Italie 24 octobre 2026, remarquez que les manifestants citent les slogans français !
Si les manifestations les plus importantes se sont déroulées en France les 17 et 24 octobre 2026, articulées sur les problèmes des lycéens et ceux de la vie chère, les autres pays d’Europe ne sont pas épargnés. En Italie on a eu droit à des manifestations violentes, des pillages à Milan et à Turin. Ce qui contredit les bêtises qu’on entend souvent en France selon lesquelles l’Italie réussirait mieux que la France parce que Meloni serait plus compétente que Macron. Il faut se lever cette idée de la tête, Macron a beaucoup de défauts, aucune qualité, c’est un bouffon qui agace tout le monde et que les Français ont vraiment envie de voir disparaitre par n’importe quel moyen. Mais pour autant la décomposition de la France n’est pas de sa seule responsabilité, même si son incompétence et celle de son gang sont extravagantes. Pourquoi ? Parce que l’effondrement a commencé doucement mais sûrement en 1983, lors du fameux tournant qui nous a jeté dans les bras de la bureaucratie bruxelloise dont la responsabilité est encore bien plus grande que celle de Macron puisque la plupart des lois applicables en France sont concoctées par la Commission européenne, une boutique totalement déconnectée de la réalité, mais par contre sensible à la pression des lobbies de la finance et de l’industrie. Le second vecteur de la décomposition de notre pays, c’est l’euro. C’est effet parce que cette monnaie est pour l’économie française complètement surévaluée que notre commerce extérieur s’est effondré et que notre industrie a été anéantie parce qu’elle ne pouvait plus être compétitive avec un euro fort. Meloni s’est faite élire sur un programme de rupture, sur l’immigration, sur l’euro et sur l’Europe, mais elle s’est alignée sur tous ces points devenant au grand dam des Italiens une ennemie de la Russie, comme tout bon élève des think tanks étatsuniens – elle a été formée à l’Aspen Institute, il ne fait pas l’oublier. La guerre contre la Russie qui est la grande affaire de l’Union européenne a provoqué des dégâts sans fin, d’abord une coupure avec le marché russe, aussi bien pour l’importation de l’anergie que pour l’exportation de nos marchandises, cela a entraîné une hausse des couts de production et donc par suite une croissance molle dans toute l’Europe. Ensuite les sanctions se sont retournées contre nous, et que le financement de la guerre qui a coûté déjà plus de 200 milliards d’euros, a plongé les finances publiques dans un endettement de plus en plus difficilement soutenable. Des dépenses militaires ont été ajoutées à la note déjà salée pour les finances publiques, au motif que la Russie s’apprêterait à nous attaquer, ce qui est d’autant plus idiot et mensonger que le général Alexus G Grynkewich qui commande l’OTAN, a déclaré que la Russie ne songeait aucunement à nous attaquer[1]. Ces extravagances mensongères nous poussent à nous demander pourquoi on pratique une telle politique qui frise l’idiotie.
Barcelone 24 octobre 2026
Les politicards du genre macroniens ont tenté d’avancer que
les Russes étaient peut-être à la manœuvre, ou que les gauchistes y étaient
pour quelque chose dans ses désordres. Mais cela a fait long feu. Parce que les
raisons de la colère sont objectives dans toute l’Europe. Et c’est justement
cette généralisation des manifestations qui laisse à entendre que les causes
sont profondes. En Italie on a vu des paysans se révolter contre les traités
européens, avançant qu’ils allaient disparaitre. En Grèce on a vu aussi la même
chose, en France encore, manifestations auxquelles se sont joints les
soignants, les enseignants et les pompiers. Quand ce n’est pas contre la
corruption qu’on manifeste comme en Serbie ou en Albanie, c’est contre les
difficultés de se loger décemment comme en Espagne et comme au Portugal. Bien entendu
que ce soit l’essence ou le logement, c’est toujours contre la vie chère qu’on
se révolte. Quand la révolte est large, elle est toujours le résultat de l’incompétence
des gouvernements, autrement dit de leurs mauvais choix. La racine du mal c’est
bien l’Europe, car si chez nous on a un peu trop tendance à se focaliser sur l’imbécilité
bien réelle de Macron et de ses gouvernements, ailleurs, en Italie, en Espagne,
au Portugal, ils ont des dirigeants sans doute moins fous, mais qui ne
maitrisent rien du tout.
