jeudi 13 octobre 2022

L’assassinat de Simon Petlioura, pogromiste ukrainien, par le juif révolutionnaire Sholem Schwarzbard

  

Manifestation de nazis ukrainiens trimbalant le portrait de Stepan Bandera, comme d’autres le font avec la Vierge Marie 

Depuis 1991 en Ukraine on s’applique à réhabiliter les nazis et les antisémites. On connaît les rues Stepan Bandera, du nom de ce nazi ukrainien, responsable de milliers d’assassinats de Juifs en Ukraine, on l’excuse le plus souvent en avançant que les Russes avaient été mauvais avec les Ukrainiens et donc qu’au fond c’était bien de leur faute si une partie de l’Ukraine s’était rangée par nécessité derrière la bannière hitlérienne. C’est au nom d’une nationalisme ukrainien qu’on justifie le déboulonnage des statues dédiées à la résistance contre les nazis, mais c’est aussi sous le couvert d’un nationalisme égaré qu’on bannit Pouchkine des bibliothèques, comme d’autres auteurs, au prétexte qu’il écrivait en russe. Dans ce pays la démocratie avance… mais en marche arrière. Cette démarche répugnante a été encouragée et soutenue aussi bien par l’OTAN que par les Etats-Unis et l’Union européenne. On l’a dit et répété, les partis d’extrême-droite et néo-nazis ont été financés et encouragés, ce sont eux qui ont été le fer de lance de l’euroMaïdan. Certains avancent qu’aux dernières élections les nazis ukrainiens ont fait peu de voix, 5 %. Mais c’est une illusion trompeuse, car en réalité les nazis et les portraits de Stepan Bandera sont partout en Ukraine, dans l’armée comme au gouvernement. Les Israéliens se méfient des Ukrainiens et de Zelensky qu’ils refusent de soutenir[1] parce qu’ils savent qu’en dehors des mensonges sur Babi Yar, il y a bien d’autres signes qui font de ce pays le berceau d’un renouveau nazi. Les bonnes âmes vous diront qu’en Ukraine les nazis font un petit score aux élections, mais c’est parce qu’ils sont ailleurs, infiltrés dans les autres partis. Ce renouveau nazi a d’ailleurs été financé et encouragé par Victoria Nuland et son équipe. Et les néo-nazis ukrainiens sont infiltrés jusqu’au sommet de l’Etat, y compris dans l’armée où ils détiennent des postes de haut commandement. 

La statue de Simon Petlioura ne choque personne en Ukraine 

On connait moins la figure de Simon Petlioura dont on a inauguré la statue en grande pompe comme s’il s’agissait d’un héros de l’Ukraine nouvelle. Cette réhabilitation ne peut d’ailleurs pas être excusée par la méchanceté native des rouges et de Lénine puisque Petlioura est mort bien avant la guerre de 1939. On va voir dans quelles circonstances. Simon Petlioura était le chef des pogromistes ukrainiens, c’est-à-dire qu’il s’occupait d’assassiner le maximum de Juifs dans son pays à la tête d’une bande d’assassins avec l’idée de créer une Ukraine ethniquement « pure ». Cette propagande vient de loin, en 2018 l’Ukraine sortait un film à la gloire de Simon Petlioura, Krouty-1918, le présentant comme un simple héros nationaliste. Cette fable selon laquelle Petlioura n’aurait pas été un massacreur de juifs a été démontée suffisamment pour qu’on n’y revienne pas, non seulement il était entouré de pogromistes actifs, mais il n’a rien fait pour les punir de leurs forfaits, s’en accommodant très facilement[2]. Il se disait lui-même chef des Cosaques dont nous connaissons le rôle comme génocideurs de Juifs. Seul le sinistre Jabotinsky avait tenté de trouver une entente avec lui, ce même Jabotinsky qui n’aura pas de mots assez durs contre Haïm Arlozoroff qui, avant de se faire assassiner, tentera de négocier avec les nazis pour que les Juifs allemands puissent rejoindre le futur Israël avec une partie de leurs capitaux.[3] 

L’Ukraine à l’époque de Schwarzbard. 

Mais peu importe ces questions ce qui à l’époque des révolutions russes de 1905 et de 1917 était vaguement l’Ukraine – dans ce pays on y parlait essentiellement russe – avait mis en œuvre des pogromes à répétition contre les Juifs. Petlioura était un des chefs de cette bande de cosaques qui ont tué des dizaines de milliers de Juifs dans des conditions répugnantes, et en pillant les maigres biens que ceux-ci possédaient. Car les Juifs d’Ukraine, cette fausse nation coincée à l’époque entre la Pologne, la Roumanie et la Grande Russie, non seulement n’étaient pas riches, mais ils étaient cantonnés dans un statut de citoyens inférieurs. Ceux qui le pouvaient filaient aux Etats-Unis, ou plus récemment vers la Palestine. Les autres subissaient des violences qui les obligeaient à ne plus espérer que dans l’arrivée d’un messie qui les sauverait, même si ce messie était une révolution communiste en Russie. 

Corps des victimes juives du pogrom d’Orvuch, en Ukraine, en février 1919 

L’Ukraine n’a jamais été un pays, une nation, faite de bric et de broc, cette terre de violence n’a connu la paix que durant son appartenance à l’URSS. Elle fut tour à tour soumise à la haine des Polonais qui s’en étaient approprié un morceau en Gallice, puis à celle des nazis. Et chaque fois on trouve des « Ukrainiens » prompte à collaborer avec leur occupant, ce fut Petlioura qui vendit un morceau du jeune Etat indépendant à la Pologne, ou Bandera qui se coucha devant les exigences des nazis, allant jusqu’à en endosser l’uniforme. Plus loin, si on remonte dans le temps, on trouve cette région sous la férule des Tsars et donc des « Ukrainiens » qui parlaient et écrivaient en Russe. Le fer de lance de « l’ethnicité ukrainienne » ce sont les Cosaques Zaporogues, formés de bandes de sauvages criminels dont les petits plaisirs personnels étaient de s’attaquer à des Juifs sans défense, pour voler le peu de biens qu’ils possédaient, pour violer leurs femmes et embrocher leurs nourrissons. Certes ces « Ukrainiens » ne sont pas les seuls à avoir réalisé des pogromes odieux et répugnants. On trouve des cas semblables en Roumanie, ou en Pologne, en Moldavie et aussi en Russie avant que ce pays ne liquide le pouvoir des Tsars. Les Juifs de ces régions étaient massivement pour les Bolchéviques essentiellement parce qu’ils combattaient le racisme et l’antisémitisme, quels que soient les défauts des Bolchéviques, ils n’étaient pas antisémites. Mais c’est bien en Ukraine que les pogromes sont devenus rituels et d’une ampleur qui ne sera égalée et dépassée ensuite que par les nazis allemands auxquels les Ukrainiens de l’Ouest du pasy prêteront la main. Petlioura s’était déclaré chef de ces Cosaques Zaporogues, endossant de fait les crimes horribles de ces derniers[4]. Les massacres de Juifs perpétrés par les nazis, notamment à Babi Yar en 1941, font écho aux pogroms de 1918-21. Des Ukrainiens – y compris des descendants des auteurs des pogroms précédents – ont aidé les nazis, à massacrer les derniers Juifs de la région. À Bila Tserkva, en août 1941, les nazis hésitaient à massacrer un groupe d’enfants juifs, et laissaient les auxiliaires ukrainiens, tuer les enfants à leur place. Les Américains qui ont toujours eu beaucoup de complaisance avec les nazis, au point de les recycler massivement après la défaite de 1945, font semblant de ne pas connaître ces réalités. Mais c’est bien d’une continuité dont il s’agit, l’Ukraine s’est construite sur un fond idéologique antisémite puis ensuite antirusse. Petlioura d’ailleurs entretenait volontiers la confusion pour ses combats entre Juifs et Bolchéviques, ce qui lui permettait d’obtenir de l’argent et des soutiens militaires de la part de l’Occident. Avec Zelensky les choses n’ont pas beaucoup changées, sauf que les Ukrainiens ne mettent plus en avant leur antisémitisme natif et qu’il peut mettre en avant des origines juives qui pourtant ne trompent personne quant à ses intentions. 

