L’affaire instrumentalisée par le gouvernement marocain de Ceuta a relancé le débat sur l’immigration vers l’Europe. C’est une affaire qui si elle a coûté 77 morts par noyade, a pointé à nouveau la vulnérabilité des frontières de l’Europe, autrement dit l’incapacité de l’Union européenne à contrôler ses frontières. On sait que le débat pour les présidentielles de 2027 va porter sur l’immigration, et les images qu’on a vu à la télévision ne milite pas pour l’ouverture à tout crin. Les journaux imbéciles, genre Le monde, ont sauté sur l’occasion pour dénoncer l’instrumentalisation de cette histoire par l’extrême droite. Mais ces effets de manche ne résolvent rien du tout. En effet dans le même temps où l’ineffable Nuñez se félicitait de la bonne gestion de l’affaire de Ceuta, 22 pays européens dénonçaient l’attitude de l’Espagne. Comme on le constate il y a d’abord la division en Europe. Les uns comme Meloni font semblant de faire quelque chose, les autres disent qu’il faudrait justement agir. En France on est désarmé depuis que les crapules du Conseil constitutionnel ont décidé que le passeur Cédric Herrou avait agit conformément au droit international et à la constitution en amenant des migrants d’Italie en France dans un but humanitaire à franchir illégalement les frontières. Cette forfaiture aurait dû être dénoncée par les hommes politiques et conduire à la dissolution du Conseil constitutionnel, et Herrou aurait dû connaitre la prison pour avoir importé 200 migrants illégalement. Car de deux choses l’une, soit on a des frontières et il faut les faire respecter pour défendre notre souveraineté, soit on n’en a pas et à ce moment-là il faut les abolir et dire que les nations n’existent plus.
Cédric Herrou paradant à Cannes après sa victoire
judiciaire
Le débat oppose ceux qui soutiennent l’immigration massive pour des raisons assez peu claires, et ceux qui considèrent que c’est un fléau qui peu à peu mine les pays européens. On a vu qu’en Angleterre et en Irlande cela avait pris une allure de guerre civile. Très massivement les Français mais aussi tous les Européens dénoncent depuis des années la politique néfaste de la Commission européenne en la matière. Au minimum les deux tiers des Européens considèrent qu’il faut stopper l’immigration de masse. Il n’empêche que les partis de gauche et de l’extrême centre continuent avec l’aide des médias idiots de vanter les charmes du vivre ensemble et de la nécessité d’une immigration massive pour faire baisser les salaires – et donc rester compétitif – ou encore de financer les retraites – c’est le discours patronal par excellence. La posture anti-démocratique des dirigeants européens est évidemment en opposition avec la volonté populaire et avec le simple bon sens. L’immigration de masse fait peur à tout le monde et l’envahissement de Ceuta a aggravé cette peur. Pour Ceuta on a essayé de minimiser la masse de manœuvre arrivée dans la ville, j’avais parlé de 80 000, en avançant le chiffre de 60 000, mais bientôt on est remonté à 72 000[1] ! 70 000 seraient déjà repartis, on s’en est félicité sans voir qu’il en resterait 2 000 pour une petite ville de 80 000 habitants ! Près d'un millier de mineurs non accompagnés sont restés à Ceuta, selon l'ONG Save the Children. Le gouvernement espagnol a annoncé mardi une enveloppe « extraordinaire » de 25 millions d'euros destinée à leur prise en charge. C’est en quelque sorte la double peine pour les Espagnols, non seulement ils doivent subir l’invasion, mais en plus ils doivent payer des sommes folles pour s’en débarrasser. Évidemment Pedro Sanchez en tant que représentant de cette ligne est sur un siège éjectable. On ne connait pas le coût de l’expédition des jeunes marocains sur Ceuta, mais il est très élevé
Face à l’indignation des populations européennes vis-à-vis du laxisme de la Commission européenne, il ne suffit plus de dénoncer l’extrême droite. Du Portugal jusqu’à la Pologne, c’est une protestation unanime. Cette fantaisie de Ceuta probablement manipulée par le gouvernement marocain va coûter très cher aux immigrationnistes. D’une manière ou d’une autre il va falloir agir pour tenter d’éviter que cela ne se reproduise. Et de fait, depuis quelques années la Commission européenne évolue pour un contrôle plus strict. Le monde, journal immigrationniste, constatait d’ailleurs que le nombre de migrants qui tentent de franchir illégalement les frontières de l’Europe avait bien diminué. Il est remarquable que sur cette question Mélenchon et son gang n’aient absolument rien dit de sérieux, éludant les questions de fond qui mettent son discours immigrationniste en porte à faux. Il parle « d’éventuelles manipulations », c’est assez drôle, mais tous les hommes politiques de gauche comme de droite, manipulent une information qu’ils croient les aider à récolter des voix, c’est bien ce qu’il fait en manipulant le vote musulman et antisémite à son profit.