La seconde réflexion qu’on peut faire sur ces manifestations de masse, est qu’en réalité on peut les diviser en deux, même si elles semblent se joindre par moment. Nous avons d’un côté les manifestations rationnelles et cohérentes qui se présentent à travers des revendications raisonnables pour le pouvoir d’achat et contre le délabrement des services publics, et de l’autre des pillages massifs. On a vu cela en France, en Espagne et en Italie. Ce ne sont pas les mêmes publics. Le premier regroupe globalement des autochtones, et le second les racisés. Il suffit pour se rendre compte de cette différence de regarder les vidéos des pillages ou encore le nom des condamnés en flagrance de ceux qui se sont fait prendre lors des pillages. C’était typique à Marseille, encore plus qu’ailleurs, pendant que la manifestation normale se déroulait en haut de la Canebière, aux Réformés, cinq cent mètres plus bas, au Centre Bourse et dans la rue Saint-Ferréol les pillages et les destructions se développaient. On a remarqué que la police préférait taper sur le premier groupe plutôt calme, que d’aller cogner sur les pillards. Mais peu importe la tactique débile du ministère de l’intérieur, ce qui compte c’est l’existence de deux publics bien différents, parfois à la jonction desquels on trouve des comiques gauchistes ou des blacks blocs. La motivation de ces deux publics n’est pas la même, objectivement. Mais la violence des seconds peut attirer aussi une jeunesse exaspérée et qui veut en découdre parce qu’elle ne croit pas à l’efficacité de la politique ordinaire, et parce qu’elle trouve cela divertissant.
Tirana 24 octobre 2026
Le fait que les violences récentes soient activées par le
peuple racisé d’Europe pose plusieurs questions. D’abord elle est le résultat
de la politique d’immigration massive de l’Union européenne qui a beaucoup misé
là-dessus, suivant en cela la politique patronale qui pense que quel que
soit le coût pour la collectivité, l’immigration de masse fait chuter les
salaires, divise les salariés et finalement fait augmenter les profits. Si on
se souvient bien, au début des années quatre-vingt le parti communiste de
Georges Marchais était plus que réticent à la poursuite d’une immigration de
masse, le parti socialiste, non, les trotskistes non plus. Au fond cette
division de la gauche sur cette question était la même que celle sur la
question de l’Europe et de la souveraineté. Aujourd’hui, le PCF a laissé filer
on public naturel – je veux dire celui qu’il avait conquis à la Libération – et
se retrouve embringué dans la défense de l’immigration, comme un vulgaire
Mélenchon, comme il s’est aligné aussi sur la question européenne dans les pas
du défunt PS. La question de l’immigration est centrale car elle touche à la
question de la souveraineté de la nation. On ne peut pas être pour la
souveraineté de la France sur le plan économique et monétaire, tout en
défendant une immigration débridée. C’est une des raisons qui fait que le petit
peuple aujourd’hui préfère voter pour le RN et non pour le PCF et la gauche,
bien que le parti de Marine Le Pen soit peu favorable aux revendications d’égalité
de ce même petit peuple.
Le second point est que la similitude des pillages en France, en Italie, en Espagne, pose la question directement de savoir qui a activé ces actions manifestement coordonnées. Certes il n’est pas besoin de pousser beaucoup les jeunes populations racisées pour les activer, elles possèdent en elle-même pour des tas de raisons une violence native, mais on constate que ce qui s’est produit à Marseille s’étant déjà produit au moment des manifestations contre la loi sur les retraites, il y a une expérience qui a été mise à l’épreuve une nouvelle fois. On a vu des gens des Quartiers Nord descendre au centre de la ville avec des automobiles ou des motos pour remplir leurs sacs. Comme on le comprend dans ces manifestations il y a une population centrale qui est faite de la jeunesse ordinaire en voie de déclassement et une population périphérique qui profite de cette opportunité admise d’une manière assez bienveillante par les réseaux des mosquées sous le couvert d’une lutte contre la pauvreté qui est elle aussi bien réelle dans les territoires perdus de la République – territoires qu’avant on appelait des ghettos en référence aux ghettos des afro-américains.
Manifestations en France le 24 octobre 2026
Malgré ses similitudes qu’on perçoit dans les manifestations
européennes et qui montrent clairement la responsabilité de la politique
économique et sociale néolibérale de l’Union européenne et de la Banque
Centrale européenne, politique combiné avec une volonté guerrière contre la
Russie, il y a des particularités. Par exemple c’est en France que les
manifestations ont été accompagnées de pillages généralisés et de dégradations
volontaires des établissements publics. On pourrait dire que c’est en France que
la décomposition est la plus avancée. Deux raisons à cela, d’abord la France possède
la police la plus répressive d’Europe, c’est le pays où les syndicats et les
corps intermédiaires ont été marginalisés et n’existent plus. La CFDT est clairement
un syndicat jaune et la CGT, même si elle a en son sein des militants
combattifs et admirables, n’a pas de boussole. Voir la malheureuse Sophie Binet
ânonner son catéchisme sur la question palestinienne est complétement misérable.
