La colonisation commence comme ça. L’emprise des Américains
sur les institutions européennes est tentaculaire. Pourtant tout est là sous
nos yeux, il n’y a pas besoin de faire des gros efforts pour le comprendre et
le documenter. Mais cette influence ne finit pas d’étonner. Cela dure au moins
depuis la création de la CIA en 1947. Les Américains ont compris depuis très
longtemps qu’ils devaient circonvenir les intellectuels et les politiciens afin
de donner du corps à leur idéologie expansionniste et de la justifier, mais
sans le dire, c’est pourquoi « l’intellectuel » leur plait, c’est
plus discret que d’acheter un journal directement, ça donne à la propagande un
petit côté neutre ou « expert ». Ils ont des tas de fondations, des
think tanks, qui arrosent la planète entière pour acheter des consciences. Les
fonds transitent par des fondations, Ford ou Rockfeller, ou par les ONG de
Soros, Open Society Foundations ou
encore par le NED – New Endowment for Democracy qui est directement lié à la
CIA. Ces agents ne sont pas des agents de l’ombre, mais au contraire ils se
mettent en pleine lumière, ils la recherchent même. Ils sont camouflés le plus
souvent en experts ou en philosophes, en universitaires, laissant entendre
qu’ils connaissent bien la question et que s’ils défendent les intérêts des
Etats-Unis c’est au nom de leur savoir supérieur à celui du commun parce qu’ils
ont découverts après de savantes études quel était le camp du bien. Parmi les
techniques utilisées pour « acheter des consciences », il y a
l’argent, mais l’argent ne circule pas directement. Ainsi ça peut passer aussi
par des facilités faites à des écrivains ou des universitaires pour faire des
séjours grassement rémunérés dans les universités américaines. Les universités
américaines ont toujours été des lieux privilégiés de recrutement d’agents
américains. C’est ainsi que le défroqué François Furet versa dans
l’anticommunisme primaire, allant jusqu’à voir stupidement dans la Révolution
de 1789 la matrice de l’impérialisme russe, c’était un peu la contrepartie de
son enseignement à l’Université de Chicago. Ses collègues de French Theory, Michel
Foucault en tête, prirent le même train. Mikhaïl Chichkine
donne des cours à la Université Washington et Lee de Virginie, là où ont été
élevés Robert Paxton, ou encore Pat Robertson, télévangéliste. Qu’est-ce qu’un
agent américain ? C’est celui ou celle qui fait semblant de posséder des
convictions atlantistes chevillées au corps et dont la rémunération en argent,
en poste ou en reconnaissance reste cachée ou camouflée derrière une apparente
neutralité « scientifique ». Les Américains aiment bien recruter dans
les marges, ils sont intéressés par les profils gauchistes, anciens trotskistes
ou anciens maoïstes comme Alexandre Adler par exemple, du moment qu’ils sont
hostiles à la Russie, cela leur convient. Après tous les anciens gauchistes
avaient la fibre mondialiste, ils appelaient cela l’internationalisme.
