mercredi 13 septembre 2023

Les déboires de la diplomatie ukrainienne

  

Alors que les Américains reconnaissent à demi-mot que la contre-offensive qu’ils ont programmée avec la peau des Ukrainiens est un échec, ils semblent s’apprêter à lâcher Zelensky et sa clique, ou du moins à le recadrer. Américains et Ukrainiens semblent se renvoyer la responsabilité de cet échec. Pour Zelensky l’aide matérielle est insuffisante – ce qui est une constante de son discours – et pour les Américains qui cherchent à se défausser de leurs errements sur un bouc émissaire, l’OTAN et les Ukrainiens sont incompétents dans la mise en place de la stratégie utilisée. Ces dernières semaines ont été très mauvaises pour la diplomatie ukrainienne, si jadis, sous le coup de l’émotion, elle arrivait à impressionner les pays occidentaux, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le G20 s’est réuni sous la présidence de Modi, en Inde. Préoccupés par la guerre en Ukraine qui empoisonne le monde, les Etats-Unis ne sont pas arrivés à faire adopter une résolution condamnant la Russie. Oleg Nikolenko, le porte-parole du ministère des affaires étrangères ukrainien, a écrit sur Twitter : L'Ukraine est reconnaissante envers ses partenaires. Cependant, en ce qui concerne l’agression de la Russie contre l’Ukraine, le G20 n’a pas de quoi être fier », joignant à son texte une version annotée de la déclaration. Zelensky complètement en perte de vitesse avait voulu se faire inviter à ce sommet, mais, nouveau camouflet, on l’a éconduit. Les Ukrainiens ont étalé leur dépit à la face du monde, pleurnichant qu’on ne les écoutait plus, alors qu’ils sont le dernier rempart avant que les barbares russes déferlent sur le monde libre ! 

 

Les Occidentaux ont gelés ou bloqués les avoir russes à l’étranger. Les sommes claironnées par Ursula von der Leyen seraient de 300 milliards d’euros et elle avait avancé imprudemment qu’on allait donner cet argent pour aider à la reconstruction de l’Ukraine. Mais d’autres sources nous disent que c’est seulement 58 milliards dont il s’agit. Cependant, on sait que sur le plan juridique les problèmes posés sont insolubles à moins de voter des lois rétroactives sur la propriété privée ! Les Américains eux-mêmes qui ont le système juridique le plus particulier du monde, ont reconnu que la confiscation était juridiquement impossible, autrement dit c’était juste du cinéma pour faire croire que l’Occident global avait les moyens de faire plier la Russie. Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a dénoncé un « manque de volonté » en Occident concernant le transfert à Kiev de centaines de milliards d’euros d’actifs de Moscou gelés à l’étranger depuis l’invasion russe de l’Ukraine. « Il y a clairement un manque de volonté » à ce sujet, a-t-il lancé vendredi 8 septembre lors d’une conférence à Kiev. Dix-huit mois après le début de l’invasion russe qui a mis l’Ukraine à feu et à sang, « j’entends toujours de l’Europe et de l’Amérique du Nord : « Nous travaillons là-dessus », a-t-il déploré. Adieu milliards ! Les Ukrainiens dont le régime est tout de même un peu fasciste, ne veulent rien savoir du droit international. Mais même l’Empire doit mettre un minimum de formes pour piller les pays qu’il agresse – y compris en édictant des lois dites d’extraterritorialité. 

 

Le même Dmytro Kouleba a continué ses jérémiades, faisant semblant de ne pas comprendre pourquoi les Occidentaux ne voulait pas d’un tribunal de type Nuremberg pour Poutine, Lavrov et Mikhaïl Michoustine, le premier ministre russe. En effet pour déférer ces trois piliers de la Russie devant un tribunal de type Nuremberg qui siégerait à Kiev, il faudrait d’abord les attraper, et pour cela gagner la guerre non seulement en Ukraine, mais jusqu’en Russie même ! Les Ukrainiens se sont plaints également que les Occidentaux ne leur donnaient que des armes dépassées, bonnes à mettre au rebut, rapidement bricolées, comme les chars Abrams ou des Léopards dont l’envoi a été encore retardé pour cause de mauvaise humeur des occidentaux face à l’ingratitude de Kiev. Zelensky attribue d’ailleurs l’échec de sa contre-offensive au fait que non seulement les Russes ont construit une défense de fer, mais qu’en outre ils ont la maitrise du ciel. Et donc il a réclamé encore des avions alors que les premiers F16 bricolés n’arriveront pas avant le milieu de l’année prochaine. 

 

Les pitreries de Jens Stoltenberg devant les parlementaires européens ont agacé jusqu’aux Ukrainiens. Alors que la veille Zelensky faisait la manche pour expliquer que sa contre-offensive n’avançait pas, le petit fils de nazi qui est aussi le secrétaire général de l’OTAN, a au contraire dit que l’armée russe était presque finie et que l’armée ukrainienne avait beaucoup progressé. Finalement le diagnostic de Macron sur la mort cérébrale de l’OTAN était juste ! Stoltenberg, ivre de son degré d’importance nulle, a même plaisanté – ce qui est dramatique avec sa tête de croquemort – avançant que si l’armée russe était la seconde du monde, alors l’armée ukrainienne était la première puisqu’elle donnait la leçon à la Russie ! Mais il a aussi ajouté que si l’Ukraine ne gagnait pas la guerre – c’est-à-dire la reconquête du Donbass et de la Crimée – elle n’aurait plus de raison de demander son adhésion à l’OTAN, histoire de mettre la pression sur Kiev ! Les Etats-Unis n’arrivant à rien avec la guerre en Ukraine, tentent d’ouvrir un nouveau front en essayant de déstabiliser des pays traditionnellement alliés de la Russie. Le levier qu’ils ont trouvé est d’inciter ces mêmes pays à demander leur adhésion à l’OTAN. Ils mènent aussi une campagne en ce sens d’abord en Moldavie, ce qui entraine une crise de régime entre la présidente pro-américaine, Maia Sandu, et le parlement qui tente de ne pas se laisser entraîner dans la guerre. Ils ont réactivé également leurs réseaux en Géorgie où ils essaient de mobiliser ce qui reste des partisans de l’agent américain Mikheil Saakachvili qui croupit en prison pour ses malversations. 

