jeudi 22 septembre 2022

Les éditions de l’Aube partent en guerre contre Poutine le Moloch

  

Les éditions de l’Aube sont une maison militante pour la mondialisation, le libéralisme soft et pour l’Europe bien entendu. Progressiste, russophobe, jadis proche du parti socialiste, dans sa version droitière, elle est maintenant une sorte d’officine macronienne. La voici donc qui nous livre par ses auteurs interposés sa propre lecture des évènements récents, lecture qui s’apparente tout de même à de la désinformation. Le premier ouvrage, Poutine la logique de la force, est dû à un plumitif d’Ouest-France. Le premier tort de Bouthors est de personnaliser les questions géopolitiques à l’Est de l’Europe en se focalisant sur Poutine, ne comprenant pas manifestement que Poutine n’est que l’incarnation d’une classe politique russe qui a décidé il y a une vingtaine d’année de redresser son pays. Poutine est désigné comme un ancien espion du KGB, énoncé comme cela, c’est signifier que le personnage possède des desseins marqués du coin de la fourberie. Usant de la force, car incapable de convaincre, il aurait pour visée à longue échéance de reconstituer l’Empire soviétique. Même à la grande époque de la Guerre froide personne ne croyait à cette élucubration. Cette idée aussi commune qu’idiote ne tient pas compte de deux faits, d’abord, c’est bien l’Empire américain qui, via l’OTAN, étend continument son pouvoir en Europe. Ensuite que la Russie n’a pas les moyens économiques et militaires de cette reconstitution. Elle n’est même pas capable de récupérer toute l’Ukraine. Son ambition dans la guerre est seulement de rattacher la Crimée et le Donbass où les populations lui sont largement acquises. Le médiocre Bouthors nous dit ensuite que la Russie est de plus en plus isolée, que Poutine en a construit son isolement. Les faits lui donnent tort. La Russie est au contraire de moins en moins isolée sur le plan économique, la preuve ? La balance commerciale russe bat des records tous les mois d’année 2022. Mais Bouthors qui confond ses désirs et la réalité en bon propagandiste atlantiste ne comprend pas que la Russie depuis vingt ans développe son indépendance économique dans tous les secteurs. Œuvrant toujours dans le comique, il en vient ensuite à nous dire que la Russie souffre d’un manque de liberté démocratique, notamment en ce qui concerne la presse. Pourtant, c’est bien en Europe qu’on interdit le pluralisme en bannissant de toute visibilité les médias russes, au mépris des lois sur la presse et son indépendance. Pourtant c’est bien en Ukraine que les journaux et les chaines d’opposition sont interdites par le gouvernement. Pourtant ce sont bien les Etats-Unis qui poursuivent Julian Assange pour avoir révélé les turpitudes des gouvernements américains. Il risque jusqu’à 175 ans de prison[1] ! Je ne vais pas dire que le régime poutinien me convient et qu’il est un exemple de démocratie, je veux seulement dire qu’en critiquant le manque de démocratie en Russie Bouthors ment par omission faisant comme si en Occident nous vivions à l’inverse dans une vraie démocratie parce qu’on vote régulièrement, sans que rien ne change sur le fond ». Il faut toujours balayer devant sa porte. Dans le même ordre d’idées, Bouthors parle de l’utilisation de la force par Poutine, mais il ne dit rien de l’utilisation de la force par les Etats-Unis qui depuis au moins 1945 et les bombes atomiques larguées sur le Japon sèment la mort et la désolation aux quatre coins de la planète. La différence entre la Russie et les Etats-Unis est que le premier pays est incarné par un homme, alors que le second persiste dans la même politique quel que soit les présidents. Dire comme Bouthors que les démocraties occidentales sont menacées par Poutine relève de l’imbécilité. Il est impossible quand bien même il le voudrait que Poutine attaque l’Allemagne, la France ou l’Angleterre. Comme je l’ai dit il n’en a pas ni la volonté, ni les moyens. Récupérer des régions où la population est russophone et largement hostile à Kiev est une chose à sa portée, conquérir puis occuper un pays étranger c’est une autre affaire. Mais ce genre de récit fonctionne avec l’idée selon laquelle Poutine est fou, donc imperméable à toute rationalité. Pourtant les événements récents montrent que Poutine est un homme d’Etat très prudent, ne serait-ce que dans la manière utilisée pour préparer la guerre en Ukraine, pour éviter l’effet des sanctions sur son économie et l’effondrement du rouble. 

Evolution de la balance commerciale russe 

Olivier Weber quant à lui coche toutes les cases de la modernité décadente de l’Occident. Elevé aux Etats-Unis par l’Université de San-Francisco, il est comme on dit engagé dans les combats humanitaires, et en outre il enseigne à Sciences Po. Il coche toutes les cases de la bienpensance. C’est un individu assez mal défini, c’est une sorte de Bernard Kouchner en plus jeune. Il aime enfiler les lieux communs. Le dernier lieu commun est que la guerre de Poutine aurait renforcé l’unité du peuple ukrainien. C’est pourtant le contraire qu’il faut comprendre. La guerre en Ukraine n’a pas commencé en 2022 comme les Occidentaux font semblant de le croire, mais en 2014 justement par la division actée du peuple ukrainien, le Donbass faisant sécession d’avec le pouvoir de Kiev. Bien sûr Olivier Weber le sait, mais il ment à la fois pour justifier l’inversion de la cause, mais aussi pour dédouaner l’OTAN de son engagement militaire. Curieusement il ne parle pas des habitants du Donbass, c’est comme s’ils n’existaient pas, comme s’il fallait s’en débarrasser, c’est-à-dire les faire partir de chez eux. C’était d’ailleurs le projet programmé de Zelensky qui voulait lancer l’armée ukrainienne à l’assaut du Donbass au mois de mars 2022, mais ce projet a dû être abandonné parce que justement les Russes sont intervenus avant le massacre. Européiste militant le malheureux Olivier Weber croit non seulement que l’Ukraine est devenue par magie une nation, mais de surcroit qu’elle aspire à rejoindre l’Europe. Il oublie qu’avant la guerre de février 2022, entre 10 et 15 % des Ukrainiens avaient déjà quitté le pays, et que depuis la guerre c’est presque le quart de la population qui est partie et qui n’a aucune intention de revenir. Si une grande partie des Ukrainiens qui sont restés se voudraient européens, au moins un tiers d’entre eux préfère se rapprocher de la Russie, on est très loin d’une nation unie comme fait semblant de la croire Olivier Weber. Comme le montre la carte des langues parlées en Ukraine, il n’y a pas d’unité. Dans ses soi-disant carnets il oublie de nous parler des massacres d’Odessa ou de Kharkov par des néo-nazis financés par la CIA via les équipes de Victoria Nuland qui s’était flattée d’avoir financé le coup d’Etat de l’EuroMaïdan, deux villes où justement la population est très divisée et au bord de la guerre civile. De même il oublie que les troupes russes sont appuyés par l’armée populaire du Donbass qui vivent leur arrivée comme une libération. Olivier Weber veut croire que cette guerre en Ukraine si elle renforce le sentiment national dans ce pays, est aussi une opportunité pour l’Union européenne. Il se trompe lourdement. D’abord parce que pour cela il faudrait que les Européens s’émancipent de la tutelle américaine, ce qu’ils ne sont pas prêts à faire, mais ensuite parce que les Européens sont profondément divisés sur à peu près tout, l’immigration, les sanctions, les livraisons d’armes à l’Ukraine. La démonstration de cela sera encore plus évidente cet automne quand il faudra assumer en Allemagne les coupures de gaz via Nord Stream I, et les conséquences à la fois sur l’économie et sur le moral des consommateurs. En attendant les pays européens se disputent sur une question mineure, celle de l’exclusion de tous les Russes de l’espace Schengen, les furieux Etats baltes et polonais, sont pour reconstruire un rideau de fer comme au bon vieux temps, les autres considèrent qu’on ne peut pas pénaliser tous les Russes. L’unanimité étant requise pour l’application de ce genre de débilité, il suffit que la Hongrie tienne le choc pour que cette mesure ne voit concrètement jamais le jour[2]. 

