jeudi 23 novembre 2023

Et l’Ukraine me direz-vous ?

  

Des Ukrainiennes manifestent à Kiev contre le gouvernement 

La guerre en Ukraine est maintenant une vieille affaire qui n’intéresse plus guère les opinions publiques en Occident, bien trop occupées par la guerre entre le Hamas et Israël. Plus personne ne se risque à des envolées triomphalistes, comme Pierre Servent ou Michel Goya qui prédisaient l’effondrement de l’armée russe. Admirons la perspicacité des stratèges militaires des plateaux télévisés. L’échec de la contre-offensive ukrainienne était prévisible et se trouve maintenant acté, y compris par Zelensky, bien qu’il en soit encore à réclamer des F16 et des armes. Même le journal atlantiste Le monde nous le dit par la voix de l’agent américain Benoît Vitkine. On parle encore un peu des assauts des ukro-atlantistes sur la rive orientale du Dniepr, mais sans conviction, alors que tout le monde s’attend à ce que les Russes prennent rapidement Avdiïvka, malgré l’entêtement de Zelensky. Comme disait la porte-parole de Washington dans Le monde, Sylvie Kaufmann, tout converge pour que l’Ukraine s’enfonce encore un peu plus dans la défaite, notamment parce qu’avec le nouveau front ouvert entre Israël et le Hamas les Etats-Unis ont gelé leur aide militaire à l’Ukraine… ce qui ne l’empêche pas de réclamer à cor et à cris une plus grande implication de l’Union européenne dans la guerre en intégrant directement l’Ukraine dans son giron[1]. Les Ukrainiens manquent maintenant de chair à canon pour continuer à tenir le front. Et ce n’est pas près de s’arranger. Non seulement il y a eu déjà beaucoup de morts on parle de 400 000 à 500 000 pour les Ukrainiens, mais initialement la population est plus faible que la population russe, alors que la Russie aurait, à l’inverse, recruté encore 350 000 soldats supplémentaires. ce n'est pas une conscription, mais une armée de contractuels. 

À Kiev, des épouses de soldats réclament leur démobilisation après dix-huit mois de guerre

Si le lâchage de l’Ukraine par les Etats-Unis est maintenant manifeste – cela fait un moment d’ailleurs qu’au Pentagone on souligne l’impasse dans laquelle se trouve l’OTAN face à la Russie – ce qui se développe maintenant sur le front intérieur, c’est une critique des Ukrainiens eux-mêmes qui ne croient plus à ce que raconte leur gouvernement. Ces derniers jours on a vu des femmes manifester pour deux raisons : d’abord parce qu’une partie des soldats engagés sont sur le front depuis plus de dix-huit mois, tandis que certains privilégiés qui ont tout à fait l’âge de combattre s’ils ne se trouvent pas à l’étranger se gobergent à Kiev. Ensuite ces femmes manifestent aussi contre la corruption. Le corrompu Zelensky a été obligé de donner des gages et faire semblant qu’il luttait contre la corruption, ce qui lui a permis de se débarrasser de certains opposants. Le monde est devenu sceptique sur la victoire possible de l’Ukraine, et du coup se met à rendre compte de la démoralisation des Ukrainiens, enfin, de ceux qui sont restés ! « Nous voulons une limite dans le temps, car il y a aujourd’hui ce sentiment que tu peux entrer dans l’armée pour ne jamais en sortir », explique Anastasiia Troshyna, 23 ans, dont le mari, Oleg, combat dans le Donbass, dans l’est du pays, dans la région de Donetsk. « Ils sont fatigués, démotivés, ils veulent du repos », insiste la jeune femme en évoquant son mari et les soldats de son unité[2]. Que Le monde rapporte ces propos, en dit long sur le moral des troupes. Et bien sûr quand les femmes ne soutiennent plus l’effort de guerre et que les hommes sont démoralisés, l’affaire est entendue. Le front est gelé nous dit Le monde, c’est juste au sens propre et au sens figuré. 

Des secouristes travaillent près de voitures calcinées après une frappe d’artillerie russe meurtrière à Kherson, en Ukraine, dans cette image tirée d’une vidéo diffusée le 20 novembre 2023 

Le 23 novembre 2023, on signalait des heurts à la frontière polono- ukrainienne, des camionneurs ukrainiens ayant tenté de passer en force tandis que les Polonais jugent leur concurrence déloyale. Des heurts sont fréquents, et on en est à deux morts du côté des camionneurs ukrainiens ! ces incidents en disent longs sur les possibilités d’adhésion sur le long terme de l’Ukraine à l’Union européenne. Le moral des Ukrainiens est au plus bas. Des sondages montrent qu’avant la contre-offensive 30% des Ukrainiens connaissaient quelqu’un mort au front ce pourcentage est maintenant évalué à 60% ! Les dirigeants ukrainiens sont d’ailleurs en train de se déchirer. Un haut responsable ukranien chargé de la cybersécurité a été limogé car soupçonné d’avoir détourné plus de 1,5 million d’euros. Le gouvernement ukrainien a annoncé le limogeage de Iouri Chtchygol, qui dirigeait depuis trois ans le Service d’État des communications spéciales chargé notamment de la cyberprotection des structures gouvernementales, soupçonné d’avoir détourné plus de 1,5 million d’euros lors d’achat de logiciels à des prix gonflés. Son adjoint a également été écarté. La guerre est comme toujours une bonne affaire pour ceux qui sont aux manettes, et il est facile comme le fait le clan Zelensky de prétexter de la corruption pour virer ceux qui lui font du tort. Selon Le monde diplomatique plus de files d’attente devant les bureaux d’enrôlement pour le front. C’est un signe vraiment inquiétant qui montre que les Ukrainiens sont comme les autres, ils ne veulent pas se faire trouer la peau pour un objectif qui échappe à leur conscience. 

Gennadiy Chastiakov 

On sait que depuis un bon moment Zaluzny est ouvertement critique envers le désastre des choix inconséquents de Zelensky. Il a été le premier Ukrainien de haut niveau à acter l’échec de la contre-offensive de l’armée ukrainienne, avançant que son armée manquait à la fois d’hommes et de matériel. Il sera difficile de dire qu’il est un défaitiste ou un traitre à sa patrie, en effet non seulement il a participé à la guerre contre les séparatistes du Donbass, mais il a été aussi l’artisan d’une réforme de l’armée ukrainienne pour la rendre compatible aux normes de l’OTAN, c’est-à-dire avec les desseins des Etats-Unis. On ne peut pas dire que cette refondation qui abandonnait les méthodes russes soit un succès. Une guerre des clans est en route très certainement pour préparer l’après-Zelensky. Le 6 novembre dernier un proche de Zaluzny, Gennadiy Chastiakov a été assassiné, le jour de son 39ème anniversaire : une grenade lui avait été glissée dans son gâteau d’anniversaire[3]. On doute que ce soient les Russes qui aient monté ce mauvais coup. On parle aussi beaucoup de soldats ukrainiens qui se révoltent, allant jusqu’à tuer leurs chefs. On n’a guère de donner précise sur ce point, ni sur le fait que des régiments seraient organisés pour empêcher la retraite de ceux qui refusent ce combat inutile. 

