vendredi 7 juillet 2023

Les responsabilités dans la mort de Nahel

   

« Mal nommer un objet, c'est ajouter au malheur de ce monde. »  Albert Camus[1]

Manifestement, le gouvernement ne sait pas quoi faire, en dehors du sempiternel slogan de restaurer l’ordre. Macron a montré son désarroi, ne comprenant pas ce qui se passait, il n’avait rien de sérieux à proposer, ses ministres étaient tout autant que lui la tête dans le cul. C’était visible à chaque intervention d’un membre du gouvernement, l’ignoble Borne, appuyée par les plumitifs du Monde, en a profité pour s’attaquer à Mélenchon, je n’aime pas Mélenchon, mais il n’est en rien responsable de cette situation de guerre civile. Les habitants des ghettos savent peut-être qui il est, mais ils ne l’écouteront jamais, surtout pour un appel à la révolte ou pour un appel au calme. Croire que sa parole aurait un poids dans les « quartiers », relève de l’imbécillité et de la malveillance. Le décès de Nahel M. comme on l’appelle dans les journaux a été compris en trois temps : d’abord le fait qu’un policier qui manifestement n‘avait pas ses nerfs tire sur un jeune apprenti délinquant de banlieue. L’émotion a été énorme bien entendu, et peu se sont réjouis de sa mort. Ensuite on a essayé de tenter de dire qu’au fond le policier n’était pas coupable, que ce Nahel M. n’avait qu’à s’arrêter que peut-être il avait tenté de rouler sur le policier. Enfin il y a eu l’insurrection des quartiers où sont stockés les immigrés et les descendants d’immigrés, avec le feu et les pillages. Là l’opinion s’est retournée, un récent sondage Ifop souligne que 57% de la population gardent leur confiance dans les forces de l’ordre, consécutivement aux pillages[2]. Ce qui veut dire deux choses, d’abord que les exactions des jeunes des ghettos ont fait passer au second plan celles de la police qui sont pourtant bien documentées depuis la crise des Gilets Jaunes en 2018. Ensuite que la majorité du peuple français considère que l’immigration et ses descendances c’est un problème sérieux pour le pays. Contrairement à ce qui s’était passé en 2005, les émeutes consécutives à la mort de Nahel n’étaient plus concentrées dans la région parisienne et les grandes villes française, mais elles ont été réparties sur tout le territoire, avec une explosion dans l’Ouest de la France, territoire où d’ailleurs les manifestations contre la réforme des retraites avaient pris une tournure insurrectionnelle. Il est donc évident que « le mal » s’est étendu en quelques années sur le plan géographique. Ce qui va rendre de plus en plus difficile le maintien de l’ordre au fur et à mesure que les émeutiers se rendent comptent de leur puissance « politique ». Ils savent qu’ils ont pour eux la mobilité, la jeunesse, le nombre, et que la répression d’un tel mouvement est bien plus compliquée que celle des manifestations syndicales traditionnelles où on annonce à l’avance où on sera et ce qu’on va faire. Cette généralisation de l’émeute à tout le territoire français est la nouveauté de ces derniers jours. La mort de Nahel a été le déclencheur, cela aurait pu être tout autre chose, le terrain était prêt. 

Source Le Monde 

On remarque que les violences liées au mouvement des Gilets Jaunes ou aux manifestations des retraites étaient relativement admises, contrairement à celles qui sont en rapport avec l’immigration et sa descendance. Autrement dit quand les Gilets Jaunes se rebellent ou quand on manifeste contre la réforme des retraites, on y voit le peuple français qui s’oppose au tyran Macron. Quand ce sont les jeunes des ghettos, on y voit les prémices d’une guerre civile, un danger pour la France. Christophe Guilluy dans un article du 6 juillet 2023 publié dans Marianne soulignait que les banlieues ne se résumaient pas aux jeunes révoltés ou aux trafiquants de drogue, c’est exact. Certains arrivent à s’en échapper, mais ils sont rapidement remplacés par de nouveaux venus, et cela reste des ghettos avec trois caractéristiques : un taux de chômage élevé, un sous-équipement en services publics, notamment éducatifs, flagrant et enfin une sur-délinquance. Mais il est évident aussi que la mort de Nahel n’a été que le prétexte de la révolte. Il y a donc bel et bien une situation qu’à la base on a laissé pourrir, Macron a de lourdes responsabilités quand il avait fait le malin en appelant Jean-Louis Borloo à la rescousse pour construire une sorte de politique de la ville rénovée, et qu’ensuite il avait congédié sèchement. Je ne suis pas certain que ce plan ait été suffisant pour éviter le pire, mais il est clair que Macron l’a mis à la poubelle, sans avoir rien d’autre à proposer, en s’en foutant complétement, démontrant une fois de plus que cet individu n’apprend rien, et que les pistes qu’il avance ne sont que des éléments de langage de communicant[3]. 

 

En 2015, Le Journal Du Dimanche publiait une carte des « ghettos », listant « les zones à problèmes »[4]. Pour une fois on nommait clairement ce que sont ces zones que Le Monde appelle pudiquement « les quartiers ». En France on répugne à parler de « ghettos », parce que cela rappelle par trop la situation pourrie des grandes villes américaines où l’embrasement est régulier sur fond de guerres ethniques, voir la récente affaire George Floyd, situation qui est le résultat d’un multiculturalisme délétère. Voilà ce qu’écrivait alors le JDD : « Dans ces quartiers, une personne sur deux vit avec 900 euros par mois. Le taux de chômage y est de 23% – contre 9,7% au niveau national – et culmine à 45% chez les moins de 25 ans, malgré les emplois aidés. » Ce sont des chiffres, des moyennes qui masquent en réalité des disparités énormes. Si à Marseille on prend des cités comme La Busserine ou La Castellane, le taux de chômage doit être plutôt suéprieur à 50%. Il est clair que la misère de ces ghettos, alliée à la pression religieuse sont des facteurs de sécession d'un nombre croissant de territoires de la République. L’étonnant n’est pas dans l’irruption de ces émeutes, mais plutôt dans le fait qu’elles n’aient pas eu lieu avant. Que Macron et son gang se soient déclarés surpris de cette irruption violente, montre à quel point ces gens non seulement sont déconnectés, mais aussi leur faiblesse intellectuelle. Que ce soit dans la dimension sécuritaire, économique et politique, il est clair qu’ils portent une responsabilité énorme, même si ces problèmes des ghettos n’ont pas été créés par Macron lui-même, ils ont été clairement aggravés pour deux raisons : le sabotage continuel de la protection sociale, le sabotage d’une politique du logement social, et ensuite cette tentation de s’en remettre au pouvoir de la police pour continuer le pillage et le démembrement de la France. Le 5 juillet Le Monde annonçait deux mesures envisagées par l’exécutif : d’abord un flyer produit et distribué par Dupont-Moretti pour rappeler aux parents leur devoir de serrer la vis à leurs rejetons turbulents[5]. C’est risible d’impuissance et de stupidité, sans doute une idée vendue par McKinsey. Et puis voilà Macron qui après avoir fustigé les jeux vidéo comme déclencheur de la violence sociale, a envisagé de couper les réseaux sociaux pendant les émeutes[6] ! 