 

L’Ukraine est une nation très corrompue, sans doute l’une des plus corrompue de l’Europe. C’est connu et périodiquement Zelensky est épinglé pour ses louches entreprises et son évasion fiscale[3]. C’est le même Zelensky qui nous dit qu’il faut couper les ponts avec les Russes, qui exige ceci, cela des Occidentaux, notamment l’interdiction des visas touristiques pour les Russes qui voudraient se rendre en Europe, mais dans le même temps nous apprenons que cet hypocrite loue sa très chic villa italienne de Forte dei Marmi à des Russes pour 50 000 € par mois[4] ! Mais si l’Ukraine est aussi corrompue, c’est bien parce qu’elle est d’abord très divisée. Le fait que, selon un rapport américain, 30% des armes livrées à l’armée ukrainienne arrivent sur le marché noir, le fait que les médicaments livrés disparaissent aussi par camions entiers pour être revendus avec bénéfice[5], montre manifestement que le sentiment national ukrainien n’est pas très en forme. Il est tout à fait possible qu’une nation ukrainienne finisse par émerger de la guerre, mais ce ne sera sûrement pas dans ses frontières actuelles. Cette recréation se fera sans doute en excluant d’une manière ou d’une autre une partie de sa population, la partie russophone, soit en abandonnant le Donbass, soit en obligeant les populations russophones à fuir vers la Russie si l’OTAN parvenait au bout du compte à gagner la guerre ce qui nous semble de plus en plus douteux sans l’aide massive des Etats-Unis. 

 

Les éditions de l’Aube sont décidemment en forme en cette rentrée littéraire. Voici maintenant le morne Alexandre Snegriev qui signe Alexandre S. une sorte de journal intime, Je vous écris de Moscou pour nous dire qu’il a été surpris par la guerre en Ukraine. La guerre c’est insensé, nous dit-il. Sans doute ne suivait-il pas l’actualité de ce qui se passait dans le Donbass, ni même à Odessa ou à Kharkov pour ne pas la voir arriver. Dès lors de quelle autorité morale peut-il se prévaloir pour décider que cette guerre est insensée quand il n’est pas capable de la comprendre autrement que le résultat d’un caprice enfantin de la part de Poutine ? Nina Kéhayan traduit et préface l’ouvrage et donc nous dit ce qu’il faut en penser. Nina Kéhayan est, avec son mari Jean Kéhayan[6], de ces communistes défroqués qui pour dénoncer les crimes de Staline se sont faits les propagandistes de l’impérialisme américain. Cette mouvance antisoviétique qui a émergé dans le sillage de Mai 68 pense que la Russie d’aujourd’hui est lé résurgence de l’URSS ce qui est stupide bien entendu, mais comme l’antisoviétisme est leur fonds de commerce après s’en être servi comme ciment pour la Seconde gauche, ils tentent de le recycler dans un anti-poutinisme primaire. En dehors d’un traité sur l’aubergine, publié aux éditions de l’Aube où elle a son rond de serviette, elle a traduit Alexandre Snegriev. Elle aussi croit savoir que Poutine tout seul a annexé la Crimée, oubliant bien entendu que cette annexion était d’abord le vœu des Criméens, et donc mettant sous le boisseau l’article premier de la Charte des Nations Unies qui garantit le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ne comprenant rien à la Russie d’aujourd’hui non plus qu’à l’Ukraine, elle se croit fine en personnalisant le conflit entre l’Occident et le reste du monde autour de la personnalité de Poutine, qualifié de Moloch. Cette diabolisation stupide lui évite de se poser des questions difficiles sur la question de la mondialisation, et de l’affrontement à venir avec la Chine, comme elle lui permet d’oublier que les Etats-Unis ont semer la guerre et la mort tout autour de la planète depuis au moins 1945 quand ce pays a décidé d’expérimenter la bombe atomique en la lâchant sur Hiroshima, jusqu’aux interventions catastrophique en Afghanistan ou en Irak. Que les Turcs massacrent les Kurdes dans une opération à grande échelle au nord de la Syrie, ou qu’ils aident l’Azerbaïdjan dans sa guerre contre les Arméniens du Haut Karabakh ne lui pose aucun problème, Erdogan est son allié. De même la défense de la démocratie à la sauce atlantiste entraîne une invisibilité de la question Erythréenne qui a déjà causé près de dix fois plus de morts que la guerre en Ukraine. 