Les
frères Benoît et Antoine Vitkine, petits soldats de l’atlantisme
Les frères Vitkine sont les croisés modernes de
l’atlantisme. Moins turbulents et caricaturaux que BHL, ils défendent pourtant
exactement les mêmes idées férocement américanophiles. Benoît est journaliste
au Monde, c’est un menteur de premier ordre. Ses articles nombreux sont
toujours à peu près les mêmes, Poutine est méchant et c’est un dictateur. Sauf
que lui est très souvent en Russie et ne subit aucune interdiction de quoi que
ce soit, l’inverse ne serait pas permis en France où on interdit tous les
médias russes qui ne donnent pas le même son de cloche. Benoît vous parlera des
crimes de guerre des soldats russes, mais il oubliera de parler des crimes de
guerre pourtant avérés et documentés des soldats ukrainiens, particulièrement
ceux du régiment Azov. C’est un menteur par omission. Comme il est
« journaliste » officiellement, il ne fait pas des discours dithyrambiques
à la BHL, il s’applique juste à monter en épingle ce qui l’arrange et occulte
tout ce qui ne fonctionne pas. En 2022 il laissait entendre que les Russes
étaient à court de munitions, ce qui était totalement faux comme la suite le
montra. Benoît Vitkine n’est pas le seul
« journaliste » du Monde à avoir été formé par les Américains, c’est
aussi le cas de Sylvie Kauffmann qui se dit spécialiste de la Russie – ce qui
veut dire russophobe dans le langage en clair de ce journal. Cette Sylvie Kauffmann
est annoncée dans son journal comme donnant des « cours » sur la
Russie d’aujourd’hui au mois de novembre 2023. Ça s’appellera cours du soir
géopolitique. Elle aussi après des études de sciences politiques – terme creux
pour expliquer qu’elle ne sait rien – elle a suivi le programme de décervelage
des Young leaders et elle est aussi membre de la Commission Trilatérale, autre
boutique mise en place par les conservateurs américains, Henry Kissinger et Zbigniew
Brzezensky, ce même Brzezensky qui annonçait la nécessité d’une nouvelle guerre
avec la Russie depuis la fin de la Guerre froide en 1991. Le monde est une
pépinière de faucons et de néocons. Ils sont peut-être WOKE, LGBTQ+, pour la
PMA et pour l’euthanasie, mais pour ce qui est important, ils sont
ultra-conservateurs, comme tous les agents des États-Unis qui ne se sont pas
faits à la fin de la Guerre froide. Sylvie Kauffmann, cette médiocre
semi-intellectuelle s’était faite remarquée en 2022, au début du conflit en
Ukraine, parce qu’elle annonçait que pour la Russie son exclusion du système
SWIFT ruinerait son économie[2]. Du Bruno Le Maire
dans le texte qui prouve, non seulement qu’elle ne comprend rien à l’économie,
mais qu’elle ne comprend rien non plus aux capacités de résistance de la Russie
dont elle se dit pourtant une spécialiste. Également elle fait de la
propagande pour expliquer que nous devons aider l’Ukraine parce que sinon ensuite
Poutine avalera le pays tout entier, puis le Pologne, et puis l’Allemagne et
enfin la France. C’est nous dit-elle « une question existentielle pour les
démocraties occidentales », autrement dit si les Russes gagnent, s’en est
fini de nous ! Cela suffit pour justifier l’expansion de l’OTAN vers
l’Est, et les milliards d’armement déversés sur l’Ukraine pour préserver la
paix ! Vous écoutez Sylvie Kauffmann, vous avez l’impression d’entendre le
sinistre croquemort Jens Stoltenberg. C’est la même logorrhée. Dans un article
récent, cette propagandiste a commencé à retourner sa veste, sans doute elle
anticipe un changement de politique de la part des Etats-Unis. Dans un article
intitulé « Entre l’Occident en recul et le Sud qui s’affirme, l’heure du
rééquilibrage est venue. Ça va vite et c’est brutal », si elle dénonce
l’insuccès des Etats-Unis sur le plan diplomatique, elle annonce surtout un
changement de cap qui laisse entendre que les Etats-Unis vont délaisser la
trique pour faire avancer leurs intérêts, supposant qu’ils ont encore les
moyens de reconstruire leur leadership.
Après cette parenthèse, revenons à la fratrie Vitkine. Antoine
Vitkine est plus discret, soi-disant réalisateur et journaliste, il est en
réalité membre du think-tank néo-conservateur, le Cercle de l’Oratoire. Il faut
s’intéresser à ce cercle dont on ne sait pas grand-chose en ce qui concerne les
sources de financement. Antoine Vitkine, c’est l’école BHL, Sciences Po Paris, avec
accès facile aux sources de financement public pour monter des films qui ne
semblent pas avoir marqué les esprits, il est payé pour porter la bonne parole.