Ces derniers temps on parlait de manœuvres de l’OTAN et des Etats-Unis pour essayer de détacher le Kazakhstan. Tout cela semble voué à l’échec. Mais le journal Le monde commençait aussi à mettre en scène des rancœurs arméniennes envers les Russes, et donc un sombre Comité européen pour l’élargissement de l’OTAN avait appelé à admettre l’Arménie dans l’OTAN et dans l’Union européenne, afin de supprimer la présence russe dans le Caucase. Sandis Khadanyan, député du parti au pouvoir a décidé de faire taire les rumeurs et à dit : « En ce qui concerne l’adhésion à l’OTAN, je n’en vois pas la possibilité pour des raisons techniques et politiques, et le gouvernement arménien n’a jamais exprimé son désir d’adhésion ». Comme on le voit l’OTAN – bras armé des Etats-Unis en Europe – poursuit une politique expansionniste très agressive, bien sûr « au nom de la paix et de la stabilité ». Ils poussent les provocations tous azimuts, cherchant la faille. C’est d’ailleurs pour contrer ce genre de fantaisie de l’Empire américain que les Russes ont proposé l’OTSC – Organisation du Traité de Sécurité Collective – difficile à mettre en place pour la satisfaction de l’Arménie, celle-ci étant prise en permanence entre deux feux, la Turquie et l’Azerbaïdjan. Mais pour l’instant, les manœuvres en vue de l’élargissement de l’OTAN ont échoué. On ne comprendrait pas d’ailleurs pourquoi l’Arménie prendrait le risque d’adhérer à l’OTAN qui est soi-disant un traité de défense des pays de l’Atlantique Nord, mis en place aux débuts des années cinquante pour contrer  une expansion imaginaire du communisme vers l’Europe de l’Ouest, et qui n’est plus qu’une milice qui intervient pour le compte des Américains un peu partout dans le monde.    

Mercenaires combattant pour l’Ukraine 

Combien de mercenaires payés par l’Occident en Ukraine ? Entre 12 000 et 15 000 disent les milieux un peu informés, dont près de la moitié serait des soldats de l’OTAN sous faux drapeau. Un tiers aurait été tué sur le front, un autre tiers s’est enfui à cause à la fois de la faiblesse des salaires et du sous-équipement fourni, il resterait environ entre 2 500 et 4 000 mercenaires près à se faire hacher. L’Ukraine, ou plutôt la CIA, a essayé de recruter dans le monde entier, en Afrique, mais aussi en Amérique latine, chez les très pauvres donc, car le salaire versé pour se faire trouer la peau est particulièrement bas. Au début on trouvait chez les mercenaires des néo-nazis, français, polonais, et autres qui venaient par « conviction » reprendre le combat perdu par Hitler, mais ce type de recrutement semble s’être tari au fil des défaites sur le terrain. Le groupe Mozart, société de guerre américaine, s’est retirée du jeu. Les Américains recrutent maintenant dans les pays d’Amérique latine, le Pérou, ou la Colombie, pour des salaires dérisoires, le simple combattant signe un contrat pour 800 € par mois[1] ! Mais récemment on a appris que les Colombiens n’étaient plus recrutés, car certains se seraient livrés à l’espionnage pour le compte de la Russie ! Or sur le terrain le déficit atlantiste en matériel humain est à l’avantage de la Russie qui surtout joue une partition défensive, laissant venir les attaquant, ils ont peu de pertes au contraire de l’armée ukro-atlantiste. Les difficultés de la contre-offensive expliquent le peu d’enthousiasme rencontré par les officines américaines pour recruter encore des mercenaires qui veulent bien prendre des risques, mais qui ne veulent pas se joindre à une cause perdue d’avance. 

L’image de Zelensky qui déjà n’était pas fameuse depuis quelques mois, à cause de ses menées dictatoriales, est maintenant ternie par ses tendances affairistes qui finiront bien par l’emporter. On sait, grâce à la BBC, que Zelensky a triplé sa fortune depuis le début de l’entrée de la Russie en Ukraine. On avait déjà eu des images d’une villa en Italie qu’il louait à des Russes pour 50 000 € par mois[2] ! Les médias occidentaux embarrassés par les frasques de leur « héros » ont dit que non, qu’en fait il ne louait pas aux Russes, mais sans en apporter la preuve. On a fait comme s’il était honteux de louer à des Russes, mais en vérité si cette villa est louée 50 000 € par mois c’est qu’elle vaut très certainement plusieurs millions. Et donc on comprend que pendant que son pays flambe du fait de sa soumission aux impératifs américains, il continue à s’occuper de ses affaires. Et que celles-ci rapportent beaucoup d’argent. On pourra toujours évoquer le fait qu’il avait déjà de l’argent avant la guerre, c’est la fable entretenue, mais il ne coupera pas à cette idée que tandis qu’il réclame toujours plus d’efforts financiers aux Occidentaux, lui ne dépense rien pour la guerre contre les Russes et continue à accumuler des biens et de l’argent. 

La villa italienne de Zelensky louée 50 000 € par mois 

Un journaliste égyptien vient maintenant de découvrir une villa que posséde Zelensky en Égypte[3]. Ce bien est enregistré au nom de sa belle-mère, Olha Kyiashko, et surtout a été récemment, c’est-à-dire après le début du conflit avec la Russie, acheté pour 5 millions de dollars ! Située dans un quartier huppé au bord de la Mer Rouge, elle jouxte celle de l’actrice Angelina Jolie. Les médias occidentaux ont tenté de dire que tout cela n’était pas prouvé, mais c’est un nouveau mensonge, destiné à cacher la merde au chat. En vérité ils se sont juste appliqué à dire qu’il n’y avait pas de preuve, mais ils n’ont rien démontré du tout. On sait par ailleurs que de nombreux hauts bureaucrates ukrainiens ont acheté des biens de luxe un peu partout dans le monde, en Égypte, en Espagne, en Italie. Ces biens ayant été acheté après le déclenchement du conflit, ils ne peuvent l’avoir été qu’avec l’argent de l’Occident, c’est donc bien un détournement criminel. Ces histoires de biens immobiliers de luxe – il y en a d’autres en ce qui concerne Zelinsky – montre que le prolongement de la guerre a pour conséquence, en dehors de détruire la jeunesse de ce pays, l’enrichissement d’une caste aux mains sales. L’Ukraine était déjà classé comme un des pays les plus corrompus du monde. Il n’est pas le seul, d’autres pays notamment ceux qui ont récemment adhéré à l’OTAN ou à l’UE, sont aussi dans ce cas. Et on comprend ainsi pourquoi la politique de ces pays ne prend aucune distance d’avec la politique américaine. En achetant des biens en Occident, les hauts bureaucrates préparent leur avenir et celui de leurs enfants, mais pas celui de leur pays. Les Américains, sur fond de campagne électorale pour 2024 commencent à s’intéresser à la corruption en Ukraine, c’est-à-dire au détournement des aides américains et européennes massives, et exigent que le ménage soit fait rapidement. Il y a du travail. Igor Kolomoivsky, celui qui a fait la carrière de Zelenski, vient d’être trahi par celui-ci, et arrêté au début du mois de septembre en même temps que le ministre de la défense Oleskii Reznikov était expatrié à Londres et remplacé par l’agent américain Rustem Umerov. Le degré de corruption de ces deux piliers du système Zelenski était pourtant connu depuis très longtemps. Mais ces changements posent plus de questions qu’ils n’en résolvent. Pourquoi maintenant ? Est-ce à dire que les Américains vont administrer indirectement l’Ukraine ? 