 

Le livre d’Alexandre S. est une sorte de journal intime dans lequel il se lamente d’abord parce que la guerre ce n’est pas beau, qui dirait le contraire à part Guillaume Apollinaire ? Mais ensuite parce que les Russes qui globalement soutiennent la guerre en Ukraine ne renversent pas le pouvoir, autrement dit parce que les Russes selon lui ne sont pas assez occidentalisés. De ces lamentations on retiendra celle-ci, Des États-Unis où elle se trouve, ma femme m’a conseillé de faire un stock d’antidépresseurs. J’ai pu en commander grâce à un directeur de pharmacie que je connais. Le prix des médicaments a augmenté. Toute la matinée j’ai lu les informations. Pour le repas, je me suis fait cuire des pâtes, je les ai arrosées d’huile d’olive, j’ai râpé du fromage… et je les ai mangées. J’ai bu un verre de vodka et je me suis couché. Alexandre S. a donc mangé des pâtes et a demandé à sa femme de lui envoyer des antidépresseurs depuis les Etats-Unis d’où elle résiste. De là à en déduire que le couple S. est perméable à la propagande américaine, il n’y a qu’un pas. Alexandre S. veux nous faire croire que si les Russes ne se révoltent pas face au pouvoir c’est parce que les lois sont terribles. Mais lui-même ne semble rien risquer, et de surcroît il sous-estime la rigueur des lois ukrainiennes qui interdisent tout média d’opposition à Zelensky, et qui mettent les opposants en prison. D’analyse sérieuse des causes de la guerre, on en cherchera en vain, de même qu’on ne saura jamais pourquoi 81% des Russes soutiennent Poutine dans cette entreprise[7] : soit ils sont fous par atavisme, soit ils sont conditionnés depuis leur naissance, mais dès qu’on avance que les attitudes sont conditionnées par la propagande, il faut aussi discuter des effets du rouleur compresseur de la propagande occidentale sur des âmes simples comme celles du dépressif Alexandre S. 

 

Alexandre S. cependant nous montre qu’il est un cœur sensible, il nous fait part de la mort de son chinchilla : Kurt, notre chinchilla, est mort. Il aurait eu dix-neuf ans dans deux mois. En 2003, nous avons voulu acheter un hamster ou un cochon d’Inde à la fille de ma femme, mais ma femme a préféré un chinchilla, pour leur air intelligent. C’était à l’époque de notre rencontre : Kurt a le même âge que notre histoire. À présent ma femme vit aux États-Unis, et moi à Moscou. Cette fantaisie animalière doit nous convaincre qu’elle est la marque d’un grand styliste ! On dirait du Yann Moix ou du Virginie Despentes !

L’ensemble donne la curieuse impression qu’Alexandre S. souhaite la défaite de son pays afin que celui-ci redevienne un partenaire de l’Occident et qu’il puisse continuer à voyager et à faire des salons de livres. En attendant il soutient l’Ukraine à sa manière : Pour la première fois de ma vie, j’ai préparé un borchtch. J’ai coupé les carottes, la betterave, le chou, les pommes de terre, l’oignon, et à la fin j’ai ajouté des tomates. En le mangeant, je me suis dit que l’on pouvait qualifier ce borchtch d’action de soutien à l’Ukraine, et le plaisir de le manger, de trahison de la patrie.

Pourtant il ne semble pas que Poutine, le Moloch des Carpates, ait poursuivi de sa vindicte Alexandre S. et d’ailleurs je ne le lui souhaite pas. 

 

Voici enfin le géographe du CNRS à la retraite, Michel Foucher. Celui-ci sait pourtant que les frontières sont mouvantes et soumises à des révisions constantes dans l’histoire[8]. Mais l’opportunisme le pousse à endosser les habits défraichis de la posture de l’indignation macronienne. Pour lui les éditions de l’Aube se sont mises de moitié avec l’hebdomadaire macronien Le 1, fondé sans succès par des journalistes du Monde, pour éditer ses élucubrations qui paraissaient auparavant dans une grande indifférence dans Le 1 que personne ne lit. Il est très content de cette guerre qui lui permet non seulement de faire l’expert à la télévision sur une chaîne de second rang, France 24, mais également de mettre en scène son sentiment anti-russe qu’il tient probablement en héritage de son père des temps de la Guerre froide. Bien qu’il sache très bien que Moscou soutient naturellement les russophones qui pour des raisons indépendantes de leur volonté – conséquence malheureuse de la Perestroïka – se sont retrouvés nationalisés de fait dans des frontières qu’ils ne souhaitaient pas. Il retient donc la fable d’une invasion qui serait sans raison d’un pays souverain, en évitant de parler des populations du Donbass qui ne rêvent que de se libérer du joug de la canaille de Kiev qui travaille pour les Américains et l’OTAN.  Pressé par la nécessité de faire son quota de pages, il ne s’est pas relu et aligne les invraisemblances dans un pensum écrit avec les pieds. Pourquoi publier de telles médiocrités ? Sachant que ce genre d’ouvrage ne rapportera pas un franc, je crois que l’idée des éditions de l’Aube est de participer au travail de propagande de l’atlantisme débridé, tout en touchant quelques subventions qui feront tourner la boutique. Enfilant les lieux communs, il reprend sans précaution l’idée selon laquelle l’Ukraine serait une nation révélée, faisant comme si « l’agression » poutinienne aurait soudé définitivement un peuple autour d’un projet et d’une langue commune, comme si le tiers des russophones acceptait tranquillement de renoncer à son identité et à son histoire. Pire encore Foucher croit que seul Poutine décide de la guerre coloniale pour reconstituer l’Empire de Pierre le Grand. Dans la foulée des platitudes, il nous ressort que la « révolution » de Maïdan qui est de fait une déclaration de guerre contre les populations russophones, était un acte spontané des Ukrainiens. Il ne se pose pas la question de savoir comment et pourquoi les Américains et les équipes de Nuland sont intervenues pour financer ce qui est un coup d’Etat. Il republie également dans cet ouvrage aussi une tribune qu’il avait publiée dans Le monde en 2013 où il évoquait les questions de sécurité de la Russie, en contradiction de ses positions ultérieures. Personne à part moi ne le remarquera, vu que personne ne lit Michel Foucher.


[1] Nils Melzer, L’affaire Assange, histoire d’une persécution politique, Editions critiques, 2022.

[2] https://www.lexpress.fr/actualite/monde/touristes-russes-dans-l-ue-que-change-la-suspension-de-l-accord-sur-les-visas_2179375.html

[3] https://www.humanite.fr/monde/ukraine/ukraine-volodymyr-zelensky-piege-par-les-pandora-papers-723110

[4] https://www.iltirreno.it/toscana/2022/08/31/news/villa-zelensky-affittata-ai-russi-viaggio-a-forte-dei-marmi-la-testimonianza-ho-sentito-parlare-russo-ma-non-fate-il-mio-nome-1.100082310

[5] https://histoireetsociete.com/2022/08/22/des-veterans-de-la-guerre-ukrainienne-sur-la-facon-dont-kiev-a-pille-laide-americaine-gaspille-des-soldats-mis-en-danger-des-civils-et-perdu-la-guerre/

[6] Celui-ci vivant depuis ses jeunes années dans la confusion la plus totale est d’origine arménienne, ses parents ayant réchappés au génocide de 1915. Il fut longtemps, à Marseille, un prosoviétique virulent. Il est aujourd’hui non seulement atlantiste, mais européiste et en plus favorable à une intégration de la Turquie dans l’Europe !

