Manifestation à Gaza contre le Hamas, le 27 juin 2026
Le vendredi 26 juin 2026, les jeunes Gazaouis sont descendus par centaines dans la rue pour contester le pouvoir du Hamas. Curieusement les médias de grand chemin n’en ont pas parlé, trop occupés à détailler les méfaits de l’armée israélienne au Sud Liban, en Cisjordanie ou à Gaza. Le Hamas en arme, a essayé de dissuader les manifestants de se réunir, et ils ont bloquer l’accès au lieu du rassemblement. Malgré tout, la mobilisation a été un bon succès. Ce mouvement s’est intitulé lui-même Révolution du 26 juin. Les slogans allaient tous dans le sens de vouloir la paix avec Israël, et d’avancer que les Gazaouis étaient manipulés « comme des pions » par le Hamas qui refuse évidemment le désarmement, ce qui d’ailleurs bloque l’avancée vers la paix. Comme quoi il n’y a pas qu’Israël qui ne veut pas la paix[1]. Nous savons depuis pas mal de temps qu’une partie très importante des Gazaouis voudrait bien se débarrasser de la férule du Hamas[2]. Dans quelles proportions ? C’est impossible à dire, mais ce qui est clair c’est que les Gazaouis en ont marre de la guerre avec Israël, et surtout une large fraction d’entre eux considère que le Hamas et ses satellites sont à l’origine de cette nouvelle guerre qui n’en finit plus.
Manifestation à Gaza contre le Hamas, le 27 juin 2026
Si les médias qui ont pignon sur rue évitent de parler de
ces manifestations c’est pour deux raisons, la première est qu’il faut faire
apparaître Israël comme le coupable, et donc éviter de parler du pogrom du 23
octobre 2023. On peut toujours évidemment avancer que la réaction du gouvernement
israélien a été disproportionnée, ou mal menée ou tout ce qu’on veut, pourquoi
pas, mais occulter les origines immédiates de cette nouvelle guerre est de la
dernière hypocrisie. Quand on voit la FI qui fait remonter l’origine de ce
conflit à 1948, c’est carrément un mensonge éhonté. En effet, si on reprend les
conflits armés entre Arabes et Israéliens, on constate tout d’abord que ce sont
les États arabes – et non pas les « Palestiniens » qui ont
initialement refusé les résolutions de l’ONU, même si par la suite ils se sont
référés à une résolution de l’ONU de 1967 qui voulait que les Israéliens retournent
à l’intérieur des frontières de 1967. La guerre de 1956 a été déclenchée par les
États arabes et celle de 1973 également. Entre temps les mouvements
palestiniens étaient nés et ils ont pris le relais, en commençant par des
actions terroristes comme celle de Munich qui en 1972, au moment des Jeux Olympiques,
se termina dans un bain de sang. L’ignoble Edwy Plenel, sous le nom de Joseph
Krasny, avait dans le journal trotskiste Rouge trouvé des justifications
à ces actes : « L'action de Septembre noir a fait éclater la
mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l'amiable que les
réactionnaires arabes s'apprêtaient à conclure avec Israël. […] Aucun
révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre noir. Nous devons
défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette
organisation. […] A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous
poils qui ne disent mot de l'assassinat des militants palestiniens, a été
voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement
Israël. Il fut froidement décidé d'aller au carnage »
Manifestation à Gaza contre
le Hamas, le 27 juin 2026
La deuxième raison qui fait que les médias dominants ne parlent pas des manifestations contre le Hamas, est que les occidentaux, sous la pression de la propagande palestinienne, ont reconnu qu’il fallait négocier avec le mouvement islamiste. Cela ne semble gêner personne que les figures de la FI, comme Rima Hassan, reprennent les slogans de ce mouvement classé pourtant comme terroriste, qui revendiquent un État palestinien qui irait de « du Jourdain à la mer » – en anglais « From the river to the sea…» – sous couvert d’une rhétorique absurde selon laquelle on pourrait construire un seul État dans lequel les « Palestiniens » et les Israéliens s’entendraient très bien. L’idée que la solution à deux États a complètement échouée et donc qu’il faut passer à autre chose. Ceux qui sont pour une solution à un seul État sont les mêmes qui parlent volontiers de l’entité sioniste, une manière comme une autre de ne pas reconnaitre Israël comme un État et une nation. L’idée générale est qu’Israël est un État colonial, c’est-à-dire que ces Juifs venus d’ailleurs n’auraient aucune racine en Palestine et que ces envahisseurs auraient bouleversé la vie des autochtones, entendez des « Palestiniens », mais cela est totalement erroné. Il a toujours existé un noyau dure de Juifs qui étaient restés en Palestine bien que persécutés par l’Empire Ottoman, notamment à Jérusalem, il suffit de lire Marx qui écrivait en 1954 dans le New York Tribune : « Il n’y a rien qui puisse égaler la souffrance des Juifs de Jérusalem, perpétuellement l’objet de la ruse et de l’intolérance des musulmans, insultés par les Grecs, en état d’hostilité envers les Latins et subsistant grâce aux maigres aumônes envoyées avec grande difficulté par leurs frères européens. » Évidemment quand on milite pour la FI on se gardera de lire Marx !
Manifestation à Gaza contre le Hamas, le 25 mars 2025
En outre la Palestine mandataire si elle a été envahie par
les Arabes dans les temps anciens elle a été peuplée dans le dernier quart du
XIXème siècle par des musulmans qui venaient de toute la
Méditerranée[3],
puis entre les deux guerres mondiales, comme le Yichouv était une des rares régions
dynamiques sur le plan économique, des Arabes sont venus d’Égypte, du Liban, de
Transjordanie et de Syrie attirés par des meilleurs salaires[4].
Il est difficile de dire que ces nouveaux arrivants étaient plus autochtones que
les Juifs venus d’Europe. Quand on s’intéresse un peu à la démographie de la
Palestine, on voit la question autrement, et la création de deux États
sécurisés et autonomes devient évidente. Mais pour l’instant, il serait bien
que les Occidentaux mettent leur antisémitisme latent entre parenthèses et
soutiennent sérieusement les Palestiniens qui voudraient bien se débarrasser du
Hamas. Le chemin sera encore long.
[1] https://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/artc-gaza-des-centaines-de-palestiniens-manifestent-contre-le-hamas
[2] https://www.ictj.org/fr/derni%C3%A8res-nouvelles/les-palestiniens-manifestent-contre-le-hamas-dans-une-rare-manifestation
[3]
Henry Laurens, La question de Palestine, L'Invention de la Terre
sainte (1799-1922), t. I, Fayard, 1999.
[4] Jacob Metzer, The Divided
Economy of Mandatory Palestine, Cambridge University Press, 1998.
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