Mais cette manière de faire de la politique dans l’ombre, outre qu’elle est
prétentieuse parce qu’elle suppose que leur public potentiel sont des idiots de
village, montre que les intentions de ceux qui tirent les ficelles sont peu
claires, pas montrables. Les frères Vitkine traficotent dans cette zone grise
qui leur permet de ne pas dévoiler directement leurs buts de guerre, en restant
abrités derrière leur statut de semi-intellectuels. Regardons la manière de
faire de Benoît. En 2018 Zakhar Prilepine qui s’est battu aux côtés des
révoltés du Donbass contre Kiev, publie en français un excellent ouvrage, Ceux
du Donbass aux éditions des Syrtes.
Ce livre est remarqué à la fois sur le plan littéraire et sur le plan de la
connaissance de ce qui se passe réellement dans le Donbass depuis 2014 avec le
coup d’État du Maïdan qui a vu se développer l’idée selon laquelle il fallait
soumettre les populations russophones du Donbass, éventuellement les épurer.
Benoît Vitkine écrit en réponse à Prilepine un ouvrage qui va porter presque le
même titre, Donbass, aux éditions les Arènes en 2020. Il se débrouille,
grâce au carnet d’adresse du Monde, pour avoir quelques prix littéraires,
et cela lui permet de développer l’idée fausse et inverse à celle de Prilepine :
la révolte du Donbass serait téléguidée par Moscou ! Cela lui permet
d’inverser les responsabilités dans ce qui va devenir la guerre d’Ukraine. Ce
n’est pas l’OTAN qui vise l’expansion de l’Empire, mais la Russie qui veut
reconstituer le sien et sui oblige l’OTAN à s’étendre pour prévenir le risque !
Il oublie volontairement de dire ce que tout le monde sait pourtant que les
habitants du Donbass critiquent au contraire la position de Poutine qui tarde à
intervenir, ne comptez pas sur Benoît Vitkine pour vous renseigner sur cette
question.

Raphael Glucksmann et son
ex-épouse qui se fit prendre la main dans le sac de billets
Penchons-nous sur les « convictions » à géométrie
variable de Raphael Glucksmann, c’est d’ailleurs cela qui le désigne le plus
sûrement comme agent des Américains qui aiment à recruter à droite comme à
gauche dans la zone grise des pensées à la mode. Il fut un ami et un grand
défenseur de Mikheil Saakachvili, un Georgien totalement corrompu que les
Américains avaient installé en Ukraine comme gouverneur de l’oblast d’Odessa,
il finira en prison après un coup d’État manqué en Géorgie. Ces allers-retours
entre la Géorgie et l’Ukraine sont fascinants et montrent par ailleurs que
l’entreprise américaine de déstabilisation de la Russie est ancienne et remonte
au moins à 2008. Raphael Glucksmann a été marié également avec une Georgienne, Eka
Zgouladze, qui fut, après avoir pris des positions officielles en Géorgie,
nommée ministre de l’intérieur à Kiev par les Américains avant de prendre la
fuite et de se faire arrêter par les services de la douane à l’aéroport de Kiev
avec une valise contenant plusieurs millions de dollars en 2013, elle s’en
tirera après une intervention d’un ministre ukrainien qui n’avait rien à
refuser aux Américains. Ils reviendront un peu plus tard à Kiev dans les
valises de Victoria Nuland quand celle-ci aura réussi son coup d’État qui a
coûté tout de même selon elle 5 milliards de dollars et une cinquantaine de
morts, pour mettre en place Porochenko. Le modèle de Glucksmann le fils est
BHL, il mélange volontiers affairisme et posture people. Le père de
Raphael Glucksmann, André, était un ancien prochinois défroqué – ce sont les
pires – qui se reconvertit par haine de Moscou à l’atlantisme forcené, passant
de la lutte des classes à la défense des droits de l’homme de partout dans le monde,
soutenant toutes les guerres des USA, de l’Afghanistan à l’Irak justement sous
couvert de ce vocabulaire qui recouvre tout et n’importe quoi, même quand on sut
dans ce dernier cas que les menaces d’une guerre bactériologique menée par
Saddam Hussein était à une fable inventée par les Américains, Colin Powell
avouant avoir menti à la face du monde en montrant une fiole qui était censée
