jeudi 16 octobre 2025

La démondialisation des échanges, un changement de doctrine capital

 

Trump annonce de nouveaux droits de douane, dont 100% pour les médicaments

Ce qu’on appelle la guerre commerciale, ce n’est rien d’autre que la fin de la mondialisation. L’inconstant Trump vient une fois de plus d’annoncer des surtaxes démentes sur un certain nombre de produits : 100% sur les médicaments importés, 50% sur les éléments des meubles de cuisine, 25% sur les camions[1]. Ces nouvelles taxes entreront en vigueur dès le 1er octobre. Les européistes et en général ceux qui pensent que l’abaissement des barrières tarifaires et le libre-échange sont un facteur de développement économique vont hurler. La décision de Trump est, quoiqu’on pense de lui, d’abord fondée sur le creusement du déficit commercial qui clairement ruine les Etats-Unis. Le déficit commercial des États-Unis s'est fortement creusé pour atteindre 78,3 milliards de dollars en juillet 2025, le plus élevé depuis quatre mois, par rapport à un déficit révisé de 59,1 milliards de dollars en juin et des prévisions d'un déficit de 75,7 milliards de dollars. Depuis environ 60 ans, le déficit commercial des Etats-Unis avec le reste du monde s’est creusé. Et c’est d’ailleurs une des raisons qui ont fait de la Chine une des premières puissances économiques d’aujourd’hui. Les taxes souvent désordonnés mises en place par Trump sont d’abord une tentative de limiter ces déficits, autrement dit de rendre les Etats-Unis moins dépendants des marchés extérieurs. Le déficit commercial est toujours un appauvrissement du pays. Il est d’ailleurs curieux que les économistes qui se focalisent sur les déficits publics ne s’occupent que très peu du déficit commercial qu’ils ne voient que comme le résultat d’une trop faible compétitivité. Mais après tout on pourrait mettre des règles dans la Constitution à la fois d’un équilibre budgétaire et d’un équilibre du commerce extérieur. Car le déficit budgétaire est souvent la contrepartie du déficit commercial. 

C’est un changement de doctrine capital. En effet entre 1960 et 2025 très précisément, les Etats-Unis ont tout fait pour promouvoir le libre-échange, les Européens ont suivi et les économistes ont marché généralement pour justifier cette politique. La vieille idée théorique est celle des avantages comparatifs de David Ricardo qui, au début du XIXème siècle énonce avec un calcul bidonné que chaque pays doit se spécialiser dans la production où il est le plus compétitif. Il prend pour exemple les échanges entre le Portugal et l’Angleterre, le premier doit se spécialiser dans le vin et le second dans le textile[2]. Bien entendu depuis Ricardo on a présenté un peu différemment les choses, mais le principe n’a pas changé. Or périodiquement, tel ou tel pays, remet en question les accords de libre-échange. En 1892 c’est en France la loi Méline qui fait passer le taux de douane moyen français de 8,2 % entre 1889 et 1891 à 11,4 % sur la période 1893 et 1895. Le tarif moyen sur les importations agricoles passe de 3,3 % sur la période 1881/1884 à 21,3 % sur entre 1893 et 1895. Cette loi très décriée qui avait pour but d’abord de défendre l’agriculture française, a eu clairement pour conséquence de relancer la croissance de l’économie française, quoiqu’en ait dit ensuite Alfred Sauvy par exemple. Les défenseurs du libre-échange supposent que cela abaisse les prix mondiaux et donc stimule la consommation et la production. 

Les déterminants des échanges entre pays différents - Sciences économiques  et sociales (SES) - Terminale générale - Fiche de révision | Annabac

Les avantages du libre échange selon Ricardo 

 Mais le libre-échange a pour principal défaut de générer des déséquilibres des balances commerciales durables. C’est ainsi que depuis quarante années le déficit commercial des Etats-Unis avec les pays asiatiques et principalement la Chine se creuse comme on le voit dans le graphique ci-dessous. Les Etats-Unis pensaient que ce déficit commercial pourrait être compensé par la vente des services financiers et par les produits high-techs. Mais les pays asiatiques qui ont engendré des bénéfices colossaux du libre-échange, ne sont pas resté dans la position de simples produits manufacturiers. Leur production est montée en gamme dans tous les domaines, et les Chinois sont par exemple leaders dans la production de voitures électriques, des puces électroniques et de panneaux photovoltaïques. Cette montée en gamme était inévitable, les Chinois ayant misé sur une élévation continue du niveau d’éducation. Pire encore les Chinois se sont peu à peu passer des services financiers étatsuniens.

Rivalité Chine-Etats-Unis : le commerce extérieur et la stratégie "Made in  China 2025" dans le viseur

En France l’accroissement du déficit commercial à partir de 2000 est directement corrélé avec l’intégration de la monnaie unique qui a été très mal négociée, accroissant le prix des produits français à l’exportation et facilitant l’introduction des produits Allemands, Polonais, ou autre sur notre territoire. En 2024 pour la première fois depuis des décennies, la France importe plus de produits agricoles qu’elle n’en exporte, alors que pendant longtemps elle était leur première exportatrice au monde[3]. Ces deux exemples nous montrent que le libre-échange n’est pas une politique gagnant-gagnant, il y a des perdants et des gagnants. C’est quelque chose qu’on connait depuis au moi Antoyne de Montchrestien : le libre-échange est un jeu à somme nulle[4]. Parmi les raisons qui expliquent ces déséquilibres persistants, il y a le fait que le libre-échange est le plus souvent imposé par les nations dominantes qui trouvent là une possibilité d’exporter leurs surplus, et que ce libre-échange bloque les pays les moins développés sur les segments inférieurs du marché. Il n’a jamais été prouvé statistiquement que le libre-échange stimulait la croissance économique, autrement dit la relation entre l’ouverture et la croissance n’est pas claire : est-ce parce que la croissance est forte qu’on échange, ou au contraire est-ce que c’est parce que l’ouverture est importante que la croissance est forte. Les Trente Glorieuses qui ont été des années de forte croissance en France, bénéficiaient d’une relative fermeture des marchés nationaux. 

