vendredi 14 mars 2025

L’Europe c’est la guerre !

 

Nous autres, les vieux opposants à l’Union européenne, nous savons depuis le début que le slogan L’Europe c’est la paix était un mensonge, destiné à rassurer les électeurs qui croyaient sans doute échanger le peu de liberté qu’il leur restait contre une sorte de tranquillité. Seuls les imbéciles et les petits soldats de l’Atlantisme faisant semblant qu’il s’agissait d’une promesse solide. Dans l’image ci-dessus, on voit une publicité de la CFDT qui soutient la fable selon laquelle l’Europe c’est la paix. La CFDT s’occupe assez peu des retraites et du pouvoir d’achat, syndicat jaune, financé par la CIA à ses débuts, elle soutient que l’Europe c’est la paix. La CFDT ment plusieurs fois avec cette publicité crapuleuse : d’abord elle confond volontairement l’Europe continentale, sa géographie et son économie avec l’Union européenne. Or cette Union européenne n’apparait qu’en 1993. C’est seulement à partir de ce moment-là qu’elle va se mêler de politique internationale. Entre 1945 et 1993, la politique de l’Europe est conduite par les pays membres de manière individuelle, même si elle est objectivement sous la tutelle des Etats-Unis et de l’OTAN. L’Union européenne existe depuis 1993, elle se dotera d’une monnaie et d’une sorte de gouvernement non-élu qui va édicter les règles du jeu, économique, juridique et politique. C’est en quelque sorte une réponse à l’effondrement de l’URSS en 1991. Et c’est à ce moment-là que l’Union européenne part à la conquête des pays de l’Est. Dans cette période qui s’ouvre, l’Union européenne a le choix, soit d’approfondir son fonctionnement en unifiant le droit du travail et le régime fiscal par exemple, soit en choisissant l’agrégation de nouveaux territoires. Il y a deux objectifs à cet élargissement. D’une part trouver de nouveaux marchés et une main d’œuvre moins onéreuse et bien formée dans les pays de l’Est, et d’autre part d’encercler la Russie dont les territoires, riches en matières premières, sont convoités par les anglo-saxons depuis le milieu du XIXème siècle. L’élargissement fait de la concurrence entre les pays riches et les pays pauvres de l’Union européenne le moteur de l’Europe. Mais cela se fait au détriment de la croissance, de la tendance latente à l’égalité sociale et accroit les divisions des territoires agrégés à cette logique qui voudrait en venir à un État fédéral. 

Élargissement de L’Europe institutionnelle depuis 1957 

En 1991, alors que l’URSS est très affaiblie, la guerre se déclenche en Yougoslavie, elle durera dix longues années. Les Etats-Unis sont évidemment à la manœuvre. L’OTAN appuie cette manœuvre et bombardera en toute illégalité la Yougoslavie[1]. Alors que cette guerre se déroule sur le sol européen, rappel pour les cédétistes amnésiques, l’Union européenne ne dit rien, ou plutôt, les uns soutiennent la Croatie – l’Allemagne – les autres la Serbie – la France. Mais ils ne comptent pas vraiment. Cette décomposition de l’État yougoslave va faciliter d’ailleurs l’élargissement de l’Union européenne face à des petits États très faibles politiquement et économiquement. Après cette « victoire » étatsunienne qui entraine le dépeçage du pays, l’Union européenne et l’OTAN vont se lancer à l’assaut des autres pays de l’Est. Les uns après les autres, ils adhéreront à l’Union européenne et à l’OTAN, l’Union européenne usant de ses finances pour acheter les hommes politiques de ces pays en les faisant adhérer et en leur promettant de grasses subventions. Ici se mêlent la corruption évidente et l’image d’une Europe réputée prospère qui parait attirante pour ces pays déboussolés depuis la chute de l’URSS. 

 

Ça va très bien fonctionner, sauf qu’au fur et à mesure que l’Union européenne et l’OTAN se rapproche de la Russie, celle-ci s’est reprise en main, depuis 2000, et elle va commencer à contrarier ces plans d’annexion, plans qui en réalité préparent à la guerre. L’OTAN comme l’UE, et comme les Etats-Unis vont financer des ONG, des radios « libres », des drapeaux et des porte-drapeaux pour déstabiliser la Géorgie, la Moldavie, l’Arménie ou encore l’Azerbaïdjan, leur promettant des subventions et des armes. Mais le gros morceau c’est l’Ukraine bien entendu. Le plan est près depuis longtemps, depuis les années soixante-dix. Il consiste à harceler la Russie jusqu’à ce qu’elle réagisse et en même temps de couper l’Allemagne – rival des Etats-Unis sur le plan économique – de ses sources d’approvisionnement énergétiques. Car une Allemagne trop forte liée à la Russie contrarierait les plans étatsuniens. Zbigniew Brzezinski, cette vieille crapule, l’avait annoncé[2].  Encore que dans son livre The Grand Chessboard, il avait complètement sous-estimé la renaissance de la Russie. Or c’est cette logique visant à mettre la Russie à genoux pour la dépecer qui a guidé depuis au moins George Bush – père et fils – la conduite guerrière des Etats-Unis et de ses hommes de main de l’OTAN. Mais évidemment pour s’attaquer à la Russie, il fallait se servir de l’Union européenne puisque c’est elle qui financerait l’expansion. C’est pour cette raison que les Etats-Unis ont accéléré la corruption du personnel politique pour en faire des clones de Brzezinski. L’Institut Aspen a joué un rôle très important, les Young leaders aussi, auxquels il faut ajouter un certain nombre d’universités et d‘ONG. 

Le coup d'Etat de l'Euromaidan 

Le chemin de la guerre de l’Union européenne a été marqué par le soutien direct ou indirect de la Commission européenne aux révolutions dites de couleur dans la plus grande partie des pays de l’Est qui n’adhéraient pas assez vite à l’Union européenne, en Géorgie, ou en Ukraine. Cela conduisit au coup d’État de l’Euromaïdan de novembre 2013 qui a été financé directement par Victoria Nuland, conseillère pour l’Ukraine des présidents Obama, Trump I et Biden. Selon elle cela lui aurait couté 5 milliards de dollars, on peut l’entendre s’en flatter dans le film Ukraine on Fire, de Igor Lopatonok, diffusé en 2016, soit 6 ans avant que la Russie à bout de patience ne se décide à réagir. Consécutivement au coup d’État de 2014, la Russie annexera la Crimée, une région peuplée de Russes et qui souffrait des vexations du pouvoir central ukrainien, comme les oblasts du Donbass. L’Union européenne décidera alors d’un train de sanctions contre la Russie, suivant en cela la politique américaine. C’était une première réaction hostile, pas encore un acte de guerre, mais une manière d’agresser la Russie dans un conflit qui ne nous concernait en rien, mais que les Etats-Unis avaient ourdi en sous-main.

 

En février 2022, l’armée russe entre en Ukraine pour faire le ménage et réclamer que les oblats russophones cessent d’être maltraités et que cessent les provocations à sa frontière. Cette opération spéciale est symbolisée par la lettre Z qui marque le soutien plein et entier de la population russe à son armée. La Russie piétine l’armée ukrainienne, et la débâcle est telle que Zelensky accepte de signer un traité de paix à Istamboul. Mais cela ne convient pas aux Etats-Unis et aux Européens qui veulent faire durer la guerre. Sous la pression directe de Boris Johnson, Zelensky va céder. C’est le début de la vraie tragédie, jusque-là le conflit n’avait pas été trop couteux. L’OTAN est à la manœuvre sur le plan stratégique et tactique, mais les Européens entrent indirectement dans la guerre, même si au départ Scholz et Macron sont un peu réticents. L’Union européenne met en place des sanctions économiques – aujourd’hui nous en somme au 16ème paquet – qui sont censées mettre l’économie russe à genoux, et donc l’amener à se retirer de l’Ukraine et à rendre la Crimée. Rapidement l’Union européenne devient cobelligérante, elle fournit des armes en grande quantités et de l’argent pour que l’économie ukrainienne puisse continuer à fonctionner. Cet argent servira outre à enrichir la caste au pouvoir à Kiev, à acheter des armes aux Etats-Unis pour permettre aux Ukrainiens d’aller se faire tuer sur le front. Pour couvrir le fait que de fait l’Union européenne est entrée en guerre contre la Russie, on a avancé deux raisons : la première est que la Russie avait violé des frontières, ce qui est contraire au droit international, tout en ignorant que dans la Charte des Nations Unies, il y a dans le premier article une référence directe au principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, c’est pourquoi Poutine organisera comme en Crimée des référendums qui légitiment les annexions, et la seconde était que si on n’arrête pas Poutine en Ukraine, il finira par conquérir tout le reste de l’Europe jusqu’à Paris. Ce narratif bien qu’il soit maintenant récusé par Trump qui accuse directement Zelensky d’avoir déclenché une guerre qu’il ne pouvait que perdre, reste encore à l’ordre du jour en Europe, relayé par la presse atlantiste, notamment le journal Le monde et sa pousse-à-la-guerre Sylvie Kauffmann. Les plus modérés des Atlantistes avançant que le rêve de Poutine est de reconstituer l’Empire russe, celui des tsars ou des communistes ! 