être la preuve de ce qu’il disait, mais qui était en réalité seulement la
preuve que les Américains n’ont pas de scrupule à mentir à la face du monde
dans l’enceinte de l’ONU. Pour ce mensonge qui justifiait une guerre cruelle,
aucun Américain ne fut jugé, ni même poursuivi, chacun sachant bien qu’un
Américain « officiel », un représentant de l’Empire ne peut pas être
jugé pour des crimes de guerre. Le fils Glucksmann, encore plus médiocre sur le
plan intellectuel que BHL et son père, a repris le vieux fonds de commerce des
vieux Nouveaux Philosophes. Un tel ignorant est tout de même parvenu à
devenir tête de liste d’une coalition entre les débris de la gauche atlantiste
– PS, Place Publique, PR, Nouvelle Donne pour les élections européennes. S’il a
été mis là, alors que chacun sait que c’est un va-t-en guerre furieux et un
menteur, c’est bien parce que les Américains qui financent ces faux partis le
voulaient. Je n’en ai pas la preuve, bien entendu, mais c’est la logique
qui l’indique. Raphaël Glucksmann c’est le même cercle – le Cercle de
l’Oratoire – que BHL ou les frères Vitkine. De l’avis de tous ceux qui l’ont
rencontré, il est totalement creux sur le plan intellectuel, mais c’est
peut-être pour cela que les Américains l’ont choisi comme leader des vieux
débris de la gauche atlantiste, comme ils ont choisi Macron parce qu’il est
stupide et ne se pose pas de question dans l’application des consignes.

Quand deux petits médiocres
agents des Etats-Unis se rencontrent
Giorgia Meloni a été formée à l’Aspen Institute qui donnera
aussi des ministres « américains » au gouvernement de Kiev après le
coup d’État du Maïdan. Pour se faire elire elle a usé d’une rhétorique
souverainiste, puis une fois au pouvoir, elle s’est alignée sur les intérêts de
Washington. Le fait qu’en Ukraine ce soient les Américains qui forment le
gouvernement en dit long sur les origines de la guerre en Ukraine. Ainsi
Natalie Jaresko, formée elle aussi à l’Aspen Institute, citoyenne américaine, obtiendra
la nationalité ukrainienne, juste le jour de sa nomination comme ministre de
l’économie.
La première loi qu’elle promulgua fut celle qui permettait aux multinationales
américaines – Black Rock notamment – d’acheter des terres agricoles
ukrainiennes. Les Américains en récupérèrent ainsi à peu près un tiers. Les
choses ont été encore plus loin, elle avait pour ambition de devenir premier
ministre de l’Ukraine, mais le parlement ukrainien n’en a pas voulu. Sa mission
terminée, elle deviendra un membre dirigeant de l’Aspen Institute, devenant la
présidente de l’Aspen Institute de Kiev. Meloni est appelée en Italie Meloni
l’Americana, ce qui veut dire beaucoup. Les Italiens s’étonnent qu’elle n’ait
pas tenu ses promesses électorales, que ce soit en ce qui concerne l’Europe –
sujet sur lequel elle s’est faite cornaquée par le banquier de Goldmann &
Sachs Mario Draghi – ou sur les migrations. Complètement soumise à Washington,
elle satisfait les Etats-Unis sur tous les segments de la stratégie de l’Empire.
Russophobe dans un pays qui ne l’est pas, elle soutient la guerre en Ukraine,
elle est pour l’euro et pour l’Europe, met la pédale douce sur la question des
migrations.
La déception des Italiens après quelques mois de la potion Meloni est
perceptible. Son modèle est celui de Macron, raconter n’importe quoi pour se
faire élire, puis faire la politique européenne décidée en fait à Washington. Comme
l’a montré le livre de Frédéric Charpier, La CIA en France, trente ans d’ingérences dans les
affaires françaises, Le Seuil, 2008, la domination de l’Empire américain passe aussi bien par
l’appareil d’Etat que par le biais des fondations des milliardaires américains,
comme si cette collusion dessinait les formes d’un contrôle qui prétend exercé
une « gouvernance » mondiale par le biais du marché et des
« experts » en tout genre. On remarque que tous ces agents américains
parlent anglais, la langue du maître, ce qui facilite la transmission des
consignes.