DÉFICIT COMMERCIAL SANS PRÉCÉDENT EN 2022 

Les enjeux d’une relative fermeture des marchés nationaux dépassent cependant la simple question du rééquilibrage de la balance commerciale. En effet on sait depuis au moins James Steuart[5] que les périodes d’ouverture des économies nationales s’accompagnent généralement d’une baisse des salaires pour cause de concurrence, et qu’au contraire les périodes de relative fermeture sont favorables à la hausse du pouvoir d’achat. Si je regarde le graphique ci-dessous, on voit qu’entre 1960 et 1983 la part des salaires dans la valeur ajoutée augmente régulièrement et de façon concomitante celle des profits diminue. 1983 correspond au tournant néo-libéral avec l’orientation européiste du gouvernement socialiste dirigé à cette époque par Laurent Fabius. C’est également à cette époque que le sinistre Jacques Delors détachera la hausse des salaires de l’inflation. L’idée stupide est de pousser la France sur la voie de la concurrence tous azimuts, avec les privatisations qui suivront. C’est bien sûr comme cela que les très riches vont s’enrichir toujours plus d’une manière indécente. Les politiciens véreux prendront le relais pour affirmer que la France doit être de plus en plus compétitive ! Mais on se rend compte que depuis 1983, les gains de productivité du travail ont été tous confisqués par les patrons, sans que cela soit le résultat du jeu du marché, mais parce que des lois ont été votées dans ce sens pour rétablir les marges d’investissement des entreprises. Ce que nous disait Steuart c’est que dans les périodes de repli de l’économie sur le territoire national, non seulement les salaires augmentaient, mais le temps de travail diminuait aussi, donnant plus de place aux loisirs. Pour James Steuart l’économie se développait d’abord au niveau international, puis ensuite elle se repliait sur le niveau national. C’était pour lui deux phases historiques consécutives. Et donc si on suit ce raisonnement il vient que l’ouverture effrénée mise en place dans les années quatre-vingts au siècle dernier est une forme de régression. 

Le partage de la valeur ajoutée | Alternatives Economiques

On voit donc que, même si c’est d’une manière brouillonne et fantaisiste, les décrets de Trump sur les droits de douane propulsent de fait les Etats-Unis en dehors de l’OMC. L’OMC est née en 1995, elle prenait la suite du GATT qui a fonctionné entre 1945 et 1995. L’ambition de l’OMC était de défaire pour toujours toutes les barrières tarifaires et non tarifaires qui entravaient les échanges commerciaux, y compris les normes sanitaires. C’est une de ces boutiques supranationales qui prétendent régner au-delà de la démocratie. C’est pourquoi elle s’était dotée de tribunaux et de juges évidemment non élus et le plus souvent issus du monde des entreprises multinationales pour faire la police et décider d’amendes plus ou moins lourdes contre les pays récalcitrants. Les décrets de Trump sont évidemment en rupture avec cette logique. Leur but est de rapatrier sur leur sol des productions dont ils dépendent un peu trop des marchés extérieurs. C’est la quête d’une nouvelle souveraineté. Il faut remarquer que la puissance de la Russie actuelle se fonde d’abord sur l’action de Poutine pour rétablir une autonomie agricole et industrielle pour son pays. Évidemment les médias occidentaux, surtout en Europe, vont crier au scandale parce que les règles changent. Tous les pays qui ne s’adapteront pas à ces nouvelles règles s’appauvriront constamment. C’est le cas de l’Union européenne où la croissance est stagnante, ouverte aux quatre vents, elle est maintenant la cible des exportations chinoises qui voient le marché étatsunien se fermer relativement. 

De fait c’est la fin de l’OMC et cela va obliger les États européens à réagir. Déjà pénalisés par la guerre en Ukraine, l’explosion des gazoduc Nord Stream, ils ont maintenant plus de difficultés à pénétrer le marché étatsunien. Or l’Union européenne dégageait un excédent commercial important avec les Etats-Unis. Les taxes en tout genre que Trump a mises en place va évidemment freiner les exportations européennes. Ce qui veut dire que l’Union européenne n’arrivera plus à compenser son fort déficit commercial avec la Chine par un excédent avec les Etats-Unis. En regardant le graphique suivant, on voit que le déficit commercial entre les Etats-Unis et l’Union européenne s’est creusé, et il ne pouvait pas durer. Quand les marchés à l’étranger se ferment, il est d’usage de rechercher des débouchés ailleurs, donc sur son propre sol, ce que font les Chinois qui voient leur consommation interne exploser et leurs salaires augmenter, ou alors en nouant de nouvelles alliances, c’est ce que font les BRICS, s’écartant des normes contraignantes de l’OMC, ils ne visent pas une gouvernance mondiale de l’économie. Autrement dit les BRICS et leurs alliés n’ont plus besoin de l’OMC pour prospérer, ils n’ont plus besoin de l’Union européenne et des Etats-Unis. Même si la politique fantaisiste étatsunienne leur pose des problèmes, ils peuvent la surmonter. Dans les mois qui viennent, il est probable que l’Union européenne doive réagir. Pour l’instant sa seule réaction a été celle d’Ursula von der Leyen qui s’est couchée honteusement devant les exigences de Trump. Il se préparerait deux actions, d’abord un durcissement des relations avec la Chine, et ensuite un renforcement des sanctions de l’Union européenne contre la Russie en visant le pétrole. Si la première va dans le bon sens, la seconde accélérera les difficultés de son économie. Mais rien n’est prévu pour compenser les mauvaises manières des Etats-Unis vis-à-vis de l’Europe. Or celles-ci vont pénaliser le commerce de l’Union européenne et donc appauvrir son économie. 

Si nous regardons la position de la France par rapport à l’Union européenne, elle est intenable. Elle se trouve en effet dans cette position inconfortable des déficit jumeaux – déficit commercial et déficit des finances publiques, celui-ci compensant celui-là. Si notre pays veut reconquérir sa souveraineté sur le plan économique, il doit sortir de l’Union européenne et protéger son marché intérieur. Bien entendu cela prendra un peu de temps, mais c’est la seule façon de sortir de l’impasse. Nous avons vu comment la logique européiste de Macron a conduit la France vers l’abime. La France est l’homme malade de l’Europe, mêle si celle-ci n’est pas en bonne santé. Les salaires sont bas, les services publics à l’abandon, plus rien ne fonctionne. Nous sommes endettés comme jamais. Une des raisons de sortir du libre-échange – donc de l’Union européenne et de l’euro qui en sont les adjuvants – est de rétablir les grands équilibres qui sont la condition essentielle de la souveraineté. Il y a aujourd’hui plus de 6 millions de chômeurs dans l’hexagone. Une résorption du déficit commercial permettrait de créer entre 1,5 millions et 2 millions d’emplois[6]. Notez que cette sortie de l’Union européenne et de l’euro, si elle s’accompagnait de taxes élevées sur les importations, engendrerait des rentrées fiscales substantielles. Malheureusement nous ne sommes pas prêts pur cette sortie. La raison en est le manque d’audace des hommes politiques, dont la logique tient plus de celle du bureaucrate appointé que de celle d’un fin connaisseur des mécanismes de l’économie. On a vu successivement le Rassemblement national puis le sinistre Éric Zemmour, renoncer à cette idée que pourtant ils avaient approuvé un temps. À gauche c’est un peu pareil, on fait comme si un programme économique novateur, favorable aux plus défavorisés, pouvait se mettre en place dans le cadre de l’Union européenne et de la monnaie unique. Tous ces gens qui, un temps, ont prôné la souveraineté de la nation, en vérité gère leur petite boutique, sans intention de se mettre en jour en situation de gouverner le pays.