Négociations entre les Etats-Unis et la Russie sur l’Ukraine 

Tandis que les Etats-Unis et la Russie commencent des négociations pour la paix en Ukraine, les Européens ne savent plus quoi faire. Donc ils font deux choses, d’abord ils éructent que la paix ne peut pas se négocier sans l’Union européenne. Pourquoi ? On se le demande puisque l’Ukraine ne fait pas partie de l’Union européenne. Mais les Etats-Unis leur ont fait une petite place pour écouter. Que peuvent-ils dire ? Trump a mis la barre très haut. D’une manière fantaisiste il a avancé qu’il voulait 500 milliards de dollars de la part de l’Ukraine alors que les Etats-Unis n’ont déboursé que 175 milliards. C’est le racket habituel de ce pays qui se croit encore le maitre du monde. Zelensky a eu beau jeu de ne pas signer ce contrat. Mais en tout état de cause, cela montre que les Etats-Unis ne sont pas un partenaire très fiable. Zelensky aura lui aussi un strapontin. Face à la brutalité de Trump, les Européens font des réunions à Paris sous la houlette d’un président très dévalorisé depuis sa malheureuse destitution. L’Europe institutionnelle est divisée, les uns, assez peu nombreux, essentiellement la France et le Royaume Uni, parlent d’envoyer encore des armes en Ukraine et même des soldats pour garantir la paix[3]. Mais cette voie a été écartée par von der Leyen qui ne parle que de réarmer l’Europe pour se re-préparer à la guerre future avec la Russie ! Meloni, l’agente des Etats-Unis, après avoir suivie aveuglément Biden dans la guerre contre la Russie s’est retournée sans vergogne vers Trump, et a dit qu’il n’était pas question d’envoyer des soldats, que ce soit pour combattre les Russes ou comme force d’interposition pour garantir la paix issue des négociations. C’est une nouvelle fois la paralysie de l’Union européenne qui doit être envisagée. L’idée d’une défense commune à l’Union européenne n’est plus à l’ordre du jour. Et l’OTAN sans les Etats-Unis, ça n’a pas une grande consistance. Scholz a bloqué récemment un plan de réarmement de l’Ukraine présenté par la va-t-en-guerre Baerbock et Pistorius, il s’agissait d’un nouvel envoie d’armes de plus de trois milliards d’euros[4]. En pleine révision idéologique, Ursula von der Leyen qui ne sait plus ce qu’elle fait a avancé que pour augmenter les dépenses militaires, donc pour préparer à la guerre une nouvelle fois, il était possible de violer les règles budgétaires imposées par la Commission européenne. Autrement dit, les États européens sont invités à serrer la vis aux dépenses collectives et sociales, et pourront mettre les dépenses militaires hors budget[5]. « Je peux annoncer que je vais proposer d'activer la clause de sauvegarde pour les investissements dans la défense. Cela permettra aux États membres d'augmenter substantiellement leurs dépenses en matière de défense », a-t-elle déclaré dans un discours devant la Conférence de Munich sur la sécurité. Cette idée équivaut à dire que nous allons passer en Europe à une économie de guerre au prix de grands sacrifices. Ce que Scholz qui n’a plus que pour quelques jours de pouvoir, a confirmé, mettant en avant l’idée de sacrifice pour les citoyens européens. Notez que si la Commission européenne obtient cette possibilité, il est assez clair que les fameuses lignes rouges budgétaires seront enfoncées. Autrement dit pour la guerre on ne tient plus compte des garde-fous budgétaires, mais on les conserve pour les dépenses sociales ou les investissements publics dans la santé et dans l’éducation par exemple. Autrement dit la priorité c’est la guerre ! 

Une réunion vide de sens à l’Élysée 

Le 17 février 2025 a eu lieu une réunion d’Européistes sous la houlette de von der Leyen à l’Élysée. Non seulement cette réunion a été critiqué parce que certains pays n’avaient pas été invités, mais elle a démontré l’impuissance de l’Union européenne à créer un consensus. Le monde, par la voix de Sylvie Kauffmann s’en est montrée désolée. Même Donald Tusk, un des plus va-t-en-guerre, et très critique pour cela en Pologne même s’est élevé contre l’idée d’envoyer des soldats combattre en Ukraine. On voit mal comment dans ces conditions l’Europe sans armes et sans soldats pourrait continuer seule sa guerre contre la Russie. Les Ukrainiens sont maintenant très hostiles pour servir de chair à canon pour faire plaisir à von der Leyen. Seuls les pays Baltes continuent à faire semblant de croire qu’ils peuvent attaquer la Russie et la battre. Les européistes qui continuent à revendiquer une rétrocession des territoires conquis par la Russie, prolongent dangereusement un conflit qui pourrait s’arrêter demain. Il est probable que les Européens vont jouer ce jeu de ne pas reconnaitre la victoire russe, entretenant l’idée que tôt ou tard l’Union européenne repartira à l’assaut de la Russie. Mais entre temps les Russes auront bien évidemment consolidé la défense des territoires conquis. L’Union européenne en entretenant de telles illusions ne peut que s’affaisser encore un peu plus. Entre les sanctions et la non-reconnaissance d’un fait historique, ils vont se mettre au ban de la communauté internationale, des Etats-Unis à la Chine, en passant par le Sud global. Ont-ils les moyens de leur isolement ? Non, parce que de nombreux pays ne suivront pas cette logique d’affrontement permanent.

La stupide Kaja Kallas complétement à contretemps a soutenu qu’il fallait encore faire la guerre à la Russie afin de mettre Kiev dans une position de force pour les négociations[6]. Mais elle ne dit rien de comment on peut faire concrètement pour soutenir la guerre contre la Russie, alors que l’armée ukrainienne recule, perd du terrain et des soldats tous les jours et qu’elle se trouve à court de munitions. Elle prétend que si les Etats-Unis lèvent les sanctions, l’Union européenne continuera son combat contre la Russie, supposant bêtement que ces sanctions affaiblissent non pas l’Union européenne, mais la Russie. Les faits démontrent pourtant exactement l‘inverse. Qu’une telle bourrique sans aucun sens diplomatique soit en quelque sorte la ministre des affaires de l’Union européenne, en dit long sur l’impasse dans laquelle l’Europe se trouve. Les élucubrations de cette femme n’enthousiasment personne en Europe, car tout le monde sait que l’Union européenne, même en s’alliant avec le Royaume-Uni, n’a pas les moyens de continuer la guerre contre la Russie. L’Union européenne qui a déjà mauvaise presse auprès des citoyens européens, aggrave encore un peu plus son cas. Ses visées guerrières à l’Est en vue de son expansion, risquent de faire sortir à moyen terme plusieurs pays de son cirque. La guerre en Ukraine et le réalignement sur les positions trumpistes, peuvent ainsi provoquer l’éclatement de l’Union. Les tergiversations de Mark Rutte soi-disant patron de l’OTAN en disent long. Après avoir soutenu l’idée d’une guerre sur le long terme, à la réunion de l’Élysée du 17 février, il a avancé qu’il n’était pas question que l’OTAN envoie des troupes en Ukraine, même pour garantir des accords de paix. C’est la confusion la plus totale dans le camp occidental, et à terme un probable réalignement de l’OTAN sur la nouvelle doctrine étatsunienne, car les USA financent l’OTAN à hauteur de 17%. En 2025 le budget de l’OTAN sera de trois milliards d’euros. 

L’Union européenne relance la course aux armements, les budgets militaires explosent de partout dans le monde et vont encore augmenter, tandis que les États serrent partout la vis aux dépenses d’investissement dans la santé et l’éducation. Cependant les Européens devraient regarder de plus près avant de croire qu’ils vont pouvoir dans quelques temps repartir au front contre la Russie. C’était leur plan en 2014 et ça s’est mal passé. Pour suivre stupidement le maitre américain, ils ont cru qu’un budget ça faisait une armée. Si on regarde le tableau ci-dessus qui date d’il y a trois ans, le budget militaire des Etats-Unis est dix fois plus élevé que celui de la Russie, mais cela ne leur a pas permis de gagner une vraie guerre depuis très longtemps, sur le papier le budget militaires des Européens est trois fois plus élevé que celui de la Russie, et pourtant ils ont perdu la guerre en Ukraine. Une armée moderne c’est certes de la technologie – mais là les Russes ont vingt ans d’avance – mais aussi des soldats motivés. En Europe comme aux Etats-Unis, on peine à recruter des soldats, en Russie non. La différence réside dans le fait d’abord que la guerre en Ukraine est vécue par les soldats russes comme une guerre de libération, le conflit est à la porte du pays, mais aussi dans le fait que les Russes sont bien plus patriotes que les soldats américains qui se battent en Afghanistan ou en Irak pour un objectif assez peu clair, loin de chez eux. Les Français comme les Britanniques ou les Allemands rechigneront à aller se faire trouer la peau en Ukraine pour Zelensky. La guerre ce n’est donc pas qu’un budget, et oublier cela est une faute grave. Cette fois l’Union européenne étrenne son nouveau slogan, L’Europe c’est la guerre, sans en avoir les moyens, mais il est assez douteux qu’elle restaure une image bien écornée avec de tels errements. 