Depuis qu’Emmanuel Macron a été élu malencontreusement en
2017, on s’est penché sur cette French-American Foundation. C’est elle
qui finance la formation des Young leaders. Sponsorisée par les banques et les
grosses multinationales comme Amazon, cette fondation ne manque pas de
fonds ! Quel est son but ? Le but affiché est simple, faciliter le
dialogue entre les deux pays. Mais ça c’est le conte de fée. En vérité il
s’agit de former des hommes politiques qui exerceront le pouvoir et des
journalistes qui expliqueront la politique des hommes politiques… nommés
indirectement par les Etats-Unis. De nombreux journalistes du Monde ont
été déformés de cette manière, les atlantistes féroces, Jean-Marie Colombani,
Bernard Guetta et Sylvie Kauffmann, déjà nommée plus haut, par exemple, ou
encore Annick Cojean qui obtint le prix Albert Londres, et qui en devint la
présidente pour donner ensuite ce même prix à Benoît Vitkine, un autre
journaliste du Monde en 2018 ! Le monde est petit et tout se passe
en famille, c’est bon pour la confiance ! Citons dans cette pépinière
atlantiste Erik Izraelewicz qui deviendra directeur de la rédaction, arrivant
dans les bagages du milliardaire Xavier Niel et du banquier Mathieu Pigasse,
lui aussi formé par les Young leaders. Mais les Young Leaders ne misent pas que
sur Le Monde, leur éclectisme leur permet d’être aussi présents à Libération
avec Laurent Joffrin dont l’immense bêtise n’a d’égale que son entregent,
et encore au Nouvel Obs avec Mathieu Croissandeau. Pour autant, les gens
sont devenus méfiants et avoir été formé par les Young leaders est une marque
d’infamie dont il n’est pas très facile de se débarrasser ! Un Young leader
est forcément un traitre en puissance, un vendu ou un collaborateur. En vérité
pour gêner ces gens, il suffirait de rappeler chaque fois qu’ils ouvrent la
bouche, ou qu’ils prennent la plume, qu’ils sont des Young leaders, pour que
leur parole soit complètement dévalorisée. Ils sont tous de la même famille !
Imaginez qu’on élise Edouard Philippe à la présidence de la République, ce
serait le troisième président de rang, après Macron et Hollande qui représente
la secte des Young leaders. Tous les trois sont des atlantistes confirmés,
attachés à prévenir les desiderata des Etats-Unis, la vassalisation, déjà bien
entamée, serait totale. Nous serons la cinquante-deuxième étoile sur le drapeau
américain, après l’Ukraine ! Edouard Philippe est en outre le lobbyiste du
nucléaire.
