mardi 29 septembre 2026

La visite du Pape en France, analyse et signification

 

Le Pape au stade de France 

La visite du Pape en France a été un grand succès politique. Comme si les catholiques se réveillaient et se congratulaient d’être si nombreux. N’oublions pas cependant que la France est un pays assez peu religieux. On peut toujours reconnaitre un passé chrétien à notre pays, mais seulement un peu plus d’un tiers des Français se déclarent religieux. Une des raisons qui a fait le succès de la visite du Pape en France est bien entendu la très mauvaise image de marque que l’Islam porte avec lui, et la façon dont cette religion s’immisce de plus en plus dans la vie civile. Autrement dit beaucoup de Français semblent se dire qu’entre l’Islam et l’Église catholique il vaut mieux encore l’Église catholique. Le Pape représente une religion en perte de vitesse mais qui dans le temps était partie à la conquête de toute la planète, travaillant la main dans la main avec les Conquistadors pour soumettre les peuples amérindiens considérés comme barbares. Son pouvoir politique, l’Église catholique le voulait au-dessus des nations, c’était déjà une forme de mondialisation si vous voulez. C’est la France et l’idée nationale française qui a clairement fait reculer le pouvoir papal. On s’est battu également pendant de longues décennies afin de restreindre le pouvoir de l’Église dans la vie civile. Cependant le développement de l’Islam en France a remis en question une certaine forme de laïcité, alors que l’Église était clairement en déshérence, à l’abandon. Les politiciens de gauche comme Mélenchon qui ont soutenu le développement de l’Islam, on indirectement travaillé pour la fin de la laïcité, et on sent que des tensions issues de la venue du Pape Léon XIV pourraient produire à terme une sorte de nouvelle guerre de religions si on n’y prend garde. Pour ma part, si je dénonce le caractère archaïque et régressif de l’Islam, je ne serais pas de ceux qui se tourneront vers le catholicisme comme à la recherche d’une bouée de sauvetage. 

Plus de la moitié des Français ne se réclament d'aucune religion - ADHEOS 

Dans sa venue et ses manières de faire le Pape Léon XIV se présentait dans une belle robe blanche immaculée, circulant dans sa papamobile, saluant à la manière des rocks stars les foules énormes rassemblées sur son parcours puis au Stade de France. Son défilé sur les Champs Élysées était réussi, on n’avait plus vu cela depuis qu’en 2018 nous avions ramené de Russie la Coupe du monde de football. C’était un spectacle parfaitement réussi, et évidemment le public trouvait là comme une raison de vivre un destin collectif. En quelques heures, il passa de Paris à Lourdes, et là les chaînes de télévision étaient unanimes pour faire croire au bon peuple que des miraculés, la grotte de Lourdes en produisait encore et toujours en quantité. On était carrément retombé dans le fantasme et le mensonge éhonté. Le côté vraiment douteux de cette entreprise de séduction tenait dans l’unanimisme de circonstance des journalistes qui couvraient cet événement. Il donna des messes ici et là, à la Concorde, mais également à Notre-Dame de Paris où bien évidemment les spectateurs étaient triés sur le volet, aussi bien pour des raisons de sécurité, que pour des raisons de qualité du public. Certains grincheux du service public de désinformation ont critiqué cette liesse. Les uns pour dire que ce serait bien que la France accueille aussi un haut représentant de l’Islam avec les mêmes courbettes, les autres pour dire que cette gabegie coutait cher au pays. Les premiers avaient tort, car la France n’a pas de passé musulman, et en outre la religion islamiste n’a pas, même aujourd’hui l’importance de l’Église catholique. Les autres se trompaient aussi parce que seuls les coûts de la sécurité du Pape ont été pris en charge par l’État. C’est certes important, mais si on considère aussi que le Pape est un chef d’État – le Vatican – cela peut se comprendre. La fiesta a duré quatre jours, et on a vu les rues de Paris, de Lourdes ou de Metz envahies par le drapeau de ce même Vatican. Les gesticulations des couillons réclamant une laïcité qui aurait dû permettre de ne pas recevoir le Pape m’apparaissent hors du sujet. Bien entendu on peut se poser la question de ce que peut représenter encore une figure comme celle du Pape, et je ne suis pas tellement convaincu de son importance, d’autant qu’au sein de l’Église catholique même il est contesté. Il m’étonnerait beaucoup que les catholiques intégristes goûtent les propos de Léon XIV sur les populations immigrées qui arrivent en Europe. 