Mélenchon a récupéré à son profit le discours patronal, nous avons besoin des immigrés pour rester compétitifs, pour financer les retraites. En ce sens et contrairement à Georges Marchais, c’est un homme de droite, pro-européen. En Allemagne le parti de gauche de Sahra Wagenknecht, BSW, encore un peu léger sur le plan électoral a compris que la gauche en s’alignant sur le discours européiste en matière d’immigration allait dans le mur, et la faillite de la coalition qui a soutenu le sinistre Merz est là pour lui donner raison. La souveraineté ne se détaille pas, elle se défend aussi bien en refusant l’immigration de masse, qu’en rouvrant le dialogue avec la Russie, mais même sur ce dernier point le louvoyant Mélenchon est aligné sur les position européiste. Après avoir craché dessus sur Raphaël Glucksmann on l’a entendu le soutenir face aux pseudos tentatives de la Russie de déstabiliser le candidat atlantiste et pro-guerre. Tout ça pour dire que si Mélenchon est bien une grande gueule, il est d’un conformisme ahurissant sur tous les sujets que l’on veut. Il devrait prendre des leçons auprès de Georges Marchais dont la célèbre lettre au recteur de la mosquée de Paris était sans ambigüité : on peut être de gauche et hostile à l’immigration de masse. Un des points importants est que si l’immigration est si bien soutenue par le MEDEF, c’est aussi parce qu’elle divise les travailleurs. Tactiquement c’est au point depuis que la gauche n’a plus comme idée que de combattre un fascisme de comédie, et qu’elle s’est exclue du jeu politique, il lui est impossible aujourd’hui d’accéder au pouvoir.
Cette attitude immigrationniste et européiste de la gauche
d’aujourd’hui, qu’elle soit « social-démocrate » ou pseudo-radicale
laisse les mains libres à la droite ordinaire, cette droite affairiste,
cosmopolite et européiste, pour faire exactement ce qu’elle veut. C’est
objectivement la faillite du discours droit-de-l’hommiste qui a
travaillé depuis de longues décennies contre les peuples : quoi que
ceux-ci pensent, on leur impose une volonté qui n’est pas la leur,
indépendamment de la démocratie la plus élémentaire qui n’est pas l’État de
droit dont la définition est à géométrie variable – Orban était qualifié de
fasciste alors que Zelensky qui célèbre avec constance la mémoire des nazis
ukrainien est qualifié de sauveur de la démocratie européenne. la démocratie
est la volonté populaire. Ceuta montre que cette comédie européiste du vivre
ensemble est arrivée à son point terminal. Le grand économiste James Steuart
avait compris vers la fin du XVIIIème siècle qu’une relative
fermeture des frontières nationales était plus favorable au resserrement des
inégalités et à une amélioration du confort des travailleurs qu’une ouverture
indiscriminée. Le bon sens populaire le pense aussi.
[1]
https://www.bfmtv.com/international/europe/espagne/crise-migratoire-a-ceuta-au-moins-72-000-migrants-sont-entres-illegalement-dont-70-000-deja-repartis_AD-202608040390.html
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