mardi 20 octobre 2026

Manifestations, pillages, scènes de guerre civile qui est à la manœuvre ?

 

Marseille, le 17 octobre 2026 

Les pillages spectaculaires qui ont eu lieu le 17 octobre 2026 dans toute la France posent de nombreuses questions. A Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille, Limoges, Nice, Nantes, Rennes, Strasbourg, Rouen, Angers et Caen, on a enregistré des actions de deux sortes, d’abord des pillages de magasins par une foule jeune et nombreuse. Ensuite des attaques et parfois des incendies contre des édifices publics, des mairies ou des commissariats. Ce sont des scènes de guerre civile. Le préfet de Marseille, Jacques Witkowski, a commencé par nous dire que les émeutiers étaient au nombre de 7 ou 8 000, puis le lendemain il a avancé le chiffre extravagant de 30 000 pillards rien que dans le centre-ville. Il mettait ce chiffre en rapport avec les 800 policiers qui avaient été déployés pour contenir les débordements des manifestants. Mais ces simples chiffres posent beaucoup de problèmes. D’abord le plus évident était que les policiers étaient occupés pendant les pillages qui avaient lieu rue Saint Ferréol, rue Paradis et au Centre Bourse à cogner sur les manifestants qui manifestaient pacifiquement en haut de la Canebière, soit un kilomètre plus loin. 30 000 personnes dans le périmètre où les pillages ont eu lieu, ce n’est tout simplement pas crédible et le maire Benoît Payan a dénoncé ce chiffre avancé imprudemment par le préfet. Mais il y avait du monde, et le premier constat est que les pillards venaient directement des Quartier Nord, soit des quartiers qui concentrent une forte population immigrée ou descendante récente d’immigrés. Il suffit de voir les vidéos pour le comprendre. Or que ces populations qu’on peut évaluées à plusieurs centaines, ou quelques milliers tout de même, ont agi de manière très coordonnée, c’est-à-dire toutes en même temps ! On avait vu ce schéma sur le mode mineur au moment des manifestations contre la loi sur les retraites en mars 2023. 

À Marseille on vient piller en famille et motorisé 

Ces pillages posent d’autant plus de questions qu’ils n’ont pas été localisés à Marseille ou à Paris, mais qu’ils ont eu lieu dans toute la France, au même moment et de manière coordonnée. Le lamentable Macron dans son allocution du 18 octobre accuse « Des factieux issus de groupuscules d’ultragauche, rejoints par de nombreux délinquants, se sont livrés à une violence débridée dans nos villes ». C’est une erreur complète. Les groupuscules gauchistes n’ont absolument pas les moyens de mobiliser les populations des quartiers. Ça fait des décennies qu’ils s’y essayent sans succès. Longtemps on a remarqué que les populations immigrés ou musulmanes si vous voulez ne participaient guère au mouvement social, notamment à celui des Gilets jaunes, des soignants, de l’éducation nationale ou des pompiers. Certains le regrettaient. Mais aujourd’hui cela a changé, bien que ces populations soient dans les faits séparés des cortèges officiels auxquels elles participent peu, elles développent pour leur propre compte des actions parallèles au mouvement social. L’idée de piller des magasins de luxe est un motif suffisant de mobilisation pour ces populations assez pauvres qui ont l’habitude de se procurer des revenus en marge de la loi. Et pour que cela réussisse à engendrer le chaos, il faut que l’action soit coordonnée. Ce sont des actions de commando. Si cela ne s’était passé qu’à Marseille, on pourrait avancer qu’il s’agit là d’une spécificité à la ville, mais que cela se soit passé selon les mêmes méthodes dans les grandes villes pose une vraie question : qui est derrière cette coordination ? Qui a la capacité d’agir ainsi en dehors des organisations musulmanes et du réseau formé par les mosquées ? Personne ! 

A Marseille, 30.000 pilleurs et le spectacle douloureux des commerces

Marseille, la rue Saint-Ferréol, après la tempête

Derrière ces actions, il y a véritablement une stratégie de type guérilla urbaine, même si elle s’appuie sur des petits groupes informels ou familiaux, mobilisables ponctuellement sur des objectifs bien précis, dont les relations entre eux sont assez lâches. Je ne crois pas que ces groupes représentent encore un vrai parti, une vraie armée, mais ils sont clairement une masse qui peut aller à l’affrontement et au pillage, préfigurant une sorte de guerre civile ou de religion. Beaucoup accusent Mélenchon d’organiser le chaos et de préparer une sorte d’insurrection s’il est battu et que Marine Le Pen est élue, c’est une erreur, Mélenchon est seulement l’idiot utile qui travaille si on peut dire à ce qu’advienne « une nouvelle France », c’est son petit marché de niche sur le plan électoral. Mais il ne maitrise rien du tout, et en plus il est évident que de ce chaos il est le grand perdant en termes d’image. Il peut d’ores et déjà faire une croix sur son accès au deuxième tour en avril prochain. Même si les Français sont hostiles dans leur ensemble au gouvernement, ils ne supporteront pas longtemps cet état de décomposition et de désordre. « Des casseurs qui s’infiltrent dans les mouvements sociaux, il y en a eu de tout temps dans l’histoire », a avancé le maire de Paris, Emmanuel Grégoire. « La question, c’est pourquoi peuvent-ils si facilement se déployer et casser, parfois pendant plusieurs heures sans que la police intervienne ? », a-t-il ajouté. Benoûit Payan a dit exactement la même chose à Marseille. Il a bien sûr raison, mais il oublie une chose importante : pourquoi ce mouvement de pillages est il aussi large et balaye toute la France ? Dénoncer l’incompétence réelle du gouvernement est bien insuffisant. Il faut faire un peu de sociologie urbaine aussi pour comprendre qui sont ces casseurs et quel rôle ils jouent dans notre société. 