[1] https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/09/26/droits-de-douane-donald-trump-annonce-des-surtaxes-sur-les-medicaments-les-poids-lourds-et-le-mobilier_6642971_3234.html 

[2] On the Principles of Political Economy and Taxation, 1817.

[3] https://www.agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web/disaron/IraCex24162/detail/

[4] Traicté de l'oeconomie politique : dédié en 1615 au Roy et à la Reyne mère du Roy.

[5] An Inquiry into the Principles of Political Oeconomy, 1767. C’est sur cet ouvrage qu’Adam Smith a copié une partie de son œuvre majeure, An Inquiry into the Nature and Causes of the Wealth of Nations, 1776.

[6] Pour obtenir ce chiffre qui est juste là pour donner un ordre de grandeur, on peut diviser le déficit commercial de 81 milliards d’euros – chiffre de 2024 – par 50 000 € coût moyen d’un salaire annuel avec cotisations sociales, on arrive a 1 620 000 emplois. Mais avec des effets induits et une hausse des salaires que cela entrainerait, il y aurait probablement un effet d’entrainement au-delà de ce chiffre.

lundi 13 octobre 2025

De l’usage du bon et du mauvais Juif par les médias occidentaux

Marseille - Nadav Lapid : "Je veux donner corps aux mots"

 Navad Lapid est un bon Juif, la preuve son crâne chauve est surmonté d’une auréole

L’objectif de ce billet, n’est pas de discuter de la politique israélienne à Gaza, mais de dénoncer la façon dont l’information est triée et arrive jusqu’à nous. Le premier constat est que le système médiatique met en scène les dissidents israéliens, avec une unanimité, confondante, comme ils mettent en scène le lancement de la carrière de Louis Sarkozy, comme ils mettent en scène la russophobie ambiante ou encore l'efficacité du vaccin contre le COVID. Le Juif est bon quand il critique les autres Juifs et seulement dans ce cas, sinon, on le traite de génocidaire. Autrement dit on l'instrumentalise dans un sens ou dans un autre. Le mauvais Juif sert à stigmatiser Israël et à dédouaner le Hamas, le bon Juif, et bien c'est pareil, mais celui-ci à l'avantage de nous démontrer qu'on n'est pas antisémite pour un sou, puisqu'on sait distinguer le bon Juif, du mauvais Juif. Autrement dit, il n’y a pas de voie moyenne, soit en tant que Juif vous dénoncez la création d’Israël comme une entreprise criminelle et coloniale, soit vous êtes dans le camp du « mal ». Tout cela c'est juste du spectacle. Et rien de plus. J’ai déjà dit combien le sinistre Shlomo Sand s’est trouvé petit un public de cette manière[1]. Comme il y a trois ans il fallait admirer le cinéma ukrainien parce qu’il était ukrainien, nous devons admirer le cinéaste Nadav Lapid parce qu’il est un Israélien dissident, c’est-à-dire un Israélien qui donne d’abord raison à l’idée qu’Israël commet un génocide à Gaza.  Le film s’appelle Oui, et met en scène un musicien israélien qui se vend si on peut dire à un oligarque russe – qui est donc forcément mauvais et manipulateur. Présenté à Cannes, encensé par Télérama et Le monde, ce film met une fois de plus en scène la cupidité du juif de base. Il a donc un soutien de la critique occidentale, et même si cela ne sera pas suffisant pour remplir les salles, cela suffira à Nadav Lapid pour continuer à tourner des films de longs métrages et à alimenter le public des festivaliers qui aiment bien qu’on critique Israël d’une manière ou d’une autre. Sa gloire, si on peut dire, a été d’abord Le genou d’Ahed, film présenté à Cannes en 2021 qui glorifie l’action d’Ahed Tamimi, adolescente, icone de la résistance palestinienne. Or évidemment Ahed Tamimi est d’abord une adepte de la politique spectacle, c’est-à-dire qu’elle fabriquait un discours destiné d’abord aux caméras de l’Occident, comme les croisières de la mouvance des Frères musulmans organisée autour de Rima Hassan ou Greta Grunberg. Si les médias occidentaux donnent autant de crédit à l’œuvre de Nadav Lapid qui reste tout de même plutôt confidentielle, c’est parce qu’elle utilise les ressorts du sentimentalisme et non de l’analyse, même si elle utilise aussi une approche satirique. La gauche occidentale qui est au niveau programmatique complètement défaillante se trouve par exemple ici des cautions pour faire croire qu’elle possède une conscience sociale. Navad Lapid ne vit plus depuis longtemps en Israël, depuis 1999, mais à Paris. Ce qui lui permet de trouver des financements en Europe, en France et en Allemagne. C’est un cinéaste en exil, et évidemment on se demande comment cela se fait qu’il parle d’un pays où il est maintenant étranger. C’est un peu comme ces dissidents russes qui sont presque tous en Europe ou aux Etats-Unis financés par la CIA ou par des think-tanks et qui bien sûr n’oseront jamais dire du mal de la main qui les nourrit. Je ne doute pas qu’il connaisse son pays bien mieux que moi, mais je doute par contre qu’il puisse s’exprimer d’une manière relativement distancée sur ceux qui vivent dans l’angoisse quotidienne des attentats ou des bombardements. Ses films ne sont vus par presque personne, par exemple Synonymes tourné à Paris en 2019 a coûté 2,5 millions d’euros et n’a fait que 243 000 € de recettes. Mais c’est égal, il est financé et peut faire croire que son œuvre est importante, bien que personne à part le public des festivaliers ne s’y intéresse. Il faut dire que c’est un cinéma pénible, surchargé de symboles de toutes sortes, il est mal filmé, mal cadré, le plus souvent joué par des acteurs impossibles. On a beau dire que la technique ce n’est pas le plus important, tout de même il en faut un minimum.     