 

Les Ukrainiens ont réclamé des sanctions économiques renforcées contre la Russie. On sait qu’elles ne marchent guère, seul Bruno Le Maire fait semblent d’y croire. Mais on a appris par le Financial Times que les sanctions contournées pour les Etats-Unis qui achète toujours du combustible nucléaire aux Russes[4]. Autrement dit les sanctions ce sont d’abord les Européens qui en subissent les conséquences. Thierry Breton qui est tout aussi stupide que Bruno Le Maire, avait décidé que l’Europe se passerait des lanceurs russes, on a appris que le surcoût de cette fantaisie coûtera 180 millions d’euros supplémentaires aux contribuables européens, on passera dorénavant par Space X, la firme d’Elon Musk. On aurait tort de croire que Thiery Breton ne fait tout cela que par bêtise, en vérité il est un agent des Américains et s’applique avec obstination à affaiblir l’Union européenne sur le plan économique, mais aussi à la vassaliser. En effet seuls les imbéciles ne contournent pas les sanctions, et c’est ce que font des dirigeants comme Macron, Scholz ou von der Leyen. Les Etats-Unis gèrent cette guerre au plus près de leurs intérêts égoïstes et se sont saisis de cette opportunité pour avancer leurs pions et affaiblir les pays européens pour mieux les vassaliser et reconstituer un glacis face à la Chine et la Russie en pleine expansion. Notez qu’ils ne peuvent réaliser cela qu’avec des traitres de comédie dont nous avons donné quelques noms ci-dessus. 

 

Sur le front militaire proprement dit, qui n’est pas figé contrairement à ce que disent les médias dominants, la bataille se passe à Avdiivka. C’est la ville que les Russes sont en train d’encercler. Au mois d’octobre dernier, les propagandistes d’Euronews, la chaîne subventionnée de l’Union européenne, anticipaient un échec militaire russe, recopiant les dépêches de l’armée ukrainienne sur le nombre de morts russes, et sur leurs pertes en matériel[5]. Cette ville maintenant totalement dévastée a une importance capitale pour consolider les positions russes dans le Donbass et éventuellement ouvrir de nouvelles perspectives aux russes pour pousser l’armée ukrainienne dans ses derniers retranchements, puis la détruire. Zelensky a beau dire que les nouvelles du front sont bonnes, la ville est maintenant presque totalement cernée, c’est plus qu’une question de jours avant qu’elle ne tombe. La perte de cette ville qui est plus qu’un symbole serait vraisemblablement une défaite pour Zelensky et les siens. Est-ce pour cela qu’on recommence à parler de négociations ? Le président de la République Tchèque Pavel en a avancé l’idée. C’est un ancien général de l’OTAN tout de même, peu suspect de sentiments pro-russes. Mais les Russes ne semblent plus près à s’asseoir à une table de négociation tant que l’armée ukrainienne ne sera pas détruite. Ils savent bien que les fourbes occidentaux profiteraient d’une trêve de très longue durée pour reconstruire une quatrième ou cinquième armée ukrainienne, encore que si les Occidentaux peuvent sur le long terme peut-être fournir de l’armement, et encore en quelle quantité, on ne voit pas très bien où ils prendraient les hommes pour repartir attaquer la Russie. Des négociations il y en a cependant entre les Russes et les Ukrainiens, soit pour l’échange de prisonniers, soit pour le rapatriement d’enfants ukrainiens. Ce qui veut dire que ces contacts pourraient éventuellement être utilisés plus tard. Le 22 novembre 2023, Poutine annonçait qu’il n’était pas fermé à des négociations, soulignant que c’était Zelensky lui-même qui avait produit et signé un décret interdisant les négociations avec la Russie le 4 octobre 2022, avançant qu’il n’y avait qu’un seul chemin, la victoire jusqu’à la récupération de la Crimée ! 

Soldats ukrainiens sur le Dniepr le 14 octobre 2023 

Pour le reste on fait beaucoup de communication pour croire que les ukro-atlantistes sont encore à l’initiative. Alors que le Congrès a vu les Etats-Unis geler les aides militaires pour cause de déficit excessif, l’ineffable Lloyd Austin, secrétaire à la défense est venu dire à Zelensky, le 20 novembre, que son pays allait alimenter la guerre avec 100 millions de dollars de plus de munitions. Qu’en feront-ils ? Également on met en scène dans Le monde les tentatives de débarquement des Ukrainiens sur la rive orientale du Dniepr. Ça fait à peu près deux mois que ce genre de fantaisie dure, sans résultat concret, malgré les mensonges de Zelensky qui nous jure avoir construit des têtes de ponts. Mais comme les troupes ne sont pas assez nombreuses pour tenir les positions, l’inénarrable Cédric Pietralunga, nous explique que ces militaires cartographient les terrains occupés par les Russes pour savoir où se trouvent les champs de mines, et pour ensuite ouvrir un nouveau front. Avec quels soldats le feront-ils[6] ? Même Cédric Pietralunga, autre agent de Washington qui se prend pour un journaliste et qui avale les couleuvres les plus énormes du gouvernement ukrainien n’y croit plus beaucoup, et s’il fait encore la réclame pour le gouvernement kiévien plus par habitude que par conviction, rien que le titre de son article, Guerre en Ukraine : Kiev tente d’ouvrir un nouveau front le long du Dniepr, prouve son désarroi, puisque l’article sous-entend tout de même qu’ils ne sont pas près d’y arriver ni aujourd’hui, ni demain. 

Mais Zelensky qui se trouve dans une situation des plus délicates, a avancé un nouvel argument. Après celui du manque d’aide, du manque d’armes, voici l’excuse du mauvais temps. Comme si le temps n’était pas le même pour les Russes et les Ukrainiens. S’il est vrai que le mauvais temps est un handicap pour la partie qui attaque, plus que pour celle qui défend, les Russes cependant restent bien à la manœuvre dans le secteur d’Avdiivka[7]. Il a essayé de remettre le conflit avec la Russie sur le devant de la scène afin de le relier au conflit d’Israël avec le Hamas. Mais cette idée à fait un flop diplomatique, si ce n’est qu’elle a renforcé la détermination des pays musulmans à soutenir encore un peu plus la Russie. Le 21 novembre les Américains s’inquiétaient officiellement du fait que l’Iran pouvait fournir des missiles à longue portée à la Russie, cela ne sembla pas très vraisemblable, les Russes ayant sans doute ce qu’il faut, mais cela renforce l’idée que la Russie est le fer de lance du Sud global contre l’hégémon étatsunien. 

 