En France, le plus impressionnant c’est le nombre d’hommes
et de femmes politiques qui ont été cornaqués par les Young leaders. Il faut remarquer
qu’ils ont tous un profil médiocre, peu intelligent, mais âpres au gain, et
sans doute cela garantit-il leur docilité. On compte déjà deux présidents, les
deux derniers, François Hollande et Emmanuel Macron, les deux plus bêtes sans
doute de la Cinquième république. Mais aussi les premiers ministres Alain Juppé
et Edouard Philippe qui est programmé pour remplacer Macron en 2027. D’autres
ministres comme Marisol Touraine, fille de l’atlantiste Alain Touraine, tenant
encore de la seconde gauche, beaucoup de membres du Parti Socialiste, comme
Arnaud Montebourg, Najat Vallaud-Belkacem, Pierre Moscovici. Les Young leaders
aiment bien la seconde gauche ou les résidus de l’UMP puis des Républicains. Au
défilé de ces noms, on comprend que la politique atlantiste de la France n’est
pas près de cesser et que plus généralement les politiciens ne se risquent
guère à traiter de la question de l’appartenance de la France à l’Union
européenne ou à la zone euro, ni même à remettre en question les folles dépenses
pour financer la guerre des Etats-Unis contre la Russie. Le système
politico-médiatique européen dans son entier nous apparait ainsi totalement verrouillé
et directement sous la domination de Washington. Jamais les Américains n’ont eu
les mains aussi libres pour faire avancer leurs pions dans le processus de
vassalisation des pays européens qu’aujourd’hui. Qu’on ne s’étonne pas si ces
mêmes pays européens suivent aveuglément les errements américains en Ukraine au
risque de disloquer l’Europe et de la rabaisser sur à peu près tous les plans,
économiquement, politiquement et militairement, comme cela a été leur projet
avéré en coupant l’Europe de la Russie pour mieux la dominer. Ce plan n’est
même pas caché, en 2015, soit sept ans avant l’entrée de la Russie en Ukraine,
Georges Friedman, un néocon américain de premier plan, l’énonçait dans une
conférence donnée à Chicago le 4 février exactement comme une manière
d’entraîner la Russie dans la guerre, avec pour but de la détruire par
ukrainiens interposés.
Cette soumission de l’élite politico-médiatique est totalement assumée, mais
elle explique aussi qu’au fil des alternances depuis quarante années en France,
rien n’ait changé fondamentalement sur le plan de la politique extérieure de la
France comme sur celui de la politique intérieure. Cette stratégie semble avoir
cependant atteint ses limites avec le caricatural Macron.

Fiona Scott Morton disant du
mal de la France
On le sait la plupart des commissaires européens sont des
atlantistes, des domestiques des Etats-Unis qui font des allers-retours
nombreux entre le secteur privé et le secteur public. Que ce soit von der
Leyen, descendante d’un marchand d’esclaves aux Etats-Unis, et dont les liens avec
Pfizer sont avérés, ou Josep Borrell. Très souvent on retrouve les anciens
commissaires européens après leur mandat dans des multinationales auxquelles
ils ont rendu de gros services. Le comble de l’arrogance américaine a été
atteint je crois avec la nomination de Fiona Scott Morton. Celle-ci devait être
nommée au poste d’économiste en chef à la concurrence, évidemment pas pour s’y
amuser. Mais il y avait deux problèmes, le premier c’est qu’elle était de nationalité
américaine, un peu comme Nathalie Jaresko, le second était que jusqu’ici elle
avait brillé essentiellement comme lobbyiste des GAFAM, or si on lui avait
donné ce poste, elle aurait eu justement à traiter de la façon dont ces GAFAM
truande le fisc. Ça a fait tout un pataquès, mais au final, dit-on sous la
pression des Français, on y a renoncé. La Fiona Scott Morton est amère et se
répand partout pour dire du mal des Européens qui n’ont pas compris quelle
chance ils avaient de recruter une personne de sa compétence.
Dans un premier temps Ursula von der Leyen, chien de garde des intérêts
étatsuniens, refusa d’écarter cet agent des Etats-Unis de la Commission
européenne, mais il semble que la bronca du Parlement européen et Macron l’ait
finalement convaincue, non pas que Macron soit devenu anti-américain et
souverainiste, il a non seulement une mentalité de traître, mais il n’est pas
assez intelligent pour ça, mais plutôt qu’il a dû se dire que la domination des
Américains sur la Commission européenne devenait un peu trop voyante, déjà
qu’elle est considérée par le peuple comme totalement corrompue et que les
électeurs rechignent à aller voter pour ce « machin », or les
élections européennes qui s’annoncent désastreuses pour Macron auront lieu
dans moins d’un an maintenant.