Israel-Palestine Scholar Norman Finkelstein's Long Crusade

Norman Finkelstein plait également beaucoup au système médiatique. En effet, il a été celui qui a véhiculé la sinistre idée selon laquelle les Juifs n’avaient aucune légitimité en Israël. C’est un gauchiste dont le seul titre de gloire est que ses parents sont des survivants du ghetto de Varsovie. Pour le reste il gagne sa croûte en disant qu’il est politologue, c’est-à-dire qu’il monnaye des discussions de bistrots et se tient sur la scène médiatique dans le rôle du radical le plus radical. Il s’est fait connaitre en disant que les Juifs qui ont réclamé des réparations à l’Allemagne, sont au fond des profiteurs de guerre. Il a donc inventé le terme « Industrie de l’Holocauste » pour le plus grand bonheur des antisémites du monde entier car cela prouvait bien le caractère cupide des Juifs en général[2]. Et c’était d’autant meilleur que c’était dit par un Juif lui-même qui passait ainsi aux aveux. Finkelstein critique d’autant plus aisément les Juifs israéliens, que lui est né à Brooklyn et qu’il vit et enseigne aux Etats-Unis, loin du conflit israélo-palestinien. Il est dans une situation confortable pour critiquer Israël. Il plait aux gauchistes aussi parce qu’il défend l’idée que les Juifs ont colonisé Israël en venant de nulle part, sans s’occuper du fait que la Palestine était déjà occupée par des Palestiniens, des Arabes si on veut. Évidemment la cuistrerie de ce discours apparait quand on examine sur le long termes les modalités de peuplement de cette région. Quand on parle de colonisation il faut se demander jusqu’où on doit remonter. Finkelstein est lui-même une sorte de colon aux Etats-Unis, puisqu’en effet, cette nation s’est construite sur le génocide des Amérindiens qui ont été exterminés par les blancs européens à 95%, alors que la population des Arabes de Palestine a toujours augmenté, elle est passée de 1,3 millions en 1948 à 7,1 millions en 2024 soit une croissance de 550%. D’abord il est évident que la colonisation arabe de la Palestine s’est réalisée au détriment de la population juive historique. Et Marx stigmatisait justement l’Islam dans un article célèbre du New-York Herald Tribune du 28 mars 1854, article que les gauchistes d’aujourd’hui qui se prétendent marxistes feraient bien de lire au lieu de soutenir le Hamas comme un groupe de résistants. Finkelstein reprend aussi sans précaution le terme d’apartheid, alors que les Arabes israéliens ont accès au même système de soins que les Juifs israéliens, et qu’ils peuvent aussi fréquenter les universités israéliennes. Évidemment, on ne va pas dire que les Arabes israéliens ne souffrent pas d’une forme de discrimination. Ce serait mentir. Mais on ne peut pas parler d’apartheid. C’est un peu comme si on disait que la France est un pays d’apartheid au motif que les populations issues de l’immigration et qui peuplent les banlieues souffrent de discriminations multiples et variées.   

Marx et les bolcheviks face à l'Islam ! - A contre air du temps

Mais revenons à la question démographique. Ensuite il y a le fait qu’entre disons 1875 et 1914 au moins, parallèlement à une immigration des Juifs sionistes, il y a eu vers la Palestine une immigration musulmane encouragée par l’Empire ottoman dont d’ailleurs le propalestinien Henry Laurens rend compte dans le tome 1 de son histoire de la Palestine[3]. Personne ne parle de ce phénomène. Enfin il y a dans les années trente une immigration arabe vers la Palestine, issue de la Transjordanie, de l’Égypte, du Liban et de la Syrie, celle-ci est attirée par les hauts salaires, conséquence du boom économique du Yichouv[4]. De ça non plus personne ne veut en parler, et Finkelstein, que je considère comme un faussaire, non plus. Bien entendu cela ne donne aucune légitimité à l’action du gouvernement de Netanyahu, mais cela en enlève beaucoup au discours de ces Juifs renégats qui n’ont de cesse de ne voir la colonisation de la Palestine que du seul côté des Juifs venus d’Europe. Ce sont très souvent des Juifs honteux qui nous disent qu’au fond ils ne sont pas de « vrais » Juifs, mais eux aussi des victimes du complot sioniste ! Dès lors qu’on commence à rentrer dans des considérations pour les Juifs de savoir ils sont plus ou moins les descendants des Juifs bibliques, on remet en doute sa propre identité, et on le fait d’autant plus violemment qu’on renie la sienne ! Des gens comme Navad Lapid ou Norman Finkelstein, savent-ils encore ce qu’ils sont ? Savent-ils s’ils existent vraiment ? 



[1] https://ingirumimusnocte2.blogspot.com/2024/02/shlomo-sand-deux-peuples-pour-un-etat.html

[2] The Holocaust Industry: Reflections on the Exploitation of Jewish Suffering, éditions Verso, 2000. Le livre a été traduit en français chez l’éditeur juif et antisémite Eric Hazan sous la marque de la fabrique.

[3] Henry Laurens, La Question de Palestine, tome I : L’invention de la Terre sainte (1799-1992), Fayard, vol. 1, 1999.

[4] Jacob Metzer, Divided-Economy-Mandatory-Palestine, Cambridge University Press, 1998.

samedi 11 octobre 2025

Prix et commémorations

Emmanuel Macron annonce l'entrée au Panthéon de Robert Badinter, en accord  avec la famille de l'ancien ministre

 

Macron est le croquemort en chef de la France. Jamais un président ne s’est mis autant en spectacle à travers les retombées de la gloire des personnes auxquelles il rend hommage régulièrement au nom de la France. Cet acharnement est indécent et vulgaire. On a l’impression qu’avec ces enterrements à répétition, c’est la France qu’il enterre. Badinter est le dernier panthéonisé par le forcené de l’Élysée. Cela s’est passé le 10 octobre 2025. Et pourquoi donc celui-ci est-il panthéonisé ? Officiellement pour avoir travaillé à l’abolition de la peine de mort. Éclairons ce débat scabreux. Sur le plan philosophique je suis un opposant à la peine de mort, pour des tas de raisons, notamment parce qu’elle peut être prononcée avec de mauvaises justifications, et qu’elle peut frapper un innocent potentiel. Mais ce que chacun pense en son intime conviction n’est pas vraiment la question. En effet l’abolition de la peine de mort a été imposée, non pas par Badinter, mais par Mitterrand, contre une majorité de Français qui n’étaient pas d’accord avec cette mesure, elle n’était pas démocratique. Et aujourd’hui encore une moitié des Français souhaite le retour de cette peine qu’on peut juger barbare. Cette mesure est loin de faire l’unanimité. Elle ne rassemble par les Français. Sur les réseaux sociaux, il y a une déferlante contre Badinter et contre cette cérémonie. Le forcené de l’Élysée comme le premier des imbéciles venus, nous dit que cette mesure était courageuse, sous-entendant par-là que lui-même n’a pris que des mesures impopulaires, mais courageuses.    

