lundi 9 octobre 2023

Le Hamas à l’assaut d’Israël

  

Les guerres se multiplient, en Ukraine, dans le Caucase, et quand ça se calme dans la Corne de l’Afrique, c’est au Moyen-Orient que ça repart. La nouvelle guerre qui vient d’éclater sur le sol d’Israël est un vrai désastre : des centaines de morts, des milliers de blessés. Depuis longtemps Israël n’avait pas été soumis à une telle pression. Cette attaque est le fait principalement du Hamas auquel s’est joint ensuite le Hezbollah au nord d’Israël au nom de la solidarité avec la cause palestinienne. Des milliers de roquettes ont été tirées, des centaines hommes armés se sont infiltrés en Israël, ont tué des civils et kidnappé des otages. Les Israéliens ont riposté comme d’habitude par des frappes sur Gaza. Cet engrenage n’est évidemment pas près de s’arrêter. Cette attaque cependant pose de très nombreuses questions. La première est qu’Israël a été complètement pris par surprise. Il y a bien à l’origine une faille dans les services de sécurité du pays. Pendant que les politicards de ce pays se déchirent sur la question de la réforme judiciaire que Netanyahou veut imposer, le Hamas s’est parfaitement préparé, depuis des mois on n’entendait plus guère parler de lui, mais leur plan était près et élaboré dans le plus grand secret. La question suivante est celle-ci : le Hamas n’a certainement pas agi seul, ou plutôt sans le feu vert de son sponsor iranien qui lui fournit des armes. Il est donc primordial de se poser la question de ce que cherche l’État iranien en provoquant le chaos en Israël, sachant que cette action meurtrière ne changera pas le rapport de forces dans la région, et sachant que l’Iran s’est récemment rapproché des BRICS et que ce pays entend jouer un rôle important pour contenir les velléités expansionnistes de la Turquie et de l’Azerbaïdjan. Le Wall Street Journal avançait que l’attaque avait même été planifiée par les Iraniens ce que ceux-ci se sont empressés de nier[1]. Les armes utilisées par le Hamas, drones et roquettes, ont été fournies par l’Iran, ce qui suggère une contrepartie, au moins dans le déclenchement de l’attaque. À l’évidence l’Iran en soutenant le Hamas dans cette entreprise guerrière pourtant vouée à l’échec, va contrarier les plans de rapprochement entre Israël et l’Arabie saoudite ou le Qatar. Mais peut être que les pétromonarchies vont vouloir mettre un terme rapidement à cette fantaisie. Il est clair que maintenant ils ne soutiennent plus la cause palestinienne. 

Les roquettes se sont abattues par milliers sur Israël 

Cette attaque remet en question la logique sécuritaire que Netanyahou avait imposée et que beaucoup croyait finalement bonne[2]. Autrement dit cela remet en question l’idée de ne pas négocier l’existence de deux États bien séparés et autonomes, mais de geler indéfiniment une situation instable. On savait qu’une telle paix armée n’était pas viable, le désastre du mois d’octobre 2023 le démontre parfaitement. Les murs n’ont pas été suffisants pour empêcher l’infiltration et le grand nombre de roquettes étonne : comment les Israéliens ne pouvaient pas être au courant de ce surarmement ? Bien entendu le Hamas va crier victoire, prétendant avoir démontrer la vulnérabilité de leur voisin. Cet épisode meurtrier se terminera comme d’habitude par un écrasement du Hamas qui n’aura plus longtemps les moyens de soutenir ce genre de guerre. Des deux côtés les pertes sont déjà importantes, et le bilan final risque d’être pire encore, d’autant que la question des otages va empoisonner longtemps la politique intérieure israélienne. Cependant il est clair que la politique de Netanyahou va être remise en question, aussi bien en ce qui concerne la colonisation continue que les problèmes de sécurité. C’est jusqu’au niveau des services secrets que la remise en cause va se produire[3]. Également certaines voix en Israël s’étonne que les terroristes du Hamas aient pu pénétrer si facilement en Israël et avancent que cette infiltration a été facilitée par le gouvernement qui espère en tirer politiquement avantage. Personnellement je ne vois pas très bien quel avantage le gouvernement peut retirer de ce chaos, mais cette méfiance est symptomatique de la décomposition de la société israélienne, mais la politique israélienne ne brille plus depuis longtemps par une logique rationnelle. Dans cette nouvelle guerre qui ne devrait pourtant pas durer, il faut prendre aussi en considération la concurrence rude que se livrent le Hezbollah et le Hamas, ce dernier vient de prendre semble-t-il l’ascendant sur son voisin libanais. Il est cependant très douteux que cela entraîne un mouvement de ralliement des autres pays arabes et musulmans. 

Des habitants pris de panique à Tel Aviv 

Ce qui par contre nous parait très surprenant, c’est le moment où cela intervient, c’est-à-dire dans un moment où la planète s’embrase, en Ukraine, dans le Caucase, et jusqu’en Afrique. C’est bien entendu le résultat de la faillite de la Pax Americana. Joe Biden a promis qu’il allait débloquer encore de l’aide militaire pour Israël, mais cette aide militaire semble surtout un argument électoral pour masquer son impuissance. Il n’est pas certain que les Israéliens veuillent de nouveau repasser sous les fourches caudines de Washington, sachant que les Américains, s’ils les soutiennent, ont une politique inconstante, depuis plus de trente ans, les Etats-Unis n’ont fait aucun effort pour tenter de passer par des négociations, ayant perdu toute crédibilité. Bill Clinton avait pourtant ouvert la voie, et même si les solutions avancées par les accords d’Oslo étaient peu satisfaisantes, elles avaient le mérite d’exister et d’être un premier pas qu’on aurait pu chercher à améliorer. On va donc reparler sans doute des solutions diplomatiques d’ici peu de temps. C’est-à-dire des manières de tracer des frontières stables et sûres entre les deux nations. Le temps de la colonisation rampante nous semble révolu. Il n’y a que deux solutions sérieuses : la première est la négociation. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais il existe des groupes israélo-palestiniens qui ont travaillé dans ce sens depuis plusieurs années. La seconde est celle avancée il y a quelques années par Eli Barnavi. Tracer unilatéralement des frontières pour Israël, sans rien négocier, et s’y tenir, avec à la clé des échanges de territoires qui sont assez bien compris par la partie palestinienne. Il faut en finir avec le mitage des Territoires Palestiniens par la colonisation. Il parait évident qu’en poursuivant la colonisation Israël a amoindri ses capacités de défense, et donc son gouvernement est coupable d’avoir bradé la sécurité de ses citoyens au profit des colons. 

Les soldats israéliens constatent les dégâts 

Les réactions de la classe politique française ont été lamentables : d’accord pour apporter son soutien à Israël, mais sans dire concrètement quelles pourraient être les solutions. La France Insoumise, et le sinistre Mélenchon, se sont une fois de plus roulée dans ses déjections, avançant que le seul responsable était le gouvernement d’extrême droite d’Israël. Est-il réellement antisémite ou seulement opportuniste pour s’attirer les faveurs de l’électorat musulman ? A l’heure où tout le monde se préoccupe du sort réservé aux otages, des femmes et des enfants, des Israéliens et des touristes, Jean-Luc Mélenchon a expliqué que « toute la violence déchaînée contre Israël et à Gaza ne prouvait qu'une chose : la violence ne produit et ne reproduit qu'elle-même. Horrifiés, nos pensées et notre compassion vont à toutes les populations désemparées victimes de tout cela. Le cessez-le-feu doit s'imposer », a-t-il ajouté sur Twiter. Une prise de position encore appuyée vigoureusement par le semi-idiot Louis Boyard : « Trop longtemps que la France ferme les yeux sur la colonisation et les exactions en Palestine. Trop longtemps que la France renvoie dos à dos la violence de l'État israélien et celle de groupes armés palestiniens. »  Seul François Ruffin a donné à gauche un autre son de cloche parlant d’une condamnation totale et sans réserve de l’agression du Hamas sur Israël. Je ne parle même pas des macroniens qui ne savent plus où ils habitent dès qu’il s’agit de discuter de guerre et de paix. Borne en a profité pour faire la leçon à Mélenchon, à croire que ces deux là s’entendent parfaitement pour faire un numéro. Rappelons que cette dérive stupide de la gauche et de l’extrême gauche ne date pas d’aujourd’hui et qu’elle a la caution d’Alain Badiou, l’ami de tous les régimes sanguinaires. 