Septembre 1919, après le massacre de Fastov 

Sholem Schwarzbard élevé pieusement dans le respect de la loi et de la religion rompit avec cette passivité, sa famille avait énormément souffert des pogromes à répétition. Il n’était pas le Juif de ce métal, il refusait le sort qui lui était destiné. De la même façon beaucoup de ses coreligionnaires se retrouvèrent du côté de la Révolution russe. Schwarzbard s’engagea du côté des socialistes, mais plutôt de tendances anarchistes. Il participa à la première révolution russe de 1905. Il participa aussi à quelques braquages de banque, ce qui le mènera naturellement à la case prison. Puis, la défaite consommée, sans argent, Il brûla le dur pour aller à Paris dans des conditions rocambolesques, il s’exila en France où il s’engagea dans la guerre contre les Allemands en rejoignant la Légion étrangère où il retrouva de nombreux Juifs qui s’engagèrent pour le pays de la liberté, contre le militarisme allemand. Il fut d’ailleurs décoré pour ses faits de bravoure face à l’ennemi et cela allait lui servir par la suite. Puis il revint en Russie, toujours pour aider à la révolution qui, il espérait, instituerait un nouveau régime politique plus égalitaire et paisible. Il devint le chef d’une brigade de cavalerie composée d’une centaine de Juifs. Mais rapidement il est déçu par l’autoritarisme du parti bolchévique et en 1920 il sera de retour à Paris, à Ménilmontant, où il va exercer son métier d’horloger. 

Schwarzbard et sa femme Anna devant leur boutique au 87 boulevard Ménilmontant 

A Paris il se rapproche des anarchistes, Makhno, Voline, Emma Goldman, tous des déçus de la révolution russe et qui s’étaient eux aussi exilés à Paris, pensant vaguement continuer leur combat à la fois contre le capitalisme et contre les bolcheviques. Cette proximité intellectuelle devrait suffire d’ailleurs à discréditer tous ceux qui défendent Petlioura et qui tentent de discréditer Schwarzbard en le désignant comme un agent des bolchéviques[5]. Toute cette communauté anarchiste exilée dénonce d’une manière continue les exactions du parti bolchévique. Elle rêve de revenir dans le jeu politique. Mais en vérité les idées anarchistes avaient vécu pour de nombreuses raisons que nous ne détaillerons pas ici, car il était facile de présenter la prise du pouvoir par Lénine et par un parti centralisateur fort comme un succès. Schwarzbard militait donc pour le pouvoir des Conseils ouvriers, ce qui l’avait séduit au début des deux révolutions russes. Mais les Conseils ouvriers qui représentaient une forme originale de pouvoir en dehors des partis et de leur hiérarchie, une démocratie directe si on veut, n’existaient plus vraiment. Ils avaient disparu de fait dès lors que Léon Trotski, un avocat bourgeois et aux tendances dictatoriales[6], s’était fait élire à la tête du Soviet de Saint-Pétersbourg. Les anarchistes étaient donc orphelins de leur propre combat et cette défaite fut renforcée par la fin de la révolution allemande de 1919, après la paix de Brest-Litovsk qui s’apparenta à une braderie de l’Ukraine, quand les milices du « social-démocrate » Noske la noyèrent dans un bain de sang. Schwartzbard qui rêvait d’en découdre se retrouva à Paris sur la piste de Simon Petlioura, lui aussi était en exil maintenant. Il décida de le tuer pour venger sa famille et au-delà, se procurant un révolver, il l’abattît de plusieurs balles dans le corps, exactement le 26 mai 1926, rue Racine. Il se laissa arrêter, remettant son arme à un agent de police qui se trouvait sur les lieux, et il y eut un retentissant procès qui, je crois, n’a pas d’équivalent dans l’histoire.

Il revendiqua son crime, l’assumant en expliquant pourquoi il avait voulu se venger, détaillant le rôle de Petlioura dans les pogromes qui avaient fait des milliers de morts en Ukraine. Les témoignages, notamment sur sa conduite exemplaire pendant la guerre contre les Allemands, lui servirent pour se présenter comme un idéaliste épris de justice. Il fut acquitté, bien que les Allemands toujours alliés avec les Ukrainiens antisémites aient soi-disant dévoilé des preuves selon lesquelles Schwarzbard était un agent du Komintern. Une rumeur dit que Beria avait avancé cette idée selon laquelle Schwarzbard aurait été un de ses agents. Il n’y a aucune preuve de cela. En outre la lecture de ce qu’il a écrit et détaillé sur la dictature bolchevique dans Mémoires d’un anarchiste juif dément complètement cette assertion loufoque, d’autant que ces textes très antibolcheviques n’étaient pas destinés à la publication. Tout cela est très étonnant, comme si la justice française approuvait les Juifs qui se vengeaient des exactions commises par les antisémites !

 

Les parties civiles ukrainiennes avançaient avant le procès qu’ils prouveraient que Schwarzbard avait des liens directs avec les Bolchéviques, ils ne prouvèrent rien du tout. La partie adverse démontra au contraire que Petlioura n’avait plus aucune importance sur le plan politique et donc que Staline n’avait aucune raison de le faire assassiner. Quand Staline fait assassiner Trotski, il craint la montée en puissance d’une quatrième internationale, mais c’est aussi une manière de consolider son pouvoir en Russie, et donc que quel que soit le degré de cruauté de Staline il n’y avait aucun intérêt à l’assassiner. Et d’ailleurs Trotski le sait, il est protégé de jour comme de nuit. Ce n’est pas le cas de Petlioura qui se promène dans Paris comme s’il ne craignait rien. Le dernier point est que le tribunal de Paris considéra que Petlioura était un criminel, à la tête d’une bande d’assassins qui voulaient tuer des Juifs et violer leurs femmes, même s’il n’avait pas lui-même organiser les pogromes puisqu’il était non seulement le chef de l’armée ukrainienne qui se livrait à ce genre de crimes, mais parce qu’il s’était entouré, en tant que chef du jeune état ukrainien de pogromistes notoires. Quand les Ukrainiens d’aujourd’hui honorent sa mémoire, ils saluent de fait un vrai criminel, reconnut comme tel par un tribunal d’un pays démocratique en 1927, ils adhèrent de fait à un antisémitisme de tradition qui fut le socle de la formation de l’Etat ukrainien. Schwarzbard est considéré aujourd’hui comme un héros en Israël, ce qui est incompatible avec la réhabilitation de Petlioura par les autorités ukrainiennes. 