Part des Français favorables à la peine de mort 2009-2025| Statista

Pour ma part je n’ai jamais compris l’intérêt qu’on portait à cette question. Oui le spectacle des exécutions qui longtemps ont été publiques était assez répugnant et on assistait à des femmes qui venaient se donner des frissons en trempant leur mouchoir dans le sang du guillotiné pour s’en faire un souvenir.  Cette abolition ne concernait en fait que quelques personnes par an. Ce n’était pas une priorité pour la nation, qu’on soit pour ou contre d’ailleurs, et à mon sens cela ne l’est toujours pas. Elle permettait surtout de se construire une bonne conscience humaniste. Panthéoniser Badinter pour cette rupture tout à fait antidémocratique ne permet pas de rassembler les Français, surtout quand cela est présenté par quelqu’un comme Macron qui est maintenant à 14% d’opinions favorables. Pour le reste Badinter était un grand bourgeois ordinaire, sûrement un bon avocat, mais politiquement rodé à la magouille institutionnelle. C’est lui qui a donné au Conseil constitutionnel cette funeste habitude de légiférer au-dessus du parlement, verrouillant les lois toujours dans un sens anti-social et pro-européen. 

17 juin 1939, la dernière exécution publique en France | France Culture

Eugène Weidman fut le dernier condamné à mort exécuté en public le 17 juin 1939 à Versailles 

Nous savons que des prix comme le Nobel de la paix sont d’abord des choix politiques. Il reflète la conception de la guerre et de la paix que le comité Nobel représente. C’est devenu un élément du soft power étatsunien. Si on regarde les attributions par pays, on se rend compte que les Etats-Unis, le pays qui a semé la guerre à tous les quatre coins de la planète a reçu le plus de prix Nobel de la Paix (23) que n’importe quel autre pays. C’est cocasse. Cette année, c’est Maria Corina Machado qui l’a obtenu. Elle n’est pas la première venue. En 2024 elle avait obtenu le Prix Sakharov. C’est dire que l’Occident mise beaucoup sur elle pour faire rentrer le Venezuela dans le rang. Elle a été formée par l'État profond américain pour mener des opérations de changement de régime. Elle faisait partie d'une poignée de personnes sélectionnées à travers le monde pour participer au programme Yale World Fellows en 2009. C'est le même programme qui a choisi le fou de l'opposition russe Alexey Navalny qui lui aussi avait obtenu le Prix Sakharov en 2021. Cette dame originaire du Venezuela est la chef du parti d'opposition. Alors que Donald Trump s'apprête à envahir le Venezuela, le comité qui dirige le prix Nobel de la paix a décerné ce prix à Maria Corina Machado, l'une des représentantes des États-Unis dans ce pays, dans le but de voler le pétrole vénézuélien. Maria Corina Machado, dans le cadre de son travail avec Sumate et en tant que leader de l'opposition à l'Assemblée nationale vénézuélienne, collabore avec les États-Unis depuis sa rencontre avec George W. Bush, alors qu'elle s'opposait à Hugo Chávez et aujourd'hui à Nicolás Maduro. Son travail ne favorise ni la paix ni la démocratie, bien au contraire, elle a été une des instigateurs du coup d’État avorté de 2002 contre Hugo Chavez. Elle s’est récemment réjouie ouvertement que la marine étatsunienne organise un blocus naval des ports vénézuéliens. Le prétexte était soi-disant de lutter contre le trafic de la drogue, mais en vérité le but est d’affamer le Venezuela afin de pousser le peuple au renversement de Maduro. Au service exclusif des Etats-Unis, elle peut être considérée comme traitre à son pays. Elle a été accusée d’avoir touché des fonds importants des Etats-Unis via le National Endowment for Democracy qui est une annexe de la CIA. Cette femme très à droite, ami du sinistre Milei, a comme projet politique presqu’unique de privatiser le pétrole vénézuélien sur lequel lorgnent depuis des décennies les Etats-Unis. C’est sans doute un des Prix Nobel de la Paix les plus contestables depuis que cette fantaisie existe. Un Prix Nobel de la honte en quelque sorte. 

Le Nobel de la Paix décerné à l'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado

Cette femme corrompue, et traitre à son propre pays qu’elle rêve de vendre aux Etats-Unis, a également obtenu en 2024 le Prix des droits de l’homme Vaclav Havel. Ce prix est régulièrement, comme les deux précédents, donnés à des ennemis de la Russie, des dissidents biélorusses, russes, où les Ukrainiens sont bien représentés comme dans les deux précédents prix d’ailleurs. Cela suffit évidemment pour décrédibiliser tout ce cirque et en comprendre la portée uniquement politique. Le fait qu’elle ait obtenu ces trois prix sur un laps de temps très bref en dit long à la fois sur les soutiens dont elle dispose, mais aussi clairement sur le rôle de propagande que jouent ces prix bidons. Maria Corina Machado a également un discours virulent contre le communisme ! Faisant comme si le communisme existait encore. Elle n’est pas une femme de paix, c’est une guerrière qui est payée pour semer le chaos.  

mercredi 8 octobre 2025

La politique le cul par-dessus tête

Le leader du parti ANO, Andrej Babis, fête les résultats préliminaires des élections législatives, à Prague, en République tchèque, le 4 octobre 2025. REUTERS/David W Cerny

Les Européens votent très mal, du moins du point de vue de la canaille qui a pris le pouvoir à Bruxelles pour faire une guerre de 100 ans à la Russie et pour ruiner l’Europe dans son entier. Dans la République Tchèque, c’est le candidat « eurosceptique » Andrej Babis qui est largement en tête. Arrivera-t-il à former une coalition ? On verra, je me méfie de la fourberie des européistes qui ont pris l’habitude d’annuler les élections qui ne leur conviennent pas comme en Roumanie, ou à les truquer comme en Roumanie et en Moldavie. Mais le plus important est que le leader du parti ANO a mis en avant le slogan « les Tchèques d’abord » c’est qui est une manière indirecte de dénoncer l’aide de son pays à l’Ukraine. On se rappelle que c’est le gouvernement sortant qui avait coordonné l’achat de 1,5 millions de missiles pour l’Ukraine et cela leur avait coûté près de 300 millions d’euros. La première réflexion est que manifestement les Tchèques n’ont pas suivi leur gouvernement. Ce qui veut dire qu’ils ne veulent pas soutenir la guerre de l’OTAN et de l’Union européenne. Même le journal atlantiste Le monde le reconnaissait, la question de la guerre e Ukraine était centrale pour ces élections[1]. C’est ennuyeux pour Bruxelles, parce que Babis va se rapprocher automatiquement d’Orban en Hongrie et de Fico en Slovaquie ! Cela fait trois pays sur 27 qui vont s’opposer à l’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne et dans l’OTAN. Naturellement cela affaiblira le camp de la guerre contre la Russie. 

