Des dizaines de milliers de migrants africains, on parle de 80 000, ont enfoncé la pseudo-frontière entre le Maroc et la ville de Ceuta, petite enclave espagnole au sud du détroit de Gibraltar. Cela a alimenté les rumeurs les plus diverses, souvent même très fausses. Tout de suite on a présenté cela comme la conséquence de la décision inconséquente de Pedro Sanchez de naturaliser des centaines de milliers d’immigrants. Ceuta, qu’on le veuille ou non, ne se trouve pas en Europe, mais bien en Afrique. Et donc il y a bien de la marge avant que ces migrants n’arrivent jusqu’en Europe. Au bout d’une journée de confusion, on apprenait que la très grande majorité des migrants était retournée dans le territoire marocain qui se trouve exactement à 5 minutes à la nage. Les images sont spectaculaires et vont sans doute alimenter les politiques anti-migrants qui laborieusement se mettent en place dans toute l’Europe depuis quelques mois. Meloni en a profité pour faire oublier qu’elle était la responsable du plus grand nombre d’arrivées des migrants africains en Italie, en avançant qu’elle demandait le retrait de son pays des accords de Schengen avec l’Espagne. C’est un coup de publicité gratuit – attitude typique des politiciens occidentaux impuissants – qui n’a pas beaucoup de sens si on regarde où se situe l’Italie par rapport à Ceuta. Les atermoiements de Macron qui prétend aller défendre la frontière de Ceuta, alors que la France n’a même pas les moyens de combattre les feux sur son territoire sont totalement dérisoires.
Quelles sont les raisons de cette invasion ? Certains complotistes ont voulu y voir une action du gouvernement marocain pour punir l’Espagne d’avoir une position antisémite et pro-palestinienne – ce qui est maintenant exactement la même chose. Ils s’appuient sur le fait que le Maroc a été un des premiers pays arabo-musulmans à signer les accords d’Abraham qui visaient à normaliser les relations avec Israël. C’est complétement idiot. En fait le Maroc et l’Espagne ont un vieux contentieux à la fois sur les enclaves espagnoles au Maroc, Ceuta, Melilla, enclaves que le Maroc voudrait bien récupérer, mais aussi sur la question du Sahara occidental. L’envahissement des migrants d’une petite ville qui contient un petit peu plus de 80 000 habitants, soit autant que de migrants ayant transgressé la frontière le 30 et le 31 juillet, en vérité n’aurait pas pu se faire sans la complicité des autorités marocaines. Au moins sur ce point tout le monde est d’accord. Bien entendu la première victime de cette fantaisie sera Pedro Sanchez qui est déjà sur la sellette à cause des scandales auxquels il est mêlé ainsi que sa femme. Ses jours à la tête du gouvernement sont comptés. On aura remarqué que beaucoup de ces migrants franchissant la frontière d’avec Ceuta étaient des noirs, c’est-à-dire que le Maroc a tenté aussi d’exporter un surplus de migrants stockés sur son territoire et que les Marocains ne supportent plus et auxquels ils donnent souvent la chasse. Cette action aurait fait au moins 34 morts[1], certains ont avancé aussi le chiffre de 57. L’autre caractéristique de ce mouvement est la jeunesse de ces migrants, des gosses de moins de quinze ans assez souvent, ce qui semble vouloir dire que cela n’était pas sérieux et a été instrumentalisé par les autorités marocaines. On voyait d’ailleurs sur les vidéos que les migrants étaient partis sans rien, la main devant, la main derrière, ce qui n’est pas le cas quand ils veulent immigrer réellement.
Des personnes contournent la
digue de Tarajal afin d'entrer illégalement dans l'enclave espagnole de Ceuta
depuis le Maroc, le 31 juillet 2026
Cet envahissement programmé aura une autre incidence, c’est de miner un peu plus la position des mondialistes sans frontières, qu’ils soient de gauche ou de droite d’ailleurs. En effet, il vient que les frontières sont un élément de la souveraineté d’une nation, et que si elles existent, c’est pour décider souverainement de qui peut entrer ou non sur notre territoire. Nous ne sommes plus en 2015 quand dans l’euphorie des hordes envahissant l’Europe Merkel affirmait que des millions d’immigrés c’était très bon pour l’Europe et l’économie ! La plupart des pays européens prennent, dans le désordre, des mesures restrictives vis-à-vis de l’immigration africaine, afghane et moyen orientale, même les pays qui semblaient les plus ouverts comme la Suède ou le Danemark. Les Polonais ont construit un mur avec la Biélorussie pour empêcher des migrants afghans ou pakistanais d’accéder à leur pays, ils en sont même venus à tirer sur ceux qui essayaient de franchir la frontière illégalement, et tout ça sans que la Commission européenne ne bronche. Il faut noter que les Polonais où le gouvernement de Donald Tusk va tomber assez rapidement pour ses trop fortes accointances avec la Commission européenne, la politique des Polonais de restrictions à l’entrée est également tournée contre l’Ukraine et elle prétend en renvoyer le plus grand nombre.
Des soldats polonais montent la garde près de la clôture frontalière à la frontière polono-biélorusse, à Krynki, en Pologne, le 31 août 2025
De nombreux pays stockent des migrants volontairement pour
ensuite en faire un motif de chantage envers l’Europe pour la faire payer, c’est
le cas de la Turquie, de la Libye, de la Tunisie et maintenant du Maroc, et
cela avec la complicité des ONG qui soutiennent les migrations vers l’Europe et
qui en vivent, mais aussi des passeurs qui travaillent avec eux. On voit que
cette crise a quelque chose à voir avec le fait qu’en Europe l’État national
souverain se délite et qu’on a laissé ce grave problème de viol des frontières
à l’appréciation langoureuse de la bureaucratie bruxelloise qui cherche désespérément
à tenir bon sur la ligne de la mondialisation heureuse et qui cherche surtout à
ce qu’il n’y ait pas de vagues, préférant payer le prix de ce racket. Il n’y a
que deux positions philosophiques concevables, soit on est pour un monde sans
frontières, en espérant que cela se passe bien au bout du compte, soit on est
pour le maintien de la forme nationale et on défend ses frontières. On ne peut
pas rester le cul entre deux chaises trop longtemps. La première posture est
rejetée par l’opinion publique des pays européens, et peu à peu c’est la
seconde position qui redevient la norme.
[1] https://www.leparisien.fr/international/espagne/60-000-migrants-34-morts-une-decision-de-justice-espagnole-cinq-minutes-pour-comprendre-ce-qui-se-passe-a-ceuta-31-07-2026-WJRKQ27RTNERVFKZICSVFZ4MQI.php