Depuis quelques jours on entend une nouvelle chanson. On tente de rapprocher le conflit entre la Russie et l’Ukraine de la guerre entre le Hamas et Israël. C’est une grave erreur. L’opportunisme américain qui est toujours à la manœuvre tente de faire en sorte qu’Israël qui s’est toujours tenu à l’écart du conflit en Ukraine, rejoigne le camp occidental dans la guerre. Certains pro-russe veulent voir dans la guerre d’Israël contre le Hamas une simple extension des conflits que l’Amérique mène de par le monde. En vérité le point commun entre ces deux conflits est qu’ils opposent un camp fort militairement – Israël et la Russie d’un côté – à un camp faible – l’Ukraine et le Hamas – qui sont agités par des sponsors relativement riches – les Etats-Unis pour l’Ukraine, et l’Iran et la Qatar pour le Hamas. Les parties faibles menant comme compensation des actions terroristes. Mais ces deux conflits n’ont aucune base commune, ni une histoire semblable. Les Etats-Unis visent une avancée à l’Est et la destruction, le démantèlement de la Russie, comme le monde musulman vise dans son ensemble l’éradication de l’État d’Israël. En mettant en avant les horreurs de la guerre à Gaza avec des photos, des immeubles détruits, des morts, comme on a mis en avant les conséquences des bombardements sur Boutcha, on en appelle d’abord à l’émotion pour éviter de discuter du fond. Si dans la guerre en Ukraine, il est facile de voir derrière les visées des Etats-Unis, en Israël on peut aussi y voir l’avancée de la nébuleuse des États musulmans qui veulent récupérer ce qu’ils considèrent comme des territoires perdus. Cependant la guerre d’Israël contre le Hamas a des répercussions inattendues. D’abord on comprend bien que les Etats-Unis ne pourront plus soutenir longtemps les deux fronts, et encore moins en ouvrir un troisième contre la Chine. Ensuite les Israéliens bien trop occupés à consolider la sécurité chez eux ne vont pas s’engager du côté de l’Ukraine, ils n’en ont pas les moyens. Cette affaire embarrasse aussi la Russie qui ne veut pas être agglomérée à un monde musulman en expansion. Autrement dit, nous voyons dans la reconfiguration du monde trois blocs : le bloc occidental très instable et travaillé par des difficultés économiques continues, le bloc sino-russe, en expansion sur le plan technique, militaire et économique et le bloc musulman, peut-être moins bien structuré, mais en expansion rapide sur le plan démographique. On en reparlera. La seule chose qui est certaine c’est que ces deux conflits pourtant de différente nature sont la conséquence de la perte de puissance des Etats-Unis et la fin de la mondialisation qu’ils ont menée depuis ces quarante années. Également, on constate que dans les deux cas l’ONU ne sert pas à grand-chose, sauf peut-être à permettre des négociations de couloir entre les belligérants, ce qui n'est pas rien, mais trop de gens croient que l’ONU est un gouvernement mondial avec la CPI comme tribunal. C’est une erreur, l’ONU est juste un club des dirigeants du monde entier dont l’apparence est dans des déclarations sans conséquence autre que de dire ce qui serait bien. 

Contrairement à ce que disent les gauchistes, les médias en France ne sont pas pour Israël. Les médias français mettent plus l’accent sur les destructions dans Gaza et reprennent volontiers les chiffres du Hamas, plutôt que sur le énième conflit israélo-palestinien et sur les pogroms du 7 octobre qui en sont l’origine. Par hasard le 21 novembre 2023 je regardais la matinale de LCI, la chaîne ukro-atlantiste. Trois informations portaient sur ce conflit : d’abord on passait en boucle un film de propagande du Hezbollah avec des enfants palestiniens censés être sous les bombes, les larmes dans les yeux et toujours les mêmes maisons de Gaza détruites, puis les ripostes du Hezbollah à partir du Liban. Ensuite LCI montrait un long reportage sur Israël, les Israéliens qui manifestent pour la libération des otages, et également quelques députés de droite de la Knesset qui veulent établir la peine de mort. Puis on passait au Hamas qui disait faire un effort pour libérer des otages, 1 Israélien pour 3 prisonniers palestiniens, et un couloir humanitaire pour livrer des médicaments, des produits alimentaires ou encore de l’essence. Le but était de montrer la bonne volonté du Hamas par Qatar interposé ! Puis on passait à Coquerel qui bêtement reprenait les termes de nettoyages ethniques à propos de Gaza, soulignant aussi et contre toute évidence aujourd’hui que l’antisémitisme est « plus » d’extrême-droite que d’extrême- gauche – ce qui sous-entend que si l’extrême gauche est moins antisémite que l’extrême-droite, il n’y a pas lieu de la blâmer, et au contraire on devrait la féliciter pour sa retenue en la matière ! Tout cela tendait à montrer qu’Israël a beaucoup de torts dans cette affaire. Le monde n’est pas en reste, journal historiquement propalestinien, il ne met en scène que les dégâts causés par la riposte de Tsahal aux pogroms du Hamas sur son territoire, à coup d’images choc et d’articles discutant de la responsabilité de Benjamin Netanyahu, comme si cela pouvait excuser le fait d’assassiner des femmes et des enfants et de prendre des otages. Dans l’imbécilité la FI n’est jamais en reste. A la FI on avance sur une de ses chaînes YouTube satellites qu’Israël a pris le prétexte des exactions du Hamas pour reconquérir Gaza et ensuite mettre la main sur le gaz situé dans ses eaux territoriales. C’est un délire total et honteux. La Croix qui est un journal catholique qui cultive un antisémitisme rampant, mais de gauche et un peu macronien, se livrait à une comptabilité scabreuse pour tenter de démontrer que puisque les Gazaouis avaient plus de morts et de blessés que les Israéliens, ceux-ci étaient forcément plus coupables que le Hamas ! Évidemment ils reprenaient sans recul les chiffres donnés par le service de presse du Hamas. La question de savoir si Israël avait d’autre choix que d’investir Gaza, c’est une autre question, je ne m’avancerais pas sur cette voie, c’est un peu comme quand on disait que Poutine aurait pu faire autrement que d’envahir l’Ukraine. C’est peut-être vrai, encore que je ne voie pas quoi, mais les Etats-Unis aussi auraient pu faire autrement, notamment en respectant les promesses qui avaient été faites à Gorbatchev de ne pas procéder à l’extension de l’OTAN toujours plus à l’Est. 

D’après le journal La Croix du 13 novembre 2023, étrange comptabilité


[1] https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/11/15/une-tempete-parfaite-se-profile-sur-la-guerre-en-ukraine-ou-que-l-on-regarde-les-tendances-negatives-convergent_6200183_3232.html

[2] https://www.lemonde.fr/international/article/2023/11/13/a-kiev-des-epouses-de-soldats-reclament-leur-demobilisation-apres-dix-huit-mois-de-guerre_6199875_3210.html

[5] https://fr.euronews.com/video/2023/10/20/bataille-dadviivka-vers-un-echec-russe

[6] https://www.lemonde.fr/international/article/2023/11/21/guerre-en-ukraine-kiev-tente-d-ouvrir-un-nouveau-front-le-long-du-dniepr_6201419_3210.html

[7] https://t.me/V_Zelenskiy_official/8681

samedi 18 novembre 2023

Christian Astolfi, De notre monde emporté, le bruit du monde, 2022

  

En voilà un qu’on peut saluer parce que malgré toutes les réserves qu’il est capable de formuler sur les partis de gauche et sur les syndicats, il n’a pas renié ses origines de classe. Astolfi est l’exemple même de la vitalité de la littérature prolétarienne d’aujourd’hui. Certes elle est moins offensive qu’elle pouvait l’être dans les années de l’entre-deux-guerres, moins combattive, mais elle n’en existe pas moins. Astolfi est lui-même d’origine prolétaire et a connu le travail de l’ouvrier à l’Arsenal maritime. Après avoir quitté ce travail, il s’est orienté vers l’éducation nationale où il a fait une carrière comme on dit. Néanmoins son ouvrage n’est pas un témoignage, mais une œuvre de fiction. C’est ici qu’on voit l’importance de la littérature, en ce sens qu’en se départissant d’une neutralité documentaire, elle arrive à toucher sans doute encore plus juste. Ce roman est celui de la trajectoire d’un ouvrier des Chantiers de la Ciotat surnommé Narval. Ouvrier qualifié de père en fils, il est de tous les combats, pensant qu’on peut changer le monde. Il fera donc Mai 68 avec enthousiasme, puis se réjouira de l’élection de François Mitterrand, suivront les déceptions du tournant de la rigueur de 1983 qui sera aussi pour la France le début de sa désindustrialisation accélérée et donc de la disparition des Chantiers navals. Cet effondrement est décidé contre les ouvriers, depuis Bruxelles, et le gouvernement dit « de gauche » va se plier à ses injonctions. La fin de cette activité a d’abord une incidence sur la vie intime du héros : sa femme le quitte, il tente de se recaser comme les autres ouvriers de cette activité, puis viendra le temps où on s’apercevra que tous ceux qui ont travaillé dans ce secteur sont infectés par l’amiante. Des camarades s’en vont les uns après les autres, il faut se battre pour que la justice reconnaisse la culpabilité des donneurs d’ordre dans cette mort programmée au nom du profit et de la rentabilité.