Pillage d'une enseigne Franprix, avec un tag "Vive le ruissellement" sur son rideau métallique, le 17 octobre 2026 à Paris

Pillage d'une enseigne Franprix, le 17 octobre 2026 à Paris 

La crétinerie du gang Macron est d’avoir cru qu’il pourrait profiter d’un chaos limité pour discréditer le mouvement social. Et de fait les exactions et les pillages ont masqué le succès de la mobilisation. Cependant le gouvernement est maintenant accusé par tout le monde d’incompétence, à la fois pour ne pas avoir prévu l’importance des débordements et des pillages, mais aussi pour avoir tardé à intervenir. Si on ajoute cela à la violence que le gouvernement a engagée contre les « vrais » manifestants, ça fait beaucoup. Les dégâts se chiffrent à des centaines de millions d’euros. Le commerce de détail, et pas seulement le commerce de luxe a payé un lourd tribut. Cet épisode de notre vie sociale me rappelle ce qui s’est passé à Los Angelès en 1965 et dont Guy Debord avait rendu compte dans un texte célèbre Le déclin et la chute de l'économie spectaculaire-marchande, publié en 1966 dans le numéro 10 de la revue Internationale situationniste. Il avançait que c’était là une révolte contre « la marchandise ». Mais il oubliait une dimension importante de cette révolte qui avait démarré à Watts avant d’essaimer dans tout le pays, c’est la dimension ethnique. C’était essentiellement les quartiers d’afro-américains qui étaient à la manœuvre, et cela se reproduira encore en 1992 après l’arrestation de Rodney King par la police. Autrement dit les émeutes de Los Angeles, celles de 1965 comme celles de 1992 étaient le reflet de l’échec d’une société multiculturelle. Bien sûr on ne peut pas mettre en équivalence les afro-américains, descendants d’esclaves avec des immigrants qui sont venus de leur propre volonté en France, mais il y a dans les deux cas un même refus d’assimilation. Les manifestations et les pillages sont aussi une extension des « méthodes » des populations issues de l’immigration, elles chassent en meute, c’est assez choquant de voir ici et là des petits groupes tomber à plusieurs sur des individus isolés – et je ne parle pas des policiers – par exemple, un couple d’octogénaires a été frappé et dépouillé dans la nuit du 17 octobre par une bande de six ou sept jeunes. C’est la même lâcheté quand ils pénètrent dans un commerce et se mettent à plusieurs pour frapper des employés sans défense avant de piller le magasin. 

Un slogan "C'est pour les lycéens" tagué sur un magasin Monoprix pillé, le 17 octobre 2026 à Paris

Un magasin Monoprix pillé, le 17 octobre 2026 à Paris  

En France cette guerre « racisée » se pare de nombreux prétextes, la discrimination sociale, la cause palestinienne dont on brandit le drapeau, la liberté de porter le voile, la volonté de construire des mosquées, etc. Les Juifs sont le bouc émissaire de cette haine recuite. La plupart de ceux qui haïssent les Juifs n’en connaissent aucun, mais cela fait partie des fantasmes mis en œuvre pour justifier l’injustifiable. Ici Mélenchon et son parti portent une lourde responsabilité. Bien entendu il y a des tas de raisons de se révolter, mais quand la révolte tourne à l’expression d’un communautarisme cela ne peut engendrer que le chaos et le retour d’une forme de fascisme. Je remarque cependant que si les politiciens de métier ont presque tous réclamer de la fermeté politique et judiciaire, très peu ont osé parler du caractère ethnique de ces exactions. Marine Le Pen et Jordan Bardella ont mis en cause seulement la nouvelle France réclamée par Mélenchon, mais sans aller plus loin ne voulant pas sans doute être une nouvelle fois accusés de racisme. Sur les réseaux sociaux cependant, et sur la foi des images, les commentaires étaient plus précis et accusaient directement l’immigration de masse. Le vice-président étatsunien, J. D. Vance, qui pourtant ferait mieux de se poser des questions sur la déliquescence de son propre pays, a avancé, « Les progressistes occidentaux ont importé le tiers-monde en France et d'autres pays au nom de la diversité et de la compassion. Ils ont négligé les questions fondamentales d'assimilation et de compatibilité. On leur a dit que cela finirait comme cela et ils n'ont pas écouté » 

 

Le plus étrange pour moi est cependant que le lendemain, soit après une nuit d’émeutes particulièrement chargée, cela ait pu recommencer. Pourtant cette fois le gouvernement était prévenu. Certes cette nouvelle soirée de violence s’est surtout localisée à Paris et elle a été moins dure, mais elle a recommencé sur le même modèle avec de nouveaux pillages de commerces. Est-ce à dire que le gouvernement fantôme de la France est dans le coma ? Darmanin comme Nuñez avaient pourtant reconnu juste un peu avant que leurs ministères n’avaient pas été à la hauteur, mais ça ne leur a pas servi pour autant de leçon. 

Des affrontements ont éclaté entre la police et des manifestants à Paris, en France, le 18 octobre 2026. (HESHAM ELSHERIF / ANADOLU / VIA AFP)

Affrontements à Paris le 18 octobre 2026

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