Sondage Cevipof, fin 2022 

L’incapacité de l’Union européenne de sortir de la posture guerrière qui est la sienne depuis trois ans, l’exclut non seulement des discussions de paix qui ont lieu entre les Etats-Unis et la Russie, mais aussi d’un futur partenariat économique. Les Etats-Unis vont rafler aussi bien les marchés de la reconstruction de l’Ukraine pour laquelle l’Union européenne va payer, mais également des marchés sur les ressources naturelles russes, terres rares, pétrole et gaz. En prônant la guerre jusqu’au bout, sans en avoir les moyens, l’Union européenne se met dans une position très fragile, sur le plan économique comme sur le plan politique. Or la guerre est maintenant perdue, sans l’ombre d’un doute. Il semble d’ailleurs que des élections en Ukraine seraient catastrophiques pour Zelensky, malgré la désinformation du Kyiv International Institut of Sociology[7] qui laisse entendre que la cote de popularité de Zelensky a augmenté ces dernières semaines et que Le monde rapporte bêtement. Il va de soi que si cette cote était aussi élevée, il organiserait des élections. Des instituts de sondage étatsuniens donnaient une popularité en baisse, à moins de 40%, il y a quelques mois. Trump qui raconte toujours n’importe quoi nous dit que c’est 4%, mais c’est assez peu crédible Verbalement l’Union européenne continue à jeter de l’huile sur le feu, avançant qu’elle soutiendra la guerre jusqu’au bout, quoi qu’il en coûte. Ce suicide en direct en dit long, comme un canard sans tête, l’Union européenne court dans tous les sens pour donner à croire qu’elle existe encore. Il est assez incroyable que pour s’opposer au rapprochement Trump-Poutine, le seul narratif que ses porte-voix trouvent c’est qu’ils préfèrent la guerre à la paix ! Ils pourraient attendre au moins de voir ce que donnent ces négociations, d’examiner concrètement les positions des uns et des autres, avant de repartir en guerre pour exiger une capitulation de la Russie. Quoi qu’il en soit, cette image de va-t-en-guerre va certainement encore un peu plus enfoncer la mauvaise image que l’opinion publique a de l’Union européenne.


Dimanche 2 mars 2025, les "Européens" cornaqués par Zelensky, se sont posés directement comme faiseurs de guerre. en effet, alors que les Etats-Unis et la Russie ont posé les jalons pour la paix en Ukraine et la fin de la guerre, les "Européens" ont dit clairement "nous ne voulons pas de la paix, nous voulons la guerre". Dans cette conjuration des imbéciles, il y a avait également Trudeau, l'anglais russophobe de service Keir Starmer et la corrompue von der Leyen qui elle voulait devenir chef de guerre. Macron comme a son ordinaire a raconté n'importe quoi en disant que si l'Ukraine s'effondrait c'était les Russes demain à Paris. Il était donc bien difficile de dire encore que l'Europe c'est la paix, alors que ceux qui sont censés la représentée veulent clairement la guerre. Il faut noter deux choses. Tout d'abord que depuis que Trump affiche une fermeté évidente pour mettre un terme à cette catastrophe en Ukraine, les "alliés" de Kiev qui ont presque tous été nommés par les Etats-Unis, y compris la pâle Meloni, et qui ont été formés pour conduire l'Europe vers la guerre et vers sa destruction, n'ont apparemment plus de boussole et ne savent pas quoi faire. En effet à part de sauter comme des cabris et dire "la guerre", "la guerre", "la guerre", il n'y a rien de sérieux qui est sorti de cette réunion. Si ce n'est le désir d'accroitre les stocks d'armes pour éventuellement plus tard repartir à l'assaut de la Russie. En recevant Zelensky, Keir Starmer, sous ses airs de comptables de province, semble le plus enragé,  s'est appliqué à voler de l'argent aux Russes, 3,2 milliards de dollars pour les donner à Zelensky, il a appelé cela un prêt mais personne n'est dupe. Aucun texte de droit, fut-il international ne permet ce vol.

Pour le reste, Macron a réclamé que le budget de chaque pays de l'Union européenne soit, en matière de défense, porté à 3 ou 3,5% du PIB. ce vœux pieux, étant donné l'état des économies européennes, est en décalage avec la réalité si on compare l'avance que la Russie a sur l'Europe en matière de technologie militaire. Ce qui veut dire qu'étant donné que, comme l'a avoué Starmer, sans les Etats-Unis, l'Europe n'avait pas les moyens de faire quoi que ce soit, les Européens, Royaume Uni compris, se prépareraient au mieux pour faire la guerre à la Russie dans vingt ans ! D'ici là il n'est pas certain que l'Union européenne existera encore, que l'Ukraine voudra envoyer encore au casse-pipe le reste de sa jeunesse, mais il est sur que ni Macron, ni Starmer, ni von der Leyen seront encore quelque chose. En vérité cette comédie genre "nous sommes unis plus que jamais", tentait de montrer à l'opinion que Trump était isolé, comme Poutine ! Mais en vérité plus l'Union européenne s'enfonce dans cette logique de guerre, et plus elle devient incohérente, et masque mal son désarroi. Déjà les Polonais ont dit qu'ils ne voulaient pas se lancer à l'assaut de la Russie sans l'appui des Américains. Les Hongrois, n'en parlons pas ! Cette idée vague laisse entendre que l'Union européenne restera pour de longues années à venir une menace pour la Russie, et pas l'inverse : d'une part parce qu'elle va continuer à déstabiliser le Caucase, et d'autre part parce qu'elle prétendra récupérer à plus ou moins logue échéance les territoires russophones rattachés à la Russie. 

 

L'Union européenne veut la guerre, au moins en parlottes, et elle ne tient absolument pas compte des intérêts du peuple ukrainien, habituée à agir de façon non-démocratique, elle est toujours en décalage avec l'opinion. Le deux mars, le député ukrainien Oleksandr Dubinsky vient juste de demander une session d'urgence du Parlement ukrainien pour lancer une procédure de destitution contre Zelensky. Il n'y a pas que les Etats-Unis qui lâchent Zelensky. Tout cela montre que l'Union européenne et la perfide Albion sont comme un canard sans tête. Emportés par leur ancien mouvement, leur bureaucratisme aigu les empêche de prendre le virage de la paix. Les dégâts à court terme sont assez faciles à prévoir, ils pourraient aller jusqu'à la sortie de plusieurs pays de l'Union. Pour l'instant ce mouvement est clairement freiné par les gauches européennes. cela viendra avec le renouvellement de la classe politique, mais ça prendra du temps. 


[1] https://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/03/23/31002-20140323ARTFIG00225-belgrade-15-ans-apres-le-bombardement-les-serbes-n-oublient-pas.php

[2] Zbigniew Brzezinski, Le Grand Echiquier. L’Amérique et le reste du monde, Bayard, 1997.

[3] https://www.france24.com/fr/europe/20250220-guerre-ukraine-france-pr%C3%AAte-%C3%A0-envoyer-des-militaires-une-fois-paix-conclue-russie

[4] https://www.aa.com.tr/fr/politique/le-chancelier-allemand-olaf-scholz-bloque-un-plan-daide-financi%C3%A8re-de-plusieurs-milliards-deuros-pour-lukraine/3446779

[5] https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/defense/les-etats-membres-de-l-ue-pourront-deroger-aux-regles-budgetaires-pour-augmenter-leurs-depenses-militaires_AD-202502140749.html

[6] https://www.euractiv.fr/section/defense/interview/exclusif-les-russes-ne-veulent-pas-la-paix-selon-kaja-kallas/

[7] Cet institut a été financé depuis le début des années 1990 par les Etats-Unis, mais il ne semble pas encore avoir fait son aggiornamento depuis l’élection de Trump.

mardi 11 mars 2025

Véronique Blanchard, Vagabondes, voleuses, vicieuses, Éditions François Bourin, 2019

  

Cet ouvrage, extrait d’une thèse de doctorat, traite d’un sujet très fort. Dans les années cinquante et disons dans première moitié des années soixante, il analyse l’action des institutions contre les jeunes filles qui se sont rebellées contre un sort qui ne leur convenait pas. Blanchard parle d’ailleurs d’Albertine Sarazin qui fut exactement dans cette situation mais qui sut en tirer une très belle œuvre littéraire. Mais ce sujet me touche personnellement parce que ma sœur aînée et deux de mes cousines se sont trouvées enfermées au Bon pasteur de Marseille. Véronique Blanchard n’est pas la première à s’intéresser à ce sujet. D’autres ont essayé de lui donner un sens plus large, désignant ses filles délinquantes comme une sorte de fer de lance de la bataille de la jeunesse pour son émancipation. Les lettristes internationaux s’étaient passionnés pour cette bataille, se promettant même d’attaquer le centre de rétention de Chevilly-Larue. Ils avaient d’ailleurs accueilli Eliane Papaï. Celle-ci, une rebelle dans l’âme s’était enfuie de Chevilly-Larue, puis elle avait eu une relation amoureuse passionnée avec Guy Debord, avant d’aller faire sa vie avec Jean-Michel Mension qui l’épousera[1]. Si Jean-Michel Mension la mariera, c’est moins par respect des convenances que pour protéger Eliane des poursuites de la justice et des possibilités d’enfermement. On verra que cette question de mariage avait une grande importance à cette époque. 

C’est contrairement aux apparences un sujet très compliqué. D’abord il y la volonté des filles d’échapper à la tutelle des institutions, aussi bien à une famille qui peut-être souvent oppressante, qu’aux centres de rétention souvent gérés par des bonnes sœurs. Parmi les établissements qui accueillaient ces jeunes filles, il y avait ceux qui sévissaient sous le label du Bon Pasteur. Il y en avait dans toute la France. C’était clairement des maisons de correction pour filles, donc qui étaient destinés à les dresser, à en faire des filles acceptables pour la société. Même si ce n’était pas des prisons – d’ailleurs on arrivait pas trop difficilement à s’en échapper – ça y ressemblait tout de même beaucoup. Le terme du Bon pasteur, renvoyait à l’idée que le berger devait guider son troupeau sans trop lui demander son avis, y compris en le menant à l’abattoir. Récemment des témoignages importants ont fait part des mauvais traitements que ces jeunes filles pouvaient subir des bonnes sœurs qui n’étaient pas si bonnes que ça[2].  Sous la plume de Véronique Blanchard les Bon Pasteur reviennent avec une grande régularité.