 

La trajectoire de l’effondrement de l’industrie lourde française est la même que celle du héros dans sa vie intime. C’est la fin d’un monde. Le premier niveau de lecture de ce roman est bien entendu que le changement social et économique est imposé sans concertation à des ouvriers qui n’y sont pas préparés. On leur donne une prime pour s’en débarrasser et qu’ils fassent le moins de vagues possibles. Entre 1975 et 2009, c’est plus de 2,5 millions d’emplois industriels qui ont disparu, et principalement dans l’industrie lourde. Ce qui change radicalement la physionomie d’un pays. Les responsables de ce désastre se trouvent directement à Bruxelles où on a décidé un jour que l’industrie lourde française devait disparaitre – avec Macron et la vente d’Alstom c’est enfin terminé – et que la France devait vivre de la domesticité en se livrant aux joies de la fréquentation des touristes. Le nom de Davignon, l’artisan de ce désastre est clairement cité par Astolfi[1]. C’est réussi, la côte qui allait de la Ciotat à Toulon était une zone rouge, très ouvrière, les maires étaient communistes. Aujourd’hui les maires sont souvent d’extrême droite, les prix des loyers ont explosé et l’activité principale c’est bien le tourisme. Mais avant que les Chantiers navals de la Ciotat ne soient coulés par une volonté politique étroite et bornée – gauche comme droite d’ailleurs – c’était la fierté des ouvriers que de bosser dans cette entreprise où le travail collectif comptait sans doute plus que le travail individuel. Évidemment c’était des histoires de camaraderie et de solidarité où les syndicats – plutôt la CGT – étaient puissants. En même temps que les Chantiers navals disparaissent, c’est tout un monde qui s’effondre, sur le plan social, politique voire culturel. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre le parallèle qui est fait entre la crise des Chantiers et la dissolution du couple du narrateur. La fermeture des Chantiers navals fut une erreur stratégique, essentiellement pour deux raisons, la première était que les Chantiers navals avaient un multiplicateur d’emplois très élevé, un emploi créé ou maintenu aux Chantiers, c’était 7, 8 ou peut-être 9 emplois en amont et en aval de la filière, globalement les subventions étaient rentables en termes d’emplois et d’activité industrielle. Ensuite ce fut une erreur stratégique, les Coréens récupérèrent les chantiers en engrangèrent beaucoup d’argent, mais en outre c’était une activité qui assurait l’indépendance de la France vis-à-vis des autres pays industriels. 

 

Les dégâts causés par l’amiante, reconnu maintenant, dévoilent beaucoup. D’abord sur le plan intime ce sont des camarades qui s’en vont. Mais ensuite en ce qui concerne le travail en lui-même. Ce travail dont les ouvriers étaient si fiers, au fond ils ne comprenaient pas ce qu’il était. C’est encore vrai aujourd’hui. Beaucoup de gens voient la nécessité de réindustrialiser le pays, la raison principale et que notre désindustrialisation nous a rendu dépendant des autres pays industriels. Mais en vérité ce travail est le plus souvent mauvais : il pollue, il dégrade la santé et produit très souvent les objets inutiles au nom du progrès. Astolfi ne s’attarde pas sur les luttes perdues, dans la seconde partie de son ouvrage il met l’accent sur les conséquences du travail. C’est une interrogation bienvenue justement au moment où on se demande qu’est-ce que devrait être un travail normal dans un monde harmonieux. Venant d’une famille communiste, Astolfi s’est orienté vers le courant libertaire, à la fois critique du travail, mais aussi du vote et des syndicats comme des sortes d’écran qui nous empêchent de voir qu’il est possible de se réapproprier la maitrise de nos vies. Astolfi citera volontiers Le droit à la paresse, cet ouvrage écrit par le gendre de Marx, Paul Lafargue en 1880. Filoche dira que finalement en 2002 il a voté pour Jean-Marie Le Pen, il y a donc une relation très forte entre désindustrialisation et effondrement de la gauche qui, pour s’en remettre s’est tourné bêtement vers les problèmes de droits de ceci et de droit de cela, ce juridisme était oubliant au passage la mission de lutter contre le capitalisme. C’est dans cet espace abandonné par la gauche institutionnelle, la gauche des partis, que s’engouffre finalement le Front national qui deviendra le Rassemblement national. À côté de la justice, des politiciens de tout bord et de la canaille de Bruxelles, bien entendu il y avait comme aujourd’hui la police – ici les CRS – qui donnaient de la matraque pour soutenir le bloc bourgeois.

 

Astolfi – ou son double le héros de son livre – s’est éloigné du parti communiste aussi bien pour des raisons tactiques, la participation au gouvernement de Pierre Mauroy, puis ensuite son soutien critique, que pour des raisons plus philosophiques, ce renoncement à mettre le travail au centre d’un projet politique qui ne change rien dans le fond. La reconversion de François Lorenzi dans l’ouvrage est une esquisse d’une nouvelle approche du travail, comme un retour vers l’artisanat après qu’il ait travaillé de longues années dans cette lourde machine à fabriquer les bateaux et qui repose sur la division du travail, avec en haut évidemment le travail dit intellectuel. 

 

Ce roman a été un succès public justifié, preuve que non seulement le sujet intéresse, mais aussi que l’écriture simple et directe touche le lecteur. Astolfi décrit très bien le travail de l’ouvrier, ses outils, ses difficultés, les rythmes qu’ils donnent à sa vie. 

Chaque matin à la prise du travail, je le regarde arriver, poussant sur le quai son chariot à bras. Deux immenses bouteilles de gaz armées de détendeurs dressées au-dessus de sa tête comme des tours, et lovés autour de son torse, deux tuyaux flexibles, le rouge pour l’acétylène, le bleu pour l’oxygène, tels les boyaux d’un coureur de la grande boucle des années cinquante. Il gare son matériel devant l’atelier. Il me fait signe. On entre prendre un jus tenu au chaud dans une Thermos et griller une cigarette, avant de franchir la coupée. 

Rapidement la mobilisation s’effiloche et la lutte tourne en rond, comme sans but et sans perspective autre que de protester d’une manière impuissante, face à ce monde qui s’effondre et qui emporte leurs vies. À l’évidence les syndicats ont été incapables de tracer des perspectives innovantes comme par exemple avaient pu le faire les ouvriers de Lip pendant un petit moment. 

Cela faisait deux mois que nous occupions le site, cette zone à défendre dont tout le monde se fichait. Chaque matin nous passions la porte des Chantiers pour tenir les murs. Les quais étaient notre chemin de ronde, la grande forme notre bout du monde où pleurer notre paradis perdu. Nos seuls compagnons étaient le soleil et le vent. La direction, elle, avait décampé depuis un bout de temps. Elle nous avait laissé notre dernier ennemi : nous-mêmes. 

