La crapule politicarde s’est félicitée de l’expulsion de réclamée par le ministère de l’intérieur de Xenia Fedorova qui en même temps voit ses fonds gelés en France pour six mois. Les journaux, les politiciens, tous ces fainéants qui n’ont qu’une conscience restreinte de ce qu’ils sont ont été presqu’unanimes. Le monde, journal pro-guerre et russophobe, y est allé dans son édition du 31 juillet de deux articles séparas. L’un d’une grande page dans son entier justifiant à La fois la délation comme aux beaux temps de l’Occupation et l’autre, un éditorial probablement écrit par l’infâme Sylvie Kaufmann qui nous dit « qu’il était temps ». le premier long article avance deux arguments, le premier serait qu’elle ne serait pas une journaliste, mais plutôt une propagandiste qui reprend les arguments de Poutine pour justifier la guerre en Ukraine[1]. Un enfant de 4 ans comprend que ce raisonnement n’a aucune consistance, en effet, les journalistes du Monde sont des propagandistes de l’OTAN et de l’Union européenne, et pourtant on ne les expulse pas !! Par les temps qui courent oser distinguer les journalistes des propagandistes relève de la farce, il faut avoir un pied à coulisse pour mesurer la distance. La faute de Xenia Fedorova serait aggravée du fait qu’elle interviendrait dans la « Bollosphère ». or quand il s’agit de liberté d’expression, selon l’article 1er de la Charte des Nations unies, non seulement on ne peut pas arrêter une idée à la frontière, et invoquer le fait qu’une personne soit étrangère pour en censurer les idées, mais en outre la définition de la propagande ne compte absolument pas. Le ridicule journal Sud-Ouest a même pondu un éditorial jeudi 30 juillet pour nous expliquer que la liberté d’expression c’était contraire à la démocratie !
L’hypocrite ministre de l’intérieur qui ne sait pas quoi faire pour maitriser les feux invoque à propos de Xenia Fedorova une vague possibilité de « trouble de l’ordre public », comme si cette journaliste allait soulever les foules françaises pour renverser Macron ! L’ahuri Jean-Noël Barrot a ajouté qu’il n’y avait pas de censure puisque Xenia Fedorova pouvait toujours développer ses idées chez elle, à condition que cela ne soit pas dans l’espace public Français ! « Chacun est libre de sa ligne éditoriale, mais ouvrir à cette dame ses plateaux et ses colonnes, c'est tout simplement servir la soupe de Vladimir Poutine » avait dit Jean-Noël Barrot. L’alignement de la classe politique est spectaculaire, le Rassemblement national qu’on n’arrive plus guère à distinguer dans ses positions de la droite ordinaire, affairiste, européiste et cosmopolite, y est allé de son laïus, le député Julien Odoul affirmant que l’expulsion était justifiée, alors que son parti a bénéficié pendant de longues années d’une aide financière directe de la Russie ! Comme Mélenchon, ces gens-là sont prêts à changer d’idée comme ça, du jour au lendemain, seulement parce qu’ils pensent que cela leur rapportera peut-être des voix. Mais ils se trompent les électeurs du RN sont majoritairement pour la Russie dans le conflit qui l’oppose à l’Ukraine et à l’OTAN.
Cette forme de fascisme rampant n’a pas d’équivalent dans l’histoire, même au temps de la Guerre froide, les journalistes russes avaient pignon sur rue et on pouvait acheter la Pravda. C’est au fond une forme de guerre hybride que l’Union européenne et ses valets français mènent contre la Russie. Dans quel but ? On ne le sait pas trop. Comme un canard sans tête l’Union européenne poursuit ses idées de contrôler la pensée et donc d’interdire tout ce qui irait à l’encontre de son narratif selon lequel il faudrait prendre les devants en s’armant jusqu’aux dents afin de contrecarrer une possible entrée en guerre de la Russie contre nous. Or que dit d’autre Xenia Fedorova, simplement que la Russie n’a jamais eu l’intension de faire la guerre à l’Union européenne, et qu’elle est intervenue dans le Donbass pour soutenir les séparatistes russophiles. C’est une position ordinaire qu’on trouve un peu partout dans le monde occidental, mais l’Union européenne ne veut pas qu’elle soit visible, c’est pourquoi elle censure à tour de bras. Il y a quelques mois c’était Jacques Baud, puis Xavier Moraud qu’on privait de visa et d’accès à leurs comptes en banque sans autre forme de procès, simplement parce qu’ils seraient des relais de la propagande russe. Ce qui est très vague. Mais le fond de l’affaire est qu’il ne faut pas que l’idée selon laquelle la Russie aurait répondu à une agression larvée de l’OTAN à ses frontières puisse apparaître et prendre forme justement au moment où tout va mal en Ukraine et sur le front de la guerre pour le camp atlantiste. Libération qui vient de limoger Jean Quatremer pour avoir enfreint le narratif dominant sur la question d’un supposé génocide palestinien, reprend sans surprise les idées de Macron sur le fait que Xenia Fedorova serait une propagandiste et non une journaliste[2] ! Tout journaliste qui n’est pas dans la ligne dominante, est un propagandiste, et tout propagandiste qui est dans la ligne atlantiste est un journaliste, voilà ce que nous disent les tenants du système qu’ils soient journalistes ou politiciens.
Le paradoxe est qu’à force de censurer ceci et cela, c’est Bolloré et son groupe qui apparaissent maintenant comme les défenseurs de la liberté d’expression face à la meute. Xenia Fedorova a engagé une procédure pour éviter son expulsion. On verra bien si la justice macronienne incapable d’expulser plus d’un sur dix des OQTF arrivera à expulser la journaliste russe. Tout converge aujourd’hui pour contrôler ce que pensent et ce que font les Européens, le but est double, caché ce que cette bureaucratie infâme prépare en secret, et d’autre part convaincre qu’elle protège ses citoyens de la contamination d’idées venues d’ailleurs pour leur bien. On suppose que les Européens ne sont pas capables de séparer le vrai du faux, et donc qu’on doit les mettre à l’abri d’une influence mauvaise. On se trouve dans une situation un peu semblable à celle qu’on a connue au temps du Maccarthisme, on chasse les dissidents de la pensée, y compris en inventant des idées qu’ils n’ont pas, avant on les désignaient comme communistes, aujourd’hui on les traite seulement d’agents de Poutine, mais la cible reste la même, la Russie est l’ennemi séculaire !
[1]https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/30/xenia-fedorova-visee-par-un-arrete-d-expulsion-une-salutaire-clarification_6736842_3232.html
[2] https://www.liberation.fr/politique/elections/expulsion-de-xenia-fedorova-face-aux-ingerences-lexecutif-durcit-le-ton-20260730_KUG7HFGWBFCYZF2UX3EVM7PANQ/
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