Des Palestiniens célèbrent la destruction et la prise d'un char israélien, le 7 octobre 2023. 

Les journaux n’ont pas plus de mesure que les politiciens, ils parlent de « guerre totale du Hamas avec Israël », cette surdramatisation est stupide étant donné le rapport de forces sur le terrain, aussi douloureuses soient les pertes dans les deux camps. La désinformation commence quand on déforme les faits. Les Israéliens ont suspendu jusqu’à nouvel ordre la fourniture d’eau et d’électricité sur Gaza, principal foyer du Hamas. De même aucune marchandise ne peut pour l’instant y entrer. Gaza vit sous perfusion, c’est-à-dire grâce à l’aide internationale et plus particulièrement celle de l’Union européenne qui d’un côté condamne la barbarie du Hamas, mais qui de l’autre donne des fonds pour que les petits Palestiniens apprennent dans leurs livres d’école la haine des Juifs et d’Israël. La gouvernance du Hamas sur Gaza est le fait d’une clique corrompue depuis longtemps qui ne fait rien pour tenter d’améliorer le sort misérable de ses administrés de façon à conserver une marge de manœuvre pour recruter des petits soldats qui voudront bien aller se faire trouer la peau dans des attaques de type terroriste. 

Frappes israéliennes sur Gaza nuit du 8 au 9 octobre 2023 

PS

Les médias mainstream n’ont pas diffusé toutes les horreurs qui ont été filmées lors du raid du Hamas en Israël. La raison est que les médias occidentaux sont dans leur ensemble de grands soutiens de la cause palestinienne et considèrent qu’Israël est un Etat qui ne devrait pas exister. Ci-dessous, on voit une touriste allemande capturée par la crapule du Hamas qui crie stupidement Alloua Akhbar, crache sur le corps de cette pauvre jeune femme, traitée moins qu’une bête. Il s'agit de Shani Luk, une citoyenne allemande de 20 ans, identifiée par ses proches grâce à son tatouage et à ses dreadlocks Je rappelle que Josep Borrell, la canaille qui travaille pour la guerre à outrance contre la Russie, s’il est atlantiste, il est également un grand soutien de la cause palestinienne. 


De courageux soldats Palestiniens ayant capturé une Israélienne lors de leur raid sur Israël


[1] https://www.wsj.com/world/middle-east/iran-israel-hamas-strike-planning-bbe07b25

[2] https://www.tdg.ch/attaque-surprise-du-hamas-comment-ont-ils-pu-passer-pourquoi-aucun-soldat-ne-les-a-arretes-890783635419

[3] https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/10/08/elie-barnavi-l-attaque-du-hamas-resulte-de-la-conjonction-d-une-organisation-islamiste-fanatique-et-d-une-politique-israelienne-imbecile_6193197_3232.html

jeudi 5 octobre 2023

Décomposition des soutiens à l’Ukraine

  

Zelensky et Trudeau applaudissant de conserve un nazi devant le parlement du Canada 

J’ai parlé il y a quelques jours des difficultés de la diplomatie ukrainienne. En fait cela s’aggrave tous les jours. La tournée du spectacle zelenskien en Amérique du Nord a été un fiasco total. Aux Etats-Unis, il n’a pas pu prendre la parole devant le congrès, comme à l’ONU. Et puis devant le parlement du Canada, il s’est fait photographier en train d’applaudir un ancien nazi ukrainien, âgé de 98 ans, Yaroslav Hunka, un nazi qui a du sang juif sur les mains. Il n’était pas seul à applaudir ce criminel, l’ambassadrice d’Allemagne l’accompagnait aussi. Cet épisode spectaculaire est un grand scandale de plusieurs points de vue, d’abord parce que cela confirme l’idée des Russes de lutter contre la nazification de leur voisin ukrainien. Ensuite que la communauté ukrainienne exilée au Canada est la descendance des nazis ukrainiens exfiltrés par les Etats-Unis en 1945. Or le Canada est un des pays les plus belliqueux envers la Russie. Il participe directement sur le terrain à la guerre contre la Russie, soit pour instruire les soldats, soit pour fabriquer des plans plus ou moins tordus contre la Russie. Le stupide Justin Trudeau a fait semblant de ne pas être au courant, en évoquant une « erreur », c’est un mensonge bien entendu parce que tout le monde connait la position des Ukrainiens exilés au Canada. Le président du Parlement canadien a démissionné. Mais la vice-premier ministre Chrystia Freeland qui est d’origine ukrainienne et qui se trouvait aux côtés de Trudeau ne pouvait absolument pas ignorer qui était Hunka. Que dans un pays soi-disant démocratique on fasse applaudir un vieux nazi qui a échappé – grâce aux Américains – au peloton d’exécution pour crimes de guerre en dit long sur cette farce.  

Le Parlement canadien applaudit Yaroslav Hunka, ancien membre de la Waffen-SS. Le chef d’état-major de la défense du Canada, le général Wayne Eyre, se trouve à l’extrême gauche. 

Les médias occidentaux qui sont prompts à faire la chasse à des nazis qui n’existent pas, ont rapidement éteint l’incendie, c’est l’autre aspect de ce scandale. Ils ont tous parlé d’erreur. Tout se passe comme si on voulait accréditer dans l’opinion qu’il y a des bons – les Ukrainiens qui ont tué des Russes en plus des Juifs – et de mauvais nazis – ceux qui n’ont aucun pouvoir, et dont le fascisme est plus présumé que prouvé. Depuis le début de l’opération spéciale en Ukraine, la presse occidentale tend à excuser les nazis ukrainiens – Bandera en tête qui a son avenue à Kiev – qui se seraient malencontreusement engagés aux côtés des Allemands pour massacrer Biélorusses[1], Russes et Juifs, plus par idéal nationaliste erroné que par convictions racistes. Cet épisode répugnant de la canaille Trudeau, a eu des répercussions importantes. Évidemment en Israël, pays où on s’est toujours méfié de Zelensky – malgré ses origines juives – et où on a refusé de s’engager contre la Russie à cause justement du passé nazi de l’Ukraine. Et les Polonais qui ont déjà un contentieux avec Kiev – ils refusent de continuer à livrer des armes, jugeant la stratégie zelenskienne totalement erronée – ont décidé d’ouvrir une enquête sur les crimes d’Hunka sur le territoire polonais[2]. Tout cela contribue à la dégradation des relations diplomatiques de Kiev. 

Yaroslav Hunka au temps de sa belle jeunesse quand il travaillait à la solution finale

Enfin l’autre aspect du scandale est l’absence de réaction des gens de gauche en France. Pourtant prompts à voir des nazis partout, au point de faire voter pour cette crapule de Macron, ils n’ont aucun avis à donner lorsqu’il s’agit d’un vrai nazi, un vrai de vrai. Cela démontre d’abord la connivence de cette fausse opposition de gauche qui trouve plus confortable de taper sur des nazis supposés que sur les compromissions de l’Occident avec les vrais nazis. Fabien Roussel a mieux à faire en disputant son marché de niche à Mélenchon qui lui aussi est aux abonnés absents, et personne n’a entendu ce qu’en pensent les débris du Parti socialiste, quant aux écologistes de profession qui sont les plus acharnés à poursuivre la guerre en Ukraine, ils préfèrent parler d’autre chose, par exemple saluer l’engagement écologiste du roi Charles III, c’est plus urgent[3]. 