 

Une obscure sociologue explique benoîtement dans Le Monde que tout ça, c’est la faute d’une mauvaise éducation des garçons qui sont trop imprégnés des valeurs viriles, donc on devrait leur faire de la danse plutôt que du football[7] ! Peut-être veut-elle les mettre de force dans des camps de rééducation repeints en rose ? Toute solution dès lors qu’elle est farfelue et stupide, a droit de citer dans Le Monde ! Ces ébullitions périodiques seraient donc le résultat du patriarcat qui, ayant déserté les couches moyennes, mieux dressées à obéir, se réfugie maintenant chez les pauvres ! Également dans le genre farfelu, Macron a avancé qu’il réfléchissait – comme si réfléchir était à sa portée – à la possibilité de couper les allocations familiales aux parents des délinquants encore mineurs, comme si les parents de ces mineurs en déshérence, accablés de tous les maux, avaient la possibilité de restaurer un semblant d’ordre dans leur famille. L’idée de Macron, est un chose impossible sans une refonte complète de la loi, puisque ça voudrait dire que les allocations familiales sont distribuées sur des critères discriminatoires, mais ça lui permet de se rapprocher électoralement de la droite type Les Républicains ou des zemmouristes. C’est bien dans sa manière fascisante que de croire qu’en cassant le thermomètre la fièvre s’éteindra et qu’ayant peur de perdre les allocs, les parents fracasseront de coups leur progéniture pour la faire rentrer dans le droit chemin. Mais on voit qu’en réalité ce pitre de Macron pense déjà au coup d’après, et il va prendre prétexte de ces émeutes impopulaires pour accentuer la répression de tous les mouvements de contestation. Cette façon désinvolte de répondre à la crise sociale par des décisions ubuesques ou par une restriction renforcée des libertés, est la marque d’un régime à l’agonie. Après moi le déluge, disait Louis XV dans une citation apocryphe. C’est la position de la canaille qui traficote dans les coulisses du pouvoir, avec comme principe moral Prends l’oseille et tire-toi. Dans le tableau suivant, dressé par l’INSEE, avec des chiffres discutables, difficiles à vérifier, on se rend compte tout de même que le nombre d’immigrés en pourcentage de la population comme en volume s’est considérablement accru ces dernières années. Cette évidence nourrit d’ailleurs l’hypothèse de grand remplacement que nient comme ils peuvent des gens comme Hervé Le Bras[8] ou François Héran avec des discours tarabiscotés et incompréhensibles destinés à éduquer le peuple de façon à ce qu’il tolère l’intolérable. 

Source Insee[9] 

D’une manière mécanique la pression de l’immigration a fait exploser les ghettos, sans que les moyens pour améliorer l’intégration aient augmenté en conséquence, c’est même le contraire, alors que le nombre d’immigrés s’accroit de manière régulière depuis que Macron est au pouvoir, le nombre de mises en chantier de logements sociaux n’a fait que diminuer. A tout le moins depuis 2017 le gouvernement a fait volontairement des économies de ce côté-là. Or ce gouvernement ouvertement immigrationniste, comme tous les européistes, ne se donne pas les moyens d’accueillir les immigrés et leur descendance dans de bonnes conditions.  C’est d’autant plus vrai que les migrants ressortissant du statut du regroupement familial sont de plus en plus nombreux. Le tiers des habitants de la Seine-Saint-Denis sont des immigrés ou assimilés. Or cette population est « naturellement » plus pauvre que la moyenne, et la difficulté de se loger, notamment dans les grandes villes, ajoute à la consolidation des ghettos. Autrement dit, les ghettos ont été construits sciemment depuis une soixantaine d’années, alimentant les fractures sociales comme on dit et séparant les communautés les unes des autres. Cette mécanique a été aggravée récemment et cyniquement par le gang Macron, avec l’illusion qu’on pouvait très bien couper les aides à ces « quartiers », et que le marché pourvoirait à la pénurie de travail. Les émeutiers sont principalement des très jeunes gens, ce qui veut dire qu’ils sont encore scolarisés et que le marché du travail ne les intéresse pas. Dans ces conditions plus que difficiles, on se pose la question d’une « politique de la ville »[10]. Certes celle-ci peut être utile pour améliorer l’offre de logement sociaux ou les réseaux de transports urbains. Mais au-delà il est clair qu’il manque de vrais emplois, environ 8 millions selon moi, et puis  qu’il n’y a pas de volonté de mixité sociale des populations. Chaque fois qu’on a commencé à mélanger les populations d’origine française ou européennes avec celles qui sont issues d’Afrique, cela a abouti rapidement à ce que les premiers abandonnent le terrain aux seconds, c’est l’échec du fameux « vivre ensemble ». Les Français plus ou moins de souche ne veulent pas mettre leurs enfants dans l’école publique des quartiers périphériques parce que cette mixite ne leur plait pas, ils ne la désirent pas, nourris par l’expérience, ils la craignent. Au fil des ans les résidences où les logements sociaux sont construits, n’accueillent plus que des immigrés ou des descendants d’immigrés à l’exclusion quasi systématique des Français dits de souche. Il y a donc dans la formation des ghettos, au-delà des problèmes d’emploi, une dimension culturelle qui échappe le plus souvent aux sociologues qui rabattent ce phénomène sur un racisme ordinaire qui serait propagé par la droite, le gouvernement et l’extrême-droite. Mais enfin, si les communautés différentes pouvaient cohabiter sans problème, on ne voit pas pourquoi les Français dits de souche abandonnerait le terrain pour suivre simplement une directive raciste. Ils s’en vont parce qu’ils ne veulent pas vivre dans un climat d’hostilité permanent et pas pour des questions d’idéologie. Il serait bon que les sociologues reviennent à une vision matérialiste de ce qu’ils étudient : ils préfèrent faire des sacrifices financiers plutôt que d’élever leurs gosses dans cette promiscuité. 

Nombre de logements sociaux mis en chantier en France de 2006 à 2022, source Statista 

Cette mort de Nahel et les émeutes qui ont suivi ont fait sortir les récupérateurs de tout bord du bois. Et ils sont tellement nombreux que je me demande si on peut en faire le tour sans en oublier ! D’abord du côté de la victime du policier, voilà le père, Hicham Hammouti qui avoue n’avoir jamais vu son fils depuis pratiquement sa naissance, mais qui se porte partie civile. Il a probablement compris qu’il y avait de l’argent à la clé à gratter. « Je veux être assis sur le ban des victimes » a-t-il dit[11]. Dans les ghettos, c’est un phénomène bien connu depuis longtemps que les familles sont monoparentales, c’est-à-dire que la mère en général tente de faire quelque chose pour sa progéniture, tandis que le père est parti vivre sa vie ailleurs. Sans doute HIcham Hammouti a-t-il senti l’odeur de l’argent quand il a vu que la cagnotte pour son fils dépassait les 400 000 €. Ces derniers jours il y a eu un concours totalement stupide de cagnottes, cagnotte contre cagnotte, chaque camp s’indignant de ce que l’autre ne soit pas interdit de gagnotter, les députés de la FI ont dit que la cagnotte pour le policier devait être interdite, vu qu’il a tué un jeune, oubliant au passage que ce policier tant qu’il ne sera pas jugé est considéré juridiquement comme innocent, les zemmouristes ont affirmés quant à eux que la cagnotte pour Mounia devait être aussi confisquée au motif que son fils, bien que décédé, était un délinquant. C’est du cirque bien entendu pour consolider son marché électoral de niche. La cagnotte lancée par Jean Messiah pour le policier a recueilli 1,6 millions d’euros, soit quatre fois celle de Nahel[12]. Les zemmouristes qui tentent de faire croire qu’ils ne sont pas dans la minorité, ont avancé que c’était un référendum, et donc que c’était une sorte de référendum en faveur de l’innocence du policier, récupérateurs stupides ils croient que leur côte remontera dans l’opinion. Les trotskystes, autres minoritaires de l’autre bord, ont tenté de se replacer au centre du jeu en relançant les Comités Adama en déshérance[13]. Ils espèrent recruter dans les ghettos pour grossir leurs rangs clairsemés en critiquant la gauche qui n’aurait soutenu Nahel que très mollement. Ça fait plus de cinquante années qu’ils font ça, leur insuccès ne les a pourtant pas fait changer de stratégie. C’est de l’entêtement imbécile. Ils continuent dans un voie sans issue, croyant que si la révolution par les ghettos arrive, ceux-ci les placeront à la tête du pays. C’est la même logique du chaos que celle de Zemmour, mais avec d’autres éléments de langage. Plus il y a le feu, plus il y a de morts, et plus ils croient à leurs chances d’exister un jour politiquement. Mais ils se trompent aujourd’hui comme ils se trompaient hier, non seulement c’est le parti de l’ordre qui reprendra le dessus parce que la cause des ghettos et des pillages n’est pas populaire, mais aussi parce que le peuple des ghettos est totalement indifférent aux agitations trotskystes, au mieux ils s’en servent comme paravent pour justifier leur violence. 