La villa égyptienne de Zelensky 

On a beau être complaisant, tout cela commence à se savoir et devient difficile à défendre dans les médias occidentaux. Et c’est aussi une des raisons qui fait que le soutien de l’opinion occidentale pour la guerre en Ukraine est en train de s’effriter sérieusement[4]. Les mauvaises nouvelles s’ajoutent, Elon Musk vient de sortir un livre à sa propre gloire, ce livre est signé Walter Isaacson[5]. Ce dernier est un habitué de la brosse à reluire pour les milliardaires américains, il avait aussi concocté une hagiographie de Steve Jobs sur le même domaine. Mais à cette occasion ce qui est plus intéressant c’est ce que Musk a affirmé. Sur son réseau social, X, anciennement Twitter, il dit : « Nous avons reçu une demande d'urgence des autorités gouvernementales pour activer Starlink jusqu'à Sébastopol. L'intention évidente était de couler la majeure partie de la flotte russe au mouillage. Si j'avais accepté leur demande, alors SpaceX serait explicitement complice d'un acte de guerre majeur et d'une escalade du conflit ». On en avait entendu parler à l’époque assez vaguement, mais là il confirme, il est le premier milliardaire américain à se détacher nettement de la doxa dominante. Ce message dit deux choses, la première est qu’une partie de la classe dominante ne croit absolument pas à la victoire de l’Ukraine, la deuxième est que dans cette guerre hybride, l’Occident ne peut pas gagner cette guerre sans une escalade et une mobilisation de tous ses moyens. Que les médias relaient complaisamment les affirmations de Musk, revient à dire qu’ils commencent – au moins aux Etats-Unis, en France la presse est beaucoup plus timide – à douter du bien-fondé de ce tonneau des Danaïdes qui consiste à dépenser sans limite pour l’Ukraine. Le général Mark Milley ne dit pas autre chose quand il constate que la contre-offensive de Kiev pour le compte de l’OTAN n’avance pas. 

 

Cerise sur le gâteau le Pape François a évoqué le 29 août dernier « l’héritage de la grande Russie »[6], ce qui a mis en fureur Zelensky. Évidemment ça peut paraître un peu dérisoire, mais en réalité on peut penser que c’est aussi un message envoyé aux catholiques, notamment les catholiques Polonais qui sont un précieux allié de Kiev. C’était aux Journées Mondiales de la Jeunesse à Lisbonne à la fin du mois de juillet et au début du mois d’août. Comme le G20, il s’est refuser de parler des agresseurs russes, il a expliqué que la guerre ce n’était pas bien, et qu’il fallait « bâtir des ponts », sous-entendant par là que les sanctions mises en place par Washington n’étaient certainement pas la solution et qu’il fallait user de la voie diplomatique. C’est le genre de discours qui plombe le pseudo-unanimisme de l’Occident sur la nécessité de poursuivre la guerre par tous les moyens. Le Pape n’a pas de divisions, ni de blindés, comme disait Staline, mais son attitude est celle d’un homme du tiers-monde qui critique l’idée des Américains d’entretenir une guerre sans fin. Comme sa figure est un symbole fort en Occident, on peut penser que c’est un caillou dans la chaussure de l’Oncle Sam. Il s’est taillé d’ailleurs un joli succès. 


[1] https://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2022/03/05/international-legion-of-territorial-defence-22866.html

[2] https://www.juristique.org/opinion/zelensky-loue-villa-italie-russes

[3] https://medium.com/@deborahlarmstrong/zelenskys-5-million-villa-in-egypt-fe3f80f76940

[4] https://www.ledevoir.com/opinion/idees/783395/idees-l-opinion-publique-face-a-la-guerre-en-ukraine

[5] Elon Musk, Fayard, 2023.

[6] https://www.tf1info.fr/international/le-pape-francois-evoque-l-heritage-de-la-grande-russie-kiev-l-ukraine-s-indigne-et-moscou-jubile-2267985.html

vendredi 8 septembre 2023

De l’isolement de la Russie à celui des Etats-Unis et de ses vassaux

  

Le Guerre en Ukraine est un événement historique décisif. Il va changer le cours de l’histoire, celle qui a été écrite par les Américains en 1945. Au-delà du fait que cette sale guerre a fait des centaines de milliers de morts, 400 000 du côté ukrainien et 50 000 du côté russe, c’est bien pour cela qu’elle nous interpelle et que nous sommes obligés de nous y intéresser. Comme nous l’avons répété depuis des années maintenant, les Américains ont provoqué la Russie, jusqu’à ce qu’elle entre en guerre. C’est ce qu’avait annoncé le néo-con George Friedman en 2015, précisant que le but des Etats-Unis était double, couper définitivement la Russie de l’Allemagne, ce qui affaiblirait en même temps les deux pays, et si possible provoquer l’éclatement de la Fédération de Russie afin de mettre la main sur ses ressources naturelles[1]. Quand le conflit en Ukraine s’est transformé par l’entrée de la Russie dans ce pays le 24 février 2022, les Américains, via l’OTAN et ses grandes têtes molles, n’ont plus su ce qu’il fallait faire. Manifestement pris de cours, ils ont juste empêché Zelensky et son gang de négocier, lui expliquant qu’ils allaient ruiner la Russie par des sanctions économiques et provoquer son isolement qui l’affaiblirait durablement. Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette vision des choses était totalement erronée. Au bout d’un an et demi de combats, la guerre en Ukraine entre la Russie et l’OTAN a complètement bouleversé le paysage géopolitique. La poussée de l’OTAN vers l’Est qui s’est poursuivie sans discontinuité depuis 1991 était devenue une menace existentielle pour la Russie et ne pouvait mener qu’à l’affrontement. 