Michel Goya c’est le porte-parole officiel de l’OTAN sur les plateaux télé. Il se trompe régulièrement et probablement volontairement pour entretenir la flamme de l’opinion occidentale dans sa croisade contre la Russie. Régis de Castelnau, sur sa petite chaîne YouTube passe son temps à le maltraiter – fort justement d’ailleurs – pour toutes les stupidités contre-factuelles qu’il énonce. On se souvient qu’en mars 2022 il annonçait l’effondrement éminent de l’armée russe ! Quel visionnaire, quel expert ! Aujourd’hui il a changé de ton et nous fait part de son pessimisme. Mais l’important n’est pas là. Cette propagande outrancière est commune à la quasi-totalité des médias dominants. Dans sa dernière vidéo Régis de Castelnau nous apprend que Michel Goya fanfaronne dans les couloirs de l’Aspen Institute[4]. Il n’insiste pas sur ce point, et c’est quelque chose qui m’avait échappé quand j’ai fait mon petit papier sur les agents américains en Europe[5]. Évidemment le fait que Michel Goya soit cornaqué et soutenu par l’Aspen Institute, think-tank néo conservateur américain qu’on retrouve un peu de partout, Meloni en est, mais aussi l’Américaine Natalie Jaresko qui fut nommée directement dans le gouvernement ukrainien par les Etats-Unis[6], le classe directement comme un agent de propagande étatsunien et non comme un simple militant de la cause ukrainienne. 

 

Les divisions de l’Occident sur la question ukrainienne sont patentes, à commencer par les Etats-Unis où les Démocrates et les Républicains. Ces derniers qui tiennent la Chambre des représentants ont pris le prétexte de l’endettement excessif des Etats-Unis pour stopper les aides militaires à l’Ukraine. Kevin McCarthy, le président de la Chambre a négocié avec les Démocrates une hausse de la dette américaine, mais en excluant toute aide à l’Ukraine[7]. Depuis le 22 février 2022, l’aide américaine à l’Ukraine a coûté 110 milliards de dollars[8]. Mais tandis que Kevin McCarthy vient de se faire éjecter de son poste de président de la Chambre, Joe Biden annonce qu’il va négocier pour obtenir 24 milliards de dollars supplémentaires pour l’Ukraine, ce qui nous parait extrêmement compliqué dans les circonstances actuelles, on se demande bien avec qui ! Zelensky qui n’en est plus à une contradiction près a dit qu’avec ou sans l’Occident, il continuerait la guerre jusqu’à la victoire, bien qu’il y a quelques jours il ait affirmé que si la contre-offensive n’avançait pas, c’était bien parce que l’Occident n’aidait pas assez l’Ukraine ! C’est évidemment une bouffonnerie supplémentaire, chacun sait que sans l’engagement des cobelligérants occidentaux qui fournissent des armes, des renseignements, des mercenaires et des éléments de stratégie foireuse, la guerre serait terminée depuis le mois de mars 2022. Je souligne ici que les engagements otaniens dans la guerre en Ukraine sont en, parfaite contradiction avec l’article 5 de son traité qui ne parle jamais d’une mobilisation générale pour venir en aide à un pays non-membre, mais cet article a tellement été violé de fois, en Serbie, comme en Syrie ou en Ukraine, que c’est devenu une habitude de cette institution. L’idée qui est en train de tourner mal est que la guerre, par Ukrainiens interposés, contre la Russie sera très longue et que l’Occident doit en planifier le financement. Mais si les dissensions aux Etats-Unis sur ce sujet sont évidentes, en Europe même l’union commence à se désagréger sérieusement autour de ce funeste projet. Car la guerre en Ukraine a mis à mal les économies européennes. L’Union européenne ne peut plus respecter ses propres règles, elle est endettée à 84% de son PIB et la France à 116%, ce qui va se heurter rapidement au resserrement du crédit mis en place par la BCE, alors même que la récession en Europe a mis à mal le pouvoir d’achat des ménages.

 

Le 1er octobre 2023, devant la presse, le belliciste Josep Borrell a souhaité dédramatiser la situation. « Le vote aux Etats-Unis nous a surpris, a-t-il déclaré. Je le regrette, mais je ne pense pas que ce soit définitif. Le président Biden a appelé le Congrès à trouver une solution. Nous ne faiblissons pas dans notre aide à l’Ukraine, assure M. Borrell. Nous avons déjà apporté quelque 85 milliards d’euros depuis février 2022, soit davantage que les Etats-Unis, dont 25 milliards pour la seule assistance militaire, et nous espérons bien valider d’ici à la fin de l’année deux engagements supplémentaires : 50 milliards d’euros d’assistance financière et 20 milliards d’euros pour l’achat et le transfert d’armes d’ici à 2027, dans le cadre des garanties de sécurité à apporter au pays à long terme ». Évidemment il se dit surpris, soit c’est un menteur, soit c’est un imbécile car le vote du Congrès était très prévisible. Mais au passage on apprend que l’Union européenne a payé près de la moitié des dépenses pour la guerre des Etats-Unis contre la Russie, le reste étant financé par la planche à billets. Sachant – voir le sabotage des gazoducs Nord Stream – que ce n’est absolument pas l’intérêt des Européens de poursuivre cette aventure, il vient que la crapule qui dirige l’Union européenne est directement constituée d’agents américains. Il tentait de rassurer Rustem Oumierov sur les intentions américaines, comme s’il y pouvait quelque chose, n’étant qu’un petit télégraphiste de Washington.  Joe Biden a affirmé qu’il ne laisserait pas tomber l’Ukraine, il a oublié d’ajouter comme auparavant l’Amérique a soutenu ses alliés au Vietnam, en Afghanistan, en Irak ou encore en Syrie. De double langage étatsunien est une constante de leur politique étrangère. 

Conseil des ministres des affaires étrangères à Kiev sous le contrôle de Zelensky 

Le 2 octobre se tenait sous l’œil vigilant de Zelensky un conseil des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne à Kiev. L’idiote de service, Madame Colonna, qui est aussi, ministre des affaires étrangères de la France, qualifiait cette réunion d’historique. Guerre en Ukraine, en direct : la Russie « ne doit pas compter » sur la « lassitude » de l’UE, a promis la cheffe de la diplomatie française, c’est parler pour ne rien dire, ou plutôt pour masquer les dissensions évidentes. C’est vrai en un sens que les désaccords se sont étalés sur la place publique. Plusieurs ministres importants n’étaient pas là. Le ministre des affaires étrangères hongrois – dont le pays est resté proche de Moscou dans l’Union européenne – ainsi que ses confrères polonais et letton n’ont pas assisté à la réunion à Kiev, a précisé à l’Agence France-Presse un haut responsable du gouvernement ukrainien sous le couvert de l’anonymat. Les diplomates polonais et letton sont malades, a-t-il précisé ! C’est un fiasco d’autant plus évident que le ministre hongrois a dit qu’il ne soutiendrait pas la rallonge de 500 millions d’euros que von der Leyen tente de débloquer pour l’Ukraine. La Pologne est dans la continuité de sa politique de défiance vis-à-vis de Zelensky. Il y a plus grave. Les élections ont eu lieu en Slovaquie, ce pays est membre de l’Union européenne, et c’est Robert Fico qui a été désigné comme nouveau premier ministre[9]. Or celui-ci est proche de la Russie et a déjà déclaré qu’il refuserait d’envoyer des armes à l’Ukraine. Comme l’Union européenne fonctionne sur la règle de l’unanimité, on voit se dessiner un front contre l’aide en Ukraine : à la Pologne va se joindre la Hongrie et la Slovaquie. 