Schwarzbard lors de son procès 

Ce procès extraordinaire auquel toute la presse se rendit, eut des conséquences importantes. D’abord parce que c’est dans sa continuité que fut créé à Paris la Ligue contre les pogromes. Cette Ligue se transforma en LICA, Ligue Internationale contre l’Antisémitisme, et devint ensuite la LICRA, Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme. La LICRA protesta d’ailleurs en 2006 contre la cérémonie qui avait été autorisée en l’honneur de Petlioura sur la tombe du soldat inconnu. Cet épisode peu commenté donna lieu à un déferlement de mensonges ukrainiens et l’ambassadeur de ce malheureux pays, Youri Sergueïev, engagea une polémique avec la LICRA en avançant que c’était la propagande soviétique visant à discréditer le combat des Ukrainiens pour leur patrie[7]. Nous savons aujourd’hui à quoi nous en tenir sur les mensonges à répétition des Ukrainiens et de Zelensky. La LICRA eut une importance capitale, mais aujourd’hui, elle parait sans efficacité et sans trop de logique, une simple association où quelques bureaucrates prétendent enseigner la morale à tout le monde. Schwarzbard tenta ensuite de gagner la Palestine où il avait compris qu’un nouvel Etat juif était en construction. Il n’y arrivera jamais, il mourra à 51 ans d’une crise cardiaque en Afrique du Sud. Sa personne est considérée en Israël comme de première importance, car il fut toute sa vie l’exemple des Juifs qui ne se résignaient pas à subir l’oppression et donc qui relevait la tête. En dehors de cela Schwarzbard était un poète et il nous a laissé des poèmes plutôt mélancoliques. Il a laissé beaucoup d’écrits, mais plutôt disparates. Michel Herman les a regroupés et ordonnés dans Mémoires d’un anarchiste juif, dénonçant au passage la tradition antisémite de l’Ukraine, tradition qui se retrouve au pouvoir à Kiev, malgré la présence du fourbe Zelensky à la tête de l’Etat. En effet, on se rend compte qu’il y a une continuité fascisante en Ukraine, de Petlioura à Zelensky en passant par Stepan Bandera. C’est tout sauf un hasard si les Ukrainiens de Podolie et de la Volhynie se sont retrouvés en compagnie des nazis allemands, c’était la destinée de ce peuple violent et criminel depuis la nuit des temps. Les pogromes de Petlioura, de Grigoriev et de quelques autres préfiguraient clairement ce qui allait devenir la solution finale hitlérienne. Notez qu’à l’époque la France était considérée comme un grand pays, un modèle de démocratie, la saga judiciaire de Schwarzbard le prouve abondamment. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Puissance rabougrie, devenue sous la direction des présidents néolibéraux qui se sont succédés depuis 2007 une annexe lointaine de l’Empire américain, elle est rentrée dans le rang. 

Ukrainiens fleurissant la tombe de Petlioura à Paris au cimetière Montparnasse 

Bibliographie 

Samuel Schwarzbard, Mémoires d'un anarchiste juif, préface de Michel Herman, éditions Syllepse, 2010. L’ouvrage de référence sur Schwarzbard, une collection de textes qui retracent son parcours étonnant depuis sa naissance, jusqu’à son procès. Toute la partie très critique sur l’autoritarisme bolchévique ne laisse aucun doute sur ses motivations anarchistes. Ses textes comme les témoignages qu’on a sur sa moralité ne permettent pas de l’assimiler à un sournois agent du Komintern.  Michel Herman a fait un gros travail de mise en forme pour rendre accessibles ces textes, il est par ailleurs l’arrière neveu de Schwarzbard.

Monique Slodzian, L'Ukraine depuis le procès Schwartzbard-Petlioura (1927), éditions de la Différence, 2017. Monique Slodzian est une des rares à faire le lien entre les pogromes en Ukraine au début du XXème siècle et la guerre qui a été déclenchée en 2014 contre le Donbass, guerre qui s’est depuis transformée en un embrasement mondial avec l’entrée en jeu de la Russie. Ecrit avant l’entrée de la Russie dans la guerre, elle s’inquiétait à juste titre des commémorations que les Ukrainiens s’autorisaient à rendre à des crapules antisémites et pogromistes. Elle dresse le portrait d’un Petlioura opportuniste et louvoyant, près à vendre un morceau de l’Ukraine aux Polonais pour asseoir son pouvoir sur une Ukraine réduite. Un excellent ouvrage. Elle fait également litière de la calomnie qui vise à faire de Schwarzbard un agent du Guépéou ou encore de Makhno un antisémite. Monique Slodzian est par ailleurs la traductrice de certains ouvra ges de Zakhar Prilepine qu’elle a contribué à faire connaître chez nous.

Rémy Bijaoui, Le crime de Samuel Schwartzbard : l'affaire des pogromes, Imago, 2018. L’auteur condamne le crime de Schwarzbard, et tente de dédouaner Petlioura de ses responsabilités pogromistes. La documentation est faiblarde et de seconde main. C’est une sorte de révisionnisme. Parmi les excuses qu’il avance c’est que d’autres bandes que celles de Petlioura faisaient aussi des pogromes et que sans doute ceux organisés par Denikine étaient encore plus sanglants. Il avance également que l’Armée rouge aussi se serait livrée à cette sanglante comédie. Mais il cite des témoignages qui disent l’inverse. Pour Makhno, il l’accuse aussi sans le moindre début de commencement de preuve d’avoir été plus ou moins responsables de pogromes. Mais Schwarzbard qui était bien plus qualifié que Bijaoui sur la diversité des tendances révolutionnaires dans la Russie de 1917, était lié à Makhno, ce qu’il n’aurait pas été si celui-ci avait été de près ou de loin impliqué dans ces chasses aux Juifs. 

 

Le nom est parfois orthographié Schwartzbard, parfois Schwarzbard, et même dans les journaux d’époque on trouve Schwartzbar.



[1] Zelensky s’en est plaint souventes fois, exigeant que Tel Aviv lui fournisse des armes. https://www.ouest-france.fr/europe/ukraine/volodymyr-zelensky/direct-video-volodymyr-zelensky-entretien-exclusif-a-ouest-france-poutine-guerre-en-ukraine-14b23510-3a70-11ed-9b76-9edc71c5adb1?fbclid=IwAR1LZHpGT9LZcmuR2H2ljhaM6VhtseRQG7GrBvvqogP8_8UzuGJqf6tbGow

[2] Claude Wainstain, « Petlioura et Schwarzbard », L'Arche n°560,‎ novembre 2004.

[3] Shlomo Aveniri, Arlosoroff, New York, Globe Weidenfeld, 1990. Certains pensent même que c’est Jabotinsky qui est à l’origine de l’assassinat d’Arlozoroff, sans qu’on en ait la preuve. 

[4] Jeffrey Veidlinger, In the Midst of civilized Europe: The Pogroms of 1918-1921 and the Onset of the Holocaust, Metropolitan books, 2021.

[5] Toute la rubrique de Wikipédia consacrée à Petlioura est mensongère et tend à réhabiliter la mémoire de ce chef de pogromistes. L’argument fait de Schwartzbard un homme de main de Moscou. Et je ne parle pas des autres fautes, à commencer par les fautes d’orthographe qui sont la marque de propagandistes ignares.