 

Si cette poussée vers l’Est semblait   assurer une victoire facile des Etats-Unis contre la Russie, ça n’a pas été le cas, malgré les milliards de dollars quotidiens que Washington fournit à l’Ukraine, notamment en armement. Nous pouvons voir rapidement sur les cartes que c’est l’inverse de ce que prévoyait Washington qui s’est produit et que cette guerre est en train de provoquer au contraire l’isolement de l’Occident et à terme son appauvrissement. Au dernier sommet des BRICS, il a été décidé d’élargir les BRICS qui passeront en 2024 de cinq pays – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud – à onze[2]. Certes cet élargissement aurait eu probablement lieu même sans la guerre en Ukraine, mais celle-ci a joué manifestement un rôle d’accélérateur, rétrécissant l’aire de jeu de l’Empire étatsunien, et du même coup renforçant la position de la Russie dans le monde. 2023 avait marqué les esprits parce que les BRICS à cinq avaient dépassé le G7 en termes de PIB en PPA. Ce dépassement est encore plus important qu’on ne le croit si on se réfère au poids de l’industrie et de l’agriculture dans le PIB. Autrement dit le G7 ne produit rien d’autre que des services !  S’il y a encore quelques décennies on pouvait penser que c’était un signe de progrès que de se débarrasser des secteurs primaire et secondaire, grâce à la mondialisation, force est de constater que ce raisonnement ne tient plus debout : l’argent et les services ne se mangent pas. C’est d’ailleurs cette erreur de perspective qui a conduit les Etats-Unis, se croyant encore riches, à conduire la guerre en Ukraine d’une manière complètement erronée, aussi bien sur le plan stratégique que sur le plan tactique. En effet, quand les Américains et leurs valets européens ont « pensé » les sanctions – l’idiot Bruno Le Maire promettant l’effondrement économique de la Russie – ils n’ont pas compris que la Russie, n’ayant pas de dette extérieure, possédant une autonomie agricole forte et une industrie puissante capable de produire des munitions, pouvait tenir des années dans une guerre d’usure déclenchée par l’OTAN. Et c’est ce qui se passe sur le terrain, on voit que le camp occidental n’arrive plus à fournir des armes pour alimenter le conflit, ce qui laisse les soldats ukrainiens et les supplétifs étrangers – Polonais, Lettons, Américains du Sud – à la merci de l’attrition russe sur le front et le coût élevé en pertes humaines pour le camp otanien. Manifestement les stratèges du Pentagone ont pensé que l’armée russe n’était pas capable de suivre le train de la production d’armement, sous-estimant la valeur de ce segment de l’industrie, comme ils sont sous-estimé la dynamique économique et diplomatique des BRICS, car contrairement aux Etats-Unis qui ne manient que la trique, la Chine et la Russie font de la diplomatie. On en voit le résultat en Afrique ! 

 

Si je regarde le tableau ci-dessous, je vois que les BRICS a onze pays dépassent le G7 dans tous les domaines, que ce soit sur le plan de la population, de la production agricole, de la production industrielle, mais aussi en ce qui concerne les réserves de pétrole ou la production de métaux. Les pays qui ont rejoint les BRICS, ne sont pas des petits pays en voie de clochardisation – à part l’Éthiopie – sur ces six pays, quatre possèdent des ressources pétrolières importantes. Les Émirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite sont des nations majeures sur le plan géopolitique qui possèdent aussi de grandes ressources énergétiques. Jadis c’était des pays soutiens des Etats-Unis. Cette adhésion va renforcer la politique russe et chinoise au Moyen-Orient. Cette nouvelle politique américaine qui devait être mise en place après la guerre en Irak, est manifestement un fiasco, les Etats-Unis n’ont plus de point d’appui dans la région. L’Argentine qui a tant souffert de la tutelle américaine et de la dollarisation de son économie, vient également d’adhérer aux BRICS, ce qui veut dire que les deux pays les plus importants de l’Amérique du Sud y sont maintenant, réduisant de fait l’influence des Etats-Unis sur le continent. Les Etats-Unis ont mauvaise presse dans toute l’Amérique latine, et ces déconvenues montrent qu’ils ne maitrisent plus rien. Le Mexique leur tourne également le dos. Et à terme le Venezuela et le Mexique pourraient rejoindre les BRICS. D’autres pays ont déposé une demande d’adhésion, et parmi eux l’Algérie et la Turquie, en tout une quinzaine de pays.

 

Si on résume ce qui se passe en Afrique et au Moyen-Orient, nous voyons que les Etats-Unis et la France se sont fait éjecter, remplacés par les Russes et les Chinois. Évidemment les BRICS ne sont pas qu’un ensemble économique puissant, leur puissance économique est le support d’une puissance politique et militaire dont on n’a pas pris la mesure encore et qui s’est développée sur l’imbécilité de la politique étrangère américaine, suivie par ses valets occidentaux. Les Etats-Unis ont en effet mis la main sur le système politique de l’ensemble des pays occidentaux, via des hommes et des femmes de paille, Josep Borell, Ursula von der Leyen, Hollande et Macron en France, Meloni en Italie, etc. Au moment de la ruineuse guerre en Irak, la France pouvait encore faire entendre une voix dissidente par l’intermédiaire de Dominique de Villepin, ça ne peut plus exister aujourd’hui, la France et généralement l’ensemble des pays européens n’ont plus de classe politique qui donnerait un peu de la voix contre l’expansionnisme américain. Récemment les pitres de l’écologie politique, censément de gauche, Julien Bayou en France[3], Annalena Baerbock en Allemagne[4] se sont révélés les pires va-t-en-guerre en soutien à l’OTAN et à ses projets criminels. Mais plus les Américains contrôlent la classe politique occidentale, tout en ruinant ses partenaires européens sur le plan économique et plus le reste du monde semble entrer en dissidence. Autrement dit, plus l’Occident global existe dans une vassalisation extrême vis-à-vis des Etats-Unis, et plus son ère d’influence se restreint. 