La question qui se pose alors est d’essayer de comprendre pourquoi ces jeunes filles devaient subir un sort peu enviable. C’est ce qu’essaye de montrer Véronique Blanchard en dépouillant des dossiers qui détaillent plus ou moins brièvement le parcours de ces jeunes filles qui passent devant des juges pour enfants. Contrairement à ce qu’on pourrait penser la gestion de ces jeunes filles est très bien équipée. Il y a les juges devant qui elles sont présentées, parfois par leurs parents, parfois par la police, puis les psychiatres qui dressent leur bilan, et évidemment les bonnes sœurs qui mettent leur grain de sel pour avancer des éléments de « jugement » sur elles. Ce que nous montre l’ouvrage de Véronique Blanchard, c’est en vérité un dialogue de sourds entre les institutions qui les jugent comme des délinquantes ou des criminelles en devenir et qu’il faut protéger, et les jeunes filles qui cherchent un peu de liberté. Mais contre quoi protéger ces filles ? Il est vrai que lorsque ces filles fuguent, elles peuvent se retrouver en danger, viols ou prostitution peuvent être bien réels. Mais c’est en réalité plutôt contre elles-mêmes que ces institutions prétendent assurer leur protection. Le chapitre sur la prostitution le prouve. Quelques filles peuvent tomber sur des macs violents, mais la réaction des institutions est moins de les poursuivre que d’enfermer les filles, comme si elles étaient responsables des prédateurs de tout genre. Il y en a au sein de la famille, le père alcoolique, ou le beau-père. Mais on prétend défendre les filles en les enfermant et en demandant leur soumission. 

Les institutions sont particulièrement préoccupées par la sexualité de ces jeunes filles. Obsédées serait plus juste. En vérité cela renvoie non seulement à une incompréhension de ce que ces mineures ressentent, mais aussi à la déficience de la sexualité de ceux qui les jugent ! Comment voulez-vous que des bonnes sœurs qui ont réprimé plus ou moins volontairement leur propre sexualité comprennent celle des autres. Le but de toute cette coercition est en réalité de recadrer les jeunes filles pour en faire de bonnes ménagères qui saurant élever leurs enfants et satisfaire leurs maris. Évidemment la jeunesse a du mal à se contenter d’une telle perspective qui fait de la femme une sorte d’être inférieur dans ses droits et ses aspirations. Véronique Blanchard avance que les fugues et la délinquance des garçons du même âge sont mieux tolérées. Ce n’est pas tout à fait vrai. Il y a une différence d’approche, c’est certain, mais les maisons de correction pour garçons sont tout aussi pleines et leurs pensionnaires sont tout autant maltraités. Mais il est vrai que les pulsions sexuelles des garçons sont plus facilement excusées, probablement parce qu’un garçon ne peut pas tomber enceint ! Et il est vrai aussi qu’il y a une obsession pour la virginité des filles probablement pour la même raison.

Véronique Blanchard se trompe parfois, par exemple elle décrit un couple de deux jeunes gens, la fille se prostitue et le garçon surveille et protège. Elle décrit cela comme une relation amoureuse atypique. C’est faux, des couples comme celui qu’elle décrit, c’est bien plus fréquent que ce qu’elle dit, même si par la suite ils évoluent vers une forme plus standardisée qui place la fille sous la domination du mâle. Je parle en connaissance de cause bien entendu. Mais il y avait aussi des vieux couples qui vivaient maritalement, qui avaient même des enfants, madame faisait le trottoir et monsieur surveillait, plus ou moins. C’était un putanat de quartier, familial si on veut, et pas du tout d’abattage, une manière de se débrouiller pour ne pas travailler. D’ailleurs dans l’ouvrage de Véronique Blanchard on retrouve chez les filles – comme chez les garçons – une volonté d’échapper au travail qui, à l’époque implique des longs horaires, une usure évidente, surtout pour ceux qui n’ont pas beaucoup d’instruction. Un autre point qu’elle néglige c’est l’attrait du vide, de l‘inconnu, car quand on fugue sans préparation, sans argent, sans savoir où on va, il va de soi qu’il faut avoir de sérieuses raisons pour le faire, mais aussi un certain goût pour l’aventure. Le livre est centré principalement sur Paris et sa région immédiate. Et là bien sûr on comprend que la grande ville offre des possibilités plus nombreuses aux filles pour s’échapper et se cacher lorsqu’on les recherche. A l’époque, il faut le rappeler, la majorité est fixée à 21 ans, même pour les filles qui travaillent depuis l’âge de 14 ans, or il est bien évident que certaines « adolescentes » de moins de 21 ans sont manifestement des femmes. Ce qui fait que parfois les juges et les psychiatres ne savent pas très bien qu’en faire à part de tenter de les marier ! Ces filles-là, n’ont pourtant pas des ambitions extravagantes, elles veulent sortir, aller au cinéma, au bal, avoir un peu de liberté sur le plan sexuel. La pauvreté est d’ailleurs une des raisons qui les poussent à la délinquance, l’autre raison étant la fugue : pour survivre quand on est à la rue il faut évidemment se procurer de l’argent. En vérité il y a eu d’autres périodes où les liens familiaux se défaisaient, par exemple à la sortie de la guerre de 14-18, des tas de jeunes, filles et garçons, se trouvaient à errer un peu partout. Mais à cette époque-là, la France ne pensait pas à s’équiper de travailleurs sociaux, ou de juges spécialisés pour gérer le problème. Les délinquants se retrouvaient facilement en prison ou dans des orphelinats qui ressemblaient à s’y méprendre à des prisons.

L’ouvrage est passionnant parce qu’il rend la parole aux filles. On les voit passer de la tutelle du père, à celle du juge, des bonnes sœurs et ensuite du mari ! J’aime bien aussi cette remise en question des « travailleurs sociaux » qui croient mieux comprendre ce qui est bon pour les filles et ce qui est mauvais pour elles. Il est probable que beaucoup d’entre eux cherchaient à bien faire, se donnant le beau rôle de protecteur à travers le filtre d’une idéologie fluctuante et mortifère. On voit d’ailleurs souvent des hésitations chez eux. C’est assez drôle en un sens. Je passe sur le fait que ces intervenants sont essentiellement des hommes, parce que le discours que véhiculent les bonnes sœurs est un peu du même tonneau que celui des juges et des psychiatres. Bien qu’elle en parle, je trouve qu’elle ne met pas assez l’accent sur la misère de toutes ces filles, misère matérielle et affective. En effet il faut voir avec quelle facilité les familles se débarrassent de leur encombrante fille. Cependant l’écriture c’est tout de même moins bien. C’est assez décousu et déséquilibré. On se perd parfois dans les avis des psychiatres ou des juges, sans que cela fasse avancer le récit. Et puis il y a tout de même un jargon universitaire qui ne passe pas très bien avec le vocabulaire des études de genre. Mais l’ouvrage vaut le détour, parce qu’au fond cette répression de la vie des jeunes filles inédite en France, portée par l’idéologie de la Libération, remettre le pays au travail, faire des enfants, combattre la décadence de la parenthèse pétainiste. Ça ne pouvait pas durer, et avec un pays qui sortait de la misère, l’émancipation des filles devenait même un atout pour le développement du pays. Dès le milieu des années soixante, ce système était frappé d’obsolescence, la sortie de la guerre d’Algérie, puis Mai 68 ont achevé ce modèle. Cette question de la fin de cette époque détestable n’est pas abordée par Véronique Blanchard, elle est pourtant décisive. Pourquoi ce modèle a-t-il été progressivement abandonné ? Mais aussi pourquoi un tel modèle coercitif est-il apparu à cette époque ?



[1] Suit à cette déconvenue amoureuse, Guy Debord fit une tentative de suicide. Jean-Michel Mension, Le temps gage, Aventures politiques et artistiques d’un irrégulier à Paris, Éditions Noesis, 2000.

[2] https://www.laprovence.com/article/societe/42845012203068/le-bon-pasteur-a-ete-notre-betharram-a-nous-de-marseille-a-orleans-des-anciennes-pensionnaires-temoignent

 

lundi 10 mars 2025

Des journalistes de Cour aux publicitaires de l’Atlantisme rénové, l’exemple de Marianne

  

Il y a quelques temps encore, un lecteur un peu hâtif pouvait se faire des illusions sur Marianne et son contenu. C’était l’époque où Natacha Polony avait parfois des emportements souverainistes et très critiques vis-à-vis de l’Union européenne et de son fonctionnement. Elle était pourtant très modérée et soutenait que Poutine avait agressé l’Ukraine. Mais elle s’est fait virée, même son ton très modéré ne plaisait pas à son patron le milliardaire tchèque, Daniel Kretinsky qui savait aussi que Marianne était trop anti-Macron. Il a donc chargé son factotum, Denis Olivennes, un homme habitué aux magouilles journalistiques de lui trouver une remplaçante, un peu plus docile. Ça tombe bien ayant la main sur Libération, il avait sous la main, Eve Szeftel, une journaliste à l’échine très souple. Celle-là coche toutes les cases, elle a été formée aux Etats-Unis et plus précisément par l’AFP qui est une boutique bien connue pour sa servilité euro-atlantiste, et en plus de Libération, elle s’est faite remarquer en signant des articulets dans la revue néocon, Le meilleur des mondes. Cette vient d’opérer un grand renversement dans la ligne éditoriale du magazine. Dans son dernier éditorial daté du 27 février 2025, elle reprend dans la précipitation le discours guerrier et atlantiste de la nécessité de faire la guerre à la Russie, sans tenir compte des renversements d’alliance qui sont en cours et qui viennent de se voir sanctuarisées par le Conseil de sécurité de l’ONU. Pour défendre ce point de vue guerrier, la voilà qui invoque Sanna Marin, l’ancienne première ministre de la Finlande qui pousse à l’extension de l’OTAN et qui rêve d’en découdre avec la Russie. Rien ne justifie pourtant les peurs surjouées de Sanna Marin, les Russes n’ont jamais attaqué la Finlande depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais Eve Szeftel qui nous prend pour des imbéciles fait comme si le discours de Sanna Marin avait un sens et que nous, Européens, avions des raisons sérieuses de craindre une attaque massive de la Russie sur Paris. Elle s’appuie également pour soutenir cette position stupide sur la nécessité de mener une guerre contre la Russie sur un propagandiste ukrainien, Petro Chouklinov, qui veut maintenant couper les liens de l’Europe avec les Etats-Unis en affirmant que « Certes, c'est difficile. Mais il faut garder la tête haute. Nous devons nous élever au-dessus de nos faiblesses et ne pas laisser passer cette chance historique, écrivait-il, le 12 février, après la tenue de pourparlers directs entre Donald Trump et Vladimir Poutine. Nous ne sommes pas petits. Nous ne sommes pas faibles. Nous bâtissions de grandes nations bien avant que les États-Unis ne soient fondés. Nous avons créé les alliances les plus puissantes[...]. L'Occident, c'est nous. Et nous devons nous battre pour lui. » Cette bourrique n’a pas inventé l’eau chaude, et sa culture politique tient sur un timbre-poste, mais elle a l’envie de montrer à ses nouveaux patrons une docilité sans limite. 