[6] Dans des notes qu’on a appelées Le testament de Lénine, ce dernier demandait avant de mourir d’écarter Trotski de la direction du parti bolchévique, le trouvant trop bureaucrate et trop autoritaire. Il a été édité en français en 1947 par Spartacus, comme un supplément à la revue Masses de tendance ultra-gauche.

[7] http://web.archive.org/web/20061123030940/http://www.amb-ukraine.fr/?id=29101

lundi 10 octobre 2022

Le terrorisme ukro-atlantiste à l’œuvre

 

La guerre n’est jamais quelque chose de très joli. Mais les ukro-atlantistes sont en train d’innover dans une approche terroriste du combat. Après avoir saboté le gazoduc Nord Stream, les Américains et leurs affidés ukrainiens, ont provoqué une explosion sur le pont qui relie la Crimée au reste de la Russie. Ce pont est une voie cruciale pour l’armée russe qui prépare une contre-attaque sur Kherson et dans le Donbass, il permet d’acheminer rapidement des armements lourds. On a vu ces derniers jours de longues files de wagons et de camions passant sur ce pont pour alimenter Kherson. Les menteurs ukrainiens comme d’habitude par la voix de Podoliak ont entonné la chanson : c’est les Russes ! LCI, le porte-voix de Washington, a tout de suite repris cette idiotie à son compte. Donc si on comprend bien ce que dit ce zélé serviteur de l’impérialisme US, les Russes ont, dans l’ordre : bombardé leur propre position à l’intérieur de la centrale de Zaporojie, ensuite ils ont fait sauter leurs gazoducs Nord Stream, et enfin, comme cela ne suffisait pas, ils ont fait sauter leur propre pont ! Puis Podoliak a fait machine arrière, il a revendiqué les explosions, arguant que c’était là une bonne manière de récupéré tout ce qui était ukrainien. A Kiev on a fait imprimer un timbre pour célébrer l’évènement. Puis on en a fait un agrandissement géant et les malheureux Kiéviens se sont fait photographier devant, histoire de mimer le contentement d’être devenu le 53ème Etat des Etats-Unis. Le lendemain voici l’inénarrable Podoliak, sans doute aussi drogué que Zelensky, qui a refusé d’endosser la paternité de cet attentat qui a fait plusieurs morts tout de même. Il a donc sorti du chapeau une nouvelle fable avançant maintenant que l’explosion sur le pont serait le résultat d’une lutte interne entre les services de renseignements russes, le FSB, et l’armée. Seul le journal pro-américain Le monde semble apporter du crédit à ce nouveau mensonge ukrainien[1]. Il ne faut pas désespérer les zélateurs de Zelensky, ce petit peuple crédule qui achète Le monde et qui vote pour Macron croyant faire barrage au fascisme.

Biji al-Kamurji, le présumé kamikaze  

Cependant, dès le 9 octobre des rumeurs affirmaient que l’auteur de l’attentat suicide sur le pont de Kertch était un djihadiste syrien instrumentalisé par les services secrets ukrainiens  [https://en.rua.gr/2022/10/08/the-driver-of-the-truck-that-blew-up-the-crimean-bridge-was-a-syrian-muslim/?fbclid=IwAR3mVvxDy0gV4azcfrRZxW0Y2SuKyEE5vl4qP3x_W6biYTXeDEMAUGWl5DI] ! Cette piste si elle était confirmée, amènerait à classer l’Ukraine parmi la longue liste des Etats voyous et terroristes. Mais l’usage de ce genre d’individu pose en même temps la question de savoir si ce ne sont pas les Américains qui sont une fois de plus à la manœuvre, ce serait en effet bien dans leur manière que d’utiliser des djihadistes – comme ils l’avaient fait avec Ben Laden et sa clique – pour effectuer leurs basses manœuvres. N’oublions pas que les Djihadistes syriens ont été vaincus sur le terrain par l’armée russe. 

 

Disons-le clairement toutes ces fantaisies commencent à peser sur l’opinion américaine, pourtant bien dressée à la russophobie depuis le début de la guerre froide. Prendre les opinions publiques occidentales pour un ramassis d’abrutis, ça ne peut n’avoir qu’un temps. Les services secrets américains, autres menteurs de premier ordre avec les Ukrainiens, ont laisser percer leur mécontentement. D’abord ils ont laissé fuiter le fait que l’assassinat odieux de Daria Douguina a bien été commandité par le SBU, sur ordre du gouvernement de Kiev, ce qui a toujours été la thèse des Russes[2]. Autrement dit les Américains se désolidarisent maintenant de cet acte barbare, probablement pour rappeler aux Ukrainiens qu’ils ne devraient pas prendre trop d’initiatives en la matière, et que Zelensky ne doit pas oublier à qui il doit son ascension. Mais ce n’est qu’un début d’introspection des Etats-Unis sur ce qu’ils font en Ukraine et pourquoi. Si la fable d’une incertitude sur les origines du sabotage de Nord Stream n’amuse que les imbéciles du journal Le monde, les Américains qui ont semble-t-il un peu plus de liberté de penser par eux-mêmes ont commencé à prendre conscience des incidences de ce sabotage. L’économiste Jeffrey Sachs qui avait été en 1991 un de ceux qui avaient conduit les réformes criminelles de l’économie en Russie, réformes qui avaient mis le pays à genoux pendant trente ans, a avancé que seuls les Américains avaient non seulement les capacités militaires de faire une telle attaque, mais qu’en outre, ils étaient les seuls qui y avaient un intérêt manifeste[3], puisqu’en effet, en détruisant Nord Stream, ils coupent l’Allemagne d’un lien futur avec le gaz russe. En même temps ils renforcent ainsi leur allié aveugle polonais, et ils affaiblissent durablement l’économie allemande, poussant le cynisme jusqu’à proposer aux industriels allemands de venir s’installer aux Etats-Unis. Ces critiques qu’on peut trouver dans le Washington post ou dans le New York times, si elles montrent que les journaux américains ont un peu plus de distance que les journaux français d’avec la propagande ordinaire, soulignent aussi qu’aux Etats-Unis il y a de profondes divisions certainement entre le Pentagone et la CIA, mais aussi à l’intérieur probablement du Pentagone. Sinon, ces informations n’auraient pas fuité, donnant une forme de version officielle à ces différents sabotages. Il y a donc une partie des Etats-Unis qui est en train de se poser la question de savoir s’ils n’ont pas créé un monstre en visant de faire du mal à la Russie. 