Le père de Nahel, Hicham Hammouti se porte partie civile à son tour 

Cette sinistre affaire et ses séquelles ne mettent pas en lumière seulement l’incurie du gouvernement. Elles montrent aussi que derrière l’émotion, chaque groupe tente de faire avancer ses petites combines politiciennes ou pécuniaires sur le compte d’un cadavre. Dans la nuit du 1er au 2 juillet, un jeune homme de 27 ans a été touché d’une balle de LBD tirée par un policier, alors qu’il roulait sur le cours Lieutaud en scooter[14]. Personne n’a fait de marche blanche pour lui, personne n’a fait de cagnotte, sa photo n’a pas été publiée. Le moment de l’émotion étant passé, tout le monde s’en moque. On sait pourtant depuis longtemps que les LBD sont des armes mortelles qui devraient être interdites dans les manifestations. 

Propositions 

Nous avons donc deux problèmes qui sont liés, qui s’entretiennent l’un l’autre. Celui d’une immigration de masse incontrôlée et sans avenir, et celui d’une police qui a oublié depuis longtemps les principes de la République. Les solutions ne seront pas faciles à mettre en place, si tant est que le gouvernement, ce ramassis de fainéants, s’y attelle un jour. Elles passent par une remise en question de l’immigration de masse, parce que même s’il est vrai que dans les ghettos les immigrés et leurs descendants sont mobiles et parfois s’en échappent, ils sont immédiatement remplacés par de nouveaux arrivants qui reconstituent le stock et le problème. Ensuite il faut une politique de l’emploi et du logement qui améliore concrètement l’ordinaire des cités. Sachant qu’il y a aujourd’hui 8 millions de sans-emplois, on ne fera pas l’impasse sur une baisse des durées travaillées, notamment un retour de la retraite à soixante ans et un passage aux 32 heures par semaine, donc inévitablement d’une augmentation de la part des salaires dans la valeur ajoutée. Tant qu’on considérera que l’immigration c’est un volant de main d’œuvre qui permet la déflation salariale, on ne s’en sortira pas. 

La Castellane, Marseille 

Le second volet c’est de mettre impérativement au pas la police française dont la crédibilité est contestée jusque dans les organisations internationales. La remettre au pas cela veut dire trois choses :

– d’abord recruter correctement les policiers, c’est-à-dire recruter des individus qui possèdent un minimum de sens moral, éviter de recruter des fainéants qui ne sont là que pour les primes et pour donner libre cours à leur sauvagerie impunie et native. Éviter de recruter des psychopathes doit être un impératif catégorique. Attention, je ne dis pas que tous les policiers sont des psychopathes, je dis seulement qu’on en voit trop qui sont heureux de casser des têtes et des bras ;

– ensuite les former correctement, c’est certainement un métier difficile, on n’en disconviendra pas, il faut apprendre à conserver son sang-froid ce que manifestement le meurtrier de Nahel n’a pas su faire. On peut comprendre que souvent ils aient peur, mais ils auraient moins peur s’ils se comportaient dignement ;

– enfin il faut que cesse complètement l’idée que la police est là pour finaliser les visées politique du gouvernement. Autrement dit la police doit respecter la loi, ce qu’elle ne fait pas depuis au moins 2018, nassage, tirs de LBD, violences délibérés, Macron a laissé faire parce que cela l’arrangeait, en donnant des ordres, via cette canaille de Darmanin, pour faire peur aux manifestants, avec les conséquences qu’on sait : la France a brûlé par deux fois cette année au moment de la réforme des retraites et avec les dernières émeutes. Cette volonté d’utiliser la police à des fins politiques a eu deux conséquences : d’abord d’encourager la police a continué ses exactions, ensuite de renforcer les manifestants à riposter par la violence, ce qui a justifié la violence des émeutiers. Je n’irais pas jusqu’à dire comme le stupide Manuel Bompard que la police doit être désarmée, mais plutôt qu’elle doit être civilisée et renvoyée à ses missions de base, plutôt que d’être considérée comme un instrument comme un autre de la politique néolibérale de l’Europe. 

Nos courageux policiers 

Après l’épisode manqué de la réforme des retraites qui avait vu Macron dégringoler dans l’opinion publique, il se donnait cent jours pour apaiser la France et se réconcilier avec elle ! C’est une nouvelle fois raté. Ces deux quinquennats maudits resteront dans l’histoire comme les pires mandats d’un président de la république. Avec Macron tout régresse, la sécurité, la santé, l’ensemble des services publics, le pouvoir d’achat, il est impossible de trouver quelque chose de positif dans la politique de cette marionnette louvoyante. Récemment à propos de la révolte des ghettos, il disait que notre problème c’était un manque d’autorité, à commencer par les familles, ajoutait-il. D’où le manque de respect. Sans doute pensait-il à lui-même que personne ne respecte. Dans une démocratie on ne peut respecter que ce qui est respectable.


[1] Citation souvent transformée en « Mal nommé les choses, c’est ajouter au malheur du monde ».

[2] https://www.letelegramme.fr/france/mort-de-nahel-les-francais-gardent-confiance-dans-la-police-selon-un-sondage-6386211.php

[3] https://www.lefigaro.fr/politique/emeutes-urbaines-plusieurs-elus-regrettent-l-abandon-du-plan-borloo-en-2018-20230630

[4] https://www.lejdd.fr/Societe/Cette-carte-des-64-ghettos-de-France-qui-n-existe-pas-714524

[5] https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/07/05/a-la-suite-des-emeutes-eric-dupond-moretti-annonce-un-flyer-cense-rappeler-les-parents-a-leurs-obligations_6180703_3224.html?fbclid=IwAR3S0MEgjEg2oNTz9nQgRW8ObwkArNPES5vO3RexevL2MwctSHqM-ch9xJo

[6] https://www.lemonde.fr/pixels/article/2023/07/05/emmanuel-macron-suggere-de-bloquer-les-reseaux-sociaux-pendant-les-emeutes_6180622_4408996.html?fbclid=IwAR1YVb47-mokgQUkQxh5gnLDuyBPS-YZiNZ2z8ahgt703aecufTAoK30gQk