La malheureuse Eve Szeftel a été nommée complétement à contretemps, alors même que Zelensky est entrain de livrer les derniers débris de son pays aux Etats-Unis et que les négociations de paix ont commencé. Épouser le discours des va-t-en-guerre au moment où on entame des pourparlers de paix relève de la bêtise et de l’ignardise. Natacha Polony était moins crétine, ce qui n’est pas bien difficile, mais elle est aujourd’hui reléguée pour donner son avis sur le Pape François. Dans ce retournement de ligne éditoriale, elle s’en va jusqu’à citer Macron comme référence de ce qu’il faut faire pour construire une Europe fédérale forte. Les lecteurs de ce magazine vont avoir des surprises ! On dirait le dernier discours d’Ursula von der Leyen. On ne voit pas très bien ce qu’apporte au débat un nouveau titre qui chanterait les louanges d’une Europe fédérale mais isolée à la fois des Etats-Unis, de la Russie et de la Chine ! Dans ce dernier numéro, Marianne consacre son dossier hebdomadaire à la nécessité de basculer vers une économie de guerre « et vite » ajoute l’imbécile Vladimir de Gmeline, un vague romancier égaré dans le journalisme, navigant ente Le Point, journal ultra-libéral et Marianne qui fut un temps très critique à l’égard du néolibéralisme et qui fait aussi des piges chez Valeurs actuelles, support idéologique de l’ultra-droite. Natacha Polony s’est faite virée au motif que Marianne perdait des lecteurs, on doute que les nouvelles orientations permettront de redresser la barre. On murmure que le tiers des journalistes va partir[1]. Avec l’annonce de l’arrivée d’Eve Szeftel, 18 journalistes ont décidé de faire jouer leur clause de conscience. D’une manière ou d’une autre, c’est bien un tout autre magazine qui est mis en chantier. Le but visé est de faire concurrence à L’express et au Point, vieux journaux atlantistes et européistes, c’est la même chose, pour cadres moyens. En vérité la question est de tuer un magazine qui, sans être révolutionnaire, ni anticapitaliste, était insuffisamment aligné. Le propriétaire Kretinsky a refusé d’ailleurs que Marianne soit reprise par une coopérative, il préfère perdre de l’argent que de faciliter la vie à une voix alternative. Ces gens-là ont une vision assez limitée de la démocratie et de la diversité éditoriale. 

 

Dans la livraison de Marianne du 5 mars 2025, l’idiote qui dirige maintenant le magazine amplifie sa propagande guerrière. Il est vrai que dans la semaine elle a dû encaisser les revirements nombreux de Zelensky. Mais la voilà qui nous dit que le danger russe s’est dangereusement rapproché : « … la guerre est déjà, sur le sol européen. Dans l’ombre ses agents travaillent à fracturer les sociétés du Vieux Continent : de Russia Today soufflant sur les braises de la révolte des Gilets jaunes aux mains rouges sur le Mémorial de la Shoah, en passant par les cercueils de militaires français déposés au pied de la tour Eiffel. La France devrait s’en souvenir ». Cet alignement brutal sur la doxa macronienne va déstabiliser rapidement les vieux lecteurs de Marianne qui croiront avoir entre les mains un édito de BHL. On est prévenu, cette policière en chef de la rédaction voit des Russes partout, y compris dans son jardin, sur le mode « ils sont partout ». Les dégâts sont très importants Natacha Polony elle-même est en train pour conserver son boulot de prendre le prétexte du lâchage des Etats-Unis pour appeler à son tour à transformer notre économie en économie de guerre. Dans son dernier numéro, Marianne, continue sa mue, reprenant les vieilles idées stupides de LCI et autre BFMTV, selon laquelle les Russes ont perdu 50% de leurs capacités militaires, donc que cette guerre les a épuisés, sous-entendant par-là que si on s’arme très vite, on pourra leur faire la peau. La conséquence de ce virage brutal vers la guerre de Marianne est que le point de vue de ce journal est de présenter celui des Ukrainiens, et rien n’est dit sur la Russie elle-même. Ne s’y passe-t-il rien ? Kretinsky a pris ses précautions, s’il a choisi Eve Zeftel, une va-t-en-guerre furieuse pour diriger la rédaction, il a nommé Frédéric Taddéi au poste de directeur, or cet homme des plus louvoyants a passé beaucoup de temps à travailler justement pour Russia Today que vilipende à tour de bras sa nouvelle rédactrice en chef ! Ce curieux attelage ne va pas tenir bien longtemps sous le coup répéter des aléas de la conjoncture.



[1] https://www.lalettre.fr/fr/medias_presse-ecrite/2025/02/25/marianne--un-tiers-de-la-redaction-quitte-le-navire-de-daniel-kretinsky,110379426-eve#:~:text=Marianne%20va%20bient%C3%B4t%20se%20vider,d%C3%A9barrasser%2C%20avant%20de%20faire%20marche

vendredi 7 mars 2025

Trump, espion et marionnette de Poutine, les dernières extravagances du blob !

Trump a déstabilisé tous les anciens agents stipendiés des Etats-Unis, c’est un fait. Cherchant à obtenir rapidement la paix en Ukraine, son point de vue ne convient absolument pas à ceux qui ont parié sur une guerre longue et sur une défaite de la Russie. Je précise une fois de plus que je ne suis pas trumpiste et que son programme économique et social ne me convient pas. Je pense d’ailleurs qu’il sera rapidement voué à l’échec. Mais ceux qui aujourd’hui crient le plus fort contre lui, sont les anciens tenants de la ligne néoconservatrice étasunienne qui voulait la guerre contre la Russie via une expansion continue de l’OTAN et de l’Union européenne. Ceux-là ont perdu leur maitre naturel et se refusent pour l’instant de prendre le virage de la soumission à Washington en espérant un retour rapide des Démocrates au pouvoir pour se refaire une santé. Donc ils continuent d’attaquer sans sourciller Trump, non pas sur ses idées concrètes – ils seraient bien en peine de le faire – mais sur sa personnalité. Il y a deux axes qui ont été mis en place ces derniers jours. D’abord décréter que Trump est fou et méchant : voyez comment il a osé traiter le gentil et héroïque Zelesnky qui ne veut que la bien de son peuple. Le deuxième axe est que Trump est un agent de Moscou ! Rien de moins. Cette fable est un peu semblable à celle qui nous dit, jour après jours que Brigitte Macron et Jean-Michel Trogneux sont une seule et même personne, sans en apporter la moindre preuve tangible, jouant simplement sur les bizarreries évidentes du couple élyséen. L’incroyable Michel Yakovleff reprend cette antienne sur LCI, Public Sénat et dans Le Point qui est ce canard imbécile qui publie BHL, c’est dire. On pourrait d’ailleurs se dire que dès lors qu’une information est reprise par Yakovleff elle est forcément fausse ! Il est la boussole du mensonge occidental.

Marioupol après sa libération 

Yakovleff est un imbécile de qualité supérieure. Des imbéciles vous me direz qu’il y en a beaucoup et que celui-là n’est qu’un parmi tant d’autres. Mais ce qui est assez perturbant c’est qu’il fut second dans la hiérarchie de l’OTAN, ce qui veut dire que cette boutique est spécialisée dans le recrutement de semi-idiots et donc qu’on comprend pourquoi elle n’arrive à rien en Ukraine ! Macron pour une fois avait raison quand il disait que l’OTAN était en mort cérébrale. Ce crétin de compétition s’est toujours trompé depuis le début de la guerre en Ukraine, avançant que l’armée russe était faible et mal commandée. Sur BFMTV il disait le 24 aout 2022, à propos de l’armée russe : « une armée vaut par le moral de ses hommes, ici, il est très faible. En outre, le commandement a révélé un certain nombre d'incompétences. » La prise de Marioupol dans un assaut qui restera un modèle du genre en matière de guerre urbaine démentira les idioties de Yakovleff. Il a été un de ces propagandistes qui avançaient de manière continue que l’économie russe était exsangue sous le coup des sanctions, qu’elle devait voler les machines à laver ukrainiennes – comme de vulgaires pillards de banlieues – pour récupérer les puces, et donc qu’elle était à bout. Après avoir débité autant de contrevérités démenties par les faits, Yakovleff aurait du se planquer, avouer son ignorance, mais non, il persiste à propager des fake news. Et maintenant voilà qu’il reprend ce vieux serpent de mer selon lequel Trump est l’homme de Moscou. Complètement enragé cet imbécile raconte également sur toutes les chefs d’information en boucle que Poutine n’est pas un homme de parole que sa parole ne vaut pas un pet, qu’elle sent mauvais, et autres vulgarités oubliant volontairement que les accords de Minsk ont été trahis comme l’ont avoué Merkel et Hollande par les Occidentaux et qu’ils avaient été conçus pour être trahis ! Totalement déphasé et incompétent il a répété partout qu’il n’avait pas cru à l’entrée en guerre de la Russie. Quoi qu’on pense de ce conflit pour un ancien général de l’OTAN, soi-disant important, ne pas prévoir cette possibilité relève de l’imbécilité. Dans L’express, il avançait le 8 juillet 2023 que le régime de Poutine était entré en phase terminale ! On voit que la fiabilité des inepties de Yakovleff devrait conduire normale de l’écarter des débats, mais ce n’est pas le cas, plus il débite de stupidités aussitôt démenties par les faits et plus il est invité contre rémunération à en proférer de nouvelles ! Cela suffirait à prouver combien les médias français sont soumis à une logique de propagande qui les mènent droit dans le mur, et qu’on ne vienne pas se plaindre ensuite de l’effondrement de la confiance des citoyens dans l’honnêteté des journalistes ! 