 

En attendant Zelensky qui semble perdre la main, tente par tous les moyens d’impliquer l’OTAN encore un peu plus. Après avoir ramassé deux clochards dans la rue, il a tourné, le 30 septembre, une petite vidéo pour montrer qu’il demandait une adhésion accéléras de son pays à l’OTAN. Une manière de forcer la main, sachant que les statuts de l’OTAN ne le lui permettent pas, pour une intervention armée. Evoluant toujo :urs entre propagande et terrorisme, il a proposé à l’OTAN d’effectuer des frappes préventives sur la Russie histoire de dissuader ce pays d’user de l’arme atomique ! Autrement dit au prétexte que peut être l’armée russe userait de l’arme nucléaire, on commencerait par bombarder ce pays ! Evidemment et comme d’habitude Zelensky le menteur a avancé qu’on l’avait mal compris, qu’il ne parlait pas de frappes mais de sanction. Le mensonge est éhonté parce que les sanctions ne concernent pas l’OTAN qui est une organisation militaire, et non pas une organisation politique et économique[4]. En France les journalistes qui ont pris cette sale habitude de vivre couchés, ont tenté de justifier ses louvoiements. Mais plus sérieusement Stoltenberg a douché les espoirs de Zelensky. Pour lui il n’en est pas question à court terme et à moyen terme. Bien entendu, il a affirmé que l’OTAN aiderait l’Ukraine en lui livrant des armes et en formant sa chair à canon. Mais le simple fait de délayer l’idée que ce petit pays corrompu puisse rentrer dans l’OTAN signifie qu’il sera aidé qua tant que cela arrangera l’OTAN et donc les Américains, et qu’au moindre écart ils le lâcheront comme les Américains ont lâché un peu de partout leurs soi-disant alliés, par exemple l’armée sud-vietnamienne. La duplicité de Zelensky n’a donc d’équivalent que celle bien connue des Américains. Ce qui veut dire que les intérêts du peuple ukrainien et ceux de l’OTAN ne coïncident absolument pas. Est-ce que ces divergences vont amener l’Ukraine à développer toute une série d’attentats terroristes, sachant que sur le terrain ses moyens militaires resteront forcément limités ?

  

Les pitreries ne cessent jamais. Zelensky a avancé que « tant que Poutine serait au pouvoir, les Russes seraient tués un par un ». Cette bouffonnerie qui le classe parmi les grands clowns de ce siècle a provoqué un tollé puisqu’il s’agit d’une menace terroriste[5]. Et donc voici que les journalistes français, toujours dans la position couchée, se sont essayé à monter un bateau pour expliquer qu’en réalité il n’avait pas voulu dire « tué » mais « dégagé », l’ukrainien étant une langue difficile à traduire ! Parmi les plus zélés des journalistes, on trouve encore Le monde qui n’en finit pas de se vautrer dans l’ignoble[6]. Toutes ces fantaisies commencent à lasser l’opinion. Le 8 octobre 2022 à Berlin devant le Reichstag a eu lieu une manifestation importante, organisée par l’AfD, il s’agissait d’une remise en cause des sanctions, mais surtout de se démarquer des orientations funestes imposées à l’Allemagne par les Etats-Unis. On pouvait voir des drapeaux allemands et russes en abondance. Même si pour l’instant Scholz ne dit pas grand-chose de peur de faire des vagues, les dirigeants allemands sentent le sol se dérober sous leurs pieds. Ils savent bien que le sabotage de Nord Stream est destiné à les ruiner encore plus sûrement qu’il ne ruinera la Russie. La popularité de Scholz est au plus bas, comme celle de tous les leaders européistes qui suivent aveuglement les ordres de Washington[7].  Si Ursula von der Leyen qui n’a été élue par personne assume, en tant que petit soldat de l’OTAN, le rôle de mener l’Union européenne au suicide collectif, il n’est pas certain que cela ne change pas dans les semaines ou les mois qui viennent. Plusieurs pays européens ont manifesté leur lassitude avec cette politique d’allégeance aux Etats-Unis qui consiste à payer pour une guerre que ceux-ci ne veulent pas mener eux-mêmes. La Hongrie, la Bulgarie, la Slovaquie, mais aussi la Belgique et les Pays-Bas, ont manifesté un peu plus que des réticences à suivre les oukases de von der Leyen, le terrorisme ukro-atlantiste risque de se payer très cher en termes de soutien aux entreprises expansionnistes de Washington.

  

La méthode ukrainienne, approuvée par les Etats-Unis et l’OTAN, est la terreur. A Zaporojie, de nombreux habitants de la région ont tenté de rejoindre les lieux de vote pour le référendum. Ils se sont fait tirer dessus par la canaille Kiévienne. Cela a fait de nombreux morts. Mais là encore les médias français, Le monde en tête, ont fait semblant de croire qu’il y avait une incertitude dans l’origine des tirs terroristes contre les civils[8]. Cette action d’une lâcheté inouïe est typique de la manière terroriste de faire la guerre. Les personnes visées étaient en réalité des civils, russophones évidemment, qui considèrent que leur patrie est la Russie et non la soumission à l’Occident. Cette ignominie a eu lieu juste avant la cérémonie d’annexion, ce qui ne peut pas être un hasard, comme quand le dynamitage du pont de Kertch a lieu au moment du 70ème anniversaire de Poutine.



[1] https://www.lemonde.fr/international/live/2022/10/09/guerre-en-ukraine-en-direct-sous-pression-moscou-nomme-un-nouveau-general-a-la-tete-de-son-operation-speciale_6145034_3210.html

[2] https://www.leparisien.fr/international/mort-de-daria-douguina-le-gouvernement-dukraine-a-autorise-lattentat-selon-washington-06-10-2022-O3IZRXIQDFBS7BIIVG73AOCQRE.php

[3] https://www.youtube.com/watch?v=ESG14_DsUIA Dans cette interview Jeffrey Sachs reprend les arguments habituels sur le fait que les Américains contrôlaient de fait la zone où à eu lieu le sabotage et qu’on y a vu au même moment des hélicoptères américains survoler l’endroit.

[4] https://www.ouest-france.fr/monde/guerre-en-ukraine/moscou-furieux-des-propos-de-volodymyr-zelensky-evoquant-des-frappes-preventives-de-l-otan-5d5df872-45b4-11ed-8c28-88bd89a03c81

[5] https://www.ladepeche.fr/2022/10/01/volodymyr-zelensky-aux-russes-vous-serez-tues-un-par-un-tant-que-poutine-sera-au-pouvoir-10706792.php

[6] https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/10/04/volodymyr-zelensky-n-a-pas-appele-a-tuer-un-par-un-les-russes_6144315_4355770.html#xtor=AL-32280270-%5Bdefault%5D-%5Bandroid%5D

[7] https://ingirumimusnocte2.blogspot.com/2022/10/guerre-en-ukraine-et-popularite-des.html

[8] https://russiepolitics.blogspot.com/2022/10/acte-de-resistance-ces-habitants-de.html

samedi 8 octobre 2022

Guerre en Ukraine et popularité des hommes politiques

  

Très souvent on a l’impression en lisant la presse occidentale que les occidentaux sont solidaires des entreprises guerrières de leurs dirigeants. En y regardant de plus près, on se rend compte que c’est tout à fait le contraire. Le figaro dans un article d’Antoine Crouzet, daté du 29 septembre 2022 révélait que la popularité de Poutine avait chuté de 6 points de pourcentage depuis qu’il en avait appelé à la mobilisation partielle pour poursuivre la guerre de libération en Ukraine. Cette popularité est ainsi tombée de 83% à 77% selon un sondage du Levada center. Et donc cette approbation met à mal l’idée selon laquelle cette mobilisation qui ne fait rire aucun Russe bien évidemment, serait massivement rejetée par la population, on est loin d’un rejet. De même les sanctions n’ont pas ébralé sérieusement soutien à Poutine. Il faut en tenir compte, à moins de décider que les Russes seraient totalement sous influence – contrairement aux Occidentaux – ou qu’ils seraient plus bêtes que les autres.