[7] https://www.lefigaro.fr/international/guerre-en-ukraine-la-popularite-de-vladimir-poutine-a-t-elle-vraiment-bondi-a-83-20220401

[8] Les frontières, CNRS Éditions, 2020

lundi 19 septembre 2022

Eliminer le peuple de la gouvernance mondiale, le rôle de l’Union européenne

  

La médiocre Ursula von der Leyen a de la suite dans les idées, reconnaissons-lui cette qualité. Nous savons que l’Union européenne fonctionne très mal. Et donc beaucoup croit qu’en modifiant les traités ou en désobéissant ponctuellement à eux, on pourra affirmer sa souveraineté. Le monde, baromètre de la fantaisie européiste, a déjà mis en garde Marine Le Pen et Mélenchon en disant que non, les traités ça ne se gère pas à la carte, et que soit on reste dans l’Union européenne, soit on en sort, sinon on s’expose à de lourdes amendes, qu’on n’est pas obligé de payer dirait Mélenchon, mais si on ne les paye pas, on risque de se trouver face à des sanctions qui seront difficiles à supporter, par exemple en ce qui concerne le financement de la dette du pays par la Banque Centrales Européenne. Pour ce journal crasseux intellectuellement, il va de soi qu’on ne peut pas être à la fois dans l’Union européenne et revendiquer une souveraineté pour la France[1]. Le monde ne se rend pas bien compte qu’en faisant ce type de compte-rendu virulent censé appuyer la démarche de Macron et d’Ursula von der Leyen, il démontre par-là que dans l’Union européenne le peuple ça n’existe pas, ça ne peut pas exister et que seul compte l’avis des experts et des bureaucrates pour diriger l’ensemble. 

Macron, sa perruque et Ursula construisant un plan 

Donc Macron et l’abominable Ursula qui a du sang de dictateur dans les veines, veulent imposer une modification des traités européens, faisant semblant ainsi qu’ils sont à l’écoute du populo. « J’ai toujours dit que le vote à l’unanimité dans certains domaines clés n’avait tout simplement plus de sens, si nous voulons être capables d’avancer plus vite » dit Ursula Von der Leyen[2]. Autrement dit l’Union européenne sur les sujets importants comme l’achat de vaccin, l’obligation vaccinale ou encore les livraisons d’armes à l’Ukraine pour faire la guerre à la Russie, ne sera pas décidé par l’ensemble des pays membres mais seulement par les plus importants, soit évidemment l’Allemagne et ses féaux. Ce sinistre raisonnement imaginé par un cerveau malade, appelle plusieurs remarques :

1. d’abord pour sortir l’usage des traités de la règle de l’unanimité, il faut déjà être capable de trouver une unanimité qui l’accepte. C’est douteux, treize pays sur vingt-sept ont dit que cela était inacceptable ;

2. ensuite, cela voudrait dire qu’il y aurait une division en Europe, entre ceux qui par exemple supportent une politique agressive contre la Russie et les autres, mais ces mêmes « autres » seraient soit embarqués dans cette galère contre leur gré, soit la financeraient via les fonds qui alimentent la bureaucratie corrompue de la Commission européenne. On peut ainsi imaginer que la Hongrie par exemple serait entraînée malgré elle dans cette guerre. Certes on peut aussi penser que seuls les pays qui voteraient une action à la majorité la financeraient et la mettraient en œuvre. Mais alors cela montrerait que l’Union européenne est particulièrement divisée sur une question cruciale et que l’unité de façade nécessaire pour construire une Europe fédérale n’existe pas. Le propos est tellement débile, qu’un cerveau un peu éveillé se rend vite compte qu’on ne pourra pas construire une armée européenne contre l’avis de la moitié des pays membres qui dans le cas contraire craindraient d’être les otages d’une sinistre lubie. 

 

La guerre de l’OTAN contre la Russie par Ukrainiens interposés, a ramené sur le devant de la scène la question de notre participation à cette boutique qui est une bureaucratie militaire qui travaille pour l’impérialisme américain. Peu de politiques ont fait entendre une voix dissonante pour dire c’est assez, sortons de l’OTAN, ne nous laissons pas entraîner dans une guerre qui n’est pas la nôtre et dont les objectifs sont plus que douteux. C’est d’autant plus étrange que tout le monde – y compris cette crapule de Macron – se réclame du général de Gaulle. Or celui-ci, le 21 février 1966 avançait 5 arguments pour justifier la sortie de la France du commandement militaire intégré de l’OTAN. Ces 5 arguments furent les suivants[3] :

1°) L’O.T.A.N. est en fait « un protectorat américain sur l’Europe », que l’affaiblissement de la menace des pays du bloc de l’est ne rend plus aussi utile qu’auparavant. C’est la thèse développée par Annie Riz-Lacroix[4]

2°) L’arme nucléaire soviétique et la capacité de l’URSS de frapper le territoire américain constituent une situation nouvelle qui jette un doute sur la volonté réelle des Etats-Unis d’engager leur armement nucléaire pour protéger l’Europe de l’Ouest au risque de mettre en jeu leur propre survie.

3°) L’O.T.A.N. impose à l’Europe et à la France la « stratégie de l’Amérique », c’est-à-dire des guerres voulues par les États-Unis ; l’appartenance de la France au commandement militaire intégré de cette organisation risquerait donc d’entraîner la France dans des guerres, voire dans « une conflagration mondiale » que notre pays « n’aurait pas voulue ». c’est clairement ce qui est en train de se passer à propos de l’Ukraine.

4°) La possession de l’arme nucléaire par la France lui permet d’assurer elle-même sa sécurité, ce qui est incompatible avec une position de « subordonnée » dans les structures intégrées de l’Alliance.

5°) L’appartenance au commandement intégré de l’Alliance est contradictoire avec la volonté française d’indépendance nationale, incompatible avec « une situation normale de souveraineté ». 

Les dirigeantes de la Suède et de la Finlande plutôt fières d’elles !