 

Dans son éditorial du 27 août 2023, Le monde se gaussait du fait que les BRICS, contrairement à l’OTAN et à son pendant politique l’UE, était construit sur la base d’une grande disparité des pays qui la composent. C’est vrai, mais l’Algérie vient d’être recalée pour son entrée dans les BRICS parce qu’elle avait un PIB trop faible ! L’Inde apparaît comme un partenaire assez peu fiable, et la Turquie qui frappe à la porte ne le semble guère plus. Mais les pays européens qui sont dans une position de vassalité étrange vis-à-vis de Washington, ne sont pas moins hétéroclites. Sur le plan économique, les pays comme l’Italie, la Grèce ou la France, souffrent énormément de leur appartenance à l’UE, l’euro étant une croix à porter pour leur propre développement. La Hongrie ne soutient pas les sanctions économiques contre la Russie[5] et refuse d’aider l’Ukraine. Il n’y a presque rien de commun entre la logique revancharde de la Pologne[6] et des pays baltes vis-à-vis de la Russie dans la guerre avec l’Ukraine avec celle des pays du sud de l’Europe. L’OTAN n’est pas non plus très unie et à la merci du chantage de la Turquie sur presque tous les problèmes. Cette Turquie qui est aussi bien membre du G20 et qui voudrait être acceptée par les BRICS ! 

 

En dehors des nouveaux pays adhérents, il y a encore une quinzaine d’autres pays qui souhaitent se rattacher aux BRICS. Jusqu’à une date très récente, les Etats-Unis apparaissaient comme des leaders naturels pour trois raisons : d’abord sa richesse, ensuite sa puissance militaire et enfin sa capacité à organiser le monde autour de ses intérêts égoïstes. Mais sa richesse aujourd’hui apparait illusoire, c’est le pays le plus endetté du monde, souvent on mesure cet endettement à partir de la dette publique qui est déjà colossale, mais à cela il faut ajouter trois choses : le déficit extérieur de son commerce qui rend le pays dépendant pour presque tout, y compris les médicaments et les puces électroniques, puis la dette des ménages, et enfin celle des entreprises. Les Etats-Unis vivent donc complètement à crédit, assis sur une montagne de dettes dont le montant s’élève à 410 % de son PIB[7]. Tant que le dollar est la monnaie reine des échanges commerciaux, ça peut tenir encore un peu, mais plus le rôle du dollar sera minimé dans les échanges commerciaux et dans les investissements étrangers, plus il sera difficile de tenir le cap. Ensuite la guerre en Ukraine a montré que les Etats-Unis n’avaient tout simplement pas les moyens de soutenir une guerre de haute intensité à la fois contre la Russie et contre la Chine. Le roi est nu ! Et c’est cette nudité qui a donné du corps à une autre organisation des rapports entre pays qui échappent à la tutelle de Washington. Les stratèges américains ont parié sur l’isolement de la Russie, ils ont perdu leur pari. Ils ont tenté de faire croire que la Chine pour des raisons commerciales ne suivrait pas la Russie et la laisserait tomber. Les médias occidentaux, Le monde en tête, ont relayé stupidement cette fable. C’est l’inverse qui s’est passé. Et c’est compréhensible pour une raison simple, si la Russie est trop affaiblie, les Etats-Unis auront plus de facilités pour lancer une offensive militaire contre la Chine qui est programmée pour 2025 – mais qui aujourd’hui semble avoir du plomb dans l’aile. On remarque à ce propos que les deux derniers vieux présidents de ce malheureux pays ont été des présidents guerriers, négligeant les voies de la diplomatie. Le premier ne voulait pas d’une confrontation avec la Russie, non pas parce qu’il n’était pas dans une logique d’affrontement, mais parce que pour lui la grande confrontation devait avoir lieu avec la Chine. Quant au second, il est depuis longtemps un ennemi de la Russie et son fils fait des affaires en Ukraine ! Mais malgré tout le mal qu’on peut dire de ces vénérables vieillards, ce ne sont pas eux qui décident de la guerre, mais « les cinglés du sous-sol » du Pentagone comme les appelait George H. Bush, qui poussent tout le temps à la guerre de partout dans le monde, affiliés qu’ils sont au lobby militaro-industriel.

 

Le quinzième sommet des BRICS couronné par l’adhésion de six pays nouveaux, a donc été un vrai succès diplomatique. Il entérine d’abord le fait que la Russie a renforcé sa position dans le concert des nations. À l’inverse la position de Washington ressort nettement diminuée. En vérité il faut comprendre que la dégringolade économique des Etats-Unis s’est accompagnée de toute une série de défaites ruineuses depuis la fin de la guerre du Vietnam. Son armée n’est pas capable de gagner autrement que contre de tous petits pays, la Serbie, Grenade, voire l’Irak. Mais elle perd en Syrie, en Afghanistan, et en Ukraine. Cela se voit et cela se sait, même si dans l’Occident global on met le couvercle dessus. Ce quinzième sommet des BRICS signe l’avènement d’un monde multipolaire, et le déclin de l’Empire américain. Récemment les Indiens et les Russes se sont occupés d’envoyer des sondes sur la Lune. C’est coûteux et sans intérêt, sauf que cela démontre que sur le plan de la technologie les BRICS ont maintenant de gros moyens et ne sont sûrement plus distanciés dans la course à l’innovation. Longtemps la mondialisation à l’américaine a voulu croire à sa supériorité technologique, là encore le voile se déchire. Le réveil est cruel et difficile. En tant qu’Occidentaux, nous ne pouvons pas nous réjouir de cette déconfiture qui accompagne aussi un effondrement de la culture occidentale. Cela évolution va de pair d’ailleurs avec le fait que ces pays ont fait de gros efforts pour développer une éducation de haut niveau, et les résultats sont là, alors qu’on se lamente de l’effondrement des niveaux scolaires dans les pays occidentaux, les pays d’Asie trustent les premières places des tests PISA[8] 

 