[7] https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/07/07/emeutes-urbaines-il-est-grand-temps-de-repenser-l-education-des-garcons_6180896_3232.html?fbclid=IwAR20ODy90bnBEmJowhOeKI_Z23EtPstMsS0fnKa_SCQ-cSDzkhb52hpKw68

[8] Ce malheureux comique nous dit que « la France est un pays qui va bien, mais où les gens se sentent mal. Cette idée stupide signifie que les Français ne se rendent pas compte de leur bonheur ! Ce clown va nous dire bientôt que notre chance c’est d’avoir Macron comme président ! https://www.lemonde.fr/politique/article/2023/06/17/herve-le-bras-demographe-la-france-est-un-pays-qui-va-bien-dont-les-habitants-se-sentent-mal_6178020_823448.html

[9] https://www.insee.fr/fr/statistiques/6793314?sommaire=6793391

[10] https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/07/06/emeutes-urbaines-ce-qu-elles-relevent-ce-n-est-pas-tant-l-echec-de-la-politique-de-la-ville-que-celui-de-toutes-les-politiques-publiques_6180744_3232.html

[11] https://www.leparisien.fr/faits-divers/mort-de-nahel-je-veux-etre-assis-sur-le-banc-des-victimes-pour-mon-fils-son-pere-du-silence-05-07-2023-GFCPDSHIBJC45LRGHXSEAWLK2Y.php

[12] Jean Messiah avait ouvert une première cagnotte en France mais elle a été récusée au motif qu’il ne prouvait pas que l’argent récolté irait bien au policier. Il en a donc ouvert une deuxième aux Etats-Unis, et c’est celle-là qui a fonctionné.

[13] https://www.revolutionpermanente.fr/Pour-Adama-Nahel-et-toutes-les-victimes-de-la-police-contre-l-offensive-autoritaire-tous-a-Beaumont?fbclid=IwAR3v-lwFYdFDETOz3ZAw3n4WueMLvpZR8HnJrpQMnrHp2oUqn4Xf5iPEA5M

[14] https://www.liberation.fr/societe/police-justice/homme-tue-par-un-probable-tir-policier-de-lbd-a-marseille-ce-que-lon-sait-20230705_D4LZZOWUCVHGPK5G5KNFYQXES4/

dimanche 2 juillet 2023

Mort de Nahel, le spectacle est permanent

  

La mère de Nahel en tête de la marche blanche 

Tandis que Macron et sa femme allaient bêtement assister au spectacle vulgaire et mortifère d’Elton Jones, celui qui chante comme s’il s’était coincé une couillon dans son tiroir de la table de nuit, les émeutes continuaient dans toutes la France, du Nord au Sud, de Nanterre à Marseille, des heurts violents avaient lieu le 29 juin 2023, avec les forces de l’ordre. A l’occasion il y a eu aussi des pillages de magasins, y compris dans le centre de Paris dans le quartier des Halles, des dégradations et bien sur près d’un millier d’arrestations. Cette situation mêle deux problèmes : le premier est celui d’une police violente et sans nerfs, sur laquelle Macron s’appuie volontiers pour faire passer ses lois « sociales » de détricotage des droits des travailles – qu’il déteste – leur donnant le droit de bastonner autant qu’elle le veut, sans rendre des comptes, les juges le plus souvent couvrant ces dérives. Le second est celui des ghettos qui existent à la périphérie des grandes villes et qui concernent plusieurs millions de personnes. Ils sont peuplés de personnes issues principalement de l’immigration et qui vivent misérablement de l’aide sociale et des trafics divers et variés. Peu intégrés dans la société française, ils se sentent exclus. On le sait depuis longtemps ces quartiers sont toujours prompts à exploser. Le pouvoir en place a toujours parié qu’ils ne se  soulèveraient jamais contre les « réformes » antisociales, ils ne sont pas concernés. Et de fait pendant les longues mobilisations contre la réforme des retraites, on ne les a pas vu, ce qui rend caduque la posture de la gauche institutionnelle qui tente de se créer un petit marché électoral sur le compte de la misère des « quartiers » comme persiste Le Monde à nommer ces ghettos. Par contre, ces rejetés, peu interessés à réformer la société, se mobilisent dès qu’un des leurs est martyrisé par la police : ils défendent leurs territoires que l’Etat a abandonné. Les choses étant ce qu’elles sont, l’Etat plus préoccupé par se suicider lui-même que de s’attaquer aux problèmes, il y a peu de chance que cela chance un jour, du moins à court terme. Les commentateurs ont oublié que le 14 juin dernier, un incident du même type était advenu du côté d’Angoulème. Un travailleur se rendant à son boulot en pleine nuit, avait été tué par un policier, sans témoins, les flics invoqueront un refus d’obtempérer[1]. Sauf que ce travailleur, un immigré africain d’origine guinéenne, se rendait à son boulot et n’avait aucun antécédent judiciaire. En rapprochant ces deux meurtres, et en les corrélant avec les 13 cas similaires comptabilisés en 2022, on se dit que c’est bien d’un système dont il s’agit, une manière de fascisme qui vise à installer la peur de partout, pas seulement dans les ghettos., les débordements des « quartiers » servent d’abord à instiller la peur chez ceux qui n’y habitent pas. Ajouter à la répression sauvage et illégale des manifestations sociales depuis les Gilets Jaunes, cela montre clairement que nous sommes dans une période au minimum préfasciste. Ces dérives barbares qui sont pointées du doigts dans toutes les instances internationales, critiquées par la presse étrangère, ne permettent plus de dire que nous sommes encore en République ou en démocratie. Elles sont le résultat des lois que le gouvernement Cazeneuve a fait voter sous Hollande et dont on voit aujourd’hui le résultat affreux. Les médias mainstream qui mentent sur exactement tout, font, en bons chiens de garde, le plus souvent le silence sur ces affaires criminelles. 

La mère de Nahel en tête de la marche blanche 

Cette situation pourrie est aggravée par la mise en spectacle de cet état de guerre civile larvée. Deux narratifs ce sont opposés et s’opposent encore à propos de la mort de Nahel : l’un qui nous dit que « le petit ange » est parti, l’autre qui nous dit que quand la police vous dit de vous arrêter vous vous arrêtez, et donc que si on vous tire dedans c’est bien fait pour votre gueule. Ces deux postures sont fausses, Nahel n'était pas un petit ange, mais un apprenti délinquant, ce qui ne justifie en rien qu’un policier ne l’abatte. Mais pour éviter d’analyser les ressorts de cette affaire, on en appelle au mensonge, dans les deux cas. Ces mensonges ne sont pas gratuits, ils visent à ce que l’émotion soit dominante. Et nous sommes en présence de deux émotions concurrentes : le policier s’est senti en danger, ce n’est pas une raison pour bruler la France, et de l’autre côté, l’État raciste assassine nos enfants. La police a tenté de promouvoir la thèse selon laquelle Nahel leur aurait foncé dessus. Cette sanctuarisation des émotions primaires crée les conditions d’un affrontement et gèle les positions. C’est tout bénéfice pour Macron, du moins à court terme, parce que dans un horizon plus lointain les esprits travaillent et finissent par arriver inévitablement aux vraies questions : qu’est-ce que cette police qui tire sur tout ce qui bouge ? Que font tous ces gens entassés dans des ghettos ? Mais en attendant, il va sans doute pousser dans le sens d’un renforcement de la dictature policière, voire décréter l’Etat d’urgence. Mais qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas de lutte de classes dont il s’agit ici. 