Lecornu fait des affaires 

Lecornu est content, les Français vont pouvoir investir directement dans l’industrie d’armement en Ukraine ! Sébastien Lecornu est soi-disant ministre de la défense, mais en réalité il est seulement le VRP des marchands de canons qui souhaitent que la guerre de l’OTAN contre la Russie dure le plus longtemps possible parce que cela engendre des profits élevés. C’est clairement ce qu’il a dit lors de son voyage à Kiev à la fin du mois de septembre. « Néanmoins, si on veut durer, on doit être capable de "brancher" directement les industriels français à l'armée ukrainienne. Cela a un intérêt aussi pour l'avenir parce que si la guerre devait s'arrêter vite, ce que je souhaite, l'armée ukrainienne aura besoin de se reconstruire, aura besoin de se défendre. Et donc ce sont aussi des opportunités pour les industries françaises. Pardon de le dire comme ça, mais il faut l'assumer. »[10] Il a également ajouté cyniquement que de continuer à livrer du matériel à l’Ukraine pour qu’elle se fasse déchiqueter, c’était aussi une manière de renouveler le matériel obsolète de l’armée française. Et bien sûr c’est une manne pour les industriels de l’armement français. Pour le reste il n’a pas vraiment d’idée sur les dangers que représenterait la Russie pour notre pays. Il est en effet contradictoire de dire d’un côté que l’armée russe est médiocre et usée, et d’un autre qu’elle serait une vraie menace pour les pays de l’Union européenne, alors que manifestement la Russie n’a même pas l’envie d’occuper la totalité de l’Ukraine. Mais cette fable d’une menace imprécise permet de soutenir les industriels de l’armement pour leurs profits. Qu’en sera-t-il quand les Russes bombarderont les sites industriels français de production de drones en Ukraine ? Le gouvernement paiera-t-il les pots cassés ? 

 

Sur le front proprement dit, c’est très stable et malgré les lourdes pertes ukrainiennes, ça n’avance pas. On pourrait même dire que ça recule avec la contre-offensive russe du côté de Koupiansk. Alors que font les Ukrainiens, ils font des coups. Ils ont commencé à frapper la Crimée depuis apparemment Odessa avec des missiles otaniens, guidés par les services de renseignement de l’OTAN, impliquant toujours un peu plus l’Occident dans la guerre contre la Russie. C’est bien évidemment très ennuyeux pour les Russes. Déjà en juillet 2022 un vice-ministre de la défense qui depuis a été démissionné pour corruption, avançait qu’ils allaient couler toute la flotte russe de la Mer Noire[11]. Mais ces petits coups ne changent rien fondamentalement en ce qui concerne le rapport des forces. En effet, les frappes de missiles sur la Crimée sont limitées par le fait que l’Ukraine dispose de très peu de vecteurs. Les Ukrainiens s’étaient félicités d’avoir frappé le quartier général de la marine russe à Sébastopol et d’avoir même tué l’amiral Viktor Sokolov, mais celui-ci est réapparu rapidement, montrant que les Ukrainiens, même appuyés par l’OTAN, les USA et l’UE n’arrivent qu’à se donner en spectacle. C’est peut-être là l’image de la guerre, une succession de mensonges confus, une absence de stratégie sérieuse du côté otanien, et pendant ce temps-là les Ukrainiens meurent par milliers, pour rien. 

L'amiral Viktor Sokolov répond à des chaînes de télévision russe à Sébastopol, en Crimée, le 27 septembre 2023. 

L’autre point est bien sûr que le matériel humain vient à manquer. Le Monde commence à produire des articles sur les difficultés du recrutement, signalant que les recruteurs de l’armée sont aux portes des facs pour embarquer ce qu’ils peuvent et les envoyer au front se faire tuer en sautant sur une mine, quasiment sans formation, vous me direz que pour déminer avec les pieds, il n’y a pas besoin de formation particulière[12]. Mais les réfractaires deviennent aussi de plus en plus nombreux, non pas qu’ils soient moins patriotes, mais c’est surtout qu’ils comprennent l’inutilité de ces sacrifices pour les beaux yeux de l’Oncle Sam. On a pu lire en Ukraine même un article furieux contre Zelensky, dont le fond était Le spectacle est terminé[13], signé Maryna Danyliuk-Yarmolaeva. Zelensky avait endossé les habits de Churchill, il en est maintenant à s’agiter dans tous les sens, sans obtenir quoi que ce soit. C’est publié sur un site russophobe qui ne peut pas être soupçonné de connivence avec Poutine. Cela signifie que les jours de Zelensky à la tête de l’Ukraine sont comptés. Pour le reste, manifestement les Etats-Unis sont à la recherche d’une nouvelle stratégie qui leur permettrait de ne pas perdre la face aux yeux du monde, et tant qu’ils ne l’auront pas trouvée, ils continueront à alimenter la guerre pour la faire durer.    

On recrute dans les facs en Ukraine

[1] Régis de Castelnau signalait à ce propos l’excellent film d’Elem Klimov, Requiem pour un massacre qui traite de ces massacres justement.

[2] https://www.lefigaro.fr/international/la-pologne-envisage-de-demander-au-canada-l-extradition-du-veteran-nazi-ovationne-au-parlement-20230927

[3] https://www.bfmtv.com/politique/sandrine-rousseau_DN-202108310682.html

[4] https://www.youtube.com/watch?v=NXB_MPaTDgA

[5] https://ingirumimusnocte2.blogspot.com/2023/09/agents-des-usa-cest-aussi-un-metier.html

[6] https://www.lexpress.fr/monde/ukraine-une-americaine-ministre-des-finances-un-lituanien-a-l-economie_1628337.html

[7] https://www.lefigaro.fr/international/les-etats-unis-evitent-un-shutdown-in-extremis-l-aide-a-l-ukraine-en-suspens-20231001

[8] https://www.latribune.fr/economie/international/ukraine-les-etats-unis-ont-finance-110-milliards-de-dollars-d-aides-a-kiev-depuis-2022-978252.html

[9] https://www.lefigaro.fr/international/slovaquie-le-populiste-robert-fico-designe-premier-ministre-20231002

[10] https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/grand-entretien-vente-d-armes-a-l-ukraine-il-faut-assumer-selon-sebastien-lecornu_6089385.html

[11] https://www.lindependant.fr/2022/07/19/guerre-en-ukraine-nous-coulerons-la-flotte-russe-de-la-mer-noire-et-nous-reprendrons-la-crimee-assure-le-ministere-de-la-defense-ukrainien-10444162.php

[12] https://www.lemonde.fr/international/article/2023/10/03/a-odessa-des-recruteurs-militaires-aux-portes-des-facs_6192069_3210.html

[13] https://wz.lviv.ua/blogs/497918-zelenskyi-duzhe-dovho-hrav-rol-cherchyllia-ale-pik-tsiiei-vystavy-proishov

samedi 30 septembre 2023

Agents des USA, c’est aussi un métier

  

La colonisation commence comme ça. L’emprise des Américains sur les institutions européennes est tentaculaire. Pourtant tout est là sous nos yeux, il n’y a pas besoin de faire des gros efforts pour le comprendre et le documenter. Mais cette influence ne finit pas d’étonner. Cela dure au moins depuis la création de la CIA en 1947. Les Américains ont compris depuis très longtemps qu’ils devaient circonvenir les intellectuels et les politiciens afin de donner du corps à leur idéologie expansionniste et de la justifier, mais sans le dire, c’est pourquoi « l’intellectuel » leur plait, c’est plus discret que d’acheter un journal directement, ça donne à la propagande un petit côté neutre ou « expert ». Ils ont des tas de fondations, des think tanks, qui arrosent la planète entière pour acheter des consciences. Les fonds transitent par des fondations, Ford ou Rockfeller, ou par les ONG de Soros, Open Society Foundations[1] ou encore par le NED – New Endowment for Democracy qui est directement lié à la CIA. Ces agents ne sont pas des agents de l’ombre, mais au contraire ils se mettent en pleine lumière, ils la recherchent même. Ils sont camouflés le plus souvent en experts ou en philosophes, en universitaires, laissant entendre qu’ils connaissent bien la question et que s’ils défendent les intérêts des Etats-Unis c’est au nom de leur savoir supérieur à celui du commun parce qu’ils ont découverts après de savantes études quel était le camp du bien. Parmi les techniques utilisées pour « acheter des consciences », il y a l’argent, mais l’argent ne circule pas directement. Ainsi ça peut passer aussi par des facilités faites à des écrivains ou des universitaires pour faire des séjours grassement rémunérés dans les universités américaines. Les universités américaines ont toujours été des lieux privilégiés de recrutement d’agents américains. C’est ainsi que le défroqué François Furet versa dans l’anticommunisme primaire, allant jusqu’à voir stupidement dans la Révolution de 1789 la matrice de l’impérialisme russe, c’était un peu la contrepartie de son enseignement à l’Université de Chicago. Ses collègues de French Theory, Michel Foucault en tête, prirent le même train. Mikhaïl Chichkine donne des cours à la Université Washington et Lee de Virginie, là où ont été élevés Robert Paxton, ou encore Pat Robertson, télévangéliste. Qu’est-ce qu’un agent américain ? C’est celui ou celle qui fait semblant de posséder des convictions atlantistes chevillées au corps et dont la rémunération en argent, en poste ou en reconnaissance reste cachée ou camouflée derrière une apparente neutralité « scientifique ». Les Américains aiment bien recruter dans les marges, ils sont intéressés par les profils gauchistes, anciens trotskistes ou anciens maoïstes comme Alexandre Adler par exemple, du moment qu’ils sont hostiles à la Russie, cela leur convient. Après tous les anciens gauchistes avaient la fibre mondialiste, ils appelaient cela l’internationalisme. 