Astolfi insistera sur le fait que le bloc bourgeois représenté par les politiciens, les juges et les médecins du travail feront front pour minimiser les problèmes des prolos exposés à l’amiante pendant de longues années. Ce sera une nouvelle humiliation, même si au bout du compte la justice finira par reconnaitre les préjudices subis.

Les Chantiers naval de la Ciotat aujourd’hui 

Les Chantiers navals de la Ciotat occupaient des milliers d’ouvriers, et de nombreuses entreprises travaillaient en sous-traitance pour eux on y fabriquait des pétroliers, des méthaniers. Aujourd’hui il ne reste plus qu’une activité d’entretien de yachts de luxe, le site tourne au profit des riches, et la ville elle-même est devenu un repère de bobos friqués. Ce n’est même pas la fabrication des yachts qui les concerne, mais la simple maintenance.


[1] Etienne Davignon de nationalité belge agissait contre l’industrie française en tant que vice-président de la Commission européenne, mais il était par ailleurs un homme d’affaires impliqué dans de nombreuses combines louches. Président du comité de direction du groupe Bildelberg et aussi membre de la Trilatérale, il avait ses entrées surtout au niveau du capitalisme financier.

dimanche 12 novembre 2023

Succès de la manifestation contre l'antisémitisme : explosion imminente de la France Insoumise

  

David Guiraud à Tunis le 10 novembre 2023 

La France Insoumise est malheureusement le parti de gauche qui a le plus de députés à l’Assemblée nationale. Jean-Luc Mélenchon n’est plus là pour amuser le tapis, certes il sévit toujours dans les médias, et il y a une cohorte d’idiots et de semi-idiots qui ont pris le relais. Ces députés ont pris par habitude de se faire remarquer par des outrances de moins en moins bien maîtrisées. On avait les stupidités d’Obono, puis celles de Louis Boyard qui ne peuvent pas être pourtant mises sur le compte de la jeunesse. Mais le mal s’étend à la FI. Voilà un autre sinistre individu qui s’appelle David Guiraud. On ne sait par quel biais ces gens-là sont recrutés. Un des sujets de prédilection des Insoumis est en permanence de mettre de l’huile sur le feu notamment en défendant les pires positions qui soient sur la question palestinienne. Cet apprenti antisémite s’est fait remarquer lors d’un voyage en Tunisie. Refusant de condamner les crimes du Hamas du 7 octobre 2023, il s’est laissé aller à un délire verbal qui aurait pu être écrit par Dieudonné ou Jérôme Bourbon, histrion néo-nazi et pétainiste, qui officie sur Radio Courtoisie et qui est venu au secours de Jean Luc-Mélenchon pour défendre ses positions antisémites. Non seulement ce crétin de Guiraud a attribué les massacres de Sabra et Chatila au Liban en 1982 à Israël, mais il a dit également : « Le bébé dans le four, ça a été fait par Israël, la maman éventrée, ça a été fait par Israël ! »[1]. Ce langage négationniste qui rappelle les bonnes vieilles blagues de Jean-Marie Le Pen sur le détail de l’histoire et les fours crématoires, blagues stupides pour lesquelles il a été condamné, doit aussi être rapproché de cet imbécile de Guillaume Meurice qui dissertait comme au beau temps de l’Occupation sur le prépuce de Netanyahu. Lui aussi avancera qu’on l’a bien mal compris, qu’il s’était mal exprimé, que c’était pour rire. Mais quand on rapproche Guiraud et Meurice, ça commence à faire système. Ces dérives répugnantes entretiennent un antisémitisme grandissant à gauche et à l’extrême-gauche, et encouragent bien évidemment les musulmans des quartiers pauvres à s’en prendre aux Juifs de France. Mais que les Juifs en France ne se sentent plus en sécurité n’est manifestement pas le problème de Mathilde Panot ou de Manuel Bompard. C’est une minorité qui ne vote pas pour eux ! 

Mathilde Panot défilant pour Gaza 

Au moment où justement Marine Le Pen s’éloigne clairement de l’antisémitisme bien réel de son père, Mathilde Panot a pris le relais, prenant le mauvais prétexte d’une participation du Rassemblement National à la manifestation contre l’antisémitisme qui refleurit joyeusement en France, prévue le 12 novembre 2023, pour décider de ne pas y aller. Ça la gênait moins que Mélenchon défile derrière les Frères Musulmans un 10 novembre 2019, manifestation où on pouvait entendre « mort aux Juifs ». Elle préférait participer à une manifestation du 11 novembre pour le cessez-le-feu à Gaza. Elle aurait été plus crédible si elle avait été aussi le 8 ou le 9 octobre défiler contre les crimes du Hamas et pour la libération des otages. Elle prétendait ne pas vouloir entretenir la confusion. En vérité son message était très clair : on défend un cessez-le-feu pour protéger le Hamas et éventuellement les Palestiniens, et on dénonce du même coup les Juifs de France qui sont censés être des soutiens du gouvernement de Netanyahu. Autrement dit, ce qu’elle fait c’est tout simplement exporter le conflit israélo-palestinien sur le territoire national. Mais évidemment comme elle ne peut pas dire qu’elle approuve les actes antisémites, elle prétendait aller avec sa troupe se rendre devant le Vél d’hiv, où elle s’est faite copieusement conspuer. Cette posture compliquée ne rend pas la position de la FI très facile. Les manifestations contre l’antisémitisme qui prétendaient rassemblaient tous les partis français et les Français eux-mêmes ont été très suivies, on n'avait pas besoin d'être un soutien de Netanyahu pour aller. Elles isolent d’autant plus ceux qui à la FI prônent une ligne d’islamisation à outrance de la gauche, les Panot, les Manuel Bompard, les Mélenchon et quelques autres qui ont tenté par leur attitude de dissuader les Français de gauche de faire de ces manifestations un succès. Contrairement à ce qu'on croit cette ligne moisie n’est pas seulement motivée par des questions électorales : s’assurer dans les banlieues une réélection facile et continuer à vivre sans travailler, en faisant de la politique. Il faut y voir aussi et d’abord la haine d’Israël. Quand Panot va au Vél d’hiv pour y déposer une gerbe de fleurs elle prétend rendre hommage aux Juifs. Mais elle rend hommage aux Juifs déportés et tous disparus. Elle ne soutient pas les Juifs de France qui craignent à juste titre la montée de l’antisémitisme. Autrement dit son discours énonce qu’il y a deux sortes de Juifs, les bons, ceux qui sont morts, et les mauvais ceux qui sont encore vivants, qu’ils soient en Israël ou en France. C’est bien ce que la gauche antisémite – sous le vocable fallacieux d’antisionisme[2] – ne supporte pas, que des Juifs se défendent et refusent le rôle d’éternelles victimes. 