Le prochain pays qui pourrait peut-être adhérer aux BRICS est un poids lourd de l’économie mondiale qui a une croissance très rapide. Il s’agit de l’Indonésie, les Russes y poussent. C’est un autre pays pétrolier important, déjà les BRICS contrôlent aujourd’hui entre 70 et 80 % des réserves pétrolières et gazières, avec l’Indonésie dans les BRICS, ce sera au moins 85%. C’est énorme, mais le fait que l’Indonésie se tourne pour son développement vers les BRICS, contestant du même coup le dollar, montre que le reste du monde non-occidental n’a pas besoin des marchés des pays riches, mais il est clair que l’Occident, en dehors des Etats-Unis, ne pourra pas fonctionner sans les pays pétroliers. L’Europe n’a guère de marges de manœuvre en la matière. L’Indonésie c’est encore près de 280 millions d’habitants, un pays peu endetté, comme tous les pays des BRICS d’ailleurs, avec un taux de chômage faible et une croissance quatre fois plus rapide que celle de la France et de l’Allemagne. La masse de ces pays qui ont déjà commencé à se développer, interdit d’imaginer que les États-Unis puissent les soumettre militairement, ils n’en ont pas les moyens militaires tout simplement, la Guerre en Ukraine l’a démontré. Cela prendra peut-être du temps, mais les États-Unis et l’Europe vont devoir travailler sur le plan diplomatique afin de rompre leur isolement qui risque de les plonger pour longtemps dans le marasme économique. Au lieu de vouloir imposer un leadership par la force des armes comme au temps des guerres de l’opium, il est temps que la diplomatie reprenne ses droits. Les occidentaux tentent de se rassurer en se disant qu’une telle réunion de pays disparates ne peut pas porter un projet politique et civilisationnel. C’est bien possible, mais à l’inverse on voit clairement que l’Union européenne a échoué à être autre chose qu’une marionnette dans les mains de Washington. L’hypothèse de Jacques Sapir est que les BRICS – ou l’OCS – pourraient mettre en place une monnaie commune, et non une monnaie unique, autrement dit que chaque pays conserverait sa propre logique de développement, mais coopérerait avec les autres sans coercition réglementaire, ce qui respecterait la souveraineté des pays membres. En tous les cas l’Indonésie a commencé à réfléchir à se passer du dollar, c’est un signe d’émancipation qui ne trompe pas[9]. La conclusion évidente de tout cela est qu’en cherchant à isoler la Russie en engageant la guerre en Ukraine, l’Occident global a produit l’effet inverse, l’histoire s’est accélérée vers non seulement une plus grande émancipation des pays émergents, mais aussi vers un isolement de l’Occident comme le lamentable échec de la politique Macron en Afrique l’a montré. Cette année l’Occident risque de sombrer dans une crise économique de grande ampleur, ses pays sont très endettés, et en resserrant les taux aux Etats-Unis comme en Europe, il semble qu’on se résigne à plonger dans la dépression. En Europe le nombre des faillites augmente régulièrement depuis le début de l’année 2023, officiellement l’Europe est entrée en récession[10]. L’inflation reste très élevée, en Allemagne, mais aussi dans toute l’Union européenne. 

 

Mais le plus grave est sans doute que, sur le plan de l’économie, l’Europe décroche par rapport aux Etats-Unis, devenant le parent pauvre de l’Empire[11]. Une des raisons à cela c’est que l’économie allemande est en récession consécutivement à la guerre en Ukraine. Au cœur de ce grand écart entre l’Empire et ses régions vassales, il y a ce qu’on nomme pudiquement la crise de l’énergie, mais qui n’est qu’un des résultats du conflit et du sabotage des gazoducs Nord Stream par les Américains[12]. Évidemment cette coupure entre l’Allemagne et la Russie qui était programmée comme un des buts de guerre de Washington, profite économiquement aux Etats-Unis. On voit en quels termes il est dangereux d’être allié des Etats-Unis ! Mais l’effondrement de l’Allemagne, où le nombre de faillites a explosé[13], va sûrement laisser des traces, et il est possible que pour se redresser ce pays liquide, au moins sur le plan politique, les traitres qui les ont menés dans cette impasse, de Merkel à Scholz et à Baerbock. Cette rébellion de l’Allemagne contre l’Empire prendra sans doute un peu de temps, mais elle viendra. Et à partir de ce moment il faudra bien poser la question des rapports de l’Europe avec le reste de l’Empire. Il se pourrait que consécutivement l’Union européenne se délite rapidement, qu’y a-t-il de commun entre les pays baltes et la Pologne d’un côté qui veulent une guerre à outrance avec la Russie et la Biélorussie – ce sont eux qui soutiennent en premier la politique pro-américaine de von der Leyen et de Josep Borrell – et les pays comme la Hongrie, l’Autriche et l’Allemagne, avec dans une moindre mesure la France, l’Espagne et l’Italie qui trainent les pieds pour satisfaire les caprices de Washington et qui voudraient bien que cette fantaisie cesse ? Tout ça pendant que l’agent des Américains, Sylvie Kaufman, pseudo-journaliste du Monde, fait semblant de s’apitoyer sur les problèmes entre la Chine et l’Inde[14]. Malgré les bouffonneries de Kiev et de Stoltenberg, aujourd’hui personne ne voit comment les Etats-Unis peuvent gagner la guerre contre la Russie, Biden a beau annoncer tous les deux jours qu’il rajoute tant de millions ou de milliards, la contre-offensive a échoué. Le 13 aout 2023 Biden demandait 13 milliards de dollars pour l’Ukraine[15], le 8 septembre Anthony Bliken annonçait encore un milliard de plus[16] ! On se demande quand ce poker-menteur s’arrêtera ! Cette fuite en avant montre que les Etats-Unis ont une peur bleue de perdre cette guerre ruineuse. Ils ont au moins conscience que ce serait le début de la fin de l’hégémon et cela renforcerait à la fois leur isolationnisme naturel et cette angoisse d’un enfermement, d’une mise à l’écart de la marche du monde. C’est pour cette raison que certains craignent un engagement de l’OTAN – mais avec quoi ? – ou une guerre nucléaire, option qui est étudiée par le Pentagone en ce moment. 

Bliken annonce le 7 septembre un nouveau milliard pour l’Ukraine ! 