La Géorgie aux urnes pour des élections locales, l'opposition appelle à  manifester

La Géorgie, pays où l’agent des Américains Glucksmann, a fait ses classes, l’OTAN et l’Union européenne espéraient pour réactiver un nouveau front pour compenser l’effondrement attendu du front ukrainien. Mais c’est encore raté. Le parti Rêve géorgien du Premier ministre Irakli Kobakhidze obtenir plus de 80% des voix après le dépouillement de près de 75% des bureaux de vote, selon la commission électorale. Il s’agissait d’élections locales. Pour le parti Rêve géorgien, il s'agissait d'un premier test depuis les législatives d'octobre 2024 qu'il a officiellement remportées, mais dont le résultat est contesté par l'opposition. Une partie de celle-ci boycottait le scrutin de samedi. Les pro-européens qui se disent dans ce pays pro-démocratie, activés par les réseaux atlantistes et européistes, tentent en ce moment de contester les résultats très violemment, avec leurs petits drapeaux payés par l’Union européenne en descendant dans la rue. Leur impact est cependant très limité et il est douteux qu’ils arrivent à fomenter un nouveau Maïdan. Cependant tout indique que la crapule otanienne n’a pas l’intention de lâcher le morceau et continuera à fomenter des mauvais coups dans l’arrière-cours de la Russie. 

Russian President Vladimir Putin visits Serbia

Les élections récentes dans les pays anciennement communistes ont été des déceptions pour Bruxelles et pour l’OTAN. Que ce soit en Pologne, en Slovaquie, en République Tchèque, en Moldavie, en Roumanie et bien sûr en Géorgie, tout montre que ces pays se sont détachés du rêve européiste. La Serbie qui a été admis comme candidat à l’Union européenne, depuis une quinzaine d’années, a refusé d’appliquer les sanctions contre la Russie. C’est un allié historique de la Russie et ce qu’on oublie parfois, c’est que le Donbass a été peuplé jadis d’immigrés serbes. Tous ces pays n’aiment pas les Ukrainiens pour des raisons diverses et variées, entre autres parce que les minorités de ces pays en Ukraine sont maltraitées. Bien sûr il y a la question de la guerre contre la Russie qui n’enthousiasme pas beaucoup ces pays placés en première ligne, mais il y a au moins deux autres questions qui jouent contre Bruxelles, d’abord l’économie européenne est vraiment malade, endettée, en récession, elle n’a plus de perspective claire et ne peut plus de donner en exemple. Ensuite il y a la question de l’immigration musulmane qui est présente dans tout l’Europe et qui inquiète. La question est en fait celle de la souveraineté nationale et celle-ci se heurte justement au pouvoir bureaucratique de Bruxelles. Tout cela indique qu’Ursula von der Leyen aura bien du mal à faire passer ses projets, notamment ceux d’une adhésion directe de l’Ukraine à l’Union européenne, tant que ce pays sera en guerre et dans le chaos.   

Gouvernement Lecornu : une première salve de ministres dévoilée ce soir,  voici les noms qui circulent le plus

On ne pensait pas que Lecornu pouvait être plus ridicule encore que Bayrou. Et bien, on se trompait lourdement. Il a formé un gouvernement tout à fait à l’image du précédent, à quelques détails près. On retrouve Rachida Dati qui va bientôt être jugée pour ses malversations, les incapables Retailleau et Darmanin dont l’action n’a satisfait personne, l’évanescente Elisabeth Borne, et le très médiocre Jean-Noël Barrot. Tout ça pour ça ! Lecornu disait prendre son temps pour former son gouvernement, mais en fait il a repris celui de Bayrou dans ses grandes lignes. La seule nouveauté est le retour de Bruno Le Maire, dit Bruno le dilaté au poste de ministre des armées ! Ce semi-idiot qui se croit des talents d’écrivain, détient le record absolu de l’endettement de la France, c’est à lui qu’on doit les mille milliards de dettes supplémentaires du double mandat de Macron. Et on se dit que s’il conduit nos armées comme il a conduit l’économie de la France, il y a un sérieux risque d’effondrement. Ce menteur patenté disait encore vers la fin du mois de septembre qu’il n’était pas question qu’il revienne dans un gouvernement. Il est vrai qu’il ne restera pas très longtemps en poste. Tout cela est grotesque et on comprend mieux pourquoi le Parti socialiste a fait savoir indirectement qu’il se préparait à des élections anticipées. Comme tout ce que fait Macron ça n’a pas de sens, c’est le Père Ubu à l’Élysée. Cela ridiculise encore un peu plus la France qui ne pèse plus rien sur le plan diplomatique. Pour aller encore plus loin dans la stupidité, Retailleau à peine confirmé au poste de Ministre de l’intérieur où il n’a strictement rien fait, même pas illusion, prenait son propre gouvernement pour cible, disant avouer que celui-ci ne ressemblait à rien ! C’est presqu’officiellement que Les Républicains se sont mis en rupture d’avec Lecornu. Pêle-mêle c’était aussi la nomination de Bruno Le Maire qui était contestée le champion de la dette publique qui était contestée dans les rangs de l’ancien parti de ce faux écrivain, faux-jeton et faux homme politique Et le stupide Attal, premier ministre à la retraite, en rajoutait avançant que c’était là un spectacle affligeant ! On se demandait dès le dimanche soir, si ce gouvernement nommé furtivement allait passer la semaine ! C’est encore de l’inédit, après avoir tergiverser presqu’un mois pour construire un gouvernement sur les ruines de celui de Bayrou, Lecornu est menacé par ses propres ministres et son « socle commun » de dissolution ! La classe politique française se donnait en spectacle, montrant que si elle n’était pas capable de gouverner quoi que ce soit, elle était capable tout de même d’assurer le spectacle. 

PS : J'ai écrit ces lignes le dimanche soir, le 6 octobre donc. J'ai été pris de court, en effet, le 7 octobre Lecornu démissionnait moins d'un mois après sa nomination !  