L’hommage de Mathilde Panot au Vél d’hiv fut contesté 

Les députés de la FI du courant mélenchoniste, défilent facilement pour la cause palestinienne, ils se mobilisent beaucoup moins pour des conflits pourtant bien plus meurtriers, comme en Ukraine ou en Érythrée, sujets sur lesquels ils sont incapables de dire quoi que ce soit. Ils ne disent rien quand Macron et l’Union européenne suivent Biden et les États-Unis pour donner des armes en Ukraine qui entretiendront le conflit encore un moment. Ces députés n’ont jamais proposé que la France sorte de l’OTAN et de l’Union européenne qui sont deux boutiques gérées par les Etats-Unis et qui fabriquent des guerres comme les boulangers font du pain. Mais dès qu’il y a des Juifs en cause, ça ne les intéresse plus du tout, on est contre Israël et solidaire des musulmans présentés comme les victimes. L’idée moisie est de dire qu’en fait les Juifs qui ont beaucoup souffert se sont finalement comporté comme leurs bourreaux. Il y a aussi une paresse intellectuelle héritée à la fois du passé trotskiste des gens comme Mélenchon, et de la lecture peu critique de Badiou. Cela les conduit à considérer que le prolétaire moderne c’est le musulman et rien d’autre. Badiou identifiait stupidement – parce qu’il a toujours été stupide et méchant, il faut le dire – après avoir soutenu les Khmers rouges, que le Hezbollah et le Hamas était le fer de lance de la révolution socialiste ! ces gens oublient que Marx, Engels, Lénine et Trotski, dénonçaient l’Islam comme la pire des religions. Cette dérive de la gauche et de l’extrême-gauche dans le soutien à l’Islam empêche en réalité qu’elles intéressent encore les Français qui sont massivement hostiles à l’immigration et aux avancées de l’Islam en France. 

Manifestation contre l’antisémitisme à Strasbourg le 12 novembre 2023 

Mais un certain nombre de députés qui sont maintenant en guerre ouverte avec Mélenchon et son clan se sont rendus à cette même manifestation. À Strasbourg on pouvait voir François Ruffin, Clémentine Autain ou Alexis Corbières. Certes ils n’ont pas été jusqu’à se joindre à la manifestation parisienne, mais ils ont pris leur distance avec la clique de Mélenchon en se joignant à celle de Strasbourg. Certes c’est un peu hypocrite, le PCF lui était bien là, dans la même manifestation que Marine Le Pen. Mais cela montre que le premier parti de gauche de France, la FI, ne pourra plus éviter l’explosion. Bien entendu avec de tels ennemis la droite au pouvoir n’a pas grand-chose à craindre. La cause palestinienne est un poison violent qui détruit la gauche à petit feu. Macron ne s’y est pas trompé qui en a rajouté, d’abord en donnant des commentaires complètement farfelus sur la guerre entre le Hamas et Israël, et ensuite en encourageant les Français à aller manifester. C’est de bonne guerre, et il faut croire qu’aujourd’hui la gauche française est la plus bête du monde pour ne pas comprendre qu’elle creuse sa tombe ! Pour que la gauche puisse encore exister et jouer un rôle, il faudra d’abord liquider la FI et créer quelque chose d’autre, évidemment ce n’est pas facile parce que chacune de ses composantes veut conserver sa structure, on ne voit pas le PCF ou même le PS totalement moribond se saborder pour sauver la « gauche » du désastre. Ils peuvent exister à l’état de nuisance comme l’ont fait pendant longtemps les radicaux de gauche et de droite – plus ils étaient faibles et plus ils se divisaient pour assurer la survie de leurs bureaucrates à l’aide d’alliance scabreuses. 

Manifestation contre l’antisémitisme à Strasbourg le 12 novembre 2023 

Cette énième crise qui dévoile qu’il existe bel et bien deux lignes stratégiques au sein de la FI, s’est accompagnée d’une autre crise de fonctionnement. Raquel Garrido a été sanctionnée, c’est-à-dire qu’elle ne pourra plus parler à l’Assemblée nationale au nom de la FI ! La durée de sa peine est de quatre mois : son crime est d’avoir dit justement que les propos de Mélenchon jugés par elle trop complaisants envers le Hamas, refusant de le qualifier de groupement terroriste, rejetant la faute de ses crimes sur Israël[3]. Danielle Simonnet en guerre ouverte elle aussi contre le verrouillage du bureau de la FI par les mélenchoniste s’est dite elle aussi atterrée. L’inconséquence idéologique et la bureaucratisation accélérée du mouvement ne peut que le condamner à l’explosion. On remarquera que sur le plan purement tactique, cette polémique stérile et stupide discrédite la FI et au contraire accélère la dédiabolisation du Rassemblement National. Tous ces mauvais coups sont perdants et démontre à la fois les mauvaises voies stratégiques suivies, mais aussi la bêtise et le manque de professionnalisme de ces politiciens qui prétendent un jour nous gouverner ! Une des conséquences de cette conduite misérable c’est évidemment quelle conforte la position de ceux que la FI considèrent comme ses ennemis privilégiés. 

Le cortège parisien de la manifestation contre l’antisémitisme le 12 novembre 2023


[1] https://www.lejdd.fr/politique/le-bebe-dans-le-four-ca-ete-fait-par-israel-la-maman-eventree-ca-ete-fait-par-israel-tunis-le-depute-lfi-david-guiraud-livre-sa-vision-conspirationniste-des-evenements-du-7-octobre-139557

[2] Voir ce que dit sur ce sujet le marxiste Moishe Postone, Le capitalisme, l'antisémitisme et la gauche, PUF, 2013. Au passage il règle son compte à Alain Badiou.

[3] https://www.msn.com/fr-fr/divertissement/celebrites/raquel-garrido-humili%C3%A9e-et-bannie-de-lfi-son-mari-alexis-corbi%C3%A8re-sort-du-silence/ar-AA1jCCxh?ocid=spr_trending

jeudi 9 novembre 2023

Stanley Hoffman, historien et propagandiste de Washington

   

M’intéressant aux années de l’Occupation, je tombe sur l’ouvrage en deux gros volumes, richement illustrés, que Le Seuil avait publié en 1993 sous le titre de La France des années noires. Cette somme qui prétend brasser tous les thèmes liés à l’Occupation est rédigé par de très nombreux « spécialistes », et dirigée par Jean-Pierre Azéma et François Bédarida. En le lisant je me rends compte – mais je le savais déjà – qu’un historien peut être aussi un idéologue. Par exemple Annie Lacroix-Riz ne cache pas ses engagements à l’extrême gauche, mais elle met toujours en avant les preuves de son discours à partir des archives, des faits. Tout le monde n’a pas ce genre de scrupules. L’Américain Stanley Hoffman dans cette sorte d’encyclopédie, étale sa compréhension de la vie sociale et politique dans un chapitre intitulé bêtement Le trauma de 1940. Bien entendu la défaite de l’armée française en 1940 a été une vraie catastrophe, personne ne peut le nier. Mais son propos n’est pas de décrire cet état de sidération – l’armée française ayant été vaincue quasiment sans résistance du fait d’une incompétence générale du commandement – c’est de discuter d’une manière absconse sur le fait que la Libération n’a pas permis aux Français de tirer les leçons de cette défaite. Ça veut dire, selon Stanley Hoffman, que les Français auraient dû comprendre que leur seul avenir était dans l’abandon de l’idée de nation et se fondre dans la construction européenne. Pour cela il fait l’éloge de l’Allemagne qui a compris que la grandeur ne résidait pas dans la posture gaullienne, mais dans la soumission aux lois du marché au sein d’une alliance dominée par les Américains. 