Ce rappel est nécessaire au moment où, ultime provocation, la Suède et la Finlande ont eu l’idée débile de demander leur adhésion à l’OTAN. Le motif que ces pays dirigés par des femmes, congelées du cerveau, comme quoi le sexe ne changement pas la médiocrité des politiciens – je dis ça parce qu’on entend quelquefois dire que si le monde était dirigé par des femmes il y aurait moins de guerre – est que la Russie n’attaquera pas un pays membre de l’OTAN. Doit-on rappeler à ces deux menteuses que l’URSS et la Russie n’a jamais attaqué ces deux territoires du temps de leur neutralité, et qu’elle n’aurait aucune raison de le faire ? Mais par contre l’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN signifie :

– d’abord que ces deux pays devront suivre les consignes de l’OTAN pour s’engager dans la guerre contre la Russie, ce qui est le but, même si leurs peuples ne le souhaitent pas, et cela les mettraient en première ligne ;

– ensuite qu’ils devront dépenser beaucoup d’argent pour financer l’effort de guerre contre la Russie, ce qui soulagera sans doute les Américains totalement empêtrés dans une dette publique qu’ils ne maitrisent plus, qui leur vendront le matériel nécessaire, mais qui pèsera sur ces pays aujourd’hui encore prospères. De fait on assisterait à une vassalisation de ces deux pays nordiques ;

– enfin que cette extension infinie de l’intégration otanienne non seulement est contraire aux promesses qui avaient été faites aux Russes en 1991, mais aussi qu’elles constituent une réelle menace aux portes de la Russie. Que veut-on ?  Prendre Kaliningrad ?

Cette intégration rallongera les frontières de l’OTAN de 1300 kilomètres autour de la Russie, faisant de la mer baltique un lac otanien ! Rien que cette entreprise justifie à elle seule la réaction de la Russie en Ukraine. Le but est d’enfermer la Russie, de l’isoler. 

 

Mais cet isolement de la Russie est une vue de l’esprit, en effet quand on ferme une porte, on s’isole aussi soi-même. Est-ce que les peuples européens – par exemple les Français ou les Italiens – veulent vraiment couper tous les ponts avec la Russie sur le long terme ? Plus l’intégration otanienne avance, et moins la souveraineté des peuples est respectée. En adhérent à l’OTAN, la Finlande et la Suède abandonnent leur souveraineté militaire et deviennent de simples provinces de l’impérialisme américain, de la chair à canon pour une prochaine guerre. C’est une manière de construire une « gouvernance » mondiale, sauf qu’en réalité c’est l’ensemble occidental, USA plus l’Europe vassalisé, qui s’isole du reste du monde, on commence à le comprendre un peu. Les Etats-Unis sont le pays le plus détesté de la planète, et pour cause ! Mais les Occidentaux croient toujours que l’Occident est tellement riche et avancé sur le plan économique qu’il peut sans risque fermer ses marchés aux pays récalcitrants, l’Inde, la Chine, ou d’autres encore. Or la Chine, l’Inde, la Russie ne sont plus des pays du Tiers-Monde, ils ont un niveau de développement élevé et maitrisent de plus en plus les technologies les plus récentes utiles au développement économique. Ces pays pèsent lourd, et ils pèsent d’autant plus lourd que les Occidentaux sont de plus en plus chassés des autres continents, notamment en Afrique où la France n’existe plus et où la coopération économique se fait avec la Chine et la Russie. Ce qui veut dire qu’en tentant bêtement d’isoler la Russie, c’est l’arrière-cour de l’Occident qui rétrécit ! Contrairement à ce que nos médias tentent de nous vendre, la majorité du monde n’est pas contre la Russie, seulement une quarantaine de pays appliquent plus ou moins bien les sanctions décidées à Washington. Il existe 197 pays dans le monde, et à moins de considérer les autres pays comme peuplés de sous-hommes, il est bien difficile de dire que les Russes sont isolés sur la scène internationale. Cet isolement de l’Occident peu d’ailleurs être considéré comme la conséquence de la mondialisation. Par exemple les Etats-Unis et le reste de l’Occident, ont massivement investi en Chine, accélérant ainsi son développement. Longtemps la Chine fut la première destination des investissements directs étrangers, et forcément cela leur a permis une montée en gamme dans les chaînes de production. Il ne faut pas s’étonner qu’en franchissant un stade de développement la Chine revendique toujours plus de droits pour s’affranchir de la tutelle de l’Occident, que ce soit sur le plan militaire ou sur celui de la maitrise des technologies nouvelles. Présenter aujourd’hui la Chine et la Russie comme des ennemis relève seulement du dépit de voir l’élève s’émanciper de son maître. 

Carte des pays appliquant les sanctions américaines contre la Russie 

Les sanctions économiques décidées par les Américains et les Européens contre la Russie doivent être comprises comme inefficaces, mais aussi comme un échec dans le projet d’établir une gouvernance mondiale. La Commission européenne en est à un septième train de sanctions. C’est comme pour le vaccin, moins ça marche et plus on insiste. Pour punir les Russes Macron leur a donné une usine Renault clé en main pour 1,5 cts d’euros, soit un rouble ! La perte nette pour l’Etat français est de 2,2 milliards d’euros et avec quelques ajustements les Russes disposent aujourd’hui d’un outil pour fabriquer à bon compte des automobiles. Cet alignement sur les positions américaines coûte très cher. Si la France était indépendante de l’Union européenne et de l’OTAN, elle n’aurait pas creusé encore plus son déficit commercial, tandis qu’à la suite de la guerre en Ukraine, la balance commerciale russe s’est clairement améliorée, confirmant que Bruno Le Maire ne sait pas ce qu’il dit quand il avance que l’économie russe va s’effondrer. Autrement dit cette asymétrie entre le comportement de la balance commerciale française et la balance commerciale russe est le résultat de l’alignement de la France sur une gouvernance mondiale erratique et de la souveraineté de la Russie en matière économique. Que toutes les sanctions économiques contre la Russie aient échouer dans les grandes largeurs prouve à quel point ces gens-là ne savent plus ce qu’ils font, à part envoyer des armes et entretenir une guerre meurtrière. Il est probable qu’une France souveraine aurait certainement eu plus de poids pour aider à l’émergence d’une solution négociée. Mais en restant dans la roue de l’OTAN, elle ne peut qu’en subir les conséquences qui sont un nouveau recul de sa souveraineté. 