Le 29 juin, une nouvelle nuit d’émeutes 

Les médias et principalement la télévision accélèrent cette désinformation par une mise en spectacle de la situation. Les images ne sont pas innocentes. Voici donc que les « quartiers » organisent une marche blanche. La police nous dit qu’il y avait six milles personnes, sachant son aptitude à mentir dans ce genre de manifestation, ils étaient probablement au moins dix milles. Ce qui est énorme pour la ville de Nanterre. Cette marche blanche avait oublié l’émotion et se focalisait sur la célébrité soudaine de Mounia la mère de Nahel. Juchée sur une camionette, elle trouvait la position agréable parce qu’elle était applaudie ! Vous pensez bien qu’elle n’allait pas manqué l’occasion de passer en vedette au journal télévisé ! Certes on voyait bien qu’elle était partagée, se livrant à la publicité d’un  côté pour se faire mousser, et de l’autre manifestant une vraie émotion puisqu’elle avait perdu son fils. Ce mélange des genres est bien sûr le résultat de cette possibilité pour chacun d’accéder à son quart d’heure de célébrité. Lors de cette marche blanche, on a vu Assa Traore venir se rappeler à notre souvenir, histoire de montrer que ce type d’action publicitaire, avec tee-shirt et défilé, c’était un peu son fond de commerce tout de même. On sentait comme un dépit chez elle dans le fait que Mounia lui volait la vedette pour une posture qu’elle avait patiemment mise au point pendant des années. Le fait que Mounia acclamée comme une rock star semblait beaucoup s’amuser, a été longuement commenté sur les réseaux sociaux. La mort de Nahel passait finalement après le succès du défilé ! Tout le monde a remarqué aussi que des footballeur millionnaires comme Koundé ou Mbappé avaient pris la parole pour dénoncer ce meurtre, on ne les avait jamais entendu pour déplorer la mort de Samuel Paty ou celle plus récente de Lola. Ces positions divergentes renforcent bien évidemment le communautarisme et donc nous éloigne du fameux « vivre ensemble » si cher à la bureaucratie européiste dont l’action désordonnée provoque exactement l’inverse, il n’a aucune réalité et qui n’existe que comme un slogan pour vendre du vent. D’ailleurs le patronat avec l’aide du gouvernement depuis Pompidou, n’a pas organisé l’immigration pour mieux vivre ensemble, mais pour faire baisser les salaires. 

Le 29 juin, Nanterre 

Evidemment le camp des ghettos et de leurs supporters n’est pas le seul à mentir et à se vautrer dans le spectacle en utilisant le cadavre d’un jeune assassiné. Les tenant du camp de l’ordre, les zemmouristes en tête dont la particularité est d’être encore plus stupides que les autres, ont développé le narratif suivant lequel quand la police t’ordonne quelque chose, tu obéis et tu la fermes si tu veux rester en vie ! Mais comme aujourd’hui la police fait peur, à juste titre parce qu’elle est en roue libre par la grâce de Macron et Darmanin, les personnes contrôlées pour un oui ou pour un non, se méfient, il est d’ailleurs très probable que Nahel ait eu tout simplement peur de se voir braqué par un flic et donc qu’il ait redémarré pour échapper à la mort, le flic lui ayant promis une balle dans la tête. Les  télévisions se sont régalées aussi bien du défilé de la star éphémère Mounia, que des images de castagne du peuple des ghettos avec la milice et des pillages. Tout le monde veut en être, ce lumpenprolétariat n’a pas de projet, ne cherche pas à en construire un, Il est juste porté par ses émotions primaires et la volonté de faire de belles photos des villes et des voitures qui brulent. 

A Nanterre on fait de belles photos de la ville en flamme

Si Macron a échoué dans tous les domaines, son échec encore plus évident dans celui du maintien de l’ordre. Son usage désordonné de la police a transformé policiers et gendarmes en forces de désordre. Il n’est pas simplement l’ennemi du genre humain, c’est un imbécile et un incompétent. Quelques jours avant les événements liés à la mort de Nahel, il allait bouffonner à Marseille, faire semblant de s’occuper des problèmes des ghettos. Il avait comme à son ordinaire raconté n’importe quoi, par exemple que pour lutter contre le fléau du trafic de drogue, il fallait pénaliser le client. N’importe quel policier de terrain sait que justement ce trafic est un facteur d’ordre dans la mesure où il fait vivre des milliers de personnes. Puis il a attaqué les vacances scolaires, celles-ci étant selon lui non seulement le symbole de la fainéantise des enseignants, mais aussi un facteur de désinsertion des enfants dans les ghettos. D’une manière ou d’une autre, quelles que soient les raisons, le constat est impitoyable : depuis que Macron est « président », la France brûle régulièrement. La presse internationale a mis en avant ces difficultés, montrant qu’en France il n’y a plus de pilote dans l’avion[2]. L’ONU qui n’en est pas à une imbécillité près demande à la France de se pencher sur le racisme des forces de l’ordre[3]. C’est une façon de détourner les problèmes, s’il est vrai qu’une partie de la police est raciste, le mal est bien plus profond que ça. L’absence de pouvoir réel de Macron est masquée par la débauche de violence des forces de l’ordre, et par la mise en spectacle de tout et de rien, en se livrant à cette débauche de communication, les problèmes ne disparaissent pas, mais cela montre seulement son impuissance. Cependant, ce délabrement sera mis sans doute à profit par Macron et son gang pour renforcer le contrôle social, avec à la clé l’état d’urgence. Et c’est bien cela qui est à craindre au-delà de la mise en spectacle d’une mort sinistre. Le 30 juin Borne annonçait que la gendarmerie allait procéder au déploiement des blindés, mais en même temps que d’autres mesures étaient prises pour restreindre les possibilités de déplacements des jeunes des ghettos, on apprenait que des émeutiers avaient pillé des commerces du centre commercial de Rosny 2 en Seine-Saint-Denis en milieu d’après-midi, provoquant la fermeture du site pour une durée indéterminée ! C’est nouveau ce type d’action en plein milieu de l’après-midi, ça en dit long, c’est parti pour durer, même si dans la nuit du 1er au 2 juillet les exactions furent moins importantes. Le 30 juin encore, les magasins du centre-ville de Strasbourg étaient fermés. C’est évidemment devenu un jeu pour ces jeunes que de s’affronter avec la police. Bien mieux que les jeux vidéos, contrairement à ce que dit Macron. 