[1] https://www.youtube.com/watch?v=QeLu_yyz3tc

[2] https://www.francetvinfo.fr/monde/sommet-des-brics-six-nouveaux-pays-integrent-le-bloc-des-pays-emergents_6022967.html

[3] https://www.leparisien.fr/politique/ukraine-julien-bayou-etrille-un-sarkozy-achete-par-la-russie-17-08-2023-I5GJCM6BCFDB3DGE5YKOSZFYGU.php

[4] https://www.latribune.fr/economie/international/guerre-en-ukraine-la-cheffe-de-la-diplomatie-allemande-decue-du-faible-impact-des-sanctions-973763.html

[5] https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/sanctions-contre-la-russie-la-hongrie-n-a-gele-qu-un-peu-plus-de-3-000-euros-d-avoirs-russes-denonce-bruxelles-933009.html

[6] https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-est-a-nous/guerre-en-ukraine-tensions-a-l-est-la-pologne-veut-se-doter-de-la-plus-grande-armee-d-europe_5912405.html

[7] https://elucid.media/economie/etats-unis-dette-totale-atteint-410-pib/

[8] https://www.bbc.com/news/education-25187997

[9] https://lecourrier.vn/lindonesie-sapprete-a-pousser-la-dedollarisation/1179146.html

[10] https://www.lefigaro.fr/flash-eco/la-zone-euro-en-recession-debut-2023-le-pib-revu-a-la-baisse-par-eurostat-20230608#:~:text=Apr%C3%A8s%20une%20r%C3%A9vision%20statistique%2C%20l,jeudi%20par%20l'organisme%20Eurostat.

[11] https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/09/05/l-ecart-de-pib-est-desormais-de-80-entre-l-europe-et-les-etats-unis_6187928_3232.html

[12] https://seymourhersh.substack.com/p/how-america-took-out-the-nord-stream

[13] https://www.euractiv.fr/section/economie/news/insolvencies-on-the-rise-in-germany-amid-economic-downturn/

[14] https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/09/06/dans-un-systeme-international-en-pleine-fragmentation-la-rivalite-entre-la-chine-et-l-inde-s-exacerbe-a-l-ombre-du-g20_6188029_3232.html

[15] https://www.lefigaro.fr/international/biden-demande-au-congres-13-milliards-de-dollars-supplementaires-d-aide-militaire-pour-l-ukraine-20230810

[16] https://video.lefigaro.fr/figaro/video/les-etats-unis-annoncent-une-nouvelle-aide-a-lukraine-dun-montant-de-plus-dun-milliard-de-dollars/

lundi 4 septembre 2023

Journalisme et propagande, c’est un mauvais mariage

  

Le secteur de la presse dite d’information, quotidiens et hebdomadaires, se plaint régulièrement d’une indifférence du public à son endroit. Et en vérité, c’est juste le résultat de la médiocrité confondante des « journalistes » qui sont déformés par l’éducation à la servitude qu’ils ont reçu dans des officines du type Sciences Po ou Écoles de Journalisme. Ils n’ont toujours pas compris que de suivre les fake-news dans les médias officiels ou sur les réseaux sociaux dits complotistes, c’était finalement la même chose. L’éloignement du public de la presse, explique que ce secteur doit être subventionné. Pourquoi ? Parce que sinon on laisse le vide et finalement les citoyens se forger une opinion. Prenez le cas de L’express et du Point, les deux plus anciens hebdomadaires d’opinion néolibérale, giscardiens à l’origine, atlantistes bien sûr et évidemment macroniens. En 2020 L’express touchait 466 000 € de subvention, puis plus de 800 000 en 2021, une augmentation de près de 100%. En 2020 Le Point obtenait 171 000 € de subvention, mais plus d’un million cent pour 2021, soit une hausse de près de 550 % ! Ces deux torchons ne sont pas près de s’émanciper de quoi que ce soit. Ce ne sont plus des journaux, mais des tracts. L’Express fait sa couverture sur Zelensky, Tenir ! est le mot d’ordre atlantiste, sous-entendant par là qu’il faut encore plus d’armes pour faire la guerre à la Russie. Mais c’est une guerre pour la paix ! La preuve ? Zelensky pose avec un gilet pare-balles – donc il se défend – et avec des fleurs – donc il est bien pour la paix ! La couverture de ce numéro nous indique : que le capitalisme sauvera le monde, on le dit sans rire, comme si ce système de destruction massive de la nature n’avait pas sa part dans la dégradation continue de l’environnement. L’autre nouvelle, écrite en noir sur fond jaune, c’est le slogan de Raphaël Glucksmann Non à la soumission à Poutine. Ce slogan sous-entend en réalité que la soumission aux Etats-Unis – dont il est un agent – c’est plus acceptable que la soumission à Poutine !!! Le but de ces slogans n’est pas de convaincre des lecteurs qui la plupart du temps ne lisent pas les articles, mais de justifier ex-ante l’escalade militaire dans la guerre à la Russie. Le point n’est pas en reste, il prétend que dans son interview Macron s’explique – La grande explication – ce titre est là pour apater le client, histoire de lui fait croire que Macron, président par intérim, non seulement à quelque chose de personnel à dire, mais qu’en plus il agit. Vu l’état du secteur de la santé, de l’éducation, de la gabegie de l’énergie, on voit bien pourtant qu’il ne fait strictement rien, à part donner de l’argent à ses amis très riches, et détruire tout ce qui marchait encore un peu en France. Cet individu qui n’a vu venir – selon ses propres mots – la révolte des banlieues aussi bien que l’éviction de la France en Afrique, nous dit qu’il va faire des lois, et encore des lois, supposant que tous les problèmes de la France se résumeraient à un déficit de travail législatif ! Sur l’Ukraine et la Russie, Le Point est à l’unisson de L’Express. Il va donc chercher Khodorovski pour commenter la situation, appelé « opposant », mais en réalité lui aussi agent stipendié des Etats-Unis. Dans ces deux organes de propagande, vous ne lirez rien sur les bombardements ukrainiens sur le Donbass qui durent pourtant depuis 9 ans maintenant ou sur la Russie. L’idée générale est de faire croire que la Russie sans Poutine ce serait un pays acceptable, pour peu que les Russes aident à l’épuration ethnique dans le Donbass et en Crimée, et qu’ils laissent les Américains « investir » en Russie dans le pétrole, le gaz et les ressources naturelles. Ce n’est pas rien de le dire que si la presse française est sans humour, elle prend également ses rares clients pour des imbéciles. 