Les frères Benoît et Antoine Vitkine, petits soldats de l’atlantisme 

Les frères Vitkine sont les croisés modernes de l’atlantisme. Moins turbulents et caricaturaux que BHL, ils défendent pourtant exactement les mêmes idées férocement américanophiles. Benoît est journaliste au Monde, c’est un menteur de premier ordre. Ses articles nombreux sont toujours à peu près les mêmes, Poutine est méchant et c’est un dictateur. Sauf que lui est très souvent en Russie et ne subit aucune interdiction de quoi que ce soit, l’inverse ne serait pas permis en France où on interdit tous les médias russes qui ne donnent pas le même son de cloche. Benoît vous parlera des crimes de guerre des soldats russes, mais il oubliera de parler des crimes de guerre pourtant avérés et documentés des soldats ukrainiens, particulièrement ceux du régiment Azov. C’est un menteur par omission. Comme il est « journaliste » officiellement, il ne fait pas des discours dithyrambiques à la BHL, il s’applique juste à monter en épingle ce qui l’arrange et occulte tout ce qui ne fonctionne pas. En 2022 il laissait entendre que les Russes étaient à court de munitions, ce qui était totalement faux comme la suite le montra.  Benoît Vitkine n’est pas le seul « journaliste » du Monde à avoir été formé par les Américains, c’est aussi le cas de Sylvie Kauffmann qui se dit spécialiste de la Russie – ce qui veut dire russophobe dans le langage en clair de ce journal. Cette Sylvie Kauffmann est annoncée dans son journal comme donnant des « cours » sur la Russie d’aujourd’hui au mois de novembre 2023. Ça s’appellera cours du soir géopolitique. Elle aussi après des études de sciences politiques – terme creux pour expliquer qu’elle ne sait rien – elle a suivi le programme de décervelage des Young leaders et elle est aussi membre de la Commission Trilatérale, autre boutique mise en place par les conservateurs américains, Henry Kissinger et Zbigniew Brzezensky, ce même Brzezensky qui annonçait la nécessité d’une nouvelle guerre avec la Russie depuis la fin de la Guerre froide en 1991. Le monde est une pépinière de faucons et de néocons. Ils sont peut-être WOKE, LGBTQ+, pour la PMA et pour l’euthanasie, mais pour ce qui est important, ils sont ultra-conservateurs, comme tous les agents des États-Unis qui ne se sont pas faits à la fin de la Guerre froide. Sylvie Kauffmann, cette médiocre semi-intellectuelle s’était faite remarquée en 2022, au début du conflit en Ukraine, parce qu’elle annonçait que pour la Russie son exclusion du système SWIFT ruinerait son économie[2]. Du Bruno Le Maire dans le texte qui prouve, non seulement qu’elle ne comprend rien à l’économie, mais qu’elle ne comprend rien non plus aux capacités de résistance de la Russie dont elle se dit pourtant une spécialiste. Également elle fait de la propagande pour expliquer que nous devons aider l’Ukraine parce que sinon ensuite Poutine avalera le pays tout entier, puis le Pologne, et puis l’Allemagne et enfin la France. C’est nous dit-elle « une question existentielle pour les démocraties occidentales », autrement dit si les Russes gagnent, s’en est fini de nous ! Cela suffit pour justifier l’expansion de l’OTAN vers l’Est, et les milliards d’armement déversés sur l’Ukraine pour préserver la paix ! Vous écoutez Sylvie Kauffmann, vous avez l’impression d’entendre le sinistre croquemort Jens Stoltenberg. C’est la même logorrhée. Dans un article récent, cette propagandiste a commencé à retourner sa veste, sans doute elle anticipe un changement de politique de la part des Etats-Unis. Dans un article intitulé « Entre l’Occident en recul et le Sud qui s’affirme, l’heure du rééquilibrage est venue. Ça va vite et c’est brutal », si elle dénonce l’insuccès des Etats-Unis sur le plan diplomatique, elle annonce surtout un changement de cap qui laisse entendre que les Etats-Unis vont délaisser la trique pour faire avancer leurs intérêts, supposant qu’ils ont encore les moyens de reconstruire leur leadership[3]. 

 

Après cette parenthèse, revenons à la fratrie Vitkine. Antoine Vitkine est plus discret, soi-disant réalisateur et journaliste, il est en réalité membre du think-tank néo-conservateur, le Cercle de l’Oratoire. Il faut s’intéresser à ce cercle dont on ne sait pas grand-chose en ce qui concerne les sources de financement. Antoine Vitkine, c’est l’école BHL, Sciences Po Paris, avec accès facile aux sources de financement public pour monter des films qui ne semblent pas avoir marqué les esprits, il est payé pour porter la bonne parole. Mais cette manière de faire de la politique dans l’ombre, outre qu’elle est prétentieuse parce qu’elle suppose que leur public potentiel sont des idiots de village, montre que les intentions de ceux qui tirent les ficelles sont peu claires, pas montrables. Les frères Vitkine traficotent dans cette zone grise qui leur permet de ne pas dévoiler directement leurs buts de guerre, en restant abrités derrière leur statut de semi-intellectuels. Regardons la manière de faire de Benoît. En 2018 Zakhar Prilepine qui s’est battu aux côtés des révoltés du Donbass contre Kiev, publie en français un excellent ouvrage, Ceux du Donbass aux éditions des Syrtes[4]. Ce livre est remarqué à la fois sur le plan littéraire et sur le plan de la connaissance de ce qui se passe réellement dans le Donbass depuis 2014 avec le coup d’État du Maïdan qui a vu se développer l’idée selon laquelle il fallait soumettre les populations russophones du Donbass, éventuellement les épurer. Benoît Vitkine écrit en réponse à Prilepine un ouvrage qui va porter presque le même titre, Donbass, aux éditions les Arènes en 2020. Il se débrouille, grâce au carnet d’adresse du Monde, pour avoir quelques prix littéraires, et cela lui permet de développer l’idée fausse et inverse à celle de Prilepine : la révolte du Donbass serait téléguidée par Moscou ! Cela lui permet d’inverser les responsabilités dans ce qui va devenir la guerre d’Ukraine. Ce n’est pas l’OTAN qui vise l’expansion de l’Empire, mais la Russie qui veut reconstituer le sien et sui oblige l’OTAN à s’étendre pour prévenir le risque ! Il oublie volontairement de dire ce que tout le monde sait pourtant que les habitants du Donbass critiquent au contraire la position de Poutine qui tarde à intervenir, ne comptez pas sur Benoît Vitkine pour vous renseigner sur cette question. 