Il y a quelques semaines le milliardaire Kretinsky a viré Natacha Polony. Il la trouvait trop souverainiste, pas assez remontée contre la Russie et contre Trump. Du coup, il l’a remplacée par la pale Eve Szeftel, très souple de l’échine. On en voit déjà les conséquences funestes. À la fin du mois de février, ce journal publiait une longue interview d’un agent des américains, Régis Genté, installé de longue date à Tbilissi où il travaille à la manière de Raphael Glucksmann pour les révolutions de couleur. Mais les Etats-Unis ayant changé d’orientation, il est dans la difficulté. Grace au ciel il a ses entrées chez BHL, et BHL c’est Grasset. Là il a la possibilité d’écrire un livre. Faux journaliste, mais formé à l’écriture par la lecture des James Bond, le voilà qu’il trace les contours d’un roman d’espionnage digne d’un mauvais Jean Bruce ou d’un pénible Paul Kenny. Son récit est truffé d’incohérence et un journal sérieux aurait refusé de publier cette interview, oui, mais le nouveau Marianne n’est pas bégueule[1]. Le médiocre dans un récit confus nous dit que Trump est dans le collimateur des Russes depuis les années soixante-dix, ou plutôt le STR. Enfin pour Genté Russes et Tchécoslovaques c’est du même. S’il est repéré par les Rouges, c’est parce qu’il a une fiancée Ivana. Certes, mais contactent-ils Trump ? Non, il est juste repéré ! « Il y a ensuite d'autres contacts, notamment par le biais d'un magasin qui vendait de l'électronique, sur la Cinquième avenue à New York, où vivait Trump. Le magasin était très fréquenté par les services de sécurité soviétiques de l'ambassade. Il vendait des produits, comme des walkmans ou des enregistreurs, très rares en URSS. » Mais qui contacte qui on ne sait toujours pas. On saute ensuite à 1987, et là ce serait le KGB qui entre en contacte avec Trump. Lors de son voyage à Moscou en juillet, Trump aurait été approché par le KGB, par la fille de l’ambassadeur russe à l’ONU. Il spécule sans le début de l’ombre d’une preuve. Les Russes qui sont à l’époque des soviétiques, mais Genté l’a oublié en route, et qui ont d’autre chat à fouetter, le repèrent comme un potentiel président ! Diable quelle perspicacité. Ils voient loin les fourbes, quels joueurs d’échecs : ils ont déjà compris que leur régime était foutu et qu’il leur faudrait des appuis au plus au niveau pour reconstituer leur empire ! Qui peut avaler ça ? À part un lecteur du Point ou un électeur de Macron. A partir de là, le récit bancal de Genté devient franchement débile : il nous parle d’une mafia rouge installée à New York dans les années soixante-dix, avec des juifs complotistes. Cette mafia rouge a un avocat qui est Michael Cohen qui est aussi celui de l’avocat de cette mafia rouge. Et donc ils s’arrangent pour corrompre Trump en lui achetant des appartements – cinq précise-t-il !! Devant l’ahurissement de l’apprenti journaliste qui se demande si c’est une blague ou quoi, Genté ne se démonte pas. Il explique que Trump a vendu les Etats-Unis contre quelques investissements, assez légers finalement, d’une mafia judéo-communiste ! C’est très léger, mais en échange quoi ? En 1987 Trump aurait promis de mettre à genoux l’Ukraine ? On frise la connerie noire avec ce type de raisonnement. Genté couvre les trous béants de sa thèse, en avançant que Trump n’est pas communiste – quel scoop, quel enquêteur – mais qu’il admire les hommes forts ! Et donc Trump se serait fait espion pour cette raison, et aussi parce qu’il est faible psychologiquement donc manipulable à l’envie par quelqu’un qui lui en impose. C’est la thèse développée en Occident par les soutiens de la guerre en Ukraine, ce n’est pas Trump qui gouverne à Washington, mais Poutine. Si Genté reprend cette idée sous le mode roman d’espionnage, Le monde, Courrier International, Washington Post reprennent la même idée. Ils n’admettent pas que la politique russophobe des Etats-Unis change. 

Genté prend la pause devant le GIP, une boutique financée par l’OTAN, l’USAID, les Etats-Unis et l’Union européenne, typique des petites officines qui travaillent contre la Russie 

Le malheureux propagandiste de l’État profond étatsunien avait commis avant ce malheureux opuscule une hagiographie de Zelesnky ce héros[2]. Il s’était mis de moitié avec Stéphane Siohan sur ce coup opportuniste. Ce dernier est un journaliste qui alterne entre le Monde, Libération, RFI ou encore Le Figaro. Ces deux-là sont évidemment dans la pensée unique compulsivement russophobe, sans profondeur sur les origines même de la guerre en Ukraine. Mais comme ils fonctionnent tous en réseau, ils ont de grandes facilités pour envahir les médias et obtenir l’aval d’éditeurs assez peu instruits des sujets qu’ils publient et qui prennent pour un expert un vague agent de propagande qui a comme seule qualité d’être un opportuniste et un petit magouilleur. 

L’Ukraine de Zelensky est devenue un cimetière 

Je le répète encore une fois, je ne suis pas trumpiste, et j’ai publié de nombreux articles pour critiquer de manière virulente sa politique, mais comme je suis un homme libre, je pense que souvent entre deux options il vaut mieux encore choisir la troisième, et donc que critiquer Trump en le traitant d’agent de Moscou, c’est aussi idiot que déplacé, c’est du sensationnalisme à peu de frais. Le genre de diatribe qu’on retrouve chez les paresseux. En vérité quand Régis Genté affirme stupidement sans preuve que Trump est un agent du KGB, il mélange l’URSS et la Russie, sans comprendre que ce sont deux mondes différents, avec deux logiques de fonctionnement différentes. Il essentialise donc le Russe – ici Poutine – qui est essentiellement mauvais et qui corrompt Trump qui est un imbécile. Parmi les soi-disant preuves qu’il prétend amené, il s’appuie sur le procès que Robert Mueller avait intenté à Trump pour l’ingérence russe dans sa première élection, procès qui fit un flop retentissant, avant la fin du premier mandat de Trump et même durant le mandat de Biden. Il n’a rien de nouveau à se mettre sous la dent. Mais il s’en moque. Ces gens-là, payés pour faire la propagande pour la guerre, ne sont pas équipé pour prendre le virage de la paix. Ce sont des pions dans ce grand orchestre qui joue une partition en espérant que le conflit pourra continuer encore jusqu’au dernier ukrainien. Ils refusent que le conflit cesse, sans comprendre d’ailleurs que plus le conflit dure, et plus les conditions de négociations seront difficiles pour les Ukrainiens. On n’a pas besoin de présenter Trump comme un héros pour souhaiter la paix. C’est le vœu le plus cher des Ukrainiens et des Russes qui ont payés déjà un lourd tribut à cette fantaisie. Si Zelensky – le héros de Genté – avait signé la paix en mars 2022, comme il voulait le faire, on n’aurait aujourd’hui besoin de critiquer l’action de paix de Trump. Genté fait partie du dispositif européiste qui tente de pousser Trump de reprendre la poursuite de la guerre, mais c’est sans trop d’illusion. Ils essaient de revenir dans le jeu sans perdre tout à fait la face. Mais c’est déjà trop tard.