 

Beaucoup de ceux qui se sont réjouis de la venue du Pape n’ont pas fait trop attention aux messages politiques qu’il était venu apporter. Il était clairement là pour nous faire la leçon, mais comme le font les Papes, avec une voix doucereuse et une forme de distanciation et de retenue dont ferait bien de s’inspirer les politicards d’aujourd’hui. On a retenu quatre sortes de messages. D’abord le soutien à la Palestine, et indirectement une dénonciation d’Israël qui sous-entendait-il aurait volé les terres aux autochtones. Ce qui est commun à l’Église catholique au fond depuis la nuit des temps. Ensuite un soutien à l’Ukraine, avec moins de réserves que le Pape François, il a désigné la Russie comme le coupable, il n’a pas fait allusion comme son prédécesseur aux aboiements de l’OTAN. Il se range donc clairement dans le camp occidental, alors même que le public de l’Église catholique – j’allais dire le marché – se trouve en Afrique et en Amérique du Sud, des régions plutôt pro-russes. En 2025 il avait d’ailleurs promis d’aller à Kiev, mais il ne l’a jamais fait. Pourquoi ? C’est assez obscur. Le troisième message était destiné aux députés français qui ont voté la loi sur la fin de vie. Cette loi d’ailleurs bien inutile permettait au Pape de rappeler que l’Église catholique est « pro-vie ». C’était une manière de rappeler indirectement que l’Église catholique est hostile à l’avortement et au droit qui l’accompagne. 

 

Tous les politicards pouvaient plus ou moins trouver leur compte dans tel ou tel article de ce catalogue de la bienpensance catholique. Même l’aigre Mélenchon, parce qu’il est antisémite et pro-immigration, même le vieux Régis de Castelnau, pourtant athée, pour les mêmes raisons ou encore ce pitre de Macron qui cherche à faire la guerre à la Russie en proposant d’aider l’Ukraine à se défendre avec des armes à longue portée qui pourront massacrer des populations civiles au cœur même de la Russie. Il fallait être vu avec le Pape. Macron s’y est employé, l’attrapant par l’épaule pour le tripoter et se l’approprier. Le cinéma habituel si on veut.   

L’indécent Macron, tripotant le Pape 

À Metz le Pape a écouté cet imbécile de Macron nous vanter les mérites de Robert Shuman, « catholique fervent », tout en omettant le fait pourtant bien connu que cette canaille, considéré comme un des pères de l’Europe, était un collaborateur et un pétainiste notoire, il est le lien si on peut dire entre l’Europe nazie telle que la voulait Hitler, et l’Europe d’aujourd’hui qui est tout de même dans cette continuité, avec aussi bien la guerre contre la Russie que le slogan qui fait rire tout le monde : L’Europe c’est la paix. Le Pape reprendra sans précaution l’éloge de cette canaille de Robert Schuman. Mais, volontairement il ne dira rien des assertions selon de macron lesquelles la Russie mène une guerre d’agression en Ukraine – l’emploi de ce vocabulaire signifie que seule la Russie est responsable du chaos qu’elle aurait engendré à ses portes, sans que l’Ukraine ou l’OTAN n’y soit pour quelque chose. Annie Lacroix-Riz a toujours défendu l’idée que dans la construction européenne, les Etats-Unis et le Vatican étaient à la manœuvre dès avant la Seconde Guerre mondiale[1], et il semble bien que Léon XIV ait mis ses pas dans ceux de ses prédécesseurs.

Dans son discours Léon XIV a également repris les éléments de langage habituels de Mélenchon, l’importance de la culture arabe dans la formation de la civilisation européenne – le Pape serait-il un con ? – et aussi la nécessité de mieux accueillir tous ces migrants qui viennent du monde entier. Il a cité le cas de l’occupation de l’Espagne par les musulmans pendant de longs siècles, oubliant volontairement que les musulmans furent chassés d’Espagne avec l’appui de l’Église catholique, oubliant aussi que l’Espagne fut dans la stagnation dans tous les domaines durant cette occupation ! D’ici à ce que Léon XIV approuve la transformation des églises en mosquées, il n’y a plus qu’un pas ! 

Le pape Léon XIV lors de la rencontre intitulée « Aux racines de l’Europe : pour la paix et l’unité », au centre de conférences Robert Schuman de Metz, le 28 septembre 2026.

Globalement la visite du Pape en France a été une très grande réussite sur le plan marketing, elle a marqué les esprits, cependant elle n’a pas réussi à lever les ambiguïtés qui pèsent sur les raisons profondes de cette venue. Bien sûr cela raffermira la détermination des catholiques français, mais au fond quel est l’objectif réel du Vatican dans cette démonstration de force ? Existe-t-il autre chose comme but que celui de ne pas disparaitre face à l’expansion de l’Islam ? Macron en s’accrochant aux basques du Pape comme la moule au rocher a lui aussi engrangé des bénéfices d’image. Certes cela ne lui permettra pas de voir sa popularité remonter, mais enfin c’est déjà ça de pris pour marquer un peu moins mal de ce point de vue.



[1] Le Vatican, l'Europe et le Reich, Armand Colin, 2010.


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