Mais cet article m’a incité à regarder ce qui se passe dans le camp du bien où aucun politicien n’arrive à 50% de satisfaction dans l’opinion. Le premier intéressé est Joe Biden, son taux d’approbation est de 42%, mais c’est sans doute le résultat de la stupidité pour ne pas dire plus des trumpistes qui ont lancé la bataille des élections du midterm sur la question du droit des femmes à l’avortement[1]. Emmanuel Macron, après avori insister pour faire passer sa réforme des retraites se retrouve au niveau qui était le sien en décembre 2018[2]. Olaf Scholz qui ne sait pas trop quoi faire pour enrayer l’effondrement de l’économie allemande pâtit de son indécision, d’un côté il traine les pieds pour financer la guerre en Ukraine, mais de l’autre il voudrait avoir le gaz russe seulement 25% des Allemands disent leur soutien, son désir de réarmer l’Allemagne ne va pas faire remonter sa cote[3]. Passons à Liz Truss, la folle du 10 Downing street qui disait ne pas avoir peur de déclencher l’apocalypse nucléaire sur la Russie, seulement 21% des Britanniques adhèrent à son discours, et elle est programmée pour dégager aux prochaines élections du parlement[4]. Un britannique sur deux pense qu’elle devrait démissionner[5]. La corrompue Ursula von der Leyen qui insulte tout le monde et veut entraîner l’ensemble de l’Europe dans la guerre contre la Russie n’obtient un satisfecit que de 15% des Européens[6] ! C’est bien maigre ! Il est difficile d’être plus impopulaire, elle cumule le fait d’avoir traficoter avec Pfizer avec sa soumission aveugle à la logique du Pentagone.

A l’inverse Viktor Orban obtient 57% de satisfaits, sans doute parce qu’il ne veut pas participer à l’hystérie européiste contre la Russie et se priver de gaz pour l’hiver prochain, mettant ainsi dans l’embarras la Commisison européenne[7].

La conclusion est que le camp du bien est bien mal armé pour entraîner derrière lui l’opinion publique, contrairement à la Russie. Les mensonges de l’OTAN sur Boutcha ou sur les sabotages des gazoducs ne peuvent pas arranger les affaires des va-t-en-guerre. Bien au contraire, et si on ajoute cela aux risques de ne plus pouvoir se chauffer cet hiver et à la hausse des prix, il va y avoir un rejet profond de l’opinion occidentale dans cette croisade d’un autre âge contre la Russie. Non l’opinion occidentale n’est pas derrière l’OTAN. En France 74% des Français considèrent que les sanctions économiques contre la Russie ne servent à rien[8] et sont même contre-productives puisqu’elles nous affaiblissent sur tous les plans, le plan militaire puisqu’on donne des armes qui vont nous manquer, sur le plan poltique puisque cela nous enchaîne à l’OTAN, et sur le plan économique puisque cela promet récession, inflation et chômage. 

 

La signature des traités d’adhésion – et non pas d’annexion comme on l’entend parfois – des régions séparatistes d’Ukraine va sûrement renforcer la popularité de Poutine car il s’agit là d’une première victoire, même si elle est encore fragile et demande à être consolidée, notamment à la suite de l’abandon de Krasni Liman. Les nouvelles offensives programmées dans les jours qui viennent vont probablement rehausser l’adhésion du peuple russe, d’autant que l’attentat terroriste visant à détruire le pont reliant la Crimée à la Russie a remonté complètement le peuple russe contre la canaille ukro-atlantiste et la mobilisation en sera facilitée.


[1] https://projects.fivethirtyeight.com/biden-approval-rating/

[2] https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/reforme-des-retraites-la-popularite-de-macron-a-son-plus-bas-depuis-un-an-exclusif_208692.html?fbclid=IwAR32bpbqofMHNj7yQ7RuBRz7zAkgMMCxlE6xV8lS6T5YBsZUE_RBYXSyq-4

[3] https://www.dw.com/en/most-germans-dissatisfied-chancellor-olaf-scholzs-government/a-62881613

[4] https://yougov.co.uk/topics/politics/explore/public_figure/Liz_Truss

[5] https://www.lematin.ch/story/un-britannique-sur-deux-estime-que-liz-truss-devrait-demissionner-302732870664?fbclid=IwAR1IZSml9SBzLhlTjbyKylnEWErbVxNBQNzUb-yd2RtnghVJhcxze8FpQbo

[6] https://today.yougov.com/topics/politics/explore/public_figure/Ursula_vo_der_Leyen

[7] https://www.pewresearch.org/fact-tank/2022/08/03/hungarians-differ-in-their-evaluations-of-democracy-under-orbans-leadership/

[8] https://www.bfmtv.com/international/sondage-bfmtv-7-francais-sur-10-approuvent-les-sanctions-contre-la-russie-mais-les-jugent-inefficaces_AN-202209070478.html

jeudi 6 octobre 2022

Annie Ernaux, prix Nobel de littérature 2022

  

Annie Ernaux est ici aux côtés de José Giovanni, son exacte antithèse 

Annie Ernaux coche toutes les cases de la bienpensance. Bourgeoise, bien insérée dans le système promotionnel du livre, quoi qu’ayant en apparence des origines populaires. Femme de peu de discernement politique, elle est aussi pétitionnaire à la chaîne, ce qui augmente son « capital » de femme engagée, si elle est pour les Gilets jaunes, elle est aussi pour la stigmatisation d’Israël, mais comme elle est de gauche, elle n’est pas antisémite, seulement antisioniste – mordez la nuance. Cette femme est également une défenseuse acharnée de l’horrible Houria Bouteldja, parangon de la lutte pour le voile quasi obligatoire pour toutes. Pêle-mêle, elle défend tout et n’importe quoi, les causes microscopiques comme les causes plus importantes. Ces prises de positions qui sont assez communes chez les intellectuels de gauche un peu fatigués, ne seraient pas un problème, si le comité Nobel ne les avait justement désignées comme une des raisons importantes pour lui remettre son prix ! Certes le style n’est pas tout en littérature, mais l’absence de style est un très gros handicap quand on veut être quelqu’un ou quelque chose dans ce domaine. Vous me direz qu’il est à la mode dans la littérature française d’aujourd’hui de revendiquer cette absence de savoir écrire. C’est le cas de Michel Houellebecq. Annie Ernaux parle de la neutralité de son style pour excuser probablement son manque de savoir-faire en la matière. Ceci dit les Prix Nobel qu’ils soient de littérature ou d’autre chose sont souvent très contestés, soit pour la médiocrité de leur choix, soit pour être en décalage avec son objectif, notamment quand on donne le prix Nobel de la Paix à Obama, soit pour des travaux dont les lauréats se sont appropriés les résultats. Également on peut être un parfait imbécile est recevoir le prix Nobel, c’est le cas de Jean Tirole par exemple qui reçut en son temps le prix Nobel d’économie. The swedish academy se ridiculise un peu plus en avançant qu’Ernaux a été distinguée pour son courage et son « acuité clinique » ! Un écrivain est un écrivain, et quand il écrit, généralement, il ne risque pas grand-chose, sauf s’il s’appelle Salman Rushdie, mais celui-ci n’est pas retenu dans la liste des nobélisables, justement à cause de la fatwa qu’il a sur la tête et qui lui a valu il y a quelques mois d’être la victime d’une tentative d’assassinat[1]. Ou encore pour le courage on aurait pu avancer le nom de Roberto Saviano qui depuis la publication de Gomorra en 2007 est sous protection policière, sa tête ayant été mise à prix par la Camorra. Les Suédois ne sont pas près à donner le Nobel à Salman Rushdie car ils ne veulent pas apparaître comme islamophobes, et encore moins à Roberto Saviano qu’ils considèrent comme un écrivain un peu vulgaire tout de même, trempant sa plume dans le sang. Ils préfèrent le donner à une femme âgée qui ne fera jamais de vagues ailleurs que dans une tribune du Monde. 

