La semaine dernière les censeurs qu’ils soient de droite ou
de gauche d’ailleurs s’attaquaient à Xenia Fedorova, au motif que cette
journaliste russe, justement parce qu’elle était russe et refusait de cracher
sur son pays, ne devrait pas avoir le droit à la parole. La crapule
macronienne, l’illuminé Jean-Noël Barrot en tête, réclamait qu’on lui retire
son titre de séjour. La question n’est pas de savoir si on est d’accord ou non
avec Fedorova, mais de savoir si quelqu’un avec qui on est en désaccord à le droit
ou non de s’exprimer. La canaille européiste, les macroniens en tête une fois
de plus, prétend mettre en place un contrôle encore plus grand des réseaux
sociaux. La sinistre Nathalie Loiseau réclame un contrôle accru au motif que la
Russie, la Chine ou encore la Corée du Nord, tenteraient de s’ingérer dans nos
sociétés pour les miner de l’intérieur[1].
Au début du mois de juin le couperet est tombé sur le cinéaste Navad Lapid. Celui-ci devait participer au jury d’un festival de cinéma à Marseille. Mais devant les menaces de boycott, il a été contraint de renoncer. C’est malheureux pour lui, pourtant il avait suivi le protocole des Juifs honteux qui critiquent d’abord Israël, pourtant il ne vit plus en Israël, et il a donné de nombreux gages d’un alignement[2]. Mais cela n’a pas suffi. Il est tout de même poursuivi de la hargne des antisémites de profession, cette gauche qui est en train de pourrir sur pied. C’est à vrai dire un mauvais cinéaste, mais il y en a beaucoup d’autres tout aussi mauvais qui ne sont pas boycottés. Ses films financés par des subventions ne sont quasiment pas regardés par le public, il ne fait pas d’entrées, c’est un cinéaste pour festivaliers qui ne sort pas de la confidentialité. Il est très politiquement correct dans sa condamnation d’Israël comme puissance coloniale. Et donc une fois tout cela enlevé que reste-t-il ? La seule raison qui justifie son boycott est bien qu’il est juif ! Voilà où nous en sommes arrivés en France et plus généralement en Europe. Boycotter quelqu’un parce qu’il est juif est tout de même la définition de l’antisémitisme et ceux qui se livrent à cette chasse ne valent rien. L’appel au boycott est venu de l’intérieur du jury du Festival International du Cinéma de Marseille, cette crapule a inventé le fait que Lapid aurait obtenu quelques minimes subventions de l’État israélien, en fait des services qui s’efforcent d’aider le cinéma israélien à se développer. Il faut bien se justifier comme on peut pour masquer qu’essentiellement on est fasciste dans l’âme. Bientôt on en sera à boycotter un juif parce qu’il a été soigné en Israël par les services de l’État. Qui veut noyer son chien, l’accuse de la rage.
Navad Lapid a reçu un prix au dernier festival de Cannes
Devant cette agression manifestement antisémite, une timide réponse a été apportée par une tribune dans laquelle 350 cinéastes disent soutenir Lapid. Cependant, cette tribune frise l’imbécilité, parce que ces cinéastes, dont l’inénarrable Jacques Audiard, ou encore Louis Garrel, avancent comme une excuse le fait que Lapid est un critique de Netanyahu et de la colonisation, et donc à ce titre qu’il n’aurait pas dû être ostracisé. Autrement dit, ils justifient en creux le boycott des Juifs qui ne seraient pas des soutiens de la cause palestinienne[3]. Ces pétitionnaires n’ont même pas l’idée d’aller au-delà des positions politiques d’un individu boycotté par des imbéciles violents. C’est misérable, jamais ils n’avancent clairement que la cause du boycott de Lapid est bien le fait qu’il soit identifié par la canaille néo-fasciste de la cause palestinienne comme juif. Jamais ils ne défendent la liberté d’expression, car même si un cinéaste israélien n’avait jamais soutenu la cause palestinienne, devrait-il pour autant être boycotté ? Mais comme on le voit, même quand on est aligné, on se fait boycotter ! Ces campagnes récurrentes de boycott contre tel ou tel artiste ou universitaire juif sont en vérité destinées à invisibiliser les Juifs, à les exclure du paysage culturel et informationnel, les empêcher de parler. Si j’étais à la place de Lapid, je m’en mordrais les doigts d’avoir donné autant de gages de bienpensance à la sphère des censeurs. Tout ça pour ça ! Il s’est donné pourtant bien du mal pour être dans le moule, mais rien n’y a fait. Dans les années trente, en Allemagne, c’était pareil, les Juifs avaient beau donné des lettres de créances, dire qu’ils avaient combattu au risque de leur vie pour l’Allemagne, rien n’y faisait, ils finirent déportés.