Raphael Glucksmann et son ex-épouse qui se fit prendre la main dans le sac de billets 

Penchons-nous sur les « convictions » à géométrie variable de Raphael Glucksmann, c’est d’ailleurs cela qui le désigne le plus sûrement comme agent des Américains qui aiment à recruter à droite comme à gauche dans la zone grise des pensées à la mode. Il fut un ami et un grand défenseur de Mikheil Saakachvili, un Georgien totalement corrompu que les Américains avaient installé en Ukraine comme gouverneur de l’oblast d’Odessa, il finira en prison après un coup d’État manqué en Géorgie. Ces allers-retours entre la Géorgie et l’Ukraine sont fascinants et montrent par ailleurs que l’entreprise américaine de déstabilisation de la Russie est ancienne et remonte au moins à 2008. Raphael Glucksmann a été marié également avec une Georgienne, Eka Zgouladze, qui fut, après avoir pris des positions officielles en Géorgie, nommée ministre de l’intérieur à Kiev par les Américains avant de prendre la fuite et de se faire arrêter par les services de la douane à l’aéroport de Kiev avec une valise contenant plusieurs millions de dollars en 2013, elle s’en tirera après une intervention d’un ministre ukrainien qui n’avait rien à refuser aux Américains. Ils reviendront un peu plus tard à Kiev dans les valises de Victoria Nuland quand celle-ci aura réussi son coup d’État qui a coûté tout de même selon elle 5 milliards de dollars et une cinquantaine de morts, pour mettre en place Porochenko. Le modèle de Glucksmann le fils est BHL, il mélange volontiers affairisme et posture people. Le père de Raphael Glucksmann, André, était un ancien prochinois défroqué – ce sont les pires – qui se reconvertit par haine de Moscou à l’atlantisme forcené, passant de la lutte des classes à la défense des droits de l’homme de partout dans le monde, soutenant toutes les guerres des USA, de l’Afghanistan à l’Irak justement sous couvert de ce vocabulaire qui recouvre tout et n’importe quoi, même quand on sut dans ce dernier cas que les menaces d’une guerre bactériologique menée par Saddam Hussein était à une fable inventée par les Américains, Colin Powell avouant avoir menti à la face du monde en montrant une fiole qui était censée être la preuve de ce qu’il disait, mais qui était en réalité seulement la preuve que les Américains n’ont pas de scrupule à mentir à la face du monde dans l’enceinte de l’ONU. Pour ce mensonge qui justifiait une guerre cruelle, aucun Américain ne fut jugé, ni même poursuivi, chacun sachant bien qu’un Américain « officiel », un représentant de l’Empire ne peut pas être jugé pour des crimes de guerre. Le fils Glucksmann, encore plus médiocre sur le plan intellectuel que BHL et son père, a repris le vieux fonds de commerce des vieux Nouveaux Philosophes. Un tel ignorant est tout de même parvenu à devenir tête de liste d’une coalition entre les débris de la gauche atlantiste – PS, Place Publique, PR, Nouvelle Donne pour les élections européennes. S’il a été mis là, alors que chacun sait que c’est un va-t-en guerre furieux et un menteur, c’est bien parce que les Américains qui financent ces faux partis le voulaient. Je n’en ai pas la preuve, bien entendu, mais c’est la logique qui l’indique. Raphaël Glucksmann c’est le même cercle – le Cercle de l’Oratoire – que BHL ou les frères Vitkine. De l’avis de tous ceux qui l’ont rencontré, il est totalement creux sur le plan intellectuel, mais c’est peut-être pour cela que les Américains l’ont choisi comme leader des vieux débris de la gauche atlantiste, comme ils ont choisi Macron parce qu’il est stupide et ne se pose pas de question dans l’application des consignes. 

Quand deux petits médiocres agents des Etats-Unis se rencontrent 

Giorgia Meloni a été formée à l’Aspen Institute qui donnera aussi des ministres « américains » au gouvernement de Kiev après le coup d’État du Maïdan. Pour se faire elire elle a usé d’une rhétorique souverainiste, puis une fois au pouvoir, elle s’est alignée sur les intérêts de Washington. Le fait qu’en Ukraine ce soient les Américains qui forment le gouvernement en dit long sur les origines de la guerre en Ukraine. Ainsi Natalie Jaresko, formée elle aussi à l’Aspen Institute, citoyenne américaine, obtiendra la nationalité ukrainienne, juste le jour de sa nomination comme ministre de l’économie[5]. La première loi qu’elle promulgua fut celle qui permettait aux multinationales américaines – Black Rock notamment – d’acheter des terres agricoles ukrainiennes. Les Américains en récupérèrent ainsi à peu près un tiers. Les choses ont été encore plus loin, elle avait pour ambition de devenir premier ministre de l’Ukraine, mais le parlement ukrainien n’en a pas voulu. Sa mission terminée, elle deviendra un membre dirigeant de l’Aspen Institute, devenant la présidente de l’Aspen Institute de Kiev. Meloni est appelée en Italie Meloni l’Americana, ce qui veut dire beaucoup. Les Italiens s’étonnent qu’elle n’ait pas tenu ses promesses électorales, que ce soit en ce qui concerne l’Europe – sujet sur lequel elle s’est faite cornaquée par le banquier de Goldmann & Sachs Mario Draghi – ou sur les migrations. Complètement soumise à Washington, elle satisfait les Etats-Unis sur tous les segments de la stratégie de l’Empire. Russophobe dans un pays qui ne l’est pas, elle soutient la guerre en Ukraine, elle est pour l’euro et pour l’Europe, met la pédale douce sur la question des migrations[6]. La déception des Italiens après quelques mois de la potion Meloni est perceptible. Son modèle est celui de Macron, raconter n’importe quoi pour se faire élire, puis faire la politique européenne décidée en fait à Washington. Comme l’a montré le livre de Frédéric Charpier, La CIA en France, trente ans d’ingérences dans les affaires françaises, Le Seuil, 2008, la domination de l’Empire américain passe aussi bien par l’appareil d’Etat que par le biais des fondations des milliardaires américains, comme si cette collusion dessinait les formes d’un contrôle qui prétend exercé une « gouvernance » mondiale par le biais du marché et des « experts » en tout genre. On remarque que tous ces agents américains parlent anglais, la langue du maître, ce qui facilite la transmission des consignes. 

Depuis qu’Emmanuel Macron a été élu malencontreusement en 2017, on s’est penché sur cette French-American Foundation. C’est elle qui finance la formation des Young leaders. Sponsorisée par les banques et les grosses multinationales comme Amazon, cette fondation ne manque pas de fonds ! Quel est son but ? Le but affiché est simple, faciliter le dialogue entre les deux pays. Mais ça c’est le conte de fée. En vérité il s’agit de former des hommes politiques qui exerceront le pouvoir et des journalistes qui expliqueront la politique des hommes politiques… nommés indirectement par les Etats-Unis. De nombreux journalistes du Monde ont été déformés de cette manière, les atlantistes féroces, Jean-Marie Colombani, Bernard Guetta et Sylvie Kauffmann, déjà nommée plus haut, par exemple, ou encore Annick Cojean qui obtint le prix Albert Londres, et qui en devint la présidente pour donner ensuite ce même prix à Benoît Vitkine, un autre journaliste du Monde en 2018 ! Le monde est petit et tout se passe en famille, c’est bon pour la confiance ! Citons dans cette pépinière atlantiste Erik Izraelewicz qui deviendra directeur de la rédaction, arrivant dans les bagages du milliardaire Xavier Niel et du banquier Mathieu Pigasse, lui aussi formé par les Young leaders. Mais les Young Leaders ne misent pas que sur Le Monde, leur éclectisme leur permet d’être aussi présents à Libération avec Laurent Joffrin dont l’immense bêtise n’a d’égale que son entregent, et encore au Nouvel Obs avec Mathieu Croissandeau. Pour autant, les gens sont devenus méfiants et avoir été formé par les Young leaders est une marque d’infamie dont il n’est pas très facile de se débarrasser ! Un Young leader est forcément un traitre en puissance, un vendu ou un collaborateur. En vérité pour gêner ces gens, il suffirait de rappeler chaque fois qu’ils ouvrent la bouche, ou qu’ils prennent la plume, qu’ils sont des Young leaders, pour que leur parole soit complètement dévalorisée. Ils sont tous de la même famille ! Imaginez qu’on élise Edouard Philippe à la présidence de la République, ce serait le troisième président de rang, après Macron et Hollande qui représente la secte des Young leaders. Tous les trois sont des atlantistes confirmés, attachés à prévenir les desiderata des Etats-Unis, la vassalisation, déjà bien entamée, serait totale. Nous serons la cinquante-deuxième étoile sur le drapeau américain, après l’Ukraine ! Edouard Philippe est en outre le lobbyiste du nucléaire. 