Excédents russes de la balance commerciale et des paiements 

Cependant alors que depuis des semaines on nous promettait un renforcement de l’OTAN et de l’Union européenne, c’est l’inverse qui risque de se passer à la fin de la guerre qui, d’une manière ou d’une autre, va bien se terminer un jour. L’OTAN sera comptable d’avoir entretenu une guerre ruineuse « par ses aboiements aux portes de la Russie », comme dit le Pape François[5]. Mais depuis quelques semaines, les dissensions entre la Commission européenne et certains pays comme la France, l’Italie ou même la furieuse Allemagne, montrent une nouvelle faille entre les jusqu’au-boutistes du type polonais ou lituanien qui voudraient une reddition de l’armée russe, et ceux qui pensent qu’il faut avancer vers une solution négociée, ce qui veut dire fatalement des concessions territoriales de la part de Zelensky et reconnaitre au minimum la sécession du Donbass. Ces dissensions montrent que ce pouvoir supranational sans contrôle est voué à l’échec. La Commission européenne, présidée par l’hurluberlue von der Leyen, ne tient debout qu’à coups de concessions. Par exemple, elle exerce un chantage contre les Polonais et les Hongrois en les menaçant de leur couper les subventions s’ils ne s’alignent pas. Mais l’OTAN elle-même qui a la volonté d’intégrer au plus vite, les Suédois, les Finlandais et même l’Ukraine, doit se plier pour cela au pouvoir d’une minorité extra-européenne, celui de la Turquie[6]. Dans les deux cas une minorité peut bloquer un « gouvernement » supranational. Et cela n’est pas près de changer. Si l’OTAN, bras armé de l’impérialisme américain sur le seul européen, ne prétend pas à remplacer les entités nationales, les bureaucrates de l’Union européenne pensent que cela sera possible sur le long terme, en diluant de plus en plus les souverainetés nationales, en leur ôtant leur pouvoir de décision. Le problème est que pour que cela fonctionne il faut avoir des résultats, or ni la monnaie unique, ni la Commission européenne n’en ont vraiment, ces deux institutions tentent de camoufler leur échec derrière les crises qui seraient venues d’ailleurs, crise des subprimes, crise sanitaire, crise ukrainienne, mais ça ne marche pas car à l’évidence ces crises viennent justement de la déréglementation des marchés et donc de la dilution des nations dans la mondialisation.

La belle entente de deux grands démocrates 

Le dictateur Erdogan est un très fin diplomate, reconnaissons-lui cette qualité, même si par ailleurs nous condamnons ses exactions contre son peuple et contre les Kurdes. Arguant de son rôle au sein de l’OTAN et de la position stratégique de son pays dans le contrôle de la Mer Noire, il joue sur tous les tableaux en même temps. Il livre des drones meurtriers à l’Ukraine, ce qui satisfait l’OTAN, mais en même temps il transactionne avec les Russes pour écouler lui-même le blé ukrainien ! Également cette position de pivot lui permet d’acheter du pétrole à la Russie et de le revendre après raffinement avec un joli bénéfice pour sa famille aux Européens qui pour sanctionner les Russes ne leur achètent plus ni gaz ni pétrole. Mais personne ne lui dit rien parce que les pays européens ont intérêt à acheter ce pétrole tout en faisant semblant de mettre en œuvre des sanctions économiques douteuses qui mettront la Russie à genou. Et en même temps comme l’OTAN a besoin de lui pour faire fonctionner sa boutique, notamment sur la question de l’intégration de la Suède et de la Finlande dans l’OTAN, elle ferme les yeux sur les attaques sur le nord de la Syrie où se poursuit une véritable purification ethnique en y chassant les Kurdes. Les Américains, l’OTAN et les Européistes ne disent rien de ce qui aboutira nécessairement, comme en Ukraine, à une redéfinition des frontières. Ils ont trop besoin, pour poursuivre leur jeu trouble, du dictateur Erdogan. Ils ne regardent pas trop non plus des droits de l’homme qui sont totalement bafoués en Turquie, et pensent que tôt ou tard on intégrera la Turquie à l’Union européenne. Ils font mine de ne pas voir que le régime d’Erdogan est encore bien moins démocratique que celui de Poutine. Ce rôle de pivot, Erdogan s’en sert aussi pour fracturer un peu plus le camp de l’OTAN, par exemple en avançant que les sanctions contre la Russie devraient être levées afin de reprendre les exportations de céréales. En se posant ainsi comme négociateur raisonnable, face aux furieux otanistes[7], il espère jouer ainsi un rôle dans les négociations à venir lors de la reconstruction de l’Ukraine, mais il démontre du même coup que la gouvernance mondiale n’existe pas vraiment et ne peut pas exister. Du reste l’ONU le démontre tous les jours, n’ayant strictement rien pu faire pour jouer un rôle utile dans l’évolution du conflit en Ukraine. Récemment Erdogan dont le pays est membre de l’OTAN a fait étalage de sa souveraineté en renforçant ses liens de coopération avec la Russie, sans que l’OTAN, les Américains et les européistes trouvent quoi que ce soit à redire[8]. Cet épisode tend à démontrer que sur le chemin de la mondialisation, plus personne ne maîtrise rien, et que les pays les mieux armés dans cette époque restent ceux qui sont ouvertement souverainistes. 

Erdogan et Poutine à Sotchi le 5 aout 2022 

Les exemples d’une impossibilité d’une gouvernance mondiale sont légion, alors qu’aujourd’hui les tensions militaires et les guerres se généralisent sur toute la surface de la planète, preuve sans doute d’un effondrement de la diplomatie. Par exemple les européistes annonçaient un effondrement (encore un autre effondrement !) de l’économie britannique parce qu’ils n’avaient pas la monnaie unique et parce qu’ils voulaient sortir de l’Union européenne, mais cela ne s’est pourtant pas passé. Au contraire, les Britanniques s’en sortent mieux que l’Europe continentale d’un point de vue économique, même si sa politique reste très inégalitaire : leur pays est plus industrialisé que la France maintenant, leur taux de croissance est plus élevé que sur le continent, et le PIB par tête est plus élevé que celui de la France. La déconfiture de la Grèce, pays trahi par Tsípras qui fit ce qu’on lui demandait pour rester dans l’Union européenne et dans l’euro, mais l’inverse de ce que le peuple avait décidé, parle d’elle-même. Les propagandistes de Bruxelles prédisaient à la Grèce une dépression profonde s’ils sortaient de l’UE et de la monnaie unique, mais cette dépression ils l’ont eue en y restant. Quelles que soient les farces de Boris Johnson qui s’en va, plus personne au Royaume Uni ne parle aujourd’hui de revenir sur cette sortie, ses successeurs ne transgresseront pas la volonté populaire de retrouver sa souveraineté. 