[1] https://www.marianne.net/agora/entretiens-et-debats/regis-gente-donald-trump-a-ete-cultive-par-les-services-sovietiques-puis-russes

[2] Régis Genté & Stéphane Siohan, Volodimyr Zelensky, dans la tête d’un héros, Robert Lafont, 2022.

lundi 3 mars 2025

Jérôme Duwa et Jean-Jacques Lebel, Front unique, 2025


Jérôme Duwa explore depuis des années ce qui va se trouver à la périphérie du surréalisme et qui prétende le continuer en le dépassant. Il avait publié notamment Surréalistes et situationnistes, vies parallèles qui était fort intéressant[1]. Il est comme un historien de l’art moderne post-surréaliste qui donnera une signification politique à sa démarche. Et donc ce qui va l’intéresser est cette volonté sous-jacente de lier une révolution sociale de type communiste et une révolution artistique qui ouvre les esprits à une autre forme de réalité, ce qui était d’ailleurs l’ambition aussi bien des surréalistes belges de Paul Nougé et de Marcel Marien, que des lettristes internationaux et des situationnistes première manière. Ces derniers abandonneront l’idée, se tournant vers une action plus politique après l’éviction des « artistes » de l’IS que Guy Debord trouvait insuffisamment radicaux. Naturellement Duwa devait tomber sur Jean-Jacques Lebel. En fait tout le monde connait Jean-Jacques Lebel, parce que c’est lui qui portait sur ses épaules Caroline de Bendern qui brandissait un drapeau du Front de libération du Sud-Vietnam. Ces photos prises le 13 mai 1968, avaient fait le tour du monde, l’une avait fait la une Paris-Match, et on avait comparé Caroline à une nouvelle Marianne. Dans cette période assez confuse, le drapeau Nord-Vietnamien tenait un peu le rôle du drapeau de la cause palestinienne aujourd’hui. Ceux qui agitaient ce drapeau n’était pas très au fait de ce que représentait le Viêt-Cong, mais ils étaient – comme aujourd’hui – avant tout anti-américains. Jean-Jacques Lebel avait développé dans cette continuité, lorsque le mouvement de Mai 68 s’essouffla, ce qu’on appelait des happenings, souvent en se réclamant d’Artaud d’ailleurs. C’est depuis tombé en désuétude et je doute même de son intérêt à cette époque. Cela se voulait une manière de révolutionner la vie quotidienne en lui donnant les couleurs d’une œuvre d’art à part entière, en remettant la question sexuelle au centre des préoccupations. C’était un prolongement de la révolution culturelle qui avait eu lieu en France et dans de nombreux pays occidentaux. Évidemment on pouvait toujours reprocher à Jean-Jacques Lebel d’avoir tout de même abandonné le combat politique concret pour s’adonner des formes d’art moderne qui se voulaient plus libres et moins contraintes. Caroline de Bendern fréquentera, outre le groupe Zanzibar, de très près d’ailleurs de nombreux musiciens de jazz qui s’égarèrent dans le free jazz et qui sombrèrent dans l’oubli.

  

L’idée générale était d’abord de débrider la créativité des individus en sortant des normes dominantes : vieille revendication ! Jean-Jacques Lebel venait d’ailleurs de l’univers de la peinture surréaliste, son père, Robert, était critique d’art, et il avait été en relation avec Marcel Duchamp. Il connaissait aussi André Breton. Il fut d’abord un peintre qui exposait un petit peu partout. Puis ensuite, s’étant laissé pousser la barbe, il se lança dans le happening. Entre temps il avait conçu Front unique, une revue qui fut d’abord éditée sous forme d’affiche, avant de passer à une forme plus traditionnelle. Cette revue ne dura pas longtemps, seulement de 1955 à 1959. Mais la plupart des revues ne durèrent pas, leur cout était trop élevé et leur publique trop étroit. Seules des revues comme Arguments ou Internationale situationniste, tiendront la distance. La première s’appuyait il est vrai sur une grande quantité d’universitaires qui pouvaient fournir des textes de haut niveau. À cette époque il y avait en France une grande vitalité chez les philosophes ou les sociologues, vitalité qui rapidement se perdra après Mai 68.

 
 

Mais Jean-Jacques Lebel, bien qu’il ait beaucoup de relations dans ce milieu au carrefour de la pensée révolutionnaire et de l’art moderne, se trouvait un peu seul. Les premières affiches seront entièrement rédigés par lui. Le format affiche sera également utilisé plus tard par les situationnistes pour diffuser leurs thèses sur la Commune, ou pour régler les comptes avec les garnaultins. Ce qui pourrait être une anticipation des Dazibao qui fleuriront en Chine au moment de la Révolution Culturelle, mais ce format sera très largement utilisé en Mai 68. Jean-Jacques Lebel se retrouve dans la mouvance anarcho-surréaliste, en Mai 68, il se rapprochera du groupe Noir et Rouge. Il fréquentera la mouvance conseilliste, cette sorte de communisme antistalinien, mais qui à partir de la notion de conseil ouvrier défendra une forme de démocratie directe. S’il met entre parenthèse Guy Debord qu’il trouvait trop proche intellectuellement d’André Breton, et les situationnistes, c’est pourtant la même mouvance dont il se réclame, Kostas Papaïoannou, Axelos, ou encore Castoriadis et Socialisme ou Barbarie où justement Guy Debord fera un passage assez rapide au début des années soixante. Il y a donc chez lui cette volonté de ne pas oublier un engagement politique. Et c’est le sens de l’aventure de front unique qui se veut une sorte de fédération des artistes, quel que soit leur domaine d’expression, qui s’impliquent dans une transformation révolutionnaire de la société. C’était assez à la mode de créer des revues pour se faire entendre en dehors des partis. La revue de Jean-Jacques Lebel, du moins celle qui prendra la forme imprimée, ressemble assez curieusement à celle que créera Jacqueline de Jong, situationniste dissidente, Situationist Times. Au fond ce n’est pas étonnant parce qu’on recherchait à faire éclater les barrières entre les formes artistiques et les formes plus offensives sur le plan politique. Sur le plan politique, on l’a dit, il était plutôt « conseilliste », sa figure tutélaire était Louise Michel. Et il avait épousé les idées de l’extrême-gauche de l’époque, l’anticolonialisme, et le soutien à l’indépendance de l’Algérie, à cet égard il avait soutenu et signé ce qu’on appelé le Manifeste des 121 rédigé notamment par Dionys Mascolo. Mais tout le monde l’a signé, Breton bien sûr, Guy Debord, Michèle Bernstein, et des figures comme Marguerite Duras. Avec le recul cela apparait bien curieux, puisqu’ils se réclamaient d’une abolition des frontières, mais ils soutenaient le nationalisme algérien du FLN. 


Le numéro 6 de Front unique, 1958, sous forme d’affiche 

Parmi ces formes d’intervention qui se sont évanouies, il y a le fait que les plasticiens d’aujourd’hui sont totalement passés sous la coupe des marchands, des critiques d’art, comme des galeristes. Ils sont totalement désintéressés de l’idée de transformation sociale qui pourtant était la marque du surréalisme. Ils ne visent pas à changer la vie, ce monde leur convient. Certes le second surréalisme, après la Libération, s’était mis un peu en retrait de cette volonté, mais il l’avait conservée tout de même, sous forme de fétiche sans doute. C’est d’ailleurs une des raisons qui font que ceux qui avaient gardé l’idée de révolution sociale, que ce soient les surréalistes belges, les situationnistes ou même Jean-Jacques Lebel, en voulaient à Breton qui avait laissé le mouvement des débuts dégénérer en secte complétement fermée. Mais il n’était pas le seul à formuler ce reproche. Le plus souvent ces dissidents du surréalisme étaient également dans une mouvance d’ultra-gauche, communiste, tout en étant anti-léniniste. La revue Front unique au fond avait la prétention de revenir au surréalisme des origines. En vérité André Breton n’a jamais abandonné le combat politique, ayant fréquenté Trotsky, il émettait de temps à autre des velléités révolutionnaires, mais sans trop s’étendre sur la question, ou alors, il signait des pétitions ou des manifestes, par exemple le Manifeste de 121. Le caractère de Jean-Jacques Lebel, élevé dans le sérail du milieu artistique parisien, le pousse à ne pas s’inféoder dans un parti ou un groupe sectaire, à l’inverse il prône le passage de l’un à l’autre. Plus libertaire que léniniste, il se méfiait de Trotsky à qui il attribuait la répression des marins de Kronstadt. Ayant suivi son père en exil aux Etats-Unis durant l’Occupation, il allait à l’école avec la fille d’André Breton, et donc par ricochet, il connaitra les piliers du mouvement surréaliste, Benjamin Péret notamment. Il crée Front unique alors qu’il a seulement 19 ans. Il s’ennuyait à l’école, et n’a pas appris grand-chose en dehors de ce qu’il s’est donné lui-même comme connaissance, son père l’ayant envoyé à Florence se former l’œil à la fréquentation des richesses que les musées de la ville conservaient.

 

Grand Tableau Antifasciste, 1960

 Il sera ainsi à l’origine du tableau collectif en 1960 intitulé Grand Tableau Antifasciste. Car il a le gout pour l’œuvre collective. Cette idée d’ailleurs se retrouve à la même époque sous une autre forme chez les situationnistes qui non seulement prôneront le détournement systématique, mais aussi la création collective, à travers les idées de Pinot-Gallizio. L’idée générale est que l’œuvre peut être faite par tous, sans qualification particulière, supposant qu’il suffit de libérer l’individu de ses blocages pour qu’il soit aussi un artiste. Ces idées seront abandonnées peu à peu au fur et à mesure que Mai 68 s’éloignera dans le souvenir. Il y a donc eu entre 1955 et 1968, une montée en puissance de cette volonté émancipatrice qui s’apparente à celle de faire de sa vie quotidienne une œuvre d’art. Et bien entendu, le monde de l’art, des galeristes et de tous ceux qui font la promotion de l’art moderne se refermera sur lui-même et sur ses capacités à générer des revenus importants pour ceux qui émergent du darwinisme du marché. Plus le marché de l’art s’organise, avec des techniques modernes de vente, et plus il ressort de l’individualisme. Mais comme il s’apparente de plus en plus à une forme d’industrie, alors il se fait art conceptuel. L’imagination est absente et seule compte la faculté décorative de l’œuvre exposée… et encore ce n’est pas sûr ! Il vient qu’au lieu d’être encadré par l’académisme des formes, ce contre quoi tout l’art moderne a lutté, l’art est encadré par la publicité et la mise en scène. Mais quand Jean-Jacques Lebel crée sa petite revue, on n’en est pas là, et on parle encore de libération, ce qui n’a plus de sens aujourd’hui. Le texte l’a toujours intéressé, et dans ses œuvres picturales, il mêlait souvent les lettres, des mots d’ordre, des détournements. Le tout dans l’esprit d’une réconciliation entre les différentes tendances révolutionnaires qui s’éparpillaient sans efficacité. 

