Edgar Morin, contrairement aux Français, aimait beaucoup le couple Macron
Edgar Morin est mort à l’âge respectable de 104 ans. Certains pensent que c’est un penseur ! Mais avant d’écrire La méthode de la méthode, La nature de la nature ou encore a connaissance de la connaissance, livres qui se sont bien vendus et qui ont impressionné des étudiants de deuxième année de sociologie, il avait eu un parcours aussi sinueux qu’opportuniste, tant en ce qui concerne la nature de ces travaux, que ses engagements politiques. Il fut résistant, venant de la gauche libertaire, il s’inscrivit au Parti communiste français au moment où celui-ci était à son plus haut dans l’opinion politique française. Il rejoint ensuite le courant qu’on pourrait dire d’ultra-gauche, c’est-à-dire une lecture de Marx éloignée du léninisme. Ce mouvement qui accompagna la déstalinisation dans la foulée du rapport Kroutchev et de l’intervention de l’armée rouge à Budapest, le fit participer à la création de la revue Arguments aux côtés de Kostas Axelos et d’Henri Lefebvre. Bien qu’il n’ait jamais fait de thèse, il devint membre du CNRS. Au début des années soixante, il s’intéresse au cinéma avec en 1961 Chronique d’un été, réalisé avec Jean Rouch, film qui s’inscrit dans cette veine d’un cinéma différent de la fiction, contemporain des films de Guy Debord. En 1968, comme tout le monde à gauche il participa au mouvement de contestation général. Et à cette époque, il était partisan d’une révolution sociale, économique et civilisationnelle. Gauchiste, il soutint la cause palestinienne, alors que lui-même masquait ses origines juives qu’ensuite il revendiqua pour bien faire comprendre que son soutien à la cause palestinienne était courageux. Il a maintenu ce profil du juif honteux, comme le fera Noam Chomsky ou encore l’arrogant Norman Finkelstein.
Avec Jean Daniel qui
dirigeait Le Nouvel Observateur où Morin avait ses entrées
Avec l’effacement de Mai 68, comme tout le monde, il soutint l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. Ce qui le conduisit à renier Marx, et à soutenir le projet européiste. Le temps passa, certains crurent qu’il était un des derniers penseurs vivants. Son grand âge lui a ouvert les portes du monde politique, et il se mit à fréquenter les pires racailles de ce milieu, s’affichant sans vergogne, et sans discernement aux côtés du couple infernal Macron. Les honneurs que lui rendait le squatter de l’Élysée lui plaisaient bien. Il fut d’ailleurs multi-décoré franchissant toutes les étapes de la hiérarchie de la Légion d’honneur. Vous me direz qu’avant d’être embrassé par Macron, il avait été adoubé par un autre locataire de l’Élysée, Nicolas Sarkozy, qui trouvait fort bonne l’idée d’une politique de civilisation, concept lancé par Léopold Sédar Senghor et repris ensuite par Edgar Morin[1]. C’était une nouvelle flatterie que le vieux sociologue dégustait avec gourmandise.
A l’institut du monde
arabe avec son ami Jack Lang
Toujours à vouloir donner des signes d’allégeance à la
mouvance islamiste, on le retrouvera en train de « dialoguer » avec
cette vieille crapule de Tariq Ramadan, de cette mauvaise fréquentation, les
deux complices en tireront un ouvrage dont le titre en dit long sur l’imbécilité
du contenu, Au péril des idées, Les grandes questions de notre temps[2].
Quand on lui demandait pourquoi lui, juif et athée, servait si bien la
soupe à un tel individu, maintenant multi-condamné, il avançait stupidement qu’il
faisait confiance à al justice et donc que tant qu’elle ne s’était pas
prononcée, Tariq Ramadan était innocent. Il poussa même la stupidité
flagorneuse jusqu’à prétendre que Tariq Ramadan avait amende honorable de ses
positions extrémistes visant à subvertir les vieilles démocraties occidentales,
mais cette posture lui a permis d’obtenir un brevet de tolérance et de
conformisme très prisé dans les allées du pouvoir[3].
Edgar Morin dialoguait avec Tariq Ramadan
Il serait évidemment beaucoup trop long et sans grand intérêt que je me lance dans une critique circonstanciée de son œuvre. Sur le plan de ses idées, je crois qu’il sera vite oublié. Du reste quand on s’est trompé autant que lui sur le plan de ses engagements politiques au point de se renier plusieurs fois dans la vie, on ne peut pas prétendre avoir brillé sur le plan intellectuel. Il est d’ailleurs remarquable que les intellectuels connus, comme Noam Chomsky, Jurgen Habermas ou Edgar Morin soient si sensible à la compagnie des puissants, sans doute croient-ils qu’ils peuvent les influencer, alors qu’au mieux ils servent de faire valoir ! A son décès, certains journalistes qui ne savent pas grand-chose ont désigné Morin comme un « électron libre » au prétexte qu’il n’était plus depuis longtemps inscrit dans un parti. En vérité il était prisonnier d’un conformisme intellectuel opportuniste, avec une faculté d’adaptation étonnante !
[1] https://www.lemonde.fr/idees/article/2008/01/08/edgar-morin-sarkozy-un-deviant-et-un-conformiste_996983_3232.html
[2]
Presses du Châtelet, 2014.
[3] https://www.lemonde.fr/societe/article/2017/11/12/edgar-morin-sur-tariq-ramadan-je-suis-contre-toute-humiliation-subie-par-qui-que-ce-soit_5213771_3224.html
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