Parmi les sujets nombreux de préoccupation des Français il y a le pouvoir d’achat et donc l’emploi qui se dégrade inexorablement. Macron avait promis le plein-emploi pour la fin de son mandat, on en est très loin. L’idée stupide qu’il avait avancée, était de dire que trop de contraintes et de charges pesaient sur l’embauche, et donc il avait mis en œuvre le CICE puis pérennisé celui-ci sous la forme d’une baisse radicale des cotisations patronales. Cette logique n’a eu comme conséquence qu’un creusement des déficits des comptes sociaux. Dans le même temps les subventions aux entreprises augmentaient radicalement sous Macron, on a avancé le chiffre de 211 milliards d’euros selon le rapport du sénateur Fabien Gay[1]. Ce qui montrait qu’on n’allait pas vers un capitalisme de type libéral, mais vers un capitalisme assisté qui transférait des ressources essentielles des travailleurs vers les propriétaires des moyens de production. Ses transferts massifs n’ont absolument pas profité ni à la croissance économique qui est restée très faible en France comme dans l’Union européenne, ni bien entendu aux salariés. Ce transfert massif n’a profité qu’aux très très riches, et en même temps qu’on augmentait le nombre de pauvres, on augmentait le nombre de milliardaires en France.
Mais il faut être juste cette dégradation du marché et des conditions de travail n’est pas de la seule responsabilité de Macron. Elle vient de beaucoup plus loin. Elle est le résultat de l’intégration du pays dans la logique mortifère de l’Union européenne. En effet les principales mesures qui depuis au moins trente ans affaiblissent les capacités des travailleurs à défendre leurs droits sont élaborées discrètement dans les officines patronales qui font le siège de la Commission européenne. Macron n’est que le porte-voix de de cette logique, un serviteur bien rémunéré d’une logique qu’il ne comprend pas car il n’est pas intelligent. Mais parmi les responsabilités de cette guerre des classes des riches contre les pauvres, il faut aussi pointer celles de la gauche représentée au parlement. D’abord bien sûr la canaille social-traitre représentée par le fourbe Hollande – on se souvient que son slogan de campagne en 2012 était « mon ennemi c’est la finance » – non seulement il a introduit au gouvernement un malade mental comme Macron qui lui a ensuite pissé contre, mais il a initié des lois antisociales[2]. La gauche soi-disant radicale n’est pas moins responsable de ces dérives dans la mesure où elle s’est plus occupée de Gaza et de la lutte contre l’islamophobie que de la lutte des classes.
La CFDT, le syndicat jaune, porte-voix des intérêts du grand patronat a également joué un rôle décisif. Cette boutique qui a ses débuts était financée par la CIA et soutenue par le Vatican, a signé tous les accords voulu par le MEDEF. Ses anciens dirigeants finissant invariablement par pantoufler dans des planques bien rémunérées, proches du grand capital. Récemment cette canaille a signé un accord réduisant un peu plus les droits des travailleurs en ce qui concerne la rupture conventionnelle[3]. Mais si la CFDT est bien le syndicat du patronat, la CGT a aussi ses responsabilités, par exemple en se mobilisant plus facilement pour Gaza que pour les droits des travailleurs. La mollesse de sa direction incarnée par l’évanescente Sophie Binet, ne fait que prolonger les difficultés de ce syndicat à se mobiliser pour les luttes sociales. On se souvient de Philippe Martinez, dirigeant très mou de la CGT à cette époque, qui passait son temps à essayer de casser le mouvement des Gilets Jaunes en 2018 et 2019. Évidemment je ne confonds pas les syndiqués de la CGT ou de la CFDT avec leurs dirigeants. Ce sont ses derniers qui sont responsables du délitement de la combattivité des salariés par leur incapacité à organiser les luttes sociales. Il n’y a pourtant rien de scandaleux à compenser les pertes de salaire lorsqu’on est chômeur. À la fin mars 2025, seuls 46 % des inscrits à France Travail (des principales catégories, A, B ou C) ont effectivement perçu une indemnité. Et que, parmi eux, un sur deux a touché une allocation inférieure à 1 151 euros par mois (trois sur quatre moins de 1 512 euros), alors que le smic sur la période s’élevait à 1 426 euros net. Ce n’est donc pas ce que coûtent les chômeurs qui devrait être un problème pour la France. Pour mieux comprendre les orientations politique du financement du chômage, il faut comparer ce qu’il coûte – environ 45 milliards d’euros par an – aux subventions versées aux entreprises – au moins 211 milliards d’euros par an !
