C’est sans surprise que nous voyons l’AfD remporter les élections régionales en Saxe-Anhalt. Le résultat est supérieur à celui attendu par les sondages. Et c’est sans surprise que nous voyons les tenants du bloc central se lamenter sur leur déconfiture, arguant que l’AfD est un parti nazi, extrémiste et qu’il s’agit là du retour de la bête. La vérité est beaucoup plus prosaïque que cela. Les électeurs ont d’abord voté contre le pouvoir qui en Allemagne les entraine vers la guerre avec la Russie, ils ont voté également contre le surarmement de l’Allemagne. Et il est assez inédit de voir qu’un parti qui prône la paix avec la Russie et la désescalade militaire soit qualifié de nazi. Ça c’est le premier point. Ensuite ils ont voté contre l’immigration massive, celle que Merkel avait accueillie à bras ouvert et qui a causé tant de dégâts en Allemagne. Il ne faut pas oublier que l’AfD est également pour une sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN. C’est donc un parti avant tout souverainiste. Et les Allemands savent très bien que la déconfiture économique actuelle de leur pays est aussi le résultat d’une guerre qui les a entrainés à se passer du gaz russe bon marché et de l’accès au marché russe. Ils sont donc bien mieux renseignés que ce qu’on pense chez nous. On notera que la propagande massive et éhontée de l’Union européenne, les montages aberrants sur les drones russes qui seraient en train d’attaquer l’Allemagne n’ont pas fonctionné comme garde-fou.
Mais à mon sens le pire qui arrive pour le bloc central, c’est que l’AfD va probablement s’allier pour pouvoir gouverner avec BSW, le petit parti de gauche qui est lui aussi souverainiste. Ces deux partis ne sont pas d’accord sur le plan économique, AfD est par nature moins partageux. Mais cette alliance peut fonctionner sur la nécessité de faire de la souveraineté économique et politique la priorité. C’est pourquoi Sahra Wagenknecht exclut une coalition avec l’AfD mais pas des coopérations ponctuelles. La France devrait s’inspirer de cette nécessité. Or si l’idée de souveraineté est plus avancée en Allemagne qu’en France, c’est parce que depuis la guerre en Ukraine, l’Allemagne est tombée de plus haut. Il y a encore quelques années elle ne s’imaginait pas entrer en récession aussi vite et devenir une fabrique industrielle de pauvres. Le positionnement de BSW me semble juste, parce que si on y réfléchit un petit peu, c’est dans le cadre d’un État souverain qu’il soit français ou allemand que les inégalités ont été le plus limitées. Il est d’ailleurs assez comique de voir l’AfD accusée d’être un parti nazi, alors qu’au contraire c’était tout de même les vrais nazis qui prônaient une politique expansionniste sous l’égide d’une Europe allemande ! Et Hitler abritait ses volontés hégémoniques derrière le slogan « l’Europe c’est la paix », slogan repris aujourd’hui d’une manière lancinante par ceux qui justement ne rêvent que d’une guerre avec la Russie.
Ce ne sont que des élections régionales, et il va y en avoir d’autres dans le mois de septembre. Mais il ne faut pas s’y tromper la forte participation des électeurs au scrutin montre que les Allemands sont à la recherche d’une solution politique en dehors du bloc central. Et l’idée de faire barrage au fascisme est une idée qui a vraiment du plomb dans l’aile, incapable de remplacer une solution concrète à des problèmes concrets. Fabien Roussel qui vient d’annoncer sa candidature à la présidentielle, a fait un mauvais commentaire sur ces élections. Ils pensent que c’est seulement parce que les pauvres sont maltraités qu’ils se tourneraient vers l’AfD. Ce n’est pas tout à fait faux, mais il devrait remonter à la source de cette situation, c’est-à-dire remettre en question l’Union européenne, l’euro et l’OTAN qui nous ont menés à la guerre avec la Russie. Il fut un temps où le parti communiste était plus audacieux, quand il fustigeait l’Europe, l’OTAN et même l’immigration de masse sous la houlette de Georges Marchais ! En tous les cas Merz est maintenant, comme tous les européistes va-t-en-guerre, sur la sellette.
La réaction du Monde, complètement enragé, est
réjouissante, il nous dit en gros que Merz qui recherchait le consensus a été
curieusement battu au profit de l’extrême droite. Mais vu la sévère défaite qu’il
a encaissée, on peut douter qu’il ait cherché le consensus, car ce consensus il
ne l’a trouvé que contre lui et contre le financement de la guerre en Ukraine[1].
Ce journal, complètement dépassé, essayait de minimiser la victoire de l’AfD en
répétant comme un perroquet que ce parti n’avait pas la majorité. L’absence de
majorité n’a jamais gêné Macron pour continuer à gouverner contre le peuple. Il
faut tirer une autre leçon la victoire de l’AfD qui gouvernera avec l’appui
tacite de BSW, c’est d’abord et avant tout l’échec de l’Union européenne et de
sa bureaucratie. Peut-être que l’AfD ne sera pas à la hauteur des enjeux, peut-être
aussi qu’en France le RN ne sera pas lui aussi efficace, on n’en sait rien,
mais ce qui est sûr et certain c’est que l’Union européenne et l’extrême centre
libéral ont échoué dans tous les sens du terme et sur tous les plans. Et c’est
de là qu’il faut partir pour comprendre quelque chose.
Libération, ce vieux torchon antisémite, se fait
peur, ce journal voit le fascisme un peu de partout, sauf à Kiev où cette crapule
de Zelensky célèbre les nazis d’avant-guerre tous les deux jours, sauf chez les
soutiens du Hamas, sauf évidemment dans les pays baltes. Toute la presse française
est alignée sur cette doxa. Cela leur évite de s’interroger sur les échecs de
Merz qui sont d’abord les échecs de la politique européiste menée d’une main de
fer par la bureaucratie bruxelloise.
[1] https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/09/07/le-modele-politique-allemand-menace-par-l-extreme-droite_6767920_3232.html
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