[1] https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/05/10/qu-impliquerait-la-desobeissance-aux-regles-europeennes-promue-par-la-nupes_6125509_4355770.html

[2] https://www.midilibre.fr/2022/05/09/union-europeenne-vote-a-lunanimite-ou-a-la-majorite-pourquoi-cette-question-divise-les-27-10284918.php

[3] D’après https://www.les-crises.fr/de-gaulle-et-l-otan-1966-l-epiphanie-de-la-france-libre-par-eric-juillot/

[4] https://ingirumimusnocte2.blogspot.com/2022/05/annie-lacroix-riz-aux-origines-du.html

[5] https://www.laliberte.ch/news/le-pape-a-mis-en-cause-l-otan-646139

[6] https://www.rfi.fr/fr/europe/20220513-turquie-erdogan-oppos%C3%A9-%C3%A0-l-adh%C3%A9sion-%C3%A0-l-otan-de-la-su%C3%A8de-et-de-la-finlande

[7] https://www.rts.ch/info/monde/13154122-avancees-diplomatiques-en-turquie-sur-la-reprise-des-exportations-de-cereales-russes-et-ukrainiennes.html

[8] https://www.lemonde.fr/international/article/2022/08/06/a-sotchi-poutine-et-erdogan-renforcent-leur-cooperation-economique-et-energetique_6137356_3210.html

jeudi 15 septembre 2022

Contre-offensive ukraino-atlantiste sur Kharkov et ses conséquences

 
 

Je disais il y a quelques jours que si l’OTAN, donc les USA, ne s’impliquaient pas plus dans la guerre directement sur le sol ukrainien, la guerre serait perdue pour eux[1]. Ils se sont donc pliés à cette logique et ont décidé de mettre le paquet pour avoir quelques victoires à montrer aux électeurs qui vont voter en novembre pour les élections de mid-term. On dit que l’OTAN en quelques mois a formé 100 000 soldats prêts à intervenir en manipulant des armes sophistiquées ; La reprise par les forces ukraino-atlantistes de la région de Kharkov est la première victoire enregistrée par les Etats-Unis depuis le début de la guerre. Est-elle provisoire ? Essayons de faire le point sur une situation embrouillée. La contre-offensive de l’OTAN en Ukraine s’est déroulée en deux temps, d’abord une attaque suicidaire sur Kherson qui s’est traduite par un massacre des soldats ukrainiens envoyés à la mort. Le but n’était pas de prendre Kherson, mais de distraire les défenses russes de la région de Kharkov. Et ensuite d’attaquer cette région, non pas pour reprendre des territoires comme on l’a dit, mais pour fixer les défenses russes et les encercler. Les Russes très inférieurs en nombre sur cette ligne de front, ont été contraints de se replier et donc d’abandonner des territoires. A ce propos il faut souligner deux points importants :

– d’abord l’armée russe ne s’est pas débandée, mais replier en bon ordre, du reste les forces ukraino-atlantistes n’ont pas fait de prisonniers. Sinon on les aurait présentés à la télévision. Elle n’a subi que très peu de pertes. Elle se trouvait dans un rapport défavorable de 1 russes pour 8 ukro-atlantistes.

– ensuite les populations ukrainiennes russophones sont parties vers la Russie ou vers des zones plus sûres du Donbass. Ils craignent l’épuration ethnique et ils ont raison, dans les villes d’Izum et de Kharkov on a commencé à chasser les personnes soupçonnées d’être pro-russes, on a commencé par arrêté les professeurs qui enseignaient le russe, ils iront en prison sans doute pour de longues années s’ils ne meurent pas avant sous la torture du SBU[2]. 

Soldat américain dirigeant les manœuvres en Ukraine 

L’implication des Etats-Unis depuis au moins 2014 est maintenant avouée par de hauts responsables américains comme Evelyn Farkas qui avoue cela tranquillement dans une interview récente au New York Times : « Ces gars-là [de l'offensive anti-russe] ont été formés pendant huit ans par Special Ops. Ils ont appris la guerre irrégulière. Ils ont été formés par nos agents de renseignement sur la tromperie et les opérations psychologiques. »[3] Ce qui veut dire clairement que l’OTAN avait planifié l’intervention de la Russie en la provoquant de façon à faire apparaître aux yeux des Occidentaux crédules que Poutine portait la pleine responsabilité de la guerre. Cette offensive a été dirigée par des militaires britanniques, appuyée par des renseignements américains, et bien sûr ce sont les Etats-Unis qui ont fourni les armes et les munitions. C’est clairement une opération de l’OTAN en territoire ukrainien. On estime que 20% des militaires qui se battent sous le pavillon ukrainien sont américains, canadiens ou britanniques. On a vu des images télévisées de noirs qui parlaient américain et qui servaient directement sous le drapeau ukrainien, raconter que ce sont des mercenaires est juste un mensonge, ce sont bien des soldats américains et britanniques qui sont impliqués dans la guerre sur le terrain. Il devient de plus en plus évident que les forces ukrainiennes se battant pour délivrer leur patrie est juste le faux-nez des objectifs américains. C’est devenu tellement évident que même Le monde, journal atlantiste depuis toujours, parle maintenant d’une guerre entre l’Occident et la Russie. Selon Sylvain Feirrera, cette deuxième phase de la stratégie otanienne devrait se poursuivre avec une troisième phase, une attaque directe sur le Donbass pour le couper en deux et tenter de détacher Lougansk de Donetsk[4]. Cette troisième phase risque d’être contrariée par l’évacuation de l’armée russe des positions qu’elle tenait dans la région de Kharkov. Bien entendu les Russes ont réagi. D’abord en bombardant des centrales électriques pour couper le courant et empêcher les trains de circuler, trains qui auraient pu amener rapidement les soldats ukraino-atlantistes pour entrer dans le Donbass. Également la Douma vient de voter pour désigner l’Ukraine comme Etat terroriste. Cela peut paraître anodin, mais c’est un tournant dans la mesure où cela permettra de mobiliser plus de monde pour poursuivre la guerre. Jusqu’à présent cette opération spéciale n’avait pas beaucoup mobilisé de monde, environ 10% de l’armée russe. Ce revers russe a, contrairement à ce que disent les médias occidentaux, renforcé l’opinion russe pour en finir avec la guerre, soit défaire l’armée ukro-atlantiste. Loin de vouloir la fin de la guerre, l’opinion russe trouve la démarche de Poutine bien trop molle et demande une implication beaucoup plus forte. La propagande atlantiste tente de faire croire que des « élus » dissidents demanderaient la fin de la guerre et que Poutine passe devant un tribunal. Ce sont seulement quelques élus égarés du conseil municipal, autour de Dmitry Palyuga, de Saint-Pétersbourg qui sont dans cette tonalité, mais ils sont vraiment très isolés et ne représentent rien[5]. Aucun élu de la Douma n’est sur cette position. Ils ne représentent que la minorité pro-occidentale de la Russie, celle-là même qui a pleuré la mort de Gorbatchev. Les Russes sont d'autant plus remontés contre l'OTAN et l'Ukraine que tous les jours ils subissent des bombardements sur le territoire de la Russie, bombardements possibles grâce aux canons à longue portée américains. 