Pendant que le gouvernement Lecornu s’effondrait déjà, à peine nommé, c’était la pitrerie de la France Insoumise qui étaient critiquées par les Français. Cette boutique n’est pas vraiment un parti d’opposition, c’est d’abord un parti antifrançais qui s’occupe uniquement de travaillait pour favoriser l’entrisme des Frères musulmans dans notre propre pays. On a assisté aux provocations habituelles de la flottille pour Gaza, celles de Thomas Guénolé, celle de Greta Thumberg, de Rima Hassan qui va être jugée en Israël pour ses provocations. Ces imbéciles ouvertement agents des Frères musulmans, n’arrêtaient pas leurs pleurnicheries en nous disant combien les Israéliens, et donc les Juifs, étaient méchants qui empêchaient l’aide humanitaire d’entrer à Gaza. Pendant ce temps la critique tous azimuts de la FI se développait. Deux livres parus ces derniers temps, celui de Nora Bussigny, Les nouveaux antisémites, paru chez Albin Michel et de Omar Youssef Souleimane, Les complices du mal, paru chez Plon, battaient les records de vente en librairie, tous les deux classés numéro 1 successivement chez Amazon. Or ces deux ouvrages détaillaient chacun dans leur genre les compromissions de la FI comme agent des Frères musulmans qui cherche évidemment à se servir de l’imbécilité de ce parti qui n’est plus de gauche, mais seulement du parti de l’Islam radical, pour faire avancer le poids des élus musulmans dans la vie politique française comme ils l’ont fait au Royaume-Uni et au Canada. Cet entrisme vise à nous habituer à vivre avec leurs exigences et à faire admettre que la Charia est un gage de stabilité pour le futur, un contrepoids finalement à l’incompétence de la classe ordinaire d’origine française pour la gestion des affaires publiques. C’est ce schéma que décrivait d’ailleurs le mauvais roman d’Houellebecq[2], Soumission, paru il y a dix ans chez Flammarion. Mais à cette époque il avançait que le travail de sape viendrait du PS. Il s’est trompé, il vient en fait de la France Insoumise, c’est-à-dire des débris du PS, emmenés par Mélenchon. Le succès énorme de ces livres montre que les Français ne sont pas dupes de cette entreprise de déstabilisation.        

Depuis la publication de La meute, un autre ouvrage à charge contre Mélenchon, de Charlotte Belaïch et Olivier Pérou, paru lui aussi en 2025 chez Flammarion, le nombre de défections au sein de la FI a augmenté. Récemment c’est Cédric Brun conseiller régional, ex-secrétaire de la CGT PSA Valenciennes, qui rendait public son éloignement de la FI, arguant de l’infiltration des Frères musulmans en son sein[3]. Il semble bien d’ailleurs que le véritable leader de ce parti anti-français et antisémite, n’est plus Mélenchon, mais Rima Hassan. Si le positionnement antisémite et pro-musulman de la FI lui a permis de gonfler le nombre de ses élus à l’Assemblée nationale, cela l’éloigne du pouvoir pour toujours et va inciter justement les autres partis de gauche à ne pas s’allier avec elle pour les prochaines élections. La prochaine étape de la FI sera les élections municipales de 2026 qui visera à faire entrer un maximum de musulmans dans les conseils municipaux, même au risque de faire perdre des villes à la gauche, c’est pourquoi ils vont contester eux aussi l’alliance avec les autres partis de gauche, PCF, EELV, et PS. Mélenchon est maintenant et systématiquement en tête des hommes politiques suscitant le plus fort rejet !

Tout cela n’empêche pas la FI de tenter de ramener aussi à elle les wokes dont la seule monomanie est de discuter des questions de genre, oubliant qu’en soutenant les Frères musulmans, le Hamas et les migrants, ils soutiennent leurs pires ennemis qui ne rêvent que de les pendre ou de les lapider – voyez les disputes qui ont eu lieu sur la flottille pour Gaza entre les islamistes et les wokes. La France vit sans gouvernement depuis maintenant le 9 juin 2024, soit exactement depuis 16 mois, et c’est parti pour durer encore jusqu’au moins à la prochaine dissolution que tout le monde anticipe. Mais y’a-t-il une opposition à Macron en France ? A l’Assemblée, il n’y en a pas, chaque parti étant occupé par sa tambouille singulière. On l’a vu avec la FI qui a la tête ailleurs, à consolider son alliance avec les Frères musulmans. Mais on le voit aussi du côté du RN. Ce parti n’est pas seulement mou – quand je pense que les imbéciles l’assimilent à un parti fasciste – c’est aussi un parti changeant : il n’a pas voté contre l’ignoble réforme des retraites, il ne veut pas d’une hausse du SMIC, bref il veut se faire bien voir des milieux patronaux, sachant que c’est de ce côté que se trouve le pognon. Il est aussi très changeant sur les questions internationales, étant passé d’un soutien à Poutine, à une stigmatisation de la Russie comme le seul responsable de la guerre en Ukraine, ils se sont reniés aussi sur la question de l’Union européenne, de l’OTAN et de l’euro. Tout cela est en contradiction avec ses électeurs qui s’ils attendent un retour de la souveraineté de la France, ont aussi une fibre sociale. C’est devenu un parti ordinaire de droite, très semblable au LR façon Retailleau. Plus ils se sont alignés sur la doxa européiste, et plus ils se sont éloignés du pouvoir. Laure Lavalette, députée du Rassemblement National, est venue bêtement dénoncer la guerre hybride que la Russie mènerait contre nous ! C’était à propos des drones que le cargo Pushpa aurait tiré pour le compte des Russes sur le Danemark ! La bêtise faite femme. En gros elle a repris le narratif de l’OTAN et de Macron qui avait fait arraisonner le navire battant pavillon béninois juste la veille de son discours au Conseil de l’Europe. Mais malheureusement pour cette Laure Lavalette qui s’est ridiculisé, cette baudruche a été dégonflée, il a été prouvé que ces affaires de drones n’avaient rien à voir avec la Russie, et le navire Pushpa a pu rapidement reprendre la mer comme je l’avais pensé. Tout le monde à compris que cette soi-disant guerre hybride étaient des opérations montées sous faux drapeau[4], non pas pour dénoncer une menace russe, mais essentiellement pour forcer les Européens à admettre de nouveaux sacrifices pour satisfaire les appétits des marchands de canon.