Il n’y a pas qu’en France que les agents Américains
circonviennent la politique. En Grèce où la gauche est dans les choux, on
cherche un successeur au traitre Tsípras pour prendre la tête de Syriza, il
faut prévoir que tôt ou tard la droite du type Kyriakos Mitsotakis sera rejetée,
vu ses misérables résultats dans presque tous les domaines. On l’a apparemment
trouvé avec Stefanos Kasselakis, 35 ans. Syriza s’était donné des airs de
« radicalité » en 2015, elle avait le vent en poupe, puis Tsipras,
effrayé par ses résultats électoraux l’a ouvertement trahie. Les dernières
élections ont montré qu’il était totalement démonétisé dans le jeu électoral.
Il faut pourtant faire semblant qu’il puisse y avoir une alternance, ne
serait-ce que pour empêcher le peuple de se lancer dans la révolution. Ce
nouveau venu a été élevé directement aux Etats-Unis, c’est même une
caricature : il a reçu une bourse complète de la Phillips Academy High
School à Andover, Massachusetts, États-Unis, et d’autres encore, ce qui n’est
pas innocent. Impliqué dans la campagne de Joe Biden le va-t-en-guerre, il a
travaillé aussi pour Goldmann & Sachs, banque qui connait très bien la
Grèce pour l’avoir pillée. On vend ce Kasselakis, un peu comme on a vendu Macron,
les vieilles recettes sont celles qui marchent le mieux. Il est jeune, présente
bien, il est moderne à la manière des traders. Ce que vend ce garçon, c’est le
récit suivant : si la gauche veut revenir au pouvoir, il faut qu’elle soit
de droite, comme Tony Blair si vous voulez. Le seul marqueur de gauche qu’on
pourrait voir en Kasselakis, c’est qu’il défend les droits des minorités
sexuelles, lui-même étant homosexuel et marié en tant que tel. Si cet individu
qui vient de prendre la tête des débris de Syriza, n’a pas beaucoup de chance
d’arriver au pouvoir, il aura au moins l’avantage de liquider ce parti, comme
Hollande l’a fait avec le PS. L’intérêt de cette petite histoire, outre qu’elle
montre combien la gauche d’aujourd’hui est décomposé, c’est qu’elle met à jour
le rôle des agents des Etats-Unis dans le maintien d’une fiction destinée à
capter l’attention du peuple sur une fausse opposition.
Les agents des Etats-Unis peuvent apparaître sur les
plateaux de télévision comme des experts, ce qui leur permet de masquer le fait
qu’ils sont en mission. Xavier Tytelman est
le désinformateur en chef de LCI sur la question ukrainienne, mais il se
déplace aussi sur BFMTV. Il est surtout connu pour traficoter les faits pour
tenter de faire croire à la fable otanienne selon laquelle la guerre de la
Russie en Ukraine est « une guerre d’agression ». Le langage qu’il
utilise, le classe clairement comme un agent américain. Ce qui veut dire que
ses analyses ne s’appuient pas sur des faits objectifs, mais sur la nécessité
de présenter la Guerre de l’OTAN en Ukraine comme une nécessité pour défendre
la démocratie. Après avoir vanté les avancées de la contre-offensive
ukrainienne, la dernière de ses frasques connues est de présenter le sabotage
des gazoducs Nord Stream, plus d’un an après, comme étant un méchant coup des
Russes ! Comme je ne pense pas qu’il soit complètement idiot, cela veut
dire qu’il prend ses auditeurs pour des imbéciles. Il prend le contrepied de Seymour
Hersh.
Il fait semblant d’examiner le rôle des différents acteurs, puis conclue bêtement
par « c’est les Russes » !
Sa thèse ne tient pas debout pour trois raisons : 1. Les Américains ont
menacé de longue date d’empêcher la mise en œuvre de ces gazoducs, leur but
étant de couper l’Allemagne de la Russie ; 2. Le sabotage s’est passé dans
la zone la plus surveillée du monde, et sous le contrôle de l’OTAN ; 3.
l’opération ne peut être que le fait de commandos spécialement entraînés,
possédant une technique très onéreuse et très sophistiquée. Quel est donc le
but de ce médiocre ? Dédouaner les Etats-Unis de ce qui est un acte de
guerre contre ses alliés européens ! Il tire argument de son passé
militaire pour jouer les experts de plateaux. Mais quand on gratte un peu on
s’aperçoit qu’il est aussi rémunéré par la CGI, une entreprise plus ou moins
canadienne dans laquelle des fonds américains, Black Rock et The Vanguard Group
possèdent des intérêts importants. L’acronyme est dérivé de Conseillers en
Gestion et Informatique. Et je rappelle que ces deux entreprises qui gèrent
des milliers de milliards de dollars, ont des intérêts importants en Ukraine.