 

En France, le plus impressionnant c’est le nombre d’hommes et de femmes politiques qui ont été cornaqués par les Young leaders. Il faut remarquer qu’ils ont tous un profil médiocre, peu intelligent, mais âpres au gain, et sans doute cela garantit-il leur docilité. On compte déjà deux présidents, les deux derniers, François Hollande et Emmanuel Macron, les deux plus bêtes sans doute de la Cinquième république. Mais aussi les premiers ministres Alain Juppé et Edouard Philippe qui est programmé pour remplacer Macron en 2027. D’autres ministres comme Marisol Touraine, fille de l’atlantiste Alain Touraine, tenant encore de la seconde gauche, beaucoup de membres du Parti Socialiste, comme Arnaud Montebourg, Najat Vallaud-Belkacem, Pierre Moscovici. Les Young leaders aiment bien la seconde gauche ou les résidus de l’UMP puis des Républicains. Au défilé de ces noms, on comprend que la politique atlantiste de la France n’est pas près de cesser et que plus généralement les politiciens ne se risquent guère à traiter de la question de l’appartenance de la France à l’Union européenne ou à la zone euro, ni même à remettre en question les folles dépenses pour financer la guerre des Etats-Unis contre la Russie. Le système politico-médiatique européen dans son entier nous apparait ainsi totalement verrouillé et directement sous la domination de Washington. Jamais les Américains n’ont eu les mains aussi libres pour faire avancer leurs pions dans le processus de vassalisation des pays européens qu’aujourd’hui. Qu’on ne s’étonne pas si ces mêmes pays européens suivent aveuglément les errements américains en Ukraine au risque de disloquer l’Europe et de la rabaisser sur à peu près tous les plans, économiquement, politiquement et militairement, comme cela a été leur projet avéré en coupant l’Europe de la Russie pour mieux la dominer. Ce plan n’est même pas caché, en 2015, soit sept ans avant l’entrée de la Russie en Ukraine, Georges Friedman, un néocon américain de premier plan, l’énonçait dans une conférence donnée à Chicago le 4 février exactement comme une manière d’entraîner la Russie dans la guerre, avec pour but de la détruire par ukrainiens interposés[7]. Cette soumission de l’élite politico-médiatique est totalement assumée, mais elle explique aussi qu’au fil des alternances depuis quarante années en France, rien n’ait changé fondamentalement sur le plan de la politique extérieure de la France comme sur celui de la politique intérieure. Cette stratégie semble avoir cependant atteint ses limites avec le caricatural Macron. 

Fiona Scott Morton disant du mal de la France 

On le sait la plupart des commissaires européens sont des atlantistes, des domestiques des Etats-Unis qui font des allers-retours nombreux entre le secteur privé et le secteur public. Que ce soit von der Leyen, descendante d’un marchand d’esclaves aux Etats-Unis, et dont les liens avec Pfizer sont avérés, ou Josep Borrell. Très souvent on retrouve les anciens commissaires européens après leur mandat dans des multinationales auxquelles ils ont rendu de gros services. Le comble de l’arrogance américaine a été atteint je crois avec la nomination de Fiona Scott Morton. Celle-ci devait être nommée au poste d’économiste en chef à la concurrence, évidemment pas pour s’y amuser. Mais il y avait deux problèmes, le premier c’est qu’elle était de nationalité américaine, un peu comme Nathalie Jaresko, le second était que jusqu’ici elle avait brillé essentiellement comme lobbyiste des GAFAM, or si on lui avait donné ce poste, elle aurait eu justement à traiter de la façon dont ces GAFAM truande le fisc. Ça a fait tout un pataquès, mais au final, dit-on sous la pression des Français, on y a renoncé. La Fiona Scott Morton est amère et se répand partout pour dire du mal des Européens qui n’ont pas compris quelle chance ils avaient de recruter une personne de sa compétence[8]. Dans un premier temps Ursula von der Leyen, chien de garde des intérêts étatsuniens, refusa d’écarter cet agent des Etats-Unis de la Commission européenne, mais il semble que la bronca du Parlement européen et Macron l’ait finalement convaincue, non pas que Macron soit devenu anti-américain et souverainiste, il a non seulement une mentalité de traître, mais il n’est pas assez intelligent pour ça, mais plutôt qu’il a dû se dire que la domination des Américains sur la Commission européenne devenait un peu trop voyante, déjà qu’elle est considérée par le peuple comme totalement corrompue et que les électeurs rechignent à aller voter pour ce « machin », or les élections européennes qui s’annoncent désastreuses pour Macron auront lieu dans  moins d’un an maintenant. 

 

Il n’y a pas qu’en France que les agents Américains circonviennent la politique. En Grèce où la gauche est dans les choux, on cherche un successeur au traitre Tsípras pour prendre la tête de Syriza, il faut prévoir que tôt ou tard la droite du type Kyriakos Mitsotakis sera rejetée, vu ses misérables résultats dans presque tous les domaines. On l’a apparemment trouvé avec Stefanos Kasselakis, 35 ans. Syriza s’était donné des airs de « radicalité » en 2015, elle avait le vent en poupe, puis Tsipras, effrayé par ses résultats électoraux l’a ouvertement trahie. Les dernières élections ont montré qu’il était totalement démonétisé dans le jeu électoral. Il faut pourtant faire semblant qu’il puisse y avoir une alternance, ne serait-ce que pour empêcher le peuple de se lancer dans la révolution. Ce nouveau venu a été élevé directement aux Etats-Unis, c’est même une caricature : il a reçu une bourse complète de la Phillips Academy High School à Andover, Massachusetts, États-Unis, et d’autres encore, ce qui n’est pas innocent. Impliqué dans la campagne de Joe Biden le va-t-en-guerre, il a travaillé aussi pour Goldmann & Sachs, banque qui connait très bien la Grèce pour l’avoir pillée. On vend ce Kasselakis, un peu comme on a vendu Macron, les vieilles recettes sont celles qui marchent le mieux. Il est jeune, présente bien, il est moderne à la manière des traders. Ce que vend ce garçon, c’est le récit suivant : si la gauche veut revenir au pouvoir, il faut qu’elle soit de droite, comme Tony Blair si vous voulez. Le seul marqueur de gauche qu’on pourrait voir en Kasselakis, c’est qu’il défend les droits des minorités sexuelles, lui-même étant homosexuel et marié en tant que tel. Si cet individu qui vient de prendre la tête des débris de Syriza, n’a pas beaucoup de chance d’arriver au pouvoir, il aura au moins l’avantage de liquider ce parti, comme Hollande l’a fait avec le PS. L’intérêt de cette petite histoire, outre qu’elle montre combien la gauche d’aujourd’hui est décomposé, c’est qu’elle met à jour le rôle des agents des Etats-Unis dans le maintien d’une fiction destinée à capter l’attention du peuple sur une fausse opposition.           