On en a parlé un peu moins, mais il y a aussi le cas Bensussan. Celui-ci devait intervenir pour donner une conférence à l’hôpital de Strasbourg. Mais le 4 juin, il a été déprogrammé, sans aucun motif. Marie-Pierre Douchet apparemment l’organisatrice de cette conférence a invoqué auprès de Bensussan une déprogrammation « pour des raisons de sécurité »[4]. Si on évoque des problèmes de sécurité, c’est bien parce que Gérard Bensussan est juif, n’est-ce pas. Est-ce cette femme qui a été à l’initiative de cette déprogrammation ? A-t-elle subi des pressions ? Je n’en sais rien. Mais le fait est que le résultat est là. Nous sommes clairement sortis en Europe de la liberté d’expression. Certes les Juifs sont en première ligne de cet ostracisme, mais ce sont les citoyens européens qui dans leur ensemble sont menacés, soit en fonction de ce qu’ils disent ou ne disent pas, soit en fonction de ce qu’ils sont. C’est clairement une forme qu’on peut qualifier de néofasciste. Tout cela participe bien entendu d’un retour de la censure, avec tel ou tel groupe de pression qui s’arroge le droit de juger quelqu’un parce qu’il est juif, et ensuite de le désigner à la vindicte publique, c’est bien d’un lynchage dont il s’agit.
Les deux cas développés ci-dessus qui ressortent spécifiquement de l’antisémitisme islamo-gauchiste, ne doivent pas faire oublier le contexte de censure et de répression dans toute l’Europe. Ils viennent s’ajouter aux sanctions démentes que la Commission européenne a unilatéralement imposées à Jacques Baud, Xavier Moreau et quelques autres, ou encore avec l’emprisonnement sans motif clairement établi de Vincent Perfetti et Anna Novikova de l’association SOS Donbass, ils sont accusés plus ou moins d’espionnage et de déstabilisation, mais je n’ai rien trouvé de plus précis comme motif d’incarcération préventive. On a beau jeu de critiquer la Russie pour la poursuite de ses dissidents, mais en la matière l’Occident n’a rien à lui envier, tandis que les Juifs en France et généralement en Europe sont ostracisés en tant que tels comme on l’a vu ci-dessus.
Si vous ajoutez à tout cela les réhabilitations répétées de Zelensky et de son gang des nazis ukrainiens – réhabilitations qui ont fait hurler les Polonais pourtant très russophobes – cela donne une image des plus pourries de ce qu’est l’Europe institutionnelle aujourd’hui, une forme de néofascisme, au moment où certains pays nordiques réclament l’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne au plus vite[5].
[1] https://www.touteleurope.eu/economie-et-social/nathalie-loiseau-le-projet-europeen-est-la-cible-d-une-strategie-organisee-de-desinformation/
[2]
https://www.franceinfo.fr/culture/cinema/le-cineaste-israelien-nadav-lapid-exile-en-france-et-critique-de-netanyahu-denonce-un-appel-au-boycott-cruel_8051735.html
[3]
https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/08/inviter-un-artiste-dans-un-festival-n-est-pas-l-eriger-en-ambassadeur-culturel-plus-de-350-personnalites-en-soutien-au-cineaste-israelien-nadav-lapid_6699625_3232.html
[4]
https://france3-regions.franceinfo.fr/grand-est/bas-rhin/strasbourg-0/un-philosophe-denonce-une-ostracisation-des-enseignants-juifs-apres-une-deprogrammation-de-conference-a-l-hopital-de-strasbourg-une-enquete-interne-ouverte-3364330.html
[5] https://www.lefigaro.fr/international/guerre-en-ukraine-les-leaders-nordiques-et-baltes-soutiennent-la-marche-irreversible-de-l-ukraine-vers-l-otan-20260609
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