cubains exilés et revanchard par destination. Cette haine inexplicable n’a comme ressort que la volonté de faire plier des pays qui sont plus faibles que les Etats-Unis. Ce n’est pas le changement de régime à Cuba qui changera quoi que ce soit pour les Etats-Unis. Ce néocolonialisme est en train d’écrire une nouvelle page sanglante pour les Etats-Unis. Mais cela se paiera bien naturellement par une détestation encore accrue du reste du monde.
La cote de popularité de Trump a déjà chuté à cause de toutes ces fantaisies. Mais l’épisode du meurtre de Renée Nicole Good par des miliciens de l’ICE le 7 janvier 2025 a jeté une lumière encore plus crue sur ce que sont devenus les Etats-Unis. D’abord parce que les miliciens de l’ICE procèdent à des rafles désordonnées de migrants – les vidéos qu’on voit sont semblables à celles de la milice ukrainienne qui ramasse les hommes jeunes ou moins jeunes pour les envoyer au front se faire tuer. Mais le pire est que la crapule dirigeante à Washington a trouvé le moyen de se faire remarquer en disant contre toute invraisemblance pour qui a vu la vidéo du meurtre qu’il s’agissait de légitime défense. Trump a dit : : « Cette femme a violemment, délibérément et sauvagement renversé un policier de l’ICE. » Avant de qualifier d'« agitatrice professionnelle » cette femme de 37 ans sur son réseau social Truth Social. Et la faute serait à incomber, en premier lieu, à la gauche radicale : « La raison pour laquelle ces incidents se produisent est que l'extrême gauche menace, agresse et cible quotidiennement nos agents des forces de l'ordre et nos agents de l'ICE. » Non seulement cet épisode dramatique ne va pas faire remonter la cote de popularité de Trump, mais surtout elle renforce la polarisation entre ceux qui le soutiennent encore et ses ennemis. Des manifestations nombreuses ont eu lieu pour protester contre ce crime. Mais il y a eu antérieurement de nombreuses manifestations contre les pratiques des hommes de l’ICE.
Manifestation sur les lieux
où Renée Nicole Good a été tuée le 10 janvier 2026
Ci-dessus, une analyse de la
position de tir de l’assassin de Renée Nicole Good
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