 

Si le temps a permis à l’OTAN de construire une riposte cohérente en Ukraine, il n’est pas certain qu’il lui reste beaucoup de temps encore avant que tout ne se déchire. Certes on peut être surpris par la veulerie politicienne de la gauche en France notamment qui se positionne de fait en suppôts des Etats-Unis, donc en acceptant une vassalisation de l’Europe et en refusant de lancer des manifestations en faveur d’une sortie de l’OTAN. Sortir de l’OTAN, s’émanciper de la vassalisation, c’était pourtant dans l’ADN de la gauche qui se pose toujours des questions sur les causes de sa disparition du paysage politique Mais la lutte de l’Occident façon atlantiste contre tout le reste du monde risque de devenir de plus en plus difficile. On vient de voir que l’Indonésie va rejoindre les BRICS qui compte déjà le Brésil, la Chine, l’inde, la Russie et l’Afrique du Sud. L’ensemble pèsera près de la moitié de la population mondiale et pourrait dans un futur proche amener de nouveaux pays africains dans lesquels les Chinois et les Russes sont déjà présents. Les perspectives électorales ne sont pas bonnes, au Brésil la probable élection de Lula va renforcer une ligne anti-américaine. En Europe l’hiver risque d’être difficile, de nombreux pays ne veulent pas suivre l’escalade de l’OTAN, la République Tchèque, la Hongrie, ou encore la Roumanie. Mais en outre l’Italie devrait probablement basculer à la fin du mois vers un gouvernement dirigé par Meloni. Or les Italiens qui déjà dans leur majorité n’étaient pas favorable à l’OTAN et à sa folie guerrière, risquent de l’être encore bien moins. La récession programmée dans l’Union européenne va sans doute déboucher sur des manifestations de plus en plus puissantes. Y compris en Angleterre où le décès de la reine a mis entre parenthèses les grèves très suivies et qui pourraient devenir une première étape dans une posture anti-guerre, sachant que la clownesque Liz Truss a promis que si l’occasion s’en présentait elle n’aurait pas peur d’appuyer sur le bouton et de provoquer l’anéantissement.   

La guerre de retour dans le Haut Karabakh 

L’OTAN a cependant ouvert un autre front en permettant à ses alliés, la Turquie et l’Azerbaïdjan de retourner massacrer, comme à leur habitude, un peu des Arméniens dans le Haut Karabakh[6]. Si les Ukrainiens ont de longue date la pratique des pogroms, les Turcs et les Azéris, les amis de l’OTAN eux ont celle du génocide des Arméniens. Evidemment les belles âmes européistes qui pleurnichent sur les malheurs de Zelensky et de ses sujets, détournent pudiquement les yeux et font comme si rien ne se passait de ce côté-là, comme ils ne s’intéressent pas à l’épuration ethnique que mènent les Turcs dans le nord de la Syrie. La volonté de ne pas voir revient à soutenir cette alliance turco-azéri en pensant que ce nouveau front obligera les Russes à intervenir une nouvelle fois pour sauver ce qui peut l’être encore du Haut-Karabakh et donc s’affaibliront dans leur offensive en Ukraine. Il ne faut pas dissocier ce conflit de ce qui se passe en Ukraine. C’est le même combat de l’impérialisme américain pour tenter de consolider son hégémonie. L’Union européenne par l’intermédiaire de la corrompue von der Leyen achète du gaz à l’Azerbaïdjan, comme si le dictateur qui est à la tête de ce malheureux pays était plus fréquentable que Poutine. Cette question risque de peser sur la destinée malheureuse de l’Union européenne – que certains prétendent confortée grâce à la guerre – que les Turcs, alliés bien peu fiables, ont commencé à revendiquer des eaux territoriales dans ce qui est pour l’instant du domaine de la Grèce, pays soi-disant membre de l’Union européenne, mais vrai paillasson sur lequel on essuie sa bonne conscience au nom d’une real politik[7].  L’opinion publique européenne est massivement hostile au panislamisme d’Erdogan. Il va falloir choisir, soit on soutient l’impérialisme américain et le panislamisme d’Erdogan pour abattre la Russie, soit on cherche une solution négociée. Les instances européennes ont pour l’instant choisi de se soumettre, en sabordant consciencieusement leur économie, affaiblissant l’euro qui était leur seule fierté, et en renforçant le dollar. Même les Allemands, traditionnellement alliés à la Turquie commencent à contester les orientations atlantistes d’Ursula von der Leyen. L’eurodéputé Martin Sonneborn a fait une sortie remarquée devant le parlement européen le 14 septembre 2022, sortie dans laquelle il qualifiait Ursula von der Leyen d’incompétente et de criminelle. Ils vont se rendre compte que la Commission européenne, bras politique des Etats-Unis, comme l’OTAN est son bras armé, est bien au-dessus des nations et que c’est justement là que se trouve le problème.



[1] https://ingirumimusnocte2.blogspot.com/2022/09/la-sale-guerre-de-lotan-en-ukraine-et.html

[2] https://alawata-rebellion.blogspot.com/2022/09/une-chasse-lhomme-commence.html

[3] https://www.nytimes.com/2022/09/10/us/politics/ukraine-military-intelligence.html

[4] https://www.vududroit.com/2022/09/les-podcasts-de-vududroit-la-guerre-en-ukraine-video-n-8/?fbclid=IwAR3tTJu6iZTWWKPuvXO2TCW40RmPajLMlXKh8djWJVh7ks92e-77G1Hgs6Y 

[5] https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/dmitry-palyuga-elu-russe-il-faut-se-debarrasser-de-poutine-pour-stopper-la-guerre-en-ukraine_2180110.html

[6] https://information.tv5monde.com/info/que-se-passe-t-il-la-frontiere-entre-l-azerbaidjan-et-l-armenie-471273

[7] https://www.liberation.fr/international/europe/erdogan-menace-la-grece-nous-pouvons-arriver-subitement-la-nuit-20220903_54BLRJPJJ5DLHCATSWN5YQUFVU/

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