 

Revenons à l’essentiel, ce prix Nobel fait partie du très bon travail de lobbying de Gallimard, ce n’est pas Flammarion qui serait capable aujourd’hui d’en faire autant ! C’est en quinze ans la troisième fois que cette maison obtient le prix Nobel après Le Clézio et Modiano. Certes cette vénérable maison aurait pu pousser Kundera que tout le  monde croyait promis au prix prestigieux. Mais sans doute celui-ci avait un peu trop de style et de culture générale pour être reconnu. Tout ça pour dire qu’il n’y a rien à dire sur ce non-événement. Voir Sandrine Rousseau se gratuler avec ses semblables sur ce prix Nobel en dit long sur ce qu’Annie Ernaux représente ! Pour le reste les prix littéraires restent les prix littéraires, et plus ils sont prestigieux, plus ils demandent d’effort et de savoir-faire de la part des maisons d’édition pour les obtenir. Nous connaissons cette comédie depuis longtemps[2]. Elle fait partie du commerce et démontre que la vente de livres obéit aux mêmes problèmes de marketing que les autres marchandises. Ces prix en vérité ne s’adressent qu’à ceux qui lisent très peu. En effet si on est un gros lecteur, on sait qui est Annie Ernaux, mais si on ne lit très peu ou que des romans primés, les prix deviennent un argument important de choix.


[1] https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/08/18/la-tentative-d-assassinat-de-salman-rushdie-nous-rappelle-la-veritable-nature-de-l-ideologie-khomeyniste-transnationale_6138337_3232.html

[2] Sylvie Ducas, La littérature à quel(s) prix ?, La découverte 2013

lundi 3 octobre 2022

Un petit mot sur les élections en Italie et l’arrivée d’un fascisme supposé

 

A chaque élection c’est pareil. Voilà la gauche qui s’affole, « le fascisme arrive, attention, Hitler aussi est arrivé au pouvoir par les urnes ». Et ceux qui imaginent une rupture radicale avec l’ordre étatsunien et européiste du monde se congratulent. Tout ça c’est du cinéma. Les résultats des élections italiennes avaient été pleinement anticipés par les instituts de sondage. Ce n’était pas une surprise, sauf pour les ignorants. Selon les canons de la démocratie parlementaire représentative à l’italienne, Meloni a bien gagné les élections. Cependant, il y a eu d’abord une forte abstention, 36%, ce qui veut dire que les 44% de la coalition ne représente que 28% des électeurs inscrits. Ce premier point doit déjà nous faire douter de la légitimité de Meloni, son parti représente 26% des suffrages exprimés, soit un peu moins de 17% des électeurs inscrits. C’est un score à la Macron. Ce n’est donc ni un plébiscite, ni un vote d’enthousiasme pour le post-facsisme. C’est juste le résultat de la décomposition d’un système électoral en faillite. L’arrivée en tête d’un système électoral vicié jusqu’à la moelle est la suite logique de l’enfermement européiste dans lequel nous nous sommes mis. Ce sont en effet les pays en panne de souverainisme qui sont d’abord les premiers à voir les avancées de la pseudo extrême-droite. Mais le banquier Draghi qui la précédait dans le poste de premier ministre n’avait même pas été élu, il avait été nommé « par le système », ce qui ne l’empéchait pas de gouverner et de réformer dans le sens voulu par l’Union européenne et les banques d’affaire. Mais cela ne semblait choquer personne en France qu’un aparatchik des la haute finance dirige la troisième économie de l’Union européenne, aucun journal ne criait au viol de la démocratie. Certes Meloni est issue d’un vrai parti post-fasciste. Comme nous pourrions dire que Marine Le Pen est issue d’un parti anciennement pétainiste et raciste. Mais Meloni est-elle facsite ? La gauche hurle pour dire qu’elle est restée fasciste et qu’elle célèbre comme Mussolini autrefois les « valeurs » des fascistes, l’église, la famille et la propriété privée. Pour moi Meloni n’est pas fasciste, elle ne marche pas sur Rome, elle n’a pas à sa disposition des chemises noires, et surtout elle ne joue pas comme Mussolini savait le faire d’une sorte de programme social qui viendrait en aide aux plus pauvres. Au contraire, en Italie on l’appelle Meloni l’Américaine, comme Sarkozy. Son programme est ultra libéral, baisse d’impôts pour les riches et les entreprises. Elle ne veut pas sortir ni de l’euro, ni de l’Union européenne et encore moins de l’OTAN. En clair c’est une sorte de Renzi en plus vindicatif qui soigne son marché de niche en disant du mal des immigrés illégaux. On chercherait en vain quelque chose d’un peu social à se mettre sous la dent dans son programme. Du reste le fait qu’elle se soit alliée à Berlusconi, le comptable ultra libéral de la mafia, en dit long sur ce qu’elle représente.

 

Meloni coche toutes les cases de la pensée néo-libérale, elle a été recrutée par l’Aspen Institute, un think tank libéral américain, richement doté, destiné à promouvoir la bonne pensée américaine aux quatre coins de la planète. Son américanisme pourrait lui poser des problèmes à moyens termes, non pas parce que les Italiens sont antiaméricains, mais parce que ses recettes politiques sont à contretemps. Son inclinaison assez nouvelle vers une approche transatlantique – qu’on dit initiée par l’escroc Steve Bannon[1] – ne la range pas parmi les souverainistes, bien au contraire, elle marche avec une mondialisation ordonnée sous la houlette des conservateurs américains. De là à dire que son discours anti-immigration n’est qu’un cache-misère, il n’y a qu’un pas. Elle affirme un discours po-américain, anti-russe, anti-chinois, il est donc naturel que tout cela lui ait attiré en Italie les faveurs des milieux d’affaires[2]. Plus qu’une vraie fasciste, elle apparaît comme voulant la restauration d’un capitalisme sauvage et brutal sous domination américaine, jouant de l’exaspération naturelle des Italiens, elle est arrivée à ses fins. Mais ses orientations politiques risquent de rapidement se heurter à la réalité du terrain, ses recettes ne sont pas à la hauteur des enjeux. [Notez que l’Aspen Institute compte en son sein une autre femme, une américaine, Natalie Jaresko, qui avait été nommé par le soi-disant gouvernement ukrainien ministre de l’économie en 2014. On trouve donc au cœur même de l’Aspen Institute de bons petits soldats américains qui aident à la mise sous tutelle des pays européens. Cette Natalie Jaresko avait obtenu par décret la nationalité ukrainiennne, juste le jour précédent sa nomination au poste de ministre de l’économie. A ce poste elle a obtenu l’aide du FMI pour mettre en place une réforme radicale des dépenses publiques – autrement dit elle a procédé à une braderie des biens publics ukrainiens au profit des amis]. L’Aspen Institute qui a pignon sur rue à Kiev a maintenant ses entrées à Rome au service des grandes multinationales américaines]. Ce n’est pas être complotiste que de dénoncer un réseau international américain qui fourre son nez à peu près de partout pour diriger le monde. 