 

Les agents des Etats-Unis peuvent apparaître sur les plateaux de télévision comme des experts, ce qui leur permet de masquer le fait qu’ils sont en mission.  Xavier Tytelman est le désinformateur en chef de LCI sur la question ukrainienne, mais il se déplace aussi sur BFMTV. Il est surtout connu pour traficoter les faits pour tenter de faire croire à la fable otanienne selon laquelle la guerre de la Russie en Ukraine est « une guerre d’agression ». Le langage qu’il utilise, le classe clairement comme un agent américain. Ce qui veut dire que ses analyses ne s’appuient pas sur des faits objectifs, mais sur la nécessité de présenter la Guerre de l’OTAN en Ukraine comme une nécessité pour défendre la démocratie. Après avoir vanté les avancées de la contre-offensive ukrainienne, la dernière de ses frasques connues est de présenter le sabotage des gazoducs Nord Stream, plus d’un an après, comme étant un méchant coup des Russes ! Comme je ne pense pas qu’il soit complètement idiot, cela veut dire qu’il prend ses auditeurs pour des imbéciles. Il prend le contrepied de Seymour Hersh[9]. Il fait semblant d’examiner le rôle des différents acteurs, puis conclue bêtement par « c’est les Russes »[10] ! Sa thèse ne tient pas debout pour trois raisons : 1. Les Américains ont menacé de longue date d’empêcher la mise en œuvre de ces gazoducs, leur but étant de couper l’Allemagne de la Russie ; 2. Le sabotage s’est passé dans la zone la plus surveillée du monde, et sous le contrôle de l’OTAN ; 3. l’opération ne peut être que le fait de commandos spécialement entraînés, possédant une technique très onéreuse et très sophistiquée. Quel est donc le but de ce médiocre ? Dédouaner les Etats-Unis de ce qui est un acte de guerre contre ses alliés européens ! Il tire argument de son passé militaire pour jouer les experts de plateaux. Mais quand on gratte un peu on s’aperçoit qu’il est aussi rémunéré par la CGI, une entreprise plus ou moins canadienne dans laquelle des fonds américains, Black Rock et The Vanguard Group possèdent des intérêts importants. L’acronyme est dérivé de Conseillers en Gestion et Informatique. Et je rappelle que ces deux entreprises qui gèrent des milliers de milliards de dollars, ont des intérêts importants en Ukraine. On remarque que la thèse moisie de Tytelman sur le sabotage des gazoducs est reprise telle quelle par Marion Van Renterghem qui vient de commettre un livre sur sujet[11], thèse qu’elle noie dans un luxe de détails inutiles sur les luttes intestines des oligarques du gaz. Au passage dans ce livre, elle se montre partisane d’une rupture totale avec la Russie, accusant de complaisance avec Moscou, tous ceux qui pensent différemment de Washington. Notez que cette Marion Van Renterghem anciennement journaliste au Monde, écrit pour The Gardian ou encore pour le journal europhile The New European, journal qui compte le ban et l’arrière-ban de l’atlantisme, dont des canailles comme Tony Blair, Daniel Cohn-Bendit. Cette ineffable bourrique a même commis un ouvrage d’entretiens avec la très creuse Valérie Pécresse mais qui a comme qualité première d’avoir été formée par les Young leaders ! 

C’est une campagne bien orchestrée, relayée évidemment par Le monde qui en remet une couche pour faire croire qu’on ne sait pas qui a fait sauter les gazoducs. La fable selon laquelle il y aurait plusieurs pistes, des Russes, des « dissidents amateurs ukrainiens, des Américains, des Britanniques, ou encore d’autres, est ravivée par des pseudos révélations du Gardian, journal atlantiste s’il en est[12]. Le but est de semer le doute sur l’enquête de Seymour Hersh, et donc indirectement dédouaner les Etats-Unis qui n’ont pas une bonne réputation, de cet acte malveillant envers des intérêts économiques européens. Cet exemple suffit à montrer pourquoi les Etats-Unis tiennent tant à former des personnes qui ensuite investiront les médias pour porter leur propagande. L’exemple du Monde est très révélateur de cette politique. En tenant Le monde, principal agent de l’atlantisme en France, ils exercent une pression non seulement sur l’opinion publique qui se forme à travers les médias qui cadrent leur analyse sur celle de ce journal, mais aussi sur les politiciens de droite et de gauche qui n’osent pas dévier de la doxa dominante. 

 

Pour comprendre pourquoi ma diatribe n’a rien de complotiste, terminons sur cette idée importante, les agents étrangers des Etats-Unis ne sont pas forcément rémunérés en liquide. Ils peuvent l’être par l’intégration à des réseaux d’influence qui leur donne le sentiment d’exister, d’appartenir à une sorte de famille – au sens mafieux du terme. Une famille qui les protège des aléas de la vie. Sylvie Kaufmann fait partie de cette franc-maçonnerie atlantiste de laquelle elle fait mine d’épouser les principes par simple opportunisme. Elle a certainement un bon salaire au Monde, mais elle a aussi des conférences qui lui permettent d’instiller sa propagande tout en étant payée. Et puis elle a aussi, du fait de son statut, accès aux grands éditeurs parisiens. On peut évidemment m’accuser de « complotiste », de sbire de Poutine, et de ne voir de la traitrise que là où il n’y a que des convictions. Mais je n’appartiens à aucun parti, russe ou français et encore moins américain, je ne suis membre d’aucun cercle, cénacle ou franc-maçonnerie, essentiellement parce que je veux rester un homme libre qui ne doit rien à personne. Si j’écris des bêtises, elles sont miennes uniquement et certainement pas rémunérées !



[1] Cette boutique a décidé de se retirer d’Europe, et le désarroi de ceux qui la servent est assez réjouissant dans la mesure où elle montre sa puissance de nuisance et ce que sont ses affidés.

https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/09/12/la-decision-de-l-open-society-foundations-de-quitter-l-europe-met-en-peril-des-organisations-de-la-societe-civile-europeenne_6189025_3232.html#:~:text=Publi%C3%A9%20le%2012%20septembre%202023%20%C3%A0%2013h00%20Lecture%203%20min.&text=Le%20visage%20de%20l,de%20ses%20activit%C3%A9s%20en%20Europe.

[2] https://www.fdesouche.com/2022/02/26/sylvie-kauffmann-si-la-russie-est-exclue-du-systeme-swift-cest-tres-dur-pour-la-russie-mais-ce-sera-dur-pour-nous-aussi-il-y-aura-une-hausse-des-prix-et-la-croissance-economique-va-forcement/

[3] https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/09/27/entre-l-occident-en-recul-et-le-sud-qui-s-affirme-l-heure-du-reequilibrage-est-venue-ca-va-vite-et-c-est-brutal_6191154_3232.html

[4] https://ingirumimusnocte2.blogspot.com/2022/06/zakhar-prilepine-ceux-du-donbass.html

[5] https://www.lexpress.fr/monde/ukraine-une-americaine-ministre-des-finances-un-lituanien-a-l-economie_1628337.html

[6] Encore que sur ce thème la réalité la rattrape avec la crise de Lampedusa et l’envahissement de la petite île. https://www.lemonde.fr/international/article/2023/09/15/l-ile-de-lampedusa-epicentre-de-la-crise-de-la-gestion-des-flux-migratoires-par-les-etats-europeens_6189471_3210.html

[7] https://www.youtube.com/watch?v=QeLu_yyz3tc

[8] https://www.lefigaro.fr/conjoncture/evincee-de-la-commission-europeenne-l-economiste-fiona-scott-morton-s-en-prend-a-la-france-20230830

[9] https://seymourhersh.substack.com/p/how-america-took-out-the-nord-stream

[10] https://www.youtube.com/watch?v=iuSnUTlfI6Q

[11] Le piège Nord Stream, Les Arènes, 2023.

[12] https://www.lemonde.fr/international/article/2023/09/28/nord-stream-un-an-apres-le-sabotage-des-gazoducs-en-mer-baltique-l-incertitude-demeure-sur-l-origine-des-explosions_6191473_3210.html

Les patates et le monde de l’art moderne

                « Grande patate chaude » (2025), de Raphaël-Bachir Osman   Donnons des nouvelles du monde de l’art dégénéré aurait dit le ...