Annecy, le 29 juin 2023 

Ces nuits d’émeutes qui durent, indiquent qu’il s’agit d’une insurrection. La guerre est déclarée entre les « quartiers » et le gouvernement. Que cela soit possible indique que c’est la conséquence d’un abandon du pouvoir d’Etat. La nature ayant horreur du vide, l’insurrection s’installe où le pouvoir a disparu. Cela a un rapport avec la Guerre en Ukraine, non pas direct, mais en tant qu’échec de la mondialisation, le mélange des populations provoquant des troubles réguliers. La Guerre en Ukraine c’est une remise en question du modèle étatsunien très affaibli par l’armée russe, les incendies de la France qui durent tout de même depuis au moins 2018 c’est la contestation spectaculaire de la marchandise depuis l’intérieur du pays. On peut condamner les violences, trouver ces jeunes décervelés sans avenir, stupides, ignorants et bornés, ça ne change rien du tout, le modèle est touché dans son cœur, d’autant plus que pour la plupart ces jeunes sont nés en France et ont été formés par l’école française. Cette situation nous rappelle, en moins violent toutefois,ce qui s’est passé en 1965 à Watts, banlieue de Los Angeles que Guy Debord avait analysé dans un article, « Le déclin et la chute de l’économie spectaculaire-marchande », publié dans le numéro 10 d’Internationale Situationniste. C’est le même rituel avec pillage de magasins, main-basse sur les marchandises les plus « modernes » et affrontements avec la police. Les Etats-Unis étaient en avance dans la décomposition, il y avait eu beaucoup de morts. Et puis il y a encore eu les émeutes de Los Angeles de 1992, avec encore des morts et des pillages, des incendies, et puis il y a eu les émeutes consécutives à l’assassinat de George Floyd qui ont une nouvelle fois embrasé le pays. Le rapprochement d’avec les émeutes de Watts en 1965 est d’autant plus pertinent qu’aujourd’hui la France a pris tous les aspects de la société américaine d’antan : le multiculturalisme, les violences policières, la surconsommation et la production d’images destinées à vanter les mérites de ce mouvement. Donner un sens à ce qui n’en a pas est bien le rôle du spectacle. Ici les jeunes des ghettos remettent au centre du jeu tout simplement la guerre comme symbole de la virilité abandonnée et décriée par les médias dominants, cette guerre qu’on nous vend comme une nécessité en Ukraine pour tuer du Russe et défendre « nos valeurs ». Darmanin qui ne maîtrise rien, et qui sur ces émeutes démontre surtout son incompétence va à la télévision fanfaronner en avançant des chiffres d’arrestations : 875 pour la nuit du 29 au 30 juin, 994 pour celle du 30 juin au 1er juillet, et encore 715 pour la nuit du 1er au 2 juillet. Mais quand on sait comment sont réalisées ces arrestations – en fait on attrape ceux qui courent le moins vite ou qui passaient par là pout voit pour prendre une photo, cette déferlante de chiffre est risible. On sait que 90% des personnes arrêtées seront relâchées faute de preuves, comme dans les manifestations contre la réforme des retraites. 

A Marseille des centaines de pillards dans le centre ville, le 30 juin 2023 

Les pillages qui ont eu lieu en plein jour sont une réalité assez inédite en France, surtout quand ça s’étend à l’ensemble du pays. À Marseille, dans le bas de la Canebière, on pillait les boutiques de luxe, les parfumeries, les commerces de téléphones portables. Plus tôt dans la journée vendredi, plusieurs centres commerciaux de la région parisienne avaient été vandalisés, avec la dégradation et le pillage de plusieurs boutiques. Ont notamment été visés les centres Rosny 2, en Seine-Saint-Denis, et Créteil Soleil, dans le Val-de-Marne. Des commerces ont aussi été attaqués dans le centre-ville de Strasbourg. La police ne se déplaçait pas assez vite pour empêcher les exactions. La rage qui s’est emparée contre la marchandise – la plupart des objets ne servent à rien, sauf qu'avec un iPhone on peut faire de beaux selfies pour se mettre en scène – n’était pas seulement la contrepartie de la frustration, mais aussi la démonstration de l’inanité du consumérisme. On se perd en conjectures sur les raisons de ceux qui critiquent ces pillages : est-ce parce qu’ils n’osent pas eux-mêmes s’attaquer à la marchandise ? Cette rage contre la marchandise est bien sûr ambiguë, elle a toujours été ambiguë, même du temps des émeutes de Watts. D’un côté elle est un objet d’envie, et de l’autre c’est un objet de haine à détruire pour s’en libérer. 

Marseille, le 30 juin 2023 

Un clou chasse l’autre, tandis que les émeutes tiennent la une de l’actualité, la Guerre en Ukraine est passée au second plan. Ça tombe bien, le putsch de Prigojine qu’on voyait comme le début de la fin de Poutine et de la Russie, a fait un flop, et la contre-offensive des ukro-atlantistes n’obtient aucun résultat malgré des combats acharnés autour d’Artiomovsk. Avec ce nouveau sujet de la révolte des ghettos, les Français se laissent aller à leurs émotions primaires, pour beaucoup la responsabilité du chaos ce sont ces jeunes révoltés qui sont souvent encore des adolescents, qui pillent, qui éventrent les magasins où on ne vend que de la pacotille, ils demandent l’état d’urgence et justifient ex post le meurtre de Nahel par ce qui s'est passé ensuite ! Pour les autres, ce sont les forces de l'ordre qui, par leur sauvagerie créent le désordre. Pour moi le responsable du chaos depuis 2018 au moins est à l’Elysée. D’abord pour n’avoir strictement rien fait pour les « quartiers », enclavés et en déshérence, puis pour gérer correctement et tenir les forces de l’ordre dont la sauvagerie déborde à chaque manifestation de rue. Ces nuits d’émeutes et de pillages qui ont touché jusqu’au centre de Paris – le quartier des Halles en particulier – démontrent :

– d’abord que ce sont des très jeunes gens, entre quinze et vingt cinq ans, qui se livrent à cette « guerre » de mouvement, moins craintifs que leurs aînés, plus inconscients ils sont aussi plus spontanés. L’initiative de la guerre appartient le plus souvent au camp de la jeunesse ;

– ensuite qu’ils ont pris ça comme un jeu, certes un peu risqué, mais un jeu tout de même, avec la possibilité de faire de beaux selfies des villes en flammes. Il est évident que l’indignation liée à la mort de Nahel n’est que la mèche de l’explosion et non la raison d’icelle ;

– enfin qu’en construisant des ghettos, histoire de cacher cette misère au reste de la population, tôt ou tard ça vous revient dans la figure. Paris est entouré de ghettos, et si la révolte s’amplifie, ce ne sont pas 20 000 policiers, même avec des blindés légers, qui pourront l’arrêter. Paris brûlera à nouveau. 

Les forces d’occupation  aux Halles 

Ce que nous voyons à travers tout ce cirque, c’est une opposition radicale entre deux pans de la société, sans possibilité de réconciliation, et cela c’est bien le résultat de la politique désordonnée d’immigration depuis au moins le regroupement familial de Valery Giscard d‘Etaing, et de l’abandon progressif des « quartiers » par l’Etat. Macron ignorant et incompétent s’était rendu à Marseille dans le quartier pourri de la Busserine, juste avant que la marmite n’explose, à voir sa réaction face aux émeutes, il est évident que les réponses lunaires qu’il a fait semblant d’apporter sont des plus stupides, et ne sont là que pour masquer son inaction. Pour l’instant la seule réponse concrète aux ghettos, c’est encore un peu plus de police et de matraque, cela est bien insuffisant pour calmer le jeu et commencer à construire quelque chose. Macron et son gang préparent une loi sur l’immigration, celle-ci non seulement doit s’aligner sur les ordres de la Commission européenne qui en veut toujours plus, et suppose que la France a besoin de main d’œuvre, c’est faux, 75% des personnes en âge de travailler dans les ghettos sont des chômeurs ou des RSA. La France compte aujourd’hui environ 8 millions de chômeurs, prétendre qu’il faut faire venir des immigrés en masse puis les répartir dans nos campagnes, c’est juste une idée de McKinsey qui vise à masquer que le véritable but est la baisse radicale des salaires, et au-delà diviser les pauvres entre eux, les Français qui ont encore un petit statut et les misérables des ghettos. 