Les taux d’intérêt sur la dette italienne se sont envolés dès que les marchés ont pris connaissances des résultats italiens[3]. Les marchés à force de se faire peur avec n’importe quoi perdent la tête. On va donc voir réapparaitre rapidement la question de la dette et de l’austérité, et avec eux les programmes de privatisations de ce qui reste de biens publics. Ces mêmes taux d’intérêt explosent aussi au Royaume-Uni. Cette remontée des taux va détourner les investisseurs de la Bourse. Et rapidement cela va devenir intenable dans le contexte européen, d’autant que la très corrompue Ursula von der Leyen a averti qu’elle allait punir les Italiens s’ils avaient l’idée de mal voter, c’est-à-dire d’élire autre chose que le PD à la tête de la nation. Cette imbécilité serait presqu’une bonne raison de voter Meloni. L’Italie est un pays à cran, un candidat à la sortie de l’Union européenne, après tout, la sortie du Royaume Uni de cette usine à gaz ne s’en est pas mal sorti. Ainsi donc la question européenne va rapidement revenir sur le devant de la scène, surtout dans un contexte de récession généralisée qui va se développer à partir du dernier trimestre. La majorité qui vient d’être élue en Italie est très fragile. Elle pourrait très bien voler en éclat assez rapidement, soit pour la question de l’appartenance à la zone euro qui tue les Italiens, soit pour la question de la guerre en Ukraine quand les sanctions européennes vont se durcir et que le gaz et le pétrole vont venir à manquer. Non pas que Meloni veuille contester le système, mais plutôt que les circonstances l’y obligeront. Elle est russophobe, mais cela ne permettra pas de réchauffer les Italiens cet hiver. Encore que les Italiens viennent de signer un gros contrat gazier avec l’Algérie, ce que Macron n’a pas été capable de faire ni avant ni pendant, ni après son voyage dans ce pays[4]. 

L’Europe c’est la démocratie, l’Europe c’est la paix 

L’autre sujet de réflexion sont les commentaires idiots qui viennent de la gauche. Française ou italienne, elle fait comme si l’arrivée au pouvoir de Meloni était pire que celle de Renzi ou de Draghi. Et donc les belles âmes préféreraient voir Enrico Letta et le Partito Democratico à la place de Meloni. Mais c’est oublié que ce parti était au pouvoir en 2008 et qu’il pesait 33% des suffrages exprimés. Mais il a terriblement déçu, justement à cause de son européisme inconséquent, aujourd’hui  il est donné à 19%, en ayant ramené à lui des autres débris de la gauche dite de gouvernement, en tentant une OPA sur les classes moyennes inférieures qui sont de plus en plus laminées par l’orientation néolibérale de l’Union européenne. Les élections du 25 septembre 2022 en vérité condamnent une nouvelle fois ce néolibéralisme qui mène l’Italie et l’Europe dans le mur, l’avenir c’est le chômage de masse et la récession économique. Qu’on n’aime pas Meloni, cela se comprend. Qu’on pense qu’elle est pire que Letta, Prodi ou Renzi, c’est une aberration de l’esprit. Mais dauber sur le retour du fascisme en Italie permet de s’éviter de s’interroger sur la disparition de la gauche. Car si le premier parti est à Rome comme à Paris celui des abstentionnistes, le plus évident du résultat du vote du 25 septembre, outre l’émiettement des votes, c’est tout de même la disparition quasi-totale de la gauche. Que la droite s’appelle Meloni ou Berlusconi ou Letta, c’est du pareil au même seuls quelques détails changent, c’est ce qui la fait passer pour une alternance à la doxa de Bruxelles. Mais que la gauche disparaisse complètement cela signifie deux choses : qu’elle n’a plus d’idée à proposer, navigant à vue entre européisme et problèmes de société, et qu’elle ne saurait que faire de son pouvoir si celui-ci lui échoyait. Que Sandrine Rousseau soit devenue une figure de cette nouvelle gauche en dit long sur le divorce acté entre la gauche officielle et le peuple. 

 

Il est totalement paresseux de s’être livré pendant des années à une parodie de lutte antifasciste, ressassant des thèmes tellement éculés qu’on y voit à travers et que la lutte antifasciste n’intéresse plus personne, tellement c’est devenu un spectacle ambulant. Mais en Italie comme en France la gauche n’a rien à dire d’intéressant sur les problèmes qui préoccupent le peuple. La gauche ne dit rien de fort et d’entraînant, ni sur la crise écologique, ni sur la guerre en Ukraine, or les Italiens sont le peuple le moins russophobe de l’Europe, mais ceux qui prétendent le représenter restent à côté du sujet. Comme en France la comédie des élections n’arrive plus à masquer le manque de démocratie réelle en Italie. Allant de l’un à l’autre, les électeurs n’ont pas encore compris que s’ils veulent le pouvoir, c’est-à-dire que soient pris en compte leurs désires, il faudra qu’ils aillent le conquérir eux-mêmes et non qu’il laissassent ce travail à des représentants plus ou moins bien intentionnés. La panique des journaux français est destinée non pas à alerter les électeurs d’un danger imminent, mais à jouer la partition du vote, voter pour le moins pire serait ainsi une nécessité absolue. Mieux vaut Draghi que Meloni, mieux vaut Macron que Le Pen. En vérité cette attitude n'a jamais mené qu’à un immobilisme mortifère qui détourne les électeurs du chemin des urnes. On a vu en France que le fascisme était très bien représenté par Macron, interdiction de manifester, matraquage du cortège de la CGT un 1er mai, éborgnement des Gilets jaunes, et je passe sur l’affairisme honteux de cet emperruqué qui passe son temps à vendre ce qui reste de la France à la découpe. 

 

Les journaux italiens sont un peu plus modérés que les journaux français qui ont plongé dans l’hystérie, sans doute pour se faire pardonner d’avoir soutenu Macron aux dernières élections, et ils semblent avoir compris d’abord que cette jeune femme est seulement une conservatrice libérale, mais aussi que si son tour est venu – adesso tocca a lei – c’est bien parce que ses prédécesseurs ont failli d’une manière ou d’une autre à sortir l’Italie de l’ornière. Ils attendent donc les premières mesures qu’elle mettra en œuvre, sachant que les gouvernements ont ici une longévité assez faible. Salvini en a fait l’amère expérience lorsqu’il a provoqué la chute du gouvernement auquel il participait en pensant que cela conduirait à des élections qu’il se sentait capable de gagner, c’était sans compter sur le fourbe Mattarella, un sicilien démocrate chrétien à l’ancienne, un disciple de Giulio Andreotti si on veut. 


[1] https://www.lemonde.fr/international/article/2022/09/09/l-ex-conseiller-de-trump-steve-bannon-inculpe-de-fraude-financiere-a-new-york_6140834_3210.html

[2] https://www.politico.com/newsletters/global-insider/2022/09/26/giorgia-melonis-radical-transatlantic-playbook-00058787

[3] https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/apres-la-victoire-de-meloni-les-taux-sur-la-dette-italienne-s-envolent-934220.html

[4] https://www.lefigaro.fr/international/l-italie-l-emporte-dans-la-course-au-gaz-algerien-convoite-par-les-europeens-20220826

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