On remarque que la thèse moisie de Tytelman sur le sabotage des gazoducs est
reprise telle quelle par Marion Van Renterghem qui vient de commettre un livre
sur sujet, thèse
qu’elle noie dans un luxe de détails inutiles sur les luttes intestines des
oligarques du gaz. Au passage dans ce livre, elle se montre partisane d’une
rupture totale avec la Russie, accusant de complaisance avec Moscou, tous ceux
qui pensent différemment de Washington. Notez que cette Marion Van Renterghem anciennement
journaliste au Monde, écrit pour The Gardian ou encore pour le
journal europhile The New European, journal qui compte le ban et l’arrière-ban
de l’atlantisme, dont des canailles comme Tony Blair, Daniel Cohn-Bendit. Cette
ineffable bourrique a même commis un ouvrage d’entretiens avec la très creuse
Valérie Pécresse mais qui a comme qualité première d’avoir été formée par
les Young leaders !

C’est une campagne bien orchestrée, relayée évidemment par Le
monde qui en remet une couche pour faire croire qu’on ne sait pas qui a
fait sauter les gazoducs. La fable selon laquelle il y aurait plusieurs pistes,
des Russes, des « dissidents amateurs ukrainiens, des Américains, des
Britanniques, ou encore d’autres, est ravivée par des pseudos révélations du Gardian,
journal atlantiste s’il en est.
Le but est de semer le doute sur l’enquête de Seymour Hersh, et donc
indirectement dédouaner les Etats-Unis qui n’ont pas une bonne réputation, de
cet acte malveillant envers des intérêts économiques européens. Cet exemple
suffit à montrer pourquoi les Etats-Unis tiennent tant à former des personnes
qui ensuite investiront les médias pour porter leur propagande. L’exemple du Monde
est très révélateur de cette politique. En tenant Le monde, principal
agent de l’atlantisme en France, ils exercent une pression non seulement
sur l’opinion publique qui se forme à travers les médias qui cadrent leur
analyse sur celle de ce journal, mais aussi sur les politiciens de droite et de
gauche qui n’osent pas dévier de la doxa dominante.
Pour comprendre pourquoi ma diatribe n’a rien de
complotiste, terminons sur cette idée importante, les agents étrangers des
Etats-Unis ne sont pas forcément rémunérés en liquide. Ils peuvent l’être par
l’intégration à des réseaux d’influence qui leur donne le sentiment d’exister,
d’appartenir à une sorte de famille – au sens mafieux du terme. Une famille qui
les protège des aléas de la vie. Sylvie Kaufmann fait partie de cette
franc-maçonnerie atlantiste de laquelle elle fait mine d’épouser les principes
par simple opportunisme. Elle a certainement un bon salaire au Monde, mais
elle a aussi des conférences qui lui permettent d’instiller sa propagande tout
en étant payée. Et puis elle a aussi, du fait de son statut, accès aux grands
éditeurs parisiens. On peut évidemment m’accuser de « complotiste »,
de sbire de Poutine, et de ne voir de la traitrise que là où il n’y a que des
convictions. Mais je n’appartiens à aucun parti, russe ou français et encore
moins américain, je ne suis membre d’aucun cercle, cénacle ou franc-maçonnerie,
essentiellement parce que je veux rester un homme libre qui ne doit rien à
personne. Si j’écris des bêtises, elles sont miennes uniquement et certainement
pas rémunérées !
https://www.youtube.com/watch?v=iuSnUTlfI6Q