Péter Magyar célébrant son élection dimanche 12 avril 2026 à Budapest
J’allais dire rien et en terminer avec mes réflexions sur la défaite de Orban. Mais en fait bien qu’on soit encore dans l’indétermination en ce qui concerne les intentions de Péter Magyar, quelques lignes de force apparaissent. Les Européistes se sont réjouis bien vite des résultats qui sont sans appel le parti de Magyar, Tisza, récolte en effet les deux tiers des sièges et gouvernera ainsi qu’il l’entend. Le journal Le monde, rédigé par des imbéciles à destination des idiots, présentait cette victoire comme une défaite de Poutine, et la chute d’un dictateur. Balayons tout de suite l’idée saugrenue selon laquelle Orban eut été un dictateur, cette antienne a été reprise d’ailleurs inconsidérément par des gens de gauche, un peu comme quand chez nous on raconte que Macron c’est mieux, bien mieux, que Le Pen et qu’on se décide pour le barrage. Si cette fable était vraie, il n’aurait pas organisé les élections – il aurait fait comme Zelensky, en trouvant un prétexte pour les repousser – ou alors comme l’a fait l’Union européenne en Roumanie, il en aurait annulé les résultats. L’imbécilité des européistes est de croire que Péter Magyar va changer radicalement de position envers la Russie. Il s’est exprimé sur ce point. Car les journalistes n’ont pas pensé que la Hongrie avait un intérêt direct à continuer à se fournir en énergie en Russie. Couper les ponts sur ce terrain avec la Russie amènerait directement la ruine de ce pays. Donc il a remercié la Russie de reconnaitre le gouvernement qu’il va former, il s’est prononcé contre une accélération de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, et proposé que l’Union européenne lève les sanctions contre la Russie dès la fin du conflit. Il a prévenu également qu’il ne tolérerait pas que d’autres États interviennent dans les affaires de la Hongrie sur quelque sujet que ce soit. Et bien entendu il a avancé qu’il discuterait de la question énergétique avec Poutine.
Les partisans de Tisza célébrant leur victoire à Budapest
Comme on le voit Poutine n’a pas trop à s’inquiéter du changement de gouvernement. Il faut comprendre qu’une partie des problèmes économiques que rencontraient la Hongrie ces derniers temps, notamment en matière d’inflation, était le résultat de la politique de la Commission européenne qui gelait les subventions à la Hongrie parce que ce pays était récalcitrant à appliquer les directives de Bruxelles en matière d’aide à l’Ukraine notamment. La Hongrie débloquera-t-elle le paquet de 90 milliards d’euros en faveur de la continuation de la guerre en Ukraine ? Rien n’est moins sûr. Quoi que les Hongrois pensent d’Orban et de Poutine, ils n’aiment pas les Ukrainiens qui ont maltraité la minorité hongroise dans leur pays fait de bric et de broc. Il est assez drpole de voir les journalistes français totalement prisonniers de leur imbécilité et de leur ignorance célébrer le retour de la Hongrie de l’Union européenne, alors qu’elle n’en est jamais sortie ! Mais si dans le temps la Commission européenne pouvait faire pression sur ce pays en gelant les subventions, cette ère est révolue parce que la Hongrie est maintenant – depuis 2025 – un contributeur net au budget européen[1]. Ce qui veut dire que Magyar arrive au pouvoir au moment même où l’Union européenne ne peut plus exercer un chantage financier sur la Hongrie comme elle en avait l’habitude en invoquant le fumeux argument de l’illibéralisme d’Orban. Péter Magyar venant du même parti qu’Orban, Fidesz, il n’y a guère de chance qu’il change de politique sur les questions de l’immigration et de la législation sur les mœurs.
L’inflation en Hongrie
Évidemment les Européistes l’ont soutenu parce qu’Orban était celui qui tenait le plus tête à la dictature de Bruxelles. Ils ont bloqué les fonds destinés à la Hongrie pendant des années, ce sont des milliards d’euros qui ont manqué à ce pays et donc qui ont provoqué une inflation galopante qui a exaspéré les Hongrois. Comme de nombreux pays d’Europe centrale, la Hongrie fait aussi face à une démographie déclinante, ce qui encourage les immigrationnistes européistes à demander avec insistance la levée des restrictions à l’immigration qu’Orban avait établies. Personne ne sait si Péter Magyar accédera à ces demandes. Mais vu les orientations générales de l’Europe en la matière, je dirais qu’il y a peu de chances, surtout que dans la plupart des pays d’Europe occidentale, l’immigration est un vrai problème pour la sécurité des personnes, et cela sera aggravé par la monté inexorable du chômage qui est une des conséquences de la pénurie d’énergie dans ces pays.
La Hongrie et l’immigration
Plus problématiques est la position de Magyar concernant la possibilité pour un premier ministre de faire plus de deux mandats. Comme s’il craignait à court terme un retour d’Orban au pouvoir si les choses se passent mal pour lui. Après tout il n’a fait que 53% des voix à ces dernières élections, certes c’est beaucoup plus que la coalition emmenée par Orban qui n’arrive pas à 40%. Mais ce résultat peut se retourner très vite dans l’opinion si par exemple Magyar entraine la Hongrie dans un soutien à la guerre en Ukraine, ou si les résultats économiques ne sont pas rapidement là. Le programme économique de magyar qui sera ou non appliqué, est un programme très à droite, avec austérité, baisse des impôts et autres fantaisies. Rien ne dit que cela fonctionnerait. Les déceptions risquent d’être rapides. Si les fonds européens se débloquent rapidement il sera populaire, au moins pour un moment ! Il semble qu’il cédera sur la question du plan de l’aide de l’Union européenne à l’Ukraine pour 90 milliards d’euros, quoi qu’il ait précisé que la Hongrie elle-même n’y participera pas ! Pour donner une idée de la vilénie de la Commission européenne, les fonds bloqués destinés à la Hongrie sont d’environ 35 milliards d’euros pour un PIB de 218 milliards d’euros, soit 16% du PIB ! Sachant que le déficit budgétaire hongrois est de 7,5%, on comprend combien la pression de crapuleuse de la dictature de Bruxelles sur ce petit pays est importante, et combien elle a compté dans ces dernières élections, même si c’est indirectement.
Le Fidesz associait Péter Magyar et l’horrible von der Leyen dans sa campagne électorale
[1] https://www.courrierinternational.com/article/cotisations-la-hongrie-contributrice-nette-de-l-union-europeenne-un-tournant-historique_238042
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