 

Il est évident que les journalistes – même honnêtes s’il y en a – ont forcément des opinions et ne sont pas neutres. Le problème c’est qu’ils ont tous peu ou prou le même langage et les mêmes opinions, sauf sur des sujets minuscules et qui n’intéressent personne. L’Humanité est censée être un journal de gauche, le journal de Jaurès. Il faut le dire très vite. Alors que la planète brule de toutes les manières possibles – feux, guerre, réchauffement climatique – ce triste journal nous parle de Médine ! Un non sujet. Déjà laisser croire que Médine, c’est de la « culture » c’est une escroquerie intellectuelle, mais titrer que cet individu combat l’antisémitisme, ça dépasse tout. Le plumitif de L’Humanité n’est pas au courant ? Le 10 août, le rappeur engagé à gauche a qualifié l'artiste et essayiste franco-gambienne Rachel Khan de « resKHANpée », à savoir une « personne ayant été jetée par la place hip-hop, dérivant chez les social traîtres et bouffant au sens propre à la table de l'extrême droite », a-t-il écrit dans un tweet. Alors pourquoi L’Humanité se laisse aller à ce délire ? d’abord parce que c’est une manière de dire que la gauche – et donc le parti communiste – n’ont rien à dire sur le reste, la Guerre en Ukraine, le sommet des BRICS, l’Europe, etc. pour masquer ce vide béant, une bonne polémique c’est pas mal. L’Humanité a touché 4,5 millions d’euros en 2020 et 5,2 millions en 2021 ! Ce n’est pas en parlant de Médine comme d’un malheureux incompris que ce journal remontera son lectorat. La gauche s’est ridiculisée avec les farces de Médine, en invitant ce trouble individu à ses universités d’été.

Paris Match qui, depuis longtemps a misé sur les photos, a invité Sarkozy à prendre la pose sur fond bleu azur et avec sa femme à ses genoux. Le but n’est pas vraiment de demander ce qu’il pense de la situation politique – on voit qu’il s’est fait cracher dessus pour des propos de bon sens sur l’Ukraine, « négocier ». C’est en réalité un reportage promotionnel pour le nouveau livre qu’il a signé mais probablement pas écrit[1]. Comme on le voit, la boucle se boucle sur elle-même :  le livre est promotionné par Paris Match, mais à son tour il aide à la promotion de Paris Match, d’autant mieux que les propos de Sarkozy sur la Guerre en Ukraine ont engendré une bonne polémique. On a vu le très ubuesque ambassadeur d’Ukraine à Paris, non seulement fustiger la liberté d’expression d’un ancien président français de la République, mais en plus avancer qu’il allait voir si on ne pouvait pas le traîner devant un tribunal pour complicité de crimes de guerre[2] ! Si on suit bien cette polémique qui va aider à la vente de Paris Match et du livre de Sarkozy, il est interdit en France – bien qu’officiellement nous ne soyons pas en guerre avec la Russie – d’émettre un avis divergent avec la doctrine du Pentagone sur la Guerre en Ukraine. Les politiciens, les journalistes disent cela sans rire. Julien Bayou, crétin de l’écologie politique, défend lui aussi comme Baerbock une écologie guerrière envers la Russie, il s’est fait remarquer en disant que le point de vue de Sarkozy n’était pas acceptable parce que justement il remettait en cause l’idée simplette selon laquelle Poutine est le seul coupable et le seul responsable dans ce conflit qui n’a que trop duré[3]. 

La mort de Prigogine a été une nouvelle occasion pour que la gauche et ses journaux se discréditent encore plus. L’Humanité et Libération ont attaqué sur le mode atlantiste : Poutine a fait assassiner Prigogine, c’est donc bien la preuve qu’il est un dictateur. Ce n’est pas du tout que je considère que la mort de Prigogine soit un simple accident, l’hypothèse qu’il ait été assassiné est sans doute la plus probable. C’est la manière de traiter cette affaire qui est gênante. Il est très probable que Prigogine ait été assassiné. Mais cette présentation tend à faire croire que Poutine déciderait tout, tout seul dans son coin et que le reste de son équipe ne serait que des exécutants des basses œuvres. Pourtant nous savons deux choses : la première est que d’autres personnes que Poutine avaient des bonnes raisons de supprimer Prigogine, d’abord au sein même de Wagner, les « militaires » qui avaient l’expérience du feu, trouvaient qu’il compromettait le rôle de cette armée. Ensuite, Prigogine était effectivement un criminel dont l’activité ne pouvait plus être couverte par la raison d’État. Rappelons que Libération et L’Humanité sont les quotidiens les plus aidés en 2022, pour le premier c’est 6,7 millions d’euros d’aide, pour un tirage de 100 000 exemplaires, et pour le second 5,1, pour un tirage quasi confidentiel de 37 000 exemplaires – encore que ces chiffres nous paraissent volontairement gonflés des exemplaires vendus en solde aux compagnies d’aviation ou d’autres acheteurs collectifs. Pour le reste vous ne trouverez rien que l’échec de la contre-offensive ukrainienne dans les journaux subventionnés part l’État. Les seules maigres traces c’est le commentaire hargneux des remarques de bon sens de Sarkozy. Tout en ménageant un semblant de différence, les médias mainstream ou subventionnés font bloc. Ils font bloc sur la question ukrainienne, comme ils l’ont fait sur le vaccin et comme avant encore ils l’ont fait sur les Gilets Jaunes. 

 

Évidemment la veulerie des médias français n’est pas près de rabibocher le peuple avec le système dominant d’information. Le graphique ci-dessus montre le désamour des pays occidentaux d’avec leurs médias, pour la France, cela semble être encore plus fort. Il est bien possible qu’entre 2020 et 2023, ce soit encore un peu plus détérioré, non seulement les prévisions stupides des journalistes se sont avérées totalement erronées, que ce soit en ce qui concerne l’efficacité du vaccin, ou l’effondrement de l’économie russe, mais en jouant uniquement sur les peurs des citoyens, ils se sont encore plus déconsidérés. Par exemple ils ont substitué le fascisme supposé de Marine Le Pen au fascisme bien réel du caractériel Macron, afin de le faire réélire. Mais en jouant sur ce terrain, ils décrédibilisent tout ce dont ils parlent. Par exemple, alors que le réchauffement climatique est bien réel et ravageur, il y a de plus en plus de Français qui refusent d’y croire, parce qu’ils refusent par définition la propagande gouvernementale du type prenez des douches froides, éteignez les lumières, alors que pendant ce temps les milliardaires et le gouvernement se livrent au concours de celui qui dépensera le plus ! 


[1] Le temps des combats, Fayard, 2023

[2] https://www.bfmtv.com/international/europe/ukraine/des-propos-qui-ne-sont-pas-acceptables-nicolas-sarkozy-critique-par-l-ambassadeur-d-ukraine-en-france_AN-202308220583.html

[3] https://www.lemonde.fr/politique/article/2023/08/17/nicolas-sarkozy-sur-la-russie-des-propos-honteux-pour-son-ancien-collaborateur-jerome-poirot-une-faute-terrible-pour-julien-bayou_6185696_823448.html

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