 

L’ouvrage proprement dit comporte deux parties, après une introduction éclairante de Jérôme Duwa. La première est un assemblage de ces interventions faites sous le terme de Front unique. Les affiches, les numéros de la revue imprimée et puis les anti-procès. La seconde partie et une très longue interview de Jean-Jacques Lebel, conduite par Jérôme Duwa. La première partie montre quel était le soin accordé par Jérôme Duwa au graphisme, à la police, et bien entendu aux illustrations. L’ensemble porte la marque du surréalisme, apostropher le lecteur, balancer des slogans, puis proposer des petits textes d’intervention politique, à côté d’une sorte d’écriture automatique. C’est comme si on amenait le lecteur vers le surréalisme par le biais de la politique. C’était dans l’air du temps, on retrouvera ce style aussi bien chez les lettristes internationaux que chez les situationnistes, même si ces derniers feront moins de cas que les surréalistes engagés en ce qui concerne les formes de l’art présentées dans les galeries. Dans les derniers numéros imprimés de la revue, on constate une attention plus soutenue pour la chose politique. C’était la période qui le voulait. Les « intellectuels » que Lebel voulait regrouper par-delà leurs querelles de chapelle, pensaient qu’ils allaient avoir un rôle à jouer d’éveilleur. En vérité Mai 68 se fera sans eux, même quand ils y participeront. Lebel hésitait entre cette opinion avant-gardiste qui voudrait guider le peuple, et le développement spontané d’une forme de révolte. L’échec de Mai 68 liquidera la notion d’avant-garde qui n’existe plus aujourd’hui que sous sa forme résiduelle dans des groupuscules trotskistes complètement sclérosés. Cette publication, en dehors de mieux faire comprendre les transformations du mouvement surréaliste et de sa périphérie, éclaire les avant-gardes politico-artistiques dont le temps ne reviendra sans doute plus.


PS ceux qui ont aimé ce texte peuvent s'abonner à notre lettre d'information, et bien sûr en diffuser le lien pour le faire connaitre


[1] Malheureusement préfacé par Christophe Bourseiller qui à l’époque jouait les experts es-situationnisme, et publié en 2008 aux Editions Dilecta.

jeudi 27 février 2025

La Conférence d'action politique conservatrice – CPAC – 2025

  

Vers la fin du mois de février, la CPAC accueillait dans le Maryland un rassemblement militant destiné à célébrer le retour au pouvoir de Donald Trump. Toute la crapule conservatrice et fascisante du monde se trouvait rassemblée ici. Passons sur les extravagances communicationnelles de ce genre de kermesse hideuse. On y vendait en effet des tee-shirts aux couleurs laides et violentes, des chapeaux en papier décorés du drapeau américain. L’ensemble baignait dans une vulgarité toute trumpiste. Le plus important est ce que cette conférence voulait dire. La droite extrême du monde entier était là pour saluer la nouvelle alliance à la dimension planétaire du grand capital et d’un populisme foireux. La première réflexion qui venait en regardant cette débauche son et lumière, c’est que cette convention marquait l’avènement d’une nouvelle forme de mondialisation. Contrairement à ce que croit certains imbéciles, Trump n’est pas souverainiste, c’est un mondialiste qui au lieu d’imposer la loi des États-Unis par le droit, vise à l’imposer par la force. Et donc il vient que tous les étrangers qui venaient se mêler à cette fantaisie, Javier Milei pour l’Argentine, Mateusz Morawiecki pour la Pologne, Giorgia Meloni qui hier encore était pour poursuivre la guerre en Ukraine, en passant par Jordan Bardella du Rassemblement National, étaient potentiellement des traitres à leur patrie, cette conférence se plaçant directement sous le slogan Mage America Great Again. Ils admettaient implicitement que la mondialisation n’avait pas disparue, qu’elle était toujours sous la conduite des Etats-Unis, mais que le patron avait changé, ainsi que l’emballage. La simple vision de Trump s’emballant lui-même dans le drapeau étoilé, suffit à la démontrer.   

L’idée générale est de trouver des alliés en Europe pour consolider cette nouvelle hiérarchie qui doit conduire à un pillage continu de l’Europe. Le spectacle était assuré par Musk et Milei qui se passait la tronçonneuse, cet engin qui est censé diminuer l’État pour libérer les milliardaires de cette charge. En vérité il ne s’agit pas d’une disparition de l’État, mais d’une appropriation de celui-ci par une poignée de milliardaires. Mais cette image violente était destinée à menacer tous ceux qui se mettront en travers de la route de ce nouveau pouvoir aux contours pourtant bien flous. Musk a dénoncé le fait que l’USAID et les agences étatsuniennes servaient aussi à financer des actions troubles de déstabilisation de la CIA – ce qui est vrai – pour en fermer quelques-unes, et pour lancer une vaste chasse aux sorcières dans l’administration. C’était la méthode de l’HUAC au temps de McCarthy. Cette pratique vise en réalité d’abord les pauvres, mais également à construire un État qui ne serait pas neutre, mais qui appliquerait uniquement les directives de Trump. C’est l’essence même du fascisme qui se retrouve dans cette idée de s’emparer de tous les rouages de l’État. Les citoyens ont commencé à manifester contre cette manière de s’approprier l’État et ils vont probablement continuer à la faire. Javier Milei qui est une sorte de clone de Musk, mais sans les milliards de dollars, a fait de même en Argentine, a vu sa cote de popularité plonger complètement, notamment parce que la misère augmente dans le pays avec les inégalités, mais aussi parce que l’insécurité est au plus haut. Fragilisé Milei est venu chercher du réconfort auprès de ses maitres.   

Manifestation contre les purges d’Elon Musk le 5 février 2025 

Parmi les pitreries enregistrées, on a vu Steve Banon, néofasciste assumé conclure son discours en faisant le salut hitlérien. Ce qu’avait fait Elon Musk lors de l’inauguration de Trump comme nouveau président. Le 20 janvier des « experts » s’étaient interrogés, est-ce que ce geste et nazi ou seulement fasciste et romain[1]. La répétition des mêmes provocations ne laisse pourtant aucun doute sur la signification de ce geste. Ce geste a eu des répercussions, Jordan Bardella qui devait prononcer son discours d’allégeance au trumpisme, s’est trouvé dans l’obligation d’y renoncer. Mais que faisait-il dans cette kermesse à la gloire de l’Amérique ? N’est-il pas censé défendre la souveraineté de la France ? Jordan Bardella après avoir rallié le camp européen sur la question de l’euro, et de la guerre en Ukraine, s’est encore un peu plus discrédité en allant aux Etats-Unis prêter allégeance à cette nouvelle internationale qui se met en place sous l’égide des Etats-Unis. Pour ajouter encore plus à la confusion, Steve Banon a demandé que Trump puisse se représenter à nouveau aux élections en 2028. Il aura alors passé le cap des 80 ans !

 

En haut Elon Musk le 20 janvier 2025, en bas Steve Banon le 20 février 2025

L’élection de Trump pour un nouveau mandat de 4 ans, n’amène pas un rassemblement du peuple étatsunien derrière lui. En un mois, il a perdu déjà à peu près 10 points de popularité. C’est ce que j’avais prévu, et je pense que cela ira de pire en pire. Malgré le ralliement de la ploutocratie à sa bannière, Trump et son gang sont à même de raviver une guerre civile latente. Les Etats-Unis sont profondément divisés sur à peu près tous les sujets, bien plus qu’ils ne l’étaient avant à travers les alternances entre Républicains et Démocrates. Dans le sondage ci-dessous, on voit que même sur le sujet de l’économie Trump est faiblement soutenu. Ne parlons même pas des relations des Etats-Unis avec l’étranger de ses positions sur Israël et l’Ukraine. La grande messe de la CPAC ne va rien changer, et il est probable que cela va aggraver les choses. 

 

Bien entendu dans ce désastre, il ne faut pas oublier le rôle des Démocrates et de l’administration Biden. S’ils ont perdu les élections, c’est bien parce que le petit peuple étatsunien d’est détaché d’eux pour marquer son mécontentement. Le rôle de repoussoir des wokes dans l’élection de Trump en 2024, montre à quel point il s’agit de deux faces de la même pièce. Une fois de plus on voit que dans cette fausse démocratie occidentale, l’alternance entre deux partis riches et puissamment organisés engendre l’immobilisme. Quand Trump fait semblant de changer de discours, tournant vers une forme larvée de fascisme, il reste dans l’idée que les Etats-Unis doivent dominer le monde et réorganiser les relations avec l’étranger pour leur profit. Avant Trump les Etats-Unis acheter les politiciens européens, avec Trump ce qui a changé c’est qu’il n’a plus besoin de les acheter, ils viennent à lui se soumettre tout seuls, sans qu’on ne leur demande ! Mais ce renouvellement est très fragile car il repose manifestement sur un rassemblement d’imbéciles et d’opportunistes sans colonne vertébrale. C’est la leçon de cette CPAC de 2025.

La CPAC est aussi une possibilité de commercer des paillettes


[1] https://www.humanite.fr/monde/donald-trump/nous-voulons-trump-en-2028-a-washington-steve-bannon-preche-pour-la-fin-de-la-democratie-en-faisant-un-salut-nazi

Le mouvement des lycéens, causes et conséquences

Manifestation du 9 octobre 2026, place de la Bastille   La longue séquence du mouvement des lycéens qui est loin d’être terminée, appell...