La dérive des conditions de travail en France est illustrée par la désindustrialisation massive du pays. Le groupe SEB envisage de supprimer et de délocaliser encore un peu plus d’emplois. Les dernières nouvelles nous disent que 2100 emplois allaient être détruits dans le monde, dont 500 en France, et qu’en outre, le département recherche serait massivement transférer dans les pays asiatiques[4]. Quand on annonce une perte de 500 emplois en France, comme on se trouve dans le secteur manufacturier, il faut certainement multiplier ce chiffre par 3 ou 4 pour comprendre que la disparition de ces emplois chez SEB va induire des pertes d’emplois liés dans les secteurs en amont et des pertes d’emplois indirects. Plus l’industrie est lourde et plus le multiplicateur d’emplois est fort. C’est d’ailleurs parce que l’Allemagne est plus industrialisée que la France qu’elle est plus sensible à l’effondrement de la conjoncture européenne, c’est-à-dire que ce pays s’est piégé lui-même par incompétence et arrogance en s’engageant stupidement du côté des Etats-Unis pour soutenir la guerre contre la Russie. Son économie est encore plus sensible que la notre à la rupture des relations directes avec la Russie. Les perspectives de croissance économiques en Allemagne sont maintenant négatives et inférieures à celles de la France ! Or l’économie de la France et par suite l’emploi, est lié à la dynamique économique de l’Allemagne. C’est en effet notre premier partenaire économique. La France paye deux fois sa participation à l’Union européenne, d’abord parce qu’elle suit aveuglément les directives européennes en matière de gestion des droits des travailleurs – ce qu’on appelle l’austérité – ensuite parce qu’elle subit les contrecoups de son intégration à la monnaie unique. Plus généralement ce qu’elle paye c’est la logique dite mondialiste de recherche une compétitivité illusoire d’avec les pays émergents qui font que le coût du travail, donc les droits des travailleurs, est la variable fondamentale de l’ajustement des politiques économiques.
Les pertes d’emplois dans le secteur industriel se multiplient,
ce qui n’augure rien de bon pour l’année en cours. Depuis janvier, les annonces
de suppressions de postes s’accumulent : 135 chez LISI, un fabricant de pièces
automobiles, 350 chez le constructeur de volets roulants et de domotique Somfy,
une centaine chez Hager, fabricant d’appareils électriques, une soixantaine
chez le verrier Verallia… Une liste non exhaustive, à laquelle est venue se
greffer, mercredi 25 février, l’annonce d’une restructuration chez le fabricant
d’électroménager SEB, qui devrait affecter 500 emplois en France. Sans oublier
la liquidation ou le dépôt de bilan retentissants intervenus entre fin 2025 et
début 2026, ceux du fabricant d’électroménager Brandt, qui emploie 700
personnes à Orléans, et du verrier Arc, qui fait travailler 3 500 personnes
dans le Pas-de-Calais. Notez que la liquidation de Brandt a été prononcée alors
qu’il y avait un projet sérieux de reprise par une SCOP. Mais le tribunal de
commerce ne veut pas que des salariés détiennent finalement une petite partie
des moyens de production. Il préfère livrer la France à la production étrangère.
[1] https://www.publicsenat.fr/actualites/economie/un-cout-annuel-de-211-milliards-deuros-la-commission-denquete-du-senat-sur-les-aides-publiques-aux-entreprises-reclame-un-choc-de-transparence
[2] Cette vieille crapule n’a pas été qu’un ennemi de la classe ouvrière, il s’est comporté également comme un des fers de lance de l’atlantisme pour encourager l’Ukraine au réarmement et à la guerre contre la Russie. Il fait donc partie de cette classe politique criminelle occidentale responsable de millions de morts en Ukraine, en Syrie et jusqu’en Libye.
[3] https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/02/25/ruptures-conventionnelles-accord-trouve-entre-le-patronat-et-la-cfdt_6668285_3234.html
[4]
https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/02/25/seb-envisage-jusqu-a-2-100-suppressions-de-postes-dont-500-en-france_6668185_3234.html
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