 

Le premier grossier mensonge de cet idéologue camouflé en historien, est que l’Allemagne non seulement a bénéficié de très grosses aides américaines à la reconstruction, bien plus que la France, mais malgré cela le développement des deux pays a été à peu de choses près similaires comme le montre le graphique ci-dessus[1]. C’est seulement après la mise en place de l’euro, donc un renforcement de la logique européiste que l’Allemagne va se détacher, du moins jusqu’à la Guerre en Ukraine qui promet à terme de nouveaux bouleversements pour l’économie allemande. Donc selon l’idéologue Stanley Hoffman, les Français sont plus stupides que les Allemands et n’ont pas compris le sens de l’histoire. Qu’un historien ayant pignon sur rue nous parle comme ça, sans y toucher du sens de l’histoire, relève en vérité plus de la métaphysique que sa discipline. À l’inverse, c’est bien à partir de l’intégration de la France au grand marché européen et son adhésion à l’euro que la France a vu son déficit commercial exploser et la désindustrialisation s’accélérer, c’est ce que nous voyons dans le graphique ci-dessous. 

 

Il est donc complètement erroné, mensonger, de penser que la France serait dans le marasme aujourd’hui à cause de son incapacité à penser les causes de ce « trauma de 1940 ». On aurait, par orgueil, continué à s’accrocher à cette vieille lune d’une souveraineté nationale. Pourtant Hoffman ne pouvait pas ignorer qu’Hitler comme le maréchal Pétain étaient eux aussi pour une grande Europe ! Il ne pouvait pas ignorer non plus que si très longtemps en France la construction européenne avait mauvaise presse, c’est parce que ceux qui la mettait en œuvre étaient des anciens collaborateurs comme Robert Schuman par exemple, ou des agents des Américains comme Jean Monnet. Alors pourquoi raconte-t-il cette fable ? Pour le comprendre, il faut revenir à ce qu’était Stanley Hoffman. Il était un des fondateurs de French-American Association, cette boutique qui est un think tank, sponsorisée par le département d’État, mais aussi qui sélectionne les fameux Young leaders, cette boutique qui forme les décideurs européens depuis Washington, Giscard d’Estaing y est passé, Macron aussi, Alain Minc, Bill Clinton, Gerald Ford, Edouard Philippe, Valérie Pécresse, ou encore Laurent Wauquiez, Moscovici et Montebourg, j’en passe et des meilleures. Il n’était pas le seul à faire de la propagande pour la CIA. Par le passé le défroqué François Furet, ex-stalinien furieux et honteux était un autre historien qu’on disait sponsorisé par les Etats-Unis, via les invitations dans les universités prestigieuses. Washington aimait bien le soutenir. Pour le reste ce livre en deux tomes est assez bon, bien illustré et sérieux.


[1] ECK, Jean-François (dir.) ; MARTENS, Stefan (dir.) ; et SCHIRMANN, Sylvain (dir.). L’économie, l’argent et les hommes : Les relations franco-allemandes de 1871 à nos jours.  Institut de la gestion publique et du développement économique, 2009

vendredi 3 novembre 2023

Du conflit Hamas-Israël au retour de l’antisémitisme

  

Ça se passe en France en 2023 

Le problème palestinien et la guerre entre Israël et le Hamas sont des choses extrêmement compliquées que sans doute personne ne maîtrise. Mais c’est une aubaine singulière pour les antisémites un peu partout dans le monde. Je ne vais pas reprendre une analyse de cette question de fonds. Disons deux choses : la première est que cette nouvelle guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023 par le Hamas, terrorisant les populations, égorgeant et tuant femmes, enfants vieillards. La seconde est que le gouvernement israélien, quel qu’il soit, n’a pas de solution facile, la presse occidentale, notamment Le monde parle de piège du Hamas pour l’armée israélienne, mais le journal du soir, pro-palestinien, ne nous dit pas ce qu’il faudrait faire. Si ce gouvernement ne riposte pas, il lui sera reproché de se coucher et d’encourager la barbarie, s’il riposte et tente de mettre à terre le Hamas, il est accusé par l’opinion d’être barbare lui-même, voir nazi. Il n’est pas besoin de faire confiance à Netanyahu pour comprendre ça. Le Hamas n’est pas seulement un représentant de la résistance palestinienne comme le pensent les stupides gauchistes, même s’il est vrai que la misère des Palestiniens et des Gazaouis lui permet plus facilement de recruter des fanatiques. Contrairement à ce qu’on peut penser, la Russie qui a déjà fort à faire en Ukraine ne soutient pas le Hamas, une des raisons essentiellement provient du fait que la Hamas est financé par l’axe anti-Assad, appuyé par les pays du Golfe et en premier lieu le Qatar et le Koweit, alliés avec les pays occidentaux. Les ONG qui le financent et le soutiennes (Islamic relief worldlife, IHH turque, Qatar Charity, European Trust, Frères musulmans arabes et occidentaux) s’opposent à une alliance Iran-Russie-Syrie. Derrière ce qu’on prend pour une énième guerre entre les Palestiniens et les Israéliens, il y a un affrontement entre musulmans sunnites et chiites. Les Etats-Unis dont le leadership est de plus en plus contesté, voient là l’occasion de reprendre pied au Moyen-Orient où ils n’avaient plus d’influence, ni sur Israël, ni sur l’Arabie saoudite qui est maintenant adhérente des BRICS. 

Ça se passe en France en 2023 

Mais de tout cela les gauchistes n’en ont cure, comme ils n’ont pas vraiment d’idée pour nous dire ce que les Israéliens devraient faire. Pour les morts palestiniens, ils reprennent bêtement les chiffres donnés par le Hamas. De même alors qu’ils ont versé deux larmes sur les massacres du 7 octobre en Israël, ils ont déjà oublié ces morts et ne font plus référence qu’aux morts palestiniens, au motif que ceux-ci seraient plus nombreux. Cette comptabilité douteuse, alimentée par les agences de presse pro-palestiniennes, les déconsidère et empêche d’analyser sérieusement la situation et ses issues possibles. En ce sens le Hamas a gagné la bataille de l’information, s’appuyant sur l’antisémitisme atavique des médias occidentaux, leurs crimes sont déclarés presque secondaires. D’accord la solution de deux États semble raisonnable, mais doivent-ils négocier avec le Hamas ? Tout ça cependant justifie leur antisémitisme natif, sous le vocable frelaté d’antisionisme. Que leurs analyses soient totalement inconsistantes, passe encore. Mais ils entretiennent volontiers un antisémitisme sur notre sol. Les Juifs français, quoi qu’on en pense, ne sont absolument pas responsables de ce qui se passe en Israël et à Gaza. Cependant ils sont dans le collimateur. La situation devient détestable. En France – on se demande si nous sommes toujours en France d’ailleurs – ces derniers jours on a vu fleurir des étoiles de David pour signaler les maisons où habitent des Juifs ! A part ça des guignols comme Mélenchon viennent vous parler de lutter contre l’islamophobie. Il ne faut d’ailleurs pas être bien malin pour comprendre d’où viennent ces tags d’inspiration clairement nazie, ils fleurissent dans des quartiers où il y a beaucoup de musulmans et de mosquées. L’idée est de dénoncer et de stigmatiser les Juifs en tant que Juifs qu’ils soient français ou autre. Sur ce point déjà le Hamas a clairement gagné la guerre de l’information, multipliant les morts à loisir, le nombre d’hôpitaux dévastés, mettant en scène les photos des enfants pour faire pleurer dans les chaumières. Bien entendu ce que subissent les Palestiniens de Gaza en ce moment est terrible, personne ne peut le nier, mais est-ce une raison pour dire n’importe quoi sur le sujet ? 