Emmanuel et Brigitte Macron : sourires et élégance pour célébrer le  Grand-Duc Guillaume de Luxembourg (Photos) - Closer

La situation politique en France est inédite. C’est-à-dire que nous n’avons plus ni opposition, ni gouvernement ! C’est comme si la classe politique française s’était autodissoute ! Cela cependant arrange Macron. Il peut ainsi continuer à se promener de part le monde dans des costumes ridicules, avec une femme ridicule à son bras et continuer à parler de tout et de rien. C’est ce qui lui importe. Peut-être croit-il même qu’il gouverne ? Si la France avait une représentation démocratique responsable, Macron serait déjà destitué. Mais ce n’est pas le cas. Doit-on le déplorer ? Il faut apprendre à nous débrouiller par nous-même, à devenir les maîtres de notre propre destin, plutôt que d’attendre l’arrivée d’un sauveur de droite ou de gauche qui ne viendra jamais. Je ne crois pas que la solution viendra d’une nouvelle dissolution, ni même d’une destitution de Macron, et pour tout dire il n’y a pas d’amélioration possible de la situation politique française sur le court terme, aucun parti n’étant capable aujourd’hui de proposer une sortie directe de l’Europe, de l’euro et de l’OTAN.



[1] https://www.lemonde.fr/international/article/2025/10/03/en-republique-tcheque-des-elections-legislatives-dominees-par-la-question-du-soutien-a-l-ukraine_6644154_3210.html

[2] Je dis mauvais pour deux raisons, la première est que c’est très mal écrit, la seconde, c’est qu’il attribut seulement à la gauche cette islamisation rampante de la vie politique française.

[3] https://www.lejdd.fr/politique/un-conseiller-regional-se-met-en-retrait-de-lfi-denoncant-une-infiltration-islamiste-162550

[4] Beaucoup l’ont déjà fait sur les réseaux sociaux dans l’univers parallèle de l’information, mais aussi dans un journal allemand Bild qui n’a pourtant aucun rapport avec la sphère complotiste.

mardi 7 octobre 2025

Gianfranco Sanguinetti, 1948-2025

Gianfranco Sanguinetti était un des derniers survivants de l’Internationale situationniste. Avec son ami Guy Debord il procéda à la liquidation de ce mouvement qui était moribond, malgré sa gloire post-soixante-huitarde. En tant qu’Italien il participa à ce qu’on a appelé le Mai rampant qui avait complètement déstabilisé l’Italie au point de solliciter les services secrets étatsuniens pour un coup d’État qui ne fut pas tout à fait mis à exécution. Seulement Aldo Moro fut assassiné pour éviter à l’Italie un gouvernement d’union nationale qui aurait inclus les communistes. Sanguinetti partageait avec Debord cette idée sur le fait que les États modernes ne pouvaient plus conserver le pouvoir qu’en manipulant l’information, associant cette maniaquerie au meurtre. Il laisse son nom à trois petits ouvrages. Le premier est une explication un peu lourdingue des raisons de la disparition de l’Internationale situationniste, le second est signé Censor, ce nom étant présenté comme le pseudonyme d’un grand capitaliste italien. Ce pastiche fut un grand succès en Italie et tout le monde se demandait qui se cachait derrière ce nom. En France où comprenait moins bien l‘importance de ce qui se passait en Italie avec les services secrets italiens et la CIA, le livre intéressa surtout la mouvance crypto-situationniste. Il montrait que deux grandes tendances s’affrontaient dans la péninsule, l’une accommodante, emmenée par Aldo Moro, qui voulait inclure la PCI pour stabiliser la situation, et l’autre qui aurait voulu un coup d’État directement. Cette dernière tendance était à l’œuvre sous l’égide de la CIA, associée à la mafia, elle se servait des Brigades Rouges pour mener des assassinats sous faux drapeaux et susciter la sympathie de la population pour un retour à l’ordre. Cette seconde tendance qui pratiqua un terrorisme à grande échelle conduisit à des attentats de grande ampleur et à la mort d’Aldo Moro. C’est l’objet du troisième livre auquel Sanguinetti a laissé son nom. 

Descendant d’une riche famille, Sanguinetti se révéla un ennemi du capitalisme. On a dit que sa fortune lui permit de financer partiellement les activités de Guy Debord avec qui il s’était lié, il était comme lui amateur de bons vins et de parties carrées. Peu importe ces détails, vrais ou faux, toujours est-il qu’après une amitié plutôt longue Guy Debord se fâcha avec Sanguinetti. Les raisons de ce divorce sont restées assez obscures, elles portent sur l’interprétations du terrorisme en Italie dans les années de plomb. Pour le profane les querelles de ce type semblent toujours un peu dérisoires. Mais elles ont existé ! cette cassure amena Guy Debord à réorienter sa vie en devenant une sorte d’homme de lettre, ayant une influence décisive au sein de la maison d’édition Champ Libre financée par Gérard Lebovici qui, grâce à sa fortune accumulée dans le milieu du cinéma, put entretenir Guy Debord, lui permettre de tourner des films et de vivre comme il l’entendait. Sanguinetti lui se réorienta vers le secteur immobilier pour consolider la fortune familiale. Il existe deux autres ouvrages de Sanguinetti. Le premier est signé d’un pseudonyme, Gianni Giovanelli édité chez Allia en 2022, et le second a été édité en portugais, c’est un recueil de textes sur le COVID, où il se retrouve avec Raoul Vaneigem, pour dénoncer l’imposture du traitement de la pandémie[1] !

Alice Debord, Gianfranco Sanguinetti et Guy Debord 

Il s’impliqua beaucoup dans l’Internationale situationniste, fondant la section italienne, et aussi dans les affrontements du côté de Reggio de Calabre, s’impliquant dans sorte d’insurrection qui l’amena un temps à se réfugier à Paris dont il fut finalement expulsé[2]. Il laisse l’image d’un homme instruit, formé à la lecture des classiques, aidé par un humour piquant, assez semblable à celui de Debord. Il a également publié une critique ravageuse de la biographie de Guy Debord commise par le malheureux Jean-Marie Apostolidès[3].


[1] Insurgência viral, autodefesa sanitária e despotismo ocidental, Veneta, 2022.

[2] https://debordiana.noblogs.org/2011/08/les-ouvriers-italiens-et-la-revolte-de-reggio-de-calabre-octobre-1970/

[3] https://blogs.mediapart.fr/lechatetlasouris/blog/150116/argent-sexe-et-pouvoir-propos-d-une-fausse-biographie-de-guy-debord

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Varsovie, le 30 octobre 2026   L’Europe est en train d’accélérer sa décomposition et continue sa marche vers le fascisme. Que ce soit dans...