 

Ces jeunes des ghettos sont détestés parce que ce sont des pillards. Mais au fond, ils ne font que singer les pratiques des politiciens, Macron, Kohler et quelques autres. Montebourg dans une audition remarquée auprès de la Commission d’enquête du Sénat[4] dénonçait comment des Français, traitres à la nation, aidaient au pillage de l’industrie française par les Américains, avec à la clé des « commissions » de 10 ou 15 millions d’euros pour leurs services, il citait l’affaire Alstom et quelques autres. Marianne s’est fait une spécialité de dénoncer le pillage de la nation par les sociétés autoroutières, et ce pillage c'est tout à fait une autre échelle que le pillage d’une boutique de parfumerie ou de smartphones. Les trois quarts des membres du gouvernement et le squatter de l’Elysée sont impliqués dans des affaires de malversations, conflits d’intérêts, pillage des biens de la nation, sans parler des mensonges à répétition. Et ces gens là voudraient faire la morale à des jeunes ? C’est grotesque. En vérité en matière de délinquance et de trafics, les jeunes des cités ne font que suivre l’exemple des soi-disant dirigeants du pays. Pour eux Macron c’est un bandit qui a réussi ! Ils ont appris beaucoup de la canaille politicienne, on le voit quand ils créent par exemple des associations pour récupérer de l’argent en faisant chanter des maires ou des députés dans les zones les plus déshéritées. Le mauvais comportements de cette jeunesse désoeuvrée n’est que la contrepartie du mauvais comportement des fainéants qui font de la politique leur métier. La logique mafieuse est la même. Il faudrait peut-être commencer par là pour comprendre les incivilités du peuple des ghettos, celles des forces du désordres : l’exemple vient d’en haut ! Nahel n’était pas un petit ange, sans doute un apprenti-délinquant qui tentait de réaliser une accumulation primitive du capital. Les enfants des ghettos qui ont quelque talent réaliseront cette percée dans le monde du football par exemple, comme Mbappé, Pogba, Benzema. Ceux-là sont très peu nombreux. Les autres devront se battre pour devenir des entrepreneurs capitalistes, chacun le fait avec ses armes, Bernard Arnault l’a fait avec l’argent de papa, d’autre avec leurs poings d’autres à travers des associations caritatives ou à coups de kalachnikov pour réguler la concurrence. Les enfants imitent toujours les parents, et donc l’important n’est pas comment on se procure le capital initial, c’est cette volonté d’accumuler au détriment des autres. La mafia c’est une forme de capitalisme ainsi que le montrait Roberto Saviano dans Gomorra[5]. On ne peut pas critiquer d’un côté la mafia ou les gangs et de l’autre cautionner le capitalisme. Ce sont les deux faces de la même pièces. La différence est que ce ne sont pas les mêmes règles d’organisation du marché, mais le but reste le même, exploiter les autres pour son profit. Les premiers n’ont pas de règles écrites, les seconds tentent de les sédimenter à leur avantage.


[1] https://contre-attaque.net/2023/06/28/deux-semaines-avant-nael-un-mort-a-angouleme/

[2] https://www.rfi.fr/fr/podcasts/revue-de-presse-internationale/20230629-%C3%A0-la-une-l-embrasement-en-france-apr%C3%A8s-la-mort-d-un-adolescent-tu%C3%A9-par-la-police

[3] https://www.bfmtv.com/police-justice/nahel-l-onu-demande-a-la-france-de-se-pencher-sur-les-serieux-problemes-de-racisme-chez-les-forces-de-l-ordre_AD-202306300390.html

[4] https://www.youtube.com/watch?v=NeFUdJfShzc

[5] Gallimard, 2007. 

jeudi 29 juin 2023

Le drame de Nanterre et ses conséquences

 

Tout le monde a vu cette vidéo où un policier abat un jeune de 17 ans à Nanterre. Cette vidéo montre clairement que le policier n’était en aucun cas menacé et qu’au contraire il hurlait à ce jeune qu’il allait se prendre une balle dans la tête. À partir de là, deux réactions s’opposent : la première est que ce jeune garçon roulait sans permis, et qu’en outre il était défavorablement connu des services de police, et qu’ayant refusé d’obtempérer, ceci explique et permet d’approuver la réaction du policier. Les policiers ont commencé par faire courir le bruit que ce jeune avait tenté de rouler sur les policiers, mais ce mensonge ne tient pas debout lorsqu’on visionne le petit film. L’autre réaction est que la police est raciste, la victime étant issue de l’immigration. Comme dit le proverbe juif, « entre deux solutions choisis toujours la troisième ». Je n’ai aucune sympathie ni d’antipathie pour ce jeune, ne le connaissant pas, et bien sûr je comprends la douleur de ses proches. Mais ce qui me choque c’est qu’un policier se donne le droit d’abattre un jeune qui ne lui obéit pas, alors qu’ayant une arme braquée sur lui, il peut avoir démarrer à cause de la terreur que cela lui a inspiré. Or dans un État de droit, ou une démocratie, fut-elle naine, les policiers ne sont pas des juges et n’ont pas le droit de décider de la peine de mort qui par ailleurs est abolie en France depuis quarante ans. Cet assassinat confirme pour moi que la police française est complètement en roue libre et ne se contrôle plus. Ce qui est arrivé le 27 juin du côté de Nanterre est le pendant de ce qui se passe dans la répression des manifestations où la milice s’assoie complètement sur le code pénal, avec il faut le dire la complicité des juges. On comprend bien que ce métier est difficile, Macron et son gang ayant semé le désordre dans tous les secteurs de la vie civile. En matière de sauvagerie de la police, quel que soit le sujet, nous suivons d’une manière accélérée le modèle étatsunien où se mélange à la fois le problème du multiculturalisme et la violence policière avec des meurtres réguliers comme conséquences. 

Réaction à la suite de la mort du jeune Nahel 

Comme on devait s’y attendre, les réactions ont été, à gauche l’indignation et le racisme de la police, à droite soutien à la police, Macron qui est le premier responsable de la dérive de la police, « a exprimé son émotion ». Omar Sy, Kylian Mbappé et autre vedette du spectacle, avec des propos imbéciles, « Mes pensées et prières vont à la famille et aux proches de Nahel, mort à 17 ans ce matin, tué par un policier à Nanterre », écrit Omar Sy. Le second qui n’a jamais rien dit sur la répression des Gilets Jaunes ou de ceux qui manifestaient contre la réforme des retraites nous a fait savoir qu’il « avait mal à sa France » et il a comparé Nahel à un petit ange, au moins il n’a pas peur du ridicule. Cet assassinat a engendré, presque naturellement des flambées de violence, et à nouveau des voitures ont été brulées, ce qui renforce le lien avec les manifestations contre la réforme des retraités, même si on sait que les quartiers comme on dit n’ont pas bougé durant cet épisode honteux de la présidence de Macron. À Nanterre on a envoyé les CRS, la C8 qui s’est fait une sinistre réputation durant les manifestations contre la réforme des retraites, avec interpellations musclées à la clé. À droite, les imbéciles ont sorti que la Mercedes dans laquelle Nael roulait valait 70 000 euros, comme si cela justifiait le crime. En fait cette voiture était louée, mais les flics ne le savaient pas. Et même s’il s’agissait d’un dealer qui gagne beaucoup d’argent dans le crime, aucun article de loi autorise un policier à abattre un individu pour un refus d’obtempérer. 