Ça se passe en France 

Cette guerre s’exporte en Europe et donne des idées à ceux qui n’en ont pas. En France, depuis le 7 octobre, « plus de 850 incidents ont eu lieu et près de 6 000 signalements en ligne ont été réalisés », a indiqué la Première ministre lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, faisant état de « plus de 430 interpellations et plus de 230 enquêtes en cours »[1]. Au Royaume Uni, Le nombre d'actes antisémites est huit fois plus important qu'en 2022 à la même époque. Le laxisme de la justice et de la police concernant les manifestations propalestiniennes où des slogans et des gestes ressortent directement du racisme et de la haine des juifs a été dénoncé[2]. Il est vrai que le Royaume Uni compte encore plus de musulmans que chez nous, et que cette communauté y est plus agressive encore. Cette poussée d’antisémitisme ne saurait pourtant être excusée par le comportement « fasciste » de Netanyahu. 

En Angleterre le 29 octobre 2023 

Des saloperies de ce type sont répandues dans le monde entier depuis le début du mois d’octobre, et ne concernent pas seulement le monde musulman. On en trouve beaucoup dans les pays occidentaux, au Canada, en Australie où les manifestations contre l’antisémitisme sont bien moins suivies que celles contre le racisme endémique des soutiens à la Palestine – qui en réalité couvre indirectement le soutien au Hamas. Il est vrai que les pays anglo-saxons, très ouverts à l’immigration des pays musulmans, mais n’ayant aucune loi sur la laïcité pour protéger au minimum les juifs, voient l’antisémitisme monter régulièrement depuis une quinzaine d'années, mais depuis un petit mois, de nouveaux paliers ont été franchis, avec des slogans comme Hitler was right ! et d’autres fantaisies de ce type. Comme on le voit, la situation dramatique de Gaza est juste un prétexte pour réveiller un antisémitisme latent. Les journalistes des médias dominants ne font à vrai dire que peu d’effort pour dénoncer cette réalité et montrer l’opportunisme qu’il y a à se saisir de cette guerre pour se livrer à un antisémitisme atavique. Les manifestations propalestiniennes ne sont montrées que comme des actions de masse, sans regarder de près les slogans qui y sont déversés. On remarque d’ailleurs que ceux qui se pressent dans ces manifestations et dénoncent les bombardements israéliens, n’ont pas manifester contre la terreur du Hamas. Dans ces manifestations on demande un cesser le feu, un arrêt des bombardements, pourquoi pas, mais on ne demande même pas la libération des otages ! Ce silence de parti-pris est odieux. Ce n’est pas militer pour la paix que d’oublier les victimes israéliennes, sauf à considérer que tous les Israéliens sont coupables parce qu’ils sont juifs. 

Voici maintenant un autre imbécile, Guillaume Meurice, pour ne pas le nommer, dont le niveau des analyses politiques est équivalent à des petites blagues de garçon de bains. Il s’est trouvé un petit créneau du côté des électeurs de la France Insoumise. Mais si la parole citoyenne doit rester libre, on ne s’improvise pas politiste sans un minimum d’effort de compréhension de ce qu’on commente. Les plaisanteries de ce fifre, c’est à la fois de la paresse et de la négligence. Meurice a critiqué Netanyahu, jusque-là pourquoi pas, le premier ministre israélien est critiqué jusque chez les Israéliens eux-mêmes, et il y a beaucoup de raisons à cela. Mais la question n’est pas là, elle est dans le langage que cet imbécile a employé, il a traité Netanyahu de « nazi sans prépuce ». C’est une antienne gauchiste que de dénoncer les Israéliens comme des nazis, renversant le sens des mots. Très souvent les antisémites – antisionistes – supposent que si dans le temps les Juifs ont été maltraités par les nazis, maintenant ils sont devenus comme eux et maltraitent à leur tour les pauvres Palestiniens. Les gauchistes parlent à leur propos de génocide, abusant de ce vocabulaire.  Attaquer le Juif sur la circoncision – pourtant les musulmans aussi sont circoncis – a toujours fait avant-guerre partie du langage de l’extrême-droite antisémite. Les propos de Guillaume Meurice rappellent les ordures déversées par le nazi – un vrai de vrai celui-là – Louis-Ferdinand Céline. Si les Juifs sont mauvais, c'est parce qu'ils sont circoncis ! Rien de mieux pour révéler au fond que cet antisionisme de circonstance n’est que le masque d’un antisémitisme atavique que de nombreux Français n’ont pas réussi à évacuer encore en 2023. La parole envers les Juifs se décomplexe, et cela ne vient pas seulement des anciens d’extrême-droite, c’est bien de la gauche et de l’extrême-gauche que ce flot misérable de paroles antisémites arrive aujourd’hui. Cet histrion alimente ainsi la haine du Juif et suppose que c’est un juste retour des choses s’ils sont pourchassés et assassinés. Ceci dit je ne suis pas pour le censurer, car si la censure est toujours une mauvaise chose, il faut rendre livrer rendre la honte plus honteuse en la livrant à la publicité. 

 

Familles israéliennes pleurant les otages 

Parler des bombardements sur Gaza plait à Meurice, qui fait comme s’il était un petit échotier politiquement engagé du côté du bien, mais il n’aura jamais un mot pour les malheureux otages détenus par le Hamas, ni bien sûr pour ceux qui ont été assassinés. Des imbéciles à la Badiou identifient le Hamas a des résistants français qui eux aussi étaient qualifiés de terroristes par les Nazis. Mais les Résistants français n’ont jamais pris des otages parmi les civils et n’ont pas assassiné de sang-froid des civils allemands, des vieillards ou des enfants. Ils n’ont jamais visé que des cibles militaires ou des collaborateurs. Rien que d’employer le mot résistant pour le Hamas relève de l’imbécilité ou de la malveillance. On a vu sur un site suédois poster des images de faux cercueils palestiniens pour montrer l’horreur que subit Gaza, mais le même site s’est complètement abstenu de faire la même chose pour les morts israéliens. C’est bien évidemment intentionnel, histoire de démontrer que les Juifs sont « plus » coupables que les terroristes du Hamas. 

Israéliens assassinés par le Hamas 

Ces débordements langagiers amènent naturellement qu’on ajoute à la confusion de la situation et qu’on ne discute pas raisonnablement des solutions politiques possibles, ni même des causes de ce conflit. Mais en faisant semblant de se laisser dépasser par leurs émotions, ces antisémites de profession recyclés sous le terme d’antisionisme, désignent eux-mêmes ce qu’ils sont, des faussaires. La guerre est toujours une mauvaise affaire, une défaillance de la diplomatie, et les Palestiniens en payent un prix fort, mais cela devrait-il nous faire oublier comment ce nouveau conflit a commencé ? Nous faire oublier les innocentes victimes israéliennes ? Non seulement on fait comme si le Hamas était « le » représentant de la cause palestinienne, mais on soutient en outre son programme qui n’est pas d’aboutir à un État palestinien, mais à éradiquer les Juifs de la Palestine. 

A Paris les tags antisémites se multiplient


[1] https://www.nouvelobs.com/politique/20231031.OBS80263/elisabeth-borne-condamne-la-multiplication-des-actes-antisemites-des-agissements-ignobles.html#:~:text=Depuis%20le%207%20octobre%2C%20%C2%AB%20plus,de%20230%20enqu%C3%AAtes%20en%20cours%20%C2%BB.

[2] https://www.francetvinfo.fr/societe/antisemitisme/guerre-entre-israel-et-le-hamas-au-royaume-uni-une-nette-augmentation-des-actes-antisemites_6155901.html

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