Les soi-disant syndicats de lycéens ou d’étudiants ne représentent rien du tout
et sont représentés par des jeunes ambitieux qui rêvent de faire une carrière
politique dans tel ou tel parti politique. Ils sont là pour faire leurs preuves
face aux caméras de télévision. On a vu Nathanaël Combary, un racisé, qui se
prétendait représentant des lycéens qui en réalité n’était pas lycéen, mais
surtout il avait été un sbire de Gabriel Attal dans le parti macronien[2] !
On a vu aussi le jeune Elwan Benoît qui faisait des grimaces à la télévision,
avec autour du cou un keffieh, ouvertement à la solde de la FI. Donc des gens
qui ne représente pas grand-chose mais qui tentent d’ébaucher une carrière
politique. On les invite ici et là, mais si on les laisse parler, personne ne
les écoute. Autrement dit, la police est devenue le seul interlocuteur entre
les personnes en révolte et le gouvernement !
Le second point est que la France est le pays d’Europe où la croissance de la population originaire d’Afrique et de confession musulmane a crû le plus vite ces dernières décennies ainsi que le montre les travaux du Pew Research Center[3]. Le poids de cette population se traduit d’ailleurs dans le fait que de plus en plus de musulmans accèdent à des fonctions politiques – maire, député – mais aussi à la magistrature, etc. or cette population est très jeune, pauvre aussi, et donc facilement portée vers la révolte pour se faire une place au soleil. Je remarque la timidité des journalistes et de la plupart des politiciens pour prendre en compte cette réalité toute factuelle.
Lisbonne 27 octobre 2026
Quelles sont les solutions politiques pour sortir d’une
situation ruineuse sur tous les plans ? Il y en a qu’une qui se décline en
deux prises de position. Le retour à la souveraineté de la France réclame à la
fois la sortie de l’Union européenne et de l’euro qui nous ruinent
littéralement, et la fin de l’immigration massive qui peut passer par exemple
avec la révocation des accords de 1968 avec l’Algérie, accords qui ne nous ont
amené que des ennuis. On ne peut pas être souverainiste et tolérer le
séparatisme musulman. Ces deux conditions sont la base pour aller dans le sens
d’une lutte contre les inégalités sociales, c’est en effet comme le constatait
déjà James Steuart en 1767 dans Inquiry into the Principles of Political
Economy, que c’est dans les périodes de relatif protectionnisme économique
que les inégalités diminuent, ce qui est confirmé par les Trente glorieuses
également, ou encore un peu avant avec la loi Méline. Paul Bairoch avait aussi
démontré que sur la longue période le libre-échange n’est pas particulièrement
favorable à la croissance économique et à un meilleur partage de la richesse[4].
Mais les économistes paresseux qui le plus souvent ne connaissent rien à l’histoire
économique, ne veulent pas démordre du fait que le libre-échange – qu’on peut
aussi appeler mondialisation ou Union européenne – est bon pour la planète.
Friedrich List avait pourtant démontré le contraire[5] en
combattant les arguments fallacieux de David Ricardo[6].
Tant que la gauche ne comprendra pas l’importance de la
souveraineté nationale, elle restera marginalisée, à l’écart du sens de l’histoire,
prêchant dans le désert le « vivre ensemble » comme une nouvelle
mouture du « aimez vous les uns les autres » de la religion
catholique. Le plus grand défaut de la gauche, qu’elle soit sociale-démocrate
ou mélenchoniste, c’est qu’elle prétend éduquer le peuple, alors qu’elle ne
comprend rien à la situation politique et économique. Si elle veut revivre un
jour, elle doit se faire le porte-voix du peuple, l’écouter sérieusement, abandonner
son rôle d’éducateur. La gauche a trop tendance aujourd’hui à se comporter comme
le Bon Pasteur des Évangiles, et à prendre le peuple pour un troupeau de
moutons. C’était moins voyant il y a cinquante ans parce que dans les partis de
gauche il y avait beaucoup d’élus et de dirigeants qui venaient des classes
modestes, ils ne parlaient pas en tant que professeurs, mais en tant que
représentants de leur propre classe.
[1]
https://www.ft.com/content/751d4555-9e8c-42a0-a37b-80893727776c?syn-25a6b1a6=1
[2] https://www.la-croix.com/societe/reunion-a-matignon-qui-sont-les-representants-des-lyceens-recus-par-lecornu-20261026
[3] Pew Research Center, Nov.
29, 2017, “Europe’s Growing Muslim Population”.
[4] Mythes
et paradoxes de l'histoire économique, La Découverte, 1999.
[5] Système
national d’économie politique [1841], Gallimard, 1998. Cette édition
comprend une préface d’Emmanuel Todd.
[6] Des
principes de l'économie politique et de l'impôt [1817], GF-Flammarion, 1993





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