Nanterre dans la soirée du 27 juin 2023 

En Europe la police française est la plus violente ce qui devrait tout de même interpeler les bonnes âmes qui soutiennent la police jusqu’au jour où eux-mêmes ou leurs enfants se feront taper dessus. C’est donc bien un système de gouvernement qui s’est mis en place progressivement en France, depuis au moins Sarkozy, obtenir le consentement des citoyens en faisant régner la terreur. Macron et Borne ont critiqué les policiers. Ce que les syndicats n’ont pas apprécié. Le premier a jugé que ce drame était inexplicable et inexcusable, même avec la logique débile du en même temps, on voit mal comment un drame inexplicable serait inexcusable, car le terme inexcusable s’est déjà un jugement, or si on ne peut l’expliquer, il sera impossible de le juger. On aimerait parfois que les hommes politiques connaissent un peu mieux la langue française. Les syndicats policiers ont mis en avant que Macron, Borne et Darmanin se substituaient à la justice. Et donc qu’au nom de la séparation des pouvoirs ils auraient dû se taire. Il est très probable que cette nouvelle affaire entrainera une crise dans les relations entre les policiers et le pouvoir exécutif, parce que ceux-ci vont devoir rendre des comptes et que le meurtrier de Nahel sera radié de la police et condamné. Ce qui rend d’autant plus intolérables les événements de Nanterre est qu’il s’agit d’un drame pour ainsi dire annoncé. Le lien entre la loi de sécurité publique de février 2017 (portant notamment sur l’usage des armes à feux par les forces de l’ordre), la forte augmentation, depuis lors, du nombre de tirs policiers « sur des véhicules en mouvement » et le nombre de morts ne fait guère de doute et a été déjà pointé à plusieurs reprises. 

Deuxième nuit d’émeute à Nanterre 

Dans la nuit du 28 au 29 juin, les émeutes ont continué un peu partout, Toulouse, Moulins, la banlieue parisienne, le commissariat de Rouen a été incendié, et bien sûr principalement à Nanterre. Les policiers n’ont pas eu la maitrise du terrain, les voitures brulaient, et ils ont dû se replier après avoir tenté de pénétrer dans la cité Pablo Picasso. La remarquable incompétence du gouvernement et de Macron s’est manifesté une fois de plus, dévoilant clairement l’absence de maitrise de la situation. Les quartiers où sont stockées les populations issues de l’immigration sont devenues depuis longtemps des zones à part. Ça s’est vérifié encore durant ces nuits d’émeutes, ces populations ont défendu leurs territoires de l’intrusion des forces de l’ordre. Le Monde, ébahi, commentait ces émeutes comme ils commentent la guerre en Ukraine, sans trop savoir comment cela pouvait se passer. On se dit évidemment que si ces populations étaient descendues dans la rue au moment des manifestations contre la réforme des retraites, celle-ci ne serait pas passé. Mais cette population n’est guère préoccupée par le devenir social de la France, c’est le lumpenprolétariat comme disait Marx, chose que n’ont pas compris la plupart des partis de gauche qui sont maintenant engagés dans les analyses à la Terra Nova. Le bouffon de l’Élysée s’était donné cent jours pour apaiser la France en se fixant comme horizon le 14 juillet prochain ! le moins qu’on puisse dire c’est que c’est raté. Il est au pouvoir d’une manière ou d’une autre depuis 2014, soit neuf ans. Et le bilan est catastrophique dans tous les domaines. Ce que raconte la mort de Nahel, c’est tout simplement un effondrement du service public de la sécurité publique. On en avait un avant-goût avec les Gilets Jaunes, les soignants et les manifestants contre la réforme des retraites, on le voit encore plus aujourd’hui. À force de donner le droit à la police de faire n’importe quoi, en lui fixant comme horizon prioritaire de tabasser violemment tous les récalcitrants, la France brûle une fois de plus. Voilà le bilan des cent jours ! La vérité est que ce désastre est le résultat d’une incompétence générale : les policiers qu’on transforme volontiers en miliciens sont mal recrutés et mal formés. C’est le résultat d’une doctrine particulière qui désigne tout le monde ou à peu près sur le territoire national comme un ennemi à réduire. Quel que soit le motif des révoltes, la réponse de l’État macronien est la répression. C’est bien cette logique initiée par Sarkozy et aggravé par Macron qui est en cause. Macron qui prétend incarné cet autoritarisme borné et sans dialogue est le premier responsable de la décomposition de la République. En 2022, 13 cas comme celui de Nahel avaient été décomptés, c'est beaucoup.

Les émeutiers attaquent la milice 

Macron sera bientôt oublié, et dans les livres d’histoire il restera le président le plus haï et le plus incompétent de la Vème République. Au XXIème gouverner par des éléments de langage et la violence policière est inadmissible, personne n’en veut, même si pour Macron cela équivaut à revenir au modèle capitaliste du début du XIXème siècle. C’est un homme du passé, qui gère la France avec les recettes du XIXème siècle. Pour bien comprendre la gravité de la situation dans laquelle Macron-le-fou a mis la France, il faut relier cette affaire à ce qui s’est passé comme sauvagerie avec la crise des Gilets Jaunes et celle de la réforme des retraites. Depuis cinq la France est en feu, La vie des Français se dégrade tous les jours un peu plus, et le pouvoir ne repose que sur la violence policière. Mais cette violence policière non seulement a un coût, mais elle a des limites évidentes. D’abord parce qu’elle entraîne des réponses de plus en plus violentes et fracture toujours un peu plus la société. Ensuite parce que le désordre engendré est ruineux dans tous les sens du terme. Macron se rend-il compte du coût économique des manifestations et des émeutes depuis 2018 ? Le nombre de voitures brulées en France à cause du geste criminel d’un policier est très élevé, des bus ont été brûlés également. Personne ne calcule le coût de la violence policière en France depuis 2018, mais à mon avis il est très élevé. Au lieu de perdre notre temps pour savoir su Nahel était un petit ange ou un délinquant, il serait bon de s’interroger sur les compétences du gang Macron en matière de maintien de l’ordre et de sécurité. Où se trouvent les responsabilités de ce désastre ? 

Bus incendié à Viry-Châtillon 

La marche blanche qui a eu lieu à Nanterre le 29 juin après-midi indique clairement qu’on n’en restera pas là. Il va se développer un mouvement sur le modèle de celui d’Adama Traore. Pour calmer les choses, Macron sera encore obligé de reculer, ce qui veut dire qu’il adoubera la volonté sécessionniste des « quartiers » qui sont déjà des territoires abandonnés de la République. Cet épisode montre combien un État-policier est fragile, dès lors qu’une partie de la population investit la rue. Par contraste cela fait ressortir combien les manifestants contre la réforme des retraites ont été très passifs et très conciliants malgré tout ce qu’ils ont reçu sur la gueule. Le jour où les « quartiers » – il faudrait plutôt dire le peuple des ghettos – se joindront au mouvement social, Macron pourra sûrement demander l’asile politique à l’Allemagne ! Deux questions vont cliver le débat à venir : 1. Qu’est-ce que signifie cette violence policière sans frein dans une soi-disant démocratie ? 2. Qu’est-ce que donc que ce peuple des ghettos ? Quel est son statut ? Pour quelle raison est-il stocké aux portes de Paris alors qu’il n’a pas de travail ni d’avenir ?

La mère de Nahel ouvre la marche blanche

Le mouvement des lycéens, causes et conséquences

Manifestation du 9 octobre 2026, place de la Bastille   La longue séquence du mouvement des lycéens qui est loin d’être terminée, appell...